Lit : définition de lit


Lit : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

LIT, subst. masc.

I.
A. −
1. Meuble composé principalement d'un cadre rigide de métal ou de bois supportant des parties souples (sommier, matelas) et garni de draps, de couvertures ou d'autres pièces protégeant du froid, sur lequel on s'étend, principalement pour dormir, se reposer. Synon. couche (poét.), dodo (enfantin), grabat, pageot (arg.), pieu (pop.), plumard (pop.), plume (pop.), pucier (pop.).Lit bien chaud; lit étroit. « Madame » dit Daniel, « auriez-vous une chambre à deux lits pour cette nuit? » (Martin du G., Thib., Cah. gris, 1922, p. 650).Un lit à rideaux de coton blanc (Gyp, Souv. pte fille,1928, p. 299).En attendant l'heure d'aller dormir deux par deux dans des lits moites, au fond de tristes chambres (Nizan, Conspir.,1938, p. 11):
1. Le lit était mou, enfonçant, mais mal équilibré, rompu par la gymnastique des passants. Carmen, en chemise, se glissait à côté de lui. Il sentit le parfum fort de ses épaules rondes. Déjà, il était prêt à tomber dans le sommeil noir. Aragon, Beaux quart.,1936, p. 359.
Petit lit. Lit d'enfant. Dans la première de ces deux chambres se tenaient les enfants. On y voyait deux petits lits en bois blanc et un berceau (Balzac, Cous. Pons,1847, p. 311).
Au lit (aller, se mettre, être ou verbes de la même classe sémantique). (Se coucher, être couché) dans un lit. [Mme Bovary] continuait à lire fort tranquillement, comme si la lecture l'eût amusée. Mais Charles, qui était au lit, l'appelait pour se coucher (Flaub., Mme Bovary, t. 2, 1857, p. 5):
2. Ils couchaient toujours ensemble, dans le même lit, dans la profondeur noire de l'alcôve. Ils se mettaient au lit, silencieux, Alexis tourné vers le mur, Henriette vers la table de nuit. Il disait pardon, quand il lui arrivait de frôler Henriette, comme à une dame dans le tramway. Triolet, Prem. accroc,1945, p. 174.
Au lit (avec un énoncé désignant une activité quelconque). Annie ne s'endormait jamais avant deux ou trois heures du matin, elle avait l'habitude de lire au lit (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 249).À huit heures, Julie, la plus petite et la plus noiraude des deux bonnes, lui apportait son café au lit (Simenon, Vac. Maigret,1948, p. 15).
Sortir (sauter, bondir, etc.) du lit, hors du lit. Se lever. Papa est parti... Il a sauté du lit, il a mis toutes les affaires dans la malle, il a descendu la malle sur une voiture... Il est parti (Zola, Assommoir,1877, p. 393).
Au saut du lit. Au lever. Au saut du lit elle a passé une vieille robe noire (Romains, Hommes bonne vol.,1932, p. 41).Subst. masc. Saut de lit. Vêtement qu'on met au lever. Mon saut de lit bâille sur une chemise froissée (Colette, Entrave,1913, p. 40).
Faire le lit. Installer sur le matelas les draps, les couvertures.
Faire un lit en portefeuille. Faire un lit en repliant le drap de dessous de telle manière qu'on ne puisse pénétrer. Si l'on n'a pas mis votre lit en portefeuille, et si l'on n'a pas glissé une assiette pleine de purée entre vos deux draps (Larbaud, F. Marquez,1911, p. 144).
Lit défait. Lit dont la literie est en désordre. Derrière elles, (...) Emphatique comme un trône de mélodrame Et plein d'odeurs, le lit, défait, s'ouvrait dans l'ombre (Verlaine, Œuvres compl., t. 2, Parall., 1889, p. 130).
Dresser un lit. Installer un lit et l'équiper de ce qui est nécessaire. On proposa d'y coucher Paul et Gérard et de dresser un lit pour Élisabeth dans la salle de bains contiguë (Cocteau, Enf. terr.,1929, p. 71).
Bois* de lit, dessus* de lit, descente* de lit, manteau* de lit.
SYNT. Lit dur, moëlleux, mou, souple; grand lit, lit étroit, immense; bon, mauvais lit, lit confortable, défoncé, douillet; lit (bien) chaud, frais, glacé, humide, moite, parfumé, tiède; chaleur, douceur, fraîcheur, odeur du lit; bout, bord, chevet, fond, milieu, pied, tête du lit; se mettre, s'enfoncer, se glisser, se pelotonner dans le lit, au fond, au creux, au milieu du lit; s'allonger, se jeter, se reposer, s'endormir sur le lit; mettre, poser qqc. sur le lit.
2. Lit + adj. ou compl. déterminatif
a) Lit + compl. exprimant un trait caractéristique
Lit +adj.
Lit bas. Sorte de canapé, de divan. Étendez les lits bas, couchez-vous sur le flanc gauche, déshabillez les femmes, elles rugissent d'attente, c'est l'heure! (Flaub., Tentation,1849, p. 258).Dans une petite chambre fraîche où la dame attendait, accoudée sur un lit bas (A. Daudet, Tartarin de T.,1872, p. 91).
Lit clos. Lit isolé complètement par des panneaux de bois, avec sur l'un des côtés des portes coulissantes. Synon. lit breton.L'un coucherait dans le même lit clos que Thomas, vers le panneau, l'autre coucherait par terre, sur des voiles (Queffélec, Recteur,1944, p. 209).
Lits jumeaux (v. jumeau II A 1 a).
Lit mécanique. Lit destiné à un malade et muni d'un dispositif permettant de régler l'inclinaison du sommier, de changer la literie sans avoir à déplacer le malade. Vous savez sans doute la chute du pape; il va mieux, mais je ne crois pas qu'il vive longtemps. Je lui ai envoyé un lit mécanique pour se soulever (Chateaubr., Congrès Vérone, t. 2, 1838).
Lit pliant. La lingerie était encombrée par un lit pliant, ouvert et défait (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 786).
Lit + compl. circonstanciel ou subst. adjoint
Lit-armoire, lit en armoire. Synon. de lit clos.Une immense cheminée en occupait le fond, et des lits en armoire s'étageaient sur les côtés (Loti, Pêch. Isl.,1886, p. 96).Occupants des lits-armoires (Richepin, Flamboche,1895, p. 205).
Rem. Noter aussi chez Pourrat a) Lit-coffre. Les deux lits-coffres, avec l'horloge entre eux, tenaient le fond de la salle (Gaspard, 1925, p. 201). b) Lit-placard. On fut obligé de la coucher en hâte dans un des lits-placards de la salle (Gaspard, 1922, p. 104).
Lit-bateau, lit à, en bateau. Lit dont la forme rappelle celle d'une coque de bateau et les couchettes des cabines de navire. [Une chambre] toute meublée en acajou avec un lit-bateau et des rideaux de calicot rouge (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 496).Les petits lits en bateau qui ont l'air d'avoir été trouvés sur le Nil et d'où on s'attend à voir sortir Moïse (Proust, Guermantes 2,1921, p. 519).Ce lit à bateau qui sent la paille fraîche de maïs et le vieux bois de chêne (Bosco, Mas Théot.,1945, p. 40).
Lit(-)cage. Lit métallique pliant. Même un lit cage! (Dabit, Hôtel, 129, p. 93).La petite turne avec son lit-cage et un calendrier des postes et télégraphes était sinistre à la lueur d'une lampe Pigeon (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 295).
Lits gigognes. ,,Ensemble de deux lits dont l'un, une fois replié, se glisse sous l'autre`` (Lar. Lang. fr.).
Lits-sacs (vieilli). Sac de couchage. Les lits-sacs en peau de renne qui doivent servir aux excursions (Charcot, Expéd. antarct. fr.,1906, p. 114).
Lit à baldaquin*. Son poudreux lit à baldaquin! (Bertrand, Gaspard,1841, p. 131).
Lit à ciel*. Un lit à ciel dont les pentes en drap tremblaient comme si elles allaient tomber, achevées par les vers (Balzac, E. Grandet,1834, p. 75).
Lit à miroirs. Lit entouré et surplombé de miroirs, destiné aux ébats amoureux. [MmeHume-tout allait] recevoir, dans la somptueuse niche voisine, au fond du grand lit à miroirs, son invincible lion (Cladel, Ompdrailles,1879, p. 373).
Lit à quenouilles. Lit dont le dais est soutenu par des colonnes aux quatre coins du châlit. Le lit de Raboliot et de Sandrine, un lit à quenouilles encourtiné (Genevoix, Raboliot,1925, p. 57).
Lit de bout. Lit dont le chevet seul touche la muraille, les trois autres faces restant libres, autour duquel on peut circuler (d'apr. Havard t. 3 1889).
Lit de milieu. Lit dont le chevet est au milieu de la muraille principale d'une pièce. Elle acheta des meubles, un lit de milieu, une armoire, des chaises (Dabit, Hôtel,1929, p. 187).
Lit de sangle(s). Lit constitué d'un châssis pliant supportant des sangles ou une toile. Synon. lit pliant.Amélie coucherait sur un lit de sangle (Zola, Nana,1880, p. 1246).
b) Lit + adj. ou compl. exprimant la fonction ou la destination du lit
Lit funéraire ou funèbre. Lit sur lequel repose, est exposé un mort. La simple croix de buis, un vieux drap mortuaire, Furent les seuls apprêts de son lit funéraire (Brizeux, Marie,1840, p. 106).Sur ce lit funèbre, la mort (...) l'avait couchée sous l'apparence d'une jeune fille (Proust, Guermantes 2,1921, p. 345).
Lit de camp. Petit lit démontable et portatif permettant de camper ou d'installer un couchage provisoire. Un soupirail, un lit de camp, un cruchon d'eau avec une miche de pain (Jouve, Scène capit.,1935, p. 75).
Lit d'hôpital. Ainsi, sur mon lit d'hôpital je m'agite en propos stériles (Verlaine, Dans les limbes,1894, p. 108).
Lit de jour (vieilli). Synon. de lit de repos.Ma mère se jetait, en soupirant, sur un vieux lit de jour de siamoise flambée (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 110).
Lit de mort. Lit où est exposé un mort. Samuel alla le voir sur son lit de mort. M. Feuillebois y reposait, allongé, immense (Van der Meersch, Invas. 14,1935, p. 218).
Lit de parade. Lit qui sert à décorer. J'eus le temps à peine de me jeter dans l'alcôve d'un grand lit de parade qui ne servait à personne, fortifié d'une balustrade de prince et fermé, heureusement plus qu'à demi, par des rideaux semés d'abeilles (Vigny, Serv. grand. milit.,1835, p. 156).Lit sur lequel on expose le corps ou le mannequin d'un mort. [On avait fait de Philippe-le-Bon] une représentation de sa figure, qui gisait sur un lit de parade, vêtue de tous les ornemens royaux (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 372).
Lit de repos (vieilli). Lit bas, sorte de chaise longue pour se reposer pendant la journée. Synon. méridienne.Madeleine à demi renversée, comme elle l'eût été sur un lit de repos, froissait par un geste nerveux un énorme bouquet de violettes (Fromentin, Dominique,1863, p. 239).
Lit de justice (hist.). Lit d'apparat sur lequel s'installait le Roi dans les audiences publiques du Parlement.
P. méton. Séance du Parlement. Devant cette opposition opiniâtre, il fallut revenir aux lits de justice, à l'exil des parlements, aux arrestations de parlementaires : le Gouvernement était ramené aux procédés du règne de Louis XV (Bainville, Hist. Fr., t. 2, 1924, p. 22).
c) Lit de + subst. désignant un affect.Lieu où l'on subit ce que désigne le compl. Vous ne réussirez à rien sans Dieu. Vous vous tournez et retournez sur votre lit d'angoisse : quel soulagement avez-vous trouvé? (Lamennais, Paroles croyant,1834, p. 257).Ayant compris que la meilleure façon de s'endormir dans une tiédeur heureuse est encore de se faire soi-même un lit de béatitude (Zola, Ventre Paris,1873, p. 648).
Lit de douleur, de souffrance. Elle est alitée depuis dix ans, en proie à un mal incurable. Je l'ai vue sur son lit de tourment. Son fin visage est si pâle qu'il se détache à peine du mur blanc (Pesquidoux, Livre raison,1928, p. 274):
3. ... elle se jeta sur le lit de misère avec autant d'aisance que sur la prairie de Vanves, et elle attendait l'opérateur. Le silence était grand; l'homme était armé de ciseaux recourbés; il taillait dans la chair vive; on n'entendait que le bruit sonore de l'instrument... Janin, Âne mort,1829, p. 131.
À son lit de mort, sur son lit de mort. Au moment de l'agonie. J'ai adddoré [sic] un homme qui est décédé en me faisant jurer à son lit de mort de ne jamais... (Colette, Cl. école,1900, p. 174).
Au lit de la mort (vieilli). Je ne sais si cette confiance en la vie, chez Talma, au lit de la mort, a arrêté le zèle de M. Dupuytren, mais Talma est mort tout seul (Delécluze, Journal,1826, p. 354).
d) Lit + subst.Le mot composé désigne un lit ayant la fonction que précise le second subst.
Lit-canapé. Les draps sales de son lit-canapé (France, Le Chat maigre,1879, p. 168).
Lit-divan. Le large lit-divan avait un couvre-lit de ce même satin bleu (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 81).
Lit-fauteuil. ,,Lit pliant pouvant servir de fauteuil`` (Lar. Lang. fr.).
Lit-sofa. Assise au bord du lit-sofa, elle enlevait ses bas (Roy, Bonheur occas.,1945, p. 104).
Rem. On dit aussi canapé-lit, divan-lit.
En partic., vieilli. Lit-salon ou salon-lit. ,,Compartiment d'une voiture de voyageurs comportant des lits qu'on relève le jour (...) pour disposer d'un compartiment-salon`` (Lar. Lang. fr.). Retour à Paris. Nous avons pris deux salons-lits (Goncourt, Journal,1885, p. 495).
3. Loc. et expr. fig.
