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Tiers

Sommaire

  • Définitions du mot tiers
  • Étymologie de « tiers »
  • Phonétique de « tiers »
  • Citations contenant le mot « tiers »
  • Images d'illustration du mot « tiers »
  • Traductions du mot « tiers »
  • Synonymes de « tiers »

Définitions du mot tiers

Trésor de la Langue Française informatisé

TIERS1, TIERCE, adj.

I. − Vx. Troisième. Une lueur ne s'éteindra point et c'est la Parabole troisième, la tierce parole de l'espérance (Péguy, Porche Myst., 1911, p. 266).
II. − Qui s'ajoute, qui est étranger à un ensemble de deux personnes, de deux groupes. S'adresser à une tierce personne pour régler un problème. Je vous défendrais de le voir, et d'échanger avec lui aucune parole, soit dans ma maison, soit dans une maison tierce, soit en plein air (Musset, Caprices Mar., 1834, II, 3, p. 163).La présence d'une tierce puissance dans une négociation de la France avec un état placé sous son mandat serait une ingérence inadmissible (De Gaulle, Mém. guerre, 1954, p. 469).
En main tierce. V. main 1reSection I B 1 b α.
LÉGISL. SOC. Tierce personne. ,,Personne assistant un invalide incapable d'accomplir seul les actes de la vie courante`` (Jur. 1981). Majoration (de pension) pour tierce personne. Assistance d'une tierce personne pour accomplir les actes ordinaires de la vie279 608 francs étant le taux actuel de l'allocation à la tierce personne (Encyclop. éduc., 1960, p. 307).
III. − Spécialement
A. − DROIT
1. Tiers acquéreur. ,,Acquéreur qui, après avoir traité avec une personne (...) est ainsi nommé dans les conflits qui l'opposent aux titulaires de droits antérieurs`` (Vocab. jur., Paris, P.U.F., 1987, s.v. acquéreur). La donation est révoquée: tous les actes qui s'y rattachent tombent; les tiers acquéreurs de l'immeuble sont obligés de le rapporter à la succession (Jaurès, Ét. soc., 1901, p. 195).
2. Tiers arbitre. ,,Personne choisie soit par les parties, soit par les arbitres (...) en cas de désaccord des arbitres`` (Cap. 1936). Les honoraires médicaux (...) sont soumis à l'appréciation d'un tiers arbitre mutualiste ou assureur, prêt à régler d'autorité les litiges éventuels ou à les soumettre aux juridictions compétentes (Bariéty, Coury, Hist. méd., 1963, p. 798).
3. (Assurance) tierce collision. ,,Assurance (...) limitée au cas de collision avec un véhicule ou un animal`` (Barr. 1967). Synon. assurance au tiers (v. tiers2A 2 a).
4. Tiers détenteur*.
5. Tiers expert. ,,Expert appelé par les parties ou par décision de justice à départager deux experts en désaccord`` (Cap. 1936). L'entreprise (...) obtient un partage de charges dont le rapport au partage des responsabilités et des profits dépend plus des préjugés (...) du pouvoir à son égard que des dires de tiers experts (Univers écon. et soc., 1960, p. 22-14).
6. Tiers opposant. Personne qui présente une tierce opposition. Jugement (...) de nature à porter préjudice au tiers opposant (Réau-Rond.1951, s.v. tierce opposition).
7. Tierce opposition. ,,Voie de recours extraordinaire exercée par une personne contre un jugement auquel elle n'a été ni appelée ni représentée et qui porte préjudice à ses droits`` (Cap. 1936). Une partie peut former tierce opposition à un jugement qui préjudicie à ses droits, et lors duquel, ni elle ni ceux qu'elle représente n'ont été appelés (Code procéd. civile, 1806, art. 474, p. 408).
8. Tiers porteur. ,,Second endosseur d'un billet`` (Jossier 1881). Un tiers porteur, nom commercial de celui qui possède un effet par transmission (Balzac, Illus. perdues, 1843, p. 594).
B. − HIST. [Sous l'Ancien Régime] Tiers-État et, p. ell., Tiers, subst. masc. Division du corps social regroupant toutes les personnes ne faisant partie ni de la noblesse, ni du clergé. Député du Tiers-État. Le tiers, le clergé, la noblesse, tout Tarascon voulait partir (A. Daudet, Port-Tarascon, 1890, p. 62).V. état II C 1 a ex. de France et ex. 22.
C. − HIST. POL., vieilli. Tiers(-)parti. Parti situé entre deux partis opposés. Un certain nombre de députés dégoûtés de la gauche et de l'insignifiant tiers-parti, sont venus hier soir me prier (...) de former un noyau social qui grandirait les années suivantes (Lamart., Corresp., 1835, p. 112).Son règne [de François II] (...) fut celui où les catholiques et les protestants prirent position, tandis que se dessinait un « tiers parti » qui (...) aurait la victoire à la longue. Ce tiers parti était en réalité celui de la couronne (Bainville, Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 162).
D. − MATH. ,,Se dit d'une lettre portant en haut et à droite trois petits accents (''')`` (GDEL).
E. − MÉD., PATHOL., vieilli
1. Fièvre tierce et, p. ell., tierce, subst. fém. ,,Variété de fièvre intermittente dont les crises reviennent le troisième jour, laissant entre elles un jour d'intervalle`` (Garnier-Del. 1958). On était infesté de fièvres. Elles revenaient tous les trois ou quatre jours, tierces ou quartes, et abattaient le patient (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 114).Une des formes du paludisme humain, la tierce bénigne (Ce que la Fr. a apporté à la méd., 1946 [1943], p. 76).
2. Fièvre tierce doublée. ,,Fièvre intermittente où il y a deux accès tous les deux jours avec un jour d'apyrexie`` (Garnier-Del. 1958).
3. Fièvre double tierce. Fièvre où le malade a tous les jours des accès alternativement semblables, de sorte que le premier répond au troisième, le deuxième au quatrième, ainsi de suite (d'apr. Littré). V. double I B 3 a ex. de Sainte-Beuve.
F. − PÉDAG. Tiers temps pédagogique. Répartition des horaires de l'enseignement élémentaire fixée par arrêté du 7 août 1969 suivant laquelle quinze heures hebdomadaires sur vingt-sept sont réservées aux disciplines fondamentales, six aux activités d'éveil et six à l'éducation physique et aux sports. Depuis, dans le cadre du tiers temps pédagogique, Ethery Pagava a initié plus de vingt mille enfants à la danse, notamment à Malakoff et dans la périphérie parisienne (Le Point, 12 juin 1978, p. 135, col. 2).
G. − RELIG. CATH. Tiers-Ordre. V. ordre II B 2 a.
H. − VÉN. Tiers(-)an. Troisième année d'un sanglier. Sanglier à tiers an (Pesquidoux, Chez nous, 1923, p. 2). Sanglier de trois ans. Les veneurs (...) découplaient sur les bêtes noires. Quelquefois, dans le fort où la harde était couchée, un tiers-an ou un quartanier traversait en crevant le fourré (Genevoix, Dern. harde, 1938, p. 129).
IV. − VERSIF. Tierce rime. Synon. de terza rima.Sainte-Beuve ressuscite le sonnet; Gautier, les tierces rimes (Lemaitre, Contemp., 1885, p. 86).La tierce rime le mètre le plus lent qui soit (Du Bos, Journal, 1922, p. 83).
Prononc. et Orth.: [tjε:ʀ], fém. [tjε ʀs]. Homon. et homogr. tiers2. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. V. tiers2.

TIERS2, subst. masc.

