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Chardon

Sommaire

  • Définitions du mot chardon
  • Étymologie de « chardon »
  • Phonétique de « chardon »
  • Évolution historique de l’usage du mot « chardon »
  • Citations contenant le mot « chardon »
  • Images d'illustration du mot « chardon »
  • Traductions du mot « chardon »
  • Synonymes de « chardon »

Définitions du mot chardon

Trésor de la Langue Française informatisé

CHARDON, subst. masc.

A.− BOT. Plante de la famille des Composées, aux feuilles et tiges épineuses, regardée comme la plante parasitaire par excellence et dont il existe de nombreuses variétés. Chardon laineux, chardon des ânes, chardon Marie ou chardon Notre-Dame. Les pierres sont sorties en si grand nombre que même les chardons ne peuvent y croître (Bloy, La Femme pauvre,1897, p. 287).L'été a brûlé la montagne et les plantes y languissent. Quelques « chardons bénis » ont bien résisté et ces clématites odorantes qu'on appelle ici « jasmin des ânes » (Bosco, Le Mas Théotime,1945, p. 313).Un morceau de lande rongé de chardons (Gracq, Le Rivage des Syrtes,1951, p. 22).
P. ext. Plante vivace épineuse ressemblant au chardon. Chardon bleu ou chardon des Alpes, chardon Roland ou chardon roulant, chardon à foulons ou cardère* cultivée. Le chardon bleu est abusivement décoré de ce titre, car il n'appartient même pas au genre carduus (H. Bazin, Vipère au poing,1948, p. 161):
1. Nous avions marché tout le jour parmi les chardons bleus, sur les dunes mouvantes. Nous avions marché tout le jour sans rien voir que des collines qui s'avançaient, dont le vent balançait la crête... Gide, Le Voyage d'Urien,1893, p. 21.
Rem. Text. Dans le lainage que l'on fait subir aux tissus, le chardon à foulons fait parfois place au chardon métallique ou chardon factice.
P. compar. ou métaph.
1. [P. réf. au développement vivace et gén. sauvage de la plante, en parlant d'une pers. encombrante ou importune] :
2. Rome est un champ ayant le moine pour chardon; Que l'âne de Jésus vienne donc et le broute! Hugo, La Légende des siècles,t. 6, Les Quatre jours d'Elciis, 1883, p. 119.
2. [P. réf. à ses piquants, à son mode de vie]
a) Difficultés, obstacles. La vie est semée de chardons. Le doute est en lui, tout barbelé comme un chardon (Giono, Colline, 1929, p. 107).
b) Gêne et embarras. Être sur des chardons. Être tourmenté, embarrassé. [Antoine] s'agitait sur sa chaise comme s'il eût été assis sur des chardons (R. Martin du Gard, Les Thibault,Épilogue, 1940, p. 807).
Rem. Dans ces emplois métaph., le subst. cactus* est plus couramment empl. aujourd'hui.
c) [En parlant ironiquement du caractère désagréable d'une pers.] Être aimable comme un chardon; hérissé comme un chardon; c'est un vrai chardon. Il [Fred] daignait même se plaindre et sa gratitude de chardon commençait déjà à m'agacer le tympan (H. Bazin, La Mort du petit cheval,1949, p. 244).
3. [P. réf. au goût de l'âne pour le chardon et à la sottise proverbiale de cet animal] Être bête à manger du chardon.
B.− Emploi techn.
1. [La plante comme emblème] HÉRALD.
a) Emblème de l'Écosse. L'Ordre du chardon. Si les roses de France sont aujourd'hui ensanglantées, elles se pressent cependant autour du glorieux chardon d'Écosse (De Gaulle, Mémoires de guerre,1954, p. 610).
b) Emblème de la Lorraine. Le chardon est un des éléments du blason de la ville de Nancy. Vois notre chardon lorrain : comme il monte droit vers sa fleur! (Barrès, Les Amitiés françaises,1903, p. 268).
2. [P. anal. de forme]
a) ARCHIT. Motif ornemental utilisé surtout dans l'architecture du xvesiècle pour décorer corniches et chapiteaux. Feuilles, fleurs de chardon. « Les cathédrales ont leur printemps, leur été et quand apparaît le triste chardon du quinzième siècle, leur automne » (Barrès, Mes cahiers,t. 7, 1909, p. 328).
b) GASTR. Confiserie fourrée d'eau de vie et garnie de sucre dont la forme rappelle celle d'une fleur de chardon.
c) SERR. Pointe de fer en forme de flamme ou de dard placée sur le haut d'une grille ou d'un mur pour les rendre infranchissables (cf. J. Adeline, Lex. des termes d'art, 1884).
3. TEXT. [P. anal. avec l'apparence laineuse] Cordelette veloutée obtenue par le tressage d'étoffes spéciales de laine et de soie.
Spéc., arg. de St-Cyr. Schako de St-Cyr, en 1863 : Pompon, composé d'une boule de passementerie écarlate dite chardon de laine (E. Titeux, Saint-Cyr et l'École spéc. milit. en France,1898, p. 461).
Prononc. et Orth. : [ʃaʀdɔ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1086 bot. agn. cardun ([élément français dans le Domesday Book ou Liber Censualis de Guillaume le Conquérant] F. Hildebrand ds Z. rom. Philol., t. 8 [1884] p. 333); ca 1200 chardon (Renart, éd. M. Roques, branche X, 10843); 2. 1ertiers du xvies. chardons de fer (F. Blanquart, Comptes de dépenses pour la construction du pavillon d'entrée du doyenné d'Évreux, 5). Du b. lat. cardo, -onis, lat. impérial carduus. Fréq. abs. littér. : 208. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 209, b) 539; xxes. : a) 339, b) 212.
DÉR.
Chardonnette, cardonnette, subst. fém.,bot. ,,Espèce d'artichaut sauvage, dont la fleur sert à faire cailler le lait. On dit aussi cardonnette`` (Ac. 1835-1932). Dernière transcr. de chardonnette ds Passy 1914 : [ʃaʀdɔnεt] qui transcrit aussi cardonnette : [kaʀdɔnεt]. Ces 2 var. sont données par Ac. 1762-1932 et par la majorité des dict. sauf Ac. 1740 qui donne uniquement : chardonnette et DG qui donne uniquement cardonnette. Besch. 1845 et Nouv. Lar. ill. ajoutent le terme d'art cul. chardonnerette. 1reattest. 1530 (E. Daigne, Traité contenant la propriété des tortues, escargots, grenouilles, etc., ds Roll. Flore t. 7, p. 109); de chardon, suff. -ette*.
BBG. − Gottsch. Redens. 1930, p. 25, pp. 55-56. − Mercier (A. L.). La Flore pop. de l'Île-de-France. B. folklorique d'Île-de-France. 1956, t. 19, pp. 836-839.

