La langue française

Pouf

Sommaire

  • Définitions du mot pouf
  • Étymologie de « pouf »
  • Phonétique de « pouf »
  • Citations contenant le mot « pouf »
  • Images d'illustration du mot « pouf »
  • Traductions du mot « pouf »
  • Synonymes de « pouf »

Définitions du mot pouf

Trésor de la Langue Française informatisé

POUF1, interj., adj. et subst. masc.

I.− Interj. [Onomat. qui évoque]
A.− [le bruit sourd produit par un choc, la chute d'un corps] Je lui passe [à l'enfant] sa culotte, et je le mets sur ses jambes! Pouf! il tombe! (...) Je me précipite; je le relève... Pouf! il tombe une seconde fois. Étonnée, je le relève encore... Pouf! par terre (Courteline, Vie mén.,Pt malade, 1891, p. 148).Il se penche pour regarder sa ligne − et pouf − un homme à la mer! (Pagnol, Fanny,1932, I, 1ertabl., 14, p. 59).Si tu disais tant soit peu fort « Maître Antoine », tu entendrais bouger la forêt. Tu verrais entrer ici les vieux rouvres avec leurs grands pieds de racines (...). Ils viendraient : pouf, pouf, pouf, avec toute cette grosseur qu'ils ont (Giono, Lanceurs graines,1943, II, 14, p. 164).
Faire pouf
Produire un bruit sourd. Il semble que le sang cesse de circuler et se porte sur le cœur, qui fait pouf, pouf, à grands coups (E. de Guérin, Journal,1838, p. 190).Cette chambre-ci est très sourde (...). C'est une cave (...). Ici le canon ferait boum et le tonnerre ferait pouf (Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 950).Si tu descends de cette console, ne fais pas « pouf » exprès, en tombant (Colette, Dialog. bêtes,1905, p. 80).
Lang. enf. Tomber. Synon. faire boum*, poum.
Pif! Paf! Pouf! V. grêler A 1 ex. de Cladel.
B.− [le bruit produit par un souffle court et gêné] Vous vouliez donc vous laisser mourir de faim tous deux? Ah! ah! ah! pouf!... Ah! ah!... (...) Peltier, plié en deux, se tenait les genoux à force de rire (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 448).
C.− P. ext. [Sans idée de bruit]
1. [Sert à marquer la soudaineté d'une action] Je la bus ma bouteille (...). Cristi! je l'ai eu jusqu'à deux heures du matin, ce casque à mèche en jus de raisin. Et puis pouf, je m'endors (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Trou, 1886, p. 577).On part en bande, on croit marcher du même pas : pouf! à peine au premier kilomètre, le groupe est égrené (Estaunié, Ascension M. Baslèvre,1919, p. 16).
2. [Répété, évoque la production de petites bouffées de poussière, de fumée] V. autant ex. 15.
Empl. subst. Il reprend une cigarette, et de nouveau de lents et rares pouf-pouf de fumée se traînent à mi-plafond (Queneau, Pierrot,1942, p. 56).
II.− Adj., gén. inv. [En parlant d'une pierre, grès ou marbre surtout] Qui rend un son sourd et se désagrège lorsqu'on le frappe. Le marbre que fournit généralement le dépôt de l'île des Cygnes est un marbre qu'il appelle un marbre pouf, un marbre sans la sonorité du métal, un marbre friable et dont on ne peut rien faire (Goncourt, Journal,1889, p. 1090).Les pierres sont dites moulinées ou poufes lorsqu'elles sont graveleuses et s'égrènent à l'humidité. C'est un défaut particulier à quelques pierres tendres, notamment à la lambourde (Bourde, Trav. publ.,1928, p. 92).V. paf1B, pif1B.
III.− Subst. masc., pop., fam., vieilli
A.− Dette qui reste impayée. Quand on lui fermait un crédit dans une maison, elle en ouvrait un autre dans la maison d'à côté. Elle brûlait le quartier, elle avait des poufs tous les dix pas (Zola, Assommoir,1877, p. 644).Faute d'avoir pu payer ces sommes dérisoires, et n'étant pas un homme à pouf, même provisoire, ni à plongeon, je n'ai pu entrer à l'hospice (Verlaine, Corresp.,t. 2, 1887, p. 117).
Faire (un) pouf. Disparaître sans payer ses dettes. Il y a une douzaine de traiteurs chez lesquels il allait dîner pendant un mois à crédit, et puis bien le bonjour! dès qu'on lui demandait de l'argent, ce monsieur faisait ce qu'on appelle un pouf; il ne revenait plus (Kock, Ni jamais,1835, p. 235).
À pouf. Sans payer, pour rien (d'apr. Esn. 1966).
B.− Banqueroute, faillite. Il gagne un argent énorme. Tout en augmentant ses dépenses d'une façon si disproportionnée qu'un « pouf » formidable engloutit en peu de mois photographe et photographie (A. Daudet, Nabab,1877, p. 166).Tu sais ce qu'on raconte en Bourse? Que Ténédos a fait un pouf formidable, ces jours derniers et entraîné avec lui une bonne partie de la galette de Vervisse (L. Daudet, Amour songe,1920, p. 240).
Prononc. et Orth. : [puf]. Att. ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist. A. 1. 1458, 8 janv. pouf! (cri) (Reg. de la Loi, 1442-1458, Bans a tousjours, A. Tournai ds Gdf. Compl.); 2. 1648 venir faire pouf à qqn « tomber » (Scarron, Virgile Travesti ds Richardson); 3. 1723 ober (= faire) pouff « partir sans payer » (bret. d'apr. Esn.); 1833, empl. subst. « catastrophe financière » (Vidal ds Larch. 1861); 4. 1790 à pouf « pour rien » (Le Véritable Père Duchêne ds Brunot t. 10, p. 222). B. Adj. 1676 « se dit d'une pierre qui s'égrène sous l'outil » (Félibien). Onomatopée.

