La langue française

Putain

Définitions du mot « putain »

Trésor de la Langue Française informatisé

PUTAIN, subst. fém.

A. − Trivial
1. Prostituée qui exerce son métier dans la rue ou en maison de tolérance. Synon. catin, pute.Cette Leininger, c'est du vice tout froid, tout arithmétique, que ne monte pas même le vin, enfin une prostituée sans le tempérament d'une vraie putain (Goncourt,Journal,1875, p. 1070).Je préfère (...) les hommes qui couchent avec les putains sans faire de phrases, aux puritains qui les font enfermer sous prétexte de les relever (Vailland,Drôle de jeu,1945, p. 112):
1. En quoi pouvaient compter ces filles « sérieuses », ces sales bourgeoises (...) auprès de cette chasse sombre à la putain, en pleine rue, en plein soleil, auprès de cette joie farouche de coucher avec tout Paris, avec ces sexes de Paris, pour un coup d'œil, pour l'argent, pour la sincérité criante de deux cents francs donnés, d'un corps offert, d'un amour d'oiseau et d'un oubli mutuel. R. Fallet,Pigalle,1981 [1979], p. 41.
Rare. [À propos d'un homme] [Des femmes seules] essaient d'abord de trouver des petits amis (...). Très vite elles s'aperçoivent que les garçons font semblant d'être amoureux pour mieux les gruger (...). Alors, dégoûtées, elles préfèrent avoir recours à une « putain ». Elles se disent: « Au moins je le paie (...) » (Elle,30 sept. 1974, p. 37, col. 2).
Rem. S'écrit parfois p... pour atténuer la trivialité du mot: Les femmes [qui s'étaient prostituées avec l'armée allemande] furent refoulées. Elles eurent beau supplier, se jeter aux pieds des officiers, pleurer, expliquer qu'on les tuerait si elles retournaient en France. − Pas besoin de p... en Allemagne! répondirent-ils. Elles furent expulsées (Van der Meersch, Invas. 14, 1935, p. 414). V. également infra B 1 ex. de Musette.
Loc. diverses
Faire la putain. Synon. de se prostituer.Je passais des après-midi à bavarder avec Fortunette, vieille provençale qui avait fait longtemps la putain à Buenos-Aires (T'Serstevens,Itinér. esp.,1963, p. 276).
P. métaph. ou au fig. [Par recoupement de infra A 3] Quand on me [un médecin] reconduisait à la porte (...) je me lançais dans des tas de commentaires rien que pour éluder l'instant du paiement quelques minutes de plus. Je ne savais pas faire ma putain (Céline,Voyage,1932, p. 329).Il ne s'agit pas de faire la putain devant des hommes. La discipline, c'est être le patron, et donner à ces gens l'idée qu'ils sont foutus sans vous (Nizan,Conspir.,1938, p. 80).
Enfant, fils de putain. [En manière d'injure] J'ai entendu une poissarde dire à son fils: Petit polisson! attends, fils de putain, je te ferai voir que je suis ta mère (Dhautel,Note manuscrite,1808ds Larchey, Excentr. lang., 1862, p. 265).[Sans idée partic. de prostitution] Je m'en fous, moi, de votre politique d'enfants de putains! (Malraux,Espoir,1937, p. 643).
Peine de putain (arg.). Peine légère infligée par un tribunal correctionnel. S'il portait le deuil, ce fromage, ça n'irait pas chercher le gros tarif... deux mois au plus. Sur une jambe que ça s'expie, le dicton chez les hommes... une peine de putain (A. Boudard, L'Hôpital, 1974 [1972], p. 125).
P. anal. ou au fig. Oh! Le peuple n'est plus une putain. Trois pas Et, tous, nous avons mis ta Bastille en poussière (Rimbaud,Poés.,1871, p. 53).Comme on allait, cette fois, prendre Nantes, la putain républicaine, que le soleil s'était couché en ciel clair, que la fenaison s'annonçait bien, ils [les paysans] étaient venus allègrement (Morand,P. de Saligny, 1947, p. 170).
