La langue française

Sire

Définitions du mot « sire »

Trésor de la Langue Française informatisé

SIRE, subst. masc.

A. − Seigneur.
1. HIST. [Sire de + nom du fief]Seigneur féodal. Il menait avec lui l'élite de la chevalerie de ses états (...) son échanson, Rodolphe, sire de Varila; son maréchal, Henri, sire d'Ebersberg; son chambellan, Henri, sire de Fahnern (Montalembert, Ste Élisabeth, 1836, p. 137).L'armée franque était commandée par le connétable Guillaume de Bures, sire de Tibériade, qui venait (...) d'être nommé régent du royaume de Jérusalem (Grousset, Croisades, 1939, p. 126).
En partic. [Sire de + nom de la terre auquel ce titre est attaché; titre de certains seigneurs]Le sire de Joinville a écrit l'histoire de saint Louis; les sires de Coucy, de Beaujeu, de Créquy. La noble dame de Coucy, qui se mourait de douleur (...) avait bien sujet de pleurer, car le sire de Coucy, à qui elle envoyait message sur message, venait de mourir à Burse (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 2, 1821-24, p. 208).
Rare, littér. [De nos jours] On voyait (...) près de la citadelle à tours carrées d'un chef païen, la forteresse à créneaux d'un sire chrétien (Hugo, Han d'Isl., 1823, p. 254).
2. Absol. [Appellation d'un souverain, roi ou empereur, lorsqu'on s'adresse à lui] Ce n'est point Philippe V qui vous reçoit à cette heure, mais bien le comte de Mauléon. Ainsi, plus de majesté, plus de sire (...) aidez-moi (...) à oublier que je suis roi (Dumas père, Demois. St-Cyr, 1843, III, 2, p. 144).Le roi déclara qu'il n'avait pas besoin d'un médecin de plus. − Sire (...) le docteur Rodrigue n'est pas un médecin (France, Barbe bleue, Chemise, 1909, p. 180).V. messire ex. 3.
3. P. ext.
a) [Sire + nom ou prénom]
[Titre, terme d'adresse pour des notables ou des roturiers] Bravement parlé, sire Gilles Lecornu, maître pelletier-fourreur des robes du roi! cria le petit écolier cramponné au chapiteau (Hugo, N.-D. Paris, 1832, p. 21).Une fois, sire Hain lui dit: « Douce amie, allez me chercher du poisson (...) » (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 153).
Fam. [Appellatif de qqn à qui l'on s'adresse sans gêne] Le vieillard repartit gravement: − Vous avez tort, sire Pécopin. − Vous ne m'avez jamais vu, s'écria le jeune homme, comment savez-vous mon nom? − Ce sont les oiseaux qui le disent, répondit le paysan (Hugo, Rhin, 1842, p. 189).
b) Plais. Sire écureuil, qui retient l'églantine Entre ses dents, à la plus haute cime Soudain grimpa d'un saut aussi rapide Qu'on voit voler vite la bécassine (Jammes, De tout temps, 1935, p. 212).
Iron. Beau sire. Monsieur. Soixante deniers, coquin!... − Et tu as l'impudence de nous proposer cela en face. − Un bâton, un bâton! − Doucement, beaux sires, l'ennemi est aux portes (Mérimée, Jaquerie, 1828, p. 224).Je ne suis pas dupe non plus de tes préoccupations politiques, beau sire! tu cours le guilledou, et rien de plus (Sand, Corresp., t. 6, 1870, p. 1).
c) TURF. [Appellation distinctive donnée aux étalons de choix, dans les races nobles] Tous les ans, (...) les éleveurs, les possesseurs d'étalons remplissent d'annonces les colonnes des journaux spécialisés, avec le rappel des performances en course de leurs « Sires ». Car un étalon de grand sang est un Sire. Le mot vient-il de ce qu'il est un seigneur? De l'espoir, qu'on a, qu'il deviendra chef de race? Peut-être plus simplement de la grande majesté d'aspect des étalons? (Zitrone, Courses, 1962, p. 85).
B. − Péj. Individu, personnage. Si vous tenez à faire un éclat, je connais le sire, je ne l'aime guère (Balzac, Langeais, 1834, p. 325).Je n'y fis plus attention, Par ces temps d'exposition On voit de si drôles de sires! (Ponchon, Muse cabaret, 1920, p. 61).
Pauvre sire. Homme, individu sans considération, sans grande capacité. Synon. fam. pauvre type*.Mais je ne suis qu'un pauvre sire sans invention et sans puissance génératrice (...). Je me suis contenté d'être, et tout au plus de comprendre, et j'ai négligé l'essentiel, le faire (Amiel, Journal, 1866, p. 214).Sans le purgatoire et l'enfer, le bon Dieu ne serait qu'un pauvre sire (France, Dieux ont soif, 1912, p. 80).