POUF2, subst. masc.

A. − HIST. DE LA MODE
1. ,,Sous Louis XVI, sorte de coussin posé sur le sommet de la tête par dessus lequel on dressait et coiffait les cheveux`` (Leloir 1961); p.ext., ornement de la chevelure ou d'un chapeau en forme de touffe. Pouf de boucles, de plumes. La belle lady, coiffée en pouf avec des plumes blanches et roses (Gautier,Guide Louvre, 1872, p.312).On la voit [Mmede Genlis], un élégant chapeau de paille garni de gaze en pouf sur ses cheveux poudrés (E. de Goncourt,Mais. artiste, t.2, 1881, p.138).Les «poufs» n'étaient pas des «bonnets», mais bien des arrangements qui en tenaient lieu et qui étaient confectionnés, improvisés par le coiffeur, suivant l'esprit et le goût du jour (Stéphane,Art coiff. fém., 1932, p.126).
2. À la fin du xixes., rembourrage sur le bas du dos qui faisait bouffer la jupe; p.ext., arrangement de tissu formant une masse au bas du dos. La tunique-écharpe est toujours très-collante, le pouf très-bas, la taille très-longue (Mallarmé,Dern. mode, 1874, p.729).Troisième République [1871] et le vingtième siècle. (...) les vêtements rapprochent leur coupe de celle des hommes, tout en conservant de nombreuses garnitures ou fanfreluches. Les robes reposent sur des poufs, petits coussins, qui sont la fin de la tournure (Villard,Hist. cost., 1956, p.100):
. Elle portait les couleurs de l'écurie Vandeuvres, (...) dans une toilette extraordinaire: le petit corsage et la tunique de soie bleue collant sur le corps, relevés derrière les reins en un pouf énorme, ce qui dessinait les cuisses d'une façon hardie... Zola,Nana, 1880, p.1376.
B. − AMEUBL. Tabouret bas, généralement cylindrique, capitonné, sans bois apparent, pour une ou plusieurs personnes; gros coussin posé sur le sol. Pouf marocain. Pour elle, la vie ne commence qu'aux lumières (...) parmi les parures et l'ondoiement des jupes lustrées, argentées, brodées, qui se froissent et s'étalent sur les poufs roses (Taine,Notes Paris, 1867, p.178).Les petits «poufs» second empire, recouverts de soie noire et piqués de boutons jaunes (Mauriac,Enf. chargé de chaînes, 1913, p.36).
Prononc. et Orth.: [puf]. Att. ds Ac. dep. 1878. Étymol. et Hist. 1. 1775 «bonnet» (Journal des Dames I, 132 ds DG); 2. 1859 «siège» (Larch., p.74); 3. 1872 «tournure qui faisait bouffer la jupe» (Zola, Curée, p.477).Onomatopée.
STAT.Pouf1 et 2. Fréq. abs. littér.: 115.