2. P. ext. Femme de mœurs faciles ou qui se livre à la débauche. Synon. grue1, catin.Le domaine dépecé a été vendu par lots innombrables à une éligible postérité de la valetaille des putains du roi (Bloy,Femme pauvre,1897, p. 242).Je connais qu'un amour moi, monsieur! Je suis pas une putain moi! (Céline,Voyage,1932p. 607).
2. Il est extraordinaire, ajoutait-il. Partout les putains les plus en vue n'ont d'yeux que pour lui (...). Je ne peux pas aller avec lui au restaurant sans que le garçon lui apporte les billets doux d'au moins trois femmes. Proust,Prisonn.,1922, p. 218.
Empl. adj. Il faut être rudement putain pour garder chez soi de pareilles horreurs [des livres érotiques], et pour s'amuser avec (Mirbeau,Journal femme ch.,1900, p. 115).La femme écoute d'un air indiciblement résigné ses deux derniers maris lui dire qu'elle est trop putain pour qu'on cherche à la conserver (Gide,Voy. Congo,1927, p. 759).
En partic., péj. Femme qui a un amant. Synon. maîtresse.Sais-tu ce que m'a rétorqué mon ami, mon ami d'enfance Montefeltro? « Comment, toi, Marino Minutello, peux-tu rester insensible aux cris de frère Jérôme qui dénonce la turpitude de Rome, toi dont la fille Faustina est la putain d'un cardinal? » (Salacrou,Terre ronde,1938, i, 4, p. 165).
[Injure forte, à l'adresse d'une femme, avec ou sans idée précise de débauche] Je suis allée faire des livraisons de Modes autrefois dans la maison publique. Eh bien! Quand elles « se disputent » elles ne se traitent pas de « putains », comme nous (Jouhandeau,M. Godeau,1926, p. 99).C'était Respellière (...) qui n'avait pas supporté de voir sa femme pelotée par un simple soldat. On entendit: « Putain! » et une claque (Aragon,Beaux quart.,1936, p. 186).
Loc., vieilli
Miroir à putain(s). Jeune homme séduisant. Avec une pintade J'ai vu passer Contade, Ce miroir à putain Qui perd son tain (Toulet,Vers inéd.,1920, p. 63).
Empl. adj., arg. Putain comme chausson. Très débauché. Total: C'est fade et palisson Et c'est putain comme chausson (Verlaine, Œuvres compl., t. 3, Invect., 1896, p. 368).
3. Fam., fréq. en empl. adj. [En parlant d'une pers. ou d'un groupe de pers.] Qui veut plaire à tout le monde, qui suit n'importe quel parti, qui manque d'amour-propre, de sens moral. Je suis presque sûr que Gautier ne t'a pas vue dans la rue lorsqu'il ne t'a pas saluée (...). C'eût été une insolence gratuite, qui n'est pas du reste dans ses allures; c'est un gros bonhomme fort pacifique et très putain (Flaub.,Corresp.,1853, p. 365).Pendant quelque temps, je voudrais que tu suives tous les dîners que donne Catherine. On compte beaucoup sur les trotzkystes dans ces milieux-là, on y est assez putain au point de vue intellectuel (Abellio,Pacifiques,1946, p. 229):
3. Cette presse du Figaro, du Gaulois; cette presse sans une révolte, sans une indignation, sans un écœurement contre le néant de la pièce de Zola, cette presse bienveillante, bonasse, dégoûtamment putain [it. ds le texte], quand on pense à ce qu'elle a été pour Renée Mauperin, tout incomplète qu'était la pièce... Goncourt,Journal,1887, p. 649.
B. − Pop., vulg., loc. et empl. exclam. [Sans idée de prostitution ou de facilité de mœurs]
