La langue française

Tierce

Sommaire

  • Définitions du mot tierce
  • Phonétique de « tierce »
  • Citations contenant le mot « tierce »
  • Traductions du mot « tierce »

Définitions du mot tierce

Trésor de la Langue Française informatisé

TIERCE, subst. fém.

A. − [Désigne une pers.] Vieilli. Religieuse qui accompagnait une autre religieuse au parloir. Eh bien! que chuchotez-vous là? Ne savez-vous pas qu'à la grille il faut parler de telle sorte que la tierce entende? (Montherl., Port-Royal, 1954, p. 973).
B. − [Désigne une chose]
1. ANTIQ. ROMAINE. Troisième heure du jour. (Dict. xixeet xxes.).
2. DR. FÉOD. Droit d'un tiers perçu par le seigneur sur les fruits de la terre. La plupart des seigneurs de Franche-Comté se sont fait adjuger la tierce dans les bois communaux (Le Moniteur, t. 2, 1789, p. 368).
3. ESCR. ,,Position du dessus, ligne droite haute, main en pronation`` (Petiot 1982). Parer en tierce. Le Perche du Coudray (...) préconise la riposte et la parade de tierce (Jeux et sports, 1967, p. 1430).
4. HÉRALD. ,,Figure constituée par trois burelles, plus rarement par trois cotices`` (Past. Hérald. 1979). La tierce est placée, le plus ordinairement, au milieu de l'écu, horizontalement (Grandm.1852).
5. IMPR. Dernière épreuve avant le tirage, servant aux ultimes vérifications. Vous m'enverrez la tierce de la (feuille) 3 (2evol. de la Physiologie). J'y jetterai un dernier coup d'œil (Balzac, Corresp., 1829, p. 418).
6. JEUX (cartes). Suite de trois cartes dans la même couleur. Tierce majeure, mineure. Sa mère et le vieux Brotteau (...) faisaient une partie de piquet (...). La citoyenne annonçait sans vergogne « tierce au roi » (A. France, Dieux ont soif, 1912, p. 105).
7. LITURG. CATH. Heure canoniale qui se récite vers neuf heures (troisième heure du jour, entre prime et sexte). Après Tierce et avant la grand'messe de neuf heures, tous les religieux chantaient, à genoux, le psaume « Levavi oculos meos in montes » (Huysmans, Oblat, t. 2, 1903, p. 55).V. none B ex. de Potiron.
8. MÉTROL., vx. Soixantième partie de la seconde (unité de temps ou d'angle). Les différentes périodes solaires et lunaires, qui produisent les tierces, les secondes, les minutes, les heures (Bern. de St-P., Harm. nat., 1814, p. 252).
Rem. On emploie auj. les dixièmes, centièmes de seconde.
9. MUS. ,,3edegré de la gamme diatonique. Intervalle compris entre la tonique et ce 3edegré. Transpositions de cet intervalle`` (Pinch. Mus. 1973). Accord, intervalle de tierce; tierce majeure, mineure; tierce augmentée, diminuée. Son bonheur [au jeune Mozart] était de chercher des tierces sur le piano, et rien n'égalait sa joie lorsqu'il avait trouvé cet accord harmonieux (Stendhal, Haydn, Mozart et Métastase, 1817, p. 214).Le champ mélodique est extrêmement réduit, il ne dépasse pas une quinte, dans tout le lied ; le plus grand intervalle est une tierce, et elle n'apparaît qu'aux fins de périodes (Rolland, Beethoven, t. 1, 1937, p. 174).
