Pensée : définition de pensée


Pensée : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

pensée \pɑ̃.se\ féminin

  1. Toute opération de l’intelligence.
    • La pensée est le propre, l’essence de l’esprit.
    • La pensée est le plus bel attribut de l’être humain.
    • La dignité de l’homme réside dans la pensée.
    • La pensée consciente l’élève au- dessus des forces de la nature.
    • Le travail de la pensée.
    • Un homme de pensée.
    • Une vie de pensée. (Ironique),
    • Celui-là n’est pas tourmenté par sa pensée.
    • Toute pensée est une sensation contrariée. — (Emil Cioran)
  2. (Par extension) Esprit ; réflexion.
    • Ce n'est rien d'ordonner des actes, si préalablement on n'est pas maître des pensées ; pour gouverner le monde des corps, il faut dominer celui des esprits. — (Jules Michelet, Du prêtre, de la femme, de la famille, 3e éd., Hachette & Paulin, 1845, p.262)
    • Il suffisait que des locataires de la maison déménageassent pour qu'elle ne dormît plus et souffrît autant que si on l'eût privée de tout. La pensée qu'on allait et venait près d'elle, qu'on était content de partir ou de s'installer, lui était intolérable. — (Emmanuel Bove, L'Amour de Pierre Neuhart, Le Castor Astral éditeur, 2018, chap. 3)
    • Je vous laisse à vos pensées.
    • Il m’est venu dans la pensée que cela n’est jamais entré dans ma pensée.
    • Ce traducteur est bien entré, n’est pas bien entré dans la pensée de son auteur, Il a bien pénétré, il n’a pas bien pénétré le sens de son auteur.
    • Il a affaibli, altéré, dénaturé la pensée de l’auteur.
  3. Façon de penser, tour habituel, tendance des opérations intellectuelles chez tel ou tel individu ou chez telle culture.
    • La pensée orientale.
    • La pensée d’Israël.
    • La pensée latine.
    • La pensée française.
    • La pensée allemande.
    • La libre pensée, La pensée de ceux qui n’acceptent point de se tenir dans les limites de la foi et se sont affranchis de tout dogme religieux.
  4. Résultat des opérations de l’intelligence.
    • Après le plaisir d’être apprécié par les gens intelligents, il n’y en a pas de plus grand que celui de n’être pas compris par les brouillons qui ne savent exprimer qu’en charabia ce qui leur tient lieu de pensée ; […]. — (Georges Sorel, Lettre à Daniel Halévy, 15 juillet 1907, dans Réflexions sur la violence, 1908)
    • Il s’interrompit net et nous fit un sourire plutôt torve et en coin, comme s’il désespérait d’arriver à traduire en mots sa pensée. — (Henry Miller, L’ancien combattant alcoolique au crâne en planche à lessive, dans Max et les Phagocytes, traduction par Jean-Claude Lefaure, éditions du Chêne, 1947)
    • Pensée vive, ingénieuse, spirituelle, fine, délicate, profonde, forte, brillante, lumineuse.
    • Pensée neuve, originale.
    • Pensée banale, commune.
    • Pensée grande, élevée, sublime, basse, vulgaire.
    • Exprimer, formuler sa pensée.
    • Expliquer ses pensées.
    • Développer ses pensées.
    • Comprenez-vous bien ma pensée ?
    • Avoir de mauvaises pensées, penser à des choses déshonnêtes, méchantes, criminelles.
  5. Méditation ; rêverie. — Note : En ce sens, il ne s’emploie guère qu’au pluriel.
    • Mes pensées sont mes catins. — (Diderot, Le neveu de Rameau)
    • Ce rappel à la réalité quotidienne et aux occupations usuelles change momentanément le cours de mes pensées. — (Henri Barbusse, L’Enfer, Éditions Albin Michel, Paris, 1908)
    • Dès qu'il s'éloigne du sol natal, sa pensée y retourne avec un charme douloureux et persistant. Dole, Dijon, Auxerre, Joigny, Sens, Fontainebleau, tous ces grands relais de poste, n'intéressaient que médiocrement les deux enfants. — (René Vallery-Radot, La vie de Pasteur, Hachette, 1900, Flammarion, 1941, p. 16)
    • Elle s’endort dans la lumière des salons-cuisines où les pensées flottent dans l'ombre et où chacun, sous l’abat-jour, se raconte sa véritable histoire. Y aura des suicides ce soir, à Courbevoie, et bien plus à Nanterre, j’en foutrais mon billet. — (René Dzagoyan, Vadim Bronsky: Dernière mort avant l'oubli, éd. Flammarion,, 2004, p. 146)
  6. Action de penser à quelqu’un, à quelque chose.
    • Malgré tout, la pensée de Catherine me réchauffait le cœur, et bientôt je découvris les premières maisons des Quatre-Vents. — (Erckmann-Chatrian, Histoire d’un conscrit de 1813, J. Hetzel, 1864)
    • La pensée de la mort l’obsède.
    • Il hésite à la pensée des risques qu’il court.
  7. Doctrine ; façon de penser ; opinion ; ce qu’on croit.
    • L’Académie […] était partagée intellectuellement, comme elle l’a toujours été, entre la pensée de n’être que le greffier de l’usage, qui est sa pensée maîtresse, et un certain désir sourd d’en être un peu le guide, ce qui est, à mon avis, parfaitement légitime. — (Émile Faguet, Simplification simple de l’orthographe, 1905)
    • Ses ouvrages […] contiennent nombre de pensées inspirées par ce vaillant optimisme matérialiste et orientées contre l’agnosticisme, le relativisme et d'autres variétés d'idéalisme. — (E. Asratian, I. Pavlov : sa vie et son œuvre, page 147, Éditions en langues étrangères, Moscou, 1953)
    • Puis, très volubile, il me donna un « digest » de la pensée politique des officiers de pacification : « Nous ne partirons pas », c’était le leitmotiv. — (Henri Alleg, La Question, 1957)
    • Les colères entassées fermentant dans le silence depuis vingt ans, grondaient de toutes parts ; la pensée se déchaînait, les livres qui d’ordinaire n’entraient en France que secrètement, commençaient à s’éditer à Paris. — (Louise Michel, La Commune, Paris : P.-V. Stock, 1898, p.10)
  8. (Par extension) Dessein, projet, intention, idée.
    • Fils d’une humble famille du Rethélois, ce paysan devait atteindre aux plus hautes fonctions, représenter la pensée de la France et de la « chrestienté », et, devant le monde, être leur porte-parole. — (Henri Dacremont, Gerson, éd. Jules Taillandier, Paris, 1929, p.7)
    • Cette réforme, cette conquête fut la grande pensée du règne.
    • Il a repris sa pensée de l’an dernier.
    • Il a renoncé à la pensée d’un grand voyage.
    • On n’a jamais eu la pensée de vous être désagréable.
  9. (Littéraire) (Au pluriel) Recueil de réflexions qui ne sont pas liées ensemble.
    • Les pensées de Marc-Aurèle.
    • Les pensées de Pascal.
    • Pensées de Cicéron, de Sénèque, de Montaigne.