Faire (préparer, etc.) le lit de. Créer soi-même, par son action, les conditions de la réalisation d'une chose qui n'est pas souhaitable. Mais nous étions pourtant quelques-uns à penser cela; quelques rares inopérants. « Vous faites le lit de Hitler. Vous rendez Hitler nécessaire, attendu, inévitable... » (Gide, Journal,1949, p. 339).Le fait est là : le voluptueux prépare le lit de l'incroyant (Green, Journal,1945, p. 248).
Proverbe. Comme on fait son lit, on se couche. On subit nécessairement les conséquences de ses actes. Les uns ont tout perdu au jeu, ou à la bourse, et se sont tués; les autres sont morts de noce, tout simplement. Que voulez-vous? Ma foi, tant pis pour eux : comme on fait son lit, on se couche (Larbaud, F. Marquez,1911, p. 214).
Faire son lit de, dans (gén. péj.). S'installer avec plaisir dans. Synon. Se complaire, se vautrer.Jamais il ne l'aurait jugée capable [la France] de descendre à ce point, d'être cette France sourde, dure, endormie et lâche, qui faisait son lit dans la honte et dans l'iniquité (Zola, Vérité,1902, p. 142):
4. Toi qui, forte comme un troupeau De démons, vins, folle et parée, De mon esprit humilié Faire ton lit et ton domaine... Baudel., Fl. du Mal,1861, p. 53.
Lit de roses (au fig.). [P. allus. aux Sybarites] Vie agréable, facile. [Mallet du Pan] se méfia à l'instant de cette monarchie délabrée et dissolue, où, sur des lits de roses et tout en partant pour l'Opéra, on se flattait qu'il n'y avait qu'à promulguer quelques principes abstraits pour s'assurer l'affranchissement universel et la félicité du monde (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 4, 1851, p. 479).
[Est fréq. surtout dans des phrases négatives exprimant par litote une vie ou une situation difficile] N'être pas sur un lit de roses. [Mon ami] me blâma de mon découragement et voulut me prouver que les révolutions ne sont point des lits de roses (Sand, Pte Fadette,1849, p. II).
Lit de Procuste. [P. réf. au supplice pratiqué par le brigand de la mythologie grecque qui, couchant ses victimes sur un petit lit quand elles étaient de grande taille, sur un grand lit quand elles étaient petites, les ramenait à la dimension du lit soit en coupant les pieds aux grandes, soit en étirant les membres aux petites] Cadre contraignant, qui mutile. Il y a plusieurs types d'hommes, il y a le type mystique, comme il y a le type positiviste. L'enseignement de l'État ne peut pas être donné à ces formes diverses. Il doit être rigide. Il est le lit de Procuste (Barrès, Cahiers, t. 8, 1909, p. 3):
5. D'autres pouvaient ciseler un épisode ou découper une anecdote en trois actes; mais il s'écartelait, lui, sur ces lits de Procuste! Il n'était pas l'homme d'un sonnet. Écrire sans mesures conventionnelles, sans digues! Martin du G., Devenir,1909, p. 125.
4. Partie fixe, cadre du lit. Synon. Châlit, bois de lit (v. bois II C 2 a).Un lit de/en bois, de/en chêne, de/en fer; un lit métallique.
5. Lit de plume. Enveloppe remplie de plume. Synon. couette.Cette étroite couchette, deux planches sur un châssis de fer, une paillasse et un lit de plume (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 196).Les lits de plume, autrefois d'une belle apparence bombée, maintenant mollement secoués, s'affaissaient au milieu (Guèvremont, Survenant,1945, p. 21).
6. P. anal. Couche de matières souples et meubles sur laquelle on s'étend. Lit de feuillage, de fougère, de mousse. L'enfant chérie, accotée par les racines antiques, sur un lit d'aiguilles de pin, belle comme un ange, déjà au paradis (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 132).
B. − P. méton.
1. Synon. de coucher (subst. masc.), repos.Elle avait donné ordre qu'on traitât très bien les voyageurs qui demanderaient à voir le château; et elle leur offrait le lit et la table; enfin la vieille hospitalité féodale (Barb. d'Aurev., Memor. A... B...1864, p. 439):
6. ... quelque chose en moi, comme un papillon, venait se brûler à cette lumière. Ce n'était pas le feu dans la nuit campagnarde, qui parle de la soupe et du lit, c'était plutôt une lumière sur l'eau, qui ensorcelle un gouffre et conjure l'irréparable. Gracq, Beau tén.,1945, p. 82.
2.
a) Activité sexuelle. Acheter aux enchères une négresse pour le lit ou la cuisine (Tharaud, Fez,1930, p. 343).Un homme ne peut supporter une femme qui souffre, à moins qu'il ne la console par le lit (Montherl., Demain,1949, I, 1, p. 701).
b) Loc. verb.
Au lit (se mettre, être, etc.). Se coucher pour faire l'amour. Synon. baiser, coucher.Il le mena dans sa chambre, où ils se mirent au lit. Elle en sortit avant l'heure du lever. Mais le joli homme ne lui garda pas le secret (Restif de La Bret., M. Nicolas,1796, p. 103).Et comme ils remplaçaient aux champs le chef de famille mobilisé, il leur arriva tout naturellement de le remplacer au lit (Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 197).
Au lit. Dans l'accomplissement de l'acte sexuel. − Toi!... il faut qu'un jour nous couchions ensemble, tu dois être amusant au lit... (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 189).− Elle est bien. − Au lit, dit Pinette, elle est formidable. Tu ne peux même pas t'imaginer (Sartre, Mort ds âme,1949, p. 77).
Avoir, mettre qqn au lit, dans son lit. Avoir des relations sexuelles avec quelqu'un. Napoléon avait reçu dans son lit, à Milan, une Italienne de seize années, belle comme le jour; au milieu de la nuit il la renvoya, de même qu'il aurait fait jeter par la fenêtre un bouquet de fleurs (Chateaubr., Mém., t. 2, 1848, p. 374).Duvillard, qu'elle sevrait depuis six semaines, s'efforçait de rire, comptait quand même qu'il la mettrait au lit, s'il attendait patiemment (Zola, Paris, t. 1, 1897, p. 273).
Faire lit commun. Avoir des relations sexuelles dans le cadre d'une vie commune. Faisant avec sa femme lit commun, coucherie patriarcale, avec le grand fils à leurs pieds en travers, sur un lit de sangle! (Goncourt, Journal,1865, p. 186).
Partager son lit avec. Même sens :
7. ... Sartre resta quarante ans sans adresser la parole à sa femme; à table, il s'exprimait par signes, elle finit par l'appeler « mon pensionnaire ». Il partageait son lit, pourtant, et, de temps à autre, sans un mot, l'engrossait... Sartre, Mots,1964, p. 8.
Faire lit à part. Ne pas, ne plus avoir de relations sexuelles. [Pour les messieurs] fidèles aux idées vulgaires à la mode (...) le parfait contentement [de Lamiel] ne pouvait se concilier avec lit à part (Stendhal, Lamiel,1842, p. 197).
Être né d'un premier, d'un second, d'un même lit. Être né d'un premier, d'un second mariage, d'un même mariage :
8. Le partage de la moitié ou des trois quarts dévolus aux frères ou sœurs (...) s'opère entre eux par égales portions, s'ils sont de lits différens, la division se fait par moitié entre les deux lignes paternelle et maternelle du défunt... Code civil,1804, art. 752, p. 138.
3. Alitement. Quelques jours de fièvre et de lit (Martin du G., Souv. autobiogr. et littér.,1947, p. cxxx).
Se mettre, être, rester au lit. Se coucher, rester couché parce qu'on est malade. Synon. s'aliter, être alité.Dès qu'il y a émeute, il est au lit, il est malade! (Scribe, Bertrand,1833, III, 3, p. 176).
Garder le lit. Ne pas quitter le lit. Elle était très lasse, très déprimée. Je lui ai ordonné de garder le lit (Simenon, Vac. Maigret,1948, p. 180).
4. Lieu où l'on dort habituellement. Synon. chez-soi, domicile.Et l'ouvrier courbé qui regagne son lit (Baudel., Fl. du Mal,1857, p. 164).
Dormir (coucher) dans son lit. Dormir chez soi. [Paris] où nous n'osions plus coucher dans notre lit, où sans cesse il fallait changer de domicile [à cause de la traque de la Gestapo] (Mauriac, Bâillon dén.,1945, p. 402).
Mourir dans son lit. Mourir de mort naturelle chez soi. Depuis quatre générations, tous ses ancêtres ont été pendus ou décapités; pas un n'est mort dans son lit (About, Roi mont.,1857, p. 224).
5. Place, possibilité d'accueil pour un malade dans un hôpital. Un hôpital de cent vingts lits qui vient d'être fondé (Goncourt, Journal,1895, p. 746).
II. − P. anal.
A. −
1. Couche d'une matière meuble qui recouvre une surface. La terrasse de l'auberge donnait sur une route, très large, que la poussière couvrait d'un lit épais (Estaunié, Sil. camp.,1925, p. 145).
2. Couche d'une matière particulière sur laquelle repose quelque chose. Le poisson était couché pour la nuit sur des lits de glace (Zola, Ventre Paris,1873, p. 729).
En partic.
ART CULIN. Garniture sur laquelle repose un mets. Quand le gigot paraît au milieu de la table, Fleurant l'ail, et couché sur un lit respectable De joyeux haricots (Ponchon, Muse cabaret,1920, p. 149).
TECHNOL. Assise (de quelque chose). Lit de mortier, de ciment, de pierre; lit de mastic (d'apr. Noël 1968). Distinguer, dans la blancheur des lits de mortier, la tranche des briques superposées (Genevoix, Raboliot,1925, p. 55).
3. MAÇONN. Surface horizontale supérieure ou inférieure d'une pierre, d'après la position qu'elle occupe dans la carrière. Anton. délit. (v. délit2). (Ds Noël 1968).
4. Par lits. Par couches, mises l'une sur l'autre d'une substance ou d'objets de même nature. Ces fibres sont courtes et se recouvrent par lits superposés comme les tuiles d'un toit (Cuvier, Anat. comp., t. 2, 1805, p. 613).Des poulets morts et plumés, s'alignaient dans des caisses, par lits profonds (Zola, Terre,1887, p. 169).
GÉOL. Assises successives d'un même dépôt. Une succession de lits forment une strate ou une couche (George1970).
5. Au fig., rare. Champ :
9. Nos pensers courent à l'action sur des pistes osseuses. L'éclair m'ouvre le lit de plus vastes desseins. L'orage en vain déplace les bornes de l'absence. Saint-John Perse, Exil,1942, p. 231.
Au lit d'honneur (vx). Au champ d'honneur [Le Prince Prozorowski] est mort sinon au lit d'honneur, au moins dans un lit honorable, sur la rive droite du Danube, où il s'est fait porter pour avoir le plaisir de mourir sur les terres turques (J. de Maistre,Corresp.,1809,p. 289).
B. −
1. Chenal d'écoulement (d'un cours d'eau, d'un glacier p. ex.). On reprend le même chemin et on suit le lit à sec de la vallée principale (Barrès, Cahiers, t. II, 1913, p. 10).Il faut passer par les bas-fonds, suivre des lits de torrents enchevêtrés de viornes et de ronces (Giono, Colline,1929, p. 48):
10. ... les lits des rivières, des fleuves, des mers mêmes, varient dans leur forme, leur profondeur, et insensiblement se déplacent... Lamarck, Philos. zool., t. 1, 1809, p. 78.
Lit majeur. Partie adjacente au chenal, inondée en cas de crue (d'apr. Hydrol. 1978).
Lit mineur. Lit occupé en permanence, délimité par les berges (d'apr. Hydrol. 1978).
2.
a) Lit de la marée, du courant. Lieu où l'écoulement de la marée, où un cours d'eau a le plus de force et de vitesse :
11. ... nous tombâmes bientôt sur un fond de cinquante brasses, où le courant paraissait modéré. Jusque-là nous avions traversé dans ce canal des lits de marée plus forts que ceux du four ou du raz de Brest... Voy. La Pérouse,t. 3, 1797, p. 92.
b) Lit(du vent). Direction dans laquelle souffle le vent. Le séminariste, à la barre, pendant que Salaün aidait à la manœuvre, ramenait à chaque coup de houle le bateau dans le lit du vent (Chevrillon, La Bretagne d'hier II,1925, p. 11).
Trajet habituel d'un flux atmosphérique de perturbation. Le lit de l'alizé (d'apr. George 1970).
3. Au fig., rare. Les excès de la Terreur, le despotisme de Bonaparte, avaient fait rebrousser les idées; mais sitôt que les obstacles qu'on leur avait opposés furent détruits, elles affluèrent dans le lit qu'elles devaient à la fois suivre et creuser (Chateaubr., Mém., t. 2, 1848, p. 533).
Prononc. et Orth. : [li]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1050 « meuble destiné au coucher » (Alexis, 12, a ds T.-L.); b) 1318 lit « dais sous lequel se tient le roi lors d'une séance du Parlement » (Ordonnance de Philippe V, 17 nov. ds Ord. des Rois de France, t. 1, p. 676); 1377 lit de justice « id. » (Gace de La Buigne, Roman des Deduis, éd. Å Blomqvist, 5315); d'où ca 1470 « séance solennelle au Parlement » (Georges Chastellain, Chronique, éd. Kervyn de Lettenhove, t. 3, p. 429); c) 1486 « union conjugale » (Bout., Somme rur., I, fo117 ds Gdf. Compl.); 2. a) 1200 vénérie (Garin le Lorrain, éd. J.A. Vallerie, 10290); b) ca 1265 « canal d'un cours d'eau » (Brunet Latin, Trésor, éd. F.J. Carmody, I, 122); c) 1573 mar. lis du vent (Dupuys); 3. 1306 « couche horizontale » (Joinville, St Louis, éd. N. L. Corbett, § 370). Du lat. lectus « lit » et fig. « union conjugale ». Fréq. abs. littér. : 15 383. Fréq. rel. littér. : xives. : a) 18 134, b) 24 593; xxe: a) 27 183, b) 20 416. Bbg. Archit. 1972, pp. 107, 216. - Pauli 1921, p. 69. - Quem. DDL t. 16. - Sculpt. 1978, p. 511.

