Avoine : définition de avoine


Avoine : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

AVOINE, subst. fém.

A.− TECHNOLOGIE
1. Au sing. gén. Plante monocotylédone (famille des Graminées) à tige dressée, à épillets en panicules, dont le grain sert surtout à l'alimentation des chevaux et de la volaille; grain de cette plante. Champ d'avoine :
1. D'abord, dans les grands carrés de terre brune, au ras du sol, il n'y eut qu'une ombre verdâtre, à peine sensible. Puis, ce vert tendre s'accentua, des pans de velours vert, d'un ton presque uniforme. Puis, les brins montèrent et s'épaissirent, chaque plante prit sa nuance, il distingua de loin le vert jaune du blé, le vert bleu de l'avoine, le vert gris du seigle, des pièces à l'infini, étalées dans tous les sens, parmi les plaques rouges des trèfles incarnat. Zola, La Terre,1887, p. 200.
2. Des poules allaient et venaient dans ce vacarme, l'œil vif, picorant, à coups de bec saccadés l'avoine tombée des musettes de toile, où mangeaient les chevaux; ... Moselly, Terres lorraines,1907, p. 187.
SYNT. Avoine commune. Avoine annuelle à panicule pyramidale et diffuse, cultivée pour ses graines (cf. en partic. Brard 1838 et Fournier 1961). Avoine courte ou avoine à 2 barbes. Avoine annuelle à panicule unilatérale et épillets courts, cultivée pour ses graines (cf. en partic. Bouillet 1859 et Quillet 1965). Avoine de Hongrie, d'Orient. Avoine annuelle à panicule unilatérale, cultivée pour ses graines (cf. en partic. Brard 1838 et Quillet 1965). Avoine des prés. Avoine vivace à panicule panachée de violet et épillets luisants (Fournier 1961). Avoine noire. Variété d'avoine commune (cf. Ac. 1798-1932). Avoine nue ou avoine à gruau, avoine de Tartarie. Avoine annuelle à panicule pyramidale étalée en tous sens, cultivée pour ses grains qui se détachent facilement de la balle au battage (cf. en partic. Besch. 1845 et Quillet 1965). Avoine stérile, folle avoine ou avèneron, avron. Avoine annuelle, sauvage, à panicule étalée, épillets de deux ou trois fleurs, avec barbes très longues et glumelle inférieure velue, très nuisible aux céréales cultivées (cf. en partic. Brard 1838 et Quillet 1965).
Rem. Chateaubriand utilise le terme folle avoine dans un sens quelque peu différent qui semble correspondre à la description faite par Besch. 1845 d'une plante américaine : ,,Plante du Canada, qui croît dans les rivières vaseuses, et qui fournit un grain semblable au riz``. L'aut. a sans doute préféré la poésie à l'exactitude dans ce texte :
3. ... c'étoit une baie où la folle-avoine croissoit en abondance. Ce blé, que la Providence a semé en Amérique pour le besoin des sauvages, prend racine dans les eaux; son grain est de la nature du riz; il donne une nourriture douce et bienfaisante. À la vue du champ merveilleux, les Natchez poussèrent des cris, et les rameurs redoublant d'efforts, lancèrent leurs pirogues au milieu des moissons flottantes. (...) En un instant les nacelles furent cachées dans la hauteur et l'épaisseur des épis. Les voix qui sortoient du labyrinthe mobile ajoutoient à la magie de la scène. Des cordes de bouleau furent distribuées aux moissonneurs; avec ces cordes ils saisissoient les tiges de la folle-avoine qu'ils lioient en gerbe, puis, inclinant cette gerbe sur le bord de la pirogue, ils la frappoient avec un fléau léger; le grain mûr tomboit dans le fond du canot. Chateaubriand, Les Natchez,1826, p. 326.
