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Prisme

Sommaire

  • Définitions du mot prisme
  • Étymologie de « prisme »
  • Phonétique de « prisme »
  • Citations contenant le mot « prisme »
  • Images d'illustration du mot « prisme »
  • Traductions du mot « prisme »
  • Synonymes de « prisme »

Définitions du mot « prisme »

Trésor de la Langue Française informatisé

PRISME, subst. masc.

A. −
1. GÉOM., PHYS. Polyèdre ayant généralement deux bases égales et parallèles, et dont les faces latérales sont des parallélogrammes. Prisme équilatéral, régulier. Relativement aux prismes à bases parallèles, la décomposition en pyramides est inutile; car il est évident que le centre de gravité d'un tel corps doit se trouver au milieu de la droite qui joint les centres de gravité de ses deux bases (Poisson, Mécan., t.1, 1811, p.158).Les arêtes d'un cube sont des prismes pleins, étroits, égaux (Maizière, Nouv. archit. nav., 1853, p.6).La pointerolle est un prisme d'acier appointé à l'une de ses extrémités et formant tête de l'autre (Bourde, Trav. publ., 1928, p.101).
Prisme triangulaire, quadrangulaire, pentagonal, hexagonal, etc. Prisme dont les bases sont des triangles, des quadrangles, des pentagones, des hexagones, etc. Des prismes quadrangulaires à base trapèze (Nosban, Manuel menuisier, t.2, 1857, p.245).Résoudre vingt-huit problèmes consistant par exemple à former un prisme triangulaire avec les quinze pièces ayant servi à édifier le carré (D'allemagne, Récr. et passe-temps, 1904, p.160).On opère sur cinq ou dix bobines dont on effectue le dévidage à l'aide d'un dévidoir. Ce dernier est constitué par un prisme hexagonal, formé de six bras et tournant sur son axe (Thiébaut, Fabric. tissus, 1961, p.20).
Prisme droit. Prisme dont les bases sont perpendiculaires aux autres faces. Les possibilités respectives d'amener les différentes faces d'un prisme droit rectangulaire, dont la longueur, la largeur et la hauteur sont inégales (Laplace, Théorie analyt. probabil., 1812, p.359).
Prisme oblique. Prisme dont les bases ne sont pas perpendiculaires aux autres faces. Le tartrate neutre de potasse cristallise dans le système du prisme oblique à base rectangle; mais le prisme est très-peu oblique (Pasteurds Ann. chim. et phys., t.24, 1848, p.446).
2. CRISTALLOGR. Forme d'un cristal ayant plusieurs faces parallèles à une même droite. Prisme ouvert, quadratique, rhomboédrique; prisme fermé, droit, oblique. Lorsqu'on évapore ensuite l'alcool suffisamment, ce principe cristallise en prismes allongés, d'un beau blanc (Kapeler, Caventou, Manuel pharm. et drog., t.1, 1821, p.88).Les cristaux de sel marin sont cubiques, (...) ceux du salpêtre sont des prismes à six faces terminés par des pyramides à six faces plus ou moins régulières (Metzger, Genèse sc. cristaux, 1918, p.150).
Prisme orthorhombique (s.v. ortho- II B).La topaze la plus appréciée (...) cristallise en beaux prismes orthorhombiques, dont une seule extrémité est pyramidale (Metta, Pierres préc., 1960, p.83).
P. métaph. On ne reverra plus (...) Sur la vitre, allumée en prismes éclatants Fleurir la fleur du givre aux étoiles d'aiguilles (Richepin, Chans. gueux, 1876, p.51).
3. P. anal., HISTOL., ART DENT. Prisme d'émail. Élément constitutif de l'émail de la dent. Les prismes d'émail (...) se prolongent jusqu'à la périphérie de la dent (Courtois1972).
