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Ventouse

Définitions du mot « ventouse »

Trésor de la Langue Française informatisé

VENTOUSE1, subst. fém.

A. −
1. MÉD. Petit récipient généralement en verre que l'on applique sur la peau au niveau de la poitrine ou du dos après y avoir raréfié l'air par différents moyens afin d'obtenir une révulsion; p. méton., gén. au plur., procédé correspondant. Mettre des ventouses. La peau blanche de Renée montait toujours dans le verre et y devenait rouge, piquetée, violacée... Les ventouses posées, il fallut les enlever (Goncourt, R. Mauperin, 1864, p. 301).Le docteur apporte de vrais verres à ventouses (...). À une bougie le docteur allume un morceau de papier qu'il met dans le ventouse, et colle le verre sur le dos (Renard, Journal, 1897, p. 414).
Ventouses humides. Synon. vx et rare de ventouses scarifiées. (Ds Ac. 1835, 1878 et Littré).Ventouses scarifiées. V. scarifié.V. ventouses sèches.V. sec I A 4 b ε méd., pathol.
P. anal. Ventouse obstétricale. ,,Cupule métallique que l'on fixe sur le crâne du fœtus au moyen du vide, pour faciliter son expulsion`` (Pt. Lar. Méd. 1976).
2. ZOOL. Organe de fixation, de succion, d'aspiration de certains animaux par production de vide ou sécrétion d'un liquide adhésif. Il arracha la tête [de la pieuvre] (...). Toute la bête tomba (...), le vide se défit. Les quatre cents ventouses lâchèrent à la fois le rocher et l'homme (Hugo, Travaill. mer, 1866, p. 379).Sur l'un d'eux [des bananiers], je trouve une petite rainette complètement jaune; à l'extrémité des pattes, des ventouses roses (Gide, Retour Tchad, 1928, p. 993).
3. Faire, former ventouse. Faire l'effet d'une ventouse qui adhère, qui aspire. Tout l'héroïsme [dans la tranchée] consistait de résister durant quatre jours à la succion de la boue qui faisait ventouse par en-bas (Cendrars, Main coupée, 1946, p. 160).Lorsque les lèvres sucent la peau au point de former ventouse, d'y attirer le sang (Cocteau, Diff. d'être, 1947, p. 197).
4. P. anal., péj., fam. Personne parasite, qui vit aux crochets d'une autre. Toi, alors, quelle ventouse: « File une pipe par ici... File un clope par là », tu me foutras sur la paille (Fallet, Banl. Sud-Est, 1947, p. 18).
B. −
1. Dispositif, en particulier rondelle de caoutchouc, de plastique qui adhère à une surface plane par vide partiel. [Léonie] se détacha de Pradonet, avec le bruit que fait la ventouse d'une flèche Euréka lorsqu'on l'enlève de la cible (Queneau, Pierrot, 1942, p. 35).
2. Dispositif servant à aspirer quelque chose. Aspirateurs domestiques.Tous (...) aspirent la poussière par une embouchure ou ventouse qu'on met en contact avec le milieu à nettoyer (Lar. mén.1926, p. 109).
REM.
-ventouse, élém. de compos. entrant dans la constr. de subst.a)
Mine-ventouse, subst. fém.L'épreuve finale comportait un long parcours à la nage, sous l'eau, de nuit, assez semblable à celui que James Bond accomplit dans « Vivre et laisser mourir », quand il pose la mine-ventouse contre la coque du « Secatur » (L'Express, 19-25 déc. 1966, p. 136, col. 3).
b)
Radio-ventouse, subst. fém.Radio-ventouse à fixer dans sa voiture (Elle, 12 juill. 1976, p. 11, col. 1).
c)
Tube-ventouse, subst. masc.Tube muni d'un dispositif qui aspire. Dans l'appareil à réservoir [type d'aspirateur], le tube-ventouse (...) n'est pas très long (Lar. mén.1926, p. 110).
d)
Voiture-ventouse, subst. fém.V. voiture- A 2.
Prononc. et Orth.: [vɑ ̃tu:z]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1240 ventuse « petit pot de verre appliqué sur la peau après qu'on y a raréfié l'air, pour provoquer une révulsion » (The Chirurgia of Roger of Salerno, éd. D. J. A. Ross, 285 rods Z. fr. Spr. Lit. t. 86, p. 260); 1314 ventouse (Chirurgie Henri de Mondeville, éd. A. Bos, 752); 1694 ventouse sèche (Ac.); 1771 ventouses humides (Trév.); 1814 ventouse scarifiée (Nysten); 2. 1817 fig. « sangsue » (Cuvier Règne animal t. 2, p. 359); 3. 1828 « organe d'aspiration de certains animaux » (Mozin-Biber); 1891 faire ventouse (Richepin, Truandailles, p. 116); 4. 1942 « petite calotte de caoutchouc pouvant adhérer sur une surface plan par la pression de l'air » (Queneau, loc. cit.); 5. 1961 voiture-ventouse (Le Monde, 3 nov. ds Gilb. Mots contemp.); 6. 1968 ventouse obstétricale (Lar. encyclop. Suppl.). Empr. au lat. méd. de basse époqueventosa, abrév. de ventosa cucurbita (Jubinal), littéral. « courge pleine de vent ».

