La langue française

Racornir

Définitions du mot « racornir »

Trésor de la Langue Française informatisé

RACORNIR, verbe

I. − Empl. trans.
A. − Rendre dur comme la corne. Synon. dessécher, durcir.Le toucher du violon, du violoncelle, racornit l'extrémité des doigts (Ac.).
Empl. pronom. En vain le vieux baudet sentait ses dents jaunir, Ses sabots s'écailler, sa peau se racornir (Rollinat,Névroses,1883, p. 175).
B. − Au fig. Rendre dur et insensible. Synon. endurcir.Le cœur de d'Alembert, quoique raccorni par l'orgueil et par une philosophie glaciale, ne tenait pas contre ce discours [de Saint Paul] (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb., t. 2, 1821, p. 183).La solitude m'a racorni et me rend souvent, je le sens, intolérant et injuste (Claudel,Corresp. [avec Gide], 1908, p. 88).
Empl. pronom. Eh bien! disait-elle aux détracteurs du bonhomme, est-ce que nous ne devenons pas tous plus durs en vieillissant? Pourquoi ne voulez-vous pas qu'il se racornisse un peu, cet homme? (Balzac,E. Grandet,1834, p. 207).
II. − Empl. intrans. Se dessécher tout en se durcissant et en diminuant de volume. Synon. (se) rabougrir, (se) ratatiner.Dans le réchaud, les grillades de lard avaient eu le temps de racornir: elles étaient si sèches que l'une s'émietta au toucher (Guèvremont,Survenant,1945, p. 156).
Empl. pronom. Des oranges qui se racornissent sur les cheminées (Zola,Assommoir,1877, p. 686).
Fam., au part. passé. Desséché, rapetissé. Le capitaine, un vieux petit homme tanné, séché, raccourci, racorni, rétréci par les vents durs et salés, apparut sur le pont (Maupass.,Une Vie,1883, p. 72).
Prononc. et Orth.: [ʀakɔ ʀni:ʀ], (il) racornit [-ni]. Ac. 1694, 1718: raccornir; dep. 1740: racornir. Étymol. et Hist. 1. Ca 1330 fig. soi racornir « (d'une personne) devenir dur, sec, insensible » (Guillaume de Digulleville, Vie hum., 11260 ds T.-L.); 1767, 26 juill. part. passé vieilles idées, raccornies dans mon cerveau (J.-J. Rousseau, à Mirabeau ds Corresp., éd. R. A. Leigh, t. 33, Oxford, 1979, p. 238); 1817 esprit racorni (Stendhal, Rome, Naples et Flor., t. 1, p. 224); 1821 trans. (J. de Maistre, op. cit., t. 1, p. 222: [la philosophie] racornit l'esprit); 2. domaine phys. a) 1413 chardons racornis (Frere Nicole, Trad. du Liv. des prouffitz champ. de P. des Crescens, fol. 73 r ods Gdf. Compl.); 1606 intrans. (Nicot); 1690 réfl. (Fur.: les souliers se racornissent au feu); b) en parlant d'une personne 1606 trans. (Nicot: Je vous raccorniray les oreilles à force de les tirailler); 1834 figures racornies (Balzac, E. Grandet, p. 314); 1848 subst. un vieux racorni (Flaub., Champs et grèves, p. 318). Dér. de corne*; préf. re-* et a-1*; dés. -ir; cf. Poitou acornir « être abattu par la maladie », Cancale acôni « trop cuit (de légumes) », FEW t. 2, p. 1198a. Fréq. abs. littér.: 20.
DÉR.
Racornissement, subst. masc.a) Action de racornir ou de se racornir; résultat de cette action. Synon. durcissement, dessèchement.Le séchage (...) est un procédé économique, mais il doit être conduit avec soin et pratiqué à l'ombre car un séchage trop rapide provoque le ridage et le raccornissement [des peaux] (Bérard, Gobilliard,Cuirs et peaux,1947, p. 18).b) P. ext., fam. [En parlant d'une pers.] Fait, avec l'âge, de se dessécher physiquement, de rapetisser. Le beau Kaumard, qu'il compare à un Sicambre et qui mourut dans un état de racornissement, de réduction, semblable à celle que les Indiens opèrent sur une tête desséchée (Goncourt,Journal,1891, p. 164).c) Au fig. [En parlant d'une pers.] Fait de devenir dur et insensible. Vous lutterez contre les liens de l'homme avec les biens matériels. Et vous fonderez l'homme dans le petit d'homme en lui enseignant d'abord l'échange car, hors l'échange, il n'est que racornissement (Saint-Exup.,Citad.,1944, p. 590). [ʀakɔ ʀnismɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1798. 1resattest. a) Domaine phys. 1798 « état de ce qui est racorni » (Ac.), 1802 « action de se racornir » (Bonald, Législ. primit., t. 1, p. 271), b) au fig. 1944 (Saint-Exup., loc. cit.); du part. prés. de racornir, suff. -(e)ment1*.

