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Théisme

Définitions du mot « théisme »

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THÉISME, subst. masc.

PHILOS. ,,Doctrine qui admet l'existence d'un Dieu unique et personnel comme cause transcendante du monde`` (Morf. Philos. 1980). Anton. athéisme, déisme, panthéisme, polythéisme.Les principes directeurs de la science sont plus favorables au théisme qu'à l'athéisme ou même au déisme (Théol. cath.t. 4, 11920, p. 761).L'usage philosophique a retenu cette distinction: le déisme équivaut à une croyance en Dieu qui reste volontairement imprécise (...); le théisme accorde à la raison le pouvoir de démontrer l'existence de Dieu et de déterminer sa nature créatrice par analogie avec la nature créée (Encyclop. univ.t. 181974, p. 515, s.v. déisme).
Prononc. et Orth.: [teism̭]. Att. ds Ac. dep. 1798. Étymol. et Hist. 1745 (Diderot, Principes de la philosophie morale, ou essai de M. S** A. Cooper Comte de [Shaftesbury] sur le mérite et la vertu, avec réflexions, Amsterdam, p. 12, note). Terme formé sur le gr. θ ε ο ́ ς « Dieu » (suff. -isme*) d'abord en angl. (1678 ds NED) d'où il est passé en fr. Fréq. abs. littér.: 64. Bbg. Gohin 1903, p. 269. − Quem. DDL t. 8.

Théisme, subst. masc.,méd. Ensemble des manifestations pathologiques, aiguës ou chroniques, superposables à celle du caféisme, dues à une consommation abusive de thé. Le théisme chronique a été décrit en Amérique par Morton, en 1879, chez les dégustateurs de thé, puis chez les grands buveurs par Balard, Eloy, Wood, King, Lander-Brunton (A. Porot, Les Toxicomanies, 1971, p 111).En partic. [En Tunisie, à une époque récente] Forme particulièrement grave résultant de la préparation du thé par des décoctions prolongées et répétées pratiquées sur une même dose de feuilles, et destinées à les épuiser en totalité. V. caféisme ex. de H. Bazin. [teism̭]. 1reattest. 1871 (Journ. de méd. et de chir. pratiques, XLII, pp. 561-2 ds Quem. DDL t. 8); de thé, suff. -isme*.

Wiktionnaire

Nom commun 1

théisme \te.ism\ masculin

  1. (Philosophie) Toute doctrine philosophique qui reconnaît l’existence d’un Dieu personnel.
    • Ils ont répété avec assez de complaisance les imputations d’athéisme et de matérialisme, parfois fondées, mais parfois aussi un peu légèrement alléguées par le théisme dévot et hypocrite des mandarins. — (Jean-Jacques Ampère, « La Chine et les travaux d’Abel Rémusat », Revue des Deux Mondes, 1832, tome 8)
    • Après la dissolution de leur Ordre, ces jésuites espagnols avaient pris la campagne et cherchaient à former dans toutes les régions une milice armée pour combattre les idées nouvelles et le théisme. — (Italo Calvino, Le Baron perché, 1957. Traduit de l’italien par Juliette Bertrand, 1959. p. 279)
    • Les babys conservent le Coran, mais en l’altérant sensiblement sur plusieurs points ; ainsi ils croient à la métempsycose, ils veulent l’émancipation de la femme, ils remplacent le théisme par un véritable panthéisme, […]. — (J. Chantrel, Statistique religieuse dans le monde, dans Le Catholique du 7 aout 1869, page 94)

Nom commun 2

théisme \te.ism\ masculin

  1. Dépendance physique envers la consommation de thé.
    • Il serait superflu de rappeler ici le tableau de l'alcoolisme […] ; mais nous voulons appeler l'attention sur la ressemblance que présentent avec lui le caféisme, le théisme, le cocaïsme, états pathologiques beaucoup plus rares et beaucoup moins connus, mais pourtant réels. — (Actes de l'Académie nationale des sciences, belles-lettres et des arts de Bordeaux, 3e série, 32e année, Paris, E. Dentu, 1870, p.207)
    • L’abus du thé provoque une toxicomanie, le théisme. — (Jean Louis Brau, Histoire de la drogue, 1968)
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Littré (1872-1877)

THÉISME (té-i-sm') s. m.
  • Croyance en l'existence de Dieu. J'ai vu des gens s'étonner qu'une religion aussi modérée que le théisme, et qui paraît si conforme à la raison, n'ait jamais été répandue parmi le peuple… c'est que le théisme doit encore moins s'appeler une religion qu'un système de philosophie, et que le vulgaire des grands et le vulgaire des petits n'est point philosophe, Voltaire, Dict. phil. Athée. Ce n'est pas qu'il [Cromwell] vît de bon œil la religion du théisme, qui, étant sans fanatisme, ne peut guère servir qu'à des philosophes, et jamais à des conquérants, Voltaire, Mœurs, 181.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

THÉISME, s. m. (Théol.) dérivé du grec θεος, dieu, terme usité parmi les théologiens modernes, pour exprimer le sentiment de ceux qui admettent l’existence de Dieu. Il est opposé à l’athéisme. Voyez Athéisme.

