Lance : définition de lance


Lance : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

LANCE 1, subst. fém.

A. − Arme composée d'un long manche terminé par une pointe de fer surtout utilisée par les cavaliers, et que, dans l'Antiquité, on tenait à la main ou jetait devant soi, puis qui était soutenue à hauteur de poitrine par un arrêt ou un crochet de fer (cf. dard1A 1 a). Lance en bronze; la pointe de la lance; lever, manier la lance, tenir la lance en arrêt; à coups de lance. Le futur chevalier, une fois ses études faites, a appris ce qui est proprement de sa profession : monter à cheval, manier la lance et l'épée (Faral, Vie temps st Louis,1942, p. 31):
1. Chaque fois que Joseph montait dans sa voiture et saisissait le volant entre ses mains gantées, il éprouvait un sentiment comparable à celui du chevalier, qui, tout roide en son armure, (...) la lance en arrêt, part pour la conquête du monde... Duhamel, Passion J. Pasquier,1945, p. 29.
1. Spécialement
a) Lance courtoise, lance mousse (Ac. 1798-1878). Lance gracieuse (Littré). Lance dont le fer n'était pas pointu, utilisée dans les joutes.
b) MYTH. GR. Lance d'Achille. Lance avec laquelle Achille infligea une blessure qui ne put être guérie qu'avec de la rouille prélevée de cette lance (d'apr. Cass.-Moir. 1979).
P. métaph. Les Français pourront être arrêtés, repoussés, mais jamais humiliés, ni forcés à rien. Les choses changeront, mais le changement s'opérera par eux. C'est la lance d'Achille, elle seule peut guérir les plaies qu'elle a faites (J. de Maistre, Corresp., t. 10, 1807, p. 370).
c) RELIG. Sainte lance. ,,Lance dont une tradition légendaire disait qu'elle avait servi au soldat pour percer le côté de Jésus crucifié. Elle était vénérée à Jérusalem aux vieet viiesiècles; elle le fut ensuite à Constantinople`` (Vogüé-Neufville 1971). Le miracle se produisit. Ce fut la découverte de la sainte lance. À la suite d'une vision, un pèlerin provençal, Pierre Barthélemy, l'exhuma le 14 juin sous les dalles d'une des églises d'Antioche (Grousset, Croisades,1939, p. 38).
2. Locutions
a) Vieilli. Baisser la lance. S'avouer vaincu.
Au fig., vx. Baisser la lance (Ac. 1798-1935). Céder, s'incliner.
b) Briser des lances; rompre une, des lance(s).
α) Se battre. Les champions brisèrent leurs lances (Ac.1798-1935).Il rompit trois lances pour les dames (Ac.1835-1935).
β) Au fig.
Rompre une, des, la lance(s) avec, contre qqn. Soutenir une discussion, une controverse contre quelqu'un. Je ne romprai pas de lances avec les économistes qui veulent à tout prix raisonner sur un univers exempt de toute organisation et de toute prévision (Perroux, Écon. xxes., 1964, p. 501).
Rompre une, des lance(s) pour qqn (Ac. 1798-1935). Défendre quelqu'un contre ceux qui l'attaquent.
Briser des lances (rare). Sa modération lui manqua subitement; il se mit en avant tout entier, il brisa des lances envers et contre tous (...) pour la musique italienne (Sainte-Beuve, Caus. lundi, t. 4, 1851, p. 537).
c) Loc., vx. (Être venu) à beau pied sans lance (ds Ac. 1798). (Être venu) à pied.
3. Au fig. Ce qui blesse, qui fait mal comme une arme pointue. Le visage piqué par les mille lances de l'inquiétude, fiévreux (Balzac, Lettres Étr., t. 2, 1843, p. 171).Chaque corps que je croiserai, combien médiocre auprès du sien, me donnera le coup de lance d'amour (Montherl., Songe,1922, p. 205).La lance de la solitude vous atteint où que vous soyez (Giono, Poids du ciel,1938, p. 160).
B. − [P. anal. de forme] Objet de forme allongée et pointue.
1. Ornement en fer dont on garnit le haut des barreaux d'une grille. Fer* de lance. De chaque côté de la grille, s'étend un saut de loup dont la double crête est garnie des lances et des dards les plus menaçants, de véritables hérissons en fer (Balzac, Paysans,1844-50, p. 6).La jeune fille le vit un moment ainsi de profil, au-dessus des houx, derrière les lances de fer de la clôture (France, Jocaste,1879, p. 9).Il me conduisait depuis la grille aux lances dorées jusqu'à l'escalier monumental (Alain, Propos,1908, p. 42).
2. AGRON. ,,Branche droite; tige effilée garnie de branches`` (Plais. 1969). À gauche, comme un nid de serpents, une maisonnette envahie par les ronces, les jets, les lances, les mille tiges, les épaisses ramures tourmentées comme des ceps (Cendrars, Bourlinguer,1948, p. 105).
3. Instrument, outil présentant une forme allongée et terminé en pointe. On tire la fusée en mettant le feu à sa mèche à l'aide d'une lance à feu fixée à une longue baguette (Chalon, Explosifs mod.,1911, p. 398).
Lance à eau, d'arrosage, d'incendie et, p. ell., lance. Ajutage métallique adapté à l'extrémité d'un tuyau d'arrosage ou de pompe, et qui sert à diriger le jet d'eau. Le pompier d'extrême-droite laissa tomber sa lance, demeura un instant suspendu à l'échelle par un pied, tomba dans le feu (Malraux, Espoir,1937, p. 768):
2. J'ai vu Pierre il y a quinze jours. En arrivant chez lui, je l'ai aperçu dans son jardin petit mais voisin, très voisin, d'arbres gigantesques (pour Paris); il arrosait un gazon à la lance avec bonheur, en redingote. Valéry, Corresp., [avec Gide], 1903, p. 398.
PÊCHE. Tige longue et pointue, démontable, qui termine la canne à pêche. V. darder I A 1 a ex. Voy. La Pérouse, t. 3, 1797, p. 236.
GÉNIE CIVIL. Tuyau métallique permettant d'injecter de l'air comprimé ou de l'eau à la base d'un pieu pour en faciliter l'enfoncement. Le fluide brûlant [jet de vapeur d'abattage] est amené par des lances creuses (...) assemblées en tridents (Haton de La Goupillière, Exploitation mines,1905, p. 458).Le mélange peut être transporté sec dans l'appareil et humidifié à la sortie de la lance (Béton1976).
Prononc. et Orth. : [lɑ ̃:s]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1100 « arme d'hast » (Roland, éd. J. Bédier, 541); 1367 fer de lance (Prost, Inventaires, t. 1, no646); 2. 1288 [ms.] p. méton. « guerrier armé de la lance » (Roman de Thèbes, ms. B.N. fr. 375, 7024 ds L. Constans, La légende d'Œdipe [...], p. 166); 3. p. anal. de forme 1676 « spatule pour travailler le stuc » (Félibien); 1867 lance à incendie (L. Simonin, La vie souterraine, Paris, Hachette, p. 165). Du lat. lancea « lance, pique ». Fréq. abs. littér. : 1 011. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 893, b) 1 325; xxes. : a) 1 293, b) 1 199. Bbg. Chautard Vie étrange Arg. 1931, p. 223. - Quem. DDL t. 9. - Sain. Arg. 1972 [1907], p. 49, 53, 136.