1. Putain de + subst.désignant une personne, une chose, une situation que l'on maudit, méprise, qui irrite ou plus rarement que l'on envie. C'était ce putain de régisseur en personne (M. Stéphane, Ceux du trimard,1928, p. 67).Il est superbe. Il a une de ces putains de canadienne à me faire baver (Giono,Gds chemins,1951, p. 112).V. dieu 1reSection I B 2 a ex. de Giono.
P. ell. L'enthousiasme hélas c'est rien que pour nous, ce putain! (Céline,Voyage,1932, p. 48).
Empl. adj. [Chez Céline] Je l'ai payée à la fin! Tout payé! Sous par sous! De la garcerie de ma putaine existence! (Céline,Mort à crédit,1936, p. 48).
[Souvent en manière de juron] Putain de métier, de pays, de vie! − « Fera chaud tout à l'heure, sur la route! J'vous le dis! » − « Putain de temps! » grommelle l'hercule en sueur, sans interrompre son travail (Martin du G.,Vieille Fr.,1933, p. 1020).Ah! Eh bien tu récolteras les fruits! Toi même, tu m'entends?... Ton fils pourri tu l'as voulu!... Garde-le alors! Toi toute seule!... Putain de bordel de bon Dieu de sort! (Céline,Mort à crédit,1936, p. 385).
[Dans le parler des pieds-noirs] La putain de sa mère, de sa sœur, de toi. Des autes coups [pendant ma sieste solitaire] y me rentre des mouches petites dedans le nez pour me chatouiller pour pas que je pionce. La p. d'sâ sœur! (Musette,Mariage Cagayous,1905-06, p. 9).
2. Interj. [Marque la surprise, l'étonnement, l'admiration ou l'indignation] Ah, putain! Mes joies familiales!... Le froid, la faim, l'injustice, l'envie, la révolte... on m'avait mis apprenti chez un forgeron, qui me payait en coups de pied dans les fesses (Martin du G.,Thib., Été 14, 1936, p. 43).Devant les ronds de crasse étalés sur la flotte de la baignoire, il remarqua: − Putain! C'était pas du luxe (Le Breton,Rififi,1953, p. 29):
4. Il y avait personne [sur une plage]. Le soleil est descendu derrière la ligne d'horizon (...). Le bruit des vagues était le même depuis des millions d'années, j'ai trouvé ça reposant, je dirais encourageant, rassurant, étourdissant. Ma planète bleue, ô ma petite planète bleue, putain que Dieu te bénisse! Ph. Djian, 37,2 ole matin,1986 [1985], p. 352.
REM. 1.
Putanat, subst. masc.,fam., trivial. a) Synon. de prostitution, putanisme (infra dér.), putasserie.Le p[utanat] osait s'exercer dans les temples (de Rome) (Pommier,Colères,1844, p. 3).Le sang-froid avec lequel cette jeunesse considère le sexe et l'amour − cela ne fait plus d'histoire, rien de plus simple pour Skolimovski, Godard, et même pour les jeunes Italiens pourtant obligés de recourir au putanat clandestin (Arts, 27 avr.-3 mai 1966, p. 61, col. 3).b) P. méton. Lieu de prostitution ; état, profession de prostituée. Les sauteries en plein air achalandées par les putanats ambiants (Bloy,Désesp.,1886, p. 316).c) Au fig. Fait de prostituer son savoir-faire, sa compétence, sa dignité pour gagner sa vie, pour se faire connaître. [Les artistes anglais] donnent l'impression de travailler plus calmement [que les artistes français], sans se presser, ce qui n'a rien à voir avec le putanat romantique que l'on sait (Les Lettres fr.,17 janv. 1968, p. 28, col. 2).
2.
Putanier, -ière, adj.,trivial. Qui concerne la prostitution. Il va en Hollande, il y rencontre une certaine Lenki, qui a eu d'abord une longue liaison de femme entretenue, puis carrément une activité putanière (Le Figaro littér.,17 févr. 1969, p. 18, col. 1).