Wiktionnaire

Nom commun

chardon \ʃaʁ.dɔ̃\ masculin

  1. Plante de la famille des Astéracées (ou Composées, rattachée au genre Carduus), dont les nombreuses espèces ont des feuilles épineuses et un calice formé d’écailles terminées par des piquants très aigus.
    • Des chardons de six à sept pieds de haut se hérissaient sur les bords de la route comme des hallebardes de soldats invisibles. Quoique j’aie la prétention de n’être point un âne, j’aime beaucoup les chardons (goût qui, du reste, m’est commun avec les papillons), et ceux-ci me surprirent ; c’est une plante superbe et dont on peut tirer de charmants motifs d’ornementation. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
    • La Cétoine dorée ou Émeraudine de Geoffroy est très commune; à l'état parfait, elle est essentiellement floricole, elle fréquente depuis la fin de mai jusqu'au commencement de l'automne, dans les champs, les fleurs des Ombellifères et des Chardons, et dans les jardins, les Roses, les Pivoines et les Lilas. — (E. Lucet, Les insectes nuisibles aux rosiers sauvages & cultivés en France: descriptions et mœurs, dégâts, moyens de destruction , Rouen : imprimerie E. Cagnard 1898, & Librairie des sciences naturelles P. Klincksieck, 1900, page 51)
    • Les champs d’avoine sont, certaines années, envahis par des plantes nuisibles telles que les chardons, les sanves, moutardes sauvages, ravenelles ; contre les chardons on ne connaît jusqu'à présent que l’échardonnage ; peut-être l'emploi du crud d’ammoniac se généralisera t-il pour leur destruction. — (Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts du département de la Lozère, 1903, page 24)
    • Ton pied frappe et frappe la mousse
      Si le chardon s’y pique dedans
      Ne pleure pas, ma mie qui souffre
      Je te l’enlève avec les dents
      — (Georges Brassens, Il suffit de passer le pont, in Le Vent, 1953)
  2. (Par extension) Autre plante de genre, voire de famille, botanique différent mais qui ressemble aux chardons vrais.
    • Parmi les impuretés végétales que renferment les laines exotiques, surtout celles de La Plata, se trouve une énorme quantité de graines d'une espèce de trèfle improprement appelée chardon. — (D. de Prat, Nouveau manuel complet de filature; 1re partie : Fibres animales & minérales, Encyclopédie Roret, 1914)
  3. (Par extension) (Arts) Fruit crochu de diverses espèces végétales, qui contaminent la laine brute.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