Lit : définition du Wiktionnaire

Nom commun

lit \li\ masculin

  1. (Mobilier) Meuble sur lequel on se couche pour dormir, généralement composé d’un cadre de bois ou de métal, qu’on garnit d’un sommier ou d’une paillasse, d’un ou plusieurs matelas, d’un traversin, d’un ou plusieurs oreillers, de draps et de couvertures.
    • Le Curé, en mourant, devait laisser à son successeur, un lit garni, un pot de cuivre , un crémail, quelques petits meubles de bois et une poêle à frire. — (A.-D. Thiéry, Histoire de la ville de Toul et de ses évêques, Paris, Roret, Nancy, Grimblot & Raybois & Toul, Vve Bastien, 1841, page 303)
    • Evans prend possession de l’unique lit et s’y fourre entre deux édredons, tandis que je monte mon lit de voyage et m’y enroule dans mon plaid. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 94)
    • Oui, sans doute, il est pitoyable que des personnes aisées occupent indûment des lits dans les hôpitaux. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Au lit, ils enlevaient leurs lunettes d’abord et leurs râteliers ensuite dans un verre et plaçaient le tout en évidence. — (Louis-Ferdinand Céline [Louis Ferdinand Destouches], Voyage au bout de la nuit, Denoël et Steele, Paris, 1932, éd. 1942, page 155)
    • La victime, face contre terre, était coincée dans la ruelle du lit, fesses en l’air. Pas besoin d’être diplômé de la faculté Xavier-Bichat pour comprendre qu’il était raide mort. — (Patrick de Funès, Médecin malgré moi, 2008)
  2. (Par analogie) Tout lieu où l’on peut se coucher.
    • […] et, allongé sur un lit d’ordures humides, un cochon tout rose, assoupi, grognait en rêvant. — (Octave Mirbeau, La Bonne, dans Lettres de ma chaumière, 1885)
    • Un lit de gazon, de fougère, de verdure.
  3. (Par métonymie) Cadre de bois ou de métal, indépendamment de la literie.
    • Un lit de bois de noyer, d’acajou, de merisier, de chêne.
    • Monter, démonter un lit.
  4. (Par métonymie) Literie.
    • Un bon lit.
    • Un lit très doux.
    • Un lit trop dur.
    • Faire son lit, le mettre en tel état qu’on puisse y coucher.
  5. (Par extension) Couche régulière de matière quelconque.
    • Il ne reste plus qu’à faire sécher l’écorce sur un lit de perches disposées en plan incliné […] — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 174)
    • Dans ce terrain vous trouverez un lit de terre, puis un lit d’argile, puis un lit de sable.
    • Le lit d’un banc de pierre dans la carrière, d’une assise dans une construction de pierre, le dessus et le dessous d’un banc de pierre, d’une assise.
  6. Canal occupé par une rivière ou un fleuve.
    • La rivière semble dormir, mais il lui arrive de sortir de son lit. — (Brunetto Latini, Li livres dou tresor, 1265)
    • Le bateau, mal conduit et chargé outre mesure, alla donner dans un de ces bas-fonds qui encombrent le lit de la Loire, et y resta engravé. — (Augustin Thierry, Récits des temps mérovingiens, 2e récit : Suites du meurtre de Galeswinthe — Guerre civile — Mort de Sighebert (568-575), 1833 - éd. Union Générale d’Édition, 1965)
    • Ce dernier avait décidé de choisir comme champ de bataille le lit asséché de la rivière Minato, mais Kusunoki Masashigé, consulté, aurait été d’avis de ne pas rompre le fer à cet endroit […] — (François Toussaint, Histoire du Japon, Fayard, 1969, page 208)
    • La populiculture représente un risque non négligeable de « pollution génétique » à partir des peupliers noirs naturels présents dans le lit de la Loire. — (Hervé Piégay, Guy Pautou & Charles Ruffinoni, Les Forêts riveraines des cours d’eau : écologie, fonctions et gestion, Institut pour le développement forestier, 2003, page 324)
  7. (Figuré) Jeux de l'amour que l'on fait allongé.
    • Je te jure, les bonshommes, on se demande vraiment pourquoi on leur court après... Quand on y pense... à part le lit... et encore ! Parce qu'il y en a des qui, même au lit, je ne te dis pas ! — (Vera Feyder, Petite suite de pertes irréparables, Éditions Lansman, 1998, p. 12)
  8. (Figuré) Union ; mariage en rapport avec la naissance des enfants.
    • Les enfants d’un second lit figurent aussi dans cet arbre généalogique.
    • La mère payait déjà très-difficilement les mois de collège de son aîné, Florent, l’enfant du premier lit. — (Émile Zola, Le Ventre de Paris, Georges Charpentier, Paris, 1873)
  9. (Marine) Direction du vent, d’un courant.
    • Le lit du vent, d’un courant,
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Lit : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LIRE. (Je lis; nous lisons, etc. Je lus. Je lirai. Lis. Que je lise.) v. tr.
Suivre des yeux ce qui est écrit ou imprimé, avec la connaissance des sons que les lettres figurent; soit en ne proférant pas les mots, soit en les proférant à haute voix. Apprendre à lire. Lire couramment. Il ne sait ni lire ni écrire. Il lit bien le grec, l'hébreu. Il s'est fatigué la vue à lire de vieux manuscrits. Une écriture difficile à lire. Il signifie quelquefois Comprendre ce qui est écrit ou imprimé dans une langue étrangère. Il ne parle pas l'anglais, mais il le lit avec assez de facilité. Par analogie, Lire la musique, Parcourir des yeux une musique notée, avec la connaissance des sons que les notes figurent et des diverses modifications que ces sons doivent recevoir. Il signifie aussi Prononcer à haute voix, avec l'intonation voulue, ce qui est écrit ou imprimé. Il lit bien, il lit mal. Il lit distinctement. Il ne sait pas lire. Il nous a lu un long discours. Je vais vous lire mes vers. Ce prince avait l'habitude de se faire lire quelque bon livre pendant ses repas. Il se dit encore en parlant des Lectures qu'on fait pour s'instruire, pour s'amuser, pour s'informer, etc. Lire un volume de vers. Lire un roman. Lire un billet, une lettre. Lire la messe. Lire une dépêche chiffrée. Dans le premier sens, on l'emploie souvent absolument. C'est un homme qui a beaucoup lu. Il passe son temps à lire. Fig., C'est un ouvrage qu'on ne peut lire, se dit d'un Ouvrage ennuyeux, ou mal écrit, ou surtout licencieux. Fig. et fam., Ce livre, cet ouvrage se laisse lire, On le lit sans fatigue, sans ennui.

LIRE se dit encore en parlant de Quelque livre qu'un professeur explique ou fait expliquer à ses auditeurs et qu'il prend pour sujet des leçons qu'il leur donne. Notre professeur nous lisait Homère. Il signifie au figuré Pénétrer quelque chose d'obscur ou de caché. Lire dans la pensée, dans le cœur, dans les yeux de quelqu'un. Je lis sur votre visage que vous êtes mécontent. Lire dans les astres, dans l'avenir.

