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Voyer

Définitions du mot « voyer »

Trésor de la Langue Française informatisé

VOYER, subst. masc.

PONTS ET CH.
A. − Officier chargé, autrefois, de la police des chemins et des rues. Les agents de l'autorité royale qui ont la charge de la justice et des impôts ont un rôle ingrat, qu'ils rendent encore plus ingrat par leur brutalité et par leurs excès. Les forestiers et les voyers sont la terreur du paysan (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 92).
[De 1599 à 1626] Grand voyer. Officier chargé de l'administration générale des voies publiques. Remettre ce réseau [routier] en état fut une des tâches que s'assigna Henri IV quand il eut décidé de rétablir l'ordre dans le royaume. À la tête de cette entreprise il plaça Sully, qu'il nomma grand voyer de France (1599) (P. Rousseau, Hist. transp., 1961, p. 154).
B. − En appos. ou en compos., mod.
1. Spécialiste responsable de la voirie sur le plan local ou national. Architecte, commissaire, ingénieur voyer. D'ailleurs cette administration n'a-t-elle pas ses inspecteurs voyers qui peuvent, s'ils sont capables, signaler les défauts de construction et apposer leur veto ? (Viollet-Le-Duc, Archit., 1872, p. 320).
2. Agent(-)voyer. Fonctionnaire chargé de veiller à l'entretien et/ou à l'aménagement des voies de communication, de la voirie d'une ville, d'un département. La délibération du conseil municipal qui donne son avis sur une demande de déclassement est transmise par les bureaux de la mairie aux bureaux de la préfecture, avec l'avis du sous-préfet et des agents-voyers (Baradat, Organ. préfect., 1907, p. 264).
Prononc. et Orth.: [vwaje]. Littré: ,,vo-ié; quelques-uns disent voi-ié``. V. aboyer. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 veier « officier de justice chargé de la basse et moyenne justice » (Roland, éd. J. Bédier, 3952) − 1307, v. Gdf.; 2. a) 1260 voier « seigneur chargé de la justice sur les chemins » (Etienne Boileau, Métiers, éd. G.-B. Depping, p. 39); b) 1835 adj. commissaire voyer (Ac.); c) 1836 agent voyer « agent des ponts et chaussées chargé de surveiller l'état de la voirie » (B. des lois, t. 12, p. 196). Du lat. vicarius « remplaçant, représentant » (v. vicaire) dont les accept. se sont étendues dans la terminol. admin. dès l'époque impériale (v. FEW t. 14, p. 406; cf. lat. médiév. att. dep. le vies. au sens de « fonctionnaire royal, délégué du comte (dans le royaume franc) », v. Nierm. et Du Cange, et au xies. au sens de « agent seigneurial exerçant la justice et percevant les droits et coutumes », ibid.), pour désigner ensuite dans le nord de la France un officier de justice dont les attributions étaient proches de celles du prévôt (v. ce mot), en partic. celles de la police des voies (ce qui rapprochait, aussi bien sémantiquement que phonétiquement voyer des représentants de via « route »), v. S. Scoones, Les N. de qq. officiers féodaux des orig. à la fin du XIIes., pp. 46-57, v. aussi viguier. Fréq. abs. littér.: 38.

Wiktionnaire

Nom commun

voyer \vwa.je\ ou \vɔ.je\ masculin

  1. Fonctionnaire qui est chargé des questions de voirie.
    • L’agent voyer, en descendant de Montmartre, se repentit sans doute d’avoir tant causé. — (Émile Zola, La Curée, 1871)

Verbe

voyer \vwa.je\ ou \vɔ.je\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. (Terme de métier) Faire couler ou écouler.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Littré (1872-1877)

VOYER (vo-ié ; quelques-uns disent voi-ié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des voié-z intelligents) s. m.
  • Officier préposé à la police des chemins et à celle des rues. Les voyers de tel lieu, de telle ville. Le duc de Sully est le premier ministre qui, depuis la fondation de la monarchie, ait connu de quelle importance étaient les chemins pour le commerce intérieur du royaume ; il créa une charge de grand voyer, et en fut revêtu, Fréron, Année littér. t. VI, p. 121.

    Adj. Commissaire voyer. Architecte voyer.

    Agents voyers, agents chargés par la loi du 21 mai 1836 d'entretenir et de construire les chemins de vicinalité.

REMARQUE

L'expression commissaire voyer est abandonnée. On dit agent voyer pour les campagnes, et architecte voyer dans les villes.

HISTORIQUE

XIe s. Li reis cumandet un soen veeir Basbrun, Ch. de Rol. CCXC.

XIIIe s. Quiconques vout avoir travail hors de son hostel, il convient qu'il en ayt le congié du voier de Paris, Liv. des mét. 45.

XVIe s. Le bas justicier, qu'on appelle simple voyer, a cognoissance sur ses sujets et estrangers de toutes actions personnelles civiles dont les amendes n'excedent point la somme de sept sols six deniers tournois, Coust. gén. t. II, p. 250.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

VOYER, s. m. (Gramm. Jurispr.) se dit du seigneur qui est propriétaire de la voirie, & qui la tient en fief, ou du juge qui exerce cette partie de la police ; & enfin, de l’officier qui a l’intendance & la direction de la voirie.