CHARDON. n. m.
Plante de la famille des Composées, dont les nombreuses espèces ont des feuilles épineuses et un calice formé d'écailles terminées par des piquants très aigus. Chardon de marais. Chardon crépu. Chardon nain. Une tête de chardon. Chardon à bonnetier ou à foulon, Variété de chardon, dont les fleurs sont armées d'une espèce de petits crochets et servent aux bonnetiers et aux foulons pour carder la laine, pour rendre le poil des draps plus lisse et plus uni. Il se dit abusivement de Quelques autres plantes qui sont de genres différents. Chardon bénit. Chardon étoilé. Chardon de Notre-Dame, ou Chardon-Marie.

Littré (1872-1877)

CHARDON (char-don) s. m.
  • 1Genre de plantes de la famille des synanthérées, à feuilles épineuses et à calice formé d'écailles piquantes. Le chardon est recherché par les ânes. Allons comme eux [les ânes] aux champs et mangeons des chardons, Régnier, Sat. IX. Il [l'âne] était alors dans un pré Dont l'herbe était fort à son gré ; Point de chardon pourtant, il s'en passa pour l'heure, La Fontaine, Fabl VIII, 17. Qu'il [l'âne] dirait de bon cœur … Content de ses chardons et secouant la tête : Ma foi, non plus que nous, l'homme n'est qu'une bête, Boileau, Sat. VIII. Par qui sont aujourd'hui tant de villes désertes, Tant de grands bâtiments en masures changés, Et de tant de chardons les campagnes couvertes, Que par ces enragés ? Malherbe, II, 12.

    Bête à manger du chardon, se dit d'une personne très bornée.

    Fig. Aimable comme un chardon, se dit d'une personne désagréable et revêche. C'est un vrai chardon, qui s'y frotte s'y pique.

    Chardon-Marie ou de Notre-Dame (carduus marianus, L.), employé quelquefois comme sudorifique.

  • 2Nom de différentes plantes qui appartiennent à d'autres familles qu'à celle des synanthérées. Chardon à bonnetier ou à foulon, plante dont les têtes servent à carder la laine, le drap (voy. CARDÈRE).

    Chardon bénit des Antilles, l'argémone.

    Chardon bénit, carthame laineux, espèce de centaurée (centaurea benedicta, L.).

    Chardon bleu, espèce de panicaut.

    Chardon des Indes ou melon épineux, espèce de cactus ou de raquette.

    Chardon doré, espèce de chausse-trape.

    Chardon étoilé, chausse-trape ordinaire (centaurea calcitrapa, L.).

    Chardon hémorroïdal (serratula arvensis, L.).

    Chardon roulant ou Roland, panicaut ordinaire (eryngium campestre, L.), dit aussi chardon à cent têtes.

  • 3On donne le nom de chardon à certaines pointes de fer qu'on met sur les murs pour empêcher le passage.
  • 4Espèce de raie, poisson.
  • 5Chardon, ordre militaire qui fut institué en 1369 par Louis II dit le bon duc de Bourbon.

    Ordre du Chardon en Écosse (voy. ST-ANDRÉ).

HISTORIQUE

XIIIe s. Carete à cardons, quatre deniers [de péage], Tailliar, Recueil, p. 19. Chardon à foulon dont l'en atourne les dras, la charrete doit deus deniers, Liv. des mét. 290. Mès chardon felon et poignant M'en aloient moult esloignant, la Rose, 1683.