Lit : définition du Littré (1872-1877)

LIT (li ; le t ne se lie guère dans la conversation ; au pluriel, l's se lie : des li-z élégants) s. m.
  • 1Ensemble des diverses pièces qui composent le meuble sur lequel on s'étend et on dort. Une chambre à deux lits. Placer le lit dans une alcôve. Tout à coup, on voit arriver le moment fatal où la terre n'a plus rien pour elle que des pleurs : que peuvent tant de fidèles domestiques empressés autour de son lit ? Bossuet, Mar.-Thér. T'accommodes-tu mieux de ces douces ménades, Qui, dans leurs vains chagrins, sans mal toujours malades, Se font des mois entiers, sur un lit effronté, Traiter d'une visible et parfaite santé ? Boileau, Sat. X. Les gardes, son palais, son lit [de l'empereur Claude] m'étaient soumis, Racine, Brit. IV, 2. Lit, siéges, table y sont [dans un réduit] portant de toutes parts Livres, dessins, crayons, confusément épars, Chénier, Élég. XXIV. Dans mon réduit où l'on voit l'indigence Sans m'éveiller assise à mon chevet, Grâce aux amours bercé par l'espérance, D'un lit plus doux je rêve le duvet, Béranger, Dieu des bonnes gens.

    Au lit, couché dans un lit. Elle [la joueuse] plaint le malheur de la nature humaine, Qui veut qu'en un sommeil où tout s'ensevelit, Tant d'heures sans jouer se consument au lit, Boileau, Sat. X.

    Se mettre au lit, se déshabiller et se coucher. Nous arrivâmes comme le maître du logis allait se mettre au lit, Sévigné, 351.

    Ils font lit à part, se dit d'un mari et d'une femme qui couchent séparément. Le roi qui faisait lit à part, La Fontaine, Mul. Assurément votre frère se donne la liberté de citer assez souvent les bons frères qui ordonnent le lit à part dans la canicule, Sévigné, 16 nov. 1689.

    Ils ne font qu'un lit, se dit d'un mari et d'une femme qui couchent ensemble.

    Il va du lit à la table et de la table au lit, se dit d'un homme qui n'a d'autre occupation que de manger et de dormir.

    Garder le lit, ne pas quitter le lit, demeurer au lit à cause de quelque incommodité. Tout le jour elle a gardé son lit, Sévigné, 10. Un mal de tête qui l'obligeait à garder le lit, Hamilton, Gramm. 9.

    Prendre le lit, se dit de quelqu'un qui, se sentant malade, se couche. Il a pris le lit il y a huit jours, et depuis lors la fièvre ne l'a pas quitté.

    Au saut du lit, en sautant à bas du lit. Ce fameux duc de Valstein, que l'empereur Ferdinand fit si proprement tuer au saut du lit par quatre honnêtes Irlandais, Voltaire, Lett. au roi de Prusse, 2 sept. 1742.

    Prendre quelqu'un au saut du lit, se rendre de bon matin chez lui et à son lever.

    Être au lit, être couché. Il était encore au lit à neuf heures du matin.

    Être au lit, signifie aussi être couché pour cause de maladie. Je suis au lit depuis un mois avec la fièvre continue, Dancourt, la Trahison punie, III, 2.

    Fig. Être au lit de la mort, au lit de mort, sur son lit de mort, être à l'extrémité. Représentez-vous au lit de la mort une âme fidèle, Massillon, Avent, Mort du péch. Toutes les ressources dont nous pouvons nous flatter au lit de la mort sont d'ordinaire des illusions, Massillon, Car. Mort.

    À son lit de mort, avant de mourir, en mourant. À son lit de mort, il s'est réconcilié avec son fils. Ma mère au lit de mort a reçu nos promesses, Voltaire, Tancr. V, 3.

    Mourir dans son lit, mourir d'une mort naturelle, sans être tué à dessein ou accidentellement. Il [Sylla] osa se démettre de la dictature pour vivre en simple particulier, et il termina ses jours dans son lit, Rollin, Traité des Ét. 3e part. ch. 1. Cet exemple et celui du maréchal de Marillac font assez voir que quiconque est à la tête des armées ou des affaires, est rarement sûr de mourir dans son lit ou au lit d'honneur, Voltaire, Comm. Œuv. aut. Henr.

    Lit d'ange, lit qui était sans quenouilles ou piliers, et dont on retroussait les rideaux. M. de Coulanges vous parlera de votre lit d'ange, Sévigné, 11 juill. 1672.

    Lit à la duchesse, voy. DUCHESSE.

    Autrefois le grand lit, le lit pour dormir la nuit ; le petit lit, le lit pour la sieste. On s'asseyait sur le pied du petit lit, et cette habitude s'est conservée jusque assez avant dans le XVIIe siècle.

    Lit à tombeau, s'est dit d'un lit dont le ciel était plus élevé vers la tête que vers les pieds. Son logement [de d'Alembert] chez la vitrière était une petite chambre mal éclairée, mal aérée, avec un lit à tombeau très étroit, Marmontel, Mém. VII.

    Aujourd'hui, lit en tombeau, lit dont le bois a la forme carrée d'un monument sépulcral.

  • 2Place dans une salle d'hôpital pour un malade. Cet hôpital a cent lits. On m'a promis deux voix à l'Académie, et deux lits aux Incurables, Picard, Trois quartiers, III, 2.
  • 3Lit de travail, lit de misère ou petit lit, lit sur lequel on place la femme pendant le travail de l'accouchement.

    Lit de douleur, lit dans lequel est couchée une personne souffrante, gravement malade. Lorsqu'étendus sur un lit de douleur, vous combattiez ainsi entre la vie et la mort, Massillon, Carême, Impén. Qu'importe au chrétien… de mourir… dans le lit de sa douleur ou dans le sein des ondes, pourvu qu'il meure dans la piété et dans la justice ? Massillon, ib. Mort.

    Lit de parade, lit tendu dans une chambre plutôt pour l'ornement que pour l'usage. Le lit à parer est le lit de parade, et c'est à la fin du moyen âge, et surtout à l'époque de la renaissance, qu'il devint, par ses sculptures, ses incrustations et ses peintures, un véritable objet d'art, De Laborde, Émaux, p. 366.

    Lit de parade, lit sur lequel on expose, pendant quelques jours, certains morts, rois, princes, grands seigneurs, hommes illustres. On ne fait ordinairement les funérailles de nos rois que quarante jours après leur mort ; on expose, pendant ces quarante jours, leur image en cire, à la vue du peuple, sur un lit de parade, Saint-Foix, Ess. Paris, Œuv. t. IV, p. 156, dans POUGENS.

    Lit de repos, sorte de petit lit bas et sans rideau, où l'on se repose pendant le jour. Mettez-vous sur votre lit de repos, Sévigné, 539.

    Lit de sangle, lit fait de sangles, et plus souvent d'un morceau de coutil attaché à deux longues pièces de bois, soutenues par des pieds ou jambages qui se croisent.

    Lit de camp, petit lit dont le bois se démonte de manière qu'on peut le transporter facilement. Chacun couché, pour la belle on mettait Un lit de camp, La Fontaine, Berc. J'avais un petit lit de camp tout prêt dans l'endroit qui m'était réservé, Marivaux, Paysan parv. 2e part.

    Le lit de camp est aussi une espèce de couchette formée de planches inclinées, qui sert de lit dans un corps de garde.

    Lit de veille, lit qu'on dresse dans la chambre d'un malade pour le veiller.

    Lit orthopédique ou extensif, lit sur lequel on couche les enfants affectés de quelque dérangement dans la taille, et qui porte un appareil propre à tenir le corps dans une extension continue.

    Lit nuptial, le lit où les nouveaux mariés couchent la première nuit de leurs noces.

  • 4Lit, nom de la couche sur laquelle les anciens se mettaient pour prendre leur repas dans la salle à manger.

    Lit de roses, lit parsemé de feuilles de rose sur lequel les anciens Sybarites aimaient à se reposer.

    Fig. N'être pas sur un lit de roses, être en proie à des tourments physiques ou moraux (par allusion au lit de roses des Sybarites).

  • 5La couchette, c'est-à-dire les supports et le fond d'un lit. Un lit de bois de noyer, d'acajou. Monter, démonter un lit.

    Lit de fer, couchette qui est en fer au lieu d'être en bois.

  • 6Le tour du lit. Un lit de damas, d'indienne. Un lit d'été, d'hiver. On voit encore, parmi les meubles de la couronne, un superbe lit travaillé en soie, en or, en petites perles fines et petites pierreries, fait par Mme de Maintenon pour Louis XIV, Genlis, Mme de Maintenon, t. II, p. 266, dans POUGENS.
  • 7Il se prend aussi pour les matelas et le lit de plume sur lesquels on couche. Un bon lit. Un lit trop mou, trop dur. Défaire, découvrir, bassiner un lit. Border le lit.

    Faire le lit, faire un lit, le mettre en tel état que l'on puisse s'y coucher. On dit aussi : accommoder un lit.

  • 8Lit de plume, taie de toile ou de coutil pleine de plume. Dans le réduit obscur d'une alcôve enfoncée S'élève un lit de plume à grands frais amassée, Boileau, Lutrin, I. Suis-je mieux nourri, suis-je dans ma chambre à l'abri du nord, ai-je un lit de plume, après vingt ans entiers qu'on me débite [qu'on vend mes ouvrages] dans la place ? La Bruyère, XII.
  • 9Toute chose sur laquelle on se couche. Un lit de feuillage. La terre était son lit.

    Fig. Un homme est malade en son lit ; on le vient avertir de donner ordre à ses affaires… il me semble que mon Sauveur a fait quelque chose de semblable sur le lit sanglant de la croix, Bossuet, 2e serm. Compass. de la Ste Vierge, Préambule. L'enfant dont la mort cruelle Vient de vider le berceau, Qui tomba de la mamelle Au lit glacé du tombeau, Lamartine, Harm. II, 1.

    Mourir au lit d'honneur, voy. HONNEUR, n° 1.

  • 10Lit de justice, trône sur lequel s'assoit un roi rendant la justice. Il y avait au milieu de la galerie un parquet où était son lit de justice, Sacy, Bible, Rois, III, VII, 8.

    Dans le moyen âge, lit de justice, ou lit de parement, lits ornés d'une façon particulière, qui étaient dans la chambre à coucher du roi ; car c'était là que le roi faisait ses réceptions solennelles.

    Particulièrement. Trône sur lequel le roi s'asseyait dans le parlement de Paris, lorsqu'il y tenait une séance solennelle.

    La séance même. Charles V tint un lit de justice en 1374, pour faire enregistrer la loi qui fixe la majorité des rois à quatorze ans, Voltaire, Dict. phil. Parlement de France.

  • 11 Fig. Union conjugale. Les enfants du premier, du second lit. Et moi, comme à son lit je me vis destinée, Corneille, Poly. I, 3. Celle qu'un lien honnête Fait entrer au lit d'autrui, Doit se mettre dans la tête, Malgré le train d'aujourd'hui, Que l'homme qui la prend ne la prend que pour lui, Molière, Éc. des femmes, III, 2. Une loi moins sévère Mit Claude dans mon lit et Rome à mes genoux, Racine, Brit. IV, 2. Et vous croiriez pouvoir, sans blesser nos regards, Faire entrer une reine au lit de nos Césars, Racine, Bérén. II, 2. Les Parques à ma mère, il est vrai, l'ont prédit, Lorsqu'un époux mortel fut reçu dans son lit, Racine, Iphig. I, 2. Ai-je dû mettre au jour l'opprobre de son lit ? Racine, Phèdre, V, 1. Le lit de son prochain était pour lui inviolable, Massillon, Carême, Riche. Je suis né de Claude, duc de Saint-Simon, et de sa seconde femme, Charlotte de l'Aubespine, unique de ce lit, Saint-Simon, I, 19. Un père altier que seul l'intérêt touche, Vous a jetée au lit d'un vieil époux, Béranger, Canthar.