4. OPT. Élément optique à bases généralement triangulaires, en matière transparente, qui a la propriété de réfracter les rayons lumineux et d'effectuer une décomposition spectrale du rayonnement. Prisme achromatique, biréfringent; prisme à vision directe. Dès 1875, Huggins avait obtenu des résultats satisfaisants avec un appareil dont l'optique était en quartz et le prisme en spath, substances absorbant peu les rayons impressionnant les plaques (Hist. gén. sc., t.3, vol. 1, 1961, p.128):
. ... spectroscopie, domaine très important de l'optique où l'on étudie les sources lumineuses d'après leur spectre. Les procédés employés pour obtenir ce spectre utilisent soit la dispersion par un prisme, soit la diffraction par un réseau. Prat, Opt., 1962, p.63.
Jumelles à prisme(s). Jumelles qui contiennent un ou plusieurs prismes. Synon. jumelles prismatiques (GDEL, s.v. jumelles).
Prisme(-)objectif. ,,Système optique constitué d'un objectif astronomique réfracteur précédé d'un prisme dispersif, et qui donne dans le plan focal, pour chaque étoile du champ, un spectre de cette étoile`` (Astron. 1980). Le prisme objectif de Ferenbach permet maintenant d'obtenir chaque année les vitesses radiales de plusieurs centaines d'étoiles (Schatzman, Astrophys., 1963, p.110).Le spectrographe à fente ne donne qu'un spectre à la fois, tandis que le prisme-objectif livre, d'un seul coup, les vitesses radiales de toutes les étoiles d'un champ (Neyron1970).
Couleurs, teintes du prisme. Teintes du spectre lumineux. La blancheur qui m'étonnait provenait peut-être d'un éclat particulier, d'un jeu de lumière où se confondaient les teintes ordinaires du prisme (Nerval, Aurélia, 1855, p.269).
P. méton. Ensemble des teintes du spectre lumineux. Synon. arc-en-ciel:
2. Renoir s'amuse à décomposer l'atmosphère la plus grise, la lumière la plus neutre, en prismes opalescents où les carmins, les rouges vifs, les roses, les bleus et les violets d'orfèvrerie et les gemmes réduits en poudre jouent avec le soleil sur la chair nue... Faure, Hist. art, 1921, p.198.
P. métaph. La langue grecque est la langue aux mille aspects, aux mille couleurs. C'est un prisme continuel. Chaque mot de cette poésie rayonne et jette sur ma pensée un arc-en-ciel (Chênedollé, Journal, 1823, p.126).
B. − Au fig. Élément transformant l'image du réel, généralement en la déformant. Le prisme de l'amour. Le prisme de l'amour-propre (Ac.).Pour un homme seul, les choses perdent la moitié de leur intérêt. La famille a un prisme qui rend l'aspect de toutes choses plus satisfaisant (Duranty, Malh. H.Gérard, 1860, p.146).
Voir qqc. à travers un prisme. Voir la réalité de façon déformée, transformée. Le prisme des préjugés. Me rapporterait-il ma douce imprévoyance Et le prisme charmant de l'inexpérience? (Desb.-Valm., Élégies, 1833, p.110).J'ai vu Tahiti trop délicieuse et trop étrange, à travers le prisme enchanteur de mon extrême jeunesse (Loti, Mariage, 1882, p.294).
REM.
Prismatoïde, prismoïde, subst. masc.,géom. Polyèdre dont les deux bases sont des polygones parallèles et dont les autres faces sont des triangles, des trapèzes ou des parallélogrammes. (Ds GDEL).
Prononc. et Orth.: [pʀism̭]. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist. 1. 1609 géom. (Les Élémens de la géom. d'Euclides Mégarien, trad. par Dounot, p.239); 2. 1637 opt. (Descartes, Les Météores ds OEuvres philos., éd. F. Alquié, t.1, p.752); 3. 1775 (voir les choses à travers un) prisme (Necker, Sur la législ. et le comm. des grains, 4epart., chap.9, p.165). Empr. au b. lat. prisma (gr. π ρ ι σ μ α, π ρ ι ́ σ μ α τ ο ς, dér. de π ρ ι ́ ζ ε ι ν «scier»). Fréq. abs. littér.: 187. Bbg. Gohin 1903, p.359.