Trésor de la Langue Française informatisé

POUF1, interj., adj. et subst. masc.

I.− Interj. [Onomat. qui évoque]
A.− [le bruit sourd produit par un choc, la chute d'un corps] Je lui passe [à l'enfant] sa culotte, et je le mets sur ses jambes! Pouf! il tombe! (...) Je me précipite; je le relève... Pouf! il tombe une seconde fois. Étonnée, je le relève encore... Pouf! par terre (Courteline, Vie mén.,Pt malade, 1891, p. 148).Il se penche pour regarder sa ligne − et pouf − un homme à la mer! (Pagnol, Fanny,1932, I, 1ertabl., 14, p. 59).Si tu disais tant soit peu fort « Maître Antoine », tu entendrais bouger la forêt. Tu verrais entrer ici les vieux rouvres avec leurs grands pieds de racines (...). Ils viendraient : pouf, pouf, pouf, avec toute cette grosseur qu'ils ont (Giono, Lanceurs graines,1943, II, 14, p. 164).
Faire pouf
Produire un bruit sourd. Il semble que le sang cesse de circuler et se porte sur le cœur, qui fait pouf, pouf, à grands coups (E. de Guérin, Journal,1838, p. 190).Cette chambre-ci est très sourde (...). C'est une cave (...). Ici le canon ferait boum et le tonnerre ferait pouf (Hugo, Misér.,t. 1, 1862, p. 950).Si tu descends de cette console, ne fais pas « pouf » exprès, en tombant (Colette, Dialog. bêtes,1905, p. 80).
Lang. enf. Tomber. Synon. faire boum*, poum.
Pif! Paf! Pouf! V. grêler A 1 ex. de Cladel.
B.− [le bruit produit par un souffle court et gêné] Vous vouliez donc vous laisser mourir de faim tous deux? Ah! ah! ah! pouf!... Ah! ah!... (...) Peltier, plié en deux, se tenait les genoux à force de rire (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 448).
C.− P. ext. [Sans idée de bruit]
1. [Sert à marquer la soudaineté d'une action] Je la bus ma bouteille (...). Cristi! je l'ai eu jusqu'à deux heures du matin, ce casque à mèche en jus de raisin. Et puis pouf, je m'endors (Maupass., Contes et nouv.,t. 1, Trou, 1886, p. 577).On part en bande, on croit marcher du même pas : pouf! à peine au premier kilomètre, le groupe est égrené (Estaunié, Ascension M. Baslèvre,1919, p. 16).
2. [Répété, évoque la production de petites bouffées de poussière, de fumée] V. autant ex. 15.
Empl. subst. Il reprend une cigarette, et de nouveau de lents et rares pouf-pouf de fumée se traînent à mi-plafond (Queneau, Pierrot,1942, p. 56).
II.− Adj., gén. inv. [En parlant d'une pierre, grès ou marbre surtout] Qui rend un son sourd et se désagrège lorsqu'on le frappe. Le marbre que fournit généralement le dépôt de l'île des Cygnes est un marbre qu'il appelle un marbre pouf, un marbre sans la sonorité du métal, un marbre friable et dont on ne peut rien faire (Goncourt, Journal,1889, p. 1090).Les pierres sont dites moulinées ou poufes lorsqu'elles sont graveleuses et s'égrènent à l'humidité. C'est un défaut particulier à quelques pierres tendres, notamment à la lambourde (Bourde, Trav. publ.,1928, p. 92).V. paf1B, pif1B.
III.− Subst. masc., pop., fam., vieilli
A.− Dette qui reste impayée. Quand on lui fermait un crédit dans une maison, elle en ouvrait un autre dans la maison d'à côté. Elle brûlait le quartier, elle avait des poufs tous les dix pas (Zola, Assommoir,1877, p. 644).Faute d'avoir pu payer ces sommes dérisoires, et n'étant pas un homme à pouf, même provisoire, ni à plongeon, je n'ai pu entrer à l'hospice (Verlaine, Corresp.,t. 2, 1887, p. 117).
Faire (un) pouf. Disparaître sans payer ses dettes. Il y a une douzaine de traiteurs chez lesquels il allait dîner pendant un mois à crédit, et puis bien le bonjour! dès qu'on lui demandait de l'argent, ce monsieur faisait ce qu'on appelle un pouf; il ne revenait plus (Kock, Ni jamais,1835, p. 235).
À pouf. Sans payer, pour rien (d'apr. Esn. 1966).
B.− Banqueroute, faillite. Il gagne un argent énorme. Tout en augmentant ses dépenses d'une façon si disproportionnée qu'un « pouf » formidable engloutit en peu de mois photographe et photographie (A. Daudet, Nabab,1877, p. 166).Tu sais ce qu'on raconte en Bourse? Que Ténédos a fait un pouf formidable, ces jours derniers et entraîné avec lui une bonne partie de la galette de Vervisse (L. Daudet, Amour songe,1920, p. 240).
Prononc. et Orth. : [puf]. Att. ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist. A. 1. 1458, 8 janv. pouf! (cri) (Reg. de la Loi, 1442-1458, Bans a tousjours, A. Tournai ds Gdf. Compl.); 2. 1648 venir faire pouf à qqn « tomber » (Scarron, Virgile Travesti ds Richardson); 3. 1723 ober (= faire) pouff « partir sans payer » (bret. d'apr. Esn.); 1833, empl. subst. « catastrophe financière » (Vidal ds Larch. 1861); 4. 1790 à pouf « pour rien » (Le Véritable Père Duchêne ds Brunot t. 10, p. 222). B. Adj. 1676 « se dit d'une pierre qui s'égrène sous l'outil » (Félibien). Onomatopée.