VENTOUSE2, subst. fém.

A. − BÂT., MAR., TECHNOL.
1. Orifice d'un conduit, dispositif relié à un conduit, ouverture dans un mur ou dans une autre partie d'un bâtiment ainsi que dans les ponts ou la muraille d'un navire, permettant l'aération d'un lieu ou le tirage d'une cheminée. Si vous parlez de déranger un placard ou une porte, de pratiquer la plus nécessaire des ventouses, leurs yeux [de certains propriétaires] brillent, leur bile s'émeut, ils se cabrent comme des chevaux effrayés (Balzac, Bourse, 1832, p. 399).Les ventouses ne suffisent pas pour alimenter les cheminées qu'elles desservent; le complément [d'air] est fourni par les fissures des portes et des fenêtres (Ser, Phys. industr., 1890, p. 788).
2. Petite grille en cuivre, en bronze ou en fonte donnant passage à l'air froid qui alimente le tirage du foyer d'un poêle ou d'un calorifère (d'apr. Jossier 1881).
3. Petit appareil permettant de faire passer l'air qui gêne la circulation de l'eau dans une conduite. [Les] accessoires pour conduites forcées [comprennent] les (...) ventouses et reniflards pour évacuer l'air de la conduite (Champly, Nouv. encyclop. prat., t. 16, 1927, p. 102).
4. Ouverture faite dans un mur de clôture pour permettre l'écoulement de l'eau. (Dict. xixeet xxes.).
5. Vieilli. Hublot (d'apr. Will. 1831 et Bonn.-Paris 1859).
B. − TRAV. PUBL. ,,Creux ou vide qui se forme dans une chaussée`` (Mots rares 1965).
C. − CHAPELL. Petite ouverture, œillet dans un chapeau, dans une casquette pour l'aérer. (Dict. xixeet xxes.).
Prononc. et Orth. V. ventouse1. Étymol. et Hist. 1. a) 1676 « ouverture ménagée dans les fourneaux et que l'on règle selon le besoin d'air » (Félibien); 1690 « ouverture pratiquée dans un conduit, une cheminée pour donner passage à l'air » (Fur.); 1765 « ensemble de plaques de plâtre entre lesquelles arrive l'air extérieur pour alimenter un foyer de cheminée » (Encyclop. t. 17); b) 1680 « ouverture dans un mur épais pour l'écoulement de l'humidité » (Rich.); c) 1831 « hublot d'aération » (Will.); d) 1876 « appareil servant à purger l'air des conduites d'eau » (Lar. 19e); 2. 1872 « petite ouverture dans la calotte d'un chapeau imperméable » (Littré); 3. 1873 « effondrement partiel qui se produit dans une chaussée » (Bagneris, Manuel de sylvic., Nancy, Berger-Levrault, p. 293). Dér. du lat. ventus « vent » (v. ce mot).
STAT. − Ventouse1 et 2. Fréq. abs. littér.: 115.