LANCE 2, subst. fém.

Arg., pop. ,,Eau`` (Esn. 1966). Vrai, j'en ai la lance aux chasses. Vraiment, j'en ai les larmes aux yeux (Clemens, Écrits bagne Rochefort, t. 1, 1876, p. 451).Tiens, si je m'enfilais un verre de lance [à la fontaine Wallace]! (Méténier, Lutte pour amour,1891, p. 215).
Chaude-lance (v. chaude*-pisse).
Prononc. : [lɑ ̃s]. Étymol. et Hist. 1. 1562 arg. « eau » (Rasse des N œuds, Chant royal, 22, éd. G. Esnault ds Romania t. 83, p. 306); 2. 1837 chaudelance (v. chaude-pisse ex. de Vidocq). Prob. empr. à l'arg. ital. lenza, slenza « fleuve, pluie, urine, boisson » d'orig. incertaine (v. Esn. et DEI, s.v. slenza); ance « eau » att. en 1562 (Rasse des N œuds, loc. cit.) s'explique par l'aphérèse du l- pris pour l'art. déf., v. Dauzat Ling. fr., p. 275).

Lance : définition du Wiktionnaire

Nom commun 1

lance \lɑ̃s\ féminin

  1. Arme à long bois, terminée par un fer pointu et qui, au Moyen Âge, était fort grosse vers la poignée.
    • Les chevaliers montés, dont les lances avaient été presque toutes brisées par la violence du choc, étaient maintenant étroitement engagés avec leurs épées, […]. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Enguerrand Lorien, l'ami intime de mon défunt mari, Perrot Travigny, et l'ancien écuyer des comtes de Vimoutiers, nos voisins, vous instruisirent aux armes, au maniement de la lance et de l'épée, à l'équitation, enfin à toutes les choses de la chevalerie, […]. — (Alexandre Dumas, Les Deux Diane, 1847, chap.1)
    • Ce héros, la lance brandie en avant, l’oriflamme sacrée flottant au-dessus de sa tête, entra d'un élan fougueux dans la masse guerrière qui lui prêtait le flanc. — (Ivan Gobry, Charles VIII: Fils de Louis XI 1483-1498, Éditions Flammarion, 2012)
  2. Longue pique dont certains corps de cavalerie en France ou à l’étranger étaient armés.
    • Lance de dragons.
  3. (Vieilli) Homme d’armes armé d’une lance, lancier.
    • Bois-Guilbert, répliqua de Bracy, est une bonne lance ; mais il y en a d’autres dans cette lice, messire prieur, qui ne craindraient pas de se rencontrer avec lui. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
  4. Toutes sortes d’objets qui en rappellent la forme.
  5. Tuyau terminé par un embout solide plus ou moins long et utilisé pour arroser.
    • Lance des pompiers, lance d’arrosage.
  6. (Héraldique) Meuble représentant l’arme du même nom dans les armoiries. Elle est généralement représentée sous la forme d'une lance de tournoi. À rapprocher de dard, épieu, javelot, lance de tournoi et pique.
    • D’or, à la croix de gueules chargée d’une lance d’argent mouvant de la pointe ; au franc-canton d’argent chargé d’un lion de sable armé et lampassé de gueules et couronné d’or, qui est de la commune de Guenviller de Moselle → voir illustration « armoiries avec une lance »

Nom commun 2

lance \lɑ̃s\ féminin

  1. (Argot) Eau, pluie.
    • [...] plusieurs autos m’ont croisé sans s’arrêter. J’avais beau faire signe. Mon bras me tirait salement. Et la lance tombait toujours !... — (Henry Poulaille, Pain de soldat : 1914-17, Bernard Grasset, 1937, page 221)
    • Une lance fine vase sur Paris. — (Frédéric Dard (San-Antonio), Tout le plaisir est pour moi, Fleuve Noir, 1959, page 148)

Forme de verbe

lance \lɑ̃s\

  1. Première personne du singulier du présent de l’indicatif de lancer.
  2. Troisième personne du singulier du présent de l’indicatif de lancer.
    • Le moment est donc venu de « dé-penser » la consommation de façon à la « re-penser » afin de se donner les moyens de canaliser les forces du changement dans des directions compatibles avec les grands défis que nous lance notre époque. — (Philippe Moati, (Dé)penser la consommation, 2018, page 19)
  3. Première personne du singulier du présent du subjonctif de lancer.
  4. Troisième personne du singulier du présent du subjonctif de lancer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de lancer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Lance : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LANCE. n. f.
Arme à long bois, terminée par un fer pointu et qui, au moyen âge, était fort grosse vers la poignée. La poignée, le tronçon de la lance. Le bois, le fer de la lance. Lance de combat, de joute, de tournoi. Coucher, baisser la lance. Il rompit trois lances pour les dames. Il l'abattit d'un coup de lance. Les champions brisèrent leurs lances. Les lances volèrent en éclats. Ils venaient, l'un contre l'autre, lances baissées ou à lances baissées. Lance en arrêt. Fig. et fam., Rompre une lance, rompre des lances pour quelqu'un, Le défendre contre ceux qui l'attaquent. On dit dans un sens différent Rompre une lance avec quelqu'un, contre quelqu'un, Disputer avec lui.