A. −
1. Personne qui s'ajoute, qui est étrangère à un ensemble de deux personnes; personne quelconque. Apprendre quelque chose par un tiers; en présence d'un tiers. Le tiers importun qui est avec deux fiancés et doit s'en aller afin qu'ils soient vraiment ensemble (S. Weil, Pesanteur, 1943, p. 49).Un fils vouvoie son père, qui tutoie son fils et dit vous à sa femme devant des tiers et tu dans l'intimité (Bally, Lang. et vie, 1952, p. 48).
En tiers. [En tant que pers. exclue des relations qu'ont deux autres pers.] Être, se mettre en tiers dans une conversation. Les mœurs austères de l'Orient ne permettoient pas que je fusse admis en tiers entre cette princesse et son frère (Genlis, Chev. Cygne, t. 2, 1795, p. 195).Pour la première fois (...) elle ne s'était pas sentie en tiers entre Pradelle et moi, et elle en était profondément touchée (Beauvoir, Mém. j. fille, 1958, p. 329).
Fam. Le tiers et le quart. N'importe qui, tout le monde. Elle quitte le pâturage tous les jours et laisse son troupeau à la garde du tiers et du quart (Sand, Fr. le Champi, 1848, p. 172).C'est ainsi en écoutant le tiers et le quart, qu'il [Courteline] s'est formé son excellente syntaxe, laquelle colle à la réalité comme le maillot au torse du coureur (L. Daudet, Dev. douleur, 1931, p. 139).
Se moquer, se soucier, se ficher (fam.) du tiers comme du quart. Se moquer de tout le monde, de tout. (Dict. xixeet xxes.). S'en ficher (fam.), s'en foutre (pop., vulg.) du tiers comme du quart. S'en moquer complètement. Faut pas quitter les bonnes convenances, je le dis toujours et n'importe où!... dès qu'on se permet des latitudes, qu'on s'en fout du tiers comme du quart!... on sait plus! (Céline, Le Pont de Londres, 1972 [1961], p. 224 ds Rey-Chantr. Expr. 1979).
2. Spécialement
a) DR. Personne étrangère à un acte, à un fait juridique. À l'égard des tiers. La disposition par laquelle un tiers serait appelé à recueillir le don, l'hérédité ou le legs, dans le cas où le donataire, l'héritier institué ou le légataire, ne le recueillerait pas, ne sera pas regardée comme une substitution, et sera valable (Code civil, 1804, art. 898, p. 162).Plusieurs tribunaux judiciaires ont fait depuis application de cette jurisprudence (notamment pour réparer un accident mortel advenu à un tiers au cours d'une opération de poursuite dans le cadre de la police judiciaire) (Belorgey, Gouvern. et admin. Fr., 1967, p. 191).
Assurance au tiers. Assurance qui ne couvre pas l'assuré, sa famille et ses proches. Synon. assurance tierce collision (v. tiers1).(Être) assuré au tiers. (Être) assuré par une telle assurance. Tous les contrats (...) incluent la « garantie conducteur ». Un assuré au tiers blessé dans son tort perçoit une indemnité (L'Est Républicain, 13 oct. 1989, p. 121).
Tiers saisi. ,,Dans la saisie-arrêt, tiers débiteur du débiteur saisi ou détenteur d'effets lui appartenant et entre les mains duquel est pratiquée la saisie-arrêt`` (Cap. 1936, s.v. saisi).
b) LÉGISL. SOC. Tiers payant*.
B. −
1. Une des trois parties égales d'un tout. Il y a sur le globe deux tiers de mers, un tiers de terres (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 324).Un mètre vaut dix décimètres; son tiers est donc trois décimètres, plus le tiers d'un décimètre (E. Borel, Paradoxes de l'infini, 1946, p. 24).
SYNT. Un bon, un grand tiers; un/deux tiers des effectifs, de la hauteur, de la largeur, de la longueur, de la population, de la production, des revenus, de la surface; aux deux tiers; majorité des deux tiers; renouvellement d'une assemblée par tiers.
2. Spécialement
a) FIN., FISC. Tiers consolidé*. Tiers provisionnel. Acompte provisionnel de l'impôt sur le revenu, égal au tiers des impôts payés l'année précédente. Assujettis aux tiers provisionnels (Activ. serv. Trésor publ., 1959, p. 13).
b) LOG. Principe du tiers exclu*.
c) MAR. Voile au tiers. ,,Voile (...) quadrangulaire (...) fixée à une vergue dont la drisse est frappée aux environs du tiers de la vergue à partir de l'avant`` (Soé-Dup. 1906). Les canots des navires de commerce n'ont souvent qu'un seul mât sur lequel on peut établir une voile au tiers (Galopin, Lang. mar., 1925, p. 88).
Prononc. et Orth.: [tjε:ʀ]. Homon. et homogr. tiers1. Att. ds Ac. 1718 en vedette autonome et dep. 1740, s.v. tiers1. Étymol. et Hist. I. Adj. A. Qui vient en troisième position 1. fin xes. terz, terce (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 362: al terz di vius pareistra; 139: terce vez); 2. a) ca 1175 expr. par tierce main (Renart, éd. M. Roques, branche VIIb, 6339); 1579 par main tierce (H. Estienne, Précellence du langage françois, éd. E. Huguet, p. 303); 1585 tierce personne (Noël Du Fail, Contes et discours d'Eutrapel, éd. J. Assézat, t. 2, p. 273); 1585 tiers opposant (ibid., pp. 22 et 212); 1694 tiers arbitre (Ac.); 1752 tiers-détenteur (Trév.); 1752 tiers-acquéreur (ibid., s.v. tiers-détenteur); 1765 tiers expert (Encyclop.); 1765 tiers possesseur (ibid.); 1832 tiers porteur (Raymond); b) 1762 tierce opposition (Ac.); 1936 tierce expertise (Cap.); 1936 tierce taxe (ibid.); 1964 assurance tierce (Lar. encyclop.); 3. a) 1326 relig. tierce ordene « tiers-ordre » (Arch. du Nord, B 3270, fo96 ds IGLF: as freres de le tierce ordene de Saint Franchois demorans a Liege); 1680 tiers ordre (Rich. t. 1, Rem. sur le dict., p. 80); b) 1376 pol. tiers estat (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, chap. 74, t. 1, p. 144), attest. isolée; à nouv. 1576 (Noël Du Fail, A Messire Loys de Rohan ds Œuvres facétieuses, Appendice, éd. J. Assézat, t. 2, p. 382: ceux du tiers estat); 1675 p. ell. le tiers (Mmede Sévigné, Corresp., 17 nov., éd. R. Duchêne, t. 2, p. 166); c) 1598-1617 pol. tiers parti (D'Aubigné, Confession du Sieur de Sancy, chap. IV ds Œuvres, éd. H. Weber, p. 590); 4. 1342 fièvre tierce (Jacques Bruyant, Le chemin de povreté et de richesse ds Ménagier, éd. Sté Bibliophile fr., t. 2, p. 6a); 1624 p. ell. tierce (Peiresc, Lettres, éd. Ph. Tamizey de Larroque, t. 6, p. 47: accez de tierce ou de tierce double); 1637 fiebvre double tierce (Id., ibid., t. 5, p. 220); 1810 fièvre tierce doublée (J. Capuron, Nouv. dict. de méd. ds FEW t. 13, 1, p. 267a); 5. 1869 math. tierce (Littré, s.v. prime1). B. Qui est égal au tiers 1. déb. xiies. (Benedeit, St Brendan, éd. I. Short et B. Merrilees, 982: la terce part [du poisson]); 1229 (Lett. de Perrot de la Rochelle, Arch. Vienne ds Gdf. Compl.: la terce partie de la terre); 1338 (Compte ds A. Longnon, Doc. relatifs au comté de Champagne et de Brie, t. 3, p. 254 ds C. A. Bevans, The Old French Vocabulary of Champagne, p. 205: tierce partie); 2. 1967 pédag. tiers-temps (Le Monde, 28 oct., p. 7d: [M. Royer] propose de développer la pratique du tiers-temps ou du mi-temps); 1968 tiers-temps pédagogiqueÀ la recherche du tiers temps pédagogique: Lille » in Vent du Nord (CRDP 1968) ds Pédag. 1972); 1969 (Circulaire du ministère de l'Éducation nationale, 2 sept. ds Gilb. 1980: les expériences du tiers temps pédagogique). II. Subst. A. Troisième personne, troisième élément 1. a) déb. xiies. tierz « troisième personne » (Benedeit, St Brendan, 201: li tierz de vus); b) 1269 p. ext. « toute personne qui ne fait pas partie d'un groupe » (Jean de Meung, Rose, éd. F. Lecoy, 4700: ja mes le tierz ne le savra); 1399 expr. le tiers et le quart « tout le monde, n'importe qui » (Chr. De Pisan, L'Epistre au Dieu d'Amours, 198 ds Œuvres poét., éd. M. Roy, t. 2, p. 7: ne le tiers ne le quart); 1640 (Saint-Amant, Passage de Gibraltar, Préf., éd. 1643 ds Œuvres, éd. J. Lagny, t. 2, p. 164: je me raille du tiers et du quart); 1670 en tiers (Bussy-Rabutin, Lettres, éd. 1720, t. 1, p. 37: que n'êtes vous en tiers, j'entens ici avec nous deux); 1671 (Mmede Sévigné, op. cit., 15 juill., t. 1, p. 296: si vous étiez en tiers); 2. a) 1246 dr. tierz « personne qui n'est pas partie à un contrat, un jugement » (Trésor des Chartes du Comté de Rethel, éd. G. Saige et H. Lacaille, t. 1, p. 164 ds Runk., p. 99: nos i metroiens le tierz); b) 1752 tiers saisi (Trév.); c) 1952 législ. soc. tiers payant (Le Monde, 19 janv., p. 4a, cf. payant); 3. 1920 log. principe du tiers exclu (Théol. cath. t. 4, col. 1280); 1968 loi du tiers exclu (Lar. encyclop. Suppl.). B. La troisième partie d'un tout; fraction d'un tout divisé en trois parties égales 1. ca 1170 (Chrétien de Troyes, Erec et Enide, éd. M. Roques, 6642: Deviser le tierz ne le quart Ne le quint de l'atornemant [ici au sens fig.: « partie importante d'une chose non mesurable »]); 2. a) 1797 tiers consolidé (Loi relative à la liquidation de l'arriéré de la dette publique, 24 frimaire an VI [14 déc. 1797] ds B. des lois de la République, no168 [Frimaire an VI], titre VI, art. XXX, p. 11: il sera délivré des inscriptions provisoires dudit tiers consolidé); b) 1950 fisc. tiers (Loi no50-1615 du 31 déc. 1950 ds J.O. 1erjanv. 1951, p. 4b); 1959 tiers provisionnel (Activ. serv. Trésor publ., p. 13); 3. 1831 mar. voile au tiers (Will.). Du lat. tertius « troisième », dér. de tres « trois ». Au sens II A 3, log., cf. angl. the principle of Excluded Third or Middle (1837-38 Hamilton Logic (1860) I, 83 ds NED s.v. excluded).
STAT. Tiers1 et 2. Fréq. abs. littér.: 1 949. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 4 769, b) 2 857; xxes.: a) 1 335, b) 1 884.
BBG.Quem. DDL t. 1, 10, 13.

