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Ça sent le sapin : définition et origine de l'expression

Voici une expression funèbre qu’on espère ne pas entendre trop vite dans sa vie. Quand on vous dit que « ça sent le sapin », ce n’est pas bon signe ! Mais avant de passer l’arme à gauche, nous vous expliquons dans cet article la signification et l’origine de l’expression « sentir le sapin ». Bonne lecture !

Définition de l’expression « ça sent le sapin »

L’expression « ça sent le sapin » est utilisée pour dire que la fin est proche, que la mort est imminente. Quand on voit une personne se dégrader physiquement, ou sombrer dans la maladie, on dit ainsi que « ça sent le sapin » pour elle.

En effet, le sapin est un des matériaux utilisés pour les cercueils, notamment au XVIIIe siècle (voir plus bas). Si on sent l’odeur du cercueil en sapin, c’est que la mort est proche !

Par extension, on utilise parfois l’expression « ça sent le sapin » dans un sens plus large, pour signifier que les choses tournent mal, que la situation tourne au vinaigre, sans pour autant que la mort soit en jeu.

Synonymes de l’expression sentir le sapin :

  • avoir un pied dans la tombe
  • sentir la mort
  • être sur le point de casser sa pipe
  • être sur le point de passer l’arme à gauche
  • voir ses jours comptés

Origine de l’expression « ça sent le sapin »

Comme on l’a vu, l’expression « ça sent le sapin » se réfère au cercueil fait de bois de sapin. En 1801, le préfet de Paris oblige le recours au cercueil en France, pour éviter la propagation des maladies. Les morts les plus modestes étaient jusqu’alors souvent enterrés dans un simple linceul, ce qui posait de nombreux problèmes d’hygiène.

Pour répondre à cette obligation, le cercueil de sapin était le candidat idéal, le sapin étant peu couteux, solide et léger. On y ajoutait du carton en feutre de laine dans le fond pour assurer l’étanchéité du cercueil.

Dès lors, l’odeur du sapin est associée à la mort. Si on sent l’odeur du cercueil de sapin, c’est que le moribond n’en a plus pour très longtemps ! On parlait d’ailleurs au XVIIIe siècle, à propos du cercueil, de « redingote de sapin ».

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À noter que le sapin, jugé peu noble, a été aujourd’hui remplacé par le bois de chêne, le merisier ou le pin, selon les goûts. D’autres préfèrent le cercueil en carton, plus économique et propice à la crémation…

L’expression semble apparaître à partir de la moitié du XIXe siècle. On trouve une première occurrence dans Gallica le 27 octobre 1855, dans un journal humoristique (Le Journal pour rire) :

sentir le sapin Gallica

Par ailleurs, le dictionnaire Larousse (édition 1866-1877) donne pour la première fois une définition de l’expression « sentir le sapin » : « Avoir une santé fort altérée, être menacé d’une mort prochaine. »

Enfin, l’analyse de la fréquence d’usage de « ça sent le sapin » dans les textes publiés confirment l’apparition de l’expression au cours du XIXe siècle, avec une plus forte diffusion au siècle suivant :

Fréquence d'usage de sentir le sapin
Fréquence d’usage de sentir le sapin depuis 1800. Source : Google Ngram / Gallicagram

Exemples d’usage de l’expression « ça sent le sapin »

Une nouvelle quinte de toux secoua Riton. Eh ça sent le sapin plaisanta Mimile. Peuh t’en fais pas, ça nous fera une sortie, continua Octave.

Jean-Pierre Chabrol, Le Bout-Galeux

Sa figure se crispa, ses joues pâlirent et sa poitrine creuse sembla se vider de sang. Elle n’était plus qu’une pauvre femme malade. Ça sent le sapin, murmura vivement Biou.

Robert Francis, Un an de vacances

Un vieux bonhomme, un pied dans la tombe, il sent le sapin, comme on dit, et il suffit d’un ragot de bonne femme, il est tout de suite là pour écouter; rien ne peut se dire sans lui.

Fédor Dostoïevski, Le Double

Je me rendis à l’armoire à pharmacie, m’équipai pour la fin de cette nuit de Noël et pour la fin de tout. Je me jetai encore sur le lit, les yeux morts rivés au plafond. Noël, oui. Il sentait le sapin, celui-là. Le sapin gluant de résine des cercueils à bas prix.

René Fallet, Y a-t-il un docteur dans la salle ?
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Nicolas Le Roux

Nicolas Le Roux

Nicolas est le fondateur du site. Il a rédigé plusieurs centaines d'articles sur les difficultés de l'orthographe française depuis 2015. Passionné de littérature, il publie de temps en temps des critiques littéraires.

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