LANCE se prenait autrefois pour Un homme d'armes armé d'une lance. Une compagnie de cent lances. Il se dit aujourd'hui d'une Longue pique dont certains corps de cavalerie en France ou à l'étranger sont armés. Lance de dragons. Lance de touaregs. Par analogie,

LANCE désigne Toutes sortes d'objets qui en rappellent la forme : un long Bâton garni d'un tampon, pour jouter sur l'eau; une Fusée emmanchée qui sert à mettre le feu à une pièce d'artillerie ou d'artifice. Lance à feu, Tube métallique adapté à l'extrémité d'un tuyau de pompe et servant à diriger le jet d'eau. Lance des pompiers. Lance d'arrosage.

Lance : définition du Littré (1872-1877)

LANCE (lan-s') s. f.
  • 1Arme usitée chez les anciens qui était formée d'un long bois terminée par un fer pointu et qui se jetait avec la main. Les glaives meurtriers, les lances homicides, Racine, Ath. III, 8.

    La lance d'Achille, lance avec laquelle ce héros blessa Télèphe, dont la plaie ne put être guérie qu'avec la rouille prise à cette lance même.

    Fig. Votre plume est comme la lance d'Achille qui guérissait les blessures qu'elle faisait, Voltaire, Lett. Dorat, 8 janv. 1767.

  • 2Arme d'hast, ou à long bois, qui est terminée par un fer pointu et avec laquelle les anciens chevaliers, courant l'un sur l'autre, cherchaient à se percer ou à se désarçonner. Lance de combat, de joute, de tournoi. Tenir la lance en arrêt. La bataille d'Ivry commença à décrier l'usage des lances qui fut bientôt aboli ; et sous Louis XIV les piques ont été oubliées, Voltaire, Dict. phil. Franc ou Franq ; France, etc.

    Courir une lance, se disait de deux chevaliers qui couraient l'un contre l'autre la lance en arrêt. Les combattants devaient s'y rendre [dans l'amphithéâtre] armés de toutes pièces… il fallait courir quatre lances ; ceux qui seraient assez heureux pour vaincre quatre chevaliers…, Voltaire, Zadig, 19.

    Courir une lance, se dit aussi, au jeu de bague, de la course à la lance pour décrocher et enlever une bague.

    Baisser la lance, en abaisser la pointe, ce qui signifie qu'on s'avouait vaincu.

    Fig. et familièrement. Baisser la lance, fléchir, mollir, se relâcher. Il a tenu bon plus d'un an, mais enfin il a baissé la lance.

    Baisser la lance devant quelqu'un, lui céder, reconnaître sa supériorité.

    Rompre une lance, voy. ROMPRE.

    Lance brisée, lance dont on se servait dans les joutes, et qui était à demi sciée près du bout, en sorte qu'elle pouvait facilement se briser.

    Lance à outrance, ou lance à fer émoulu, lance dont le fer était pointu, et avec laquelle on combattait à outrance.

    Lance courtoise, ou lance gracieuse, ou lance mousse, ou lance frétée, ou lance mornée, lance dont le fer n'était pas pointu, et qui était garnie au bout d'une sorte d'anneau qu'on appelait frette ou morne.

    Lance aux dames ou lance des dames, la dernière joute qu'on faisait dans les tournois en l'honneur des dames.

    Lance d'Argail, lance enchantée, célèbre dans les poëmes de Boïardo et de l'Arioste, qui renversait toujours le chevalier qu'elle touchait ; Argail ayant été tué par Ferragus, sa lance passa en diverses mains, et eut toujours la même propriété.

    Fig. Lance d'Argail, puissance à laquelle rien ne peut résister. Certain auteur fameux par cent libelles Croit que sa plume est la lance d'Argail ; Au haut du Pinde, entre les neuf pucelles, Il est placé comme un épouvantail, Piron, Épig. contre Desfontaines.

    Être à beau pied sans lance, être démonté et désarmé ; et fig. Être mal dans ses affaires. On dit dans le même sens : il est venu, il est retourné à beau pied sans lance, c'est-à-dire il est venu, il est retourné à pied. Mme de Chaulnes arriva dimanche, mais savez-vous comment ? à beau pied sans lance, entre onze heures et minuit… son carrosse était demeuré entre deux rochers, à demi-lieue de Vitré, Sévigné, 69.

  • 3Aujourd'hui, long bâton terminé par un fer pointu qui est l'arme de quelques régiments de cavalerie et des cosaques, et avec lequel on frappe de pointe sans le lâcher de la main. On s'aida du terrain avec habileté : les lanciers russes, embarrassés dans les broussailles et arrêtés par les crevasses, allongeaient en vain leurs longues lances ; pendant qu'ils cherchaient à pénétrer, atteints par les balles, ils tombaient blessés, Ségur, Hist. de Nap. IV, 8. Quarante pas les [cosaques] en séparaient [de l'empereur] à peine ; Rapp n'eut que le temps de se retourner et de faire face à ces barbares, dont le premier enfonça si violemment sa lance dans le poitrail de son cheval qu'il le renversa, Ségur, ib. IX, 3.
  • 4Fer de lance, la lame qui termine une lance, et qui est de forme triangulaire.

    En fer de lance, en forme d'un fer de lance.

  • 5 Terme de manége. La main de la lance, la main droite du cavalier. Le pied de la lance, le pied droit du cheval.

