La langue française

Volute

Définitions du mot « volute »

Trésor de la Langue Française informatisé

VOLUTE, subst. fém.

A. −
1. ARCHIT. Motif d'ornementation formé d'un enroulement en spirale, caractéristique notamment des chapiteaux ioniques et corinthiens. [Les] chapiteaux [de la tour de l'église de Germigny] n'offrent plus la distribution de feuilles du corinthien, les volutes manquent (Lenoir, Archit. monast., 1856, p. 166).Les volutes italiennes s'enroulent autour du gothique tardif (Morand, Londres, 1933, p. 12).V. ionique ex. 1.
P. métaph. Le musicien [dans la Messe du Couronnement] peut donner libre cours à sa tendresse, à son brio, à ce déroulement de volutes charmantes qui sont comme la fleur spontanée de son art (Ghéon, Prom. Mozart, 1932, p. 230).
P. anal.
Ornementation en spirale exécutée dans différents matériaux. Une grille en fer battu, à riches volutes (Gautier, Fracasse, 1863, p. 290).Les fauteuils [Restauration] utilisent volontiers la simple volute, en guise de console d'accotoirs (Viaux, Meuble Fr., 1962, p. 147).Loc. En volute. Enroulé en spirale. Dragons à queue en volute (T'Serstevens, Itinér. esp., 1933, p. 182).
Dessin d'ornement en spirale. Le dessin est plus actif à l'égard de ce qu'il enserre qu'à l'égard de ce qu'il exfolie. Le poète le sent qui s'en va habiter l'anse d'une volute, retrouver la chaleur et la vie tranquille dans le giron d'une courbe (Bachelard, Poét. espace, 1957, p. 138).
2. MENUIS. ,,Première partie de limon en bas d'un escalier, qui forme enroulement, et sur laquelle on pose le pilastre de la rampe en fer`` (Barb.-Cad. 1963). Loc. En volute. [La marche de départ d'un escalier] est dite en volute lorsqu'elle se prolonge en arc de cercle autour du départ de la rampe (Vocab. de l'Archit., Paris, Impr. nat., 1972, p. 39).
3. LUTHERIE. Élément décoratif en forme de spirale par lequel on termine le chevillier des instruments à archet modernes ou de leurs prédécesseurs immédiats (d'apr. Mus. 1976). Volute d'une viole, d'un luth. Pour obtenir [la forme définitive du violon] (...) le manche fut rétréci en raison du nombre des cordes, et une volute remplaça les têtes sculptées à l'extrémité du cheviller (Grillet, Ancêtres violon, t. 2, 1901, p. 2).V. chevillier rem. s.v. cheville ex. de Suarès.
4. TECHNOLOGIE
a) AUTOMOB. ,,Coquille en tôle, dont la section variable est mathématiquement déterminée, utilisée pour guider l'écoulement d'un fluide`` (Automob. 1986).
b) HYDRAULIQUE Conduite enroulée en spirale, située au dessus des aubages, qui va jusqu'au pavillon et qui reçoit le liquide de la roue et transforme son énergie de vitesse en énergie de pression (d'apr. Peyroux Techn. Métiers 1985). [Le liquide] entre dans la roue au moyen d'une ou de deux ouïes et en sort à travers un diffuseur à aubes fixes; l'ensemble est généralement complété par une volute (La Gde encyclop., Paris, Larousse, t. 46, 1975, p. 9703, s.v. pompe).
B. − P. ext. [Le plus souvent au plur. et suivi d'un compl. prép. de] Ce qui est en forme de spirale; chose recourbée ou partie recourbée de quelque chose. Volutes du lierre, du liseron; volutes blanches, bleues de la fumée; volutes d'encens, de poussière; s'enrouler en volutes. Par la fenêtre le ciel s'aperçoit, d'un rose délicat comme si sur les volutes des nuages, des roses avaient été effeuillées (Estaunié, Bonne Dame, 1891, p. 193).Il était fier de ses moustaches, et il y avait de quoi: (...) elles (...) s'infléchissaient en deux volutes harmonieuses, pour prendre enfin leur essor, flotter dans l'air ainsi que des fils de la Vierge (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 122).