POUF2, subst. masc.

A. − HIST. DE LA MODE
1. ,,Sous Louis XVI, sorte de coussin posé sur le sommet de la tête par dessus lequel on dressait et coiffait les cheveux`` (Leloir 1961); p.ext., ornement de la chevelure ou d'un chapeau en forme de touffe. Pouf de boucles, de plumes. La belle lady, coiffée en pouf avec des plumes blanches et roses (Gautier,Guide Louvre, 1872, p.312).On la voit [Mmede Genlis], un élégant chapeau de paille garni de gaze en pouf sur ses cheveux poudrés (E. de Goncourt,Mais. artiste, t.2, 1881, p.138).Les «poufs» n'étaient pas des «bonnets», mais bien des arrangements qui en tenaient lieu et qui étaient confectionnés, improvisés par le coiffeur, suivant l'esprit et le goût du jour (Stéphane,Art coiff. fém., 1932, p.126).
2. À la fin du xixes., rembourrage sur le bas du dos qui faisait bouffer la jupe; p.ext., arrangement de tissu formant une masse au bas du dos. La tunique-écharpe est toujours très-collante, le pouf très-bas, la taille très-longue (Mallarmé,Dern. mode, 1874, p.729).Troisième République [1871] et le vingtième siècle. (...) les vêtements rapprochent leur coupe de celle des hommes, tout en conservant de nombreuses garnitures ou fanfreluches. Les robes reposent sur des poufs, petits coussins, qui sont la fin de la tournure (Villard,Hist. cost., 1956, p.100):
. Elle portait les couleurs de l'écurie Vandeuvres, (...) dans une toilette extraordinaire: le petit corsage et la tunique de soie bleue collant sur le corps, relevés derrière les reins en un pouf énorme, ce qui dessinait les cuisses d'une façon hardie... Zola,Nana, 1880, p.1376.
B. − AMEUBL. Tabouret bas, généralement cylindrique, capitonné, sans bois apparent, pour une ou plusieurs personnes; gros coussin posé sur le sol. Pouf marocain. Pour elle, la vie ne commence qu'aux lumières (...) parmi les parures et l'ondoiement des jupes lustrées, argentées, brodées, qui se froissent et s'étalent sur les poufs roses (Taine,Notes Paris, 1867, p.178).Les petits «poufs» second empire, recouverts de soie noire et piqués de boutons jaunes (Mauriac,Enf. chargé de chaînes, 1913, p.36).
Prononc. et Orth.: [puf]. Att. ds Ac. dep. 1878. Étymol. et Hist. 1. 1775 «bonnet» (Journal des Dames I, 132 ds DG); 2. 1859 «siège» (Larch., p.74); 3. 1872 «tournure qui faisait bouffer la jupe» (Zola, Curée, p.477).Onomatopée.
STAT.Pouf1 et 2. Fréq. abs. littér.: 115.