    Fig. Coup de lance, marque naturelle que quelques chevaux ont entre le poitrail et l'épaule, et qui ressemble à un coup de lance.

  • 6Autrefois, lance, terme collectif qui comprenait également l'homme d'armes combattant avec la lance, le coutellier, le page, le valet et les archers, tant à pied qu'à cheval. Chaque lance ou homme d'armes à la grande paye avait quinze livres par mois, et chaque archer sept livres dix sols : la petite paye était d'un tiers moins, Duclos, Hist. Louis XI, Œuv. t. II, p. 215, dans POUGENS. Une lance était souvent composée de dix cavaliers, sans compter les gens de pied, de sorte que cent lances était alors un corps de plus de mille hommes, Duclos, ib. t. II, p. 32 (note**). Dunois, à nous les chances ! Sur Péronne au galop cours avec six cents lances ! Delavigne, Louis XI, III, 13.

    Lance fournie, homme d'armes qui avait le nombre d'archers, de valets et de chevaux dont il devait être accompagné.

  • 7Lance d'étendard ou de drapeau, le bâton auquel l'étendard est attaché. Ce drapeau [tricolore] payait à la France Tout le sang qu'il nous a coûté : Sur le sein de la Liberté Nos fils jouaient avec sa lance, Béranger, le Vieux drapeau.
  • 8Long bâton garni d'un tampon, pour jouter sur l'eau.
  • 9Lance de harponneur, instrument dont se servent les pêcheurs de baleines, en forme d'une spatule ou d'une feuille de laurier, d'un pouce et demi de largeur sur deux et demi de long, et aiguisée sur tous les côtés. Un navire baleinier de 450 tonneaux embarque ordinairement 60 lances.
  • 10Lance à feu, fusée emmanchée qui sert à mettre le feu à une pièce d'artillerie ou d'artifice.

    Terme de marine. Espèce de lance dont la tête contient une composition de matières combustibles.

    Lance à feu puant, artifice qui produit une fumée infecte, et dont le mineur se sert quelquefois pour incommoder les mineurs ennemis.

  • 11Sorte de météore igné en forme de lance.
  • 12Ancien terme d'obstétrique. Lance de Mauriceau, instrument en forme de fer de lance, inventé par Mauriceau pour perforer le crâne du fœtus mort quand l'extraction en était difficile.

    Dans l'ancienne chirurgie, instrument employé à faire l'opération de la fistule lacrimale.

  • 13Lance se dit des piquants des chevaux de frise.

    Ornement en fonte ou en cuivre dont on garnit le haut des barreaux d'une grille.

  • 14 Terme de marine. Lance de sonde, instrument pour reconnaître la nature du fond de la mer.

    Fausse lance, canon de bois fait au tour qui, étant bronzé pour ressembler aux vrais canons, en tient quelquefois la place, et supplée, pour la montre, au défaut d'artillerie.

  • 15Espèce de spatule dont se servent les modeleurs en stuc, en terre, en plâtre ou en cire.

    Barre de fer que le chaufournier plonge entre les pierres dont le four est chargé, afin de faciliter le passage de la flamme.

    Grosse brosse attachée au bout d'une perche pour faire de la peinture commune.

  • 16Lance d'eau, jet d'eau, dont la grosseur n'est pas proportionnée à sa hauteur.
  • 17La Lance du Centaure, un des noms sous lesquels on désigne parfois la constellation appelée plus communément le Loup.

PROVERBES

Coup de langue est souvent pis que coup de lance.

Le royaume de France ne peut tomber de lance en quenouille, c'est-à-dire les femmes ne peuvent hériter du trône de France.

HISTORIQUE

XIe s. Tans cops [il] a pris de lances et d'espiez, Ch. de Rol. X.

XIIe s. Ah ! com [ma dame] m'a mort de debonaire lance ! Couci, XVI. Toute plaine sa lance [il] l'abat mort au sentier, Sax. X.

XIIIe s. Et li chevalier issirent des huissiers [vaisseaux] et saillirent en la mer jusques aus ceintures, les hiaumes laciés, les lances es poins, les glaives es mains, Villehardouin, LXX. Et portoit trois aunes de toile atachies sour une lanche, Chr. de Rains, 107. Beax filz, gar [prends garde] que ne praignés mie à home estrange compaignie ; Et si o toi errer voloit Et le tien chemin enqueroit, Di li que tu plus loig [loin] iras Et aillors que tu ne vorras [voudras] ; S'il porte lance, va à destre ; S'il espée, va à senestre, Fabliaux mss de St-Germain, f° 9, dans LACURNE.

XVe s. Les uns d'eulx gens de pié tenans et portans en leurs mains demies lances, les autres tenans et portans en leurs mains espées toutes nues, Bibl. des ch. 6e série, t. I, p. 236. Quand ils se furent mis tous ensemble, ils se trouverent bien cinq cents lances, Froissart, II, II, 4. Si eurent mis les glaives soubz les esselles, dont les lances furent courtes et grosses, et les fers trenchans, Lancelot du lac, t. II, f° 12, dans LACURNE. Hector le fiert si durement qu'il luy fist la teste voller plus d'une lance loing, ib. t. II, f° 54. Avoit chascun des dits hommes d'armes pour lance deux archers à cheval armés le plus de brigandines, harnois de jambes et salades, Berry, Chronique, p. 57, dans LACURNE. Le duc mit sus douze cens lances, chacune fournie de huict combattans à cheval et à pié, De la Marche, Mém. p. 75, dans LACURNE. Lors qu'il le veoit venir, le cueur luy engrossa, et dit à soy mesmes qu'il joustera à ce chevalier venant ; aussi avoit il la lance sur le feutre, Perceforest, t. VI, f° 75.

