La langue française

Anaphore

Sommaire

  • Définitions du mot anaphore
  • Étymologie de « anaphore »
  • Phonétique de « anaphore »
  • Évolution historique de l’usage du mot « anaphore »
  • Citations contenant le mot « anaphore »
  • Traductions du mot « anaphore »
  • Synonymes de « anaphore »

Définitions du mot « anaphore »

Trésor de la Langue Française informatisé

ANAPHORE, subst. fém.

A.− LINGUISTIQUE
1. RHÉT. Procédé visant à un effet de symétrie, d'insistance, etc., par répétition d'un même mot ou groupe de mots au début de plusieurs phrases ou propositions successives. Synon. épanaphore; anton. épistrophe :
L'Anaphore qui est une répétition à l'initiale se distingue de l'Épistrophe qui est une répétition « à la fin des périodes de l'oraison ». Le Hir1960, p. 109.
2. P. ext., GRAMM. Procédé consistant à rappeler un mot ou groupe de mots précédemment énoncé par un terme grammatical.
Rem. Attesté ds Ac. t. 1 1932, Mar. Lex. 1951.
B.− MÉD., vx. Vomissement.
Rem. Attesté ds Ac. Compl. 1842, Besch. 1845, Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.
C.− THÉOL. ,,Grande prière eucharistique de la messe du rit grec dit de saint Jean Chrysostome.`` (Marcel 1938).
Rem. Attesté également ds Gde Encyclop., Guérin 1892, Lar. encyclop., Quillet 1965.
Prononc. : [anafɔ:ʀ].
Étymol. ET HIST. − 1. 1521 rhét. anaphora « répétition de mêmes mots en tête de phrases qui se suivent » (Fabri, Art de Rhetorique, 1. II, p. 128 ds Hug. : Anaphora, c'est quant d'un mot ou deux plusieurs vers sont commencez); anaphore (Id., op. cit., liv. 6, fo62 rods Gdf. Compl.); 1877 gramm. gr. (Littré Suppl. : Anaphore. Expression d'une relation, [Rev. critique, 13 janv. 1877]); 1932 (Ac. : Anaphore. Figure qui consiste à rappeler par un moyen grammatical une idée déjà exprimée); 2. 1838 méd. (Ac. Compl. 1842 : Anaphore. Evacuation par le haut, vomissement). − Lar. 20e; 3. 1885 théol. (Gde Encyclop. : Anaphore. Partie de la liturgie correspondant, en l'Eglise grecque, au canon de la messe de l'Eglise romaine. Les Grecs donnent aussi ce nom au volume qui comprend la liturgie de la communion); encore noté ds Lar. encyclop.; 4. 1885 astron. (Ibid. : Anaphore. Seconde maison céleste qui donne aux astrologues leurs présages pour les biens immeubles); unique attest. 1 empr. au lat. anaphora rhét., Diomède (ives.), Gramm. I, 445, 12 ds TLL s.v., 17, 74 : secunda anaphora per quam elocutio non convenienter respondens ad aliud refertur occulte; transcription du gr. α ̓ ν α φ ο ρ α ́ [α ̓ ν α ́ au sens de « en arrière »] attesté comme terme de gramm. « sens relatif d'un pronom », Apollonius Dyscole, Pron. 264, 289 ds Bailly; 2 emploi méd. développé sous l'influence de l'adj. anaphorique*, terme méd.; 3 empr. au gr. chrét. α ̓ ν α φ ο ρ α ́ [α ̓ ν α ́ au sens de « en haut »] : littéralement « action d'élever, d'offrir » d'abord attesté au sens de « offrande d'un sacrifice à Dieu », Septante, Ps. L, 19 ds Bailly [Vulgate : tunc acceptabis sacrificium justiciae], Messe de Saint-Jean Chrysostome ds Cabrol et Leclerq, Dict. archéol. chrét. et liturgie, I2, 1924, p. 1898 : Α ν α φ ο ρ α ̀ π ρ ο σ φ ε ́ ρ ε τ α ι [Vulgate : oblatio offertur], puis au sens de partie centrale, sacrificielle de la messe (en Égypte, chez les Syriens, les monophysites, les Maronites, à Constantinople et dans le monde byzantin), correspondant au canon romain (Liturgie de St Jean Chrysostome ds Cabrol et Leclerq, loc. cit. : Σ τ ω ̃ μ ε ν κ α λ ω ̃ ς, σ τ ω ̃ μ ε ν μ ε τ α ̀ φ ο ́ ϐ ο υ, π ρ ο ́ σ χ ω μ ε ν τ η ̀ ν α ́ γ ι α ν α ̓ ν α φ ο ρ α ́ ν ε ̓ ν ε ι ̓ ρ η ́ ν η π ρ ο σ φ ε ́ ρ ε ι ν); 4 empr. au gr. α ̓ ν α φ ο ρ α ́ « action de s'élever, ascension » cont. astron. (Proclus Diadoque, Ptol. p. 157 ds Bailly); lat. anaphora (Pline, Nat. 7, 160 ds TLL s.v., 17, 70).
BBG. − Archéol. chrét. 1924. − Bach.-Dez. 1882. − Bél. 1957. − Bénac 1956. − Bénac Dissert. 1949. − Boiss.8. − Bouillet 1859. − Dem. 1802. − Foi t. 1 1968. − Mar. Lex. 1933. − Mar. Lex. 1961 [1951]. − Marcel 1938. − Morier 1961. − Springh. 1962.