Nom commun 2

pensée \pɑ̃.se\ féminin

  1. Plante ornementale aux fleurs veloutées roses, jaunes ou violettes de la famille des violacées.
    • Bouquet de pensées
    • – Vois comme cette pensée ressemble au roi Henri VIII d’Angleterre, avec sa barbe ronde, disait-elle. Au fond, je n’aime pas beaucoup ces figures de reîtres qu'ont les pensées jaunes et violettes... — (Colette, Sido, 1930, Fayard, page 15.)
    • Des bégonias rose thé étaient massés sous la fenêtre de la façade et des pensées formaient un tapis circulaire au pied d'un acacia. — (Raymond Chandler, L'homme qui aimait les chiens, traduction de Michel Philip et Andrew Poirier, dans Les ennuis, c'est mon problème, 2009)
  2. (Invariable) Couleur violet pourpre d’une variété de cette fleur.
    • Elle portait un tablier de soie violet pensée
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Pensée : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PENSÉE. n. f.
Toute opération de l'intelligence. La pensée est le propre, l'essence de l'esprit. La pensée est le plus bel attribut de l'être humain. La dignité de l'homme réside dans la pensée. La pensée consciente l'élève au-dessus des forces de la nature. Le travail de la pensée. Un homme de pensée. Une vie de pensée. Ironiquement, Celui-là n'est pas tourmenté par sa pensée. En ce sens général, il est souvent pris pour Esprit, réflexion. Qu'avez-vous dans la pensée? Lire dans la pensée de quelqu'un. Pénétrer sa pensée. Je vous laisse à vos pensées. Il m'est venu dans la pensée que... Cela n'est jamais entré dans ma pensée. Ce traducteur est bien entré, n'est pas bien entré dans la pensée de son auteur, Il a bien pénétré, il n'a pas bien pénétré le sens de son auteur. On dit de même : Il a affaibli, altéré, dénaturé la pensée de l'auteur.

PENSÉE désigne aussi, dans ce sens général, la Façon de penser, le tour habituel, la tendance des opérations intellectuelles chez tel ou tel individu ou chez telle race. La pensée orientale. La pensée d'Israël. La pensée latine. La pensée française. La pensée allemande. La libre pensée, La pensée de ceux qui n'acceptent point de se tenir dans les limites de la foi et se sont affranchis de tout dogme religieux.

PENSÉE s'emploie, soit au singulier, soit au pluriel, pour désigner Tous les divers résultats des opérations de l'intelligence. Pensée juste, fausse, exacte. Pensée obscure, hésitante, contradictoire. Pensée vive, ingénieuse, spirituelle, fine, délicate, profonde, forte, brillante, lumineuse. Pensée neuve, originale. Pensée banale, commune. Pensée grande, élevée, sublime, basse, vulgaire. Exprimer, formuler sa pensée. Expliquer ses pensées. Développer ses pensées. Comprenez-vous bien ma pensée? Avoir de mauvaises pensées, Penser à des choses déshonnêtes, méchantes, criminelles.

PENSÉE signifie aussi Méditation, rêverie, et, en ce sens, il ne s'emploie guère qu'au pluriel. Il est enfoncé dans ses pensées. Il se perd, il s'égare dans ses pensées. S'entretenir avec ses pensées. Il signifie encore Action de penser à quelqu'un, à quelque chose. La pensée des absents le tourmente. La pensée de la mort l'obsède. Il hésite à la pensée des risques qu'il court. Il signifie aussi Façon de penser, opinion, ce qu'on croit. Je serais fâché que vous eussiez de moi une pensée si contraire à l'amitié qui est entre nous. Sa pensée était qu'il valait mieux tout risquer. Parler contre sa pensée. Votre pensée est fort bonne, est fort juste. Ce n'est pas là ma pensée. Dites librement, naïvement votre pensée. Entrer dans la pensée de quelqu'un, Comprendre et approuver les motifs qui le font penser de telle manière. J'entre dans votre pensée.

PENSÉE signifie, par extension, Dessein, projet, intention. Exécuter sa pensée. Cette réforme, cette conquête fut la grande pensée du règne. Il a repris sa pensée de l'an dernier. Il a renoncé à la pensée d'un grand voyage. On n'a jamais eu la pensée de vous être désagréable. Dans ces différentes acceptions, on emploie aussi souvent le mot Idée.

PENSÉES désigne, en termes de Littérature, un Recueil de réflexions qui ne sont pas liées ensemble. Les Pensées de Marc-Aurèle. Les Pensées de Pascal. On donne quelquefois ce titre au Recueil factice de pensées extraites de l'œuvre d'un auteur. Pensées de Cicéron, de Sénèque, de Montaigne. Arrière-pensée. Voyez ce mot à son ordre alphabétique.

Pensée : définition du Littré (1872-1877)

PENSÉE (pan-sée) s. f.
  • 1Ce que l'esprit imagine ou combine. Par le nom de pensée je comprends tout ce qui est tellement en nous que nous l'apercevons immédiatement par nous-mêmes et en avons une connaissance intérieure ; ainsi toutes les opérations de la volonté, de l'entendement, de l'imagination et des sens sont des pensées, Descartes, Rép. aux secondes obj. 57. Il faut avoir une pensée de derrière, et juger de tout par là, en parlant cependant comme le peuple, Pascal, Pens. XXIV, 90, éd. HAVET. Le hasard donne les pensées, le hasard les ôte, Pascal, ib. XXIV, 92. Comme si les mêmes pensées ne formaient pas un autre corps de discours par une disposition différente, aussi bien que les mêmes mots forment d'autres pensées par leur différente disposition, Pascal, ib. VII, 9. L'armée de M. de Luxembourg n'est point encore séparée… je serai au désespoir, s'il faut que je reprenne encore les pensées de la guerre, Sévigné, 12 oct. 1678. Prendre les sentiments que la seule pensée de la mort nous devrait inspirer à tous les moments de notre vie, Bossuet, Duch. d'Orl. Tant il est vrai que tout se tourne en révoltes et en pensées séditieuses, quand l'autorité de la religion est anéantie ! Bossuet, Reine d'Anglet. Ses paroles précises [de Louis XIV] sont l'image de la justesse qui règne dans ses pensées, Bossuet, Mar.-Thér. Nos pensées qui regardent Dieu et les actions qui sont les effets de ces pensées, ne sont point de son ressort [du magistrat], Burnet, (protestant), dans BOSSUET 6e avert. 112. On lui dit qu'il y avait un art innocent de séparer les pensées d'avec les paroles, Fléchier, Duc de Mont. Il est certains esprits dont les sombres pensées Sont d'un nuage épais toujours embarrassées, Boileau, Art p. I. Les grandes pensées viennent du cœur, Vauvenargues. C'est le sort des pensées d'un grand homme, d'être fécondes non-seulement entre ses mains, mais dans celles des autres, D'Alembert, Disc. prél. Syst. monde, Œuv. t. XIV, p. 90, dans POUGENS. J'appelle pensée tout ce que l'âme éprouve, soit par des impressions étrangères, soit par l'usage qu'elle fait de sa réflexion, Condillac, Conn. hum. III, 16. Oh ! qui m'aurait donné de sonder ta pensée [de toi, Napoléon], Lorsque le souvenir de ta grandeur passée…, Lamartine, Méd. II, 7. Elle veut être seule ; et nous l'avons laissée Elevant vers le ciel sa dernière pensée, P. Lebrun, M. Stuart, V, I.

    De la pensée, par la pensée seulement, quand on ne peut pas parler. L'un et l'autre se dit adieu de la pensée, La Fontaine, Philém. et Bauc.

    Familièrement. Il n'est pas tourmenté par ses pensées, il a peu d'esprit.

    Avoir de mauvaises pensées, penser à des choses funestes ou déshonnêtes.

    Fig. être d'un siècle entier la pensée et la vie, Lamartine, Méd. II, 7.