3.
Putinage, subst. masc.,trivial. a) [Corresp. à supra A 2] Fait (pour une femme) d'être de mœurs faciles. La lettre du marquis est polie et il me dit que sa famille compte 49 Mailly morts sur les champs de bataille (...). Ça lave bien du putinage passé [d'une parente], ces glorieux 49 décès (Goncourt,Journal,1879, p. 43).b) Au fig. Fait de prostituer son esprit en cherchant à plaire à tout le monde. Le journalisme, le courant commun (...), le putinage d'esprit (...) l'ont abaissé [Gautier] souvent au niveau de ses confrères (Flaub.,Corresp.,1852, p. 399).
4.
Putinerie, subst. fém.,trivial. État, vie de putain; caractère de putain. La jeune sœur de MmeCabat (...) qui semble avoir l'enragement de vivre dans cette atmosphère d'amour et de putinerie sans en avoir sa petite part (Goncourt,Journal,1878, p. 1252).La putinerie de ses regards longs, l'impudence de sa bouche (Goncourt,Journal,1885, p. 514).
Prononc. et Orth.: [pytε ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1121-34 « femme de mauvaise vie » (Philippe de Thaon, Bestiaire, 834 ds T.-L.); 1278 terme d'injure à l'adresse d'une femme débauchée dame putain, Orde ribaude (Sarrazin, Hem, éd. A. Henry, 3042); b) 1853 adj. fig. et fam. « qui prostitue son amitié au premier venu, qui cherche à plaire à tout le monde » ici d'un homme (Flaub., loc. cit.); 2. 1863 putain de + nom « marque le mépris, l'exaspération » un « putain » de chat (Goncourt, op. cit., p. 1238); cf. 1916 ma putain de vie (Barbusse, Feu, p. 121); 3. 1931 putain! interj. triviale qui marque l'étonnement, le dépit, la colère, etc. (Mac Orlan, La Bandera, XI ds Rob.). Anc. cas régime en -ain (v. aussi nonnain) de l'a. fr. pute, v. pute; cf. aussi l'a. prov. putan(a) « fille, putain » (Rayn.; FEW t. 9, p. 635a) d'où l'ital. puttana (DEI). Fréq. abs. littér.: 388. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 54, b) 1 032; xxes.: a) 487, b) 757.
DÉR.
Putanisme, subst. masc.,trivial, vieilli. a) α) Prostitution, débauche. (Dict. xixeet xxes.). Synon. putanat (supra rem.), putasserie, putinerie. β) Au fig. Comportement qui traduit une mentalité vénale, par l'absence de sens moral. Avez-vous été intéressé par une lettre sur le [putanisme of the English queen]? C'est une folle dans le genre ignoble et bas, une héroïne de corps de garde, voilà enfin le mot propre, pleine du plus grand courage (Stendhal,Corresp.,1820, p. 198).Fould, à qui je parle de cela [la saisie d'un journal] aujourd'hui, m'a dit: « C'est Mocquard qui a empêché l'ordre, ou le préfet de police, que Villemessant a dans sa manche... » et About ajoute: « Vous n'avez pas idée de ce que c'est que le gouvernement. Le putanisme y règne » (Goncourt,Journal,1860, p. 699).b) Commerce que l'on a avec les prostituées. Cet homme a longtemps donné dans le putanisme (Ac.1798, 1835).[pytanism̭]. Att. ds Ac. 1694-1835. 1resattest. a) ca 1584 « prostitution, débauche » (Brantôme, Des Dames, II ds Œuvres compl., éd. L. Lalanne, t. 9, p. 299), b) 1694 « commerce qu'on a avec des prostituées » un homme [...] plongé dans le putanisme (Ac.); dér. sav. de putain, suff. -isme*.
BBG. Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 598. − Pohl (J.). Contribution à l'hist. de qq. mots. Fr. mod. 1963, t. 31, p. 302. − Popelar (I.). Das Akademiewörterbuch von 1694... Tübingen, 1975, p. 200 (s.v. putanisme).

