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Comparaison - Figure de style [définition et exemples]

La comparaison est une des figures de style les plus utilisées et peut-être est-elle la plus simple à comprendre. Découvrez dans cet article tout ce que vous devez savoir à propos de cette figure.

Histoire de la comparaison

Le terme de « comparaison » trouve son origine en 1174 dans l'ouvrage de Saint-Thomas d'Aquin, De Potentia. Le terme est exprimé par le latin comparatio, dans le sens d'« action de comparer pour faire ressortir les ressemblances et les différences ».

Le premier à véritablement utiliser le terme de comparaison est Aristote. Dans le troisième livre de la Rhétorique, le philosophe fait la distinction entre la metaphora et l'eikon, qui met en jeu un « comparant » et un « comparé ».


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Peu à peu, la comparaison est devenue l'une des figures de style les plus populaires. Par exemple Homère l'a beaucoup utilisée dans l'Iliade et l'Odyssée, de sorte qu'on parle désormais de « comparaison homérique » (par exemple : « Et cette terre était proche, et elle lui apparaissait comme un bouclier sur la mer sombre. »).

Définition de la comparaison

Une comparaison est une figure de style consistant en la mise en relation, à l’aide d’un mot de comparaison appelé le « comparatif », de deux réalités, choses, personnes etc. différentes mais partageant des similarités. La comparaison est l’une des plus célèbres figures de style et est très utilisée.

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La structure de la comparaison est composée de :

  1. un comparant (appelé parfois le “phore”) : c’est l’objet de la comparaison (une personne, une chose etc.) ;
  2. un comparé (appelé parfois le “thème”) : c’est ce qui est comparé par rapport au comparant ;
  3. un outil de comparaison, appelé aussi parfois mot-outil, ou “comparatif”.  L’outil de comparaison peut être :
    • une conjonction ou un adverbe : le mot de comparaison généralement utilisé est “comme” mais peut aussi être : de même que, plus que, ainsi que, moins que etc. ;
    • un adjectif comparatif : tel, semblable, pareil à, similaire à, etc. ;
    • un verbe : paraître, avoir l’air de, se rapprocher de, sembler, ressembler, etc.

Attention, on distingue deux types de comparaison selon Bernard Dupriez :

  1. comparaison simple : une comparaison qui n’est pas une image littéraire, elle n’a rien de figuratif. Exemple : “La mère est plus grande que son fils”.
  2. comparaison figurative : cette comparaison a une dimension réthorique et met l’accent sur le comparant. Lorsqu’on parle de figure de style, on évoque ce type de comparaison.

Les comparaisons peuvent etre classées selon le comparé utilisé ou l'usage ou non d'un verbe associé au comparant :

  1. la comparaison nominale où le comparé est un nom : « La mer est si bleue qu'il n'y a que le sang qui soit plus rouge. »
  2. la comparaison adjectivale où le comparé est un adjectif : « Cependant, qui l’eût bien examiné l’eût trouvé plus sérieux, plus pâle, plus maigre et comme spiritualisé ».
  3. la comparaison verbale où le comparant contient un verbe : « Tous vos nerfs tressaillent comme des cordes de lyre. »

Attention à ne pas confondre la comparaison avec la métaphore. Cette dernière désigne une chose par une autre qui lui ressemble ou qui a une qualité similaire. On la confond souvent avec la comparaison dont la différence est qu’elle affirme une similitude alors que la métaphore la laisse deviner. La métaphore est ainsi plus subtile que la comparaison et n’utilise pas de mot-outil de comparaison.

Exemples de comparaisons

...le monocle du général, resté entre ses paupières, comme un éclat d’obus dans sa figure vulgaire.

Marcel Proust,  Du côté de chez Swann

La mer est si bleue qu’il n’y a que le sang qui soit plus rouge.

Françoise Soublin, Sur une règle rhétorique d’effacement

Et nous alimentons nos aimables remords
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Joaquim Du Bellay, Comme le champ semé en verdure foisonne

Tu penches, grand Platane et te proposes nu,
Blanc comme un jeune Scythe

Paul Valery, Charmes

Et cette terre était proche, et elle lui apparaissait comme un bouclier sur la mer sombre.

Homère, L’Odyssée

De même que le vent qui souffle avec violence disperse un monceau de pailles sèches qu'il emporte çà et là, de même la mer dispersa les longues poutres.

Homère, L’Odyssée

Sa barbe était d’argent comme un ruisseau d’avril.

Hugo, La Légende des siècles, Booz endormi

Le poète est semblable au Prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer.

Baudelaire, Fleurs du Mal, L’Albatros

Il pleure dans mon cœur
Comme il pleut sur la ville

Verlaine, Romances sans paroles

La terre est bleue comme une orange

Éluard, L’amour la poésie, Premièrement, 7ème poème

Pour aller plus loin :

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Sujets :  figure de style

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Commentaires

Alain Verreault

Bonjour,

Je constate que vous utilisez les guillemets français « » et anglais  »  » un peu n’importe comment dans votre article. Pourquoi ne pas employer les guillemets français dans tous les cas, puisque cet article est en français? Ou peut-être y a-t-il une raison que je ne connais pas?

Merci beaucoup.

Alain

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JULIEN

Salut mon ptit Alain , je pense que le gars c’est trompé 😉

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Pierre Varde

Le mot « comparisun » n’est pas dans le De Potentia de Thomas d’Aquin, pas plus qu’il n’existe en latin. En revanche, le terme de « comparatio » s’y trouve bien.

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Nicolas Le Roux

Bonjour Pierre,
Merci, c’est corrigé !

Nicolas.

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Pocheveux brice

Et nous alimentons nos aimables remords / Comme les mendiants nourrissent leur vermine”
Il faudrait rendre à Baudelaire ce qui est a Baudelaire. « Au lecteur »

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DAPAH

merci beaucoup.vous pourriez me donnez les dégrés d’intensité des adjectifs qualificatifs ,merci bequcoup

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Zazou

Bon j’aime vraiment cette article mais,j’ai toujours du mal comprendre !!

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Mwalimu Bruno

Merci pour le bon service que vous êtes entrain de nous fournir. Ma question est celui- ci pouvez vous m'envoyer ces figures de style en pdf?

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Bonjour,
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Bien à vous,
Nicolas

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