Triste sire
Homme triste, peu réjouissant, morose. Ne pouvant prêter de la flamme à ces tristes sires, il [Velasquez] leur donnait la majesté froide (...) le geste et la pose d'étiquette (Gautier, Guide Louvre, 1872, p. 279).Je suis timide, gauche, quinquagénaire, je serais un trop triste sire aux yeux d'une femme (Theuriet, Mais. deux barbeaux, 1879, p. 55).
Homme peu recommandable et méprisable, notamment dans le domaine de la moralité. J'acceptais bien d'être impur, mais à la condition d'être seul... de mon espèce (...). Voilà que le monde entier se roule dans la bouillasse. « Je suis un triste sire et, en outre, je ne suis pas malin. Ils me l'ont tous dit, et chacun à leur manière (...) » (Duhamel, Jard. bêtes sauv., 1934, p. 232).
REM. 1.
Sir, subst. masc.[Titre d'honneur chez les Anglais qui est celui des baronnets et des écuyers et qui précède le prénom et le nom de la personne désignée] Sir Winston Churchill s'est affirmé comme un grand chef d'État, une personnalité assez forte pour dominer le drame qu'il a vécu avec son peuple (Lar. encyclop., s.v. Churchill).
2.
Sirerie, subst. fém.,hist. Terre à laquelle était attaché le titre de sire qu'elle conférait au seigneur qui la détenait. La Champagne garde l'empreinte de nos vieux rois. C'est à Reims qu'on les couronnait. C'est à Attigny que Charles le Simple érigea en sirerie la terre de Bourbon (Hugo, Rhin, 1842, p. 34).
Prononc. et Orth.: [si:ʀ]. Homon. cire, cirre. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 980 sire « maître, seigneur (de Dieu) » (Jonas, éd. W. Foerster et Koschwitz, f o30 v o; également ds éd. Génin d'apr. éd. de Poerck, p. 45, var. 208), supplanté en ce sens par Seigneur* dès la fin du xiiies., v. Trénel, pp. 244-246; 2. ca 1050 titre donné à un souverain, ou à un personnage important (Alexis, éd. Chr. Storey, 339), supprimé comme titre en 1791-92, v. Brunot t. 9, pp. 676-677, mais subsiste comme simple appellation; 3. a) ca 1050 « seigneur, maître, possesseur de terres » (Alexis, 420); ca 1100 féod. « seigneur, suzerain » (Roland, éd. J. Bédier, 1892: sire de Belne et de Digun); b) ca 1165 joint au nom propre titre de politesse donné à des bourgeois (puis à des hommes du peuple) (Guillaume d'Angleterre, éd. M. Wilmotte, 1702: sire Foukiers; 2467: sire marceans) − xvies. ds Hug., considéré comme anc. dès 1690, Fur.; pour l'usage social de ce terme en a. m. fr. et ses relations avec dan (< lat. dominu, v. dom), messire*, monseigneur*, v. L. Foulet ds Romania t. 71, pp. 1-48, 180-221 et t. 72, pp. 31-77, 324-367 et 479-528; 4. comme simple appellatif ca 1050 sire + nom propre (Alexis, 471: sire Alexis); ca 1050 adj. + sire titre donné pour faire honneur (ibid., 216: bel sire); d'où iron. en m. fr. 1388 a. pic. sire homs « cocu » (Lettre de rémission ds Du Cange, s.v. siriaticus); 1450 beau sire « id. » (ibid.), encore au xviies.: 1666-67 (La Fontaine, Contes et Nouvelles, 2epart., éd. H. Regnier, t. 4, p. 304, 81); subsiste dans le registre fam. 1679 sire « individu » (Id., Fables, IX, 16, t. 2, p. 437, 17); av. 1679 pauvre sire (Retz, III, 31 ds Littré); 1910 triste sire (Lar. pour tous). Du lat. pop. *seior utilisé comme adresse, forme contractée peut-être sous l'infl. de maior, v. majeur (REW 7821) du class. senior, v. seigneur. Fréq. abs. littér.: 2 406. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 8 387, b) 2 460; xxes.: a) 1 519, b) 842. Bbg. Hollyman 1957, p. 102, 105-107. − O'Gorman (R.). Encore anc. fr. Sire ... Romania. 1965, t. 86, pp. 393-394. − Regnier (Cl.). À propos de « sire, seigneur » ... Romania. 1962, t. 83, pp. 117-118. − Richter (É.). Senior-sire. In: R. (E.). Kleinere Schriften zur allgemeinen und romanischen Sprachwissenschaft, 1977, pp. 395-409. − Sain. Arg. 1972 [1907] p. 51, 190. − Vitu (A.). Le Jargon du xves. Genève, 1977, pp. 501-503.

