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Le registre merveilleux

Définition du registre merveilleux

Le registre merveilleux est un registre littéraire qui caractérise la magie et les évènements surnaturels. Contes de fées, épopée et fables font partie du registre merveilleux. Enchantés par cet univers féérique, les enfants comme les adultes voyagent et s’attachent aux personnages, devenus pour certains des légendes. 

On retrouve souvent dans le récit de l’auteur des créatures éloignées du monde réel : fées, magiciens, sorcières, monstres au cœur d’un univers imaginaire. 

Après les cérémonies du baptême toute la compagnie revint au palais du roi, où il y avait un grand festin pour les fées. On mit devant chacune d'elles un couvert magnifique, avec un étui d'or massif, où il y avait une cuiller, une fourchette, et un couteau de fin or, garni de diamants et de rubis. Mais comme chacun prenait sa place à table, on vit entrer une vieille fée qu'on n'avait point priée parce qu'il y avait plus de cinquante ans qu'elle n'était sortie d'une tour et qu'on la croyait morte, ou enchantée.

Charles Perrault, La Belle au bois dormant

La plupart du temps, le dénouement est heureux, contrairement au registre fantastique, où des éléments surnaturels surviennent dans un climat angoissant. Considérés comme utiles à l’éducation des enfants, les textes appartenant au registre merveilleux ont souvent pour fonction d’illustrer une morale.

Procédés et thèmes du registre merveilleux


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« Il était une fois, dans un pays lointain… » est souvent la phrase qui caractérise le début d’un conte de fées. On reconnaît le registre merveilleux à son champ lexical qui est celui de la magie mais surtout aux caractéristiques des personnages, aux objets et au décor.

Plusieurs thématiques peuvent être abordées avec le registre merveilleux. Grâce à un vocabulaire simplifié et des courts récits surprenants, Les fables de Jean La Fontaine, par exemple, amusent les enfants. Elles contiennent toutes une morale, proposant au lecteur un temps de réflexion. Soit par la valeur symbolique des animaux représentés, soit par le récit lui-même. Par exemple, la fable Le Lièvre et la Tortue dénonce la vanité en débutant le poème par ce vers « Rien ne sert de courir ; il faut partir à point. ».

Des personnages étranges et un décor surnaturel

De nombreux personnages, soit très gentils, soit très méchants, et autres éléments étranges, font leur apparition dans le récit merveilleux :

  • Des personnages incroyables : prince charmant vaillant, roi et reine, adorable fée, brave chevalier, magicien, vilaine et vieille sorcière, sirène…
  • Des animaux imaginaires qui parlent : dragons, lutins, chats, ogres, poissons…
  • Un décor féérique : château, foret enchantée…
  • Des objets tels que des baguettes, des lampes, des miroirs, des épées et bien d’autres, aux pouvoirs magiques.

Ces éléments, éloignés de la réalité, séduisent le lecteur qui se laisse porter dans cet univers miraculeux et fascinant, sans temporalité ni lieu géographique précis.

Dans l’extrait qui suit, on retrouve des personnages et un vocabulaire caractéristiques des plus beaux contes de fées :

Lorsque la fillette ouvrit la porte, elle poussa un cri en voyant poindre, de dessous la maison, deux pieds chaussés de souliers rouges. Dorothy était épouvantée, mais une petite femme vêtue de blanc s’approcha d’elle : 

—Je suis la Bonne sorcière du Nord et ta maison vient d’écraser la Méchante Sorcière de l’Est, qui ne manquera à personne. Pour te remercier, prends tes souliers : ils recèlent de grands pouvoirs !

Dorothy les chaussa, puis demanda à la Bonne Sorcière de l’aider à rentrer chez elle.

—Mon enfant, la seule personne qui peut t’aider est le puissant Magicien d’Oz. Mais pour le rejoindre, un voyage très dangereux t’attend. Suis cette route de briques jaunes jusqu’à la Cité d’Émeraude et tu le trouveras. »

Et après l’avoir saluée, la Sorcière disparut.

Lyman Frank Baum, Le Magicien d’Oz

Des évènements surnaturels dans un univers magique

Dans le registre merveilleux, tout est magique ! Les évènements racontés sont spectaculaires et prodigieux. Malgré une atmosphère hors de la réalité, le lecteur se plaît dans cet univers et tout paraît normal. Pour illustrer la magie de ce monde extraordinaire, nous vous proposons un extrait du conte Hansel et Gretel, où apparaît, au cœur de la forêt, la célèbre maison de la sorcière en pain d’épices et sucreries. 

Quand il eut fini, il déploya ses ailes et vola devant eux. Ils le suivirent jusqu'à une petite maison sur le toit de laquelle le bel oiseau blanc se percha. Quand ils s'en approchèrent, ils virent qu'elle était faite de pain et recouverte de gâteaux. Les fenêtres étaient en sucre. « Nous allons nous régaler, dit Hansel, et faire un repas béni de Dieu. Je vais manger un morceau du toit ; il a l'air d'être bon ! » Hansel grimpa sur le toit et en arracha une petite portion, pour goûter. Gretel se mit à lécher les carreaux.