C. − Arg. Bande d'individus dangereux. Ah! bon Dieu! non, j'suis pas de leur tierce: J'suis un trimardeur, un voyou, J'fais pas parti du haut commerce, Ej'vends mon crayon pour un sou (Bruant, Sur la route, 1899, p. 51 ds Cellard-Rey 1980).
Prononc. et Orth.: [tjε ʀs]. Att. ds Ac. dep. 1718. Étymol. et Hist. 1. a) 1119 tierce « la troisième heure du jour » (Ph. de Thaon, Comput, éd. E. Mall, 252: Tierce, midi e nune; ds l'éd. I. Short: Terce); b) 1121-34 liturg. cath. (Id., Bestiaire, éd. E. Walberg, 263: tierce chantum); c) ca 1160 antiq. romaine tierce « la 2edes quatre divisions du jour » (Enéas, éd. J. J. Salverda de Grave, 5449); 2. 1255 dr. féod. (Lett. de Simon, sire de Chastelvillain, Sept-Fonts, Vauclair, Arch. Allier ds Gdf. Compl.: sanz tierces); 3. a) 1372 mus. (Denis Foulechat, trad. J. de Salisbury, Policraticus, éd. Ch. Brucker, fo21 ro, col. 1: par tierces, quintes, sisiemes, doubles tons); 1627 (Mersenne, Corresp., éd. P. Tannery et C. de Waard, t. 1, p. 603: [les sons] qui font l'octave, la quinte, la quarte, la tierce et la sixte); 1635 tierce majeure, tierce mineure (Id., ibid., t. 5, p. 306: trois tierces majeures ou mineures); 1694 tierce diminuée, tierce superflue (Corneille); 1834 tierce augmentée (Fetis, La Musique mise à la portée de tout le monde, Paulin, p. 390 ds Quem. DDL t. 30); b) 1636 « jeu de l'orgue » (Mersenne, Harmonie universelle, Instruments, l. 6, p. 369); 4. 1560 impr. (doc. ds P. Chaix, Rech. sur l'impr. à Genève de 1550 à 1564, p. 24 ds Wolf (L.) Buchdruck, p. 182: la tierce ou quarte de chascune forme); 5. a) 1624 « la soixantième partie de la seconde » (Mersenne, Impiété des déistes, p. 106); b) 1624 géom. « la soixantième partie de la seconde (d'angle ou d'arc) » (Id., ibid., p. 107); 6. 1653 escr. (Besnard, Le Maistre d'armes libéral, Rennes ds Petiot: la botte en tierce); 1654 (Cyrano de Bergerac, Le pédant joué ds Œuvres diverses, éd. F. Lachèvre, p. 200: je me serois allongé de tierce); 7. 1665 relig. « religieuse qui accompagnait une autre religieuse au parloir » (Les Constitutions du Monastère de Port Royal du S. Sacrement, chap. 23, p. 156); 8. 1671 hérald. (Pomey); 9. 1677 jeux (Miege: Tierce, au Jeu de Piquet [...] Tierce majeur); 1680 (Rich.: tierce major [...] tierce de Dame [...] tierce de valet); 1690 (Fur.: tierce de roy); 1765 (Encyclop.: tierce au roi [...] tierce-majeure); 10. a) [1875 « bande d'individus dangereux » (s. réf. ds Esn. 1966 et Cellard-Rey 1980)] 1880 (A. Humbert, Mon bagne, chap. VI, feuilleton 26: la tierce (bande); chap. VII, feuilleton 45: ces pègres de la tierce); b) 1878 « agents de police » (Rigaud, Dict. jargon paris., p. 324: Tierce. Agents de police en nombre [déf. contestée par Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 148]). Fém. subst. de tiers1. Fréq. abs. littér.: 131. Bbg. Bellenger (Y.). Le Vocab. de la journée et des moments dans la poésie du xvies. In: Bellenger (Y.). Dix ét. sur le XVIeet le XVIIes. Paris, 1982, p. 28, 29, 47. − Chautard Vie étrange Argot 1931, p. 148. − Quem. DDL t. 30, 40.

