Bluter : définition de bluter


Bluter : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

BLUTER, verbe trans.

Faire passer toute matière pulvérulente par un blutoir.
En partic. Bluter de la farine. Séparer la farine du son :
1. ... on a fait croire au public que le pain blanc est supérieur au brun. La farine a été blutée de façon de plus en plus complète et privée ainsi de ses principes les plus utiles. Mais elle se conserve mieux, et le pain se fait plus facilement. Carrel, L'Homme, cet inconnu,1935, p. 28.
P. métaph. :
2. Il [Adolphe Dittmer] avait toujours été fort lié avec Casimir Périer qui, la révolution faite et l'escamotage d'Orléans accompli, l'appela près de lui comme secrétaire intime et intime ami en attendant que les hommes fussent triés, blutés et tamisés dans cette poussière de folle avoine que jettent les révolutions par les rues et qu'un vent d'ambition pousse par tas aux pieds du pouvoir. Vigny, Mémoires inédits,1863, p. 83.
3. J'ai relu à mon tour Leuwen en y trouvant toujours d'autres « beautés ». Entre autres combien il est bien fils de son père + de sa mère. Maintenant, il faut bluter celles des opinions de l'auteur qui sont devenues quelconques et sans intérêt. Valéry, Correspondance[avec Gide], 1897, p. 300.
Rem. Emploi métaph. fréq. de bluter chez Huysmans : Une voix asexuée, filtrée par les litanies, blutée par les oraisons, passée aux cribles des adorations et des pleurs (Huysmans, En route, t. 1, 1895, p. 92). On eût dit d'une immense médaille claire, tamisant un jour pâle, le blutant au travers d'oraisons (Huysmans, En route., t. 2, 1895, p. 243).
Emploi intrans., rare. Se balancer comme un blutoir. Mon hamac craquait et blutait aux coups du flot (Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 1, 1848, p. 357).
Prononc. : [blyte], (je) blute [blyt].
Étymol. ET HIST. − 1170 buleter (Rois, éd. E. R. Curtius, II, 17, 28, p. 91), forme attestée jusqu'à 1389, Invent. de Rich. Picque dans Gdf. Compl.; fin xiie-début xiiies. beluter (Aymeri de Narbonne, 2170 dans T.-L.), forme attestée jusqu'à 1611, Cotgr.; ca 1350 bluter (Gilles Li Muisis, Poésies, I, 341 dans T.-L.). Empr. au m. h. all. biuteln « bluter », dér. du m. h. all. biūtel « blutoir », Lexer (all. mod. Beutel); au verbe m. h. all. correspond le m. néerl. buydelen, Verdam, s.v. budelen (néerl. mod. builen). La forme buleter est dès l'orig. le résultat d'une métathèse des consonnes par assimilation au suff. -eter*. La forme beluter est issue de buleter avec métathèse des voyelles.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 15.

Bluter : définition du Wiktionnaire

Verbe

bluter \bly.te\ transitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Passer au blutoir, pour séparer la fine farine du son.
    • On conçoit donc que partout où l'on vise à fabriquer le pain économiquement on s'efforce de réduire le taux du blutage ; c'est ainsi que, dans les manutentions militaires, la farine de blé tendre est blutée à 15 p. 0/0 et celle de blé dur à 5 p. 0/0. — (M. E. Millon, « De la proportion d'eau et de ligneux contenue dans le blé et dans ses principaux produits », dans les Mémoires de la Société royal des sciences, de l'agriculture et des arts de Lille, année 1847, part. 1, Lille : Imprimerie de L. Danel, 1847, p. 23)
    • Mais le jour qui blutait sa poudre d’or au travers des rideaux, lui montra son visage bleui par les meurtrissures des nuits. — (Joris-Karl Huysmans, Marthe, histoire d’une fille, 1877)
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Bluter : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BLUTER. v. tr.
Passer au blutoir. Bluter de la farine.

Bluter : définition du Littré (1872-1877)

BLUTER (blu-té) v. a.
  • Passer la farine par le bluteau.

HISTORIQUE

XIIe s. Offrirent à David riches dras de lit, e tapiz, e vaissele, e furment, e orge, e farine, e flur deliéement buletée, Rois, 185.

XIIIe s. [Le pain] Noirs ert [était] et pleins de pailles, [il] ne l'ot pas beluté, Berte, XLV. Estatins lor envoie et char et vins et blés, Et le fuere et l'avoine et les pains buletés, Ch. d'Ant. II, 79.

XIVe s. On ne trouvoit adont farine buletée, Ne de vin, ne de pain, char fresche ne salée, Guesclin. 11047.