Wiktionnaire

Nom commun

tiers \tjɛʁ\ masculin

  1. (Mathématiques) Partie d’une unité qui est subdivisée en trois parties égales ; résultat de la division par trois. 1/3.
    • Chacun d’eux semblait aussi long que le Strand et aussi large que Trafalgar Square. Certains même devaient avoir un tiers de mille de longueur. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 130 de l’éd. de 1921)
    • Les sociétaires soumis à l’assurance obligatoire auront à supporter deux tiers du montant des cotisations, l'autre tiers est à la charge du patron. — (Statut de la Caisse locale générale de secours en cas de maladie pour l'arrondissement de Metz-campagne - Valable à partir du 1er janvier 1914, § 49, imp. H. Jauch, Metz, 1914, page 80)
    • Un tiers environ du département est formé de ces causses dénudés, de ces plateaux calcaires hauts, ici de 500 à 1000 mètres […] — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
    • Cette salle des machines est découpée en deux. Deux tiers de l'énergie sont distribués à une fréquence de 50 Hz pour alimenter des sites industriels en Bavière. Le tiers restant, qui affiche 16,7 Hz, est fourni à la Deutsche Bahn, pour faire rouler ses trains dans le land. — (Ludovic Dupin, La centrale qui a électrifié la Bavière, dans L’Usine nouvelle, n°3252, 8 septembre 2011, page 8)
  2. Troisième personne.
    • Il survint un tiers.
    • Il se mit en tiers avec tel et tel.
    • J’étais en tiers avec eux.
  3. (Par extension) Personne étrangère à une affaire.
    • Pourtant, tous les actes unilatéraux ne sont pas réceptices alors même qu'ils produisent des effets sur des tiers. Ainsi, la reconnaissance d’enfant naturel, le testament et l'acceptation de succession sont de nature à produire des conséquences sur des tiers. Pourtant ils ne s'adressent à personne. — (Jamal Rbii, « L'acte unilatéral réceptice », dans Métamorphoses de l'acte juridique, sous la direction de Marc Nicod, Presses de l'Université de Toulouse 1 Capitole, 2011, page 98)
    • L'importation en droiture des pays de provenance cesserait dès lors d'être une obligation stricte et le bénéfice du tarif de faveur serait conservé à la marchandise, même si elle empruntait la voie d'un pays tiers, pourvu que celui-ci ne fût pas soumis à des droits plus forts que le pays d'origine. , 1734, Proposition de loi tendant à préciser le sens des termes "origine" et "provenance" en matière de douanes. — (Rapport présenté par la sous-commission des douanes de la Chambre de commerce et adopté par cette compagnie dans sa séance du 15 février 1734)
    • La baronnie d’Elbeuf fut adjugée à René, duc de Lorraine ; mais Jean de Rieux déclara ne pouvoir rendre les 12 fiefs dont Bourgtheroulde faisait partie, attendu que, donnés en mariage à sa sœur, ils étaient détenus par des tiers. — (M. Charpillon , Dictionnaire historique, géographique, statistique de toutes les communes de l'Eure, Les Andelys : chez Delcroix, 1868, p. 522)
  4. Troisième situation.
    • Le principe du tiers exclus
  5. (Histoire) (Par ellipse) Le tiers état.
    • On dit que vous avez un beau nom, et que pour l’honneur vous êtes sans reproche ; mais on dit aussi que vous pourriez bien adhérer au doublement du tiers. — (Julie de Quérangal, Philippe de Morvelle, Revue des Deux Mondes, Tome 2, 4, 1833)
    • Pour l’élection du député direct, la municipalité […] obtint du Garde des sceaux l’autorisation de réunir indistinctement dans les paroisses tous les membres du tiers, corporés ou non corporés. — (Jean-Louis Masson, Histoire administrative de la Lorraine ; des provinces aux départements et à la région, Paris, F. Lanore, 1982, page 125)

Adjectif

tiers \tjɛʁ\

  1. Troisième.
    • L’Angleterre ne voulait rien savoir d’une intervention au Maroc par une tierce Puissance, qui mettrait en danger la position-clef de Gibraltar. — (Franco Arese, La Politique africaine des États-Unis, 1945)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TIERS, ERCE. adj.
Troisième. Il n'est plus usité que dans certaines expressions : La tierce partie d'un tout. De cette succession il ne lui en revient qu'une tierce partie. Une tierce personne. Déposer une chose en main tierce. Tiers arbitre, Arbitre choisi pour départager deux autres arbitres. Tiers parti, Parti qui se forme entre deux autres partis. Tiers état. Voyez ÉTAT. Tiers ordre, Groupement de religieux ou de laïques qui, en suivant des règles spéciales, participent à la vie spirituelle de certains ordres religieux. Le tiers ordre de Saint-François, de Saint-Dominique. En termes de Médecine, Fièvre tierce se disait d'une Fièvre périodique qui revient de deux jours l'un, et par conséquent le troisième jour.

TIERS est aussi nom masculin et se dit d'une Troisième personne. Il survint un tiers. Il se mit en tiers avec tel et tel. J'étais en tiers avec eux. En termes de Jurisprudence, Tiers détenteur, Celui qui est actuellement possesseur d'un bien sur lequel une personne, autre que celle dont il le tient, a une hypothèque à exercer, un droit à réclamer. En termes de Droit commercial, Le tiers porteur, Le second endosseur d'un effet. En termes de Procédure, Tiers saisi, Celui entre les mains duquel on a fait une saisie-arrêt, une opposition. Tiers opposant, Celui qui, n'ayant point été partie dans une contestation jugée, prétend que le jugement ou l'arrêt lui fait tort et s'oppose à l'exécution. Tierce opposition, L'acte qu'il fait signifier à cette fin.

TIERS se dit, par extension, d'une Personne étrangère à une affaire. Il ne faut point mêler de tiers à cette affaire. Les sommes seront déposées entre les mains d'un tiers. Le droit des tiers. Fam., Le tiers et le quart, Toutes sortes de personnes indifféremment et sans choix. Il est fâcheux d'être réduit à solliciter le tiers et le quart. Qu'est-il besoin de conter cela au tiers et au quart? Il médit du tiers et du quart.

TIERS se dit aussi des Choses et désigne Une des parties d'un tout qui est ou que l'on conçoit divisé en trois parties égales. Il a le tiers dans cette succession. Cette succession a été divisée, partagée par tiers. Le tiers lui appartient. J'en suis, j'y suis pour un tiers. Le tiers de neuf est trois. Le tiers consolidé, Le capital des rentes sur l'État réduit au tiers sous le Directoire.

Littré (1872-1877)

TIERS (tiêr, tièr-s') adj.
  • 1Troisième ; en ce sens, il a vieilli et ne reste usité que dans certaines phrases. La tierce partie d'un tout. En maison tierce. Billet écrit à la tierce personne. En main tierce. Recevez-moi pour tiers d'une amitié si belle, Corneille, Suite du Ment. v, 5. Le premier [ail] passe ; ainsi fait le deuxième ; Au tiers il dit : que le diable y ait part ! La Fontaine, Pays. Tout ce qu'on put obtenir du prince fut qu'il consentît de traiter d'égal avec l'archiduc, à condition qu'en lieu tiers ce prince ferait les honneurs des Pays-Bas, Bossuet, Louis de Bourbon. Je me lasse de parler en tierce personne, Rousseau, Ém. IV. En Allemagne on a renchéri sur cette formule de politesse [le vous], en ajoutant le pluriel à la tierce personne, Marmontel, Œuv. t. x, p. 258.