TIERS1, TIERCE, adj.

I. − Vx. Troisième. Une lueur ne s'éteindra point et c'est la Parabole troisième, la tierce parole de l'espérance (Péguy, Porche Myst., 1911, p. 266).
II. − Qui s'ajoute, qui est étranger à un ensemble de deux personnes, de deux groupes. S'adresser à une tierce personne pour régler un problème. Je vous défendrais de le voir, et d'échanger avec lui aucune parole, soit dans ma maison, soit dans une maison tierce, soit en plein air (Musset, Caprices Mar., 1834, II, 3, p. 163).La présence d'une tierce puissance dans une négociation de la France avec un état placé sous son mandat serait une ingérence inadmissible (De Gaulle, Mém. guerre, 1954, p. 469).
En main tierce. V. main 1reSection I B 1 b α.
LÉGISL. SOC. Tierce personne. ,,Personne assistant un invalide incapable d'accomplir seul les actes de la vie courante`` (Jur. 1981). Majoration (de pension) pour tierce personne. Assistance d'une tierce personne pour accomplir les actes ordinaires de la vie279 608 francs étant le taux actuel de l'allocation à la tierce personne (Encyclop. éduc., 1960, p. 307).
III. − Spécialement
A. − DROIT
1. Tiers acquéreur. ,,Acquéreur qui, après avoir traité avec une personne (...) est ainsi nommé dans les conflits qui l'opposent aux titulaires de droits antérieurs`` (Vocab. jur., Paris, P.U.F., 1987, s.v. acquéreur). La donation est révoquée: tous les actes qui s'y rattachent tombent; les tiers acquéreurs de l'immeuble sont obligés de le rapporter à la succession (Jaurès, Ét. soc., 1901, p. 195).
2. Tiers arbitre. ,,Personne choisie soit par les parties, soit par les arbitres (...) en cas de désaccord des arbitres`` (Cap. 1936). Les honoraires médicaux (...) sont soumis à l'appréciation d'un tiers arbitre mutualiste ou assureur, prêt à régler d'autorité les litiges éventuels ou à les soumettre aux juridictions compétentes (Bariéty, Coury, Hist. méd., 1963, p. 798).
3. (Assurance) tierce collision. ,,Assurance (...) limitée au cas de collision avec un véhicule ou un animal`` (Barr. 1967). Synon. assurance au tiers (v. tiers2A 2 a).
4. Tiers détenteur*.
5. Tiers expert. ,,Expert appelé par les parties ou par décision de justice à départager deux experts en désaccord`` (Cap. 1936). L'entreprise (...) obtient un partage de charges dont le rapport au partage des responsabilités et des profits dépend plus des préjugés (...) du pouvoir à son égard que des dires de tiers experts (Univers écon. et soc., 1960, p. 22-14).
6. Tiers opposant. Personne qui présente une tierce opposition. Jugement (...) de nature à porter préjudice au tiers opposant (Réau-Rond.1951, s.v. tierce opposition).
7. Tierce opposition. ,,Voie de recours extraordinaire exercée par une personne contre un jugement auquel elle n'a été ni appelée ni représentée et qui porte préjudice à ses droits`` (Cap. 1936). Une partie peut former tierce opposition à un jugement qui préjudicie à ses droits, et lors duquel, ni elle ni ceux qu'elle représente n'ont été appelés (Code procéd. civile, 1806, art. 474, p. 408).
8. Tiers porteur. ,,Second endosseur d'un billet`` (Jossier 1881). Un tiers porteur, nom commercial de celui qui possède un effet par transmission (Balzac, Illus. perdues, 1843, p. 594).
B. − HIST. [Sous l'Ancien Régime] Tiers-État et, p. ell., Tiers, subst. masc. Division du corps social regroupant toutes les personnes ne faisant partie ni de la noblesse, ni du clergé. Député du Tiers-État. Le tiers, le clergé, la noblesse, tout Tarascon voulait partir (A. Daudet, Port-Tarascon, 1890, p. 62).V. état II C 1 a ex. de France et ex. 22.