    La pensée humaine, la succession et l'enchaînement des idées qui ont formé la civilisation. Le développement, l'histoire de la pensée humaine,

  • 2Ce qui a été pensé, produit sous une forme de langage et de style. Qu'est-ce qu'une pensée neuve, brillante, extraordinaire ? ce n'est point, comme se le persuadent les ignorants, une pensée que personne n'a jamais eue ni dû avoir ; c'est, au contraire, une pensée qui a dû venir à tout le monde, et que quelqu'un s'avise le premier d'exprimer, Boileau, 6e préface. Comme le choix des pensées est invention, La Bruyère, I. Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n'y en a qu'une qui soit la bonne, La Bruyère, ib. Pourquoi supprimer cette pensée ? elle est neuve, elle est belle, et le tour en est admirable, La Bruyère, ib. Il n'appartient qu'à elles [les femmes]… de rendre délicatement une pensée qui est délicate, La Bruyère, ib. On peut dire qu'une pensée délicate est la plus fine production et comme la fleur de l'esprit, Rollin, Traité des Étud. III, 3. Les pensées sont les images des choses, comme les paroles sont les images des pensées, Rollin, ib. L'histoire des pensées des hommes, certainement curieuse par le spectacle d'une variété infinie, est aussi quelquefois instructive, Fontenelle, Leibnitz. Ce qui fait ordinairement une grande pensée, c'est lorsqu'on dit une chose qui en fait voir un grand nombre d'autres, Montesquieu, Goût, Curiosité.

    Terme de rhétorique. Figures de pensée, celles qui tombent sur la pensée même, c'est-à-dire qui consistent dans la tournure qu'on donne à l'expression de cette pensée, et non dans les mots particuliers qu'on emploie, ou dans la construction grammaticale.

    Pensées détachées, livre composé de réflexions qui ne sont point liées les unes aux autres.

    Absolument. On donne le nom de pensées à des livres faits de pensées détachées. Les Pensées de Pascal. Quand on imprima les Pensées du duc de la Rochefoucauld, ou plutôt la pensée qui, présentée sous cent formes différentes, prouve que l'amour-propre est le grand ressort du genre humain, Voltaire, Polit. et législ. Prix de la just. et de l'hum. XI.

  • 3Sens d'un auteur. Ce traducteur n'est pas bien entré dans la pensée de son auteur. Affaiblir la pensée d'un auteur.
  • 4Façon de penser, opinion. J'ai dit ailleurs ma pensée touchant l'infante et le roi, Corneille, Cid, Examen. Sans y perdre de temps, ouvrez votre pensée, Corneille, Sertor. II, 2. Serais-je si malheureuse, madame, que vous eussiez de moi cette pensée ? Molière, Crit. 3. Est-il possible qu'Aristote ait eu cette pensée ? Pascal, Prov. IV. On y vit [chez le Tellier] tout l'esprit et les maximes d'un juge qui, attaché à la règle, ne porte pas dans le tribunal ses propres pensées, ni des adoucissements ou des rigueurs arbitraires, Bossuet, le Tellier. Ah ! seigneur, vous parlez contre votre pensée, Racine, Brit. II, 6. Un enfant est peu propre à trahir sa pensée, Racine, Athalie, II, 6.

    Entrer dans la pensée de quelqu'un, adopter son opinion.

  • 5Dessein, projet, représentés comme n'étant encore qu'en idée. Le plus souvent la première pensée Dans le meilleur esprit n'est pas la plus sensée, Tristan, M. de Chrispe, III, 2. Et la seule pensée [de conspirer] est un crime d'État, Corneille, Cinna, IV, 4. Quand malgré ma fortune à vos pieds abaissée J'osai jusques à vous élever ma pensée, Corneille, Héracl. III, 1. Je ne sais comment vous avez pu avoir la pensée de m'accuser, Pascal, Prov. X. Rome, que tu [Annibal] tenais, t'échappe ; et le destin ennemi t'a ôté tantôt le moyen, tantôt la pensée de la prendre, Bossuet, Reine d'Anglet. Ils mourront, dit le prophète, et en ce jour périront toutes leurs pensées, Bossuet, Duch. d'Orl. Je ne marche point dans de vastes pensees, Bossuet, Mar.-Thér. Mais l'homme, sans arrêt dans sa course insensée, Voltige incessamment de pensée en pensée, Boileau, Sat. VIII. Je leur écris qu'Achille a changé de pensée, Racine, Iphig. I, 1. Mme de Maintenon le demanda [Noisy le Sec] au roi pour y mettre Mme de Brinon avec sa communauté ; c'est là qu'elle eut la pensée de l'établissement de Saint-Cyr, Mme de Caylus, Souvenirs, p. 196, dans POUGENS.

    Espérances. À quoi bon charger votre vie Des soins d'un avenir qui n'est pas fait pour vous ? Ne songez désormais qu'à vos erreurs passées ; Quittez le long espoir et les vastes pensées, La Fontaine, Fabl. XI, 8. Il ne fallait qu'en ouvrir l'entrée [des affaires d'État] à un génie si perçant pour l'introduire bien avant dans les secrets de la politique ; mais son esprit modéré ne se perdait pas dans ces vastes pensées, Bossuet, le Tellier. Mais peut-être, au défaut de la fortune, les qualités de l'esprit, les grands desseins, les vastes pensées pourront nous distinguer du reste des hommes, Bossuet, Duch. d'Orl. Mais pourquoi me flatter de ces vaines pensées ? Racine, Athal. I, 1. Dans le temps que votre âme empressée Forme d'un doux hymen l'agréable pensée, Racine, Mithr. I, 3.

  • 6 Par métonymie, l'action de penser, l'opération de l'intelligence. Toute notre dignité consiste en la pensée, Pascal, Pens. I, 6, éd. HAVET. Par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit comme un point ; par la pensée, je le comprends, Pascal, ib. I, 6 bis. La pensée toute seule est donc l'essence de l'esprit, ainsi que l'étendue toute seule est l'essence de la matière, Malebranche, Rech. vér. III, I, 1. Pensée est un acte représentatif et sensible par lequel l'être a perception de lui-même et de tout ce qui lui arrive, ainsi que des objets externes qu'il est capable d'apercevoir ou de connaître en conséquence de l'impression qu'il reçoit, Boullainvilliers, Réfut. de Spinoza, p. 91. Notre âme n'a qu'une forme très simple, très générale, très constante : cette forme est la pensée, Buffon, Hist. anim. chap. 11. Faites-moi donc trouver dans la pensée un asile contre les tourments du cœur, Staël, Corinne, XV, 4. Espérons que bientôt il paraîtra un Newton pour la science de la pensée, qui la trouvera toute prête à recevoir de son génie l'essor le plus heureux, Destutt-Tracy, Inst. Mém. scienc. mor. et pol. t. I, p. 320.

    La faculté de penser. Il a perdu l'usage de ses facultés physiques ; la pensée lui reste seule. De pensers en pensers s'égara ma pensée, Régnier, Dial. J'ai souvent souhaité d'avoir la pensée aussi prompte, ou l'imagination aussi nette, ou la mémoire aussi ample ou aussi présente que quelques autres, Descartes, Méth. I, 2. Je la sentis s'animer sous ma main, je la vis prendre la pensée dans mes yeux, Buffon, Des sens.

    L'esprit considéré comme le siége de ce qui est pensé. Polyenne pour lors me vint en la pensée, Régnier, Sat. X. La belle en qui j'ai la pensée, Régnier, ib. XII. J'aurais d'un si grand coup l'âme bien peu blessée, Si de pareils discours m'entraient en la pensée, Corneille, Illus. com. v, 5. Ô mort, éloigne-toi de notre pensée, Bossuet, Duch. d'Orl. J'ai vu ce même enfant… Tel qu'un songe effrayant l'a peint à ma pensée, Racine, Ath. II, 5. Dans vos secrets discours étais-je intéressée, Seigneur ? étais-je au moins présente à la pensée ? Racine, Bérén. II, 4. Monime, qu'en tes mains mon père avait laissée, Avec tous ses attraits revint en ma pensée, Racine, Mith. I, 1.