Wiktionnaire

Nom commun

sire \siʁ\ masculin

  1. (Désuet) Seigneur.
    • Et me fut dit que le sire de la Trémoille étoit envoyé de par le duc et les seigneurs au roi, à Paris, pour savoir son plaisir, et pour impétrer que on les pût combattre. — (Les Chroniques de Sire Jean Froissart , livre 2, chap. 67, A. Derez, Paris, 1835, p. 103)
    • L’archevêque défendit à ses sujets de payer au sire de Beaujeu le cens d’un brotteau, ou terre à faire paître le bétail, près du pont du Rhône, brotteau dont les sires de Beaujeu s’étaient emparés […] — (Pierre Clerjon, Histoire de Lyon, depuis sa fondation jusqu’à nos jours, vol. 1, Théodore Laurent éditeur, Lyon, 1830, p. 77)
  2. Titre que l’on donne aux empereurs et aux rois, en leur parlant ou en leur écrivant. Prend alors une majuscule.
    • Alors, Sire, dit Catherine, vos sujets les huguenots feront comme le sanglier à qui on ne met pas un épieu dans la gorge : ils découdront le trône. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VI)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SIRE. n. m.
Il se disait autrefois dans le sens de Seigneur. Le sire de Joinville a écrit l'histoire de saint Louis. Les sires de Coucy, de Beaujeu, de Créquy. On dit encore dans le langage familier et en plaisantant : Beau sire. Fam., C'est un pauvre sire, C'est un homme sans considération, sans capacité.

SIRE est encore le Titre qu'on donne aux empereurs et aux rois, en leur parlant ou en leur écrivant.

Littré (1872-1877)

SIRE (si-r') s. m.
  • 1Anciennement, titre donné à tous les seigneurs, soit justiciers, soit féodaux, et à plusieurs autres personnes. Le sire de Joinville a écrit l'histoire de saint Louis. Le perroquet dit : sire roi, Crois-tu qu'après un tel outrage Je me doive fier à toi ? La Fontaine, Fabl. X, 12. Le bon sire [le roi Soliveau] le souffre, et se tient toujours coi, La Fontaine, ib. III, 4. Il [le roi] vous l'écrit, c'est beaucoup que d'écrire Pour un roi tel qu'est le roi notre sire, La Fontaine, Poésies mêlées, LXXII. Il y avait toujours eu des sires en France, des Herren [seigneurs] en Allemagne, Voltaire, Mœurs, 96. Braque tes lunettes, vieux sire [Jupiter], Sur le front couronné par nous, Béranger, Bluets.
  • 2 Par antonomase. Titre qu'on donne aux empereurs et aux rois. Chimène : Sire, sire, justice. - D. Diègue : Ah ! sire, écoutez-nous, Corneille, Cid, II, 9. Puis en autant de parts le cerf il [le lion] dépeça, Prit pour lui la première en qualité de sire, La Fontaine, Fabl. I, 6. Le prince d'Orange ne se mêla point aux compliments, parce qu'il n'aurait point eu de sire, ni de Majesté, Saint-Simon, 31, 101. Un homme comme lui, Bonaparte, soldat, chef d'armée, le premier capitaine du monde, vouloir qu'on l'appelle Majesté ; être Bonaparte, et se faire sire ! il aspire à descendre ! Courier, Corr. mai 1804.
  • 3 Familièrement. Il se dit en parlant d'une personne sur laquelle on s'exprime sans gêne. Grâces à messieurs les humains, Qui deviennent d'étranges sires, Scarron, Gigant. I. Car chacun sait que vous méprisez l'or ; J'en fais grand cas ; aussi fait sire Pierre, Et sire Paul, enfin toute la terre : Toute la terre a peut-être raison, La Fontaine, Poés. mêl. LXXII. Quand l'animal porte-sonnette, Sauvage encore et tout grossier, Avec ses ongles tout d'acier Prend le nez du chasseur, happe le pauvre sire ; Lui de crier, chacun de rire, La Fontaine, Fabl. XII, 12. Sans compter, ronde ou non, la somme plut au sire, La Fontaine, Fabl. IX, 16. Sans être gascon, je puis dire Que je suis un merveilleux sire, La Fontaine, Cand.