Loc. En volute. Synon. de recourbé, enroulé.Un bel écureuil en gilet blanc, la queue en volute par-dessus la tête (La Varende, Contes fervents, Meurtrier, 1948, p. 117).
En partic. [À propos d'une vague, d'un brisant, d'une lame] ,,Partie de la lame qui se retourne avant de se briser`` (Soé-Dup. 1906). Il se sentait comme fasciné par ces grandes volutes brillantes (...) qui se déroulaient à perte de vue tout le long des grèves immenses (Loti, Spahi, 1881, p. 61).
C. − CONCHYLIOL. Mollusque gastéropode prosobranche vivant dans les mers chaudes et dont la coquille est ovalaire, fusiforme, avec une columelle plissée et dépourvue d'opercule; p. méton., coquille de ce mollusque. Les gastéropodes, pourvus d'une trompe longue ou courte, n'ont point de mâchoires du tout; tels sont les buccins, les murex, les volutes (Cuvier, Anat. comp., t. 3, 1805, p. 298).
REM. 1.
Volutidés, subst. masc. plur.,conchyliol. Famille de mollusques gastéropodes dont le type est la volute. Famille des Volutidés (coquille turriculée ou enrouléeouverture échancrée en avantcolumelle plissée obliquement) (A. Granger, Hist. nat. de la Fr., t. 6, 1884, p. 91).
2.
Volution, subst. fém.,hapax. Il rêvait d'être le Champollion des événements historiques envisagés comme les hiéroglyphes divins d'une révélation par les symboles (...). Le pauvre Leverdier en avait tremblé dans sa peau dès la première ouverture, puis les volutions oratoires de son prophète l'avaient insensiblement enroulé à cette conception qu'il avait fini par juger sublime (Bloy, Désesp., 1886, p. 130).
Prononc. et Orth.: [vɔlyt]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. 1545 archit. (Van Aelst, trad. de S. Serlio, Reigles generales de l'Archit., 34 vod'apr. M. Cagnon, S. Smith ds Cah. Lexicol. no19, p. 107); 2. 1748 p. métaph. longue perruque en volutes (Diderot, Les Bijoux indiscrets, p. 66). B. 1752 zool. (Trév.). Empr. à l'ital.voluta, att. comme terme d'archit. dep. av. 1452 (L. B. Alberti d'apr. Cort.-Zolli), lui-même empr. au lat. voluta, terme d'archit. (Vitruve), part. passé fém. subst. de volvere « rouler, enrouler ». Fréq. abs. littér.: 188.
DÉR.
Voluter, verbe,rare. a) Empl. trans. α) Enrouler en volute. Il n'y avait que lui pour voluter un accroche-cœur noir [à ses clientes] (D'Esparbès, Lég. outil, 1903, p. 202).Empl. pronom. S'enrouler en volute. La nef arrive, elle repart. Elle demeure sur la même gouttelette d'eau qui (...) se grossit et se volute (Kahn, Conte or et sil., 1898, p. 204).Part. passé en empl. adj. Façades à pignons volutés ou taillés (Hugo, Rhin, 1842, p. 60). β) Fil. de la soie, vx. Dévider le fil des fusées. (Dict. xixeet xxes.). b) Empl. intrans. Faire des volutes. La lumière qui se filtre par la verdure tendre des marronniers s'en vient voluter autour de ses formes que la marche ondule (Moréas, Le Thé chez Miranda, 1886, p. 17 ds Rheims 1969). [vɔlyte], (il) volute [-lyt]. Att. ds Ac. 1798. 1resattest. a) trans. α) 1731 « dévider le fil des fusées (de soie) » (Corneille), β) 1876 « enrouler en forme de volute » (Lar. 19e), b) 1766 intrans. « faire des volutes » (J.-M. Papillon, Traité hist. et prat. de la grav. sur bois, t. 2, p. 214); de volute, dés. -er.
BBG.Hope 1971, p. 227.