Wiktionnaire

Nom commun

prisme \pʁism\ masculin

  1. (Géométrie) Polyèdre ayant pour bases deux polygones égaux et parallèles, dont les côtés homologues sont unis par des parallélogrammes.
    • Les physiciens, et notamment M. Bravais, ont démontré que les halos et les parhélies se produisent par suite de l’action exercée sur les rayons solaires traversant des cirrhus composés de petits prismes de glace. — (M. J. Fournet, Sur la congélation de la vapeur vésiculaire et sur les flèches glaciales, dans La Météorologie, V. 4, 1856, page 60)
    • L’acide tellurique cristallise en gros prismes hexagonaux qui contiennent trois équivalents d’eau. — (J. Pelouze & Edmond Fremy, Traité de chimie générale, vol.1, page 438, 1854)
  2. (En particulier) (Physique) Instrument d’optique qui sert à réfracter et à décomposer la lumière et qui est un prisme triangulaire de verre blanc ou de cristal.
    • Les nuages, diaprés et à demi transparents, affectent la forme d'immenses draperies suspendues à la voûte du ciel, où toutes les couleurs du prisme se fondent dans une divine harmonie. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 37)
  3. (Figuré) Ensemble de préjugés et de passions.
    • Bientôt nous perdons de vue la dernière île, et nous voguons vers cette Islande qui doit nous apparaître dans deux jours et que nous entrevoyons déjà à travers le prisme de l'imagination. — (Jules Leclercq, La Terre de glace, Féroë, Islande, les geysers, le mont Hékla, Paris : E. Plon & Cie, 1883, page 37)
    • Les réformes structurelles sur le marché de l’emploi sont soigneusement présentées sous le prisme positif du travail, dont le but premier est de doper l’activité des entreprises qui embaucheront et réduiront alors le chômage. — (Sarah Belouezzane, Le chômage, la Macronie y pense toujours, et n’en parle (presque) jamais, Le Monde. Mis en ligne le 26 octobre 2018)
    • Je me limiterai à mentionner les prismes (pour ne pas dire biais) principaux de nos deux plus grands médias. — (Jean-François Lisée, Qui veut la peau du PQ?, éditions Carte blanche, 2019, p. 162)
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Littré (1872-1877)

PRISME (pri-sm') s. m.
  • 1 Terme de géométrie. Polyèdre ayant pour bases deux polygones égaux et parallèles, dont les côtés homologues sont unis par des parallélogrammes. Cet étalon [une mesure], comme celui de Turin, est un prisme à cinq pans de bois dur, chargé, sur chacune de ses faces, de caractères hiéroglyphiques, Gérard, Instit. Mém. scienc. t. IX, p. 604.

    Prisme triangulaire, quadrangulaire, pentagonal, etc. prisme dont les bases sont deux triangles, deux quadrilatères, deux pentagones, etc.

  • 2 Terme de physique. Prisme triangulaire de cristal, de verre ou de toute autre substance transparente. On ne séparerait jamais les rayons primitifs et colorés, s'ils n'étaient de leur nature tels qu'en passant par le même lieu, par le même prisme de verre, ils se rompent sous différents angles, et par là se démêlent quand ils sont reçus à des distances convenables, Fontenelle, Newton. La lumière suit trois chemins différents en entrant dans un prisme : ses trois routes dans l'air, dans le prisme et au sortir du prisme sont différentes, Voltaire, Phil. Newt. II, 1. Quand Newton eut montré la lumière décomposée en sept rayons par son prisme, Sennebier, Ess. art d'observ. t. I, p. 323.

    En ce sens, on l'emploie souvent absolument. Le prisme décompose la lumière blanche, et sépare les rayons rouges, orangés, jaunes, verts, bleus, indigo et violets. Les effets du prisme. Et du prisme magique, armant sa main savante, Développe d'Iris l'écharpe éblouissante, Delille, Trois règ. I.

    Nom donné abusivement à des instruments d'une forme quelconque destinés à produire ou à observer la réfraction des rayons lumineux ; ainsi on l'a étendu à des rhomboèdres, etc.

    Prisme de Nichol, parallélépipède rectangulaire constitué par un cristal très grand de spath d'Islande, et servant à l'étude de la lumière polarisée.

    Poétiquement. Des cascades l'écume errante Faisait autour de toi, sur un tapis de fleurs, De son prisme liquide ondoyer les couleurs, Lamartine, Harold, Déd.

    Fig. Voilà l'image de la gloire : D'abord un prisme éblouissant, Puis un miroir expiatoire Où la pourpre paraît du sang ! Hugo, Odes, III, 6.

    Fig. Voir dans un prisme, regarder à travers un prisme, considérer les choses suivant ses passions, ses désirs.

    On dit de même : le prisme de l'amour-propre, le prisme de l'espérance. Une révolution est un prisme dans lequel tout se décompose, Reybaud, Jér. Paturot, III, 2.