[P. allus. ou compar. à/avec la couleur de l'avoine, surtout en parlant des cheveux d'une femme] Couleur d'avoine et p. ell. avoine. Jaune pâle, blond :
4. Nadja, arrivée la première, en avance, n'est plus la même. Assez élégante, en noir et rouge, un très seyant chapeau qu'elle enlève, découvrant ses cheveux d'avoine qui ont renoncé à leur incroyable désordre, ... Breton, Nadja,1928, p. 70.
[P. allus. ou compar. au/avec le mouvement léger de l'avoine dans le vent] :
5. − Les vagues courent vite, irrégulièrement, mais légères, peu profondes, transparentes : cette mer ressemble à un champ de belle avoine ondoyant aux brises d'une matinée de printemps, après une nuit d'averse; ... Lamartine, Voyage en Orient,t. 1, 1835, p. 71.
2. P. méton.
a) Gén. au plur. Pièce d'avoine non moissonnée :
6. Il [un chemin] épousa les contours d'un champ et je perdis quelques instants à ce détour et pesait contre moi ce grand carré d'avoine, car mon instinct livré à lui-même m'eût mené droit, mais le poids d'un champ me faisait fléchir. (...) Et me colonisait ce champ car je consentais au détour, et, alors que j'eusse pu jeter mon cheval dans les avoines, je le respectai comme un temple. Saint-Exupéry, Citadelle,1944, p. 820.
b) POÉSIE. rare, vx (au sing.). Sorte de flûte rudimentaire fabriquée avec une paille d'avoine (cf. Besch. 1845, Lar. 19e) :
7. Faites qu'au bruit de l'aveine Où vous savez bien souffler, Le gentil Auberon, par les tardes soirées, Mène danser au bois les filles de Nérée. Moréas, Sylves,Romane juvénile fleur, 1896, p. 190.
3. [Usages divers de l'avoine]
a) GASTR. Céréale servant à l'alimentation humaine (sous forme de pain, bouillie, potage, bière, whisky, aromate, etc.) principalement par son gruau ou grain sans enveloppe réduit en farine. Flocons d'avoine (cf. en partic. Les Grdes heures de la cuis. fr., Éluard-Valette, 1964, p. 229).
b) ARTS MÉN. Balle d'avoine. Enveloppe des grains d'avoine servant à confectionner la literie d'enfant : oreillers, paillasses (cf. Mauriac, Le Mystère Frontenac, 1933, p. 175).
c) MÉD., MÉD. VÉTÉR. Plante servant à préparer des tisanes, des cataplasmes, etc. (cf. E. Garcin, Guide vétér., 1944, p. 160).
B.− Au fig. [P. allus. aux propriétés nutritives ou excitantes de l'avoine]
1. Domaine concr., fam. ou pop.
[En parlant d'une pers.] Nourriture :
8. Pour blâmer les luxures d'un moine, Pour un prieur à qui l'on ôte un peu d'avoine, Pour troubler dans son auge un capucin trop gras, Foudre, anathème; on a le pape sur les bras. Hugo, La Légende des siècles,t. 6, Les Quatre jours d'Elciis, 1883, p. 105.
Except. [En parlant d'une chose] :
9. ... la voiture accélérait encore pour sortir du précipice. Cette essence nouvelle était prodigieuse avoine! J. de La Varende, Les Manants du roi,1938, p. 193.
