La langue française

Torturant

Définitions du mot « torturant »

Trésor de la Langue Française informatisé

TORTURANT, -ANTE, part. prés. et adj.

I. − Part. prés. de torturer*.
II. − Adj. [En parlant d'une réalité concr. ou abstr.] Qui provoque une torture physique ou, plus souvent, morale, affective. Remords, souvenir torturant; interrogation, pensée torturante. Il existe assurément un amour atroce, cruellement torturant, fait de l'invincible enlacement de deux êtres disparates qui se détestent en s'adorant (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Épingle, 1885, p. 1026).Dès cinq heures, les foyers, chargés pour le coup de feu du soir (...) maintenaient une chaleur torturante (Hamp, Marée, 1908, p. 65).
Prononc.: [tɔ ʀtyʀ ɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Fréq. abs. littér.: 91. Bbg. Darm. 1877, p. 67.

Wiktionnaire

Adjectif

torturant

  1. Qui cause un supplice, une torture.
    • Carmen est morte, l’innocente et plaintive Carmen. Mais la chanson est plus vivante que jamais, plus impitoyable que jamais, plus torturante que jamais. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : La Chanson de Carmen (1882))
    • Obscurément, au fond d’eux, leur conscience raisonne : la meilleure de ces friandises leur laisserait encore, après l’achat, des désirs torturants. — (Léon Frapié, Le sou, dans Les contes de la maternelle, 1910, éditions Self, 1945, page 179)
    • C’est torturant, un amour clandestin, car à chaque seconde on a envie de crier sa félicité à la face du monde. — (Éric-Emmanuel Schmitt, Le Poison d’amour, Albin Michel, Paris, 2014, p. 97)

Forme de verbe

torturant \tɔʁ.ty.ʁɑ̃\

  1. Participe présent du verbe torturer.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

TORTURANT (tor-tu-ran, ran-t') adj.
  • Qui torture. Les remords torturants.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « torturant »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
torturant tɔrtyrɑ̃

Citations contenant le mot « torturant »

