La langue française

Gazetier, gazetière

Définitions du mot « gazetier, gazetière »

Trésor de la Langue Française informatisé

GAZETIER, -IÈRE, subst.

A. − Vx. Fondateur, directeur ou rédacteur d'une gazette. Les guerres entreprises par vengeance, comme celle que Louis XIV déclara au gazetier de Hollande (Say, Écon. pol.,1832, p. 452).C'était une fille d'esprit : les gazetiers allaient chez elle recueillir des mots pour leurs feuilles de théâtre (Ponson du Terr., Rocambole, t. 2, 1859, p. 487).
Rare. Marchand, diffuseur de gazettes :
1. Ici tout se vend et tout se crie; des gazetiers, avec leurs paquets sous le bras, montent dans les maisons, entrent dans les cafés, et vous arrêtent au coin des rues, − couverts d'affiches de toutes les couleurs, − en vous mettant leur journal sous le nez. Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 1, 1870, p. 336.
Vieilli. Chroniqueur. Un honneur (...) mais dont nous n'aurions eu aucune nouvelle sans Grosley, les historiens et gazetiers ecclésiastiques l'ayant soigneusement dissimulé (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 5, 1859, p. 432).Martial et Stace, gazetiers de la chronique scandaleuse du temps (...) deviennent graves, religieux [sous Trajan] (Renan, Évangiles,1877, p. 395).
Péj. Journaliste :
2. Je la sentais distante pour les sourires discrets de la petite ville qui commençait de lire sur mon compte, dans les journaux et revues que le Cercle recevait, les aménités que n'ont jamais cessé de me prodiguer la plupart des gazetiers. À cinquante-trois ans, je me demande encore (...) à quoi leur a servi de déverser sur moi tant de bile. Jammes, Mém.,1922, p. 14.
B. − Vx, péj. Personne qui colporte des ragots. Courant le monde, où il jouait le rôle de gazetier, de trucheman, de trait d'union et d'écouteur (Gide, Si le grain,1924, p. 546).
Rem. gén. L'emploi du mot au fém. est très rare. On note cependant un emploi adj. au fém. Ah! que, si vous croyez ceci, vous est peu connue la gent gazettière [sic]! (Musset, Lettres Dupuis Cotonet, 1837, p. 750).
Prononc. et Orth. : [gaztje], fém. [-tjε:ʀ]; pour [ɑ] cf. gazette. Ds Ac. dep. 1694 au masc. (ds Ac. 1694 et 1718 : gazettier). Étymol. et Hist. 1633 Gazetier (Peiresc, Lettre à M. Dupuy, 28 mars ds Lettres, éd. Ph. Tamizey de Larroque, t. 2, p. 468). Dér. de gazette*; suff. -ier*. Fréq. abs. littér. : 28. Bbg. L'Inform. par P. Albert, F. Balle, J. Cazeneuve, J. Ellul... Paris, 1977, p. 42. - Quem. DDL t. 4, 7.

Wiktionnaire

Nom commun

gazetier \ɡa.zə.tje\ masculin (pour une femme on dit : gazetière)

  1. Fondateur, directeur ou rédacteur d’une gazette.
    • Un gazetier philanthrope me dit que la solitude est mauvaise pour l'homme. — (Charles Baudelaire, La Solitude, Petits poèmes en prose, 1869)
    • Le gazetier janséniste, excité seulement par le fanatisme et la haine (…), a reproché aux jésuites de poursuivre dans les jansénistes un fantôme d’hérésie, et de ne pas courre sus aux philosophes qui deviennent de jour en jour, selon lui, plus nombreux et plus insolents. — (Jean le Rond d’Alembert, La Suppression des jésuites (éd. populaire abrégée), Édouard Cornély, 1888)
    • S’y ajoutent les paparazzi, les avocats, les gazetiers et d’autres moments comparables, qui interviennent habilement dans le récit pour laisser prévoir la fin. — (Littérature française - Les liens d'argent ternissent vite, Le Devoir.com, 16 octobre 2010)
    • Dans un café de P*, capitale de la F*, un jeune Marocain, m’ayant civilement (« Vous êtes bien Machin, le gazetier ? »), m’affirme de manière véhémente que je dois entendre son histoire — il semble n’en avoir qu’une, comme beaucoup de gens. — (Fouad Laroui, Né nulle part, dans le recueil L’Étrange Affaire du pantalon de Dassoukine, 2012, p. 41)