Wiktionnaire

Nom commun

anaphore \a.na.fɔʁ\ féminin

  1. (Littérature) (Grammaire) Mot ou syntagme qui, dans un énoncé, assure une reprise sémantique d’un précédent segment appelé antécédent ou, plus simplement, rappelle par un moyen grammatical une idée déjà exprimée ou un fait qui s’est déjà produit.
    • Dans la phrase « Jean n'avait pas de stylo : je lui ai prêté le mien. », « le mien » est une anaphore dont l’antécédent est « stylo ».
      De même dans la phrase « Oui, vous êtes déjà venu lundi, je le sais…», « le » forme une anaphore dont l’antécédent est « vous êtes déjà venu lundi ».
  2. (Littérature) (Rhétorique) Figure de style consistant en la répétition, la reprise d’un même segment ou d’un même mot, en tête de vers, ou en tête de phrase.
    • Comme dans la phrase suivante l'auteur utilise une anaphore en répétant le mot Paris : "Paris, Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré !..." — (Charles de Gaulle Discours)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ANAPHORE. n. f.
T. de Rhétorique. Figure qui consiste à rappeler par un moyen grammatical une idée déjà exprimée. Ainsi le forme anaphore dans Votre frère est ici, je l'ai vu.

Littré (1872-1877)

ANAPHORE (a-na-fo-r') s. f.
  • Figure de rhétorique. Répétition du même mot en tête des phrases ou de membres de phrase. Il y a une anaphore dans ces vers de Delille : Tendre épouse, c'est toi qu'appelait son amour, Toi qu'il pleurait la nuit, toi qu'il pleurait le jour, Delille, Géorg. liv. IV.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ANAPHORE, s. f. (Gramm.) ἀναφορὰ, de ἀναφέρω, iterùm fero, refero. Figure d’élocution qui se fait lorsqu’on recommence divers membres de période par le même mot : en voici un exemple tiré de l’Ode d’Horace à la fortune, Liv. I. Te pauper ambit sollicitâ prece ; te dominam æquoris, &c. Te Dacus asper ; te profugi Scythæ ; te semper anteit sæva necessitas ; te spes & albo rara fides colit velata panno. Et dans Virgile, Ecl. 10. v. 42.

Hîc gelidi fontes, hîc mollia prata, Lycori,
Hîc nemus, hîc ipso tecum consumerer ævo.
Cette figure est aussi appellée répétition. (F)

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Étymologie de « anaphore »

Ἀναφορὰ, de ἀνὰ, de nouveau, et φέρειν, porter.

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(Siècle à préciser) Du latin anaphora.
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Phonétique du mot « anaphore »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
anaphore anafɔr

Évolution historique de l’usage du mot « anaphore »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « anaphore »