REMARQUE

Comme c'est à l'aide d'un prisme triangulaire de verre ou de cristal que Newton a décomposé la lumière, lorsque le mot prisme est pris au figuré, c'est toujours de couleurs ou de décomposition qu'il s'agit.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PRISME, s. m. (Géomét.) est le nom qu’on donne en Géométrie, à tout solide ou corps qui est renfermé par plus de quatre surfaces planes, & dont les bases sont égales, paralleles, semblables, & semblablement plaquées. Voyez Solide.

Ce mot vient du grec πρίσμα, qui signifie quelque chose de scié ou de coupé.

Le prisme s’engendre par le mouvement d’une figure rectiligne comme ABC, Pl. Géométr. fig. 16. qui descend toujours parallelement à elle-même le long d’une ligne droite AE.

Si la figure décrivante est un triangle, le prisme s’appelle alors prisme triangulaire ; si la figure est un quarré, le prisme s’appelle prisme quadrangulaire.

Par la génération du prisme, il est évident que ce solide a deux bases égales & paralleles ; que son contour est composé d’autant de parallelogrammes qu’il y a de côtés dans la figure décrivante ou la base ; qu’enfin toutes les sections du prisme paralleles à sa base, sont égales.

Tout prisme triangulaire peut se diviser en trois pyramides égales. Voyez Pyramide.

Pour mesurer la surface & la solidité d’un prisme, il faut d’abord trouver l’aire de la base, par exemple ABC & la multiplier par 2. (Voyez Triangle) on cherchera ensuite les aires des plans ou parallelogrammes qui forment le contour de la surface ; la somme de ces aires étant ajoutée à ce premier produit, donnera la surface cherchée. Enfin on multipliera la base BAC par la hauteur, le produit sera la solidité cherchée du prisme ABCDEF. Tous les prismes sont entr’eux, en raison composée de leurs bases & de leurs hauteurs : si donc les bases sont égales, ils sont entre eux comme leurs hauteurs ; si les hauteurs sont égales, ils sont entre eux comme leurs bases. Les prismes semblables sont entre eux comme les cubes de leurs côtés homologues, & aussi comme les cubes de leurs hauteurs. (E)

Prisme, en terme de Dioptrique, signifie un verre de la figure d’un prisme triangulaire, dont on se sert fréquemment dans les expériences sur la lumiere & les couleurs. Voyez Lumiere & Couleur.

Les phénomenes qu’on observe avec le prisme, viennent de ce que les rayons de lumiere s’y séparent en passant à-travers. Voyez Réfraction.

Nous allons donner les plus généraux de ces phénomenes, car il seroit inutile de les détailler tous ; ceux que nous allons rapporter suffiront pour faire voir que la différence des couleurs ne consiste ni dans le tournoyement plus ou moins rapide des globules de la lumiere, comme le soutenoit Descartes, ni dans la différente obliquité des pulsations de la matiere étherée, comme le prétendoit Look, ni enfin comme le croyoit Barrou, dans le resserrement plus ou moins grand de la lumiere, & dans son mouvement plus ou moins vif, mais que les couleurs sont des propriétés immuables & inaltérables de la lumiere même.

Phénomenes du prisme. 1. Si on fait passer un rayon de soleil par un prisme, & qu’on reçoive ce rayon sur un mur, après son passage, on voit sur ce mur les couleurs de l’arc-en-ciel, ou plusieurs couleurs vives ; dont les principales sont le rouge, le jaune, le verd, le bleu & le violet.

La raison de cette apparence est que les rayons qui étoient réunis & mêlés ensemble avant d’entrer dans le prisme, se séparent par la réfraction, en vertu de leur différente réfrangibilité, & paroissent chacun avec sa couleur propre & naturelle.

Ainsi, par exemple, les rayons bleus, qui (dans la fig. 50. Pl. optique) sont représentes, après la réfraction, par des lignes ponctuées, commencent à se séparer des autres sur le côté ca du prisme a b c, par la premiere réfraction qu’ils souffrent en dd : ensuite ils sont de nouveau séparés par une seconde réfraction en ee, qu’ils souffrent à la seconde surface bc du prisme, au lieu que dans un verre plan, ou même dans un prisme dont la position seroit différente, les rayons bleus après avoir été séparés des autres par la réfraction qu’ils souffriroient à la premiere surface, seroient de nouveau mêlés avec les autres par la réfraction qu’ils souffriroient à la seconde surface, & qui seroit precisement contraire à la premiere. En général l’effet du prisme est de rendre divergens les rayons qui y sont tombés paralleles ; au lieu que le verre plan ne détruit point leur parallélisme par la réfraction, voyez Réfraction. Ainsi un rayon de lumiere, ou ce qui revient au même au rayon blanc, étant regardé comme un faisceau de rayons paralleles de diverses couleurs, (voyez Couleur & Blancheur), il s’ensuit que ce rayon tombe sur un verre plan, les couleurs restent paralleles & confondues après la réfraction, & le rayon reste blanc ; mais si ce rayon tombe sur un prisme, les rayons qui étoient paralleles avant la réfraction, sortent en s’écartant les uns des autres, & les couleurs dont ce rayon étoit composé paroissent alors séparées. Cela vient de ce que le côté du prisme par où les rayons sortent, n’est pas, & ne sauroit être parallele à celui par où ils entrent. Voyez Réfraction.