Trésor de la Langue Française informatisé

VOLUTE, subst. fém.

A. −
1. ARCHIT. Motif d'ornementation formé d'un enroulement en spirale, caractéristique notamment des chapiteaux ioniques et corinthiens. [Les] chapiteaux [de la tour de l'église de Germigny] n'offrent plus la distribution de feuilles du corinthien, les volutes manquent (Lenoir, Archit. monast., 1856, p. 166).Les volutes italiennes s'enroulent autour du gothique tardif (Morand, Londres, 1933, p. 12).V. ionique ex. 1.
P. métaph. Le musicien [dans la Messe du Couronnement] peut donner libre cours à sa tendresse, à son brio, à ce déroulement de volutes charmantes qui sont comme la fleur spontanée de son art (Ghéon, Prom. Mozart, 1932, p. 230).
P. anal.
Ornementation en spirale exécutée dans différents matériaux. Une grille en fer battu, à riches volutes (Gautier, Fracasse, 1863, p. 290).Les fauteuils [Restauration] utilisent volontiers la simple volute, en guise de console d'accotoirs (Viaux, Meuble Fr., 1962, p. 147).Loc. En volute. Enroulé en spirale. Dragons à queue en volute (T'Serstevens, Itinér. esp., 1933, p. 182).
Dessin d'ornement en spirale. Le dessin est plus actif à l'égard de ce qu'il enserre qu'à l'égard de ce qu'il exfolie. Le poète le sent qui s'en va habiter l'anse d'une volute, retrouver la chaleur et la vie tranquille dans le giron d'une courbe (Bachelard, Poét. espace, 1957, p. 138).
2. MENUIS. ,,Première partie de limon en bas d'un escalier, qui forme enroulement, et sur laquelle on pose le pilastre de la rampe en fer`` (Barb.-Cad. 1963). Loc. En volute. [La marche de départ d'un escalier] est dite en volute lorsqu'elle se prolonge en arc de cercle autour du départ de la rampe (Vocab. de l'Archit., Paris, Impr. nat., 1972, p. 39).
3. LUTHERIE. Élément décoratif en forme de spirale par lequel on termine le chevillier des instruments à archet modernes ou de leurs prédécesseurs immédiats (d'apr. Mus. 1976). Volute d'une viole, d'un luth. Pour obtenir [la forme définitive du violon] (...) le manche fut rétréci en raison du nombre des cordes, et une volute remplaça les têtes sculptées à l'extrémité du cheviller (Grillet, Ancêtres violon, t. 2, 1901, p. 2).V. chevillier rem. s.v. cheville ex. de Suarès.
4. TECHNOLOGIE
a) AUTOMOB. ,,Coquille en tôle, dont la section variable est mathématiquement déterminée, utilisée pour guider l'écoulement d'un fluide`` (Automob. 1986).
b) HYDRAULIQUE Conduite enroulée en spirale, située au dessus des aubages, qui va jusqu'au pavillon et qui reçoit le liquide de la roue et transforme son énergie de vitesse en énergie de pression (d'apr. Peyroux Techn. Métiers 1985). [Le liquide] entre dans la roue au moyen d'une ou de deux ouïes et en sort à travers un diffuseur à aubes fixes; l'ensemble est généralement complété par une volute (La Gde encyclop., Paris, Larousse, t. 46, 1975, p. 9703, s.v. pompe).
B. − P. ext. [Le plus souvent au plur. et suivi d'un compl. prép. de] Ce qui est en forme de spirale; chose recourbée ou partie recourbée de quelque chose. Volutes du lierre, du liseron; volutes blanches, bleues de la fumée; volutes d'encens, de poussière; s'enrouler en volutes. Par la fenêtre le ciel s'aperçoit, d'un rose délicat comme si sur les volutes des nuages, des roses avaient été effeuillées (Estaunié, Bonne Dame, 1891, p. 193).Il était fier de ses moustaches, et il y avait de quoi: (...) elles (...) s'infléchissaient en deux volutes harmonieuses, pour prendre enfin leur essor, flotter dans l'air ainsi que des fils de la Vierge (Genevoix, Raboliot, 1925, p. 122).
Loc. En volute. Synon. de recourbé, enroulé.Un bel écureuil en gilet blanc, la queue en volute par-dessus la tête (La Varende, Contes fervents, Meurtrier, 1948, p. 117).
En partic. [À propos d'une vague, d'un brisant, d'une lame] ,,Partie de la lame qui se retourne avant de se briser`` (Soé-Dup. 1906). Il se sentait comme fasciné par ces grandes volutes brillantes (...) qui se déroulaient à perte de vue tout le long des grèves immenses (Loti, Spahi, 1881, p. 61).
C. − CONCHYLIOL. Mollusque gastéropode prosobranche vivant dans les mers chaudes et dont la coquille est ovalaire, fusiforme, avec une columelle plissée et dépourvue d'opercule; p. méton., coquille de ce mollusque. Les gastéropodes, pourvus d'une trompe longue ou courte, n'ont point de mâchoires du tout; tels sont les buccins, les murex, les volutes (Cuvier, Anat. comp., t. 3, 1805, p. 298).
REM. 1.
Volutidés, subst. masc. plur.,conchyliol. Famille de mollusques gastéropodes dont le type est la volute. Famille des Volutidés (coquille turriculée ou enrouléeouverture échancrée en avantcolumelle plissée obliquement) (A. Granger, Hist. nat. de la Fr., t. 6, 1884, p. 91).
2.
Volution, subst. fém.,hapax. Il rêvait d'être le Champollion des événements historiques envisagés comme les hiéroglyphes divins d'une révélation par les symboles (...). Le pauvre Leverdier en avait tremblé dans sa peau dès la première ouverture, puis les volutions oratoires de son prophète l'avaient insensiblement enroulé à cette conception qu'il avait fini par juger sublime (Bloy, Désesp., 1886, p. 130).
Prononc. et Orth.: [vɔlyt]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. 1545 archit. (Van Aelst, trad. de S. Serlio, Reigles generales de l'Archit., 34 vod'apr. M. Cagnon, S. Smith ds Cah. Lexicol. no19, p. 107); 2. 1748 p. métaph. longue perruque en volutes (Diderot, Les Bijoux indiscrets, p. 66). B. 1752 zool. (Trév.). Empr. à l'ital.voluta, att. comme terme d'archit. dep. av. 1452 (L. B. Alberti d'apr. Cort.-Zolli), lui-même empr. au lat. voluta, terme d'archit. (Vitruve), part. passé fém. subst. de volvere « rouler, enrouler ». Fréq. abs. littér.: 188.
DÉR.
Voluter, verbe,rare. a) Empl. trans. α) Enrouler en volute. Il n'y avait que lui pour voluter un accroche-cœur noir [à ses clientes] (D'Esparbès, Lég. outil, 1903, p. 202).Empl. pronom. S'enrouler en volute. La nef arrive, elle repart. Elle demeure sur la même gouttelette d'eau qui (...) se grossit et se volute (Kahn, Conte or et sil., 1898, p. 204).Part. passé en empl. adj. Façades à pignons volutés ou taillés (Hugo, Rhin, 1842, p. 60). β) Fil. de la soie, vx. Dévider le fil des fusées. (Dict. xixeet xxes.). b) Empl. intrans. Faire des volutes. La lumière qui se filtre par la verdure tendre des marronniers s'en vient voluter autour de ses formes que la marche ondule (Moréas, Le Thé chez Miranda, 1886, p. 17 ds Rheims 1969). [vɔlyte], (il) volute [-lyt]. Att. ds Ac. 1798. 1resattest. a) trans. α) 1731 « dévider le fil des fusées (de soie) » (Corneille), β) 1876 « enrouler en forme de volute » (Lar. 19e), b) 1766 intrans. « faire des volutes » (J.-M. Papillon, Traité hist. et prat. de la grav. sur bois, t. 2, p. 214); de volute, dés. -er.
BBG.Hope 1971, p. 227.