  • Babacar préparait chaque jour sa propre mort Babacar Touré ne pensait sans doute pas rester sur terre jusqu’à l’âge de 69 ans. En 2011, pour fêter ses 60 ans, sa famille lui avait offert une petite fête. Babacar y invita quelques amis dont Mansour Cama qui nous a lui aussi quittés hier. La fête était très sympathique. Jusqu’à ce que Babacar la gâcha quelque peu. Il se réjouissait de fêter ses 60 ans d’autant qu’il n’espérait pas trop arriver jusqu’à 70 ans. Il venait de sortir d’une pénible période durant laquelle son pronostic vital avait été des plus pessimistes. Avec son sens de l’autodérision, Babacar Touré fit en quelque sorte son legs testamentaire. Des années ont passé et Babacar reprit sa vigueur. Ces derniers mois, Babacar Touré restait cloîtré dans sa résidence de Ngaparou. Il s’imposait l’isolement, la réclusion même, comme mesure de prophylaxie contre la pandémie du Covid-19. Mais Babacar s’inquiétait plus pour nous autres en nous prodiguant à chaque conversation téléphonique de faire attention, d’éviter les contacts et de prendre garde à la maladie. Subitement, Babacar a été piqué par on ne sait quelle mouche. Il prétexta du décès de la maman d’un ami de jeunesse pour se déplacer. Il fera un détour jusqu’à sa nouvelle résidence à Touba. Il fera le tour pour saluer du monde et improvisa un déplacement à Porokhane où il voulait bâtir une demeure et à Foundiougne pour aller voir ses neveux et nièces qu’il n’avait pas revus depuis quelque temps. Il fera des sorties pour offrir des ambulances aux populations de Ngaparou et prit de temps en temps la liberté de faire des promenades, disant en avoir marre de rester enfermé. Je lui criais dessus pour ces escapades et il s’en sortait par une pirouette : «Ndok samarak.» (Ndlr : tant pis jeune frère). Il m’appela et je boudai ses appels, bien que j’eusse bien envie de lui parler. Il m’envoya un message pour me dire que je suis sadique en le torturant de la sorte. C’était reparti pour de fous rires ! Je lui avais présenté des amis étrangers qui étaient intéressés de participer à son projet d’installation d’un centre de remise en forme à Ngaparou. Babacar disait que c’était son dernier projet sur terre. Je devais retourner à Ngaparou avec ces amis qu’il recevait généreusement à sa table. Pour le taquiner, je lui commandais de la grillade de viande de gazelles «oryx» pour faire tendance. Il répondit : «Je n’ai pas possédé des gazelles oryx, mais j’aurais pu vous servir de la viande de lama si je n’avais pas vendu mes bêtes entre-temps.» Comment a-t-il pu faire ça ? Babacar Touré s’était débarrassé de ses nombreuses espèces d’animaux rares et de son cheptel de bovins parce que, disait-il, à sa mort sa famille ne pourrait pas s’en occuper et il ne souhaitait pas faire souffrir les pauvres bêtes. Le dimanche 12 juillet 2020, il me fit l’amitié de me faire lire un texte qu’il a prévu de publier le lendemain et intitulé «Le Sénégal, entre défi et déni». Il me disait : «Puisque tu as pris un congé pour tes ‘’Lundis’’, j’assure ton intérim.» Le texte était exquis, sublime même. Je le rappelais après la lecture pour lui dire que le lecteur ne saurait lâcher cet intérimaire de luxe et qu’il devra continuer à nous gratifier d’aussi profondes et pertinentes réflexions. Il ne voulait envisager cette perspective. J’insistai et il chercha à s’en sortir par une pirouette disant : «Mettons cette question au registre de nos divergences irréconciliables.» Un tel registre ne saurait exister. J’eus la prétention de lui «ordonner» de faire ses papiers le «Mardi», après les miens du «Lundi». Avec son sens de la répartie, il me dit : «Tu veux que je te fasse du ‘’felu’’ (Ndlr : un mot wolof qui traduit le geste d’un danseur qui entre sur la scène pour prendre le relais ou pour féliciter un autre danseur épatant). Qu’à cela ne tienne ! Il rajouta : «Et ce sera talata. Tu voudrais que je fasse du talata» (Ndlr : le jour du mardi est nommé talata en wolof, mais ce mot peut aussi signifier donner une gifle). La discussion se termina par un fol éclat de rires. En écrivant ces lignes, je dois avouer que je suis envahi par l’émotion, car je ne pouvais pas m’imaginer qu’en reprenant mes chroniques, je le ferai avec une oraison funèbre à la mémoire de Babacar Touré. Le 13 juillet 2020, je commentais avec lui son article. Nous nous parlions plusieurs fois dans une même journée et pendant de longs moments. Je lui fis part de la volonté d’un ami marocain de le prendre comme un associé dans un grand projet immobilier à Touba. Babacar Touré n’était pas intéressé par le partenariat, indiquant que pour ce qu’il lui reste à vivre, il ne voudrait pas se lancer dans des projets qui lui boufferaient sa vie. C’était Babacar Touré qui avait introduit, quelques mois auparavant, ces investisseurs auprès du khalife général des Mourides, Serigne Mountakha, qui d’ailleurs s’en était félicité et avait béni le projet. Serigne Mountakha avait indiqué l’emplacement où ce projet immobilier devait être érigé et annoncé qu’il donnerait le ton à la communauté mouride en achetant directement des villas. Serigne Mountakha considère qu’un tel projet participerait à moderniser la ville de Touba. Le 15 juillet 2020, en fin de journée, Babacar Touré me confia qu’il ne se sentait pas trop bien, qu’il ressentait de la fatigue suite à ces derniers déplacements. Je lui conseillais de penser à faire un test de paludisme. Il chambra à nouveau avec son autodérision : «Je ne pense pas supporter un gros paludisme encore moins le fichu Covid-19.» Il se révéla que Babacar Touré sera emporté par le Covid-19. Quand on se rappelle ces petites discussions et anecdotes, ajoutées à celles vécues avec lui par d’autres proches, on mesure la banalité de l’être humain, mais surtout on réalise a posteriori que Babacar Touré nous faisait subtilement ses adieux à chaque occasion. , Les Lundis de Madiambal : BT a fait ce qu’il ne savait pas faire ! | Lequotidien Journal d'informations Générales
  • Un des mensonges : on souffre plus en maltraitant, en torturant et en tuant quelqu’un qu’en étant maltraité, torturé et tué. De Stephen Vizinczey / Vérités et mensonges en littérature
  • Il est rationnel, étant donné notre conception de l’individu et de l’univers, que le désir se manifeste en nous. L’arracher de vive force, en torturant notre chair et notre âme, c’est rompre l’harmonie. De Alexandra David-Néel
  • Amour est avant tout de se consumer à essayer de deviner ce qui se pense dans une autre tête. Rien de plus torturant. Car… Tout se passe dans une tête. De Paul Valéry / Lettres à Jean Voilier
  • Le musicien, qui faisait partie du collectif grime Boy Better Know, tirait un plaisir sexuel en torturant les femmes en les faisant monter à l’eau, en les interrogeant, en les agressant et en les violant. News 24, La star de Grime Solo 45 qui a retenu quatre femmes en otage et les a violées à plusieurs reprises est emprisonnée pendant 24 ans - News 24
  • Les corps policiers du Chili, de l’Argentine, de l’Uruguay, du Paraguay, de la Bolivie et du Brésil ont donc eu l’idée de coordonner leurs efforts pour éliminer physiquement les militants de gauche, les mettre hors d’état de nuire, que ce soit en les emprisonnant, en les torturant ou en les faisant disparaître carrément. Ainsi naquit l’opération Condor. Le Journal de Montréal, Des nouvelles du Sud | Le Journal de Montréal
  • Dans la matinée, l'avocate générale Alice Barbe avait requis une peine de 30 ans assortie d'une peine de sûreté de 20 ans pour Mickaël Basley et 20 ans pour Raphaël Laloe. Elle avait estimé qu'en torturant à mort E… la victime, c'est à toute la société qu'on s'attaquait et qu'il convenait de la protéger par de longues peines car "il existe un risque majeur de réitération des faits". lamanchelibre.fr, Manche. La soirée vire au drame mortel : 24 et 15 ans de prison pour les deux tortionnaires
  • En janvier, au moins 10 séparatistes armés ont enlevé et torturé un homme de l’ethnie Fulani près du village d’Alabukam, dans la région du Nord-Ouest. Ils l’accusaient de collaborer avec l’armée. Human Rights Watch a analysé une vidéo qui est apparue en avril montrant au moins trois séparatistes avec des machettes et des bâtons menaçant et torturant l’homme, qui était nu et ligoté sur le sol. Human Rights Watch, Cameroun : Recours régulier à la torture et à la détention au secret | Human Rights Watch

Traductions du mot « torturant »

Langue Traduction
Anglais torturing
Espagnol torturando
Italien tortura
Allemand folter
Chinois 折磨
Arabe تعذيب
Portugais torturando
Russe истязание
Japonais 拷問
Basque torturatzen
Corse torturatu
Source : Google Translate API

Synonymes de « torturant »

Source : synonymes de torturant sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « torturant »

Torturant

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