    Lire dans la pensée de quelqu'un, deviner ce qu'il a dans l'esprit. Ne devais-tu pas lire au fond de ma pensée ? Racine, Andr. v, 3.

    On dit de même : pénétrer dans la pensée de quelqu'un.

  • 7La pensée, ce qui est marqué par une certaine profondeur. Il y a de la pensée dans cet ouvrage. Celle [la statue] de Laurent de Médicis, méditant la vengeance de l'assassinat de son frère, a mérité l'honneur d'être appelée la pensée de Michel-Ange, Staël, Corinne, XVIII, 3.
  • 8Méditation, rêverie, réflexion. Il est pour la pensée une heure… une heure sainte, Alors que… Le crépuscule aux monts prolonge ses adieux, Lamartine, Méd. II, 8.

    Il se dit le plus souvent au pluriel en ce sens. Il est attaché à ses pensées, Molière, Am. magn. I, 1. Il allait porter son encens avec peine sur les autels de la fortune, et revenait chargé du poids de ses pensées, Fléchier, Duc de Mont.

  • 9Souvenir. Mais il ne put si tôt en bannir la pensée, Racine, Esth. I, 1.

    En termes de dévotion. N'avoir aucune pensée de Dieu, aucune pensée de son salut, n'y faire aucune attention, aucune réflexion. Celui qui n'a aucune pensée de Dieu ni de ses péchés, Pascal, Prov. IV.

  • 10 Terme de littérature et d'arts. Première idée, esquisse. Il n'a encore jeté sur le papier que la pensée de son ouvrage.

    Le motif d'une composition. J'ai trouvé la pensée de la Vierge que je vous ai promise ; il faut maintenant trouver le temps et la commodité de l'exécuter, Poussin, Lett. 16 fév. 1653. L'allusion de Wels fait toute la pensée du couplet, Hamilton, Gramm. 9.

HISTORIQUE

XIIe s. Et quant je plus sui loinz de sa contrée, Tant est mes cuers plus près et ma pensée, Couci, XVII.

XIIIe s. Rois Flores qui mout ert [était] homs de bone pensée, Berte, CXLII.

XIVe s. Roy Pietres l'amoit plus… Que dame nulle ou monde qui tant fust sa privée, Et celle si l'amoit de toute sa pensée, Guesclin, 9517.

XVe s. Jaques Legris jeta sa pensée sur la femme de Jean de Carouge, Froissart, liv. III, p. 152, dans LACURNE.

XVIe s. Sa pensée luy suggerant [à Xerxès] comme tant de vies avoient à defaillir au plus loing dans un siecle, Montaigne, I, 271. De maniere qu'il venoit en la pensée à plusieurs de dire ces vers du poëte Timothaeus…, Amyot, Agésil. 22.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. PENSÉE. Ajoutez :
11La libre pensée, l'opinion des libres penseurs.

REMARQUE

Pascal a dit : Une pensée de derrière, pour fond de la pensée (voy. au Dictionnaire le n° 1). Cette forte expression a été reprise sous la forme de : pensée de derrière la tête. Maurice était sincère ; peut-être sa pensée de derrière la tête était-elle de gagner du temps, peut-être avait-il quelque autre intention, V. Cherbuliez, Rev. des Deux-Mondes, 15 janv. 1876, p. 278. Cette dernière forme est elle-même de Pascal : J'aurai aussi mes pensées de derrière la tête, Pascal, éd. de E. Havet, 1852, Appendice, p. 533.

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Pensée : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

PENSÉE, s. f. (Métaphysiq.) opération, perception, sensation, conscience, idée, notion, semblent être tous des termes synonymes, du-moins à des esprits superficiels & paresseux, qui les emploient indifféremment dans leur façon de s’expliquer ; mais comme il n’y a point de mots absolument synonymes, & qu’ils ne le sont tout au plus que par la ressemblance que produit en eux l’idée générale qui leur est commune à tous, je vais exactement marquer leur différence délicate, c’est-à-dire la maniere dont chacun diversifie une idée principale par l’idée accessoire qui lui constitue un caractere propre & singulier. Cette idée principale que tous ces mots dont je viens de parler énoncent, est la pensée ; & les idées accessoires qui les distinguent tous, ensorte qu’ils ne sont point parfaitement synonymes, en sont les diverses nuances. On peut donc regarder le mot pensée comme celui qui exprime toutes les opérations de l’ame. Ainsi, j’appellerai pensée tout ce que l’ame éprouve, soit par des impressions étrangeres, soit par l’usage qu’elle fait de sa réflexion. Opération, la pensée entant qu’elle est propre à produire quelque changement dans l’ame, & par ce moyen à l’éclairer & à la guider. Perception, l’impression qui se produit en nous à la présence des objets. Sensation, cette même impression entant qu’elle vient par les sens. Conscience, la connoissance qu’on en prend. Idée, la connoissance qu’on en prend comme image. Notion, toute idée qui est notre propre ouvrage. On ne peut prendre indifféremment l’un pour l’autre, qu’autant qu’on n’a besoin que de l’idée principale qu’ils signifient. On peut appeller les idées simples indifféremment perceptions ou idées, mais on ne doit pas les appeller notions, parce qu’elles ne sont pas l’ouvrage de l’esprit. On ne doit pas dire la notion du blanc, mais la perception du blanc. Les notions à leur tour peuvent être considérées comme images ; on peut par conséquent leur donner le nom d’idées, mais jamais celui de perception : ce seroit faire entendre qu’elles ne sont pas notre ouvrage. On peut dire la notion de la hardiesse, & non la perception de la hardiesse ; ou, si l’on veut faire usage de ce terme, il faut dire, les perceptions qui composent la notion de la hardiesse.

Une chose qu’il faut encore remarquer sur les mots d’idée & de notion, c’est que le premier signifiant une perception considerée comme image, & le second une idée que l’esprit a lui-même formée, les idées & les notions ne peuvent appartenir qu’aux êtres qui sont capables de réflexion. Quant aux bêtes, si tant est qu’elles pensent & qu’elles ne soient point de purs automates, elles n’ont que des sensations & des perceptions ; & ce qui n’est pour elles qu’une perception, devient idée à notre égard, par la réflexion que nous faisons que cette perception représente quelque chose. Voyez tous ces mots chacun à son article.

Pensée, Sentiment, Opinion, (Synon. Gram.) Ils sont tous les trois d’usage lorsqu’il ne s’agit que de la simple énonciation de ses idées : en ce sens, le sentiment est le plus certain ; c’est une croyance qu’on a par des raisons ou solides ou apparentes. L’opinion est la plus douteuse ; c’est un jugement qu’on fait avec quelque fondement. La pensée est moins fixe & moins assurée, elle tient de la conjecture. On dit rejetter & soutenir un sentiment, attaquer & défendre une opinion, desapprouver & justifier une pensée.

Le mot de sentiment est plus propre en fait de goût ; c’est un sentiment général qu’Homere est un excellent poëte. Le mot d’opinion convient mieux en fait de science : l’opinion commune est que le soleil est au centre du monde. Le mot de pensée se dit plus particulierement, lorsqu’il s’agit de juger des événemens des choses ou des actions des hommes ; la pensée de quelques politiques est que le moscovite trouveroit mieux ses vrais avantages du côté de l’Asie, que du côté de l’Europe.