XVIe s. Une troupe de lances doit batre et desfaire une troupe de pistoliers, Lanoue, 377. La lance effraye de loin quand cn la void bransler avecques sa longue banderolle, Lanoue, 309. Il faut un peu de carriere pour bailler coup à la lance, Lanoue, 311. Dix mi'le lances armées à la françoise, Lanoue, 422. Mesmes on en vint aux mains dedans les mines avec les lances à feu, le pistollet et l'espée, D'Aubigné, Hist. II, 49. Guebriand aiant envoié demander un coup de lance, D'Aubigné, ib. II, 382. Ils accompagnerent les combattants jusqu'à lance baisser, D'Aubigné, ib. II, 393. Il jouoit ses chevaux quand il estoit remonté… et maintes fois alloit à beau pied sans lance, Despériers, Contes, XLVI. Qui a la lance au poingt, tout lui vient à point, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 86. Le navire de 70 à 80 tonneaux… 6 demi piques, 6 lances à feu, 6 harquebutes ou arbalestres… Ordonn. de Henri II, 25 mars 1548, dans JAL. Les lances à feu, ou dars, ou traictz, ou vires d'arbalestres, ou migraines, Livre de canonerie, dans REINAUD et FAVÉ, Du feu grégeois, p. 142.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

LANCE. Ajoutez :

18 Terme forestier. Arbre en état d'être exploité. Le peuplement d'un taillis fureté se compose constamment de bois d'âges divers, depuis le brin du premier âge jusqu'à la lance exploitable, Mém. de la Soc. centr. d'Agric. 1873, p. 278.
19Lance de cheminée, au pays de Falaise, tuyau de cheminée. … Que cette cheminée n'ayant pas une lance particulière, comme l'exige un arrêté pris par l'autorité municipale de Falaise… parce qu'il a eu le tort de réclamer jusqu'en appel la construction, aux frais de L…, des deux lances de cheminée, Gaz. des Trib. 13 oct. 1875, p. 986.
20 Terme d'antiquité chrétienne. La sainte lance, instrument liturgique chez les Grecs ; c'est une espèce de couteau dont la lame a la forme de lance, et dont le manche allongé se termine par une croix ; il servait à séparer de la masse du pain offert l'hostie qui devait être consacrée.
21Pièce métallique qui garnit l'extrémité du boyau des pompes à incendie : le pompier la tient à la main et s'en sert pour diriger le jet.
22En pyrotechnie, on donne le nom de lances à de petits cylindres en papier ou en carton mince, remplis de composition fusante ; ces cylindres sont placés à peu de distance les uns des autres et le long des lignes fixes des objets que l'on veut représenter dans les feux d'artifices. Il fallait de toute nécessité, pour que ce spectacle offrît de tous les côtés le même attrait, renoncer aux pièces [d'artifice] dites en lances, J. Amigues, Monit. univ. 16 et 17 août 1867, p. 1116, 2e col.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Lance : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

LANCE, s. f. (Art milit.) arme offensive que portoient les anciens cavaliers, en forme d’une demi-pique.

La lance est composée de trois parties, qui sont la fleche ou le manche, les aîles, & le dard ou la pointe. Pline attribue l’invention des lances aux Etésiens. Varron & Aulugelle disent que le mot de lance est espagnol, d’où quelques auteurs concluent que les Italiens s’étoient servis de cette arme à l’imitation des Espagnols.

Diodore de Sicile fait dériver ce mot du gaulois, & Festus du grec λόγχη, qui a la même signification.

La lance fut long-tems l’arme propre des chevaliers & des gendarmes. Il n’étoit permis qu’aux personnes de condition libre de la porter dans les armées ; elle est appellée dans le latin lancea ; mais elle est aussi très-souvent signifiée par le mot hasta. C’est dans cette signification que Guillaume le Breton la prend en parlant des armes propres des gentilshommes,

Ut famuli quorum est gladio pugnare & hastis.

On les faisoit d’ordinaire de bois de frêne, parce qu’il est roide & moins cassant. Les piques de notre tems étoient de même bois par la même raison. Dans l’énumération des armes qu’on donne à Géoffroi, duc de Normandie, que j’ai tirée de Jean, moine de Marmoutiers ; il est dit qu’entre autres armes, on lui mit en main une lance de bois de frêne, armée d’un fer de Poitou ; & Guillaume le Breton, en parlant du combat de Guillaume des Barres contre Richard d’Angleterre auprès de Mantes, dit en style poétique, que leurs boucliers furent percés par le frêne, c’est-à-dire par leurs lances de bois de frêne :

Utraque per clipeos ad corpora fraxinus ibat.

Le passage d’un autre auteur nous apprend la même chose, & en même tems que ces lances étoient fort longues. « Les lances des François, dit-il, étoient de bois de frêne, avoient un fer fort aigu, & étoient comme de longues perches ». Hastæ fraxineæ in manibus eorum ferro acutissimo præfixæ sunt, quasi grandes perticæ. Mais depuis on les fit plus grosses & plus courtes, & je crois que ce changement se fit un peu avant Philippe de Valois, que la mode vint que les chevaliers & la gendarmerie combatissent à pié, même dans les batailles & les combats réglés.

Dans ces occasions-là même, lorsqu’ils se mettoient à pié, ils accourcissoient encore leurs lances, en les coupant par le bout du manche. Cela s’appelloit retailler les lances. C’est ce que témoigne Froissard en divers endroits de son histoire. Voici ce que dit sur cela le président Fauchet en peu de mots.

« La lance qui aussi s’appelloit bois, je crois par excellence & encore glaive, & puis quand elles furent grosses, bourdons & bourdonnasses ; quand elles furent creuses, se dit Philippes de Comines, en parlant de la bataille de Fournoue, mais le même Comines témoigne qu’elles étoient creuses. Quant à la lance, elle a toujours été arme de cavalier, plus longue toutefois que celles d’aujourd’hui, comme celles des Polonois, laquelle encore que les chevaliers n’eussent point d’arrêt ferme, à cause que leurs hauberts étoient de mailles, on n’eut su où les clouer (ces arrêts) sur les mailles, les chevaliers ne laissoient pas de clouer sur l’arson de la selle de leurs chevaux, je crois bandée à l’angloise ; mais il ne me souvient point d’avoir vu peintes des lances qui eussent des poignées comme aujourd’hui, avant l’an 1300, ains toutes unies depuis le fer jusqu’à l’autre bout, comme javelines, lesquelles, même du tems de Froissard, les chevaliers étant descendus à pié, rognoient pour mieux s’en aider au poussis. En ce tems-là, les chevaliers croyoient que les meilleurs fers de lances venoient de Bourdeaux . . . . . Après l’envahie, eslais ou course du tems de Froissard, il falloit mettre pié à terre, rogner son glaive, c’est-à-dire sa lance, & d’icelui pousser tant qu’on eût renversé son ennemi ; cependant choisissant la faute de son harnois pour le blesser & tuer. Et lors ceux qui étoient plus adroits & avoient meilleure haleine pour durer à ce poussis de lance, étoient estimés les plus experts hommes d’armes, c’est-à-dire dextres, & rusés, & experts ».