Nom commun

gazetière \ɡa.zə.tjɛʁ\ féminin (pour un homme on dit : gazetier)

  1. (Très rare) Fondatrice, directrice ou rédactrice d’une gazette.
    • On n'a pas conseillé à notre gazetière de Rotterdam, la veuve Saint Glain, d’insérer cette réponse, parce que nos réfugiés n’aiment pas à voir les choses où la France parait parler vigoureusement, & récriminer avec insulte. — (Pierre Bayle, Lettres de Mr. Bayle, publiées sur les originaux, Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1729 (posthume), page 347)
  2. (Par extension) Celle qui diffuse des nouvelles sur la vie mondaine ou en tient une chronique.
    • Des femmes d’esprit comme Mme de Sévigné, Mme de Grignan, Mme de Scudéry, Mme de Maintenon à qui un « devoir de société » commandait d’insérer dans leurs lettres toutes les nouvelles de la Cour et de la Ville, étaient les véritables gazetières. Des amateurs, si l’on veut, mais qui, parfois, devenaient quasi des professionnels. — (F. Robert-Kemp, Les Ancêtres du Reportage, L’Aurore, 10/07/1909, page 1)
    • Chacun pourrait alors se forger sa propre Mme de Sévigné, mère aimante, amatrice des jardins, janséniste convertie, coquette égoïste, courtisane frustrée, Parisienne brillante, gazetière de talent. — (Nathalie Freidel, La conquête de l’intime : public et privé dans la Correspondance de madame de Sévigné, Champion, 2009, page 190)

Nom commun

gazetière \ɡa.zə.tjɛʁ\ féminin (pour un homme on dit : gazetier)

  1. (Très rare) Fondatrice, directrice ou rédactrice d’une gazette.
    • On n'a pas conseillé à notre gazetière de Rotterdam, la veuve Saint Glain, d’insérer cette réponse, parce que nos réfugiés n’aiment pas à voir les choses où la France parait parler vigoureusement, & récriminer avec insulte. — (Pierre Bayle, Lettres de Mr. Bayle, publiées sur les originaux, Amsterdam, aux dépens de la Compagnie, 1729 (posthume), page 347)
  2. (Par extension) Celle qui diffuse des nouvelles sur la vie mondaine ou en tient une chronique.
    • Des femmes d’esprit comme Mme de Sévigné, Mme de Grignan, Mme de Scudéry, Mme de Maintenon à qui un « devoir de société » commandait d’insérer dans leurs lettres toutes les nouvelles de la Cour et de la Ville, étaient les véritables gazetières. Des amateurs, si l’on veut, mais qui, parfois, devenaient quasi des professionnels. — (F. Robert-Kemp, Les Ancêtres du Reportage, L’Aurore, 10/07/1909, page 1)
    • Chacun pourrait alors se forger sa propre Mme de Sévigné, mère aimante, amatrice des jardins, janséniste convertie, coquette égoïste, courtisane frustrée, Parisienne brillante, gazetière de talent. — (Nathalie Freidel, La conquête de l’intime : public et privé dans la Correspondance de madame de Sévigné, Champion, 2009, page 190)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GAZETIER. n. m.
Celui qui compose une gazette, qui publie une gazette. On dit aujourd'hui JOURNALISTE.

Littré (1872-1877)

GAZETIER (ga-ze-tié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des ga-ze-tié-z instruits) s. m.
  • 1Celui qui compose, publie un journal, une gazette. Théophraste Renaudot est le gazetier de France le plus fameux ; il était médecin de Montpellier ; il commença à donner la gazette en 1631, Richelet. C'est une erreur [que Tomyris ait fait tuer Cyrus] dont on a abusé seulement durant vingt-cinq siècles, et cela par la faute du gazetier de Scythie, qui répandit mal à propos la nouvelle de sa mort sur un faux bruit, Boileau, Héros de romans.