Les sentimens sont un peu soumis à l’influence du cœur ; il n’est pas rare de les voir conformes à ceux des personnes qu’on aime. Les opinions doivent beaucoup à la prévention ; il est d’ordinaire aux écoliers de tenir celles de leurs maitres. Les pensées tiennent assez de l’imagination ; on en a souvent de chimériques. Synonymes françois. (D. J.)

Pensée, (Art orat.) La pensée en général est la représentation de quelque chose dans l’esprit, & l’expression est la représentation de la pensée par la parole.

Les pensées doivent être considérées dans l’art oratoire comme ayant deux sortes de qualités : les unes sont appellées logiques, parce que c’est la raison & le bon sens qui les exigent ; les autres sont des qualités de goût, parce que c’est le goût qui en décide. Celles-là sont la substance du discours, celles-ci en sont l’assaisonnement.

La premiere qualité logique essentielle de la pensée, c’est qu’elle soit vraie, c’est-à-dire, qu’elle représente la chose telle qu’elle est. A cette premiere qualité tient la justesse. Une pensée parfaitement vraie, est juste. Cependant l’usage met quelque différence entre la vérité & la justesse de la pensée : la vérité signifie plus précisément la conformité de la pensée avec l’objet ; la justesse marque plus expressément l’étendue. La pensée est donc vraie quand elle représente l’objet : & elle est juste, quand elle n’a ni plus ni moins d’étendue que lui.

La seconde qualité est la clarté. Peut-être même est-ce la premiere ; car une pensée qui n’est pas claire n’est pas proprement une pensée. La clarté consiste dans la vûe nette & distincte de l’objet qu’on se représente, & qu’on voit sans nuage, sans obscurité : c’est ce qui rend la pensée nette. On le voit séparé de tous les autres objets qui l’environnent : c’est ce qui la rend distincte.

La premiere chose qu’on doit faire, quand il s’agit de rendre une pensée, est donc de la bien reconnoître, de la démêler d’avec tout ce qui n’est point elle, d’en saisir les contours & les parties. C’est à quoi se réduisent les qualités logiques des pensées ; mais pour plaire, ce n’est pas assez d’être sans défaut, il faut avoir des graces ; & c’est le goût qui les donne. Ainsi tout ce que les pensées peuvent avoir d’agrément dans un discours, vient de leur choix & de leur arrangement. Toutes les regles de l’élocution se réduisent à ces deux points, choisir & arranger. Etendons ces idées d’après l’auteur des principes de la Littérature ; on en trouvera les détails instructifs.

Dès qu’un sujet quelconque est proposé à l’esprit, la face sous laquelle il s’annonce produit sur le champ quelques idées. Si l’on en considere une autre face, ce sont encore d’autres idées ; on pénetre dans l’intérieur ; ce sont toujours de nouveaux biens. Chaque mouvement de l’esprit fait éclorre de nouveaux germes : voilà la terre couverte d’une riche moisson. Mais dans cette foule de productions, tout n’est pas le bon grain.

Il y a de ces pensées qui ne sont que des lueurs fausses, qui n’ont rien de réel sur quoi elles s’appuient. Il y en a d’inutiles, qui n’ont nul trait à l’objet qu’on se propose de rendre. Il y en a de triviales, aussi claires que l’eau, & aussi insipides. Il y en a de basses, qui sont au-dessous de la dignité du sujet. Il y en a de gigantesques qui sont au-dessus : toutes productions qui doivent être mises au rebut.

Parmi celles qui doivent être employées, s’offrent d’abord les pensées communes, qui se présentent à tout homme de sens droit, & qui paroissent naître du sujet sans nul effort. C’est la couleur fonciere, le tissu de l’étoffe. Ensuite viennent les pensées qui portent en soi quelque agrément, comme la vivacité, la force, la richesse, la hardiesse, le gracieux, la finesse, la noblesse, &c. car nous ne prétendons pas faire ici l’énumération complette de toutes les especes de pensées qui ont de l’agrément.

La pensée vive est celle qui représente son objet clairement, & en peu de traits. Elle frappe l’esprit par sa clarté, & le frappe vîte par sa briéveté. C’est un trait de lumiere. Si les idées arrivent lentement, & par une longue suite de signes, la secousse momentanée ne peut avoir lieu. Ainsi quand on dit à Médée : que vous reste-t-il contre tant d’ennemis ? elle répond, moi : voilà l’éclair. Il en est de même du mot d’Horace, qu’il mourût.

La pensée forte n’a pas le même éclat que la pensée vive, mais elle s’imprime plus profondément dans l’esprit ; elle y trace l’objet avec des couleurs foncées ; elle s’y grave en caracteres ineffaçables. M. Bossuet admire les pyramides des rois d’Egypte, ces édifices faits pour braver la mort & le tems ; & par un retour de sentiment, il observe que ce sont des tombeaux : cette pensée est forte. La beauté s’envole avec la jeunesse ; l’idée du vol peint fortement la rapidité de la fuite.

La pensée hardie a des traits & des couleurs extraordinaires, qui paroissent sortis de la regle. Quand Despréaux osa écrire : le chagrin monte en croupe & galope avec lui, il eut besoin d’être rassuré par des exemples, & par l’approbation de ses amis. Qu’on se représente le chagrin assis derriere le cavalier, la métaphore est hardie ; mais qu’on soutienne la pensée, en faisant galoper ce personnage allégorique, c’étoit s’exposer à la censure.

On sent assez ce que c’est que la pensée brillante, son éclat vient le plus souvent du choc des idées :

Qu’à son gré désormais la Fortune me joue,
On me verra dormir au branle de sa roue.

« Les secousses de la fortune renversent les empires les plus affermis, & elles ne font que bercer le philosophe ».

L’idée riche est celle qui présente à-la-fois non-seulement l’objet, mais la maniere d’être de l’objet, mais d’autres objets voisins, pour faire, par la réunion des idées, une plus grande impression. Prends ta foudre : le seul mot foudre nous peint un dieu irrité, qui va attaquer son ennemi & le réduire en poudre.

Et la scene françoise est en proie à Pradon.

Quel homme que ce Pradon, ou plutôt quel animal féroce, qui déchire impitoyablement la scene francoise ! elle expire sous ses coups.

La pensée fine ne représente l’objet qu’en partie, pour laisser le reste à deviner. On en voit l’exemple dans cette épigramme de M. de Maucroix.

Ami, je vois beaucoup de bien
Dans le parti qu’on me propose ;
Mais toutefois ne pressons rien :
Prendre femme est étrange chose,
On doit y penser mûrement.
Gens sages, en qui je me fie,
M’ont dit que c’est fait prudemment
Que d’y penser toute sa vie.

Quelquefois elle représente un objet pour un autre objet. Celui qu’on veut présenter se cache derriere l’autre : comme quand on offre l’idée d’un livre chez l’épicier.

La pensée poëtique est celle qui n’est d’usage que dans la Poésie, parce qu’en prose elle auroit trop d’éclat & trop d’appareil.

La pensée naïve sort d’elle-même du sujet, & vient se présenter à l’esprit sans être demandée.

Un boucher moribond voyant sa femme en pleurs,
Lui dit : ma femme, si je meurs,
Comme en notre métier un homme est nécessaire,
Jacques, notre garçon, feroit bien ton affaire ;
C’est un fort bon enfant, sage, & que tu connois ;
Epouse-le, crois-moi, tu ne saurois mieux faire.
Hélas, dit-elle, j’y songeois.