    Terme d'ancienne jurisprudence. Le lit entier, le mari et la femme. Frère, sœur de lit entier, enfants nés du même père et de la même mère, par opposition à frère, sœur de demi-lit, qui se disait pour consanguin et utérin.

    Lit brisé, mariage dissous.

  • 12Canal par où coule une rivière, par comparaison du fond sur lequel est la rivière avec le lit où l'homme s'étend. Le lit des ruisseaux sera sec à sa source même, Sacy, Bible, Isaïe, XIX, 7. Comme je hais cette rivière [la Durance], il me semble qu'elle me hait aussi ; la dernière fois que je l'ai vue, elle était hors de son lit comme une furie déchaînée, Sévigné, 17 avr. 1680. Une rivière [l'Eure] qui est détournée de son chemin par une armée de quarante mille hommes ; il n'en faut pas moins pour lui faire un lit [on voulait l'amener à Versailles], Sévigné, 13 déc. 1684. Un pont sur de telles rivières n'est guère possible, parce qu'elles changent de lit sans cesse et s'élèvent bien au-dessus du niveau de la plaine, Staël, Corinne, XIX, 6.

    On dit aussi : le lit de la mer, de l'Océan. L'autre opinion qui prétend que, dans la période de deux millions d'années, l'axe de la terre, se relevant continuellement et tournant sur lui-même, a forcé l'Océan de changer son lit, n'est pas moins contraire à la physique, Voltaire, Physique, changements du globe. Les eaux soudain s'écoulèrent Dans le lit creusé des mers, Lamartine, Médit. I, 30.

  • 13 Terme de marine. Le lit de la marée ou d'un courant, le lieu où la marée, le courant ont plus de force et de vitesse.

    Le lit du vent, synonyme de direction du vent, rumb ou aire (Nicot écrit lis du vent, et M. Jal y voit l'abrégé de lisière). C'est là que, croisant sous voiles et voyant sans être vus, ils ont toujours l'avantage du vent sur les bâtiments auxquels la force et le lit constant des vents ne permettent pas de passer au-dessus de l'île, Raynal, Hist. phil. XIII, 38.

    Tenir le lit du vent, aller à six quarts de vent près du rumb d'où il souffle.

  • 14Lit de pierre, masse de pierre étendue comme un lit dans le sein de la terre. Sur la montagne de Castravan il y a un lit de pierre blanche, mince comme de l'ardoise, dont chaque feuille contient un grand nombre et une grande diversité de poissons, Buffon, Hist. nat. Preuv. théor. terr. Œuv. t. I, p. 409. Dans tous les vallons étroits où l'on découvre des rochers, on verra que les mêmes lits de pierre ou de marbre se trouvent des deux côtés à la même hauteur, Buffon, ib. p. 367.

    Le lit d'une pierre, la situation où la nature l'a placée dans la carrière. Les pierres ont deux lits : celui de dessus qui s'appelle lit tendre, et celui de dessous qui s'appelle lit dur.

    Lit brut, celui qui n'est pas ébousiné.

  • 15 Terme de maçonnerie. Faces par lesquelles des pierres sont superposées, tandis qu'on appelle joints les faces par lesquelles elles sont contiguës latéralement.

    Lit d'une assise dans une construction de pierre, le dessus et le dessous d'une assise.

  • 16Couche d'une chose quelconque qui est étendue sur une autre. L'édifice résiste et dure en son entier : Après un lit de bois est un lit de mortier ; Chaque castor agit ; commune en est la tâche, La Fontaine, Fabl. X, 1. Il se rencontre dans les onyx diverses couleurs qui sont par lit les unes au-dessus des autres, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. XI, 1re part. p. 78, dans POUGENS.
  • 17 Terme militaire. Lit de pont, se dit du plancher ou fascinage sur lequel passent les voitures, les chevaux et les piétons.
  • 18 Terme de vénerie. Au lit, au lit, chiens, exclamations pour faire quêter les chiens, lorsqu'on veut lancer un lièvre.

PROVERBES

Comme on fait son lit, on se couche, c'est-à-dire on a du bien ou du mal suivant qu'on a eu prévoyance et précaution.

Le lit est une bonne chose ; si l'on n'y dort, l'on y repose.

Le lit est l'écharpe de la jambe, quand on a mal à la jambe, il faut se tenir au lit.

REMARQUE

À plat de lit, gisant dans le lit, locution qui paraît être génevoise ; du moins J. J. Rousseau s'en est servi : Il n'y avait que l'excuse d'être à plat de lit qui pût me dispenser de courir à son premier mot, dans le Dict. de BESCHERELLE.

HISTORIQUE

XIIe s. E iceles qui estoient es liz de lor mariz ploroient, Machab. I, 1. E li liz saint Thomas esteit apareillez, Desus un chaelit qui tut esteit quiriez [garni de cuir], D'une cuilte [couette] purpointe, d'un poi d'estraim junchiez, E de chiers linges dras e blancs e deliez, Th. le mart. 102. En paradis… Sont li lit fait où nous devons coucher, Ronc. p. 98.

XIIIe s. Cendre de chesne metez i, Et espiz de orge autresi, De l'estreim d'orge une littere, E puis la cendre, qu'ele i pere [de manière à ce qu'elle y paraisse], E puis l'estreim e puis la cendre ; De lit en lit devez entendre, Ms de St-Jean. Il [le Nil] ist [sort] outre le lit de son cours çà et là, tant qu'il arouse toute la terre, Latini, Trésor, p. 153. En son lit, ce dit l'Escriture, se doit on repentir et plorer ses pechiez, Psautier, f° 11. Coument querreiz à Dieu merci, Se la morz en vos liz vous tue [si vous n'allez pas mourir à la croisade pour la cause de Dieu] ? Rutebeuf, I, 61. L'anemi [le diable] l'avoit par raison Mis en escrit ; En enfer estoit fait son lit ; Mais sa femme le garantit, Mart. Hapart, dans JUBINAL, t. II, p. 203. Constance, dit Symons, faites lui faire un lit, Berte, LIII. Cil qui morra des nos, bien en soit chascun fis [certain], Avoec les innocens sera parés ses lis, Ch. d'Ant. II, 516. Il pot avenir que uns mariages est dessevrés par sainte Eglise quant au lit, Beaumanoir, XVIII, 6. Si en voloit ele porter se [sa] plus bele robe à parer et son plus bel lit furni, Beaumanoir, XIII, 21. Li lis as dames et as demiseles, et lor robes à cascun jor, deffendons nous qu'on les prengne en nule maniere, Beaumanoir, LIV, 7. Comment porra gesir ou feu qui art et fume [en enfer], Qui ne puet ci dormir fors que sus lit de plume ? J. de Meung, Test. 1950.

XVe s. Cil messire Jacquemes de Werchin… eust esté vaillant homme, s'il eust vescu longuement ; mais il mourut jeune et sur son lit, Froissart, II, II, 63. Fut establi qu'en remembrance De ce miracle et celle pais [des barons et de la reine Blanche, qui leur présenta Louis IX enfant], Seroit le lit à tousjours mais, En tous lieux où les roys seroient Pour jugement et que tendroient [tiendraient] De France la saincte couronne, Fait, et pour ce encore on l'ordonne Et l'appell'on lit de justice, Qui est à ramembrer propice, Toutefois que roys proprement Doit venir en son parlement, Ou qu'il siet pour justice aillours, Deschamps, Miroir de mariage, p. 120. Au temps passé on laissoit les roys trois jours morts en leur lict, le visage descouvert, Juvénal Des Ursins, 1422. Et tant estoit en la grace de la reine du pays, qu'elle estoit son demi lit, les nuits que la dite reine point ne couchoit avec le roi, Louis XI, Nouv. XXVII. Il se coucha sur son lit de camp, Commines, III, 10.

XVIe s. Aians mis hors la voile latine et le trinquet, ils s'esloignerent aisement des autres qui ne pouvoient approcher qu'aux lis du vent, et aloveant [louvoyant], D'Aubigné, Hist. II, 301. Ils estoient joyeux de mourir au lict d'honneur, Paré, III, 704. Il observera les bestes, leurs repaires et gistes, lits, chambres, reposées, bouges, tanieres, De Serres, 993. …Qui, quant ils sont en quelque cholere et different, font deux licts, et ne s'advisent pas d'appeller lors plus que jamais Venus au secours, La Boétie, 305. Achapte le lict d'un grand debteur, car à dormir il porte bonheur, Génin, Récréat. t. II, p. 233. Une garniture de ciel de lict de camp, Bibl. des ch. 6e série, t. I, p. 498.

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Lit : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

LIT, s. m. (Gram.) meuble où l’on prend le repos pendant la nuit ; il est composé du chalit ou bois, de la paillasse, des matelats, du lit-de-plume, du traversin, des draps, des couvertures, du dossier, du ciel, des pentes, des rideaux, des bonnes-graces, de la courte-pointe, du couvre-pié, &c.

Lit, (Jurisp.) se prend en droit pour mariage ; on dit les enfans du premier, du second lit, &c. Lit se prend aussi quelquefois pour cohabitation ; c’est pourquoi la séparation de corps est appellée dans les canons separatio à toro. Voyez Mariage & Séparation. (A)

Lit de justice, (Jurisp.) ce terme pris dans le sens littéral signifie le trône où le roi est assis lorsqu’il siége solemnellement en son parlement.

Anciennement lorsque les parlemens ou assemblées de la nation se tenoient en pleine campagne, le roi y siégeoit sur un trône d’or, comme il est dit dans Sigebert & Aimoin ; mais depuis que le parlement a tenu ses séances dans l’intérieur d’un palais, on a substitué à ce trône d’or un dais & des coussins ; & comme dans l’ancien langage un siége couvert d’un dais se nommoit un lit, on a appellé lit de justice le trône où le roi siége au parlement ; cinq coussins forment le siége de ce lit ; le roi est assis sur l’un ; un autre tient lieu de dossier ; deux autres servent comme de bras, & soutiennent les coudes du monarque ; le cinquieme est sous ses piés. Charles V. renouvella cet ornement ; dans la suite Louis XII. le fit refaire à neuf, & l’on croit que c’est encore le même qui subsiste présentement.

On entend aussi par lit de justice une séance solemnelle du roi au parlement, pour y délibérer sur les affaires importantes de son état.

Toute séance du roi en son parlement, n’étoit pas qualifiée de lit de justice ; car anciennement les rois honoroient souvent le parlement de leur présence, sans y venir avec l’appareil d’un lit de justice : ils assistoient au plaidoyer & au conseil ; cela fut fréquent sous Philippes-le-Bel & ses trois fils, & depuis sous Charles V. Charles VI. & Louis XII.

On ne qualifie donc de lit de justice que les séances solemnelles où le roi est assis dans son lit de justice ; & ces assemblées ne se tiennent, comme on l’a dit, que pour des affaires d’état.

Anciennement le lit de justice étoit aussi qualifié de trône royal, comme on le peut voir dans du Tillet : présentement on ne se sert plus que du terme de lit de justice, pour désigner le siége où le roi est assis dans ces séances solemnelles, & aussi pour désigner la séance même.

Les lits de justice ont succédé à ces anciennes assemblées générales qui se tenoient autrefois au mois de Mars, & depuis au mois de Mai, & que l’on nommoit champ de Mars ou de Mai, & qui furent dans la suite nommées placités généraux, cours plenieres, plein parlement, grand conseil.

M. Talon, dans un discours qu’il fit en un lit de justice tenu en 1649, dit que ces séances n’avoient commencé qu’en 1369, lorsqu’il fut question d’y faire le procès à Edouard, prince de Galles, fils du roi d’Angleterre ; que ces séances étoient alors desirées des peuples, parce que les rois n’y venoient que pour délibérer avec leur parlement de quelques affaires importantes à leur état, soit qu’il fût question de déclarer la guerre aux ennemis de la couronne, soit qu’il fût à-propos de conclure la paix pour le soulagement des peuples.