Il y avoit chez les Romains quatre voyers, viacuri, ainsi appellés à viarum cura, parce qu’ils étoient chargés du soin de tenir les rues & chemins en bon état.

Il est parlé de voyer & même de sous-voyer, dès le tems d’Henri I, les seigneurs qui tenoient la voirie en fief, établissoient un voyer.

Mais ces voyers étoient des juges qui exerçoient la moyenne justice appellée alors voirie, plutôt que des officiers préposés pour la police de la voirie proprement dite, & s’ils connoissoient aussi de la voirie, ce n’étoit que comme faisant partie de la police.

Pour ce qui est des voyers ou officiers ayant l’intendance de la voirie, il y avoit dès le tems de S. Louis un voyer à Paris, cette place étoit alors donnée à vie ; mais on tient que la jurisdiction contentieuse de la voirie ne lui appartenoit pas, & qu’elle appartenoit au prevôt de Paris, comme faisant partie de la police générale, ce qui lui est commun avec tous les autres premiers magistrats & juges ordinaires des villes dans tous les lieux.

L’office de grand voyer de France fut créé par édit du mois de Mai 1599, pour avoir la surintendance générale de la voirie, sans pouvoir prétendre aucune jurisdiction contentieuse. M. le duc de Sully, auquel le roi donna cette charge, acquit aussi en 1603 celle de voyer particulier de Paris, & les fit unir par déclaration du 4 Mai 1606.

En 1626, l’office de grand voyer fut uni au bureau des finances, celui de voyer particulier de Paris supprimé, & les droits de la voirie réunis au domaine.

Mais par édit du mois de Juin suivant, l’office de voyer de Paris fut rétabli, & les choses demeurerent en cet état jusqu’en 1635, que les trésoriers de France acquirent cet office de voyer.

Au moyen de l’acquisition & réunion de ces deux offices de voyer & de grand voyer, les trésoriers de France du bureau des finances de Paris se disent grands voyers dans toute la généralité de Paris.

Il est néanmoins certain, que le roi a toujours la surintendance & l’administration supérieure de la grande voirie.

Un directeur général est chargé de prendre connoissance de tout ce qu’il convient faire, soit pour construire à neuf, soit pour réparer ; il a sous ses ordres un inspecteur général, quatre inspecteurs particuliers, un premier ingénieur, vingt-trois autres ingénieurs provinciaux, qui ont chacun une généralité pour département dans les pays d’élection.

Les intendans départis dans les provinces font les adjudications des ouvrages & veillent sur le tout, suivant les ordres qu’ils reçoivent du roi.

Les pays d’états veillent eux-mêmes à l’entretien des ponts & chaussées dans l’étendue de leurs provinces. Voyez le traité de la police du commissaire de la Mare, tom. IV. liv. VI. tit. 15. le code de la voirie, celui de la police, & le mot Voirie. (A)

Voyer la lessive, (Blanchiss.) c’est faire passer & couler l’eau chaude sur le linge dans les pannes. On appelle panne en Anjou, une espece de cuvier de bois dont on se sert pour lessiver les toiles que l’on veut mettre au blanchiment. (D. J.)

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Étymologie de « voyer »

(Siècle à préciser) Du latin vicarius (« remplaçant, représentant » puis « agent seigneurial percevant les droits et coutumes, officier de justice »), ce qui rapprochait, aussi bien sémantiquement que phonétiquement, voyer des représentants de via « route » → voir vicaire et voie.
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Lat. viarius relatif aux routes, adjectif dont on a fait un substantif, de via (voy. VOIE).

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Phonétique du mot « voyer »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
voyer vwaje

Citations contenant le mot « voyer »

  • "Le ballet des véhicules a commencé sur les coups de 3h00 dimanche", a indiqué à Keystone-ATS Bekir Omerovic, voyer-chef de la ville des Montagnes neuchâteloises. "Jusque-là, il était tombé 6 cm d'une belle poudreuse et 10 cm sont encore venus depuis", précise-t-il. Tous les privés n'ont pas été engagés cette fois. SWI swissinfo.ch, La voirie de La Chaux-de-Fonds en alerte neige ces derniers jours - SWI swissinfo.ch
  • Vous pouvez envoyer cet article par email à vos amis. www.larep.fr, Six choses à savoir sur le Guide du Routard du Pithiverais et Gâtinais avant sa sortie le 10 juin - Pithiviers (45300)
  • Envoyer-nous vos communiqués ! infodimanche.com, Le robot de Philippe Voyer lancé dans l’arène internationale | infodimanche.com

Images d'illustration du mot « voyer »

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Traductions du mot « voyer »

Langue Traduction
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Portugais vejo
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Basque ikusi
Corse vede
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Synonymes de « voyer »

Source : synonymes de voyer sur lebonsynonyme.fr

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