Trésor de la Langue Française informatisé

RACORNIR, verbe

I. − Empl. trans.
A. − Rendre dur comme la corne. Synon. dessécher, durcir.Le toucher du violon, du violoncelle, racornit l'extrémité des doigts (Ac.).
Empl. pronom. En vain le vieux baudet sentait ses dents jaunir, Ses sabots s'écailler, sa peau se racornir (Rollinat,Névroses,1883, p. 175).
B. − Au fig. Rendre dur et insensible. Synon. endurcir.Le cœur de d'Alembert, quoique raccorni par l'orgueil et par une philosophie glaciale, ne tenait pas contre ce discours [de Saint Paul] (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb., t. 2, 1821, p. 183).La solitude m'a racorni et me rend souvent, je le sens, intolérant et injuste (Claudel,Corresp. [avec Gide], 1908, p. 88).
Empl. pronom. Eh bien! disait-elle aux détracteurs du bonhomme, est-ce que nous ne devenons pas tous plus durs en vieillissant? Pourquoi ne voulez-vous pas qu'il se racornisse un peu, cet homme? (Balzac,E. Grandet,1834, p. 207).
II. − Empl. intrans. Se dessécher tout en se durcissant et en diminuant de volume. Synon. (se) rabougrir, (se) ratatiner.Dans le réchaud, les grillades de lard avaient eu le temps de racornir: elles étaient si sèches que l'une s'émietta au toucher (Guèvremont,Survenant,1945, p. 156).
Empl. pronom. Des oranges qui se racornissent sur les cheminées (Zola,Assommoir,1877, p. 686).
Fam., au part. passé. Desséché, rapetissé. Le capitaine, un vieux petit homme tanné, séché, raccourci, racorni, rétréci par les vents durs et salés, apparut sur le pont (Maupass.,Une Vie,1883, p. 72).
Prononc. et Orth.: [ʀakɔ ʀni:ʀ], (il) racornit [-ni]. Ac. 1694, 1718: raccornir; dep. 1740: racornir. Étymol. et Hist. 1. Ca 1330 fig. soi racornir « (d'une personne) devenir dur, sec, insensible » (Guillaume de Digulleville, Vie hum., 11260 ds T.-L.); 1767, 26 juill. part. passé vieilles idées, raccornies dans mon cerveau (J.-J. Rousseau, à Mirabeau ds Corresp., éd. R. A. Leigh, t. 33, Oxford, 1979, p. 238); 1817 esprit racorni (Stendhal, Rome, Naples et Flor., t. 1, p. 224); 1821 trans. (J. de Maistre, op. cit., t. 1, p. 222: [la philosophie] racornit l'esprit); 2. domaine phys. a) 1413 chardons racornis (Frere Nicole, Trad. du Liv. des prouffitz champ. de P. des Crescens, fol. 73 r ods Gdf. Compl.); 1606 intrans. (Nicot); 1690 réfl. (Fur.: les souliers se racornissent au feu); b) en parlant d'une personne 1606 trans. (Nicot: Je vous raccorniray les oreilles à force de les tirailler); 1834 figures racornies (Balzac, E. Grandet, p. 314); 1848 subst. un vieux racorni (Flaub., Champs et grèves, p. 318). Dér. de corne*; préf. re-* et a-1*; dés. -ir; cf. Poitou acornir « être abattu par la maladie », Cancale acôni « trop cuit (de légumes) », FEW t. 2, p. 1198a. Fréq. abs. littér.: 20.
DÉR.
Racornissement, subst. masc.a) Action de racornir ou de se racornir; résultat de cette action. Synon. durcissement, dessèchement.Le séchage (...) est un procédé économique, mais il doit être conduit avec soin et pratiqué à l'ombre car un séchage trop rapide provoque le ridage et le raccornissement [des peaux] (Bérard, Gobilliard,Cuirs et peaux,1947, p. 18).b) P. ext., fam. [En parlant d'une pers.] Fait, avec l'âge, de se dessécher physiquement, de rapetisser. Le beau Kaumard, qu'il compare à un Sicambre et qui mourut dans un état de racornissement, de réduction, semblable à celle que les Indiens opèrent sur une tête desséchée (Goncourt,Journal,1891, p. 164).c) Au fig. [En parlant d'une pers.] Fait de devenir dur et insensible. Vous lutterez contre les liens de l'homme avec les biens matériels. Et vous fonderez l'homme dans le petit d'homme en lui enseignant d'abord l'échange car, hors l'échange, il n'est que racornissement (Saint-Exup.,Citad.,1944, p. 590). [ʀakɔ ʀnismɑ ̃]. Att. ds Ac. dep. 1798. 1resattest. a) Domaine phys. 1798 « état de ce qui est racorni » (Ac.), 1802 « action de se racornir » (Bonald, Législ. primit., t. 1, p. 271), b) au fig. 1944 (Saint-Exup., loc. cit.); du part. prés. de racornir, suff. -(e)ment1*.