Loc. proverbiales, vx. Cheval d'aveine, cheval de peine. Celui qui est bien payé doit bien travailler (cf. Besch. 1845, Lar. 19e, Littré, Nouv. Lar. ill.). Cheval faisant la peine ne mange pas l'aveine. Celui qui fait le travail n'est pas celui qui en tire le plus de profit (cf. ibid.). Gagner l'avoine ou son avoine, il a bien gagné son avoine. (Il) mérite(r) d'être nourri pour son travail (cf. en partic. J.-F. Rolland, Dict. du mauvais lang., 1813, p. 15, Lar. 19e, M. Stéphane, Ceux du Trimard, 1928, p. 221). Manger son avoine dans un sac (p. allus. aux chevaux mangeant leur avoine dans un sac attaché à leur tête, en parlant d'un avare). Ne pas partager ses biens avec d'autres (cf. Besch. 1845, Lar. 19e, Guérin 1892, Nouv. Lar. ill.).
Argot
Arg. milit., absol. Synon. de eau-de-vie (cf. L. Rigaud, Dict. du jargon parisien, L'Arg. anc. et mod., 1878, p. 18 et France 1907); se dit aussi pour vin (cf. J. Richepin, La Chanson des gueux, 1876, p. 173).
Avoine de curé. Synon. de poivre (cf. en partic. L. Rigaud, Dict. d'arg. mod., 1888, p. 398, France 1907, Ch.-L. Carabelli [Lang. pop.]).
Arg. des cochers, absol. Coup de fouet pour exciter un cheval (cf. A. Delvau, Dict. de la lang. verte, 1866, p. 17, France 1907). Avoine de bourrelier. Fouet (cf. A. Bruant, Dict. fr.-arg., 1905, p. 230).
Absol. Correction sévère. Donner, (re)filer ou passer une avoine. Battre, avoiner* (cf. en partic. G. Fustier, Suppl. au dict. de la lang. verte d'A. Delvau, 1883, p. 495, A. Simonin, Le Pt Simonin ill. par l'ex., Paris, N.R.F., 1968, p. 29, Ch.-L. Carabelli, [Lang. de la pègre] et [Lang. pop.]).
2. Domaine abstr., rare, littér.Stimulant d'ordre affectif, moral, nourriture de l'esprit :
10. De telles conceptions comportent bien de la naïveté (...) Mais enfin, c'est une avoine, cette illusion, et qui aide à trotter. Barrès, Amori et dolori sacrum,1902, p. 144.
Rem. Cf. aussi l'expr. donner une avoine de baisers (Hugo, La Légende des siècles, t. 1, Eviradnus, 1859, p. 363).
P. iron., vx. Cet homme a reçu de l'avoine. ,,Il a été rebuté par celle qu'il aime`` (Ac. Compl. 1842); cf. également Besch. 1845, Lar. 19e, G. Delesalle, Dict. arg.-fr. et fr.-arg., 1896, p. 22).
Rem. On rencontre dans la docum. le néol. avoinage, subst. masc. (J. de La Varende, Le Troisième jour, 1947, p. 69; suff. -age*). Action de nourrir avec de l'avoine.
PRONONC. ET ORTH. : [avwan]. Il existe une forme aveine (Ac. 1798, 1835, 1878, Besch. 1845, Lar. 19e, Littré, Guérin 1892, Nouv. Lar. ill., DG, Lar. encyclop., Quillet 1965) ou avène : [avεn]. ,,Aveine est la prononciation normande`` (Littré). Enq. : /avwan/.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. xiies. aveine « plante céréale de la famille des graminées; la graine de cette plante, destinée à la nourriture des chevaux » (Eneas, éd. Salverda de Grave, 355 : Et requeron altre contree O vitaille seit mielz trovee, Eve dolce, feins et aveine As chevals ki vivent a peine), forme la plus en usage jusqu'à la fin du xviies. (Rich. 1680), ne se maintenant plus par la suite que dans le nord-ouest de la France (Moisy, Verr.