    Tiers arbitre, arbitre qui est appelé à départager des arbitres volontaires.

  • 2Tiers parti, parti qui se forme entre deux partis extrêmes. De ces deux contraires sentiments, le jugement et l'oreille peuvent faire comme un tiers parti, qui, à mon avis, est le meilleur, Vaugelas, Rem. t. I, p. 207, dans POUGENS. Il y aura un parlement [en Angleterre, après l'expulsion de Jacques II] ; on espère à un tiers parti, qui ne voudra point du prince d'Orange, Sévigné, 496.

    Nom donné en 1591 à un parti qui se forma entre celui du roi Henri IV et celui de la Ligue.

  • 3Le tiers état, la partie de la nation qui n'appartenait ni à la noblesse, ni au clergé. Le temps de Philippe le Bel, qui commença son règne en 1285, fut une grande époque en France, par l'admission du tiers état aux assemblées de la nation, Voltaire, Mœurs, 65. Un tiers état, sans lequel il n'y eut jamais chez aucun peuple ni arts, ni mœurs, ni lumières, Raynal, Hist. phil. v, 23. Qu'est-ce que le tiers état ? tout ; qu'a-t-il été jusqu'à présent dans l'ordre politique ? rien ; que demande-t-il à devenir ? quelque chose, Sieyès, Qu'est-ce que le tiers état ? Que ce toit [jeu de paume] leur rappelle Ce tiers état à la honte rebelle, Fondateur de la liberté, Chénier, Le jeu de paume, 7.

    On dit aussi absolument le tiers. Les députés du tiers. Le doublement du tiers, en 1789.

    Le tiers frisé, la partie du tiers état qui avait reçu quelque éducation. Ledit Goupilleau n'était pas même un de ces roturiers du tiers frisé qui savaient marcher les pieds en dehors, Decourchamp, Souv. de la marq. de Créqui, t. VII, chap. 4.

  • 4Tiers ordre, voy. ORDRE, n° 19.
  • 5 Terme de médecine. Fièvre tierce, fièvre qui revient périodiquement de deux jours l'un. Mme de la Fayette me prie de vous dire l'état où elle est… la fièvre tierce l'a reprise, Sévigné, 145.

    Double-tierce, celle où le malade a tous les jours des accès alternativement semblables, de sorte que le premier répond au troisième, le deuxième au quatrième, ainsi de suite. La fièvre double-tierce le saisit [le chanoine], et il se coupa la gorge avec un rasoir au quatrième accès, Retz, IV, 298.

    Tierce doublée, celle qui présente deux accès tous les deux jours et un jour d'intermittence.

  • 6 Terme de vénerie. Tiers an, troisième année. Ce sanglier est dans son tiers an.

    On dit aussi : c'est un tiers an.

  • 7 Terme de féodalité. Tierce foi, état dans lequel un fief tombait, lorsque celui qui l'avait acquis, puis son héritier, puis l'héritier de ce dernier en faisaient foi et hommage.

    Tierce main, troisième possession d'un héritage noble dont la foi n'était plus due, parce qu'on l'avait changée en devoirs.

  • 8 S. m. Une troisième personne, et, par extension, une personne étrangère. Je connus alors… que personne ne juge d'un tiers avec moins de passion que vous jugiez de vous-même, Voiture, Lett. 34. Un tiers est toujours incommode en de pareilles rencontres, Hauteroche, le Coch. 18. Les lois qui font périr un homme sur la déposition d'un seul témoin, sont fatales à la liberté ; la raison en exige deux, parce qu'un témoin qui affirme, un accusé qui nie, font un partage ; et il faut un tiers pour le vider, Montesquieu, Esp. XII, 3. Comme ils [les hommes] vivent en société, leurs intérêts sont si mêlés et si confondus, il y en a tant de sortes différentes, qu'il est nécessaire qu'un tiers débrouille ce que la cupidité des parties cherche à obscurcir, Montesquieu, Lett. pers. 95. Souvent un tiers se brouille avec les deux partis, Gresset, Méch. IV, 7. Je sais que M. d'Alembert a l'honneur de vous faire sa cour ; sa présence ne me chassera point ; mais ne trouvez pas mauvais, je vous supplie, que tout autre tiers me fasse disparaître, Rousseau, Lett. à Mme de C. p. 16, dans POUGENS.

    En tiers, loc. adv. Exprime la position d'une personne qui se trouve troisième avec deux autres dans une réunion. Si vous eussiez cru qu'elle eût été en tiers, Sévigné, 289. M. le Prince vint se mettre en tiers, et se rendit maître de la conversation, Maintenon, Lett. à Mme de Brinon, 17 mars 1692. Grammont soupait continuellement en tiers ou en quart avec eux [Livry et des Ormes], Saint-Simon, 132, 210. On lui répond [à Claude] qu'il serait assez riche, s'il plaisait à ses affranchis de l'admettre en tiers, Diderot, Cl. et Nér. I, 19.

  • 9 Terme de jurisprudence. Tiers détenteur, celui qui est actuellement possesseur d'un bien acheté d'une personne et réclamé par une autre. Si le tiers détenteur ne remplit pas les formalités qui seront ci-après établies pour purger sa propriété, il demeure, par l'effet seul des inscriptions, obligé comme détenteur à toutes les dettes hypothécaires, Code civ. art. 2167.

    Tiers possesseur, même sens. Le tiers possesseur a le même droit, sauf sa garantie contre son vendeur, Code civ. art. 1681.

    Terme de procédure. Tiers saisi, celui entre les mains duquel on a fait une saisie-arrêt, une opposition.

    Tiers opposant, celui qui, n'ayant point été partie dans une contestation jugée, prétend que le jugement ou l'arrêt lui fait tort, et qui s'oppose à l'exécution.

    On appelle tierce opposition l'acte qu'il fait signifier à cette fin.

    Terme de droit commercial. Tiers porteur, second endosseur d'un effet.

  • 10La troisième partie d'une chose qui est ou que l'on conçoit divisée en trois parties. Douze francs et le tiers en sus font seize francs (voy. un autre sens de cette locution à SUS). J'en cache les deux tiers [de mes gens] aussitôt qu'arrivés, Corneille, Cid, IV, 3. Quand l'astre du jour Aura sur l'horizon fait le tiers de son tour, Racine, Athal. I, 1. J'ai saisi l'occasion de lui envoyer ce jeune baron de Pellemberg, qui est un tiers d'Allemand, un tiers de Flamand, un tiers d'Espagnol, et qui voulait changer ces trois tiers en une totalité russe, Voltaire, Lett. Catherine II, 11 déc. 1772. Le tiers du genre humain périt avant d'avoir atteint l'âge de vingt-trois mois… les deux tiers du genre humain périssent avant l'âge de trente-neuf ans, en sorte qu'il n'y a guère qu'un tiers des hommes qui puissent propager l'espèce, et qu'il n'y en a pas un tiers qui puissent prendre l'état de consistance dans la société, Buffon, Prob. vie, Œuv. t. x, p. 241. Dans les ordres rigoureux, ajoutait un saint cardinal, il y a un tiers de saints, un tiers de fous, un tiers de mécontents, D'Alembert, Éloges, Segrais, note 7. Parti des deux tiers, se disait des partisans du doublement du tiers état en 1789.

    Autrefois, toile d'un tiers, de deux tiers, toile qui avait un tiers, deux tiers d'aune de largeur.

    Terme de marine. Naviguer au tiers franc, se dit quand le propriétaire d'un bâtiment de commerce reçoit le tiers du fret, et que les deux autres tiers servent à la solde et à la nourriture de l'équipage.

  • 11Tiers consolidé, capital des rentes sur l'État après sa réduction au tiers. Et jamais ma dépense excédant ma recette Ne me force à bâtir un espoir mal fondé Sur le terrain mouvant du tiers consolidé, Delavigne, Éc. des vieill. I, 1.
  • 12 Terme d'ancienne coutume. Tiers coutumier, troisième partie des biens du père ou de la mère, dont il n'était pas permis de disposer au préjudice des enfants.

    Tiers denier, droit consistant dans le tiers du prix des ventes extraordinaires des bois et des pâturages des communautés, qui était attribué au roi et aux seigneurs hauts justiciers.