Il y a des pensées qui se caractérisent par la nature même de l’objet. On les appelle pensées nobles, grandes, sublimes, gracieuses, tristes, &c. selon que leur objet est noble, grand, &c.

Il y a encore une autre espece de pensées, qui en porte le nom par excellence, sans être désignée par aucune qualité qui leur soit propre. Ce sont ordinairement des réflexions de l’auteur même, enchâssées avec art dans le sujet qu’il traite. Quelquefois c’est une maxime de morale, de politique. Rien ne touche les peuples comme la bonté : d’autres fois c’est une image vive ; trois guerriers (les Horaces) portoient en eux tout le courage des Romains.

A toutes ces especes de pensées répondent autant de sortes d’expressions. De même qu’il y a des pensées communes, & des pensées accompagnées d’agrément, il y a aussi des termes propres & sans agrément marqué, & des termes empruntés, qui ont la plûpart un caractere de vivacité, de richesse, &c. pour représenter les pensées qui sont dans le même genre ; car l’expression, pour être juste, doit être ordinairement dans le même goût que la pensée.

Je dis ordinairement, parce qu’il peut se faire qu’il y ait dans l’expression un caractere qui ne se trouve point dans la pensée. Par exemple, l’expression peut être fine, sans que la pensée le soit. Quand Hyppolite dit en parlant d’Aricie, si je la haïssois, je ne la fuirois pas, la pensés n’est pas fine, mais l’expression l’est, parce qu’elle n’exprime la pensée qu’à-demi. De même l’expression peut être hardie, sans que la pensée le soit, & la pensée peut l’être sans l’expression : il en est de même de la noblesse, & de presque toutes les autres qualités.

Ce qui produit entr’elles cette différence, est la diversité des regles de la nature, & de celles de l’art en ce point. Il seroit naturel que l’expression eût le même caractere que la pensée, mais l’art a ses raisons pour en user autrement. Quelquefois par la force de l’expression, on donne du corps à une idée foible ; quelquefois par la douceur de l’une on tempere la dureté de l’autre : un récit est long, on l’abrege par la richesse des expressions : un objet est vil, on le couvre, on l’habille de maniere à le rendre décent : il en est ainsi des autres cas.

Enfin, si quelqu’un me demandoit quel est le choix qu’on doit faire des pensées dans l’élocution, je lui repondrois que c’est tout ensemble le génie & le gout qui peuvent l’en instruire. L’un lui suggerera les belles pensées, l’autre les placera dans leur ordre ; parce que le goût & le jugement n’adoptent que ce qui peut prendre la teinte du sujet, & faire un même corps avec le reste. Le Chevalier de Jaucourt.

Pensée, (Critiq. sacrée.) ce terme ne signifie pas toujours la simple opération de l’esprit qui pense ; l’Ecriture l’emploie quelquefois pour un dessein, un projet, une entreprise : in illâ die peribunt omnes cogitationes eorum ; Ps. cxlv. 4. leur mort dans ce jour même rompra tous leurs projets. Nemo avertere potest cogitationes ejus ; Job, xxiij. 13. personne ne peut empêcher les desseins de Dieu. Ce mot veut dire encore le soin qu’on a de quelqu’un : cogitatio illorum apud Altissimum ; Sap. v. 16. le Très-Haut a soin des justes. Il se prend pour doute, scrupule : quid cogitationes ascendunt in corda vestra ; Luc, xxiv. 28. Enfin, il se prend pour raisonnement : evanuerunt in cogitationibus suis, dit saint Paul aux Romains, j. xxj. en parlant des philosophes payens. Ils se sont égarés dans leurs vains raisonnemens, c’est-à-dire, qu’ils ont été entrainés à l’idolâtrie par de faux raisonnemens ; car idole dans les Septante est appellée μάταιον, & saint Paul dit ἐματαιώθησαν. (D. J.)

Pensée, en Peinture, est une légere esquisse de ce qui s’est présenté à l’imagination, sur un sujet qu’on se propose d’exécuter. Ce terme differe de celui d’esquisse, en ce que la pensée n’est jamais une chose digérée, au lieu qu’une esquisse, quoique projet d’ouvrage, ne differe quelquefois de la perfection de l’ouvrage même que parce qu’elle est en plus petit volume ; pensée n’a pas la même signification que croquis. On dit j’ai fait un croquis de la pensée de tel, mais on ne dit point j’ai fait une pensée de la pensée de tel.

Pensée, herba Trinitatis, (Jardinage.) est une petite fleur qui, comme la violette, a trois couleurs. Ses tiges rampantes, garnies de feuilles presque rondes, se partagent en rameaux qui produisent des fleurs composées de cinq feuilles, lesquelles portent un calice partagé en cinq parties de trois couleurs blanches ou jaunes, purpurines & bleues. Il vient après ces fleurs une coque qui renferme des semences qu’on seme sur couche. On les transplante dans des plates-bandes le long des terrasses, & on en forme les massifs & les coquilles des grands parterres. Sa culture est des plus ordinaires, elle fleurit au printems.

Pensée, couleur de, (Teinture.) espece de violet tirant sur le pourpre.

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Pensée : définitions subjectives sur Dicopedia

Dicopedia est un dictionnaire participatif où n'importe qui peut partager sa propre définition des mots de la langue française. L'intérêt de cette initiative est de proposer des définitions subjectives et très diverses, selon l'expérience de chacun. Nous ajouterons dans cette section les définitions de « pensée » les plus populaires.

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Étymologie de « pensée »

Étymologie de pensée - Littré

Pensé ; wallon, peinsaie. L'ancien français avait aussi le substantif féminin pense ; wallon, pinse ; prov. pensa, pessa.

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Étymologie de pensée - Wiktionnaire

Participe passé de penser, issu du bas latin pensare (peser).
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Phonétique du mot « pensée »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pensée pɑ̃se play_arrow

Citations contenant le mot « pensée »