-On.); ca 1200 avoine (Chans. d'Antioche, VII, 414 ds Gdf. Compl.) seule forme retenue ds les dict. dep. Fur.; xves. avene (Grant Herbier, no57 ds Gdf. Compl. : Avena, c'est une herbe dont le grain est ainsi appellé avene), graphie usitée seulement jusqu'à la fin du xvies. (Baïf, Eglogue, 19 ds Hug.); 1690 fig. loc. proverbiale et fam. gagner son avoine (Fur.); 2. ca 1165 p. synecdoque avainne « champ semé d'avoine, quand celle-ci est encore sur pied » (Chr. de Troyes (?), G. d'Angleterre, éd. W. Fioerster, 1771 : Qui pasturoit an une avainne), forme qui, ainsi que la forme aveine (fin xiies.), ne se trouve que jusqu'à la fin du xvies. (Gauchet, Plaisir des Champs ds Hug.); ca 1178 gén. au plur. avoines (Renart, Br, IV, 63 ds Gdf. Compl.); 3. mil. xvies. aveine « flûte rustique faite au moyen d'une tige d'avoine » (Ronsard, Amours de Marie, Le Voyage de Tours, I, 169 ds Hug. : Voila comme il te prend pour mespriser ma peine Et le rustique son de mon tuyau d'aveine), se rencontre aussi sous les formes avaine, avéne, attesté princ. au xvies. (Hug.). Empr. au lat. avena, 1 (considérée comme mauvaise herbe) dep. Ennius (Protrept. frg. ds Priscien, Gramm II, 532, 18 ds TLL s.v., 1308, 45), attesté notamment au plur. steriles avenae « folle avoine » (Virgile, Ecl., 5, 3, ibid., 82); 3 (Id., op. cit., 1, 2, ibid., 1309, 33). La forme anc. aveine (xiie-xvies.) régulière a été cependant supplantée dep. le xviies. par la forme avoine qui est peut-être un vocalisme dial. de l'Est (Lorraine, Bourgogne) où la nasalisation n'a eu lieu qu'après le passage de eià oi(G. Straka, Rem. sur les voyelles nasales ds R. Ling. rom., t. I9, 1955, p. 261; Fouché t. 2, 1969, p. 376, rem I); cependant, si on peut admettre une prépondérance de la forme dial. pour avoine (comme pour foin), ces formes ayant pu être apportées de l'Est avec le fourrage ou la céréale, on ne saurait la reconnaître pour moins (a. fr. meins) et moindre (a. fr. meindre). Aussi semble-t-il préférable de voir dans ê > le résultat d'une infl. de la consonne labiale précédente, sensible un peu partout au Moyen-Âge − en dehors de la région de l'Est − [il] abaie > aboie; armaire > armoire; mains > moins etc. Fouché, ibid., p. 377, rem II); v. aussi G. Straka, loc. cit., 261, note 3. La prononciation avoine qui l'a emporté, fut celle de la Cour : 1647, Vaugelas cité par Fouché, ibid. : Il faut dire avoine avec toute la cour, et non pas aveine avec tout Paris; v. aussi Meyer-Lübke ds Literaturblatt für germanische und romanische Philologie, 40, col. 378.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 426. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 318, b) 619; xxes. : a) 1 102, b) 544.
BBG. − Ac. Gastr. 1962. − Alex. 1768. − Bél. 1957. − Bouillet 1859. − Brard 1838. − Bruant 1901. − Burn. 1970. − Canada 1930. − Chass. 1970. − Comm. t. 1 1837. − Dumas 1965 [1873]. − Duval 1959. − Fén. 1970. − France 1907. − Gardette (P.). Influence des parlers prov. sur les parlers francoprov. La carte avoine. In : Congrès internat. de lang. et litt. du midi de la France. 2. 1958. Aix. pp. 161-166. − Gottsch. Redens. 1930, p. 53, 182, 267. − Goug. Lang. pop. 1929, p. 28. − Larch. 1880. − Larch. Suppl. 1880. − Lar. comm. 1930. − Lar. méd. 1970. − Lar. mén. 1926. − Le Breton 1960. − Le Roux 1752. − Lewis (C. B.). A Purely traditional explanation for foin, moins, avoine. R. belge Philol. Hist. 1930, t. 9, pp. 801-813. − Littré-Robin 1865. − Métrol. 1969. − Mont. 1967. − Nysten 1824. − Pollet 1970. − Pope 1961 [1952], § 487. − Privat-Foc. 1870. − Sain. Lang. par. 1920, p. 425. − Sandry-Carr. 1963. − Vaug. 1934 [1647], p. 100.