    Un pauvre sire, un homme sans force, sans considération, sans capacité. Elle [Mme de Montbazon] disait à qui la voulait entendre que le pauvre sire [Beaufort] était impuissant, Retz, III, 31. Certes, dit-il [un rat], mon père était un pauvre sire ; Il n'osait voyager, craintif au dernier point, La Fontaine, Fabl. VIII, 9.

    Il se dit semblablement à une personne à qui l'on parle. Oui, sire, oui, beau sire. Or çà, sire Grégoire, Que gagnez-vous par an ? La Fontaine, Fabl. VIII, 2.

REMARQUE

Sire et seigneur étant le même mot, l'un au sujet, l'autre au régime, l'historique les comprend tous les deux.

HISTORIQUE

IXe s. Et Karlus meos sendra [au nominatif], Serment.

XIe s. Tu n'es mes hom, ne je ne sui tis sire, Ch. de Rol. XX. Sire [il] est par mer de quatre cens dromonz, ib. CXVII. [La lance] Dunt nostre sire [Jésus-Christ] fut en la cruiz naffret, ib. CLXXIX. E lui aidez e pur seignur tenez, ib. XXVI. Seignur barun, de Deu aiez vertut, ib. LXXX.

XIIe s. Biaux sire Diex, coment porai avoir Vraie merci ?…, Couci, XVII. On ne puet pas servir à tant seignour, ID. XXIV. Sire clerz, tout en haut [à haute voix] nous dites la leçon, Sax. XX. Qui donc veïst le duc nostre seignor prier Qu'il ait merci de s'ame, com de son chevalier…, ib. X. Lai [laisse] saint iglise aveir ses decrez e ses leis ; Ele est espuse Deu, qui est sire des reis, Th. le mart. 29. Se nos avons les biens recieuz de la main lo sanior, por coi ne sostenriens nos les malz ? Job, p. 452.

XIIIe s. Vous avés dit que vostre sire se merveille moult pour quoi nostre seigneur sont entré en sa terre ne en son reigne, Villehardouin, LXVII. Ha, sire Dieu ! fait-ele, qui es souverain pere, Berte, XVIII. Que tout li grand seignor, li comte et li marquis…, ib. V. Bien cuidoit estre sires [être heureux], qui veoir la [Berte] pooit, ib. CXXXV. Il est assés sire [maître, seigneur] du cors, Qui a le cuer en sa commande, la Rose, 2006. Li maris, de drois communs, est sires de ses biens et des biens à se [sa] feme, Beaumanoir, LVII, 2. Si comme noz avonz entendu des signeurs de lois [jurisconsultes], Beaumanoir, XII, 40. Li grant signeur qui tiennent en baronnie poent [peuvent] bien doner de lor heritage à lor homes, Beaumanoir, LXIX, 1. Et pour ce demoura celle emprise, que les seigneurs terrien ne s'i voudrent accorder que il y alast, Joinville, 275. Je, Jehane, dame de Fontaines sur Soume, le [la] vente devant dite voeil, gré, otri et conferme comme sires, Du Cange, siriaticus.