On ornoit les lances d’une banderole auprès du fer, & cet ornement avoit bonne grace ; c’étoit une coutume très-ancienne, & dès le tems des croisades.

D’ordinaire, dans ces rudes chocs, les lances se fracassoient & sautoient en éclats. C’est pourquoi dans les tournois pour dire faire un assaut de lances, on disoit rompre une lance ; ainsi le combat de cheval, quand il se faisoit à la lance, ne duroit qu’un moment. On la jettoit après le premier choc, & on en venoit à l’épée. Guillaume Guiart, en racontant la descente de S. Louis à Damiette, dit :

Après le froissis des lances,
Qui jà sont par terre semées,
Portent mains à blanches épées,
Desquelles ils s’entre-envahissent
Hiaumes, & bacinets tentissent,
Et plusieurs autres ferrures,
Coutiaux très-perçans armures.

Quand, dans le combat de deux troupes de gendarmerie l’une contre l’autre, on voyoit dans l’une les lances levées, c’étoit un signe d’une prochaine déroute. C’est ce qu’observe d’Aubigné dans la relation de la bataille de Coutras. En effet, cela marquoit que les gendarmes ne pouvoient plus faire usage de leurs lances, parce qu’ils étoient serrés de trop près par les ennemis.

L’usage des lances cessa en France beaucoup avant le tems que les compagnies d’ordonnance fussent réduites à la gendarmerie d’aujourd’hui. Et le prince Maurice l’abolit entiérement dans les armées de Hollande. Il en eut une raison particuliere : c’est que les pays où il soutenoit la guerre contre les Espagnols sont marécageux, coupés de canaux & de rivieres, fourrés & inégaux, & qu’il falloit pour les lanciers des pays plats & unis, où ils pussent faire un assez grand front, & courir à bride abattue sur la même ligne, dès qu’ils avoient pris carriere, c’est-à-dire dès qu’ils commençoient à piquer, ce qu’ils faisoient d’ordinaire à soixante pas de l’ennemi.

Mais il eut encore d’autres raisons qui lui furent communes avec la France. Les lanciers jusques à ce tems-là étoient presque tous gentilshommes ; & même Henri III. par son ordonnance de 1575, avoit déclaré que non seulement les lanciers, mais encore les archers des ordonnances devoient être de noble race. Or les guerres civiles avoient fait périr une infinité de noblesse en France, aussi-bien que dans les Pays bas, ce qui faisoit qu’on avoit peine à fournir de gentilshommes les compagnies d’ordonnance.

Secondement, il falloit que les lanciers eussent de grands chevaux de bataille très-forts, de même taille, dressés avec grand soin, & très-maniables pour tous les mouvemens que demandoit le combat avec la lance. Il étoit difficile d’en trouver un grand nombre de cette sorte, ils coutoient beaucoup d’argent, & bien des gentilshommes n’étoient pas en état de faire cette dépense ; les guerres civiles ayant ruiné & désolé la France & les Pays bas.

Troisiemement, le combat de la lance supposoit une grande habitude pour s’en bien servir, & un exercice très-fréquent où l’on élevoit les jeunes gentilshommes. L’habileté à manier cette arme s’acquéroit dans les tournois & dans les académies ; les guerres civiles ne permettoient plus guere depuis long-tems l’usage des tournois ; & la jeune noblesse, pour la plûpart, s’engageoit dans les troupes sans avoir fait d’académie, & par conséquent n’étoit guere habile à se servir de la lance. Toutes ces raisons firent qu’on abandonna la lance peu à peu, & qu’on ne s’en servoit plus guere sous le regne de Henri IV. Il ne paroît point par notre histoire qu’il y ait eu d’ordonnance pour abolir cet usage. Mais George Basta, fameux capitaine dans les armées de Philippe II. roi d’Espagne, & celles de l’Empire, marque expressément le retranchement des lances dans les armées françoises sous Henri IV. car il écrivoit du tems de ce prince ; c’est dans l’ouvrage qu’il publia sur le gouvernement de la cavalerie légere, où voici comme il parle : « L’introduction des cuirasses, c’est à-dire des escadrons de cuirassiers en France, avec un total bannissement des lances, a donné occasion de discourir quelle armure seroit la meilleure, &c ». C’est donc en ce tems-là que les lances furent abolies en France. Les Espagnols s’en servirent encore depuis, mais ils en avoient peu dans leurs troupes. Les Espagnols seuls, dit le duc de Rohan dans son Traité de la guerre, dédié à Louis XIII, ont encore retenu quelques compagnies de lances, qu’ils conservent plutôt par gravité que par raison : car la lance ne fait effet que par la roideur de la course du cheval, & encore il n’y a qu’un rang qui s’en puisse servir, tellement que leur ordre ne doit être de combattre en haie, ce qui ne peut résister aux escadrons ; & si elles combattoient en escadrons, elles feroient plus d’embarras que de service.

On voit par ce que je viens de dire, l’époque de l’abolition des lances en France, arme que les François avoient su manier de son tems mieux qu’aucune autre nation. On ne s’en sert plus aujourd’hui que dans les courses de bagues, & quelques semblables exercices utiles autrefois par rapport à la guerre, & qui ne sont plus maintenant que de purs divertissemens. Hist. de la milice françoise, par le P. Daniel.