Il est aisé de prouver que le théisme est préférable à l’athéisme, & qu’il est plus avantageux, soit pour les sociétés, soit pour les princes, soit pour les particuliers, d’admettre l’existence d’un Dieu que de la rejetter. Voici les raisons qu’on en apporte communément.

1°. Une société d’athées a un principe de moins pour arrêter la corruption des mœurs qu’une société de théistes. La raison, le desir de la gloire & de la bonne réputation, la crainte des peines séculieres sont les seuls motifs qui peuvent empêcher le crime dans une société d’athées. Dans une société de théistes, la crainte des jugemens d’un être suprème se trouvant jointe à tous ces principes, leur donne une nouvelle force. L’homme en effet est d’autant plus porté à remplir ses devoirs, que les peines qu’on lui fait craindre, sont plus grandes, & que les récompenses qu’on lui fait espérer, sont plus considérables & plus consolantes. Qu’on dise tant qu’on voudra, qu’il est plus noble de faire le bien sans intérêt, & de fuir le mal sans aucun motif de crainte : c’est mal connoitre l’homme que de prétendre qu’il puisse ni qu’il doive toujours agir indépendamment de ces motifs. L’espérance & la crainte sont nées avec lui : ce sont des apanages inséparables de sa nature, & les récompenses ou les châtimens par lesquels le théisme réveille l’une & l’autre dans le cœur des hommes, sont des motifs infiniment plus puissans pour l’attacher à la vertu & pour l’éloigner du vice, que ceux que l’athéisme propose à ses partisans.

2°. Les princes ont plus d’intérêt que qui que ce soit, à l’établissement de la croyance d’une divinité suprème. Les athées eux-mêmes en conviennent, puisqu’ils disent que l’idée de la divinité doit son origine aux artifices & aux desseins des politiques, qui par-là ont voulu rendre sacrée l’obéissance dûe aux souverains. Un homme se soumet par raison à son prince, parce qu’il est juste de tenir la foi à celui à qui on l’a promise ; il s’y soumet par principe de crainte, parce qu’il a peur d’être condamné suivant toute la sévérité des lois ; mais son obéissance est tout autrement ferme & constante, quand il est vivement persuadé qu’il y a une divinité vengeresse qui prend connoissance de ses désobéissances pour les punir.

3°. Rien de plus avantageux ni de plus consolant pour les particuliers que le théisme. L’homme qui est exposé à tant de miseres dans le cours de cette vie, a un motif de consolation, en croyant une divinité pleine de justice & de bonté qui peut mettre fin à tous ses maux. L’homme vertueux qui est ordinairement en bute à la contradiction des méchans, se soutient dans la pratique de la vertu par l’idée d’une divinité qui récompense les bonnes actions, & qui punit les mauvaises ; pour lui la mort est le commencement d’une nouvelle vie & d’un bonheur éternel ; pour l’athée, la mort n’est que la fin des miseres de la vie, & l’anéantissement qu’il se promet, est un état d’insensibilité parfaite, ou pour mieux dire, une privation d’existence, que personne ne regardera jamais comme un avantage : anéantissement au reste dont l’athée n’a aucune certitude ; il est donc à cet égard dans le doute & dans la perplexité ; mais cet état d’incertitude est-il aussi satisfaisant que l’espérance du théiste ? Enfin ce dernier risque quelque chose pour gagner infiniment ; & l’autre aime mieux perdre tout que de rien risquer. On peut voir ce raisonnement poussé avec force dans les pensées de M. Pascal. Traité de la véritable religion, tom. I. dissert. III.

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Étymologie de « théisme »

(Nom 1) Du grec ancien θεός, theós (« dieu ») avec le suffixe -isme.
(Nom 2) De thé avec le suffixe -isme.
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voy. THÉISTE.