Avoine : définition du Wiktionnaire

Nom commun

avoine \a.vwan\ féminin

  1. Plante de la famille des Poacées (ou Graminées), et cultivée comme céréale ou comme fourrage.
    • […] ; puis, ayant longé un champ d’avoine, étoilé de bluets et de coquelicots, nous arrivâmes en un verger où des vaches, à la robe bringelée, dormaient couchées à l’ombre des pommiers. — (Octave Mirbeau, Le Père Nicolas, dans Lettres de ma chaumière, 1885)
    • Les champs d’avoine sont, certaines années, envahis par des plantes nuisibles telles que les chardons, les sanves, moutardes sauvages, ravenelles ; […]. — (Bulletin de la Société des lettres, sciences et arts du département de la Lozère, 1903, page 24)
    • « Ce n’est pas dans un jardin de Paris que je pourrais cueillir et coudre pour toi, sur un petit carton, les grands grains d’avoine barbue, qui sont de si sensibles baromètres. »
      Je me gourmande d’avoir égaré, jusqu’au dernier, ces baromètres rustiques, grains d’avoine dont les deux barbes, aussi longues que celles des crevettes-bouquet, viraient, crucifiées sur un carton, à gauche, à droite, prédisant le sec et le mouillé.
      — (Colette, Sido, 1930, Fayard, page 28.)
  2. Grain de cette plante.
    • Le taureau doit être choisi, comme le cheval étalon, parmi les plus beaux de son espèce. […]. On lui fait manger alors de l’avoine, de l’orge & de la vesce, pour lui donner de l’ardeur & lui procurer une plus grande abondance de liqueur séminale. — (Valmont de Bomare, Dictionnaire raisonné universel d’Histoire Naturelle, T. 8, 3e éd., 1776, p. 455)
    • On fait aussi du pain, mais d’une digestion assez difficile, avec du seigle, de l’orge et même de l’avoine ; […]. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 117)
  3. (Argot) Coup, raclée.
    • Faut pas vous gourer, c’est tout cérébral, la flagellation. Y a que des intellectuels pour réclamer l’avoine. — (René Fallet, Le Beaujolais nouveau est arrivé, chapitre II ; Éditions Denoël, Paris, 1975)

Forme de verbe

avoine \a.vwan\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe avoiner.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe avoiner.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe avoiner.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe avoiner.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe avoiner.
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Avoine : définition du Littré (1872-1877)

AVOINE (a-voi-n' ou a-vè-n'. Cette dernière forme tombe en désuétude) s. f.
  • 1Plante de la famille des graminées, qui fournit un aliment aux bêtes de somme.
  • 2Le grain. Un picotin d'avoine. Deux mulets cheminaient, l'un d'avoine chargé…, La Fontaine, Fab. I, 4.

    Balle d'avoine, pellicule qui enveloppe le grain.

  • 3 S. f. plur. L'avoine sur pied. Les avoines sont belles cette année.

PROVERBES

Cheval d'aveine, cheval de peine, c'est-à-dire un homme bien payé doit bien travailler.

Cheval faisant la peine ne mange pas l'aveine, c'est-à-dire ce n'est pas celui qui a le plus de peine qui est le mieux traité.

HISTORIQUE

XIIIe s. Si a choisi [aperçu] en un plessié, Par encoste d'unes avaines, Une abaïe de blans moines, Ren. 6519. Longue est et megre et lasse et vaine ; Grand soffrette a de pain d'avaine, la Rose, 10198. Li pains et li avoine lor est tote faillie, Ch. d'Ant. VII, 414.

XVe s. Le bled et les avoines furent respitées de non ardoir, Froissart, II, II, 66.

XVIe s. Escouter les aveines lever (proverbe), Génin, Récréat. t. II, p. 239.

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Avoine : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

AVOINE, avena, genre de plante dont les fleurs n’ont point de pétales ; elles sont suspendues par petits paquets. Chaque fleur est composée de plusieurs étamines qui sortent d’un calice ; le pistil devient dans la suite une semence oblongue, mince, farineuse, enveloppée d’une capsule qui a servi de calice à la fleur. Les petits paquets de fleurs qui forment l’épi sont disposés de façon, que Dioscoride les compare à de petites sauterelles. Tournefort, Inst. rei herb. Voyez Plante (I)

* C’est des menus grains, celui qui se seme le premier : on en distingue principalement deux especes, l’une cultivée, l’autre sauvage ; celle-ci ne differe de l’autre, qu’en ce que ses grains sont plus grands & plus noirs.