  • ÉDITORIAL. Il faut lutter à tous les niveaux contre l’oreiller de paresse de la pensée que représentent les complots. D’abord en refusant de céder à leurs séduisantes facilités, mais sans les mépriser pour autant Le Temps, Le complot, cet oreiller de paresse de la pensée - Le Temps
  • J’ai tendance à gérer les nouvelles difficiles et la tragédie via l’introspection. Cette semaine, mes pensées étaient difficiles à apprivoiser. Journal Métro, Après toutes ces tragédies, une pensée pour réfléchir
  • On voit souvent le cerveau humain comme deux hémisphères complémentaires. Mais il est bon de considérer la pensée comme un trinité: logique, créativité et critique. L'Echo, Penser | L'Echo
  • La pensée de John Rawls a fait l'objet de vifs débats et réveillé un vent d'opposition venant de courants libertariens et communautariens. Rawls a fondé des concepts avec lesquels s'expriment bien souvent les réfutations de ses thèses. Pour autant est-il toujours d'actualité ? France Culture, La pensée de John Rawls est-elle dépassée ? - Ép. 5/5 - Avoir raison avec... John Rawls
  • Philosophe, historien, théoricien sans doute, poète aussi, l’homme résiste aux réductions commodes. Comme sa pensée sans cesse en mouvement, en construction… Pourtant les deux premières images qui s’imposent le figent dans un rôle qui le dénature. Une icône vieillie et barbue, qui le pose en patriarche, en figure échappée de l’Ancien Testament, terrible et grondant, le soustrayant à son temps véritable. Son temps, c’est celui des effervescences romantiques auxquelles il participe pleinement, des élans fusionnels qui posent l’amitié en valeur suprême – et la relation avec Friedrich Engels, de deux ans son cadet, a cette force incroyable qui rejoue l’entente inouïe de Montaigne et La Boétie. C’est aussi le temps des progrès scientifiques et techniques qui le fascinent, des effroyables conditions de vie des prolétaires qui l’horrifient et nourrissent la « révolution scientifique » qu’en homme de cabinet, de l’écrit et des journaux, plus qu’en acteur de la rue il élabore dès sa jeunesse. Le Monde.fr, Sur France Culture, la « pensée saccagée » de Karl Marx
  • Imaginez-vous en vacances, sur la plage, face à une mer turquoise, un soleil radieux et un petit vent frais qui vient vous caresser le corps. Tout est parfait… Et puis, vous repensez à votre départ en vacances, aux valises et… vous vous demandez si vous avez bien fermé la fenêtre. Vous revoyez la scène et là, impossible de vous souvenir si oui ou non vous avez refermé cette fichue fenêtre, celle qui était grande ouverte au moment du départ. D’un bond, vous vous redressez, vous sentez le stress monter, une goutte de sueur perle sur votre front, votre cœur bat plus vite, vous vous affolez… Voilà comment une seule pensée peut modifier intégralement votre état physique, même si l’environnement est idéal et qu’il n’y a aucune raison extérieure de vous stresser. Maintenant, une question se pose… croyez-vous vraiment que ce stress soit anodin pour votre santé ? FemininBio, Maladie psychosomatique : vos pensées influencent votre santé - FemininBio
  • Une solution de transport vient de voir le jour. Pour aller d'un point A à un point B, plus besoin de véhicules polluants, équipés de badges télé-porteurs et avec seulement la pensée nous pouvons nous déplacer. Un récit imaginaire d'une élève de 12 ans au Collège Saint Nicolas de Tiffauges (85). France Bleu, Et si en 2050, on se déplaçait tout simplement par la pensée ?
  • “C’est une expression française utilisée communément, comprise par tous. Il n’y avait aucune arrière-pensée. Il ne s’agit en aucun cas d’un parallèle dans une affaire où des mises en examen ont été prononcées”, a expliqué ce mercredi 29 juillet l’entourage de Gérald Darmanin, cité par LCI.  Le HuffPost, Gérald Darmanin n'avait aucune "arrière pensée" en disant "je m'étouffe" | Le HuffPost
  • Gardons-nous de suivre la pensée d'un auteur... D'ailleurs, qu'en sait-il de sa pensée ? De Henri Michaux / Plume
  • La forme est la chair même de la pensée, comme la pensée est l'âme de la vie. De Gustave Flaubert / Correspondance
  • Les arrière-pensées que nous prêtons aux autres ne sont jamais que nos propres pensées. De Gilbert Cesbron / Journal sans date
  • Il y a quelque chose de pire que d'avoir une mauvaise pensée. C'est d'avoir une pensée toute faite. De Charles Péguy
  • Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes. De Karl Marx / L'idéologie allemande
  • Chez les uns, le style naît des pensées ; chez les autres, les pensées naissent du style. De Joseph Joubert
  • Les arrières-pensées que nous prêtons aux autres ne sont jamais que nos propres pensées. De Gilbert Cesbron
  • Le cosmos est une pensée qui ne se pense pas, suspendue à une pensée qui se pense. De Nicolas de Malebranche
  • Au-dessus de la matière, il y a la pensée ; au-dessus de la pensée, il y a l'idéal. De Meissonier
  • La parole est la pensée extérieure, et la pensée est la parole intérieure. De Antoine de Rivarol / Rivaroliana
  • C'est aux pensées à nourrir les paroles, aux paroles à vêtir les pensées. De Proverbe oriental
  • Si l'action ne soutient pas la pensée, la pensée perd son nerf et sa force s'effrite. De Fredik Cygnaeux / Pensées éternelles
  • Il y a interaction entre langage et pensée. Un langage organisé agit sur l'organisation de la pensée, et une pensée organisée agit sur l'organisation du langage. De Ahmad Amin / Fayd al-khäter
  • La pensée doit commencer par un refus de la vie. La première pensée claire, c’est la pensée du néant. De Gaston Bachelard
  • La parole a été donnée au commun des mortels pour communiquer leurs pensées, mais aux sages pour la déguiser. Robert South, Sermon, 30 avril 1676
  • Des pensées élevées sont placées au cœur de la courtoisie. sir Philip Sidney, Arcadia, V
  • La pensée est l'esclave de la vie, et la vie est le fou du temps William Shakespeare, Henry IV, V, 4, Hotspur
  • C'est la pensée qui donne au style sa beauté, mais chez les pseudo-penseurs c'est le style qui doit orner les pensées. Arthur Schopenhauer, Parerga und Paralipomena
  • Toute pensée, en un mot, était ressentie par eux comme un outrage personnel. Edgar Allan Poe, Eureka
  • L'existence sociale des hommes détermine leur pensée. Mao ZedongMao Tsö-tongMao Tsé-toung, Citations du président Mao Tsé-Toung, XXII
  • Quand la pensée se tait, les révolutions parlent. Emilio Castelar y Ripoll, En el discurso defendiendo al periódico, La Soberanía nacional
  • Nous faisons de la parole précise le témoignage le plus sûr de la pensée juste. Isocrate, Sur l'échange, 255 (traduction G. Mathieu)
  • Il n'est pas difficile de nourrir des pensées admirables lorsque les étoiles sont présentes. Marguerite de Crayencour, dite Marguerite Yourcenar, Alexis ou le Traité du vain combat, Plon
  • La pensée fuit le malheur aussi promptement, aussi irrésistiblement qu'un animal fuit la mort. Simone Weil, Attente de Dieu, Fayard
  • Les paroles sont aux pensées ce que l'or est aux diamants ; il est nécessaire pour les mettre en œuvre, mais il en faut peu. François Marie Arouet, dit Voltaire, Le Sottisier
  • Ils ne se servent de la pensée que pour autoriser leurs injustices et n'emploient les paroles que pour déguiser leurs pensées. François Marie Arouet, dit Voltaire, Dialogue, le Chapon et la Poularde (1763) Edward Young (1683-1765), le poète des Nuits
  • […] Qu'est-ce qu'une grande vie sinon une pensée de la jeunesse exécutée par l'âge mûr ? Alfred, comte de Vigny, Cinq-Mars
  • Les grandes pensées viennent du cœur. Luc de Clapiers, marquis de Vauvenargues, Réflexions et Maximes
  • Les vilaines pensées viennent du cœur. Paul Valéry, Mélange, Gallimard
  • La parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée. Charles Maurice de Talleyrand-Périgord,