Wiktionnaire

Nom commun

volute \vɔ.lyt\ féminin

  1. (Architecture) Ornement du chapiteau de la colonne ionique et de la colonne composite, fait en forme de spirale.
    • L’acanthe de Corinthe, la volute d’Ionie fleurissaient et se contournaient au chapiteau des colonnes. — (Théophile Gautier, Le Roi Candaule, 1844)
    • De chaque côté s’élevaient des maisons de brique rouge surmontées de pignons à volutes, dont les fenêtres et les portes se détachaient, encadrées de blanc, avec une propreté toute hollandaise. — (Théophile Gautier, Ce qu’on peut voir en six jours, 1858, réédition Nicolas Chadun, pages 148-149)
    • À première vue, on attribuerait au gothique flamboyant cette maîtresse œuvre où l’on découvre bientôt les volutes, les ornements, toutes les riches imaginations de la Renaissance. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  2. (Lutherie) Ornement en forme de spirale, à l’extrémité du manche du violon.
  3. (Zoologie) Nom donné à des coquilles univalves tournées en cône pyramidal.
  4. (Figuré) Spirale, tourbillon, d’un fluide, fumée, brume, etc.
    • Lorsque Jasper Hobson arriva sur les bords du lagon, il ne put en distinguer la surface, qui était encore cachée par de grosses volutes de brumes. — (Jules Verne, Le Pays des fourrures, J. Hetzel et Cie, Paris, 1873)
    • […]; les volutes de brume qui coiffaient les volcans furent alors éclairées en rouge, donnant à l’ensemble de l’île l’aspect d’une formidable éruption générale. — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928)
    • Marandier alluma une cigarette et suivit d’un regard rêveur les volutes bleues qui serpentinaient vers le plafond. — (Maurice Ciantar, La Mongolique, Gallimard, 1949, page 295)

Forme de verbe

volute \vɔ.lyt\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe voluter.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe voluter.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe voluter.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe voluter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe voluter.