XIVe s. Messire Jehan Taupin seigneur en loix, clerc et conseiller de la chambre des enquestes, Du Cange, dominus. De son païs n'est pas sires qui n'est amez, Guesclin. 17846. Es lettres dou roy nostre sire, Bibl. des chartes, 4e série, t. III, p. 272. Or est il ainsi que le serf du seigneur d'un hostel, c'est sa possession, il est sien, Oresme, Éth. 155. L'exposant fut conseilliez d'aler à son parastre ou grant sire, Du Cange, siriaticus.

XVe s. Mesmement, le comte leur sire ne s'osoit clairement tenir en Flandre, Froissart, I, I, 9. Et chevauchoient [tous les seigneurs] ordonnéement et par connestablies, chacun sire entre ses gens, Froissart, I, I, 84. …La comtesse de Montfort… quand elle entendit que son sire estoit pris [le comte de Montfort], Froissart, I, I, 158. Un sire entre commun [un chef du peuple, un démagogue] ne vaut rien, s'il n'est redouté et renommé à la fois de cruauté, Froissart, II, II, 101. Ainsi furent les Anglois de la ville de Caen seigneurs trois jours…, Froissart, I, I, 272. Fut ordonné, pourtant que le pays ne pouvoit longuement demeurer sans seigneur, que… [Édouard II venait d'être renfermé au château de Bercler], Froissart, I, I, 26. Le suppliant dist à icellui Martin par doulceur : Beau sire, vous avez tort de prandre noise pour autruy… alors ledit Martin respondit qu'il n'estoit sire, et qu'il ne savoit se ledit suppliant l'estoit ; laquele parole de sire lui fut à moult grant desplaisance, pour ce que en laditte ville [de Ham] qui appelle ung beau sire, est autant comme de l'appeler coulx [cocu], Du Cange, siriaticus. Mais qu'uns hons soit bien vestus et forrés… On ly dira : sires, passez avant, Pour son habit. et c'est ce qui me tue, Deschamps, Poésies mss. f° 261. Jamais sire ne se face subjet Mais ses subgez tiengne en subgecion, Deschamps, ib. f° 127. Item qu'en leurs lettres ou escrits [les échevins de Gand] ne se nommeront plus seigneurs de Gand, ains se nommeront ainsi comme ceux des autres villes se nomment, Monstrelet, t. III, p. 54, dans LACURNE. Seigneurs varletz, quant viendra le roy mon seigneur ? Ma chere dame, disrent les valetz, il viendra tantost, Perceforest, t. II, f° 117. Et pour ce dist le saige verité ; car on ne peult servir à deux seigneurs, que l'ung ne se plaingne, ib. t. I, f° 122. Je vous meneray veoir vostre grant sire [grandpère] et son frere le roy Perceforest, qui vivent à grand peine par leur meshain et vieillesse, ib. f° 141. Sire, dist Lyonnel, qui bon seigneur sert, bon loyer en attent, ib. t. I, f° 106. Le bon seigneur fait la bonne mesgniée, et la bonne mesgniée represente la bonté du seigneur, ib.

XVIe s. Si le mur commun chet, tombe ou est en danger de ruine, les seigneurs dudit mur commun seront tenus le refaire à frais communs, Coust. gén. t. I, p. 882. Quel appetit ne se rebuteroit à veoir trois cents femmes à sa mercy, comme les a le grand seigneur en son serrail ? Montaigne, I, 332. Sire, c'est un tiltre qui se donne à la plus eslevée personne de nostre estat, qui est le roy ; et se donne aussi au vulgaire comme aux marchands, et ne touche point ceulx d'entre deux, Montaigne, I, 387. Il demanda qui estoient ces seigneurs ; on lui respondit qu'ils estoient seigneurs vraiement, que c'estoient les bouchers de la ville, D'Aubigné, Faen. I, 5. Le roy, qui, pour son excellence et prerogative de dignité, est par ses sujets appellé sire, n'a peu empescher que ce mesme tiltre n'ait esté baillé aux simples marchands ; et de là est venu ce gaillard epigramme de Clement Marot, où il appelle deux marchands ses creanciers : sire Michel, sire Bonaventure, Pasquier, Recherches, VIII, p. 669. Tel seigneur, tel chien, Cotgrave Au monde n'a si grand dommage que de seigneur à fol courage, Cotgrave Jamais ne gaigne qui plaide à son seigneur, Cotgrave On ne doit pas bonne terre pour maulvais seigneur laisser, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 99. Gringalet et ses associez… arraisonnent maistre Pierre [un apothicaire] (car le mot de sire ne luy estoit encore convenable pour n'estre que garçon et non marié), Noël Dufail, Cont. d'Eutrap. ch. XXIV.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SIRE, s. m. (Hist. mod.) est un titre d’honneur qu’on ne donne en France qu’au roi seul, & qui est comme une marque de souveraineté. Dans tous les placets, les demandes, les lettres, les discours, qui s’addressent au roi, on lui donne la qualité de sire.