Il y a la folle avoine, qu’on appelle aussi averon ; elle est stérile & sans grain. Elle infecte un champ, & se repeuple, à moins qu’on ne l’arrache & qu’on n’en coupe les tiges avant sa maturité.

Les Canadiens ont une sorte d’avoine, qu’ils recueillent en Juin ; elle est beaucoup plus grosse & plus délicate que la nôtre, & on la compare au riz pour la bonté.

Il y a des avoines rouges ; il y en a de blanches, & de noires. On croit que la rouge aime les terres légeres & chaudes ; qu’elle résiste moins aux accidens du tems ; qu’elle s’épie plûtôt que la noire, & qu’elle est moins nourrissante & plus chaude. La blanche passe pour avoir moins de substance que l’une & l’autre.

Vers la mi-Février, lorsque les grands froids seront passés, semez l’avoine, à moins que la terre ne soit trop humide. Semez-la plûtôt dans les terres fortes que dans les terres légeres & maigres, si vous craignez qu’elle ne verse. Prenez pour un arpent huit ou neuf boisseaux de semailles. Il faut que les terres où vous la répandrez, ayent eu un premier labour après la récolte des blés, & avant l’hyver. Le tems de sa semaille s’étendra jusqu’à la fin d’Avril : vous donnerez le second labour immédiatement avant que de semer : vous choisirez pour semer un tems un peu humide.

Si votre terre est forte, vous n’employerez point la charrue, pour recouvrir. Vous recouvrirez le grain semé dans les terres légeres, soit avec la charrue, soit avec la herse. Cela s’appelle semer dessous.

Quand vos avoines seront levées, vous les roulerez ; rouler, c’est abattre, adoucir, ou douçoyer, ou ploutrer, ou casser les mottes, & refouler le plant, avec un gros rouleau de bois, qu’un cheval traîne sur toute la piece d’avoine.

Vous n’oublierez pas de sarcler & d’échardonner ; il est aussi bon que vous sachiez que l’avoine dégénere dans les terres froides, & que par conséquent il faut les rechausser avec des fumiers ; que l’avoine que vous battrez pour en faire de la semence, n’ait point été échauffée.

Vous ne dépouillerez vos avoines qu’après les blés, sur la fin d’Août ; quand vous les verrez jaunes ou blanches, elles seront mûres. Il vaut mieux les scier que les faucher. Laissez-les javeller, ou reposer quelque tems sur le champ. Quand la rosée ou la pluie commencera à les noircir, écochelez ; écocheler, c’est ramasser l’avoine en tas avec des fourches, & en former des gerbes. Comme elle n’est pas sujette à germer, on peut la laisser un peu à la pluie, & même l’arroser s’il ne pleut pas.

Un bon arpent d’avoine rapportera cent gerbes ; un mauvais trente au moins ; & les cent gerbes donneront trois septiers-mine. Pour conserver vos avoines sur le grenier, mettez-y des feuilles de laurier. Plus vous les garderez, plus elles décheoiront. Elles veulent être souvent maniées. Ne donnez point d’avoine aux chevaux, sans l’avoir criblée & époussetée.

Les avoines se vendent ordinairement en Carême ; c’est le tems où les grandes maisons & les brasseurs. font leurs provisions. Dans les endroits où l’on rade la mesure, celle d’avoine se rade du côté rond, & les autres grains par la rive quarrée ; c’est la figure des grains qui fait cette différence. Il y a des endroits où elle se livre à la mesure ferue ; c’est-à-dire, qu’on frappe la mesure, soit avec la radoire, quand on ne la donne que rase, soit avec la pelle, quand on la fournit comble. Il y a des provinces où son boisseau est beaucoup plus grand que celui du blé, & où elle est assujettie à la verte moute. Voyez Verte moute, Boisseau, Mesure. Son prix dépend de toutes les causes qui font hausser & baisser les autres grains.

L’avoine sert principalement à nourrir les chevaux : on en fait du pain dans les tems de disette. Le gruau n’est autre chose que de l’avoine mondée. Voyez Gruau. Les Moscovites en tirent par la distillation, une liqueur dont ils usent en guise de vin, & qui n’enivre guere moins.