Wiktionnaire

Nom commun 1

ventouse \vɑ̃.tuz\ féminin

  1. Sorte de petite cloche de verre, qu’on applique sur la peau et dans l’intérieur de laquelle on raréfie l’air au moyen de la chaleur ou par un procédé mécanique, afin de soulever la peau et de produire une révulsion locale.
    • Dans les maladies où il faut sur-le-champ une évacuation sanguine avec forte dérivation et prompte révulsion , les ventouses scarifiées souvent l'emportent sur les sangsues : […]. — (Louis Vitet, Traité de la sangsue médicale, P.J. Vitet & fils, Paris : chez H. Nicolle, 1809, chap.6, page 333)
    • On me posait des ventouses, mon frère tendait la lampe à essence (nous n’avions pas de table où la placer) et ma mère y enflammait les flocons d’ouate. — (Marcel Arland, Terre natale, 1938, réédition Le Livre de Poche, page 9)
    • Moins l'habit et la cornette, c'est une sœur de la charité qui pose des ventouses, des cataplasmes, applique des sinapismes, masse les rhumatisants, ensevelit les morts. — (Jean Rogissart, Passantes d’Octobre, Librairie Arthème Fayard, Paris, 1958)
    • Ventouse sèche, celle qu’on applique sans faire ensuite de scarification.
    • Ventouse scarifiée, celle qu’on applique en scarifiant ensuite.
  2. (Par analogie) (Zoologie) Organes dont quelques animaux aquatiques sont pourvus, et à l’aide desquels ils s’attachent aux différents corps, ou sucent, en faisant le vide.
    • La sangsue a des ventouses.
    • Le ténia dit armé a des ventouses.
    • il y a cinquante pustules par antenne, et toute la bête en a quatre cents. Ces pustules sont des ventouses. — (Victor Hugo, Les Travailleurs de la mer, 1866)
  3. (Par analogie) Dont la forme évoque une ventouse.
    • La femme étalait une hideur provocante. Je la voyais passer un seau à la main, les oreilles décollées, le front fuyant, le nez écrasé, la bouche avancée en ventouse, au sommet du crâne une torsade de cheveux jaunes. — (Marcel Arland, Terre natale, 1938, réédition Le Livre de Poche, page 209)
  4. (Par extension) Coupelle élastique et hermétique, que la pression atmosphérique permet de faire adhérer à des surfaces planes et lisses.
  5. Un outil à main dont le manche tient à son extrémité une membrane en forme de cloche, conçu pour déboucher le drain d’une cuvette, que l’on actionne en tirant sur l’outil dont l’embout recouvre la bouche du drain immergée dans le liquide, pour créer une dépression et ainsi faire reculer l’obstacle de son logement.
    • La ventouse permet de déboucher les WC sans utiliser de produit coûteux. — (« Déboucher ses toilettes avec une ventouse », Futura Sciences.)

Nom commun 2

ventouse \vɑ̃.tuz\ féminin

  1. Ouverture, pratiquée dans un conduit, dans une fosse, etc., pour donner passage à l’air.
    • Il faut mettre des ventouses à cette cheminée pour l’empêcher de fumer.
    • La ventouse d’une fosse d’aisances.

Forme de verbe

ventouse \vɑ̃.tuz\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de ventouser.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de ventouser.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de ventouser.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de ventouser.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de ventouser.
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Littré (1872-1877)

VENTOUSE (van-tou-z') s. f.
  • 1Vaisseau de verre, de cuivre, etc. qu'on applique sur la peau, et dans la capacité duquel on fait le vide, afin de soulever la peau et de produire une irritation locale. Appliquer des ventouses.

    Ventouses humides, et, plus ordinairement, ventouses scarifiées, ventouses après lesquelles on pratique la scarification de la peau soulevée ; on réapplique la ventouse pour obtenir plus de sang.

    Ventouses sèches, ventouses après lesquelles on ne scarifie pas la peau soulevée.

  • 2 Terme d'histoire naturelle. Certains organes dont quelques animaux aquatiques sont pourvus, et au moyen desquels ils font le vide et sucent les corps auxquels ils s'attachent.
  • 3Ouverture pratiquée dans un conduit pour donner passage à l'air. Si la cheminée fumait toujours malgré les précautions indiquées, il faudrait faire une ventouse qui s'ouvrît dans la cheminée, Genlis, Maison rust. t. I, p. 68, dans POUGENS.

    Ventouse, ou planche de ventouse, nom de deux planches de plâtre placées l'une devant l'autre sous le manteau d'une cheminée, et entre lesquelles passe l'air.

    Se dit aussi de petites ouvertures pratiquées dans l'épaisseur des planchers pour établir un courant d'air sous le manteau d'une cheminée.