Quelques-uns dérivent ce mot du latin herus, maître ; il semble que ce soit l’opinion de Budée, qui, en parlant au roi François premier, le nomme toujours here, maître ou sire : d’autres le dérivent du grec κύριος, seigneur ; telle est l’opinion de Pasquier ; cet auteur ajoute que les anciens Francs donnoient le même titre à Dieu, en le nommant beau sire diex ; d’autres font venir ce mot du syriaque, & soutiennent qu’on le donnoit d’abord aux marchands qui négocioient en Syrie. Ménage prétend qu’il vient de senior, ancien, d’où est venu seigneur, ensuite seignor, & sire.

Anciennement on se servoit également du mot sire, dans le même sens que sieur & seigneur, & on l’appliquoit aux barons, aux gentilhommes, & aux citoyens. Voyez Sieur.

Le sire de Joinville a écrit l’histoire de S. Louis.

Il n’y avoit que certaines familles d’une noblesse distinguée, qui pouvoient prendre le nom de sire, devant le nom de leur maison, comme les sires de Coucy, les sires de Beaujeu ; mais lorsque le mot de sire se trouve dans nos anciens auteurs, avec le nom de baptême, il signifie très-peu de chose. Loyseau dit que les barons de France, qui étoient barons des duchés ou comtés relevant de la couronne, pour se distinguer des barons inférieurs, s’appellerent sires, comme sire de Bourbon, &c. On donne aussi au roi d’Angleterre le titre de sire, soit en lui parlant, soit en lui écrivant. Dans le même royaume le titre de sir, qui vient de sire, est donné à toutes les personnes de distinction qui sont au-dessous des barons, & lorsqu’on parle d’un baronnet, ou d’un simple chevalier, on l’appelle toujours par son nom de baptême, joint à celui de sir, comme sir Philippe Sydney. Lorsque le roi d’Angleterre crée un simple chevalier, il le nomme par son nom de baptême, lui commande de se mettre à genoux, & après lui avoir touché l’épaule gauche de son épée nue, il lui dit en anglois, rise sir, c’est-à-dire, levez-vous chevalier, & il le nomme. Miege, état nouveau de la grande Bretagne.

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Étymologie de « sire »

(Date à préciser) De l’ancien français sire, cas sujet de sieur, issu d’un latin populaire *seiior, variante dénasalisée du latin senior, ce dernier ayant donné régulièrement sendra (Serments de Strasbourg) en ancien français. Du même mot latin senior à la forme accusative seniorem est issu le mot seigneur[1].
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Provenç. sire, cyre, senhdre, senher, senhor ; catal. senyor ; espagn. señor ; portug. senhor ; ital. sire, sere, signore. L'étymologie de ce mot est restée longtemps obscure. Aujourd'hui il est établi que sire est le nominatif, et segnor le régime ; que sire est une atténuation de la forme primitive sendra ou sendre, laquelle représente le latin senior avec l'accent sur se ; et que segnor représente seniorem, avec l'accent sur O. Senior, qui signifie plus vieux, est le comparatif de senex (voy. SÉNILE et SÉNAT) ; l'autorité accordée à l'âge a fait passer le sens de vieillard à celui de seigneur.

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Phonétique du mot « sire »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sire sir

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Traductions du mot « sire »

Langue Traduction
Anglais sire
Espagnol padre
Italien sire
Allemand vater
Chinois 父亲
Arabe مولى
Portugais pai
Russe сир
Japonais 父親
Basque sire
Corse sire
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Synonymes de « sire »

Source : synonymes de sire sur lebonsynonyme.fr

Sire

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