Wiktionnaire

Nom commun

putain \py.tɛ̃\ féminin

  1. (Vulgaire) (Péjoratif) Prostituée.
    • Putain s. f. Ce mot ne se dit que par le peuple, & les honnêtes gens évitent de le prononcer. Fille ou femme qui a fait banqueroute à l’honneur.
      Putanisme
      s. m. Vie ou condition de putain.
      Putassier
      s. m. Homme qui aime & cherche les putains, qui fréquente les mauvais lieux — (François Halma, Le Grand Dictionnaire françois & flamand, J. de Wetstein, Leide, et J. van Poolsum, Utrecht, 1761 (5e édition))
    • — Ma chère petite amie, je suis bien heureux que tu sois venue.
      Elle avait un sourire de pauvre petite putain, ce sourire qu’elles prêtent à ceux qui paient. Elle répondit :
      — Vraiment ?
      — (Charles-Louis Philippe, Bubu de Montparnasse, 1901, réédition Garnier-Flammarion, page 83)
    • Dans les deux salles intérieures cependant il n'y avait pas de vagabonds mais bien de vieilles tapineuses grossièrement embijoutées, des jeunes putains de quatorze ans à l'air déjà insolent, yeux cernés et signes pâles de la tuberculose, […]. — (Umberto Eco, Le cimetière de Prague, traduit de l'italien par Jean-Noël Schifano, éd. Grasset, 2011)
  2. (Vulgaire) (Injurieux) Femme de vie dissolue, de mauvaise vie. — (Philippe de Thaon, Bestiaire, 834 ds T.-L.). Note : Souvent renforcé par « sale » ou « grosse » pour renforcer le caractère injurieux.
    • Il traita d’abord Joséphine de putain, chose affirma-t-il qui ne l’étonnait guère attendu qu’elle était la fille de sa mère. — (Louis Pergaud, Joséphine est enceinte, dans Les Rustiques, nouvelles villageoises, 1921)
    • Mauvaise putain qui me mignote, se frotte à moi, se dit toute prise d’amour, profite de la faiblesse que j’ai pour elle, et me berne quand je dors, et me dérobe mon sceau de roi ? Ne sais-tu pas qu’il n’est acte plus laid, pire que vol ? — (Maurice Druon, Les Rois maudits, tome 6, « Le Lis et le Lion »)
    • Salope ! Putain ! Sale putain ! hurla-t-elle en se ruant sur Antoinette. Tu n’as pas honte ? En plein jour, et sous mon propre toit ! — (Émile Guigou, Les Guiraud : chronique d’une famille de paysans languedociens sous la Révolution, l’Empire et la Restauration, Presses du Languedoc, 1983, page 141)
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Littré (1872-1877)

PUTAIN (pu-tin) s. f.

Terme grossier et malhonnête.

  • 1Prostituée. Le duc d'Orléans me dit que je pouvais compter qu'il n'y aurait plus de soupers de roués et de putains, Saint-Simon, 481, 248. Sanci, étant surintendant des finances sous Henri IV, fut disgracié, parce qu'il avait dit à la duchesse de Beaufort que ses enfants ne seraient jamais que des fils de putain, Voltaire, Henr. VIII, notes.

    Fils de putain, injure très grossière. Ces vers… Que, comme enfants trouvés, ils soient fils de putains, Régnier, Sat. II. Que je te rosserais si j'avais du courage, Double fils de putain, de trop d'orgueil enflé ! Molière, Amph. III, 7.

  • 2 Par extension. Femme, fille débauchée.

REMARQUE

On évite d'écrire ce mot entier : on l'indique par p…, ou on le fait deviner comme a fait Gresset dans Ver-vert, IV : Le très cher frère indocile et mutin Vous la rima très richement en tain.

HISTORIQUE

XIIe s. Les malvais qui quidierent [pensèrent] le rei servir à gré, E guarçuns e putains unt saint Thomas hué, Th. le mart. 46.

XVe s. Or regardez le grant desroy Que Clithemetra la putain Fit à son seigneur souverain, Deschamps, Poésies mss. f° 506.

XVIe s. Il fit part de son espouvantement aux assiegeans par un homme hors d'haleine et si estonné qu'à son rapport tout joua à fils de putin le dernier, et chacun quittant ses armes se laissa guider à la peur, D'Aubigné, Hist. III, 137. Age pervers, qui se veautre en ordure ! Une putain, un monstre de nature, Un nain, un fou, un matassin emporte Tout ce qu'il veut…, Baïf, Œuv. p. 123, dans LACURNE. Halimum, blanche putain, in Ruellium de Stirpibus.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PUTAIN, (Hist. mod.) voyez Courtisane & Concubine.

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Étymologie de « putain »

Pute ; espagn. putana ; ital. puttana. Pour la finale ain, voy. NONNAIN.