    Terme de marine. Ouverture pratiquée dans les ponts ou même dans la muraille d'un navire pour renouveler l'air.

    Terme de poêlier. Petite grille en fonte donnant passage à l'air froid.

    Terme de métallurgie. Ouvertures des canaux d'évaporation dans les fourneaux.

    Ouvertures faites aux murs des parcs et clôtures pour faire écouler l'eau (MASSÉ, 1766, Dict. des eaux et for.).

  • 4 Terme de jardinage. Branche qu'on laisse sans la tailler aux espaliers trop vigoureux, pour qu'elle consume l'excès de séve.
  • 5Ventouse de chapeau, de casquette, petite ouverture pour l'aérer.

HISTORIQUE

XVe s. Ventoise pour aider à relever la marris [matrice] d'icele malade, Du Cange, ventosa. Des estoupes ardentes dedans venteuses, et les luy passoient en ceste chaleur à l'endroit du cueur [pour lui faire retirer le sang au cueur], Commines, V, 5.

XVIe s. Ventouses de cuivre, de corne, de verre, de bois, de terre, d'or et d'argent, les unes sont grandes, autres petites (appelées petits cornets), les autres moyennes, Paré, XV, 68.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

VENTOUSE. Ajoutez :
6Creux ou vide qui se forme dans une chaussée ou une palissade. On rechausse la dernière rangée de broussailles pour lui permettre de résister au vent… et bien l'appliquer contre le sol, afin de ne donner aucune prise aux ventouses ; car, en une seule nuit, le travail de plusieurs jours peut être perdu [il s'agit de la fixation des dunes], G. Bagneris, Man. de sylvic. p. 293, Nancy, 1873.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

Ventouse, (Méd. thérap.) cucurbitta, cucurbitula, espece de coupe ou de vase dont on a trouvé anciennement que la figure approche de celle d’une courge, & qu’on emploie en médecine comme un épispastique ou remede vésicatoire des plus efficaces. Voyez Vésicatoire.

Les ventouses peuvent être de plusieurs matieres, comme de plusieurs formes, en ne prenant celles-ci que pour autant de modes de la premiere ; il y en avoit autrefois d’argent, de cuivre, de verre, de corne, &c. Ces derniers s’appelloient cornicula ; mais on n’emploie guere plus aujourd’hui que celles de cuivre, celles d’argent ayant même été rejettées du tems d’Oribase, par le défaut de se trop échauffer, quia vehementer igniuntur, rejicimus (Voyez Oribase, med. collect. lib. VII. chap. xvj.), & les autres n’étant pas propres à résister à la violence du feu ; celles de verre pourroient néanmoins être encore employées dans le cas où il seroit important de fixer la quantité de sang qu’on veut extraire par ce remede. Quant à la forme, il y en a qui sont plus ou moins rondes, plus ou moins larges ou hautes, dont la pointe est plus ou moins aiguë, ou plus ou moins obtuse, &c. Les ventouses des Egyptiens ressemblent presque à de petits cors ou cornets. Voyez la figure & la description dans Prosper Alpin, de med. egypt. lib. II. c. xiij. A l’égard de la maniere d’appliquer les ventouses, voyez Ventouse, (Chirurgie.)

L’effet des ventouses est 1°. en rompant l’équilibre entre les organes, d’occasionner une augmentation de ton ou de vie dans la partie qui y attire les humeurs, & la constitue tumeur : ce qui se rapporte assez aux phénomènes de l’inflammation, 2°. d’attirer méchaniquement au-dehors par une espece de suction les humeurs déja ramassées par le premier effet.