Lance, (Hist. de la Chevalerie) du tems de l’ancienne chevalerie, le combat de la lance à cours de cheval étoit fort en usage, & passoit même pour la plus noble des joûtes. Un chevalier tient ce propos à son adversaire dans le roman de Florés de Grece : « Pendant que nous sommes à cheval, & que les lances ne nous peuvent manquer, éprouvons-nous encore quelque tems, étant comme il m’est avis, le plaisir de la course à lance, trop plus beau que le combat à l’épée ». C’est pour cette raison que la lance affranchissoit l’épée, & que l’épée n’affranchissoit pas la lance. On ne parloit dans les récits de joûtes que de lances à outrance, lances à fer émoulu, lances courtoises, lances mousses, lances frettées & mornées ; ces dernieres étoient des lances non pointues, qui avoient une frette, morne ou anneau au bout.

De cette passion qui regnoit alors, de montrer à la lance sa force & son adresse, vinrent ces expressions si fréquentes dans les livres de chevalerie, faire un coup de lance, rompre des lances, briser la lance, baisser la lance. Cette derniere expression signifioit, céder la victoire, & nous le disons encore en ce sens au figuré.

Cependant tous les combats d’exercices & d’amusemens à la lance, cesserent dans ce royaume par l’accident d’un éclat de lance qu’Henri II. reçut dans l’œil le 29 Juin 1559, en joûtant contre le comte de Montgommery. On sait que ce prince en mourut onze jours après.

Enfin l’usage de la lance qui continuoit à la guerre, perdit toute sa gloire à la journée de Pont-Charra, où Amédée, duc de Savoie, fut défait par Lesdiguieres l’an 1591. Voyez-en les raisons dans Mezeray, tome III. p. 900. Et si vous voulez connoître les avantages & les défauts de cette ancienne arme de cavalerie, George Basta, Walhausen, & surtout Montecuculli, vous en instruiront. (D. J.)

Lance, (Iconolog.) les anciens Sabins représentoient leur dieu Quirinus sous la forme d’une lance, parce que la lance étoit chez eux le symbole de la guerre. Les Romains emprunterent de cette nation la même coutume, avant qu’ils eussent trouvé l’art de donner des figures humaines à leurs statues. Il y avoit d’autres peuples, selon Justin, qui, par des raisons semblables, rendoient leur culte à une lance, & c’est de-là, dit-il, que vient l’usage de donner des lances aux statues des dieux. (D. J.)

Lance d’Eau, (Hydr.) voyez Jet-d’Eau.

Lance ou Pique, (Chirurgie) instrument de Chirurgie, pour ouvrir la tête du fœtus mort & arrêté au passage. M. Mauriceau en est l’inventeur. Il est fait comme le couteau à crochet, dont nous avons parlé en son lieu, excepté que son manche n’a point de bec. Son extrémité est un fer de pique, fait en cœur, long d’un pouce & demi, fort aigu, pointu & tranchant sur les côtés. On introduit cette lance dans le vagin, à la faveur de la main gauche, & l’on perce la tête de l’enfant entre les pariétaux, s’il est possible, pour donner entrée à un autre instrument, appellé tire-tête. Voyez la fig. 2. Pl. XX. (Y)

Lance a feu, (Artificier.) Les lances à feu sont de gros & longs tuyaux ou canons de bois, emmanchés par le bout avec de bons bâtons bien retenus, pour soutenir la force du feu, & percés en divers endroits pour contenir les fusées ou les pétards qu’on y applique.

On s’en sert dans les feux de joie où l’on veut représenter des combats nocturnes, tant pour jetter des fusées, que pour faire une scopeterie, c’est-à-dire un bruit en l’air par plusieurs coups tirés ensemble.

Il se fait avec une feuille de grand papier à dessiner, du plus fort ; on la roule par sa largeur sur une baguette, qui est de la grosseur d’une baguette de mousquet & d’un pié & demi de long. Ce papier étant roulé, on le colle tout du long pour l’arrêter ; ensuite on fait entrer dans un des bouts de ce cartouche, environ avant d’un pouce, un morceau de bois que l’on appelle le manche, ou le pié de la lance, & qui est de son calibre, après l’avoir trempé dans la colle, afin qu’il puisse bien tenir ; l’autre bout de ce manche est plat, & percé de deux trous pour l’attacher avec des clous sur ce que l’on veut.

La composition doit être de quatre onces de salpêtre bien rafiné & mis en poudre, de deux onces de poudre & de poussier passé dans un tamis de soie bien fin, une once de soufre en fleur ; on mélange le tout ensemble, & on le passe dans un tamis de crin un peu gros après l’avoir bien remué.

On met cette composition dans une sebille de bois ; on la prend ensuite avec une carte à jouer, que l’on coupe en houlette, & l’on s’en sert pour charger la lance. A mesure que l’on charge avec cette houlette, on frappe cette charge, en y faisant entrer la baguette qui a servi à rouler le cartouche, & avec une petite palette de bois ; & lorsqu’on est au quart de la hauteur de la lance, on met de la poudre la valeur de l’amorce d’un pistolet, qu’on serre doucement avec la baguette sans frapper, & l’on continue ainsi jusqu’à quatre fois, jusqu’à ce que la lance soit pleine jusqu’au haut ; après quoi l’on prend un peu de poudre écrasée qu’on trempe dans l’eau pour lui servir d’amorce, & on la colle ensuite avec un peu de papier. Voyez nos Pl. d’Artifice.

Lance, (Stuccateur.) lance ou spatule dont se servent les sculpteurs en stuc. Voyez les Pl. du Stuc.