Forme de verbe

volute \vo.ˈlu.te\

  1. Participe passé au féminin pluriel de volere.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

VOLUTE. n. f.
T. d'Architecture. Ornement du chapiteau de la colonne ionique et de la colonne composite, fait en forme de spirale. Il se dit, en termes d'Histoire naturelle, des Coquilles univalves tournées en cône pyramidal.

Littré (1872-1877)

VOLUTE (vo-lu-t') s. f.
  • 1 Terme d'architecture. Ornement en forme de spirale d'un chapiteau de colonne ionique, corinthienne ou composite.
  • 2Se dit de toute espèce d'enroulement semblable à ceux de la volute du chapiteau ionique. Les palmes s'entrelacent dans l'intervalle des colonnes, et leurs volutes naturelles dérobent aux yeux séduits l'épaisseur de l'entablement, Marmontel, Cont. mor. Heur. div. Chacun d'eux [végétaux] a sa grâce et son utilité ; Volutes, chapiteaux, fuseaux, navette, aiguilles, Quelles formes n'ont pas leurs nombreuses familles ! Partout le grand artiste a varié son plan, Delille, Trois règnes, VII. [Un lierre qui]… recourbant en arc sa volute rustique, Fait le seul ornement du champêtre portique, Lamartine, Harm. III, 2.
  • 3 Terme de charpenterie. Nom que l'on donne à la partie ronde du bas d'un limon d'escalier, sur laquelle pose le pilastre de la rampe en fer.
  • 4 Terme d'histoire naturelle. Coquille univalve tournée en cône pyramidal. Existe-t-il aucune espèce comparable à ces grandes volutes pétrifiées [cornes d'Ammon], dont le diamètre est de plusieurs pieds, et le poids de plusieurs centaines de livres ? Buffon, Min. t. VII, p. 222.

    Dans le genre volute, on distingue : la volute figuline, dite vulgairement fileuse ; la volute hispidule, appelée goutte bleue et neigeuse ; la volute cymbion ou volute gondole, dite char de Neptune et robe bigarrée ; elle habite l'océan Atlantique où elle atteint une longueur de deux décimètres ; on ne doit pas la confondre avec la volute couronne, mentionnée ci-après ; la volute pertuse, nommée tiare bâtarde ; la volute couronne, ou volute éthiopienne de Lamarck, dite vulgairement couronne d'Éthiopie, et dont quelques auteurs ont fait le type d'un genre cymbion ; la volute couronne habite l'océan Africain et le golfe Persique, Legoarant

HISTORIQUE

XVIe s. Sur lequel l'on monte, tournoiant en volute l'entour de la montaignete, de la main gauche à la droite, jusques au sommet, De Serres, 601.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

VOLUTE, s. f. (Conchyliolog.) genre de coquille univalve qui a pris ce nom de sa propre figure, dont la bouche est toujours alongée, le sommet élevé, souvent applati, quelquefois couronné.

La famille des volutes se confond aisément avec celle qui renferme les rouleaux ; mais pour peu qu’on examine ces coquilles dans leur figure extérieure, on observera que les volutes sont faites en cônes, dont une des extrémités est pyramidale, & l’autre se coupe à vives arêtes pour former une clavicule applatie, ou une couronne dentelée. Le rouleau au contraire a la tête élevée, & est presque égal dans ses deux extrêmités, avec les côtés un peu renflés dans le milieu ; on ne doit point s’arrêter à la bouche pour fixer son caractere générique, sa figure qui s’alonge en pointe par le bas, est tout ce qui le détermine, ainsi que sa tête applatie & séparée du corps par une vive arête.

Le caractere spécifique le plus remarquable de cette famille est dans la clavicule ; il y en a de fort élevées, comme celle de la flamboyante ; & d’autres très-plates, telle qu’est la clavicule de la moire : la couronne impériale a aussi sa singularité dans la couronne dentelée qui orne sa tête.