XVIe s. Je luy dis aussi que beluter parfois, pestrir et secouer les habillemens de lits, et les ranger, c'estoit un exercice bon et sain, La Boétie, 193. La belle meschine [jeune fille], pour faire des pastés, blutoit de la farine, Marguerite de Navarre, Nouv. XVII.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

BLUTER. Ajoutez :

Absolument. On dit que la femme aux bras tendus a le bras droit trop court, qu'elle blute, et qu'on ne sent pas le raccourci, Diderot, Œuvr. compl. 1821, t. IX, p. 50.

HISTORIQUE

XVIe s. Ajoutez : Que l'aucteur… se presente, par bestise ou par finesse, un peu obscurement et diversement, il ne luy chaille : nombre d'esprits, Je beluttant et secouant, en exprimeront quantité de formes, ou selon, ou à costé, ou au contraire de la sienne, qui luy feront toutes honneur, Montaigne, II, 353.

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Bluter : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

BLUTER, en terme de Boulanger ; c’est séparer la farine d’avec le son par le moyen du bluteau. On appelle farine blutée, celle qui a passé par le bluteau.

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Étymologie de « bluter »

Étymologie de bluter - Wiktionnaire

(XIIe siècle) En ancien français beluter[1] attesté jusqu'au XVIIe siècle en concurrence avec la forme syncopée bluter apparue au XIVe siècle ; plus avant, du moyen haut-allemand biuteln qui donne, en allemand beuteln (de), dérivé de biūtel, « blutoir » qui donne Beutel.
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Étymologie de bluter - Littré

Wallon, boti ; rouchi, bulter. Les étymologistes tirent ce mot de l'allemand beutel, bourse, tamis. Mais Diez indique une étymologie qui, bien que plus compliquée, paraît mieux répondre aux diverses formes. La forme la plus ancienne est buleter ; cela est dit pour bureter ; on trouve en effet dans la Bible de Guiot (XIIIe siècle) et ailleurs (voy. l'historique de BLUTEAU) buretel pour bluteau ; le bourguignon a burteau ; l'italien a burattello, buratto ; le provençal, barutel, bluteau, barutelar, bluter ; l'ancien catalan a barutelz ; l'r est donc aussi autorisée que l'l, dans le mot, qui, dès lors, signifiant passer par une étoffe comme l'étamine, vient de bure, bureau, sorte d'étoffe.

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Phonétique du mot « bluter »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
bluter blyte play_arrow

Conjugaison du verbe « bluter »

→ Voir les tables de conjugaisons du verbe bluter

Évolution historique de l’usage du mot « bluter »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « bluter »

  • Au rez-de-chaussée, la salle des meules en compte trois : deux pour les céréales et une pour les olives, ainsi qu’une ancienne machine à bluter et une plus moderne (fin du XIXe siècle) pour affiner la farine. Il est possible, à partir des équipements qui ont résisté aux injures du temps, de retracer le travail des meuniers et d’imaginer le fonctionnement de l’établissement au moyen des courroies de transmission qui faisaient circuler l’énergie motrice. midilibre.fr, Les Mages : grand succès de la visite du Moulin du Coussac - midilibre.fr
  • Quelques pas plus loin, on découvre une grande bâtisse qui abrite au rez-de-chaussée une roue à aubes de type Sajebien. Celle-ci mesure 4,50 mètres sur 1,15 mètre, comporte 36 aubes en chêne et tourne sans arrêt. À l’étage, deux meules en silex pesant chacune 1 tonne – dormante au-dessus, tournante au-dessous – pour écraser les grains et les engrenages avec des dents en bois d’acacia qui alternent avec des dents en fer. Il y a aussi la traditionnelle clochette pour réveiller le meunier, d’où la chanson « Meunier, tu dors ». On trouve également un espace abritant une collection de sacs datant de 1936 à 1960, des balances anciennes, des pochoirs, un panneau rappelant que Jean François Saboureau a été propriétaire des lieux en 1890. Ce moulin aurait été construit vers 1800 et la famille Saboureau l’a utilisé de père en fils jusqu’à l’arrêt en 1972. Retour au rez-de-chaussée où l’on découvre l’appareil – refait – à bluter la farine. CharenteLibre.fr, Valence: le moulin à eau tourne rond - Charente Libre.fr
  • C’est de là qu’il voit, le 19 mars 1944, les Groupes mobiles de réserve attaquer les maquisards au hameau du Magat. Cet épisode l’a profondément marqué. En 1945, il est mobilisé et part en Allemagne. À son retour, il commence sa vie professionnelle comme tisseur de la gaze à bluter, à domicile, avant d’installer chez lui un atelier de métiers mécaniques. Puis, il rentre aux Ponts et Chaussées avant de terminer sa carrière en tant que garde champêtre à la commune de Violay. , Montchal | Adieu à Raymond Bourrat

Traductions du mot « bluter »

Langue Traduction
Portugais peneirar
Italien buratti
Espagnol cerner
Anglais sieve
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Synonymes de « bluter »

Source : synonymes de bluter sur lebonsynonyme.fr


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