    Tiers lods, prélèvement que faisaient le roi et les seigneurs hauts justiciers, à la vente d'un pré, du tiers du droit de lods, pour prix de la concession des eaux qui servaient à l'irrigation de ce pré.

    Tiers à merci, droit seigneurial du tiers que le seigneur prenait à volonté.

    Terme de féodalité. Tiers et danger, droit de prendre dans les bois qui y étaient sujets le tiers et le dixième de ce qui était vendu, soit en nature, soit en deniers. Droits de tiers et danger, à nous dus sur les bois de notre province de Normandie, Arrêt du conseil, 18 févr. 1673.

  • 13Le tiers et le quart, s'est dit d'un prélèvement. Sont fournis les dits ecclésiastiques de deux cent cinquante neuf métairies et sept mille arpents de vigne, qui sont par eux baillés à ferme, sans compter trois mille arpents où ils prennent le tiers et le quart, Description de la carte cénomanique, 1715, dans CH. NISARD, Journ. de l'instr. publique, 2 août 1860.
  • 14 Familièrement. Le tiers et le quart, toutes sortes de personnes indifféremment, le premier venu (la 3e et la 4e personne, d'une façon indéterminée ; voy. la phrase de St-Simon : en tiers et en quart, n° 8). Homme qui hors de là faisait le goguenard ; Tout passait par son étamine ; Aux dépens du tiers et du quart Il se divertissait…, La Fontaine, Candaule. Et l'on y sait médire et du tiers et du quart, Molière, Tart. I, 1. Après avoir causé avec vous du tiers et du quart, Sévigné, 23 déc. 1677. Vexations infinies exercées à tort et à travers sur le tiers et sur le quart, Vauban, Dîme, p. 237. Vous savez avec quelle bonne foi j'ai prêté mon argent au tiers et au quart depuis deux ans, Dancourt, Désol. des joueuses, SC. 9.
  • 15Un tiers, petite mesure qui était entre la chopine et le demi-setier.
  • 16 S. f. Tierce, compagne que l'on donne à une religieuse quand elle reçoit une visite au parloir. La sœur qui sert de tierce au parloir sera soigneuse d'écouter tout ce qui se dit, Constit. de Port-Royal, p. 156, dans RICHELET.

REMARQUE

1. Voy. MOITIÉ pour l'accord de tiers avec le verbe.

2. Cazotte, Diable amour. XI, a dit : Nous nous trouvâmes en tiers, en parlant de deux personnes à qui une troisième se joint. Locution vicieuse. Les deux ne sont pas en tiers avec le survenant ; c'est lui qui est en tiers avec les deux.

HISTORIQUE

XIe s. Après les dous [deux] [ils] establisent la terce [eschele, escadron], Ch. de Rol. CCXVI. D'ici qu'il ait tres foiz demandé dreit ; e s'il à la tierce fiée ne pot dreit aver…, Lois de Guill. 42.

XIIe s. Quant Robert ert culchiez e deüst reposer, Tantes afflictions, ço dist, perneit [prenait] li ber, Bien le tierz de la nuit ne voleit il cesser, Th. le mart. 103.

XIIIe s. La tierce bataille fist li quens Hues de Saint-Pol, Villehardouin, LXIX. Li uns ot nom Morant, li tiers ot nom Renier, Berte, XI. Quant son segré dit li aura, Jamès li tiers ne le saura, la Rose, 4746. Si comme il avient que uns hons prent se [sa] cousine en tiers ou en quart, Beaumanoir, XVIII, 7.

XIVe s. Nous leur baillons en assiete et en pris de vint et cinq livres tournois petiz de rente par an tout nostre droit de tiers et de dangier, que nous avions en douze vint et quatorze acres de bois, Du Cange, tertium. Au soir après souper icellui doyen s'en ala jouer es prés avecques autres gens et plusieurs jeunes femmes au jeu du tiers, et là il couru et sailli legierement et liement, Du Cange, ib.

XVe s. Tiers hoir ne jouist de chose mal acquise, Deschamps, Poésies mss. f° 60. Plus les grevas encor le tiers [trois fois plus à la bataille de Poitiers qu'à celle de Crecy], Deschamps, ib. f° 572. Le lendemain allames coucher au village de Montlhery, qui estoit le tiers jour de la bataille, Commines, I, 5.

XVIe s. Ils dient tant que je croi que le tiers, En escrivant, fait rougir les papiers, Marot, I, 405. Plus de deux tiors des vertus medicinales consistent en…, Montaigne, III, 228. Le premier fut Romulus [qui remporta des dépouilles opimes]… le tiers fut Cl. Marcellus, qui occit de sa propre main Britomartus roy des Gaulois, Amyot, Rom. 25. Au mesme lieu [près de Lagny], c'estoit lui [d'Aubigné] qui faisoit le tiers entre le roy et le mareschal de Biron, D'Aubigné, Mém. p. 91. Henri tiers de ce nom, D'Aubigné, Hist. II, 228. C'est une race qu'on appelle double, que celle qui se remplit de deux chevreaux en une ventrée ; il y en a quelquefois de tierces, De Serres, 330. Quant au troisieme ordre, qu'on appelle le tiers estat…, Lanoue, 541. Survint en tiers pied [en tiers, entre deux], Pasquier, Rech. III, p. 281.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

TIERS.
5Ajoutez :

Une tierce, une fièvre tierce ; on croyait que le troisième accès décidait de la guérison ou de la mort. Cet esprit adroit, qui l'a dupé deux fois, Devait en galant homme aller jusques à trois ; Toutes tierces, dit-on, sont bonnes ou mauvaises, Corneille, Ment. V, 4.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

TIERS, (Arithmétique.) c’est la troisieme partie d’un tout, soit nombre, soit mesure ; le tiers de vingt sols est six sols huit deniers, qui est une des parties aliquotes de la livre tournois. L’aune est composée de trois tiers. Dans les additions de fractions d’aunages, un tiers se met ainsi , & deux tiers de cette maniere . Le Gendre. (D. J.)

Tiers, s. m. (Ornith.) espece de canard ainsi nommé vulgairement, parce qu’il est de moyenne grosseur entre un gros canard & la sarcelle. Ses aîles sont bigarées comme celles du morillon, mais son bec est comme celui de la piette (les phalaris des Grecs), c’est-à-dire arrondi, un peu applati par-dessus, & dentelé par les bords. (D. J.)

Tiers-état, (Histoire de France.) troisieme membre qui formoit, avec l’église & la noblesse, les états du royaume de France, nommés états généraux, dont les derniers se tinrent à Paris en 1614 ; le tiers-état étoit composé des bourgeois notables, députés des villes pour représenter le peuple dans l’assemblée. Voyez Etats, Hist. anc. & mod.

On a épuisé dans cet article tout ce qui concerne ce sujet ; j’ajouterai seulement que, quoiqu’on pense que Philippe-le-Bel ait convoqué le premier une assemblée des trois états par des lettres du 23 Mars 1301, cependant il y a une ordonnance de S. Louis datée de S. Gilles en 1254, par laquelle il paroît que le tiers-état étoit consulté quand il étoit question de matieres où le peuple avoit intérêt. (D. J.)

Tiers-ordre, (Hist. du monachisme.) troisieme ordre établi sous une même regle & même forme de vie, à proportion de deux autres ordres institués auparavant.

Les tiers-ordres ne sont point originairement des ordres religieux, mais des associations des personnes séculieres & même mariées, qui se conforment autant que leur état le peut permettre, à la fin, à l’esprit & aux regles d’un ordre religieux qui les associe & les conduit. Les carmes, les augustins, les franciscains, les prémontrés, &c. se disputent vivement l’honneur d’avoir donné naissance aux tiers-ordres, qu’ils supposent tous d’une grande utilité dans le Christianisme.

Si l’ancienne noblesse des carmes étoit bien prouvée, les autres ordres ne devroient pas certainement entrer en concurrence. Le frere de Coria & Maostro Fray Diego de Coria Maldonado, carme espagnol, a fait un traité du tiers-ordre des carmes, dans lequel il prétend que les tierciaires carmes descendent immédiatement du prophete Elie, aussi-bien que les carmes mêmes ; & parmi les grands hommes qui ont fait profession de ce tiers-ordre, il met le prophete Abdias qui vivoit environ 800 ans avant la naissance de Jesus-Christ ; il place parmi les femmes la bisayeule du Sauveur du monde sous le nom emprunté de Ste Emérentienne. Le traité singulier du P. de Coria sur cette matiere est intitulé, para los Hermanos, y Hermanas de la orden tercera de nuestra Senora del Carmel, Hispali, à Séville 1592. Le même auteur publia, six ans après à Cordoue 1598, une chronique de l’ordre des carmes, in-folio. Il dit dans ce dernier ouvrage, qu’Abdias, intendant de la maison du roi Achab dont il est parlé au troisieme livre des rois, c. xviij. & qu’il croit être le prophete Abdias, fut disciple d’Elie, & qu’après avoir servi Achab & Ochosias son fils, il entra dans l’ordre d’Elie, composé de gens mariés qui étoient sous la conduite d’Elie & d’Elisée, & sous leur obéissance comme les conventuels.