XVe s. Pourquoi ne croist sur son tombeau Que du chardon qui l'environne ? Un corps qui n'a beu que de l'eau Ne produit herbe qui soit bonne, Basselin, LVII. Ains m'a presenté landes pleines de joncs marins et de cardons dont rien que venin et lesion ne se povoit traire, Chastelain, Chr. des ducs de B. I, Proesme.

XVIe s. Tu ne manges icy que joncs et espines, et durs chardons… fy de ton fein et de ton avoyne : vivent les chardons des champs, puysque à loisir on y roussine, Rabelais, Pant. V, 7. Epithemes faits d'eau de roses, de chardon benit, Paré, V, 29. À faute de quoi se sert-on, pour presurer et cailler le laict, de la fleur du chardon-privé, de la graine du chardon-benit…, De Serres, 285. Chardon-nostredame, ou chardon-argentin, ou espine blanche, est appellé en latin bedegaris, De Serres, 609. La Bourgongne fournit plusieurs provinces de chardons à draps, dits aussi à foulon et à bonnetier, De Serres, 737. Mais fauxdanger gardoit sur le derriere Un portail fait d'espines et chardons, Marot, I, 172.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

CHARDON, carduus, s. m. (Hist. nat.) genre de plante dont la fleur est un bouquet à fleurons découpés, portés chacun par un embryon, & soûtenus par le calice hérissé d’écailles & de piquans. Les embryons deviennent dans la suite des semences garnies d’aigrettes. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Chardon-benit, (Hist. nat.) plante qui doit être rapportée au genre appellé cnicus. V. Cnicus. (I)

Chardon-benit, (Matiere médicale & Pharmacie.) De toutes les plantes que la Médecine moderne employe, il n’en est pas une qui ait été tant exaltée que le chardon-benit ; il n’est presque pas un auteur célebre qui ne lui ait attribué un grand nombre de propriétés medicinales, depuis qu’on a parlé pour la premiere fois de ses vertus, il y a environ 300 ans, selon une tradition rapportée par Pontedera, qui paroît fort persuadé que les anciens n’avoient pas connu l’usage medicinal de cette plante, puisqu’ils n’avoient pas vanté son utilité dans un grand nombre de maladies, eux qui donnoient si facilement des éloges pompeux à tant de remedes inutiles.

En rapprochant toutes les propriétés que différens auteurs attribuent au chardon-benit, on trouve qu’il est à la lettre un remede polycreste, une medecine universelle ; en effet on l’a loué comme vomitif, purgatif, diurétique, sudorifique, expectorant, emménagogue, alexitaire, cordial, stomachique, hépatique, antiapoplétique, antiépileptique, antipleurétique, fébrifuge, vermifuge, & même vulnéraire, employé tant extérieurement qu’intérieurement.

C’est le suc, la décoction, & l’extrait de ses feuilles qu’on a principalement employé : sa semence a passé pour avoir des vertus à-peu-près analogues à celles des feuilles ; & enfin quelques auteurs les ont attribuées aussi, ces vertus, à son eau distillée, à son sel essentiel, & même à son sel lixiviel.

On peut raisonnablement conjecturer que cette grande célebrité du chardon-benit, dont nous venons de parler, ne lui a pas été acquise sans quelque fondement ; son amertume, par exemple, annonce assez bien une vertu fébrifuge, stomachique, apéritive, peut-être même légerement emménagogue. La quantité de sel essentiel (apparemment nitreux) qu’elle contient, & qu’on en retire par le procédé ordinaire, (Voyez Sel essentiel) peut la faire regarder encore comme un bon diurétique, & comme propre dans les maladies inflammatoires de la poitrine ; ce sont aussi ces vertus que confirme l’usage de son extrait, qui est presque la seule préparation utile employée parmi nous. L’expérience n’est pas si favorable à l’usage de son eau distillée que l’on prépare encore communément dans nos boutiques, & que quelques Medecins ordonnent comme cordiale & sudorifique.

L’eau distillée du chardon-benit des Parisiens, cnicus attractilis, que la plûpart des Apoticaires de Paris préparent à la place de celle-ci, lui est infiniment préférable sans doute, puisque cette derniere plante contient une assez grande quantité de parties mobiles & actives qui s’élevent dans la distillation avec son eau, & qui lui donnent des vertus qu’on chercheroit envain dans l’eau distillée du chardon-benit ordinaire, qui est absolument insipide & sans odeur.