Wiktionnaire

Adjectif

pouf \puf\ masculin et féminin identiques

  1. (Marbrerie) Qualifie des pierres qui s’égrenent et tombent en poussière quand on les travaille.
  2. (En particulier) Qualifie un marbre qui, en le taillant, ne peut retenir ses arêtes vives étant sujet à s'égrener.
    • Le marbre que fournit généralement le dépôt de l’île des Cygnes est un marbre qu’il appelle un marbre pouf, un marbre sans la sonorité du métal, un marbre friable et dont on ne peut rien faire. — (Edmond et Jules de Goncourt, Journal, 1889)
    • Destiné à être sculpté, le marbre blanc ne devait contenir aucun fil, aucune scorie et, moins encore, ces parties « pouf » où le coup de pointe brusquement assourdi s'accompagne d'un petit effritement plâtreux. On voulait qu'il n'offrît que des parties « fières », c'est-à-dire dures, en terme de métier, et d'un blanc de saindoux. — (La Revue de Paris, au Bureau de la Revue, 1966, vol. 66, part. 2, p. 15)
  3. (Métallurgie) Qui a la juste résistance qu’exige la fonte, en parlant du noyau.
    • Pouf, (Fonderie.) les Fondeurs donnent ce nom à une qualité que doit avoir la matière dont on fait le noyau. Elle consiste dans une molle résistance, afin que le métal remplissant l’espace qu’occupoient les cires, le noyau ait assez de force pour résister à sa violence ; & n’en ait pas trop en même tems pour s’oppoler au métal qui travaille en se refroidissant dans le moule, ce qui le feroit gercer dans plusieurs endroits. — (L’Encyclopédie)

Nom commun 1

pouf \puf\ masculin

  1. (Vieilli) Sorte de coiffure de femme.
    • La coiffure en question, connue sous le nom de « pouf », avait lancé dès 1774 la renommée de l’entreprenante Rose Bertin, propriétaire du Grand Mogol, une boutique très en vue d’accessoires de mode rue Saint-Honoré à Paris. Réalisé avec la collaboration du célèbre coiffeur, monsieur Léonard, le pouf était édifié sur un échafaudage de fils de fer, de tissus, de gaze, de crins, de faux cheveux, et des propres cheveux de la cliente dressés en position quasi verticale. — (Marie-Antoinette, reine de la Mode, traduit de l’américain par Sylvie Lévy, dans La règle du jeu, n° 40, 2009)
  2. (Mobilier) Appui-pied séparé du canapé ou du sofa.
    • Le meuble, recouvert de peaux de chagrin couleur bois, se composait de poufs, de fauteuils et d’un divan circulaire qui tenait en partie la rondeur de la pièce. — (Émile Zola, La Curée, 1871)
  3. (Mobilier) Sorte de gros siège mou, sans bois apparent, souvent assez large pour servir à plusieurs personnes.
    • Mme de Guermantes s’était assise. Son nom, comme il était accompagné de son titre, ajoutait à sa personne physique son duché qui se projetait autour d’elle et faisait régner la fraîcheur ombreuse et dorée des bois des Guermantes au milieu du salon, à l’entour du pouf où elle était. — (Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, tome 3, Le Côté de Guermantes, 1920–21)
    • Un play-boy à gourmette d'acier et à la prunelle jaugeuse les installa sur des poufs autour d'une petite desserte ronde. — (Bernard Thomas, Aurore ou la Génération perdue, Éditions Balland, 1984, chap. 8)
    • Il s’écroula dans le pouf et essaya de trouver une position qui ne fût pas tout à fait ridicule. Il n’y parvint pas. — (Antoine Bello, Ada, Gallimard, Collection Blanche, 2016, page 38)
  4. (Argot militaire) (France) Lupanar mis à disposition des soldats lors de leur repos.
    • En fait, il est établi que les « candidates » étaient placées au « pouf » par des proxénètes exerçant entre Belgique et Méditerranée. Et la gérante du foyer, qui conservait 2 francs par jeton pour ses frais de gestion, envoyait régulièrement à ces messieurs — ou à leur « boîte aux lettres » — les mandats résultant du labeur de ces dames. — (Le Monde: les grands procès, 1944-2010, sous la direction de Pascale Robert-Diard & ‎Didier Rioux, éd. Les Arènes, 2009, page 258)
  5. (Vieilli) ou (Belgique) Dette.
    • Quand on lui fermait un crédit dans une maison, elle en ouvrait un autre dans la maison d’à côté. Elle brûlait le quartier, elle avait des poufs tous les dix pas. Rien que dans la rue de la Goutte-d’Or, elle n’osait plus passer devant le charbonnier, ni devant l’épicier, ni devant la fruitière ; […]. — (Émile Zola, L’Assommoir (1877), chap. 9, Charpentier, 1879, page 363)
  6. Coussin rembourré avec du crin, jadis utilisé par les femmes pour faire bouffer leur jupe, leur robe au niveau des fesses.
  7. (Désuet) Annonce, publicité faite par un charlatan.
  8. (Désuet) Faire pouf : Disparaître sans payer ses dettes.