2. L’image projettée sur les murs n’est pas ronde ; mais si l’angle du prisme est de 60 ou 65 degrés, elle est environ 5 fois plus longue que large. Cela vient de ce que le rayon simple qui porte l’image du soleil, est composé de rayons qui après s’être rompus, s’écartent les uns des autres, & qu’ainsi l’image qui auroit dû être ronde & blanche, est oblongue & colorée.

3. Ceux des rayons qui font voir la couleur jaune, s’éloignent plus de leur direction rectiligne, que ceux qui font voir la couleur rouge ; ceux qui font voir la couleur verte s’éloignent encore plus de la ligne droite que les rayons jaunes ; & les rayons violets sont ceux de tous qui s’en éloignent le plus.

4. Si après avoir séparé les rayons par le moyen du prisme, on se sert d’une lentille un peu convexe pour les réunir. Les rayons jaunes, verds, &c. seront réunis par cette lentille, chacun à un foyer particulier, qui sera plus proche de la lentille que le foyer des rayons rouges. La raison de ces deux derniers phénomenes, est que les rayons jaunes souffrent une plus grande réfraction que les rayons rouges ; les rayons verds une plus grande que les rayons jaunes ; enfin que les rayons violets se rompent plus que tous les autres.

5. Quand les couleurs ont été bien séparées, elles ne peuvent plus être détruites, ni alterées en aucune maniere, quelques réfractions nouvelles qu’on leur fasse subir, & par quelque nombre de prismes qu’on les fasse passer ; elles ne reçoivent non plus aucun changement, soit que les rayons traversent un espace éclairé, soit qu’ils se croisent mutuellement, soit qu’ils passent dans le voisinage de l’ombre, soit enfin qu’on les fasse réflechir par les corps naturels.

Les couleurs ne sont donc point de simples modifications, mais des propriétés immuables & inaltérables de la lumiere. Voyez Couleur.

6. Tous les rayons colorés étant réunis, soit par différens prismes, soit par une lentille, soit par un miroir concave, forment le blanc ; mais si on les sépare de nouveau après leur réunion, chacun représente la couleur qui lui est propre. Voyez Blancheur.

La raison de ce phénomene, est que le rayon étoit blanc lorsqu’il étoit composé de la réunion de différens rayons colorés, qui n’étoient point encore séparés par la réfraction : donc si on réunit ces rayons après les avoir séparés, ils doivent de nouveau former le blanc.

C’est pour cela que si on mêle ensemble, dans une certaine proportion, différentes poussieres rouges, jaunes, vertes, bleues, violettes, &c. on formera une poussiere grise, c’est-à-dire une poussiere dont la couleur sera mêlée de blanc & de noir ; & cette poussiere seroit parfaitement blanche, si une partie des rayons n’étoit pas absorbée.

C’est pour cela encore que si on barbouille un papier de toutes ces différentes couleurs, peintes chacune à part & dans une certaine proportion, & qu’ensuite on fasse tourner le papier assez vite pour que la vitesse du mouvement empêche l’œil de distinguer les différentes couleurs, chacune de ces couleurs disparoîtra, & l’œil n’en verra plus qu’une seule qui sera entre le blanc & le noir.

7. Si les rayons du soleil tombent sur la surface d’un prisme, avec une certaine obliquité, le prisme refléchira les rayons violets, & laissera passer les rayons rouges.

8. Si on a deux prismes, l’un plein d’une liqueur rouge, l’autre d’une liqueur bleue, ces deux prismes joints ensemble formeront un corps opaque ; mais si l’un des deux seulement est rempli d’une liqueur bleue ou rouge, les deux prismes joints ensemble seront transparens : la raison de cela est que quand les deux prismes sont pleins, chacun d’une liqueur différente, l’un ne transmet que les rayons rouges, l’autre que les rayons bleus, & qu’ainsi les deux prismes joints ensemble, ne doivent transmettre aucuns rayons.