Il y a dans le Maine une avoine qui se seme avant l’hyver, & se récolte avant les seigles.

L’avoine analysée donne une liqueur limpide, qui a l’odeur & la saveur d’avoine cuite, & qui est un peu acide & obscurément salée ; une liqueur roussâtre, empyreumatique, acide, austere, acre, piquante, avec indice de sel alkali ; une liqueur brune, alkaline, urineuse, & imprégnée de sel volatil urineux ; enfin de l’huile épaisse comme un sirop. La masse noire restée dans la cornue & calcinée pendant douze heures au feu de réverbere, a donné des cendres dont on a tiré par lixiviation du sel alkali. Ainsi l’avoine est composée d’un sel ammoniacal enveloppé dans de l’huile ; ce qui forme un mixte mucilagineux.

Les bouillons d’avoine sont salutaires ; ils adoucissent les humeurs ; ils divisent, ils poussent par les urines, & ils excitent quelquefois la transpiration. Ils sont utiles dans les catarrhes, les enrouemens, la toux, l’ulcération & la secheresse de gorge ; les aphthes, la pleurésie, la péripneumonie, les érésipeles, & les fievres aiguës. L’avoine torréfiée dans une poele avec quelques pincées de sel, mise chaude sur le ventre dans un linge fin, soulage la colique ; surtout si on y ajoûte le genievre & le cumin ; & sa farine en cataplasme desseche & digere médiocrement.

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Étymologie de « avoine »

Étymologie de avoine - Littré

Bourguig. aivonne ; Berry, aveine ; picard, avène ; provenç. et espagn. avena ; portug. avêa ; ital. avena ; du latin avena. Aveine est la prononciation de l'ouest de la France.

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Étymologie de avoine - Wiktionnaire

(Date à préciser) Variante régionale de aveine, forme encore usuelle au XVIe siècle. Du latin avēna.
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Phonétique du mot « avoine »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
avoine avwan play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « avoine »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « avoine »