    Aujourd'hui, dans l'usage ordinaire, on dit journaliste.

    Gazetière au féminin, s'est dit en parlant d'une femme qui publie une gazette. On n'a pas conseillé à notre gazetière de Rotterdam, la veuve Saint-Glain, d'insérer cette réponse, Bayle, Lett. 85, 5 déc. 1690, t. I, p. 295.

    Fig. Celui qui annonce à un tiers les nouvelles du pays où il est. Je voudrais du moins être votre gazetier en ce pays-ci, afin de ne vous être pas tout à fait inutile, Voltaire, Lett. Mme de Bernières, octobre 1724.

    Celui qui recueille les bruits qui courent. Gazetier scandaleux, sur la liste inhumaine Il enregistre à son retour, Nuit par nuit, jour par jour, semaine par semaine, Les revers de l'hymen, les exploits de l'amour, Delille, Convers. II.

  • 2Il se dit par dénigrement. Gazetier clandestin Dont la plate âcreté damne le genre humain, Voltaire, Loi nat. 3. Comme l'ont écrit tous ces gazetiers de mensonge, Voltaire, Louis XIV, 27. Moi vous sabrer, bonhomme ! quiconque vous l'a dit est un… - Oui, mon ami, c'est un gazetier censuré, Courier, 2e lett. particul.
  • 3Autrefois, celui qui vendait ou donnait à lire les gazettes dans les rues de Paris.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

GAZETIER, s. m. (Hist. mod.) celui qui écrit une gazette ; un bon gazetier doit être promptement instruit, véridique, impartial, simple & correct dans son style ; cela signifie que les bons gazetiers sont très-rares.

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Étymologie de « gazetier »

(1633) Dérivé de gazette avec le suffixe -ier.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Gazette.

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Phonétique du mot « gazetier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
gazetier gazœtje

Évolution historique de l’usage du mot « gazetier »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « gazetier »