Les volutes, qu’on nomme aussi cornetsen françois, sont appellées en latin par plusieurs auteurs rhombi, mot qui veut dire une lozange, & qui par conséquent est impropre pour désigner les coquilles dont il s’agit ici. On leur a donné plus justement le nom de volute, parce que dans l’architecture les volutes d’un chapiteau vont en diminuant jusqu’au point appellé l’œil de la volute. D’autres disent, volutæ, à volvendo, vel revolutione spirali dictæ.

On peut distribuer avec M. Dargenville, les volutes sous cinq classes générales. 1°. Volutes dont le sommet est élevé. 2°. Volutes dont le sommet est applati & coupé par différentes côtes. 3°. Volutes dont le sommet est couronné. 4°. Volutes dont le sommet est joint au corps sans aucune arête. 5°. Volutes dont le sommet est détaché du corps par un cercle, le corps renflé dans le milieu & la bouche évasée.

Dans la classe des volutes dont le sommet est élevé, on met les especes suivantes. 1°. le grand-amiral ; 2°. le vice-amiral ; 3°. l’amiral d’orange ; 4°. l’amiral chagriné ; 5°. le faux amiral, ou le navet ; 6°. les spectres ; 7°. la volute entourée de lignes, & de couleur fauve ; 8°. la flamboyante ; 9°. la peau de chagrin ; 10°. la minime ; 11°. la guinée, ou la spéculation ; 12°. la volute fasciée à stries, & rougeâtre ; 13°. la pointillée ; 14°. l’hébraïque ; 15°. la volute brune, entourée de deux zônes blanches ; 16°. l’isabelle ; 17°. le drapeau ; 18°. la volute barriolée de deux zônes à réseaux ; 19°. la chauve-souris ; 20°. la volute blanche marquetée de points, & de taches jaunes.

Dans la classe des volutes dont le sommet est applati & coupé par différentes côtes, on distingue les especes suivantes. 1°. la moire, en latin bombix ; 2°. le léopard ou tigre noir ; 3°. le léopard jaune ; 4°. le léopard rouge ; 5°. le damier ; 6°. le damier à points bleus ; 7°. la volute fasciée de points jaunes & blancs ; 8°. la tinne de beurre, elle est quelquefois tachetée de petites lignes couleur d’agate ; 9°. la volute, dite esplandion ; 10°. la volute cerclée d’une fasce blanche ; 11°. le cierge brut, autrement dit l’onix ; quand il est poli, on l’appelle le cygne ; 12°. l’aile de papillon ; 13°. la volute verdâtre, cerclée de points & de zônes barriolées.

Dans la classe des volutes dont le sommet est couronné, on compte 1°. la couronne impériale toute fasciée ; 2°. la même moins fasciée ; 3°. la même barriolée de brun ; 4°. la même marbrée de noir.

A la classe des volutes dont le sommet est joint au corps sans aucune arête, appartiennent 1°. le drap d’or ; 2°. le drap d’argent ; 3°. le drap citron ; 4°. le drap d’or fascié ; 5°. la brunette ; 6°. l’omelette ; 7°. la volute à réseau ; 8°. la volute empennée, ou représentant des plumes d’oiseau ; 9°. la volute barriolée de taches bleues ; 10°. la volute grenue, entourée de taches & de pointes ; 11°. la même toute jaune.

La cinquieme & derniere classe des volutes, contient 1°. l’écorchée ; 2°. le nuage ; 3°. le brocard de soie ; 4°. le brocard d’argent ; 5°. le taffetas, en latin pannus sericus ; 6°. la tulipe, toutes coquilles recherchées.

Aussi est-il vrai que les volutes composent une des plus riches & des plus précieuses familles que l’on ait dans l’histoire de coquilles ; & Rumphius a eu raison de les nommer eximiæ. Rien n’est au-dessus des compartimens de l’amiral ; l’éclat de ses couleurs, l’émail de sa blancheur, & sa belle forme, le rendent encore plus recommandable que sa rareté. Les Hollandois sont si curieux de cette coquille, que quelques-uns l’ont achetée jusqu’à mille florins ; ainsi que le vice-amiral qui n’est guere moins estimé. Cette derniere est un fond blanc marqueté de taches longues, déchiquetées de couleur rouge foncé, avec une ligne ponctuée vers le milieu, comme à l’amiral. Comme elle vient de la mer & des pays éloignés, ils l’ont appellée par excellence le grand-amiral, l’amiral, l’amiral d’Orange. Quand au lieu d’une ligne ponctuée qui se trouve dans le bas ou au milieu de la grande fasce jaune, on compte jusqu’à trois ou quatre de ces lignes, cette singularité augmente le prix de la coquille. La volute nommée les spectres, est encore singulierement recherchée. Voyez Spectres, les. (Conchyliolog.)