  • Pense dans le moment. Toute pensée qui dure est contradiction. Marcel Schwob, Le Livre de Monelle, Mercure de France
  • Réfléchir, c'est déranger ses pensées. Jean Rostand, Pensées d'un biologiste, Stock
  • Toute action est déception, toute pensée implique erreur. Raymond Queneau, Le Chiendent, Gallimard
  • L'amour cause […] de véritables soulèvements géologiques de la pensée. Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, Sodome et Gomorrhe , Gallimard
  • Quant à la pensée, c'est une faculté de l'esprit, qui va se fatiguant à l'entour des choses. Nicolas Poussin, Observations sur la peinture
  • Toute pensée efface un rêve. Henri Petit, Les Justes Solitudes, Grasset
  • L'esprit est un monde à l'envers. Le clair y procède de l'obscur, la pensée y sort des mots. Jean Paulhan, Les Fleurs de Tarbes, Gallimard
  • Pensée fait la grandeur de l'homme. Blaise Pascal, Pensées, 346 Pensées
  • La parole a été donnée à l'homme pour expliquer ses pensées, et tout ainsi que les pensées sont les portraits des choses, de même nos paroles sont-elles les portraits de nos pensées. Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, Le Mariage forcé, 6, Pancrace
  • La pensée ne commence qu'avec le doute. Roger Martin du Gard, Correspondance avec A. Gide, Gallimard
  • C'est la pensée toute vivante qui dicte le style immortel. Dès qu'elle a trouvé ce qu'elle cherche, elle n'est plus. Pierre Louis, dit Pierre Louÿs, Poétique, Crès
  • Le propre de la pensée sauvage est d'être intemporelle. Claude Lévi-Strauss, La Pensée sauvage, Plon
  • Peut-être découvrirons-nous un jour que la même logique est à l'œuvre dans la pensée mythique et dans la pensée scientifique, et que l'homme a toujours pensé aussi bien. Claude Lévi-Strauss, Anthropologie structurale, Plon
  • Chez beaucoup d'hommes, la parole précède la pensée. Ils savent seulement ce qu'ils pensent après avoir entendu ce qu'ils disent. Gustave Le Bon, Aphorismes du temps présent, Flammarion
  • La pensée ne s'achève que lorsqu'elle a trouvé son expression. Gustave Lanson, Histoire de la littérature française, Hachette
  • L'homme est Dieu par la pensée. Alphonse de Prât de Lamartine, Les Méditations, préface
  • De l'inconscient au sens strict : c'est la pensée spontanée, élémentaire, sans liaison, c'est-à-dire la sensation sans aucune pensée proprement dite : il y a de l'inconscient, mais non dans la pensée. Jules Lagneau, Fragments
  • Quittez le long espoir et les vastes pensées. Jean de La Fontaine, Fables, le Vieillard et les Trois Jeunes Hommes
  • Le monde est une pensée qui ne se pense pas, suspendue à une pensée qui se pense. Jules Lachelier, Psychologie et métaphysique, Alcan
  • Entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n'y en a qu'une qui soit la bonne. Jean de La Bruyère, Les Caractères, Des ouvrages de l'esprit
  • Le son du tambour dissipe les pensées ; c'est par cela même que cet instrument est éminemment militaire. Joseph Joubert, Carnets
  • Et moi, je ne sais pas ce que mes pensées pensent. Francis Jammes, Le Deuil des primevères, Mercure de France
  • L'instinct, c'est l'âme à quatre pattes ; la pensée c'est l'esprit debout. Victor Hugo, Tas de pierres, Éditions Milieu du monde
  • Sonnez, sonnez toujours, clairons de la pensée. Victor Hugo, Les Châtiments, l'Expiation, VII, 1
  • Pour bien saisir les différences, il faut refroidir sa tête, et ralentir le mouvement de sa pensée. - Pour bien remarquer les analogies, il faut échauffer sa tête, et accélérer le mouvement de sa pensée. Marie Jean Hérault de Séchelles, Théorie de l'ambition, Codicille politique et pratique d'un jeune habitant d'Épône
  • Une pensée fausse n'est jamais bien écrite, ni mal écrite une pensée juste. Il y a là quelque chose d'inséparable. Remy de Gourmont, Promenades littéraires, Mercure de France
  • Il y a des écrivains chez lesquels la pensée semble une moisissure du cerveau. Remy de Gourmont, Des pas sur le sable, Société littéraire de France
  • […] En tout temps et dans tous les pays, la pensée des âmes méditatives fut un sujet de scandale. Anatole François Thibault, dit Anatole France, Les Opinions de Jérôme Coignard, Calmann-Lévy
  • Les hommes ont leurs pensées et Dieu a les siennes. Nicolas Fontaine, Mémoires pour servir à l'histoire de Port-Royal
  • […] La pensée, oui, dans une belle chair. Léon-Paul Fargue, Sous la lampe, Gallimard
  • [L'homme] est une plante qui porte des pensées, comme un rosier porte des roses, et un pommier des pommes. Antoine Fabre d'Olivet, L'Histoire philosophique du genre humain
  • Mes pensées, ce sont mes catins. Denis Diderot, Le Neveu de Rameau
  • Je ne me fie quasi jamais aux premières pensées qui me viennent. René Descartes, Discours de la méthode
  • Il me semble que les pensées des hommes se gèlent ici* pendant l'hiver aussi bien que les eaux. René Descartes, Correspondance, à Brégy, 15 janvier 1650
  • La pensée est dans le mal et le mal est dans la pensée, sans qu'on sache qui a commencé. Fernand Crommelynck, Tripes d'or, Gallimard
  • Allumons nos flambeaux à leurs feux poétiques ; Sur des pensers nouveaux faisons des vers antiques. André de Chénier, L'Invention
  • Ne pas alourdir ses pensées du poids de ses souliers. André Breton, Nadja, Gallimard
  • La parole est dans le commerce des pensées ce que l'argent est dans le commerce des marchandises, expression réelle des valeurs, parce qu'elle est valeur elle-même. Louis, vicomte de Bonald, Législation primitive considérée dans les derniers temps par les seules lumières de la raison
  • La pensée est révolutionnaire, ou elle n'est pas. Emmanuel Berl, Mort de la pensée bourgeoise, Grasset
  • Il faut agir en homme de pensée et penser en homme d'action. Henri Bergson, Écrits et paroles, Message au Congrès Descartes , P.U.F.
  • Pensée de vaincus, pensée vaincue. Simone de Beauvoir, Privilèges, Gallimard
  • Dans la pensée scientifique, la méditation de l'objet par le sujet prend toujours la forme du projet. Gaston Bachelard, Le Nouvel Esprit scientifique, P.U.F.
  • La pensée pure doit commencer par un refus de la vie. La première pensée claire, c'est la pensée du néant. Gaston Bachelard, La Dialectique de la durée, P.U.F.
  • En toute œuvre d'art, la pensée sort de l'œuvre, et jamais une œuvre ne sort d'une pensée. Émile Chartier, dit Alain, La Visite au musicien, les Arts et les Dieux , Gallimard
  • Les nations étant inévitablement plus bêtes que les individus, toute pensée a le devoir de se sentir en révolte. Émile Chartier, dit Alain, Correspondance avec Romain Rolland, Salut et Fraternité , Albin Michel
  • J'aime mieux une pensée fausse qu'une routine vraie. Émile Chartier, dit Alain, Propos d'un Normand, tome II , Gallimard
  • La pensée ne respecte rien qu'elle-même. Émile Chartier, dit Alain, Propos de littérature, Gallimard
  • Nul ne pense pour soi ; cela ne peut aller […] L'universel est le lieu des pensées. Émile Chartier, dit Alain, Propos de littérature, Gallimard
  • Le style est la poésie dans la prose, je veux dire une manière d'exprimer que la pensée n'explique pas. Émile Chartier, dit Alain, Avec Balzac, Gallimard
  • […] L'esprit le plus pénétrant a besoin du secours du temps pour s'assurer, par ses secondes pensées, de la justice des premières. Henri François d'Aguesseau, Mercuriales

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Traductions du mot « pensée »

Langue Traduction
Corse pensatu
Basque pentsamendu
Japonais 思想
Russe мысль
Portugais pensamento
Arabe فكر
Chinois 思想
Allemand habe gedacht
Italien pensiero
Espagnol pensamiento
Anglais thought
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Synonymes de « pensée »

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Antonymes de « pensée »


Mots similaires