Les frères Grimm, Hansel et Gretel

Le style du registre merveilleux

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Avec une narration assez simple, de nombreux dialogues entre les personnages, les récits sont ponctués de superlatifs comme dans l’exemple suivant :

Il y avait une fois la fille d’un roi qui était si belle qu’il n’y avait rien de si beau au monde ; et, à cause qu’elle était si belle, on la nommait la Belle aux cheveux d’or car ses cheveux étaient plus fins que de l’or, et blonds par merveille, tout frisés, qui lui tombaient jusque sur les pieds.

Marie-Catherine d’Aulnoy, La belle aux cheveux d’or

Le registre merveilleux utilise des figures de style d’analogie comme la métaphore ou la comparaison, faisant appel à l’imagination du lecteur.

Exemples de textes issus du registre merveilleux

Quelques exemples d’autres textes, issus de contes appartenant au registre merveilleux :

Dans un article consacré au registre merveilleux, nous ne pouvons faire l’impasse sur le monde extraordinaire d’Alice au pays des merveilles

Je sais qu’il arrive toujours quelque chose d’intéressant chaque fois que je mange ou que je bois quoi que ce soit, se dit-elle. Je vais voir l’effet que produira cette bouteille. J’espère bien qu’elle me fera grandir de nouveau, car, vraiment, j’en ai assez d’être, comme à présent, une créature minuscule ! » Ce fut bien ce qui se produisit, et beaucoup plus tôt qu’elle ne s’y attendait : avant d’avoir bu la moitié du contenu de la bouteille, elle s’aperçut que sa tête était pressée contre le plafond, si bien qu’elle dut se baisser pour éviter d’avoir le cou rompu (…).Elle continuait à grandir sans arrêt, et, bientôt, elle fût obligée de s’agenouiller sur le plancher : une minute plus tard, elle n’avait même plus assez de place pour rester à genoux, et elle essayait de voir si elle serait mieux en se couchant, un coude contre la porte, son autre bras replié sur la tête. Puis, comme elle ne cessait toujours pas de grandir, elle passa un bras par la fenêtre, mit un pied dans la cheminée, et se dit : « À présent je ne peux pas faire plus, quoi qu’il arrive. Que vais-je devenir ? »

Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles

On retrouve dans ce conte tous les éléments du registre merveilleux. Lors d’une incroyable aventure aux multiples péripéties, cette dernière croise la route d’étranges personnages et créatures : le mystérieux Lapin blanc, les fous qui fêtent un non-anniversaire (le Lièvre de Mars et le Chapelier Fou), le Chat du Cheshire qui sourit, la Chenille qui fume un narguilé, le Roi et la Reine de Cœur … Au cours de l’aventure, Alice change de taille à plusieurs reprises en buvant une potion magique ou en mangeant un morceau de gâteau.

Un second exemple avec un des contes de fées le plus populaire : Cendrillon et sa pantoufle de verre, tirée d'un conte de Charles Perrault : 

Elle la mena dans sa chambre, et lui dit : « Va dans le jardin, et apporte-moi une citrouille. »

Cendrillon alla aussitôt cueillir la plus belle qu'elle put trouver, et la porta à sa marraine, ne pouvant deviner comment cette citrouille la pourrait faire aller au bal. Sa marraine la creusa et, n'ayant laissé que l'écorce, la frappa de sa baguette, et la citrouille fut aussitôt changée en un beau carrosse tout doré.

Ensuite elle alla regarder dans la souricière, où elle trouva six souris toutes en vie. Elle dit à Cendrillon de lever un peu la trappe de la souricière, et, à chaque souris qui sortait, elle lui donnait un coup de sa baguette, et la souris était aussitôt changée en un beau cheval : ce qui fit un bel attelage de six chevaux, d'un beau gris de souris pommelé.

Charles Perrault, Cendrillon

Avec ce conte, le lecteur plonge dans le monde féérique de Cendrillon : la fée, la baguette, la transformation de la citrouille en carrosse, des souris en chevaux.

Maltraitée par son odieuse belle-mère, Cendrillon, une gentille servante, va pouvoir se rendre au bal, grâce à sa marraine la fée. Elle y rencontrera un prince charmant, qu’elle épousera et deviendra donc une magnifique Princesse. « Ils se marièrent et vécurent heureux pour toujours. ». La magie de l’histoire a opéré… le lecteur y voit la morale suivante : la patience, le courage et l’authenticité sont toujours récompensées.

Vous voulez en savoir plus ? Consultez notre guide complet sur les registres littéraires.

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Sujets :  registre littéraire

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