Les feuilles de chardon-benit entrent dans la composition de l’orviétan, dans celle de l’eau de lait alexitaire, dans l’huile de scorpion composée ; les sommités de cette plante sont un des ingrédiens du decoctum amarum de la Pharmacopée de Paris ; sa semence entre dans la poudre arthritique purgative de la même Pharmacopée, dans l’opiate de Salomon, dans la confection hyacinthe ; son extrait entre dans la thériaque céleste, dans les pillules balsamiques de Stahl, & dans celles de Becher. (b)

Chardon à Bonnetier, dipsacus, genre de plante dont les fleurs naissent dans des têtes, semblables en quelque maniere à des rayons de miel. Les têtes sont composées de plusieurs feuilles pliées ordinairement en gouttiere, posées par écailles & attachées à un pivot. Il sort des aisselles de ces feuilles des fleurons découpés & engagés par le bas dans la couronne des embryons, qui deviennent dans la suite des semences ordinairement cannelées. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

* Ce chardon est d’une grande utilité aux manufacturiers d’étoffes en laine. Voyez sur-tout l’article Drapier. Il est défendu, par les réglemens gen. & part. d’en sortir du royaume.

Chardon étoilé, ou Chausse-trape, (Hist. nat. bot.) plante qui doit être rapportée au genre appellé simplement chardon. Voyez Chardon. (I)

Chardon-rolland, s. m. (Hist. nat. bot.) panicaut, eryngium, genre de plante à fleurs, en roses disposées en ombelle, & composées de plusieurs pétales rangées en rond, recourbées pour l’ordinaire vers le centre de la fleur, & soûtenues par le calice, qui devient un fruit composé de deux semences garnies de feuilles ; dans quelques especes, plates, & ovales dans d’autres ; quelquefois elles quittent leur enveloppe, & elles ressemblent à des grains de froment. Ajoûtez au caractere de ce genre, qu’il y a une couronne de feuilles placées à la base du bouquet de fleurs. Tournefort, inst. rei herb. V. Plante. (I)

Chardon-rolland. (Matiere médicale & Pharmacie.) La racine de chardon-rolland, qui est une des cinq racines apéritives mineures, est la partie de cette plante employée en Medecine ; elle est apéritive & diurétique, incisive, tonique, & emménagogue ; elle passe aussi pour légerement aphrodisiaque. On l’employe fraîche dans les bouillons, les aposemes, & les tisannes apéritives.

La préparation de cette racine consiste à la nettoyer, & à la monder de sa corde, ou de la partie ligneuse qui se trouve dans son milieu, & à en faire ensuite un condit ou une conserve. C’est sous l’une de ces deux formes qu’on la garde dans les boutiques, parce qu’étant sechée elle se gâte très-facilement, & perd ainsi toute sa vertu. Voyez Condit & Dessication.

Cette racine entre dans le syrop de guimauve composé, le decoctum rubrum de la Pharmacopée de Paris ; dans les electuaires de satyrium de plusieurs auteurs, & dans presque toutes les préparations officinales propres à réveiller l’appétit vénérien, qui se trouvent décrites dans les différens dispensaires. (b)

Chardon, (Architecture & Serrurerie.) Ce sont des pointes de fer en forme de dards, qu’on met sur le haut d’une grille, ou sur le chaperon d’un mur, pour empêcher de le franchir. (P)

Chardon ou Notre-Dame de Chardon, (Hist. mod.) ordre militaire institué en 1369 par Louis II. dit le Bon, troisieme duc de Bourbon. Il étoit composé de vingt-six chevaliers sans reproche, renommés en noblesse & en valeur, dont le prince & ses successeurs devoient être chefs, pour la défense du pays. Mais il n’est parlé de cet ordre qui s’est anéanti, que dans quelques-unes de nos histoires. C’est sur quoi on doit voir Favin dans son théatre d’honneur & de chevalerie, aussi-bien que la Colombiere dans un grand ouvrage sous le même titre. (a)