On divise communément les ventouses en seches, inanes & en scarifiées, &c. L’une & l’autre espece ont été employées de tout tems en médecine, & dans presque toutes les maladies. Nous ne saurions mieux constater l’antiquité & l’efficacité de ce remede que par un passage d’Hérodicus qui vivoit avant Hippocrate, & qu’Oribase nous a conservé dans ses collections méd. liv. VII. chap. xvij. Cucurbitula materiam quæ in capite est, evacuare potest, itemque dolorem solvere, inflammationem minuere, inflationes discutere, appetitum revocare, imbecillem exolutumque stomachum roborare, animi defectiones amovere, quæ in profundo sunt ad superficiem traducere, fluxiones siccare, sanguinis eruptiones cohibere, menstruas purgationes provocare, facultates corruptionis effectrices attrahere, rigores sedare, circuitus solvere, à propensione in somnum excitare, somnum conciliare, gravitates levare, atque hæc quidem quæque his similia præstare cucurbitularum usus potest. A ce magnifique éloge des propriétés des ventouses on peut ajouter qu’Hippocrate & les autres anciens en parlent d’après leurs expériences comme les remedes les plus propres à détourner le sang d’une partie sur une autre, & en général à produire des révulsions & évacuations très-utiles. On sait avec quel succès ce pere de la médecine s’en servoit, en les appliquant sur les mamelles, pour arrêter les hémorrhagies de l’uterus. Les méthodiques ont rempli de ces remedes leur regle ciclique ou leur traitement par diatritos ; ils les comptoient parmi leurs principaux métasyncritiques ou recorporatifs ; en conséquence ils en appliquoient dans certaines maladies, comme la phrénesie, non-seulement sur la tête & sur toutes les parties voisines, mais encore sur les fesses, sur le bas-ventre, sur le dos & sur les hypocondres. Aretée est encore un des médecins qui se soit le plus servi de ces remedes, & avec le plus de méthode, sur-tout dans les maladies aiguës. Dans la pleurésie, par exemple, il veut qu’on emploie les ventouses ; mais après le septieme jour & non avant, ce qui est remarquable ; « car, dit-il, les maladies qui exigent l’application des ventouses avant le septieme jour, n’ont pas une marche tranquille ». Non enim placidi morbi sunt quicumque ante septimum cucurbitam requirunt. Les méthodiques ne les appliquoient non plus qu’après le cinq ou le septieme. Notre auteur demande ensuite que la ventouse soit faite d’argille, qu’elle soit légere, & d’une grandeur & forme à pouvoir couvrir tout l’espace qu’occupe la douleur ; il veut qu’on excite beaucoup de flamme dans la ventouse, pour qu’elle soit bien chaude avant l’extinction du feu. Le feu éteint, il faut scarifier & tirer autant de sang que les forces du malade pourront le permettre, on répandra sur les endroits scarifiés du sel avec du nitre, qui à la vérité sont des substances piquantes, mais salutaires. Si le malade est vigoureux & d’un bon tempérament, il convient d’employer le sel, non pas immédiatement sur la plaie, mais de le répandre sur du linge arrosé d’huile qu’on étendra ensuite sur l’endroit scarifié. Le second jour il est à-propos d’appliquer une seconde ventouse au même endroit, celle-ci ayant un avantage réel sur la premiere, en ce qu’elle ne tire pas du corps le sang ou l’aliment, alimentum, mais simplement de la sanie, & que par cette raison elle ménage plus les forces. Voyez morb. acut. lib. I. cap. x. de curat. pleurit.

Quelques autres nations éloignées, outre les peuples orientaux, sont encore en possession des ventouses. Chez les Hottentots, « pour les coliques & les maux d’estomac, leur remede ordinaire est l’application des ventouses. Ils se servent d’une corne de bœuf dont les bords sont unis. Le malade se couche à-terre sur le dos, pour s’abandonner au médecin qui commence par appliquer sa bouche sur le siege du mal, & par sucer la peau ; ensuite il y met la corne, & l’y laisse jusqu’à ce que la partie qu’elle couvre, devienne insensible ; il la retire alors pour faire deux incisions de la longueur d’un pouce ; & la remettant au même lieu, il l’y laisse encore jusqu’à ce qu’elle tombe remplie de sang : ce qui ne manque point d’arriver dans l’espace de deux heures. » Voyez hist. génér. des voyages, tom. XVIII. liv. XIV.

Les ventouses sont encore très-bonnes pour attirer au-dehors le venin des morsures des animaux. Dans la plûpart des maladies soporeuses elles sont recommandées par des auteurs tant anciens que modernes. Rhasès se vante d’avoir guéri le roi Hamet, fils de Hali, qui étoit tombé en apoplexie, en lui faisant appliquer une ventouse au col. Voyez dans Forestus pag. 523. Elles ont quelquefois réussi dans les apoplexies avec paralysie, appliquées à la fesse du côté opposé à la partie affectée. Les ventouses sont encore bonnes entre les deux épaules & au-dessous de l’ombelic dans le cholera morbus ; mais il faut avoir l’attention de les changer de tems-en-tems, crainte qu’elles ne causent de la douleur, & n’excitent des vessies sur la peau, ainsi que l’a noté Aretée, & après lui plusieurs modernes. Voyez de Hêers, obs. med.