Le P. de Coria prétend enfin que les chevaliers de Malthe dans leur origine ont été du tiers-ordre des carmes, &, pour en combler la gloire, il y met aussi S. Louis.

Les augustins font remonter assez haut leur noblesse dans l’Église ; car si l’on en croit le P. Bruno Sanoé, le tiers-ordre de S. Augustin a été institué par S. Augustin lui-même. Il met Ste Génevieve de ce tiers-ordre, & beaucoup d’autres depuis S. Augustin jusqu’au sixieme siecle.

Le tiers-ordre des prémontrés seroit aussi bien ancien, s’il est vrai qu’il eût commencé du vivant même de saint Norbert, lequel étoit déja mort en 1134.

Le tiers-ordre de S. François semble avoir craint de faire remonter trop haut sa noblesse, & il a cru par-là s’en assûrer davantage la possession ; tous les membres de ce corps conviennent que S. François n’institua son tiers-ordre qu’en 1221, pour des personnes de l’un & de l’autre sexe ; il leur donna une regle dont on n’a plus les constitutions. Le premier ordre de S. François comprend les ordres religieux, qu’on appelle freres mineurs, & qui sont les cordeliers, les capucins & les récolets. Le second comprend les filles religieuses de Ste Claire. Enfin le troisieme comprend plusieurs personnes de l’un & de l’autre sexe qui vivent dans le monde, & c’est ce qu’on appelle le tiers-ordre. Les personnes qui sont de ce tiers-ordre portent sous leurs habits une tunique de serge grise ou un scapulaire de même étoffe, avec un cordon ; & elles observent une regle autorisée par les pontifes de Rome.

Tous les tiers-ordres anciens & modernes ont été approuvés, & avec raison, par le saint siege, comme on le peut voir par les bulles de Nicolas IV. en faveur des tierçaires de S. François, d’Innocent VII. pour ceux de S. Dominique, de Martin V. pour ceux des Augustins, de Sixte IV. pour ceux des carmes, & de Jules II. pour ceux des minimes, des servites, des trinitaires, &c. (D. J.)

Tiers, (Jurisprud.) triens, est quelquefois pris pour la légitime des enfans, ainsi que cela se pratique en pays de droit écrit, lorsqu’il n’y a que quatre enfans ou moins de quatre. Novell. 118 de triente & semisse. (A)

Tiers acquéreur, (Jurisprud.) est celui qui a acquis un immeuble affecté & hypothéqué à un créancier par celui qui étoit avant lui propriétaire de cet immeuble. Voyez Créancier, Hypotheque, Possession, Prescription, Tiers détenteur. (A)

Tiers arbitre, (Jurisprud.) Voyez ci-devant Sur-arbitre.

Tiers en ascendant, (Jurisprud.) est un terme usité aux parties casuelles, lorsqu’il s’agit de liquider le droit dû pour la résignation d’un office ; on ajoute à l’évaluation le tiers denier en ascendant, c’est-à-dire, au-dessus de l’évaluation ; & l’on paie le huitieme du total, c’est-à-dire, tant de l’évaluation que du tiers en ascendant, lorsque la provision s’expédie dans l’année que le droit annuel a été payé, quand même ce seroit six mois après le décès de l’officier ; mais si elle s’expédie après l’année, il faut payer le quart denier du tout. Voyez Loyseau, des offic. liv. II. c. x. n. 64, l’édit du mois de Juin 1568, & les mots Annuel, Office, Paulette, Parties casuelles, Huitieme denier, Quart denier, Résignation. (A)

Tiers des biens en cause, (Jurisprud.) on entend par-là la troisieme partie des héritages & biens immeubles que quelqu’un possede dans le bailliage de Caux en Normandie ou autres lieux de ladite province tenant nature d’icelui. La coutume de Normandie, art. 279, permet aux pere & mere & autres ascendans de disposer entre vifs ou par testament de ce tiers au profit de leurs enfans puînés ou l’un d’eux sortis d’un même mariage, à la charge de la provision à vie des autres puînés. Les articles suivans contiennent encore plusieurs autres dispositions sur ce tiers des puînés sur les biens en Caux. (A)

Tiers, Chambre des tiers ou des procureurs tiers, (Jurisprud.) est une chambre dans l’enclos du palais, proche la chapelle de S. Nicolas, où les procureurs au parlement qui font la fonction de tiers, s’assemblent pour donner leur avis sur les difficultés qui surviennent dans la taxe des dépens, & dont le procureur tiers référendaire leur fait le rapport.

S’il reste encore quelque doute après le rapport fait à cette chambre, on va à la communauté des avocats & procureurs. Voyez ci-devant Communauté des procureurs & Procureur. (A)

Tiers coutumier, (Jurisprud.) en Normandie est une espece de légitime que la coutume accorde en propriété aux enfans sur les biens de leurs pere & mere.

Ce droit n’avoit pas lieu dans l’ancienne coutume.

Le tiers coutumier sur les biens du pere consiste dans le tiers des immeubles dont le pere étoit saisi lors du mariage, & de ceux qui lui sont échus pendant le mariage en ligne directe.

L’usufruit de ce tiers est ce que la coutume donne à la femme pour douaire coutumier, de sorte que ce tiers coutumier tient lieu aux enfans de ce qu’ils prennent ailleurs à titre de douaire ; il differe pourtant du douaire en ce qu’il n’est pas toujours la même chose que le douaire de la femme ; car celle-ci peut, suivant le contrat, avoir moins que l’usufruit du tiers, au lieu que les enfans ont toujours leur tiers en propriété.

Le tiers coutumier est acquis aux enfans du jour du mariage ; cependant la jouissance en demeure au pere sa vie durant, sans toutefois qu’il le puisse vendre, engager ni hypotéquer, comme aussi les enfans ne peuvent le vendre, hypotéquer ou en disposer avant la mort du pere, & qu’ils aient tous renoncé à la succession.

S’il y a des enfans de divers lits, tous ensemble n’ont qu’un tiers ; ils ont seulement l’option de le prendre eu égard aux biens que leur pere possédoit lors des premieres, secondes ou autres noces, sans que ce tiers diminue le douaire de la seconde, troisieme ou autre femme, lesquelles auront plein douaire sur tout le bien que le mari avoit lors du mariage, à moins qu’il n’y ait eu convention au contraire.

Pour jouir du tiers coutumier sur les biens du pere, il faut que les enfans renoncent tous ensemble à la succession paternelle, & qu’ils rapportent toutes les donations & autres avantages qu’ils pourroient avoir reçus de lui.

Ce tiers se partage selon la coutume des lieux où les héritages sont assis, sans préjudice du droit d’aînesse.

Les filles n’y peuvent avoir que mariage avenant.

Si le pere avoit fait telle aliénation de ses biens que ce tiers ne pût se prendre en nature, les enfans peuvent révoquer les dernieres aliénations jusqu’à concurrence de ce tiers, à moins que les acquéreurs n’aiment mieux payer l’estimation du fond au denier 20, ou si c’est un fief, au denier 25, le tout eu égard au tems du décès du pere.

Mais si les acquéreurs contestent, il sera au choix des enfans de prendre l’estimation, eu égard au tems de la condamnation qu’ils auront obtenue.

Le tiers coutumier sur les biens de la mere est de même le tiers des biens qu’elle avoit lors du mariage, ou qui lui sont échus pendant icelui, ou qui lui appartiennent à droit de conquêt.

Ce tiers du bien maternel appartient aux enfans aux mêmes charges & conditions que le tiers des biens du pere. Voyez la coutume de Normandie, art. 399 & suiv. les placites, art. 86 & suiv. & les commentateurs. (A)

Tiers coutumier ou légal, (Jurisprud.) se prend aussi en quelques coutumes pour la troisieme partie des biens nobles que la coutume réserve aux puînés, les deux autres tiers appartenant à l’ainé ; c’est ainsi que ce tiers des puînés est appellé dans la coutume de Touraine ; ailleurs on l’appelle le tiers des puînés. Voyez Tiers des biens en Caux. (A)

Tiers et danger, (Jurisprud.) est un terme d’eaux & forêts qui signifie un droit qui appartient au roi & à quelques autres seigneurs, principalement en Normandie, sur les bois possédés par leurs vassaux.