  • Dès la première ligne, l'écrivaine annonce le but de son propos : « Lettre adressée à mes amis blancs qui ne voient pas où est le problème ». Au fil des mots, elle décrit ce qu'elle semble considérer comme des symptômes d'un déni. « En France nous ne sommes pas racistes, mais… » écrit ainsi Virginie Despentes, qui évoque pêle-mêle l'absence d'un homme noir ministre, la surreprésentation des Noirs ou des Arabes dans les prisons ou encore le fait qu'elle n'ait jamais été interrogée par un journaliste noir. Filant son anaphore, Virginie Despentes rebondit sur l'actualité en évoquant des « femmes racisées dans des quartiers populaires » tasées pour ne pas avoir en main l'autorisation de sortie pendant le confinement. Une scène qu'elle contraste avec celle des beaux quartiers parisiens. « Les Blanches, pendant ce temps, on nous a vues faire du jogging et le marché dans le septième arrondissement. » Le Point, Virginie Despentes s'attaque au « privilège blanc » - Le Point
  • Non, Philippe Ramondenc ne paraphrase pas un tube du groupe Niagara en 1988 et ne fait pas du Hollande en pratiquant l’anaphore du "assez", mais lui et son équipe en ont gros sur la patate. Avec ce syntagme répété, ils disent : "Assez que les élections passent et que les problèmes perdurent. Assez du manque d’honnêteté, du manque de transparence, de communication sur ce qui est et qui fait notre commune. Sur les décisions qui sont prises et qui font notre quotidien parfois bien malgré nous. midilibre.fr, Municipales à Millau : Philippe Ramondenc et Cap 2020 en ont "assez", voire ras-le-bol - midilibre.fr
  • Puis dans une longue anaphore, dont le PS a le secret, la candidate qui s’est alliée avec EELV pour le 2e tour des élections a lancé : “À ceux qui veulent ancrer notre métropole dans le Nouveau monde d’avant. À ceux qui souhaitent rester dans cette métropole du coin de table. À ceux qui pensent que végétaliser une ville c’est installer des bacs à fleurs sur des pistes cyclables. À ceux qui craignent que les vélos envahissent plus vite la place des Terreaux que les chars russes la concorde. À ceux qui redoutent l’installation d’intégristes verts et de dangereuses gauchistes à la métropole. À ceux, courageux, qui lancent des appels anonymes dénonçant un péril vert qui n’a de péril que le nom. À ceux-là mêmes qui brandissaient la menace de l’appel d’air quand il s’agissait d’accueillir 3 malheureux étrangers dans un gymnase du 6° arrondissement de Lyon... À ces élus qui ont passé les douze dernières années de leur vie à critiquer le maire de Lyon et le président de la métropole, et qui aujourd’hui le soutiennent dans une course effrénée au pouvoir. À ceux-là je veux leur dire, ne vous inquiétez pas, le monde d’après existe, vous allez bientôt le rencontrer”. Lyon Capitale, Grand Lyon : la campagne s'invite au dernier conseil de la métropole 
  • Tout en rappelant à Anne Hidalgo qu'elle avait déjà fait un mandat, Rachida Dati s'est projetée dans l'après pour avancer ses propositions. En répétant à plusieurs reprises « moi maire de Paris », comme François Hollande l'avait fait face à Nicolas Sarkozy le 2 mai 2012 avec son « moi, président », fameuse anaphore. La première fois, elle l'a néanmoins bredouillée, hésitant entre « moi, maire de Paris » et « moi, présidente de l'AP-HP ». Elle a aussi un peu secoué Anne Hidalgo en lui lançant, à propos de réunions : « Vous avez tellement d'adjoints que ça les occupera ! » leparisien.fr, Municipales à Paris : les 6 moments forts du dernier débat entre Buzyn, Dati et Hidalgo - Le Parisien
  • Sans aucun doute, ce discours restera dans l’histoire (au moins de cette crise sanitaire) grâce à l’anaphore “Nous sommes en guerre”, déjà reprise dans tous les médias. L’anaphore, terme qui vient du grec « anaphora » signifiant « reprise », est une figure de style qui consiste à commencer chaque début de phrase par le même mot ou groupe de mots. Hier, Emmanuel Macron a répété à six reprises cette expression. Il sait que c’est un moyen très efficace de donner de la solennité et de la majesté à son propos. Cet effet, que les orateurs de la Grèce antique appelaient la “gravitas”, permet de mettre en valeur les paroles prononcées en leur conférant une importance plus haute… ce qui était son objectif. Les Echos Start, Champ lexical, figures de style, gestuelle... le discours guerrier de Macron à la loupe | Les Echos Start
  • Dans le Live BFMTV de Thomas Misrachi, Jérémy Brossard - rédacteur en chef-adjoint du service politique de BFMTV - a analysé le discours de Marion Maréchal. "Elle fait une anaphore : 'Je n'ai pas à m'excuser d'être blanche, je n'ai pas à m'excuser d'être Française'. Elle fait deux minutes environ cette vidéo, avec des mots assez forts, très crus, elle parle de 'subversion des esprits', de 'soumission', 'salir la mémoire de nos ancêtres', 'cracher sur notre histoire', 'abattre nos statuts', référence aux images qu'on a pu voir ces derniers jours, dans la foulée de ces manifestations contre le racisme avec des statuts boulonnés", a-t-il commencé. Non Stop People, Marion Maréchal : Sa réaction aux affaires George Floyd et Adama Traoré fait exploser Twitter | Non Stop People

Traductions du mot « anaphore »

Langue Traduction
Anglais anaphora
Espagnol anáfora
Italien anafora
Portugais anáfora
Source : Google Translate API

Synonymes de « anaphore »

Source : synonymes de anaphore sur lebonsynonyme.fr
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