Je trouve néanmoins qu’il est déja parlé du lit de justice du roi, dans une ordonnance de Philippesle Long, du 17 Novembre 1318. Cette ordonnance veut d’abord que le jour que le roi viendra à Paris, pour ouir les causes qu’il aura réservées, le parlement cessera toutes autres affaires.

Un autre article porte que quand le roi viendra au parlement, le parc sera tout uni, & qu’on laissera vuide toute la place qui est devant son siége, afin qu’il puisse parler secrétement à ceux qu’il appellera.

Enfin il est dit que personne ne partira de son siége, & ne viendra s’asseoir de lez le lit du roi, les chambellans exceptés, & que nul ne vienne se conseiller à lui, s’il ne l’appelle.

La même chose est rappellée dans un réglement fait par le parlement en 1344.

Le 21 Mai 1375, le roi Charles V. assista au parlement, à l’enregistrement de l’édit du mois d’Août précédent, sur la majorité des rois de France : il est dit que cette loi fut publiée au parlement du roi, en sa présence, de par lui, tenant sa justice en sondit parlement, en sa magnificence ou majesté royale : l’on trouve différens arrêts où la présence du roi est énoncée à-peu-près dans les mêmes termes. A ce lit de justice assisterent le dauphin, fils aîné du roi, le duc d’Anjou, frere du roi, le patriarche d’Alexandrie, 4 archevêques, 7 évêques, 6 abbés, le recteur & plusieurs membres de l’université de Paris, le chancelier de France, 4 princes du sang, plusieurs comtes & seigneurs, le prevôt des marchands, & les échevins de la ville de Paris, plusieurs autres gens sages & notables, & une grande affluence de peuple.

Il y eut un semblable lit de justice tenu par Charles VI. en 1386, & un autre en 1392, lequel, dans l’arrêt d’enregistrement, est appellé lectum justitiæ.

Du Tillet fait mention d’un autre lit de justice tenu le 10 Avril 1396, pour la grace de messire Pierre de Craon, où étoient les princes du sang, messire Pierre de Navarre, le fils du duc de Bourbonnois, le comte de la Marche, le connétable, le chancelier, le sire d’Albret, les deux maréchaux, l’amiral, plusieurs autres seigneurs, l’archevêque de Lyon, les évêques de Laon, de Noyon, de Paris, & de Poitiers ; les présidens du parlement, les maîtres des requêtes, messieurs des enquêtes, & les gens du roi.

L’ordonnance du même prince, du 26 Décembre 1407, portant que quand le roi décédera avant que son fils aîné soit majeur, le royaume ne sera point gouverné par un régent, mais au nom du nouveau roi, par un conseil dans lequel les affaires seroient décidées à la pluralité des voix, fut lue publiquement & à haute voix, en la grand’chambre, où étoit dressé le lit de justice, présens le roi de Sicile, les ducs de Guienne, de Berry, de Bourbonnois & de Baviere ; les comtes de Mortaing, de Nevers, d’Alençon, de Clermont, de Vendôme, de Saint-Pol, de Tancanille, & plusieurs autres comtes, barons, & seigneurs du sang royal & autres, le connétable, plusieurs archevêques & évêques, grand nombre d’abbés & autres gens d’église, le grand-maître d’hôtel, le premier & les autres présidens du parlement, le premier & plusieurs autres chambellans, grande quantité de chevaliers & autres nobles, de conseillers tant du grand-conseil & du parlement, que de la chambre des comptes, des requêtes de l’hôtel, des enquêtes & requêtes du palais, des aides, du trésor & autres officiers & gens de justice, & d’autres notables personnages en grande multitude.

Juvenal des Ursins, dans son histoire de Charles VI. en parlant de cette cérémonie, dit qu’il y eut une maniere de lit de justice, &c. C’est apparemment à cause que le roi étoit fort infirme d’esprit, qu’il regardoit ce lit de justice comme n’en ayant que la forme & non l’autorité.

Il y en eut un autre en 1413, sous la faction du duc de Bourgogne, & ce fut alors que la voie d’autorité commença d’être introduite dans ces sortes de séances où les suffrages étoient auparavant libres ; cependant le 5 Septembre de la même année il y eut un autre lit de justice, où l’on déclara nul tout ce qui avoit été fait dans le précédent, comme fait sans autorité dûe, & forme gardée, sans aviser & lire les lettres au roi & en son conseil, ni être avisé par la cour de parlement.

On tint un lit de justice en 1458, à Vendôme, pour le procès de M. d’Alençon.

François I. tint souvent son lit de justice : il y en eut jusqu’à 4 dans une année, savoir, les 24, 26, 27 Juillet, & 16 Décembre 1527.

Dans le dernier siecle il y en eut un le 18 Mai 1643, pour la régence ; un en 1654, pour le procès de M. le prince ; un en 1663, pour la réception de plusieurs pairs ; il y en eut encore d’autres, pour des édits bursaux.

Ceux qui ont été tenus sous ce regne, sont des années 1715, 1718, 1723, 1725, 1730, 1732, & 1756.

Lorsque le roi vient au parlement, le grand maître vient avertir lorsqu’il est à la Sainte-Chapelle, & quatre présidens-à-mortier, avec six conseillers laïcs, & deux clercs, vont le recevoir, & saluer au nom de la compagnie ; ils le conduisent en la grand’chambre, les présidens marchant à ses côtés, des conseillers derriere lui, & le premier huissier entre les deux huissiers-massiers du roi.

Le dais & lit de justice du roi est placé dans l’angle de la grand’chambre ; sur les hauts siéges, à la droite du roi, sont les princes du sang, les pairs laïcs ; au bout du dernier banc se met le gouverneur de Paris.

A sa gauche aux hauts siéges sont les pairs ecclésiastiques, & les maréchaux de France venus avec le roi.

Aux piés du roi est le grand-chambellan.

A droite sur un tabouret, au bas des degrés du siége royal, le grand écuyer de France, portant au col l’épée de parement du roi.

A gauche sur un banc, au-dessous des pairs ecclésiastiques, sont les quatre capitaines des gardes du corps du roi, & le commandant des cent-suisses de la garde.

Plus bas, sur le petit degré par lequel on descend dans le parquet, est assis le prevôt de Paris, tenant un bâton blanc en sa main.

En une chaire à bras couverte de l’extrémité du tapis de velours violet semé de fleurs-de-lis, servant de drap de pié au roi, au lieu où est le greffier en chef aux audiences publiques, se met présentement M. le chancelier lorsqu’il arrive avec le roi, ou à son défaut M. le garde des sceaux.

Sur le banc ordinaire des présidens à mortier, lorsqu’ils sont au conseil, sont le premier président & les autres présidens à mortier revêtus de leur épitoge. Avant François I. M. le chancelier se plaçoit aussi sur ce banc au-dessus du premier président ; il s’y place même encore, lorsqu’il arrive avant le roi, & jusqu’à son arrivée qu’il va se mettre aux piés du trône. On tient que ce fut le chancelier du Prat qui introduisit pour lui cette distinction de siéger seul, il le fit en 1527 ; cependant en cette même année, & encore en 1536, on retrouve le chancelier sur le banc de présidens.

Sur les trois bancs ordinaires, couverts de fleurs-de-lis, formant l’enceinte du parquet, & sur le banc du premier & du second barreau du côté de la cheminée, sont les conseillers d’honneur, les quatre maîtres des requêtes en robe rouge, les conseillers de la grand’chambre, les présidens des enquêtes & requêtes, tous en robe rouge, de même que les autres conseillers au parlement.

Dans le parquet, sur deux tabourets, au-devant de la chaire de M. le chancelier, sont le grand maître & le maître des cérémonies.

Dans le même parquet, à genoux devant le roi, deux huissiers-massiers du roi, tenant leurs masses d’argent doré, & six hérauts d’armes.

A droite sur deux bancs couverts de tapis de fleurs-de-lis, les conseillers d’état, & les maîtres des requêtes venus avec M. le chancelier, en robe de satin noir.

Sur un banc en entrant dans le parquet, sont les quatre secrétaires d’état.

Sur trois autres bancs à gauche dans le parquet, vis-à-vis les conseillers d’état, sont les chevaliers & officiers de l’ordre du Saint-Esprit, les gouverneurs & lieutenans généraux de provinces, & les baillis d’épée que le roi amene à sa suite.

Sur un siége à part, le bailli du palais.

A côté de la forme où sont les secrétaires d’état, le greffier en chef revêtu de son épitoge, un bureau devant lui couvert de fleurs-de-lys, à sa gauche l’un des principaux commis au greffe de la cour, servant en la grand’chambre, en robe noire, un bureau devant lui.

Sur une forme derriere eux, les quatre secrétaires de la cour.

Sur une autre forme derriere les secrétaires d’état, le grand prevôt de l’hôtel, le premier écuyer du roi, & quelques autres principaux officiers de la maison du roi.

Le premier huissier est en robe rouge, assis en sa chaire à l’entrée du parquet.

En leurs places ordinaires, les chambres assemblées au bout du premier barreau, jusqu’à la lanterne du côté de la cheminée, avec les conseillers de la grand’chambre, & les présidens des enquêtes & requêtes, sont les trois avocats du roi, & le procureur général placé après le premier d’entr’eux.

Dans le surplus des barreaux, des deux côtés, & sur quatre bancs que l’on ajoute derriere le dernier barreau du côté de la cheminée, se mettent les conseillers des enquêtes & requêtes, qui sont tous en robe rouge.

Lorsque le roi est assis & couvert, le chancelier commande par son ordre, que l’on prenne séance ; ensuite le roi ayant ôté & remis son chapeau, prend la parole.

Anciennement le roi proposoit souvent lui-même les matieres sur lesquelles il s’agissoit de délibérer. Henri III. le faisoit presque toujours ; mais plus ordinairement le roi ne dit que quelques mots, & c’est le chancelier, ou, à son défaut, le garde des sceaux, lorsqu’il y en a un, qui propose.

Lorsque le roi a cessé de parler, le chancelier monte vers lui, s’agenouille pour recevoir ses ordres ; puis étant descendu, remis en sa place, assis & couvert, & après avoir dit que le roi permet que l’on se couvre, il fait un discours sur ce qui fait l’objet de la séance, & invite les gens du roi à prendre les conclusions qu’ils croiront convenables pour l’intérêt du roi & le bien de l’état.

Le premier président, tous les présidens & conseillers mettent un genouil en terre, & le chancelier leur ayant dit, le roi ordonne que vous vous leviez, ils se levent & restent debout & découverts ; le premier président parle ; & son discours fini, le chancelier monte vers le roi, prend ses ordres le genouil en terre ; & descendu & remis en sa place, il dit que l’intention du roi est que l’on fasse la lecture des lettres dont il s’agit ; puis s’adressant au greffier en chef, ou au secrétaire de la cour qui, en son absence, fait ses fonctions, il lui ordonne de lire les pieces ; ce que le greffier fait étant debout & découvert.

La lecture finie, les gens du roi se mettent à genoux, M. le chancelier leur dit que le roi leur ordonne de se lever ; ils se levent, & restent debout & découverts, le premier avocat général porte la parole, & requiert selon l’exigence des cas.

Ensuite M. le chancelier remonte vers le roi & le genouil en terre, prend ses ordres, ou, comme on disoit autrefois, son avis, & va aux opinions à messieurs les princes & aux pairs laïcs ; puis revient passer devant le roi, & lui fait une profonde révérence, & va aux opinions aux pairs ecclésiastiques & maréchaux de France.