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Phonétique du mot « théisme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
théisme teism

Citations contenant le mot « théisme »

  • Les partisans religieux du tout-répressif (globalement et non spécifiquement en Tunisie) considèrent qu’un propos blasphématoire ou provocateur à l’encontre de la religion doit être puni en soi mais aussi pour toutes ses conséquences pernicieuses s’il n’était pas condamné, telles que la diffusion d’une culture de l’insouciance religieuse, de l’irrespect voire de l’athéisme complet dans la société. Mizane info, Affaire Emna Charki : la réponse judiciaire est une marque de faiblesse
  • Disons-le tout net : l’agnosticisme n’est pas un athéisme mou. L’agnosticisme n’est ni un athéisme, ni un théisme. Etre agnostique, c’est être animé par un scepticisme radical; c’est douter que toute certitude soit possible; c’est s’opposer aux certitudes sans fondement des doctrines athéistes et théistes. Slate.fr, Un manifeste agnostique | Slate.fr
  • Lors de leurs assemblées, qui se tiennent dans une simple salle et non dans une église, les participants se réunissent et se tiennent en cercle, dans le silence. Ces rassemblements se déroulent sans liturgie, sans chants ni hymnes, dans l’attente d’une manifestation de la “Lumière”, de Dieu ou du Divin. Il arrive qu’un participant soit touché par l’Esprit et prenne brièvement la parole, pour prononcer une prière ou lire un passage de la Bible ou d’un autre livre spirituel. Les Quakers estiment que ces contributions sont inspirées par Dieu, et que seul le silence permet de les faire émerger. Il est cependant à noter que le quakerisme est aujourd’hui traversé par diverses tendances, allant de l’évangélisme au non-théisme. Reforme.net, Qui sont les Quakers ? - Reforme.net
  • Bien sûr, ces choses-là sont des héritages anciens. D’ailleurs, aucune mention de quelque dieu que ce soit sur les billets en euros, ou même sur nos anciens francs ! C’est vrai. Car là aussi, l’humanisme a remplacé le théisme. Pour vous en convaincre, regardez de nouveau un billet de 1 dollar. Que voyez-vous ? La signature du Secrétaire au Trésor (l’équivalent du ministre des Finances). Et que voyez-vous sur un billet de 5 euros ? La signature de Mario Draghi, président de la Banque centrale européenne (ou de son successeur, si votre billet est émis après le 31 octobre 2019). Finalement, il ne s’agit pas d’un simple bout de papier, il s’agit d’un contrat ! Ces éminentes personnes nous garantissent qu’en échange de notre billet de banque, on peut percevoir quelque chose au prix correspondant. Forbes France, Théisme, Humanisme, Dataïsme : La Trilogie Des Évolutions (Ou Pourquoi Le Bitcoin Et Les Cryptomonnaies Sont Des Actifs D’Avenir) | Forbes France
  • La question que se pose l’auteur n’est pourtant susceptible de recevoir au mieux qu’une explication ultime parce que les phénomènes logiquement contingents (comme l’existence du monde) ne peuvent recevoir d’explication absolue. Swinburne réfléchit alors sur les conditions de possibilité de l’explication du réel par l’hypothèse de l’existence de Dieu et montre qu’elle est réalisée quand toute tentative d’explication plus poussée aboutirait à une perte de simplicité ou de pouvoir prédictif de l’hypothèse. C’est alors que Swinburne peut exposer le cœur de l’hypothèse explicative du théisme, qu’il s’agit dans ce livre de mettre à l’épreuve. Le théisme stipule un agent incorporel libre, existant en tout temps, doué de toute-puissance et d’omniscience. Cette hypothèse possède un haut de degré de simplicité. , Pourquoi Dieu existerait - Nonfiction.fr le portail des livres et des idées
  • Mais qu’est-ce que Dieu ? La définition de ce concept n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît, mais dans ce texte je procèderai à la distinction entre deux conceptions différentes de Dieu : le théisme et le panthéisme. Le théisme est une doctrine qui affirme l’existence d’un Dieu unique, transcendant et personnel. En plus d’être la cause du monde, ce Dieu serait intéressé par sa création et se permettrait même parfois d’y intervenir – en envoyant son fils mourir sur la croix, par exemple. Il se préoccuperait aussi de ce que vous mangez, des vêtements que vous portez, ou encore de vos pratiques sexuelles. Bref, c’est le Dieu des religions monothéistes. La Voix de l’Est, Peut-on croire en Dieu? | Sébastien Lévesque | Chroniques | La Voix de l’Est - Granby

Traductions du mot « théisme »

Langue Traduction
Anglais theism
Espagnol teísmo
Italien teismo
Allemand theismus
Chinois 有神论
Arabe التوحيد
Portugais teísmo
Russe теизм
Japonais 有神論
Basque teismoa
Corse telisimu
Source : Google Translate API

Synonymes de « théisme »

Source : synonymes de théisme sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « théisme »

Théisme

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