  • Voltaire, dans l’« Encyclopédie » de Diderot et d’Alembert, se charge, en 1756, des entrées « gazette » et « gazetier ». Il en parle, c’est peu de le dire, sans tendresse. SudOuest.fr, Les grandes heures de la presse – Episode 2 : Voltaire contre les gazetiers
  • Alors que les écrits publics se multiplient, on parle donc plutôt de "gazetier" que de journaliste, pour désigner celui qui écrit dans une gazette. Dans ce XVIIe siècle, on assiste aux débuts d'une écriture du temps présent, qui ne se limite pas aux seules gazettes : la curiosité pour la nouvelle envahit le théâtre, les histoires tragiques, les correspondances, et autres mémoires. C'est la naissance de l'actualité, basée principalement sur l'inédit.   France Culture, Du "gazetier" au "fact-checker": la fabrique du mot "journaliste"
  • Il n'ont pas voulu utiliser "gazetier" ,il faut les remercier de ne pas avoir trouver avant un mot anglais. L'Obs, 10 choses à savoir sur Matthieu Belliard, nouveau matinalier d’Europe 1
  • Passé professionnel à 24 ans (en 1961), Fernand Delort, enchaîne les courses, ponctuées de victoires jusqu’en 63. Fernand « l’impulsif », le surnommait un gazetier. « Je ne sais pas où il avait trouvé ça, je n’ai jamais foutu quelqu’un dans le fossé. Jacques Anquetil avait la réputation d’être orgueilleux alors qu’en fait, il était juste timide. J’aurai dû faire le tour d’Espagne avec lui, il me l’avait demandé et puis… ». SudOuest.fr, La gouaille tranquille
  • Cet enfant-roi n’a qu’un objet : solder définitivement le compte de ce royaume admirable et fatigué, dont il veut précipiter la fin. Sur ses ruines, et débarrassé de son prestigieux héritage qui l’encombre, il espère bâtir une forme vague, sans contour précis. Un jour, au Danemark et en présence de la reine, il vanta les mérites des « luthériens », qu’il jugea plus souples et prompts à accepter les figures changeantes du monde. Dans son élan de comparaison, il parut se désoler d’avoir à gouverner des « gaulois réfractaires », braillards hirsutes et hostiles par destination à toute réforme. Pourtant, il semble bien à nos concitoyens, traités sans ménagement, que leur société, en surface et en profondeur, est plus « mouvementée » que l’océan sous l’action des vagues. Cette idée, selon laquelle les Français seraient trop latins, trop nerveux et encore trop catholiques (qu’ils aient ou non de la religion, d’ailleurs), semble partagée dans les hautes sphères. Récemment, la fameuse Christine Sancrainte, qu’on surnomme la « gazetière à ressort », tant sa carrière dans le journalisme, où alternent le triomphe et l’opprobre, démontre les propriétés de cette pièce en acier trempé, qui retrouve sa forme initiale après avoir subi une pression ou une tension, appelait de ses vœux une France plus « protestante ». Qu’est-ce donc qui les attire dans les contrées froides peuplées d’Angles et de Saxons ? Causeur, Des nuages au-dessus du royaume - Causeur
  • Hélas, la chose n'est de nos jours plus possible. Madame est gazetière et escompte conserver son état, soucieuse de gagner quelques deniers à des fins de se préserver de la misère, privée qu'elle se trouvera de toute pension.  LExpress.fr, "Hollande a tout lieu de craindre la terrible vengeance de Madame" - L'Express
  • Voici les faits : Hildegarde-Waltrude Gänseblümchen, une gazetière venue de Germanie, vient de révéler au monde entier « l’insupportable affront » que lui aurait infligé Lecreux d’Airain, à la fin d’un entretien qu’elle avait sollicité. Elle se place près de lui, afin que l’opérateur qui l’accompagnait immortalisât la scène par le procédé de la photographie, que l’épatant Félix Nadar a rendu populaire. Si l’on en croit la plaignante – car elle vient de porter plainte -, l’ex-souverain la serra d’un peu près. Il lui saisit la taille, puis, de la même main il glissa vers la fesse. La dame d’outre-Rhin affirme qu’elle repoussa cette invasion française d’un territoire prussien. On voulut prendre un second cliché, et l’on se plaça comme devant : la main de Lecreux se fit aussi pressante ! Hildegarde-Waltrude jugea la situation « très dégradante », elle se sentit « humiliée ».  Si elle dit vrai, il est incontestable que Valdémard Lecreux-d’Airain s’est comporté comme un mufle, mais un procès, vraiment, après deux années ? Fallait-il en arriver à cette extrémité ? La seule issue n’était-elle que judiciaire ? Devant l’offense, ne pouvait-elle répondre par d’autres moyens ? Une tape bien sentie sur le membre envahisseur, accompagnée d’une admonestation à voix forte, suivie, quelques jours après, dans son journal et accompagnant l’entretien, de quelques lignes rapportant la scène n’auraient-ils pas été du meilleur effet ? Et pourquoi pas une remontrance en vers de douze pieds avec rupture à l’hémistiche, facile et sans prétention, qui eut mis les rieurs du côté de l’« assaillie » : Causeur, La mésaventure de Valdémard Lecreux-d'Airain - Causeur
  • Constance Quéniaux est née à Saint-Quentin, dans l’Aisne, le 9 juillet 1832. Depuis la révélation du nom du modèle, la semaine dernière, les internautes généalogistes se sont déjà penchés sur elle. Ainsi sa mère était native de Valenciennes, dans le Nord. Cette dernière était ouvrière en tulle, ses deux parents étaient déjà dans le textile. Elle est aussi décrite comme « gazetière » (journaliste). Était-ce à Saint-Quentin ou à Paris où elle a rejoint sa fille quelques années plus tard ? Courrier picard, L’origine du monde est née à Saint-Quentin

Traductions du mot « gazetier »

Langue Traduction
Anglais gazetteer
Espagnol diccionario geográfico
Italien dizionario geografico
Allemand ortsverzeichnis
Chinois 地名词典
Arabe المعجم
Portugais dicionário geográfico
Russe географический справочник
Japonais 地名辞典
Basque izendegi
Corse gazetta
Source : Google Translate API

Synonymes de « gazetier »

Source : synonymes de gazetier sur lebonsynonyme.fr

Gazetier

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