Les ventouses ont beaucoup perdu de leur ancienne célébrité ; il est pourtant d’habiles médecins de nos jours qui les emploient avec succès. Cet article est de M. Fouquet, docteur en médecine de la faculté de Montpellier.

Ventouse, s. f. (Hydr.) est un tuyau de plomb élevé & branché à un arbre un pié ou deux plus haut que le niveau du réservoir, afin que la ventouse ne dépense pas tant d’eau, quand les vents en sortant de la conduite la jettent en-haut. De cette maniere il n’y a que les vents qui sortent ; les ventouses sont les seuls moyens de soulager les longues conduites, & d’empêcher les tuyaux de crever.

On soude encore une ventouse sur le tuyau descendant d’un réservoir ; alors les vents y rejettent l’eau par le bout recourbé du tuyau.

Les ventouses renversées ne sont plus d’usage ; ce sont de petites soupapes renversées & soudées sur le bout d’un tuyau, de sorte que les vents les faisoient hausser & baisser, & elles perdoient beaucoup d’eau, on ne les employoit que pour éviter d’élever des tuyaux au niveau du réservoir. (K)

Ventouse, s. f. (Méchan. des cheminées.) c’est le nom qu’on donne à une espece de soupirail pratiqué sous la tablette ou aux deux angles de l’âtre d’une cheminée, pour chasser la fumée. Ce soupirail est un trou fait en trapèse, pratiqué au milieu de l’âtre, qu’on ferme avec une porte de tole, qui s’ouvre en-dehors au moyen de deux especes de gonds dans lesquels elle tourne. L’air de dehors vient de cette trape, comme il entre dans ces cellules, & forme en sortant un soufflet qui donne sur les charbons, & qui les allume quelque peu embrasés qu’ils soient. Ce soupirail doit donc allumer aisément & promptement le feu, & empêcher par-là la fumée. C’est aussi-là tout son usage. Ce soupirail appellé soufflet, parce qu’il en fait l’office, est de l’invention de M. Perrault. (D. J.)

Ventouse d’aisance, (Archit.) bout de tuyau de plomb ou de poterie, qui communique à une chaussée d’aisance, & qui sort au-dessus du comble pour donner de l’air frais & nouveau au cabinet d’aisance, & en diminuer par-là la mauvaise odeur ; c’est une fort bonne invention. (D. J.)

Ventouse, s. f. (Verrerie.) ce mot se dit dans les fours à verre, de chacune des six ouvertures ou ouvreaux où sont placés les pots à fondre ou à cueillir. (D. J.)

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Étymologie de « ventouse »

Provenç. espagn. et ital. ventosa ; du latin ventosa, ventouse, de ventosus, venteux.

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(Nom 1) (1240) Du latin ventosa avec ellipse de cucurbita (les premières ventouses médicales sont des courges) : « courge venteuse ».
(Nom 2) (1676) Variante dialectale de venteuse → voir ventôse, évent, ventilateur et Ventouse.
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Phonétique du mot « ventouse »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ventouse vɑ̃tuz

Citations contenant le mot « ventouse »