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(Vers 1120) De l’ancien français putain, cas régime de pute (→ voir -ain), de latin puta (« fille »), forme féminine de latin puer (« enfant ») ou — par fausse étymologie — de l’adjectif put (« sale »), du verbe latin pūtēre (« puer ») ou de putidus (« fétide, puant »). Référence nécessaire
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Phonétique du mot « putain »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
putain pytɛ̃

Citations contenant le mot « putain »

  • Le théâtre est la putain du corps social. De Etienne Marest
  • Ce que les hommes désirent, c'est une vierge qui soit putain. De Edward Dahlberg
  • La médecine est une putain et son maquereau c'est le pharmacien ! De Renaud / Etudiant - poil aux dents
  • Ce qui distingue une putain d’une honnête femme, c’est qu’une putain fait le bonheur de beaucoup d’hommes tandis qu’une honnête femme fait le malheur d’un seul. De Anonyme
  • Pourquoi une femme n'aurait-elle pas le droit de dire sa vérité sans être traitée de putain ? De Erica Jong / Le Complexe d'Icare
  • La meilleure définition que l'on puisse donner d'un séminariste, c'est celle de future putain du temple. De Moses Isegawa / Chroniques abyssiniennes
  • Les types n’arrivent pas à admettre qu’ils puissent rester toute leur vie avec la même femme. La solution est simple : il faut qu’elle soit bonniche et putain, vamp et lolita, bombe sexuelle et vierge effarouchée, infirmière et malade. De Frédéric Beigbeder / Mémoires d’un jeune homme dérangé
  • On dit d’un homme qu’il est raisonnable, comme les putains disent d’un client qu’il est sérieux. De Léon Bloy
  • Les hommes ont superbement pratiqué cette séparation à laquelle ils tiennent tant, entre leur femme - devoir, maternité, angélisme, migraine et les femmes - plaisir, putains, enfer, mystère... De Françoise Giroud / Si Je mens
  • Le saxophone parle la langue des bas-fonds, l’argot blasé et mélancolique du demi-jour – sale et sexy et suant et dur. C’est la langue des orphelins, des bâtards et des putains. De Eleanor Catton / La répétition
  • Un des trois piliers du monde devenu le bouffon d'une putain. William Shakespeare, Antoine et Cléopâtre, I, 1, Philon Antony and Cleopatra, I, 1, Philon
  • Une fois ne fait pas putain. De Proverbe français
  • En dix minutes seulement, la représentante démocrate de l'Etat de New York Alexandria Ocasio-Cortez a remis les pendules à l'heure, jeudi à Washington. Agonie d'injures par un de ses collègues républicains deux jours plus tôt, la cheffe de file de la jeune garde de la gauche américaine a posément brocardé le Floridien Ted Yoho. Ce républicain -élu en 2012 et réelu en 2016- l'avait, entre autres, traitée de «putain de connasse» («fucking bitch»), mardi dernier, selon la parlementaire et un journaliste de «The Hill», qui a relaté l'incident dans un article. , Traitée de "putain de connasse", Alexandria Ocasio-Cortez répond à un élu républicain
  • La star de “The Wrestler” tance à nouveau son confrère, qui l’aurait accusé d’avoir menti. “Salut Robert De Niro, oui c’est à toi que je parle, espèce de putain de pleurnicheur. Un de mes amis m’a récemment dit que, il y a quelques mois, tu as été cité dans les journaux disant: “Mickey Rourke est un menteur, il dit toutes sortes de conneries”″, écrit ainsi Mickey Rourke sans détailler exactement ce dont il est question.  Le HuffPost, Mickey Rourke s'en prend encore à Robert De Niro ce "putain de pleurnicheur" | Le HuffPost
  • On retrouvera, dans ce formidable roman de Juan Marsé, qui raconte en parallèle la patiente enquête du narrateur et la tragique existence de la péripatéticienne, toutes les excitantes épices qui corsent tous ses livres, à commencer par l’observation de la Barcelone nocturne et brouillardeuse de l’après-guerre. Les prostituées, les phalangistes et les mafieux y tiennent le premier rôle, sans oublier la pétillante Felisa, l’employée de maison cinéphile du narrateur. Mais la star du film, mystérieuse, aguichante, fuyante aussi comme l’ombre des filles arpentant la Rambla, n’est autre que la putain du titre – la mémoire. L'Obs, Juan Marsé est mort : son ultime roman parlait de cinéma, de phalangistes et d’une « putain si distinguée »

Traductions du mot « putain »

Langue Traduction
Anglais whore
Espagnol puta
Italien puttana
Allemand hure
Chinois 妓女
Arabe عاهرة
Portugais prostituta
Russe шлюха
Japonais 売春婦
Basque puta
Corse puta
Source : Google Translate API

Synonymes de « putain »

Source : synonymes de putain sur lebonsynonyme.fr

Putain

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