Feintise : définition de feintise

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Feintise : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

FEINTISE, subst. fém.

Vx. Capacité de feindre; action de feindre. Agir sans feintise. Synon. déguisement, dissimulation.Donc, je vous sais sans peur, sans feintise ni trame (Leconte de Lisle, Poèmes trag.,1884, p. 164).Stendhal mesurait par là et par son cœur la feintise des autres (Valéry, Variété II,1929, p. 109):
... et ses yeux, sa face tendue disaient : je sais que tu feras la droiture, que tu me répondras tout droit, sans calculs, sans feintise. Pourrat, Gaspard,1931, p. 205.
Prononc. et Orth. : [fε ̃ti:z]. Ds Ac. 1694-1878. Étymol. et Hist. 1120-50 « dissimulation » (Gd mal fit Adam, I, 100 ds T.-L. : feintise e losenge, Mençunge e envie). Dér. de feint part. passé de feindre*; suff. -ise*. Fréq. abs. littér. : 13. Bbg. Breslin (M.-S.). The Old French abstract suffix -ise. Rom. Philol. 1969, t. 22, p. 419. − Lew. 1960, p. 173.

Feintise : définition du Wiktionnaire

Nom commun

feintise \fɛ̃.tiz\ féminin

  1. (Vieilli) Feinte, ruse.
    • Et il chanta hoquetant, zigzaguant, bâillant, crachant et s’arrêtant, jouant feintise de vomissements, … (Charles De Coster; « La Légende d’Ulenspiegel »)
  2. (Vieilli) Déguisement
    • J’aime la liberté, et languis en service,
      Je n’aime point la cour, et me faut courtiser,
      Je n’aime la feintise, et me faut déguiser,
      J’aime simplicité, et n’apprends que malice :
      (Joachim du Bellay; « Les Regrets » -1558)


Forme de verbe

feintise \fɛ̃.tiz\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe feintiser.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe feintiser.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe feintiser.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe feintiser.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe feintiser.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Feintise : définition du Littré (1872-1877)

FEINTISE (fin-ti-z') s. f.
  • 1Habitude de la feinte. Telle va souvent à l'église De qui je connais la feintise, Régnier, Disc. Vieille maquer.
  • 2Synonyme de feinte, avec cette seule nuance que feintise vieillit et qu'il a un air archaïque. Hé bien ! que voulez-vous ? parlez-moi sans feintise, Desmarets, Mirame, V, 1. Albano eut vraiment peine et sans feintise à se résoudre d'accepter le pontificat, Saint-Simon, 84, 92.

HISTORIQUE

XIIe s. En li [ma dame] n'i a ne orguel ne faintise, Quesnes, Romancero, p. 90. Or vus pri e requier, freres, par igal guise, Qu'entre nous n'ait envie, descorde, ne faintise, Mais en nous seit en Deu uns quers [cœur], une aneme [âme] asise, Th. le mart. 92. Cist hom se fait dolant, ou cist hom se magnifiet, et tels choses semblanz ke ne vienent mie de veriteit, mais de fointise, Saint Bernard, P. 564.

XIIIe s. C'est par faintise [fainéantise] que ci est arestés, Huon de Bordeaux, v. 1907.

XVe s. Si valoit trop mieux que il [le comte Guy de Blois] se mist en chemin et à voie et en la volonté de Dieu, que ce que on supposast que il demeura derriere par feintise, Froissart, II, II, 211.

XVIe s. Puisque j'ai la feintise esprouvée D'un qui tousjours loyale m'a trouvée, Marot, J. V, 327. Quant à cette nouvelle vertu de feinctise et dissimulation qui est à cette heure si fort en credit, je la hais capitalement, Montaigne, III, 51.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « feintise »

Étymologie de feintise - Littré

Feint ; provenç. feintesa. L'ancien français a dit aussi feintié, s. f.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de feintise - Wiktionnaire

De feindre.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « feintise »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
feintise fɛ̃tiz play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « feintise »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « feintise »