Il consiste au tiers de la vente qui se fait d’un bois, soit en argent, soit en espece, & en outre au dixieme qui est ce que l’on entend par le mot danger, lequel vient du latin denarius ou deniarius qui signifie dixieme, que l’on a mal-à-propos écrit & lu denjarius, d’où l’on a fait en françois danger.

Dans les bois où le roi a le tiers, on ne peut faire aucune vente sans sa permission, à peine de confiscation des deux autres tiers.

Pour obtenir cette permission, on lui donnoit le dixieme du prix des ventes ; c’est de-là qu’est venu le droit de danger, & non pas, comme quelques-uns l’ont cru mal-à-propos, de ce qu’il y avoit du danger de vendre sans la permission du roi.

Ce droit appartient au roi sur tous les bois de Normandie, & l’ordonnance de 1669 le déclare imprescriptible. Il y a cependant des bois qui ne doivent que le tiers sans danger, & d’autres qui ne sont sujets qu’au danger sans tiers. Voyez ci-devant le mot Danger. (A)

Tiers denier, (Jurisprud.) est la troisieme partie du prix de la vente à laquelle en quelques lieux est fixé le droit dû au seigneur pour la mutation, comme dans la coutume d’Auvergne où il est ainsi appellé, & en Nivernois où l’on donne aussi ce nom au droit dû au seigneur bordelier pour la vente de l’héritage tenu de lui à bordelage. Voyez le tit. 4 & le tit. 6. (A)

Tiers détenteur, (Jurisprud.) est celui qui se trouve possesseur d’un immeuble ou droit réel, soit par acquisition ou autrement, sans être néanmoins héritier ni autrement successeur à titre universel de celui qui avoit pris cet immeuble ou droit réel, à la charge de quelque rente, ou qui l’avoit affecté & hypotéqué au payement de quelque créance. Voyez ci-devant Tiers acquéreur & les mots Déclaration d’hypotheque, Hypotheque, Interruption, Prescription, Possession. (A)

Tiers expert, (Jurisprud.) est un troisieme expert qui est nommé pour donner son avis & pour départager les deux autres experts qui se sont trouvés d’avis contraire.

Ce tiers expert est ordinairement nommé d’office ; c’est pourquoi on ne peut le recuser sans cause légitime. Voyez ci-devant. (A)

Tiers légal ou coutumier, (Jurisprud.) voyez ci-devant Tiers coutumier.

Tiers lot, (Jurisprud.) on appelle ainsi dans le partage des biens des abbayes ou prieurés, entre l’abbé ou le prieur commendataire & ses religieux, le troisieme lot qui est destiné pour les charges claustrales, à la différence des deux autres dont l’un est donné à l’abbé ou au prieur commendataire pour sa subsistance, l’autre aux religieux.

L’administration du tiers lot appartient à l’abbé ou au prieur commendataire, à moins qu’il n’y ait convention au contraire.

Les frais du partage doivent être pris sur le tiers lot qui existoit lors de la demande en partage ; & s’il n’y en avoit point, & que la jouissance fût en commun, les frais du partage doivent être avancés par la partie qui le demande, à la charge d’en être remboursé sur le tiers lot à faire.

Les réparations de l’église & des lieux claustraux doivent être prises sur le tiers lot jusqu’au partage, après quoi chacun est tenu de réparer & entretenir ce qui est à sa charge.

Les portions congrues ne se prennent pas sur tous les biens de l’abbaye ou prieuré, mais seulement sur le tiers lot.

On prend aussi ordinairement sur le tiers lot ce qui est abandonné aux religieux pour acquitter les obits & fondations, qui étoient des charges communes.

Quand le lot des religieux n’est pas suffisant pour acquitter les charges claustrales, ils peuvent obliger l’abbé de leur abandonner le tiers lot, ainsi qu’il fut jugé au grand-conseil le 6 Août 1711, contre le cardinal d’Etrées pour l’abbaye d’Anchin. Voyez le dictionnaire de Brillon au mot Religieux, n. 85 & suiv. & Lacombe, recueil de jurisprud. canonique, au mot Partage n. 4. & suiv. & les mots Abbe, Abbaye, Couvent, Monastere, Partage, Prieuré, Religieux, Réparations. (A)

Tiers lot ou Tierce partie, (Jurisprud.) est en Touraine le tiers des biens que l’aîné entre nobles assigne à ses puînés pour leur part, réservant les deux autres tiers pour lui. Si les puînés ne sont pas contens de ce partage, ils peuvent faire la refente des deux tiers en deux parts égales, auquel cas l’aîné en prend une avec le tiers lot, & l’autre part demeure aux puînés. Voyez la coutume de Touraine, tit. 25, & Palu sur cette coutume. (A)

Tiers lot, (Jurisprud.) on donne aussi quelquefois ce nom au tiers ou triage que le seigneur a droit de demander dans les bois communaux ; mais on l’appelle plus communément triage. Voyez l’ordonnance des eaux & forêts, tit. 25, art. 4, & le mot Triage. (A)

Tiers a mercy, (Jurisprud.) étoit apparemment un droit seigneurial du tiers que certains seigneurs prenoient à volonté. Il fut adjugé sous ce titre de tiers à mercy au prieur d’Osay par arrêt du parlement de Paris du pénultieme jour d’Août 1404, dont M. de Lauriere fait mention en son glossaire au mot tiers. (A)

Tiers opposant, (Jurisprud.) est celui qui n’ayant pas été partie ni appellé dans un jugement, y forme opposition à ce qu’il soit exécuté à son égard à cause de l’intérêt qu’il a de l’empêcher.

L’opposition qu’il forme, est appellée tierce opposition, parce qu’elle est formée par un tiers qui n’étoit pas partie dans le jugement.

C’est la seule voie par laquelle ce tiers puisse se pourvoir, ne pouvant appeller d’une sentence où il n’a pas été partie, ni se pourvoir en cassation, ou par requête civile, contre un arrêt qui n’a pas été rendu contre lui.

Quand le tiers opposant est débouté de son opposition, on le condamne à l’amende de 75 livres, si c’est une sentence, & de 150 livres, si l’opposition a été formée à un arrêt. Voyez l’ordonnance de 1667, tit. 27, & les mots Opposition, Arrêt, Sentence, Jugement, Tierce opposition. (A)

Tiers possesseur, (Jurisprud.) est la même chose que tiers détenteur ou tiers acquéreur. Voyez ci-devant ces deux articles. (A)

Tiers, procureur tiers, (Jurisprud.) voyez Tiers référendaire.

Tiers au quart, (Jurisprud.) se dit de ce qui est entre le tiers & le quart, comme la lézion du tiers au quart qui forme un moyen de restitution contre un partage, c’est-à-dire, qu’il n’est pas nécessaire que la lézion soit du tiers, mais qu’il suffit qu’elle soit de plus du quart. Voyez Lézion, Partage, Rescision, Restitution. (A)

Tiers ou Tiers référendaire, Procureur tiers référendaire, (Jurisprud.) est un des procureurs au parlement qui exercent la fonction de régler les dépens entre leurs confreres demandeur & défendeur en taxe.

Avant que le parlement prononçât des condamnations de dépens, les procureurs faisoient seuls en leur qualité la fonction de tiers.

La premiere création des tiers référendaires en titre d’office fut faite par l’édit de Décembre 1635, qui en créa 30 pour le parlement de Paris & autres jurisdictions de l’enclos du palais.

La déclaration de 1637 ordonna qu’il seroit pourvu à ces offices des procureurs qui auroient au-moins six ans de charge ; l’arrêt d’enregistrement étendit cela à 10 ans.

Des trente charges de tiers référendaires créées par l’édit de 1635, trois seulement avoient été levées, les pourvus ne firent même aucune fonction, & par déclaration du mois de Mai 1639, les 30 offices de tiers référendaires furent supprimés. & leurs fonctions, droits & émolumens réunis à la communauté des 400 procureurs.

Il y a encore eu plusieurs autres édits & déclarations qui ont maintenu les procureurs dans la fonction de tiers.

Tous ceux qui ont dix ans de réception, prennent la qualité de procureurs tiers référendaires, & en font les fonctions chacun à leur tour dans l’ordre qui suit.

Parmi ceux qui ont 10 ans de charge, on en choisit 36 toutes les six semaines, on en fait trois colonnes de 12 chacune, & chaque colonne va pendant quinze jours à la chambre des tiers régler les difficultés qui s’élevent sur les dépens.

Il y a un trente-septieme procureur qui distribue les dépens dans la chambre qui est en-bas, appellée la sacristie, parce qu’elle sert en effet de sacristie pour la chapelle les jours d cérémonie. Ce distributeur a droit de nommer pour tiers un des 36, chacun à leur tour ; mais ordinairement il nomme pour tiers celui des 36 qu’on lui demande.