Chardon ou Saint-André du Chardon, ordre de chevalerie en Ecosse, qui à ces mots pour devise : Nemo me impunè lacesset, personne ne m’attaquera impunément. On l’attribue à un roi d’Ecosse nommé Anchaius, qui vivoit sur la fin du huitieme siecle. Mais l’origine de ces sortes d’ordres est apocryphe, dès qu’on la fait remonter à ces anciens tems. Il vaut bien mieux la rapporter au regne de Jacques I. roi d’Ecosse, qui commença l’an 1423. Mais si on en fait honneur à Jacques IV. en suivant l’opinion de quelques auteurs, elle sera de la fin du quinzieme siecle ; car Jacques IV. ne commença son regne qu’en 1488. L’infortuné Jacques VII. d’Ecosse, ou II. d’Angleterre, le voulut remettre en vigueur ; mais son éclat dura peu, & il subsiste foiblement. Ce qu’il en reste de plus considérable, est la dévotion des Ecossois Catholiques qui sont en petit nombre, pour l’apôtre saint André, qui est peu fêté par les prétendus Réformés, dont la religion est la dominante d’Ecosse, qui de royaume est devenue province d’Angleterre en 1707. (a)

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Étymologie de « chardon »

Du bas latin cardonem, accusatif de cardo, altération du latin classique carduus.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Berry, échardon ; picard, cardon ; norm. cardron ; provenç. cardo ; espagn. et ital. cardo. L'espagnol et l'italien viennent de carduus, chardon ; le français et le provençal supposent carduo, carduonis.

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Phonétique du mot « chardon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
chardon ʃardɔ̃

Évolution historique de l’usage du mot « chardon »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « chardon »

  • Les destins sont jaloux de nos prospérités, Et laissent plus durer les chardons que les roses. Honorat de Bueil, seigneur de Racan, Sonnet, À Mgr le duc de Guise
  • Les racines du chardon vénéneux de la vengeance sont la haine, la cruauté. Une seule graine suffit à transformer un homme bon. De Driss Chraïbi / Une enquête au pays
  • Même en mangeant de l’avoine, l’âne rêve de chardons. De Proverbe allemand
  • Le rapport est une étude détaillée du marché Supplément de chardon-Marie qui aborde toutes les informations essentielles dont un nouveau marché entrant et les acteurs existants ont besoin pour mieux comprendre le marché. L’objectif principal de cette étude nommée marché Supplément de chardon-Marie est daider à une prise de décision stratégique fiable vis-à-vis des opportunités sur le marché Supplément de chardon-Marie. Il propose des comptes d’entreprises, des investisseurs industriels, et des secteurs d’activités avec des observations importantes pour améliorer la capacité de prise de décision. se connecter à la vente dexperts [email protected] or call us on +1-312-376-8303. Thesneaklife, Étude du marché Supplément de chardon-Marie Mondial 2020 tenant compte de l’analyse des effets du coronavirus (COVID-19) par compagnies Solaray, Blackmores, Piping Rock Health, Martin Bauer, Indena – Thesneaklife
  • La reconnaissance d’une adventice est l’acte préalable, indispensable à toute décision de désherbage, et ce quelle que soit la technique. Originaire du sud de la France, le chardon-marie est remonté depuis quelques années, vers les régions plus septentrionales, et en particulier la région Centre. Il se retrouve désormais jusqu’en Bourgogne. Par sa croissance très rapide et son fort développement foliaire, le chardon-marie peut être très étouffant pour le colza. Retrouvez dans cette fiche les clés d'identification du chardon-marie. Terre-net, Comment reconnaître le chardon-marie ?
  • Principaux types: Le genre Silybum comprend deux espèces: S. marianum, ou chardon-Marie, la plus répandue, et S. eburneum connu sous le nom de chardon argenté. Le Figaro.fr, Chardon-Marie, fleurs pourpres et feuillage marbré
  • C’est bien connu, on reconnaît les chardons quand on s’assoit dessus ! Cependant, tous ne piquent pas. Le mois d’août est par excellence le mois de pleine floraison pour ces végétaux. Apprenons avec Antonin Nicol à reconnaître les chardons et proches (cirses, carlines, cardoncelles…) qui embellissent la montagne pyrénéenne. La-R%C3%A9publique-des-Pyr%C3%A9n%C3%A9es, En images. Apprenez à reconnaître 31 chardons pyrénéens différents ! - La République des Pyrénées.fr

Images d'illustration du mot « chardon »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « chardon »

Langue Traduction
Anglais thistle
Espagnol cardo
Italien cardo
Allemand distel
Portugais cardo
Source : Google Translate API

Synonymes de « chardon »

Source : synonymes de chardon sur lebonsynonyme.fr
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