Puis descendant dans le parquet, il prend les opinions de messieurs les présidens (autrefois il prenoit leur avis après celui du roi ;) ensuite il va à ceux qui sont sur les bancs & formes du parquet, & qui ont voix délibérative en la cour & dans les barreaux laïcs, & prend l’avis des conseillers des enquêtes & requêtes.

Chacun opine à voix basse, à moins d’avoir obtenu du roi la permission de parler à haute voix.

Enfin, après avoir remonté vers le roi & étant redescendu, remis en sa place, assis & couvert, il prononce : le roi en son lit de justice a ordonné & ordonne qu’il sera procédé à l’enregistrement des lettres sur lesquelles on a délibéré ; & à la fin de l’arrêt il est dit, fait en Parlement le roi y séant en son lit de justice.

Anciennement le chancelier prenoit deux fois les opinions : il les demandoit d’abord de sa place, & chacun opinoit à haute voix ; c’est pourquoi lorsque le conseil s’ouvroit, il ne demeuroit en la chambre que ceux qui avoient droit d’y opiner ; on en faisoit sortir tous les autres, & les prélats eux-mêmes, quoiqu’ils eussent accompagné le roi, ils ne rentroient que lors de la prononciation de l’arrêt ; cela se pratiquoit encore sous François I. & sous Henri II. comme on le voit par les registres de 1514, 1516, 1521, 1527. On croit que c’est du tems d’Henri II. que l’on a cessé d’opiner à haute voix ; cela s’est pourtant encore pratiqué trois fois sous Louis XIV. savoir en 1643, en 1654 & 1663.

Présentement, comme on opine à voix basse, ceux qui ont quelque chose de particulier à dire, le disent tout haut.

Après la résolution prise, on ouvroit les portes de la grand’chambre au public, pour entendre la prononciation de l’arrêt. C’est ainsi que l’on en usa en 1610 & en 1643, & même encore en 1725. Après l’ouverture des portes, le greffier faisoit une nouvelle lecture des lettres qu’il s’agissoit d’enregistrer ; les gens du roi donnoient de nouveau leurs conclusions, qu’ils faisoient précéder d’un discours destiné à instruire le public des motifs qui avoient déterminé ; ensuite le chancelier reprenoit les avis pour la forme, mais à voix basse, allant de rang en rang, comme on le fait à l’audience au parlement lorsqu’il s’agit de prononcer un délibéré, & ensuite il prononçoit l’arrêt.

Présentement, soit qu’on ouvre les portes, ou que l’on opine à huit clos, M. le chancelier ne va aux opinions qu’une seule fois.

La séance finie, le roi sort dans le même ordre qu’il est entré. On a vu des lits de justice tenus au château des Thuileries, tels que ceux du 26 Août 1718, d’autres tenus à Versailles, comme ceux des 3 Septembre 1732, & 21 Août 1756. Il y en eut un en 1720 au grand conseil, où les princes & les pairs assisterent. Nos rois ont aussi tenu quelquefois leur lit de justice dans d’autres parlemens ; François I. tint le sien à Rouen en 1517, il y fut accompagné du chancelier du Prat & de quelques officiers de sa cour. Charles IX. y en tint aussi un, pour déclarer sa majorité.

Sur les lits de justice, voyez le traité de la majorité des rois ; les mémoires de M. Talon, tome III. p. 329. son discours au roi en 1648, & ceux qui furent faits par les premiers présidens & avocats généraux aux lits de justice tenus en 1586, 1610, 1715, & les derniers procès-verbaux. (A)

Lit des Romains, (Hist. rom.) lectus cubicularis, Cic. couche sur laquelle ils se reposoient ou dormoient. Elle passa du premier degré d’austérité au plus haut point de luxe ; nous en allons parcourir l’histoire en deux mots.

Tant que les Romains conserverent leur genre de vie dur & austere, ils couchoient simplement sur la paille, ou sur des feuilles d’arbres séches, & n’avoient pour couverture que quelques peaux de bêtes, qui leur servoient aussi de matelats. Dans les beaux jours de la république, ils s’écartoient peu de cette simplicité ; & pour ne pas dormir sous de riches lambris, leur sommeil n’en étoit ni moins profond, ni moins plein de délices. Mais bientôt l’exemple des peuples qu’ils soumirent, joint à l’opulence qu’ils commencerent à goûter, les porta à se procurer les commodités de la vie, & consécutivement les rafinemens de la mollesse. A la paille, aux feuilles d’arbres séches, aux peaux de bêtes, aux couvertures faites de leurs toisons, succéderent des matelats de la laine de milet, & des lits de plumes du duvet le plus fin. Non-contens de bois de lits d’ébene, de cedre & de citronnier, ils les firent enrichir de marqueterie, ou de figures en relief. Enfin ils en eurent d’ivoire & d’argent massif, avec des couvertures fines, teintes de pourpre, & rehaussées d’or.

Au reste, leurs lits, tels que les marbres antiques nous les représentent, étoient faits à-peu-près comme nos lits de repos, mais avec un dos qui régnoit le long d’un côté, & qui de l’autre s’étendoit aux piés & à la tête, n’étant ouverts que par-devant. Ces lits n’avoient point d’impériale, ni de rideaux, & ils étoient si élevés, qu’on n’y pouvoit monter sans quelque espece de gradins.

Lit de Table, lectus triclinaris, (Littér.) lit sur lequel les anciens se mettoient pour prendre leur repas dans les salles à manger.

Ils ne s’asseyoient pas comme nous pour manger, ils se couchoient sur des lits plus ou moins semblables à nos lits de salle, dont l’usage peut nous être resté de l’antiquité. Leur corps étoit élevé sur le coude gauche, afin d’avoir la liberté de manger de la main droite, & leur dos étoit soutenu par derriere avec des traversins, quand ils vouloient se reposer.

Cependant la maniere dont les Romains étoient à table, n’a pas toujours été la même dans tous les tems, mais elle a toujours paru digne de la curiosité des gens de lettres, &, si je l’ose dire, je me suis mis du nombre.

Avant la seconde guerre punique, les Romains s’asseyoient sur de simples bancs de bois, à l’exemple des héros d’Homere, ou, pour parler comme Varron, à l’exemple des Crétois & des Lacédémoniens ; car, dans toute l’Asie, on mangeoit couché sur des lits.

Scipion l’Africain fut la premiere cause innocente du changement qui se fit à cet égard. Il avoit apporté de Carthage de ces petits lits, qu’on a long-tems appellés punicani, afriquains. Ces lits étoient fort bas, d’un bois assez commun, rembourrés seulement de paille ou de foin, & couverts de peaux de chevre ou de mouton.

Un tourneur ou menuisier de Rome, nommé Archias, les imita, & les fit un peu plus propres ; ils prirent le nom de lits archiaques. Comme ils tenoient peu de place, les gens d’une condition médiocre n’en avoient encore point d’autres sous le siecle d’Auguste. Horace lui-même s’en servoit à son petit couvert ; je le prouve par le premier vers de l’épître v. du liv. VII. car c’est ainsi qu’il faut lire ce vers :

Si potes Archiacis conviva recumbere lectis.

« Si vous voulez bien, mon cher Torquatus, accepter un repas frugal, où nous serons couchés sur des lits bourgeois ».

Il est certain qu’il y avoit peu de différence pour la délicatesse entre les lits africains, apportés à Rome par Scipion, & les anciens bancs dont on se servoit auparavant. Mais l’usage de se baigner chez soi, qui s’établissoit dans ce tems-là & qui affoiblit insensiblement le corps, fit que les hommes au sortir du bain se jettoient volontiers sur des lits pour se reposer, & qu’ils trouverent commode de ne pas quitter ces lits pour manger. Ensuite la mode vint que celui qui prioit à souper, fît la galanterie du bain à ses conviés ; c’est pourquoi on observoit en bâtissant les maisons de placer la salle des bains proche de celle où l’on mangeoit.

D’un autre côté, la coutume de manger couchés sur des lits prit faveur par l’établissement de dresser pour les dieux des lits dans leurs temples aux jours de leur fête & du festin public qui l’accompagnoit ; la remarque est de Tite-Live, Décad. liv. I. ch. j. Il n’y avoit presque que la fête d’Hercule où l’on ne mettoit point de lits autour de ses tables, mais seulement des sieges, suivant l’ancien usage : ce qui fait dire à Virgile, quand il en parle, hæc sacris sedes epulis. Tous les autres dieux furent traités plus délicatement. On peut voir encore aujourd’hui la figure des lits dressés dans leurs temples sur des bas-reliefs & des médailles antiques. Il y en a deux représentations dans Spanheim, l’une pour la déesse Salus, qui donne à manger à un serpent ; l’autre, au revers d’une médaille, de la jeune Faustine.

Comme les dames romaines, à la différence des dames grecques, mangeoient avec les hommes, elles ne crurent pas d’abord qu’il fût de la modestie d’être couchées à table, elles se tinrent assises sur les lits tant que dura la république ; mais elles perdirent avec les mœurs la gloire de cette constance, & depuis les premiers césars, jusques vers l’an 320 de l’ere chrétienne, elles adopterent & suivirent sans scrupule la coutume des hommes.

Pour ce qui regarde les jeunes gens qui n’avoient point encore la robe virile, on les retint plus longtems sous l’ancienne discipline. Lorsqu’on les admettoit à table, ils y étoient assis sur le bord du lit de leurs plus proches parens. Jamais, dit Suétone, les jeunes césars, Caius & Lucius, ne mangerent à la table d’Auguste, qu’ils ne fussent assis in imo loco, au bas bout.

La belle maniere de traiter chez les Romains, étoit de n’avoir que trois lits autour d’une table, un côté demeurant vuide pour le service. Un de ces trois lits étoit au milieu, & les deux autres à chaque bout ; d’où vint le nom de triclinium, donné également à la table & à la salle à manger.

Il n’y avoit guere de place sur les plus grands lits, que pour quatre personnes ; les Romains n’aimoient pas être plus de douze à une même table, & le nombre qui leur plaisoit davantage, étoit le nombre impair de trois, de sept ou de neuf : leurs lits ordinaires ne contenoient que trois personnes. Le maître de la maison se plaçoit sur le lit à droite au bout de la table, d’où voyant l’arrangement du service, il pouvoit plus facilement donner des ordres à ses domestiques ; il reservoit une place au-dessus de lui pour un des conviés, & une au-dessous pour sa femme ou quelque parent.

Le lit le plus honorable étoit celui du milieu ; ensuite venoit celui du bout à gauche : celui du bout à droite étoit censé le moindre. L’ordre pour la premiere place sur chaque lit, requéroit de n’avoir personne au-dessus de soi ; & la place la plus distinguée étoit la derniere sur le lit du milieu : on l’appelloit la place consulaire, parce qu’effectivement on la donnoit toujours à un consul quand il alloit manger chez quelque ami. L’avantage de cette place consistoit à être la plus libre pour sortir du repas, & la plus accessible à ceux qui surviendroient pour lui parler d’affaires ; car les Romains, quoiqu’à table, ne se départoient jamais de remplir les fonctions de leurs charges.

Horace, dans une de ses satyres, l. II. sat. 8, nous instruit qu’on mettoit la table sous un dais quand on traitoit un grand seigneur, comme Mécene ; & Macrobe décrivant un repas des pontifes, dit, pour en exprimer la magnificence, qu’il n’y avoit que dix conviés, & que cependant on mangoit dans deux salles. C’étoit par le même principe de magnificence, qu’il y avoit une salle à cent lits, dans la célebre fête d’Antiochus Epiphanès, décrite par Elien.

La somptuosité particuliere des lits de table consistoit 1°. dans l’ébene, le cedre, l’ivoire, l’or, l’argent, & autres matieres précieuses dont ils étoient faits ou enrichis ; 2°. dans les superbes couvertures de diverses couleurs, brodées d’or & de pourpre ; 3°. enfin dans les trépiés d’or & d’argent.