9. Tous les corps naturels, principalement les corps blancs, étant regardés à-travers un prisme paroissent bordés d’un côté d’une espece de frange de rouge & de jaune, & de l’autre d’une frange de bleu & de violet.

10. Si on place deux prismes de telle sorte que le rouge de l’un & le violet de l’autre se rencontrent sur un papier placé dans un endroit obscur, l’image sera pâle ; mais si ces rayons sont reçus sur un troisieme prisme, placé proche de l’œil à une distance convenable, on verra deux images, l’une rouge, l’autre violette. Si on mêloit ensemble deux sortes de poudres, l’une rouge, l’autre bleue, & qu’on couvrît un petit corps d’une grande quantité de ce mélange, ce corps vu à-travers un prisme, paroîtra sous une double image, l’une rouge, l’autre bleue.

11. Si les rayons transmis par une lentille, sont reçus sur un papier avant qu’ils se réunissent au foyer, les confins de la lumiere & de l’ombre paroîtront teints d’une couleur rouge : si le papier est au-delà du foyer, les confins de la lumiere & de l’ombre seront bleus.

12. Si les rayons prêts à entrer dans l’œil, sont interceptés en partie par l’interposition de quelque corps opaque placé proche de l’œil, les bords de ce corps paroîtront teints de différentes couleurs, comme si on le voyoit à-travers un prisme, excepté que ces couleurs seront moins vives. Cela vient de ce que les rayons qui passent par la partie de la prunelle qui peut les recevoir, sont séparés par la réfraction en diverses couleurs, & de ce que les rayons interceptés qui devroient tomber sur le reste de la prunelle, & qui ont une réfrangibilité différente, ne peuvent plus se mêler avec les autres rayons & les effacer pour ainsi dire. C’est pour cela aussi qu’un corps vu avec les deux yeux, à-travers deux petits trous faits dans un papier, paroît non seulement double, mais aussi teint de différentes couleurs. Chambers. (O)

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Étymologie de « prisme »

Πρίσμα, prisme, proprement chose sciée, de πρίζειν, scier.

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(1609) Du latin prisma, lui-même du grec prisma, prismatos (« scié »).
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Phonétique du mot « prisme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
prisme prism

Citations contenant le mot « prisme »

  • Une langue est un prisme à travers lequel ses usagers sont condamnés à voir le monde. De Georges Mounin
  • L’eau d’une larme est un prisme Qui transfigure l’univers. De François Coppée / Les Paroles sincères
  • Le cinéma est un milieu d’hommes. Les sélectionneurs à la tête des festivals sont des hommes. Ils ont un prisme particulier. De Cate Blanchett / Le Figaro, interview du 9 mai 2018
  • Le segment des services publics est principalement stimulé par laugmentation des incitations financières et des soutiens réglementaires des gouvernements à léchelle mondiale. Les denrées Spectromètres à prisme actuelles sont principalement affectées par la pandémie de COVID-19. La plupart des projets en Chine, aux États-Unis, en Allemagne et en Corée du Sud sont retardés, et les entreprises sont confrontées à des problèmes opérationnels à court terme en raison des contraintes de la chaîne dapprovisionnement et du manque daccès au site en raison de lépidémie de COVID-19. LAsie-Pacifique devrait être fortement affectée par la propagation du COVID-19 en raison de leffet de la pandémie en Chine, au Japon et en Inde. La Chine est le centre épique de cette maladie mortelle. La Chine est un pays majeur en termes dindustrie chimique. Thesneaklife, Marché Spectromètres à prisme mondial 2015-2026 | Top fabricants; SPECTRO, Shimadzu, Bruker, Thermo Scientific, B&W Tek – Thesneaklife

Images d'illustration du mot « prisme »

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Traductions du mot « prisme »

Langue Traduction
Anglais prism
Espagnol prisma
Italien prisma
Allemand prisma
Chinois 棱镜
Arabe نشور زجاجي
Portugais prisma
Russe призма
Japonais プリズム
Basque prisma
Corse prisma
Source : Google Translate API

Synonymes de « prisme »

Source : synonymes de prisme sur lebonsynonyme.fr
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