La peau de chagrin est remarquable par sa surface grenue, tandis que sur une couleur fauve tachetée de blanc, s’éleve par étages une tête pointillée. Les tâches noires répandues sur la robe blanche de l’hébraïque, imitent assez bien des caracteres hébreux.

Le tigre ou léopard jaune tacheté de blanc, est rare. L’aile de papillon l’est encore davantage : certains yeux & des taches faites en croissant sur les trois rangs de bandelettes qui l’entourent, ressemblent assez à celles des ailes de papillon. La couronne impériale a pris son nom d’une tête très-plate chargée de tubercules, qui régulierement disposées, forment une espece de couronne.

Remarque générale à faire sur la beauté des volutes. Leur clavicule ou sommet est ordinairement assez élevé & composé de huit à dix spires arrondies, souvent coupées dans leur contour par de petits filets qui tournent avec elles jusqu’à l’œil de la volute dont la pointe est extrèmement fine ; quand les mêmes compartimens qui ornent la robe, se répetent régulierement sur le sommet, ils rendent ces coquilles parfaites.

Deux mots sur l’animal qui habite les volutes, suffiront. Il est peu différent de celui qui occupe le rouleau. Il sort de l’extrèmité opposée au sommet un col penché avec une tête ronde, d’où partent deux cornes cylindriques, très-pointues, au milieu desquelles sont situés deux points noirs saillans qui dénotent ses yeux, surmontés par la pointe de ces cornes. Un petit trou rond, ouvert au milieu d’une place assez large au haut de la tête, indique la position de la bouche. Elle fait l’office d’un suçoir pour attirer à soi les corps qui lui conviennent. (D. J.)

Volute, (Conchyliographie.) en latin helix, c’est le contour des spirales autour du fust de la coquille ; lequel fust, en latin columella, va en diminuant à un point comme centre qu’on appelle œil de la volute. (D. J.)

Volute, (Architect. civile.) c’est un des principaux ornemens des chapiteaux ioniques & composites. Il représente une espece d’écorce roulée en ligne spirale ; & les Grecs qui l’ont inventée, ont voulu représenter par-là les boucles des cheveux des femmes sur lesquelles ils proportionnerent les colonnes ioniques. On dessine ainsi la volute, selon M. Perrault.

1°. Ayant marqué l’astragale qui doit avoir deux douziemes d’épaisseur, & s’étendre à droite & à gauche (autant que le diametre du bas de la colonne peut le permettre) ; du haut de la colonne sur la face où l’on veut tracer la volute, tirez une ligne à niveau par le milieu de l’astragale, & faites-la passer au-delà de l’extrèmité de cette moulure.

2°. Faites descendre du haut de l’abaque une ligne perpendiculaire sur une autre ligne qui passe par le centre du cercle, dont la moitié décrit l’extrèmité de l’astragale. Vitruve appelle œil ce cercle qui a deux douziemes de diametre ; & c’est dans ce cercle que sont placés douze points qui servent de centre aux quatre quartiers de chacune des trois révolutions dont la volute est composée. On fait l’opération suivante pour avoir ces douze points.

2°. Tracez dans l’œil un quarré dont les diagonales soient l’une dans la ligne horisontale, & l’autre dans la ligne verticale ; ces lignes se coupent au centre de l’œil.

4°. Du milieu du côté de ce quarré, tirez deux lignes qui séparent le quarré en quatre parties égales ; ces parties donnent les douze points dont il s’agit. On trace ensuite la volute. Pour la faire, on met une jambe du compas sur le premier point qui est dans le milieu du côté intérieur & supérieur du quarré, & l’autre jambe à l’endroit où la ligne verticale coupe la ligne du bas de l’abaque ; & on trace un quart de cercle en dehors & en bas, jusqu’à la ligne horizontale. De cet endroit au second point, on décrit un second quart de cercle tournant intérieurement jusqu’à la ligne verticale. On passe delà au troisieme point, qui est dans le milieu du côté inférieur & extérieur du quarré, pour tracer le troisieme quart de cercle tournant en haut & en bas, jusqu’à la ligne horisontale. On vient ensuite au quatrieme point d’où l’on décrit le quatrieme quart de cercle tournant en haut & en bas jusqu’à la ligne verticale. Du cinquieme point on décrit de même le cinquieme quart de cercle, & de même le sixieme, du sixieme point qui est au-dessous du second ; & le septieme, du septieme qui est au-dessous du troisieme. En allant ainsi de point en point par le même ordre, on trace les douze quartiers qui font le contour spiral de la volute. (D. J.)