Pline, l. XXXIII. c. xj. remarque qu’il n’étoit pas extraordinaire sous Auguste, de voir les lits de table entierement couverts de lames d’argent, garnis des matelats les plus mollets, & des courtepointes les plus riches. Du tems de Seneque, ils étoient communément revêtus de lames d’or, d’argent ou d’électrum, métal d’or allié avec l’argent. Cette mode passa de l’Orient à Rome, comme il paroît par la pompe triomphale de Lucullus, dont Plutarque nous a laissé la description.

Aulugelle se plaignant du luxe des Romains en lits d’or, d’argent & de pourpre, ajoûte qu’ils donnoient aux hommes dans leurs festins, des lits plus magnifiques qu’aux dieux mêmes ; cependant un docteur de l’Eglise, en parlant des lits des dieux, dit : dii vestri tricliniis celestibus, atque in chalcidicis aureis cænitant. En effet, un auteur grec fait mention d’un lit des dieux, qui étoit tout d’or dans l’île de Pandere. Que devoit-ce être des lits des hommes, s’ils les surpassoient encore !

Ciaconius qui a épuisé ce sujet dans sa dissertation de triclinio, vous en instruira. Il vous apprendra le degré de somptuosité où l’on porta la diversité de ces lits, suivant les saisons ; car il y en avoit d’été & d’hiver. Il vous indiquera la matiere de ces divers lits, le choix des étoffes & de la pourpre ; enfin leur perfection en broderie. Pour moi j’aime mieux ne vous citer que ce seul vers d’Ovide, qui peint l’ancienne pauvreté romaine : « Les lits de nos peres n’étoient garnis que d’herbes & de feuilles ; il n’appartenoit qu’aux riches de les garnir de peaux,

Qui pelles poterat addere, dives erat ».

La mode donna à ces lits depuis deux piés jusqu’à quatre piés de hauteur ; elle en changea perpétuellement la forme & les contours. On en fit en long, en ovale, en forme de croissant ; & ensuite on les releva un peu sur le bout qui étoit proche de la table, afin qu’on fût appuyé plus commodément en mangeant. On les fit aussi plus ou moins grands, non seulement pour être à son aise, mais encore afin que chaque lit pût tenir au besoin, sans se gêner, quatre ou cinq personnes ; d’où vient qu’Horace dit, Sat. jv. l. I. v. 86 : « Vous voyez souvent quatre personnes sur chacun des trois lits qui entourent une table ».

Sæpè tribus lectis videas cænare quaternos.

Plutarque nous apprend que César après ses triomphes, traita le peuple romain à vingt-deux mille tables à trois lits. Comme il est vraissemblable que le peuple ne se fit point de scrupule de se presser pour un ami, & de se mettre quelquefois quatre, il en résulte qu’il y avoit au-moins deux cens mille personnes à ces vingt mille tables, aux dépens de César : lisez au mot Largesse ce que j’ai dit de l’argent qu’il avoit employé pour se faire des créatures.

Puisque dans les repas publics on faisoit manger le peuple romain sur des lits, l’on ne doit pas s’étonner de voir cet usage établi en Italie sous le regne de Néron, jusque parmi les laboureurs : Columelle leur en fait le reproche, & ne leur permet qu’aux jours de fêtes.

Quant aux tables autour desquelles les lits étoient rangés, c’est assez d’observer ici, que de la plus grande simplicité, on les porta en peu de tems à la plus grande richesse. Les convives y venoient prendre place à la sortie du bain, revêtus d’une robe qui ne servoit qu’aux repas, & qu’on appelloit vestis cænatorîa, vestis convivalis. C’étoit encore le maître de la maison qui fournissoit aux conviés ces robes de festins qu’ils quittoient après le repas.

Nous avons des estampes qui nous représentent ces robes, ces tables, ces lits, & la maniere dont les Romains étoient assis dessus pour manger, mais je ne sais si, dans plusieurs de ces estampes, l’imagination des artistes n’a pas suppléé aux monumens : du-moins il s’y trouve bien des choses difficiles à concilier. Il vaut donc mieux s’en tenir aux seules idées qu’on peut s’en former par la lecture des auteurs contemporains, & par la vûe de quelques bas-reliefs, qui nous en ont conservé des représentations incomplettes.

Dans l’un de ces bas-reliefs on voit une femme à table, couchée sur un des lits, & un homme près d’elle, qui se prépare à s’y placer quand on lui aura ôté ses souliers : on sait que la propreté vouloit qu’on les ôtât dans cette occasion. La femme paroît couchée un peu de côté, & appuyée sur le coude gauche, ayant pour tout habillement une tunique sans manche, avec une draperie qui l’enveloppe au-dessus de la ceinture jusqu’en bas. Elle a pour coëffure une espece de bourse où sont ses cheveux, & qui se ferme autour de la tête.

La Planche XIV. du tome I. des peintures antiques d’Herculanum, représente aussi la fin d’un souper domestique de deux personnes seulement, assises sur un même lit. La table est ronde ; il y a dessus trois vases & quelques fleurs, & le plancher en est tout couvert. Je crains que cette estampe ne soit l’unique parmi les richesses d’Herculanum, puisque les éditeurs ne nous en ont point annoncé d’autres pour les tomes suivans. S’il y en avoit par hasard, elles me fourniroient un supplément à cet article. (D. J.)

Lit nuptial, lectus genialis, (Antiq. rom.) Lit préparé par les mains de l’Hymen. C’étoit un lit qu’on dressoit exprès chez les Romains pour la nouvelle mariée, dans la salle située à l’entrée de la maison, & qui étoit décorée des images des ancêtres de l’époux. Le lit nuptial étoit toujours placé dans cette salle, parce que c’étoit le lieu où la nouvelle épouse devoit dans la suite se tenir ordinairement pour filer & faire des étoffes.

On avoit un grand respect pour ce lit ; on le gardoit toujours pendant la vie de la femme, pour laquelle il avoit été dressé ; & si le mari se remarioit, il devoit en faire tendre un autre. C’est pourquoi Cicéron traite en orateur, de crime atroce, l’action de la mere de Cluentius, qui devenue éperduement éprise de son gendre, l’épousa, & se fit tendre le même lit nuptial, qu’elle avoit dressé deux ans auparavant pour sa propre fille, & dont elle la chassa.

Properce appelle le lit de nôces, adversum lectum, parce qu’on le mettoit vis-à-vis de la porte. Il s’appelloit genialis, parce qu’on le consacroit au génie, le dieu de la nature, & celui-la même qui présidoit à la naissance des hommes. (D. J.)

Lits, (Chimie.) en parlant des minéraux & des fossiles, signifie certain strata ou certaines couches de matieres arrangées les unes sur les autres. Voyez Couche, Veine, Stratifier, Cément.

Lit, (Hydraul.) on dit un lit de pierre, de marne, de craie, de glaise. Ce terme exprime parfaitement leur situation horisontale, & leur peu d’épaisseur : on dit encore le lit d’une riviere, d’un canal, d’un reservoir, pour parler de son plafond. (K)

Lit de Marée, (Marine.) endroit de la mer où il y a un courant assez rapide.

Lit du vent, nom qu’on donne aux lignes ou directions par lesquelles le vent souffle.

Lit, en Architecture, se dit de la situation naturelle d’une pierre dans la carriere.

On appelle lit tendre, celui de dessus, & lit dur, celui de dessous.

Les lits de pierre sont appellés par Vitruve, cubicula.

Lit de voussoir & de claveau, c’en est le côté caché dans les joints.

Lit en joint, c’est lorsqu’une pierre, au lieu d’être posée sur son lit, est posée sur son champ, & que le lit forme un joint à plomb. Voyez Delit.

Lit de pont de bois ; c’en est le plancher, composé de poutrelles, & de travons avec son ponchis.

Lit de canal ou de reservoir ; c’en est le fond de sable, de glaise, de pavé, ou de ciment & de caillou.

Lit, (Coupe des pierres.) par analogie au lit sur lequel on se couche, se dit 1°. de la situation naturelle de la pierre dans la carriere, qui est telle, que presque toujours les feuillets de la pierre sont paralleles à l’horison d’où ils ont pris le nom de lits ; 2°. de la surface sur laquelle on pose une pierre. La surface qui reçoit une autre pierre, laquelle regarde toujours vers le ciel supérieur, s’appelle lit de dessus. La surface par laquelle une pierre s’appuie sur une autre, & qui regarde toujours la terre ou le ciel inférieur, s’appelle lit de dessous. Lorsque les surfaces sont inclinées à l’horison, comme dans les voussoirs ou claveaux, on les appelle lits en joint. Voyez Joint.

Lit, en terme de Cirier ; c’est un matelat couvert de drap & d’une couverte, entre lesquels on met les cierges jettés refroidir ou étuver, pour les rendre plus maniables.

Lit, (Jardinage.) on dit un lit de terre, un lit de fumier ; c’est une certaine largeur, une épaisseur de terre ou de fumier, entremêlés l’un dans l’autre, ou bien c’est un lit de sable, un lit de fruits, tels que ceux que l’on pratique dans les mannequins, pour conserver les glands & les chataignes pendant l’hiver.

Dans les fouilles des terres, on trouve encore différens lits, un lit de tuf, un lit de craie, de marne, de sable, de crayon, de caillou, de coquilles appellés coquillart, de glaise & autres.

Lit, Malle, Muée, ou Bouillon de Poissons, (Pêche.) c’est ainsi que les pêcheurs de l’amirauté des sables d’Olone, appellent les troupes de poissons qui viennent ranger la côte dans certaines saisons.

Lit sous plinthe, terme de Sculpture. Le sculpteur dit faire un lit sous plinthe, pour exprimer le premier trait de scie qu’il fait donner à l’un des bouts d’un bloc de marbre, pour en former l’assise, base ou plinthe. Voyez Plinthe.

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Étymologie de « lit »

Étymologie de lit - Wiktionnaire

Du latin lĕctus (sens identique) lui-même issu de l’indo-européen legh, (« coucher »).
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Étymologie de lit - Littré

Norm. liet ; wallon, lét ; namur. leit ; bourguign. lei ; provenç. leit, leich, liech, lieg ; catal. llit ; espagn. lecho ; portug. leito ; ital. letto ; du lat. lectus ; grec, λέϰτρον et λέχος, de λέγειν, mettre, poser. Comparez l'allemand legen, mettre, Lager, un lit, liegen, être couché.

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Phonétique du mot « lit »

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  • Le lit est un terrain d'entraînement du cercueil. De Woody Allen
  • Celui qui lit n'est jamais seul. De Helder Simone
  • Comme on fait son lit on se couche. De Proverbe français
  • Le juif est un homme qui lit depuis toujours, le protestant est un homme qui lit depuis Calvin, le catholique est un homme qui lit depuis Ferry. De Charles Péguy
  • Le lit est tout le mariage. De Honoré de Balzac / Physiologie du mariage
  • Au lit, la bonté prime la beauté. De Michel de Montaigne / Essais
  • Celui qui écrit, lit deux fois. De Proverbe latin
  • Le lit découvre tous les secrets. De Voltaire / Le Sottisier
  • Trop au lit pour être honnête. De Alexandre Breffort
  • Plus on lit, moins on imite. De Jules Renard / Journal
  • Changer de lit guérit la fièvre. De Thomas Fuller
  • On ne lit pas, on se lit. De Romain Rolland
  • Glissant du lit, que tes lisses Jambes nous suggèrent les Chiffres inscrits aux caprices Des mondes émerveillés ! Jean Pellerin, Le Bouquet inutile, Gallimard
  • Nous aurons des lits pleins d'odeurs légères, Des divans profonds comme des tombeaux […]. Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal, la Mort des amants

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Traductions du mot « lit »

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Corse lettu
Basque ohea
Japonais ベッド
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Portugais cama
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Chinois
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Espagnol cama
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Synonymes de « lit »

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