  • Mais le mensonge n'est pas que travestissement. Il est avant tout modélisation du monde par la transformation de son image vraie en un récit faux, fictif. Ce à quoi nous confronte l'imposture, c'est que la feintise repose sur la fiction pour fonctionner. Or comme le rappelle Luc Lang dans son récent essai sur la fiction, l'une des acceptions du terme fiction est qu'il est un usage du langage qui façonne l'âme ou l'esprit[18]. C'est pourquoi la modélisation de l'esprit est au centre de la définition du mensonge proposée par de Boris Cyrulnik: , Fabula, Atelier littéraire : Imposture et fiction
  • Chapitre 2 : Notion de « feintise ludique »I. Les quatre composantes du sens des mots feintise et feindreII. Dessein de duperieIII. Une mimèsis comportementaleIV. Feindre de référer ?V. Feintise comme représentationConclusion , M. Krol, Pour un modèle linguistique de la fiction. Essai de sémantique intégrée
  • Entre mensonge et mauvaise foi, la littérature est en terrain connu. Pourtant, tout le monde sait qu’une fiction ne peut pas réellement mentir. Le lecteur n’ignore pas que l’histoire est fictive mais consent à faire comme si elle était vraie dans une démarche que Jean-Marie Schaeffer a qualifiée de “feintise ludique”. Avec la modernité cependant, les œuvres développent un mensonge spécifiquement littéraire qui englobe différentes formes d’infractions à ce qui peut être considéré comme l’impératif catégorique de la modernité, à savoir l’exigence d’authenticité (Adorno). Comme le roman est un mentir qui prétend à une vérité supérieure (Le Mentir-vrai d’Aragon), il doit éviter l’imitation, la copie, le cliché, l’épigone, l’idée reçue ou le kitsch, stigmatisés comme des mensonges esthétiques qui constituent la cible des aspirations modernes à une originalité authentique (Baudelaire). Devient mensonger tout roman qui n’est pas capable – comme l’écrit Vargas Llosa dans La Vérité par le mensonge – de faire adhérer son lecteur au monde fictif qu’il crée. Évidemment, il s’agit là d’un mensonge au second degré qui se greffe à l’intérieur du premier “mensonge” établi par la fictionnalité de l’histoire inventée. , Fixxion n° 22 : "Figures du mensonge et de la mauvaise foi dans le roman contemporain"
  • 24Même si plusieurs articles témoignent de la distance adoptée par les écrivains à l’égard de leur pratique fictionnelle – non plus entachée de soupçon, mais lucide vis‑à‑vis d’elle‑même –, subsiste visiblement, dans le paysage littéraire contemporain, un attachement pour la fiction en tant que telle. C’est probablement que la distance en question ne fait pas obstacle au surgissement momentané de l’illusion et a toujours été inhérente à l’établissement d’une relation de feintise entre un auteur conscient des procédés qu’il adopte et un lecteur qui n’en est pas dupe. Comme le défend aussi A. Sennhauser, la gratuité du faux‑semblant, lorsque l’on s’y abandonne, renferme ses propres instants de bonheur préservé. , Problématisation et/ou réhabilitation du rapport à la fiction ? (Acta Fabula)
  • Depuis La Poétique d’Aristote, la question de la Mimésis reste entière et l’une des questions les plus aporétiques dans le domaine des études littéraires. Qu’elle soit naturelle ou plutôt dangereuse chez Platon, c’est de la représentation (représentation est la traduction depuis longtemps admise de la « Mimésis » dans le champ français) que part toujours toutes les oppositions entre les théories littéraires et leurs conceptions d’une littérature mimétique ou non mimétique. L’œuvre d’Auerbach porte comme titre et sans déguisement le nom de Mimésis, malgré les tentatives d’un Genette de la traduire par les deux notions de fiction ou de feintise, derniers rejetons de l’effort de conceptualisation occidentale. Probablement, c’est d’Auerbach philologue ou de Ricœur phénoménologue que nous avons les approches les plus dialectiques et les plus synthétiques de la notion mise en relation avec une conscience du monde, de la réalité et de l’histoire chez le premier et fille du couplage difficile de La Poétique et des Confessions de Saint- Augustin chez le deuxième. Aucune notion n’a engendré autant de tensions entre l’aporie de l’existence et de l’essence. A l’origine nous trouvons donc deux courants de pensées, ou deux écoles philosophiques d’un côté un essentialisme qui se cristallise chez un Proust dans la figure du Moi créateur profond distinct de son moi social et de l’autre un Sartre pour lequel la littérature est une question d’engagement car elle nous jette dans le combat de l’existence. Mais les soubassements inconscients de ce clivage ne sont ni plus ni moins que des manifestations esthétiques (immorales) de l’ordre judéo-chrétien dont la quête de la vérité est d’abord et avant tout une quête intérieure. Pour la grande civilisation de l’âme qui est la civilisation occidentale, l’augustinisme continue à féconder depuis le discours de la méthode de Descartes, en passant par Proust et jusqu’à Ricœur, toute une conception de l’être déchiré entre les intimations du contexte et ses fantasmes, entre une sortie douloureuse du monde et un être-au-monde couteux selon Heidegger ou un devenir en situations fidèle à l’humanisme de l’existentialisme sartrien.  , Littérature(s) et Représentation(s) (Guelma, Algérie)

Traductions du mot « feintise »

Langue Traduction
Corse feint
Basque feint
Japonais フェイント
Russe финт
Portugais finta
Arabe خدعة
Chinois 假装
Allemand finte
Italien finta
Espagnol finta
Anglais feint
Source : Google Translate API

Synonymes de « feintise »

Source : synonymes de feintise sur lebonsynonyme.fr


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