Le procureur tiers auquel le demandeur en taxe remet sa déclaration des dépens, fait sur cette déclaration son mémoire où il taxe tous les articles ; ensuite le défendeur en taxe apostille la déclaration ; & si les procureurs ne sont pas d’accord, ils vont en la chambre des tiers qui regle leurs difficultés. Voyez le code Gillet, & les mots Dépens, Frais, Exécution, Procureur, Taxe. (A)

Tiers saisi, (Jurisprud.) est celui entre les mains duquel on a saisi ce qu’il doit au débiteur du saisissant.

Le tiers saisi, quand il est assigné pour déclarer ce qu’il doit à celui sur qui la saisie est faite, doit le déclarer, & est obligé de plaider où l’instance principale est pendante. Voyez Créancier, Débiteur, Procuration affirmative, Saisie. (A)

Tiers en sus, (Jurisprud.) est une augmentation que l’on fait à une somme en y ajoutant un tiers de ce à quoi elle monte. (A)

Tiers, le, (Monnoie.) petite monnoie de France ainsi nommée, parce qu’elle valoit le tiers du gros tournois ; on l’appelloit autrement maille tierce ou obole tierce. (D. J.)

Tiers-de-sol, s. m. (Monnoie.) c’étoit, selon Bouteroue, une sorte de monnoie d’or, qu’on fabriquoit du tems des rois de la premiere race ; cette monnoie avoit sur un côté la tête de Mérouée orné du diademe perlé. (D. J.)

Tiers, en terme de Blondier, c’est la troisieme partie d’une moche. Voyez Moche. Chaque tiers se découpe en cinq écales très-distinguées les unes des autres Voyez Ecales.

Tiers, au jeu de la longue paulme, se dit des joueurs qui n’ont d’autre emploi que celui de rabattre, étant trop foibles pour servir.

Tiers-point, s. m. (Archit.) c’est le point de section qui est au sommet d’un triangle équilatéral. Il est ainsi nommé par les ouvriers, parce qu’il est le troisieme point après les deux qui sont sur la base. (D. J.)

Tiers-point, coupe de pierres, est la courbure des voûtes gothiques qui sont composées de deux arcs de cercles AC BC de 60° tracés d’un intervalle B pour rayon, égal au diametre de la voûte.

Les claveaux de ces arcs gothiques sont dirigés à leur centre ; c’est une faute dont on voit des exemples, d’avoir mis un joint au sommet C, ainsi qu’on le peut voir au petit châtelet de Paris.

Tiers point, (Marine.) voyez Latine.

Tiers point, s. m. terme d’Horlogerie ; on appelle ainsi une lime qui est formée de trois angles. (D. J.)

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Étymologie de « tiers »

Prov. ters ; esp. tercio ; it. terzo ; du lat. tertius, troisième, qui est dérivé de tres, trois.

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Du latin tertius (« troisième »).
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Phonétique du mot « tiers »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
tiers tjɛr

Citations contenant le mot « tiers »

  • Le tiers monde, c'est le tiers provisionnel du monde entier. De Anonyme / Almanach de l'os à moelle
  • Le tiers de ce que nous mangeons suffirait à nous faire vivre ; les deux autres tiers servent à faire vivre les médecins. De Docteur Paul
  • Les deux tiers des enfants du monde meurent de faim, alors même que le troisième tiers crève de son excès de cholestérol. De Pierre Desproges / Vivons heureux en attendant la mort
  • J'ai passé un tiers de ma vie à ne rien savoir, un autre tiers à essayer, et le dernier à faire semblant. De Popeck / On n’est pas des sauvages
  • Le tiers monde ça existe, mais ce n'est pas simple. De Yves Lacoste / Contre les anti-tiers-mondistes et contre certains tiers-mondistes
  • On commet l'adultère avec un tiers qui n'est pas sa moitié. De Anonyme
  • Un cocu ? Un entier qui partage sa moitié avec un tiers. De Alphonse Allais
  • La beauté n'est pas quelque chose dont on puisse convaincre un tiers. De Alain de Botton
  • Les femmes, c’est comme les cigares, c’est le premier tiers le meilleur. De Georges Wolinski / Charlie-Hebdo
  • Le tiers monde n'est pas une réalité mais une idéologie. De Hannah Arendt / Du mensonge à la violence
  • Les hommes qui ne rêvent point la nuit perdent un tiers de leur existence. De Jean Zay / Souvenirs et solitude
  • La malnutrition dans le tiers monde est due en grande partie à la régression du cannibalisme. De José Artur / Les Pensées
  • Sans la parole, le plaisir de l'amour diminue au moins de deux tiers. De Giacomo Casanova / Histoire de ma vie
  • Le tiers-monde ne peut voir les plaies de l’Europe, les siennes l’aveuglent. De Fatou Diome / Le ventre de l’Atlantique
  • La pire indécence du XXIè siècle, c’est l’Occident obèse face au tiers-monde rachitique. De Fatou Diome / Le ventre de l’Atlantique
  • La compagnie aérienne la plus importante d'Amérique latine, le groupe brésilo-chilien LATAM, va supprimer quelque 2.700 emplois, soit un tiers de ses effectifs, pour faire face aux conséquences désastreuses de l'épidémie de coronavirus dans le transport aérien. Le Figaro.fr, Transport aérien: LATAM supprime un tiers de ses effectifs
  • Les employés de petites entreprises de recyclage dangereuses et souvent illégales ouvrent les boîtiers de batterie de force, déversent l’acide et la poussière de plomb sur le sol et font fondre le plomb ainsi récupéré dans des fourneaux sommaires à ciel ouvert qui émettent des fumées toxiques pour les habitants des quartiers environnants. Les employés et les habitants ne savent souvent pas que le plomb est une puissante neurotoxine. UNICEF France, Un tiers des enfants du monde est intoxiqué au plomb | UNICEF France
  • Le jugement ne produit pas d’effet direct sur les tiers. Comme le contrat à l’égard des parties contractantes, son efficacité reste cantonnée aux seules parties aux procès. Pour autant, même ainsi limités, les effets et attributs de l’acte juridictionnel peuvent entrer en résonance avec les relations qu’entretiennent les parties avec des tiers. L’ordonnancement juridique modifié par le jugement, ces derniers ne peuvent alors faire comme si de rien n’était. Le principe d’opposabilité rend compte de cette « nécessité pour les tiers de reconnaître et respecter la situation juridique substantielle née du jugement » (C. Chainais, F. Ferrand, L. Mayer et S. Guinchard, Procédure civile. Droit interne et européen du procès civil, 34e éd., Dalloz, 2018, n° 1154, p. 806). Or, de cette résonance probable, les tiers peuvent subir un préjudice. Pour leur permettre de s’en prémunir, le code de procédure civile met à leur disposition une voie de recours spécifique : la tierce opposition (pour une étude d’ensemble, Rép. pr. civ., v° Tierce opposition, par N. Fricero). Tendant à faire « rétracter ou réformer » un jugement au profit du tiers qui l’attaque, elle remet en question relativement à son auteur les « points jugés qu’elle critique, pour qu’il soit à nouveau statué en fait et en droit » (C. pr. civ., art. 582). Dit autrement, la tierce opposition est un moyen pour le tiers de se soustraire in extremis aux conséquences du jugement. Mais qui est donc ce tiers pouvant profiter de cette voie de recours ? La réponse à cette question se trouve expressément formulée à l’article 583, alinéa 1er, du code de procédure civile : « est recevable à former tierce opposition toute personne qui y a intérêt, à la condition qu’elle n’ait été ni partie ni représentée au jugement qu’elle attaque ». L’arrêt commenté est l’occasion de revenir sur la façon dont doit être appréciée la première de ces conditions. , De l’intérêt du tiers à exercer une tierce opposition - Procédure civile | Dalloz Actualité
  • Le géant de la restauration rapide KFC a reconnu qu'un tiers de ses poulets, issu de fermes britanniques et irlandaises, souffrent d'une inflammation douloureuse connue sous le nom de dermatite plantaire. Une pathologie qui peut dans les cas les plus sévères, empêcher les oiseaux de marcher correctement, comme l'explique le Guardian. CNEWS, KFC admet qu'un tiers de ses poulets souffrent de graves inflammations | CNEWS

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Traductions du mot « tiers »

Langue Traduction
Anglais third
Espagnol tercero
Italien terzo
Allemand dritte
Chinois 第三
Arabe الثالث
Portugais terceiro
Russe третий
Japonais 第三
Basque hirugarren
Corse terzu
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Synonymes de « tiers »

Source : synonymes de tiers sur lebonsynonyme.fr
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