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « lance »

Étymologie de lance - Littré

Provenç. lansa ; catal. llansa ; espagn. lanza ; portug. lança ; ital. lancia ; du lat. lancea, que les auteurs anciens disent être les uns un mot gaulois, les autres un mot espagnol. Comparez le grec λόγχη, lance.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de lance - Wiktionnaire

(Nom 1) Du latin lancĕa, probable forme gallo-romaine issu du gaulois lancia désignant la même arme.
(Nom 2) (XVIe siècle) Sans doute de l’italien lenza[1].
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « lance »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
lance lɑ̃s play_arrow

Citations contenant le mot « lance »

  • https://www.capital.fr/entreprises-marches/ikea-lance-de-nouvelles-boulettes-de-viande-sans-viande-1375851 Capital.fr, Ikea lance de nouvelles boulettes de viande… sans viande - Capital.fr
  • Sans véhicule, le père et l’enfant ont été vus pour la dernière fois samedi matin, en train de monter dans un bus. Depuis, plus de nouvelles. Ce dimanche, la police a obtenu l’accord du parquet pour lancer un appel à témoin. Sans résultat pour le moment. ladepeche.fr, Gard : un appel à témoins lancé après la disparation inquiétante d'un père et de sa fille de 11 ans - ladepeche.fr
  • La relance éco : à Houilles, l'application Plume dépoussière les cahiers de vacances France Bleu, La mairie de Nice lance une étude sur la circulation dans le secteur Arson-Barla
  • Le lancement, qui avait été plusieurs fois repoussé en raison de fortes pluies au Japon, a finalement été réalisé ce lundi, retransmis en direct sur internet. La sonde devrait se placer en orbite en 2021 et s’y maintenir 687 jours, soit une année martienne. L'Obs, Les Émirats arabes unis ont lancé « Hope », leur première sonde vers Mars
  • La gendarmerie du Finistère lance un appel à témoins. Une femme de 40 ans a quitté le domicile de sa sœur, ce lundi, à Pencran, près de Landerneau. Depuis, elle est introuvable. France Bleu, Un appel à témoins lancé dans le Finistère
  • Le département d'Indre-et-Loire lance ce samedi 25 juillet son opération des "féeries de Touraine". Chaque samedi, deux feux d'artifice seront tirés depuis des lieux emblématiques de la Touraine. Le premier spectacle aura lieu à Bléré et sera aussi l'occasion de rendre hommage aux soignants. France Bleu, Indre-et-Loire : le département lance ses "féeries de Touraine" et va tirer 12 feux d'artifice cet été
  • Le journaliste veut créer une force de gauche réformiste, distincte des écologistes et de La France insoumise, pour éviter un duel Macron-Le Pen en 2022. Au PS, beaucoup voient derrière cet appel une rampe de lancement pour François Hollande. Le Monde.fr, L’ancien directeur de « Libération » Laurent Joffrin lance un nouveau mouvement social-démocrate
  • « Nos territoires sont la clé de voûte de la reconquête industrielle française », déclare Jacqueline Gourault, dans un communiqué. « Le Pack rebond vise à relocaliser dans nos régions des activités stratégiques et créatrices d’emplois », ajoute-t-elle. « Nous faisons de notre industrie le moteur de la relance sur tout le territoire national », a souligné Agnès Pannier-Runacher. , Coronavirus : Le gouvernement lance son plan pour doper l'industrie dans les territoires
  • Dans un avion moderne, vous savez que vous volez plus vite que le son lorsque l’hôtesse vous lance une gifle avant que vous n’ayez ouvert la bouche pour lui débiter quelques gauloiseries. De Anonyme
  • On peut considérer la langue de l'homme, dans le mécanisme de la parole, comme la corde qui lance d'elle-même la flèche qu'on y a ajustée. De Joseph Joubert / Pensées
  • Il faut que notre pays se lance dans la lutte contre l'exclusion sociale, en multipliant le nombre d'emplois. De François Bayrou / Meeting de Caen - 1 Mars 2007
  • La science ouvre à l’esprit humain une voie infinie, et le lance, par une série d’étapes sans nombre, sur l’Asymptote de la Vérité. De Paul Bert
  • Celui qui se lance dans une entreprise atroce doit s’imaginer qu’il l’a déjà réalisée, il doit s’imposer un avenir irrévocable comme le passé. De Jorge Luis Borges / Fictions
  • Raisonner un homme amoureux est aussi vain qu'essayer d'atteindre le soleil au moyen d'un lance-pierres. De Massa Makan Diabaté / Le boucher de Kouta
  • La voix de Dieu est silencieuse, elle exerce une pression infiniment légère, jamais irrésistible, Dieu ne donne pas des ordres, il lance des appels... De Paul Evdokimov / L'Amour fou de Dieu
  • La vérité est une bombe dont les effets tuent à la fois celui qui la lance et celui qui la reçoit. De Françoise Parturier
  • D'ordinaire c'est la vanité qui nous égare et nous lance dans les aventures d'où nous ne pouvons sortir indemnes. De Joseph Conrad
  • Aucun trône, aucun sceptre, aucune lance ne peut nous purger et nous ouvrir à l'amour vrai. De Eric-Emmanuel Schmitt / L'Evangile selon Pilate
  • Ose rêver. Ose essayer. Ose te tromper. Ose avoir du succès. Vas-y. Je te lance un défi ! De Kingsley Ward / Letters from a business man to his son
  • Prête ta plus belle lance à un vrai guerrier et il reviendra te voir après la chasse. De Dominique Sylvain / Manta Corridor
  • Un chien, quand il reçoit un caillou, cherche plus à mordre le caillou que celui qui le lance. De Marcus Pacuvius
  • Un coup de langue est pire qu'un coup de lance. De Proverbe français
  • Chaque fois que le temps a fait croître un bâton, au bout du bâton l'homme a mis une lance. Abu al-Tayyib Ahmad ibn al-Husayn, dit al-Mutanabbi,

Images d'illustration du mot « lance »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « lance »

Langue Traduction
Corse lancia
Basque lantza
Japonais
Russe копье
Portugais lança
Arabe رمح
Chinois
Allemand speer
Italien lancia
Espagnol lanza
Anglais spear
Source : Google Translate API

Synonymes de « lance »

Source : synonymes de lance sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « lance »



mots du mois

Mots similaires