Nom commun 2

pouf \puf\ féminin

  1. (Injurieux) Diminutif de poufiasse.
    • — Primo, cette pouf n'était pas à poil, deuxio, cette pouf n'est pas une pouf, et tertio, tu as 18 ans, et je crois qu'il est temps d'abandonner cette règle. — (Alexis Aubenque, Stone Island, Éditions Toucan, 2013, chap. 34)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

POUF (pouf)
  • 1Onomatopée exprimant le bruit que fait un corps en tombant. Alecton lui vint faire pouf, Scarron, Virg. VII.
  • 2 En termes de marbrier, une pierre, ou un marbre, ou un grès est pouf, lorsqu'il s'égrène sous l'outil.
  • 3 Fig. Faire pouf, déloger. Nous verrons ce qu'il en sera [de ses ennemis espérant le faire chasser de chez le prince de Conti, lorsqu'il viendra au château de Trye] ; je crois que c'est le cas de faire pouf ; ils ne s'y attendent pas, Rousseau, Lett. à Dupeyrou, 27 sept. 1767.

    Faire un pouf, faire pouf, ne pas payer ce qu'on a acheté, ou pris en consommation à crédit chez quelque marchand.

  • 4 Populairement. à pouf, à crédit.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

POUF, s. m. terme d’artisan ; ce mot se dit du grain qui s’égraine, & qui s’en va en poudre quand on le travaille ; les Paveurs le disent du grès, & les Marbriers parlant du marbre qui se réduit en poudre en le taillant, disent que ce marbre est pouf.

Pouf, (Fonderie.) les Fondeurs donnent ce nom à une qualité que doit avoir la matiere dont on fait le noyau. Elle consiste dans une molle résistance, afin que le métal remplissant l’espace qu’occupoient les cires, le noyau ait assez de force pour résister à sa violence ; & n’en ait pas trop en même tems pour s’opposer au métal qui travaille en se refroidissant dans le moule, ce qui le feroit gercer dans plusieurs endroits. Voyez Fonderie.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « pouf »

(1458) Tenant de l’onomatopée homonymique.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « pouf »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pouf puf

Citations contenant le mot « pouf »

  • - J’ai perdu ma mère ce matin - Elle est morte ? - Non, non, je l’ai perdue. C’est à dire qu’elle était là et pouf... je l’ai perdue ! De Alain Chabat / La Cité de la peur
  • C’est quoi cette pouf en pub pour des godasses otalons.com? MacGeneration, Amazon repousse son Prime Day à plus tard dans l'année | MacGeneration

Images d'illustration du mot « pouf »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « pouf »

Langue Traduction
Anglais pouf
Espagnol puff
Italien pouf
Allemand puff
Chinois 坐垫凳
Arabe pouf
Portugais pufe
Russe пуф
Japonais プーフ
Basque pouf
Corse pouf
Source : Google Translate API

Synonymes de « pouf »

Source : synonymes de pouf sur lebonsynonyme.fr
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