  • L'obèse est une ventouse qui s'ignore. De Joyce Mansour / L'Archibras
  • Tige de ventouse en acier, tige de ventouse FRP, tige de ventouse creuse INFO DU CONTINENT, Enquête sur le marché mondial de la tige de ventouse avec évaluation du développement 2029 - INFO DU CONTINENT
  • Si le bouchon s’est formé un peu plus loin, vous pouvez tenter de le déloger en utilisant une ventouse, un ustensile bon marché et inusable. Bouchez le trop-plein et remplissez votre vasque d’eau à hauteur de la ventouse, puis appuyez fortement, de manière à créer une dépression dans la canalisation. Répétez la pression jusqu’à ce que l’eau s’écoule normalement. , Entretenez vos canalisations 
  • Le rapport de recherche sur le marché mondial des ventouses est une analyse approfondie de l’industrie universelle qui démontre principalement une évaluation authentique ainsi que des perspectives futuristes de l’industrie respective. En outre, il comprend des aspects substantiels tels que la demande du marché des appareils à ventouses, la part des revenus, le volume des ventes, les coûts de production, les taux de croissance annuels et bien plus encore. Le rapport sur le marché des ventouses élabore également des segments importants, présente la rivalité de l’industrie des ventouses, l’environnement marketing, ainsi que les principaux concurrents du marché mondial des ventouses. L’étude aide les acteurs du marché des ventouses, les clients, les dirigeants du secteur et les parties prenantes à acquérir les connaissances indispensables sur certains secteurs. Instant Interview, Recherche sur le marché des dispositifs de ventouses (impact du COVID-19) 2020-2026: Hwato, GYY, Mengshibaguan – Instant Interview
  • Une des caractéristiques les plus évidentes des loricariidae est leur bouche en ventouse. La modification de la bouche et des lèvres permettent au poisson (Les Poissons sont une constellation du zodiaque traversée par le Soleil du 12 mars au 18 avril. Dans l'ordre du zodiaque, elle se situe entre le Verseau à l'ouest et le...) de se nourrir, de respirer et d'adhérer au substrat par aspiration. On pensait que les lèvres ne pouvaient pas à la fois fonctionner comme une ventouse et assurer la respiration (Dans le langage courant, la respiration désigne à la fois les échanges gazeux (rejet de dioxyde de carbone, CO2, appelé parfois de...) continue, alors que l'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) qui afflue provoque l'échec du système. Mais il a été démontré que la respiration et l'aspiration peuvent fonctionner simultanément. L'eau qui passe sous la ventouse est limitée à un mince filet, juste derrière chaque maxillaire barbeaux, les maxillaires supérieurs des loricariidae soutien que de petites maxillaire barbillons et sont principalement utilisés pour la médiation (Depuis l'essor de la médiation dans les années 1980, il existe plusieurs conceptions et applications de cette pratique dont l'objet est la résolution des différends en dehors des rapports de force. Il existe plusieurs courants...) de la lèvre (Les lèvres sont les parties charnues qui bordent la bouche chez de nombreux animaux. Au nombre de deux, les lèvres supérieure et inférieure, elles s'amincissent...) latérale de tissus dans lesquels ils sont intégrés, empêchant l'échec de l'aspiration lors de l'inspiration. Pour réaliser l'aspiration, le poisson (Dans la classification classique, les poissons sont des animaux vertébrés aquatiques à branchies, pourvus de nageoires et dont le corps est le plus souvent couvert d'écailles. On...) presse ses lèvres contre le substrat et gonfle sa bouche, ce qui provoque une pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) négative. Techno-Science.net, 🔎 Loricariidae - Définition et Explications
  • En outre, la récente pandémie de COVID-19 au début de 2020 a un impact sur le marché mondial de Types de pistolet à ventouse de machine de sablage. En raison de la propagation sans précédent du coronavirus à travers le monde, le marché mondial de Types de pistolet à ventouse de machine de sablage est entravé dans divers secteurs tels que l’Amérique du Nord, l’Amérique du Sud, l’Europe, l’Asie-Pacifique, le Moyen-Orient et l’Afrique, etc. De nombreux fabricants sont confrontés à ce problème en raison de la pandémie du coronavirus. De nombreuses industries connaissent aussi des fluctuations de la demande, qui peuvent principalement changer les tendances chez les consommateurs. Journal l'Action Régionale, Marché mondial des équipements pour machines 2020 – Impact du COVID-19, analyse de la croissance future et défis | Hodge Clemco, Kushal Udhyog, MHG Strahlanlagen, Paul Auer, SCV System – Journal l'Action Régionale
  • Données de ventilation par type , poutre, sans faisceau, pompe à ventouse (SRP) Instant Interview, Un nouveau rapport inspecte le marché Sucker Rod Pump SRP [PDF] Tendances, moteurs, stratégies, application de segmentation, technologie et analyse du marché Rapport de recherche jusqu’en 2026 – Instant Interview

Traductions du mot « ventouse »

Langue Traduction
Anglais suction cup
Espagnol ventosa
Italien ventosa
Allemand saugnapf
Chinois 吸盘
Arabe ماصة الفنجان
Portugais copo de sucção
Russe бутылка с соской
Japonais 吸盤
Basque xurgagailua
Corse ventosa
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Synonymes de « ventouse »

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Ventouse

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