Wiktionnaire

Verbe

racornir \ʁa.kɔʁ.niʁ\ transitif 2e groupe (voir la conjugaison)

  1. Donner à quelque chose la consistance de la corne.
    • Le toucher du violon, du violoncelle racornit l’extrémité des doigts.
  2. Dessécher, rendre dur et coriace.
    • Le feu a racorni ce cuir, ce parchemin. Le feu a tout racorni cette viande. La viande se racornit à force de cuire.
    • Là, les pauvres plantes souffrent, se rident, se dessèchent, se racornissent et s’en iraient en poussière si l’on en faisait de la cendre. — (Gustave Flaubert et Maxime Du Camp, Par les champs et les grèves (Voyage en Bretagne), 1886, Le Livre de poche, page 152, 2012)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

RACORNIR. v. tr.
Donner à quelque chose la consistance de la corne. Le toucher du violon, du violoncelle racornit l'extrémité des doigts. Il signifie aussi Dessécher, rendre dur et coriace. Le feu a racorni ce cuir, ce parchemin. Le feu a tout racorni cette viande. La viande se racornit à force de cuire. Des fruits qui se sont tout racornis. Le participe passé

RACORNI signifie, familièrement, Qui semble rapetissé, qui ne peut plus se développer et s'étendre. Cet homme a un rhumatisme qui le tient tout racorni, qui lui donne un air racorni. Il s'emploie aussi, figurément et familièrement, pour désigner Quelqu'un dont l'intelligence est diminuée, rétrécie. Il a l'esprit racorni. Substantivement, Un racorni.

Littré (1872-1877)

RACORNIR (ra-cor-nir) v. a.
  • 1Donner à une chose la consistance de la corne. Le toucher dur et meurtrissant du violoncelle, de la contre-basse, du violon même, en rendant les doigts plus flexibles, racornit leurs extrémités, Rousseau, Ém. II.
  • 2Rendre dur et coriace. Le feu a tout à fait racorni cette viande. Le jeu perpétuel des vaisseaux nécessaires à ce remplacement [des particules, dans la nutrition] altère peu à peu l'économie générale de la machine, racornit des parties qui devraient demeurer souples…, Bonnet, Paling. XXII, 6.
  • 3Se racornir, v. réfl. Devenir dur et coriace. La viande se racornit à un feu violent.

    Fig. J'avais pensé que les fibres du cœur se racornissaient avec l'âge, Diderot, Lett. à Mlle Voland, 3 sept. 1774.

    Devenir sec, maigre en vieillissant.

HISTORIQUE

XVIe s. Raccornir, Cotgrave

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « racornir »

 Dérivé de corne avec le préfixe ra- et le suffixe -ir.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Re…, et un verbe inusité acornir, de à et corne.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « racornir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
racornir rakɔrnir

Citations contenant le mot « racornir »

  • Nous sommes vivantes et vivants, parce que leur vieux monde se décompose, qu’ils ne s’en rendent pas compte, mais que nous, nous voyons leurs vieux corps encravatés, vieux dès leur sortie des Grandes Écoles, vieux de n’être pas encore nés au monde, croupir et s’avachir sous leurs vieilles coupoles, dans leurs vieux bureaux et leurs vieilles structures, se racornir et flétrir devant les micros où ils viennent nous dire à nous, nous qui sommes vivants, nous qui aimons et luttons, que le monde bouge et que nous devons suivre sa marche alors qu’ils sont plantés en terre comme de tristes arbres morts, de mesquines bornes automatiques hors-service dépassant au milieu d’un parking à l’abandon. Club de Mediapart, Nous sommes vivants et ils sont morts | Le Club de Mediapart
  • La Poste ne se fait pas d'illusion sur un potentiel rebond du nombre de lettres dans les années à venir : son coeur de métier historique va continuer inéluctablement à se racornir. Mais pas question d'ajuster à due proportion les effectifs, même si tous les départs à la retraite ne sont pas intégralement remplacés. Les Echos, La Poste va recruter plus de 3.000 facteurs en 2018 | Les Echos
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  • Pour lui, tout a peut-être commencé lors d’un séjour en Egypte avec sa mère, chimiste estonienne, à l’âge de 13 ans. Fasciné par le monde antique et les momies, il s’oriente pourtant vers la médecine quand il constate que l’égyptologie est trop poussiéreuse pour son tempérament fonceur. Mais les études médicales puis les recherches sur les virus ne seront qu’un détour pour mieux revenir à ses premières amours : étudiant à Uppsala, il profite du four de son laboratoire pour faire lentement racornir un foie de veau, succédané odorant de momie. Le Temps, Svante Pääbo, l’infatigable chasseur de génomes - Le Temps

Images d'illustration du mot « racornir »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « racornir »

Langue Traduction
Anglais shrivel
Espagnol marchitar
Italien avvizzire
Allemand schrumpfen
Chinois 萎缩
Arabe ذبل
Portugais encolher
Russe высыхать
Japonais しわ
Basque shrivel
Corse shrivel
Source : Google Translate API

Synonymes de « racornir »

Source : synonymes de racornir sur lebonsynonyme.fr

Racornir

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