Volute, s. f. (Archit.) enroulement en ligne spirale, ionique qui fait le principal ornement des chapiteaux ionique, corinthien & composite. Les volutes sont différentes dans ces trois ordres. V. là-dessus le cours d’architecture de Daviler, édition 1750, & la maniere de dessiner les volutes. Les volutes du chapiteau corinthien qui sont au-dessus des caulicoles, sont au nombre de seize, huit angulaires, & huit autres plus petites appellées hélices. Il y a quatre volutes dans le chapiteau ionique, & huit dans le composite. Mais cet ornement est particulier au chapiteau ionique. Il représente une espece d’oreiller ou de coussin, posé entre l’abaque & l’échine, comme si l’on avoit craint que la pesanteur de l’abaque, ou de l’entablement qui est au-dessus, ne rompît ou ne gâtât l’échine.

Si l’on en croit Vitruve, les volutes représentent la coëffure des femmes, & les boucles des cheveux. Leon-Baptiste Albert les appelle coquilles, parce qu’elles ressemblent à la coquille d’un limaçon, & par cette raison, les ouvriers leur donnent le nom de limaces.

Les volutes ne sont pas seulement des ornemens aux chapiteaux ; il y en a encore aux consoles, aux modillons & ailleurs. Dans les modillons, ce sont deux enroulemens inégaux du côté du modillon corinthien, & dans les consoles, les enroulemens des côtés de la console sont presque semblables aux enroulement du modillon.

Volute à l’envers. Volute qui au sortir de la tigette se contourne en-dedans. Il y a des volutes de cette façon à Saint-Jean-de-Latran & à la Sapience à Rome, du dessein du cavalier Bernin.

Volute angulaire. Volute qui est pareille dans les quatre faces du chapiteau, comme au temple de la Concorde, à Rome.

Volute arasée. Volute dont le listel, dans ses trois contours, est sur une même ligne, comme les volutes de l’ionique antique, & la volute de Vignole.

Volute à tige droite. Volute dont la tige parallele au tailloir, sort de derriere la fleur de l’abaque, comme aux chapiteaux composites de la grande salle des thermes de Dioclétien, à Rome.

Volute de parterre. Enroulement de buis ou de gazon dans un parterre.

Volute évuidée. Volute dont le canal d’une circonvolution est détaché du listel d’une autre par un vuide à jour. De toutes les volutes, celle-ci est la plus legere. On en voit de pareilles aux pilastres ioniques de l’Eglise des P. P. Barnabites à Paris.

Volute fleuronnée. Volute dont le canal est enrichi d’un rinceau d’ornement, comme aux chapiteaux composites des arcs antiques à Rome.

Volute unissante. Volute qui semble sortir du vase par derriere l’orc, & qui monte dans l’abaque. On la pratique aux plus beaux chapiteaux composites.

Volute ovale. Volute qui a ses circonvolutions plus hautes que larges, comme on les pratique aux chapiteaux angulaires modernes, ioniques & composites, & comme elles sont au temple de la Fortune virile, & au théâtre de Marcellus à Rome.

Volute rentrante. Volute dont les circonvolutions rentrent en-dedans, comme les ioniques de Michel-Ange au Capitole à Rome.

Volute saillante. Volute dont les enroulemens se jettent en-dehors, comme aux ordres joniques du portail des P. P. Feuillans, & de celui de Saint Gervais à Paris. Daviler.(D. J.)

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Étymologie de « volute »

Lat. voluta, volute, de volutus, roulé, part. passé de volvere.

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De l'italien voluta.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « volute »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
volute vɔlyt

Citations contenant le mot « volute »

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Traductions du mot « volute »

Langue Traduction
Anglais volute
Espagnol voluta
Italien voluta
Allemand volute
Chinois 蜗壳
Arabe شكل حلزوني
Portugais voluta
Russe завиток
Japonais 渦巻
Basque volute
Corse voluta
Source : Google Translate API

Synonymes de « volute »

Source : synonymes de volute sur lebonsynonyme.fr

Volute

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