  • « Le marché Collations à base d’avoine mondial croît à un TCAC élevé au cours de la période de prévision 2020-2026. L’intérêt croissant des particuliers pour cette industrie est la principale raison de l’expansion de ce marché. Selon le Rapport, le marché Collations à base d’avoine devrait croître à un TCAC de xx % au cours de la période de prévision (2019-2027) et dépasser une valeur de XX USD d’ici la fin de 2027. » Thesneaklife, Marché Collations à base d’avoine mondial 2020 – Impact du COVID-19, analyse de la croissance future et défis | General Mills, Kellogg, Mondelez International, Nairn’s Oatcakes, Quaker Oats Company – Thesneaklife
  • Sinon, Lidl propose aussi une version sans chocolat, simplement aux flocons d’avoine. Vous pouvez aussi trouver toute une gamme de produits Soder Garden comme des craquottes, un gâteau à la suédoise ou encore des boulettes de viande typique. Lidl consacre ce mercredi 24 juin aux saveurs nordiques. Pour retrouver ces offres, cliquez ICI. Le Tribunal Du Net, Un biscuit célèbre arrive dans les rayons de Lidl, succès garanti !
  • Le rapport sur le marché mondial Flocons d’avoine couvre tous les acteurs clés, les facteurs et les opportunités de conduite et de restriction dans les années à venir. Le rapport fournit les revenus historiques du marché, les dernières tendances, la taille du marché et l’utilisation pour la référence concernant l’environnement politique et technique de la part de marché Flocons d’avoine. INFO DU CONTINENT, Flocons d'avoine Marche 2020: Dernier rapport de recherche, strategies des acteurs cles et plus encore - INFO DU CONTINENT
  • Le rapport de recherche sur le marché mondial produit avoine présente une évaluation approfondie de lindustrie. Avec une attention aux tendances clés produit avoine, il met laccent paysage regulative, les conducteurs et les défis. Il définit explicitement les possibilités produit avoine, la normalisation avec les dernières technologies. Le rapport produit avoine prévu sert 2020-2024 afin de clarifier la feuille de route de lavenir. Les modèles de déploiement, des études de cas de lopérateur, les profils des joueurs produit avoine sont expliqués en détail. , Impact de Covid-19 sur les prévisions du marché produit avoine 2024 Par taille Global Industry and Share, la demande, dans le monde entier de la recherche, les joueurs proéminents, Nouvelles tendances, les opportunités dinvestissement et du revenu des attentes – JustFamous
  • Rapport sur le marché mondial de Les protéines d’avoine 2020 – rapport de 2026 fournit un aperçu de base de la part de marché de Les protéines d’avoine, du segment des concurrents avec une introduction de base des principaux fournisseurs, régions principales, types de produits et industries finales. Identifie et analyse également les tendances émergentes ainsi que les principaux moteurs, défis, opportunités et stratégies d’entrée pour diverses entreprises de l’industrie Les protéines d’avoine. Ce rapport donne un aperçu historique des tendances du marché Les protéines d’avoine, des revenus, de la capacité, de la croissance, de la structure des coûts et de l’analyse des principaux moteurs. , Taille du marché Les protéines d’avoine 2020, part, chiffre d’affaires, tendances commerciales, opportunités émergentes, demande, stratégies d’entreprises clés, nouvelles applications et prévisions 2026 – InFamous eSport
  • L'entreprise américaine Quaker Oats a annoncé ce mercredi 17 juin le changement du nom et du logo de sa marque de flocons d'avoine Aunt Jemima, très populaire aux Etats-Unis, pour lutter contre les stéréotypes raciaux. CNEWS, Racisme : les flocons d'avoine Aunt Jemima changent leur logo | CNEWS
  • Le rapport Marché des boissons à l’avoine mondial aide les chefs de file du secteur à prendre des décisions d’investissement en capital en toute confiance, à élaborer des plans stratégiques, à optimiser leur portefeuille d’activités, à innover avec succès et à opérer en toute sécurité et de manière durable. Le rapport offre également un résumé détaillé de l’industrie, y compris les définitions, les classifications, les facteurs de croissance, les applications et la structure de la chaîne de marché, l’évolution des revenus en termes de volume par rapport au Marché des boissons à l’avoine. , Marché des boissons d’avoine devrait connaître une croissance rapide et devrait atteindre des milliards de dollars d’ici 2027 | Meilleurs vendeurs: Quaker, Alpro, Drinks Brokers Ltd, Alpro, Oatly – Pêche Alliance
  • Parmi les composants de l’avoine, il y a des minéraux et des vitamines qui renforcent l’ensemble de notre système immunitaire, ce qui nous aide à avoir une vie saine et nous aide également à perdre et à réguler notre poids. Breakingnews.fr, ne mangez pas de flocons d'avoine plus de 2 fois par jour, voyez ce qui arrive à votre corps!
  • Un avorton se reconnaît facilement. C'est le seul qui donne de l'avoine à un basset qu'il prend pour son cheval ! De Pierre Perret
  • Si vous donnez de l'avoine à un âne, il vous paiera d'un coup de pied. De Proverbe français
  • Payer une pension alimentaire revient à donner de l'avoine à une jument morte. De Groucho Marx
  • L'avoine fait le cheval, la bière le héros, et l'or le gentilhomme. De Proverbe tchèque
  • Ce n’est pas le cheval qui tire, mais l’avoine. De Proverbe belge
  • Même en mangeant de l’avoine, l’âne rêve de chardons. De Proverbe allemand
  • On ne demande pas à un cheval s’il mange de l’avoine. De Proverbe québécois
  • Donnez de l’avoine à un âne, il vous pétera au nez. De Proverbe québécois

Images d'illustration du mot « avoine »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « avoine »

Langue Traduction
Corse avena
Basque oloa
Japonais オーツ麦
Russe овес
Portugais aveia
Arabe الشوفان
Chinois 燕麦
Allemand hafer
Italien avena
Espagnol avena
Anglais oats
Source : Google Translate API

Synonymes de « avoine »

Source : synonymes de avoine sur lebonsynonyme.fr

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