C. − HIST. POL., vieilli. Tiers(-)parti. Parti situé entre deux partis opposés. Un certain nombre de députés dégoûtés de la gauche et de l'insignifiant tiers-parti, sont venus hier soir me prier (...) de former un noyau social qui grandirait les années suivantes (Lamart., Corresp., 1835, p. 112).Son règne [de François II] (...) fut celui où les catholiques et les protestants prirent position, tandis que se dessinait un « tiers parti » qui (...) aurait la victoire à la longue. Ce tiers parti était en réalité celui de la couronne (Bainville, Hist. Fr., t. 1, 1924, p. 162).
D. − MATH. ,,Se dit d'une lettre portant en haut et à droite trois petits accents (''')`` (GDEL).
E. − MÉD., PATHOL., vieilli
1. Fièvre tierce et, p. ell., tierce, subst. fém. ,,Variété de fièvre intermittente dont les crises reviennent le troisième jour, laissant entre elles un jour d'intervalle`` (Garnier-Del. 1958). On était infesté de fièvres. Elles revenaient tous les trois ou quatre jours, tierces ou quartes, et abattaient le patient (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 114).Une des formes du paludisme humain, la tierce bénigne (Ce que la Fr. a apporté à la méd., 1946 [1943], p. 76).
2. Fièvre tierce doublée. ,,Fièvre intermittente où il y a deux accès tous les deux jours avec un jour d'apyrexie`` (Garnier-Del. 1958).
3. Fièvre double tierce. Fièvre où le malade a tous les jours des accès alternativement semblables, de sorte que le premier répond au troisième, le deuxième au quatrième, ainsi de suite (d'apr. Littré). V. double I B 3 a ex. de Sainte-Beuve.
F. − PÉDAG. Tiers temps pédagogique. Répartition des horaires de l'enseignement élémentaire fixée par arrêté du 7 août 1969 suivant laquelle quinze heures hebdomadaires sur vingt-sept sont réservées aux disciplines fondamentales, six aux activités d'éveil et six à l'éducation physique et aux sports. Depuis, dans le cadre du tiers temps pédagogique, Ethery Pagava a initié plus de vingt mille enfants à la danse, notamment à Malakoff et dans la périphérie parisienne (Le Point, 12 juin 1978, p. 135, col. 2).
G. − RELIG. CATH. Tiers-Ordre. V. ordre II B 2 a.
H. − VÉN. Tiers(-)an. Troisième année d'un sanglier. Sanglier à tiers an (Pesquidoux, Chez nous, 1923, p. 2). Sanglier de trois ans. Les veneurs (...) découplaient sur les bêtes noires. Quelquefois, dans le fort où la harde était couchée, un tiers-an ou un quartanier traversait en crevant le fourré (Genevoix, Dern. harde, 1938, p. 129).
IV. − VERSIF. Tierce rime. Synon. de terza rima.Sainte-Beuve ressuscite le sonnet; Gautier, les tierces rimes (Lemaitre, Contemp., 1885, p. 86).La tierce rime le mètre le plus lent qui soit (Du Bos, Journal, 1922, p. 83).
Prononc. et Orth.: [tjε:ʀ], fém. [tjε ʀs]. Homon. et homogr. tiers2. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. V. tiers2.

Wiktionnaire

Nom commun

tierce \tjɛʁs\ féminin

  1. (Antiquité romaine) Troisième heure du jour, qui correspondait à neuf heures du matin environ.
  2. (Liturgie) Catholique, il se dit de celle des heures canoniales qui se récite vers la troisième heure du jour.
    • Prime, tierce, sexte et none.
  3. (Liturgie) Troisième partie de l’office religieux journalier des moines, celui qui se dit après les matines, puis les laudes.
    • Vient l’office du tierce, suivi de l’eucharistie quotidienne.
  4. (Musique) Intervalle de trois notes consécutives.
    • Tierce majeure, Intervalle de deux tons.
    • Tierce mineure, Intervalle d’un ton et demi.
    • Tierce augmentée, Intervalle de deux tons et demi.
    • Tierce diminuée, Intervalle de deux demi-tons.
    • Il était tout occupé à mettre sa bouche fort près de la bouche de Lavinia et à accompagner son chant en faisant la tierce ou la basse. — (Jean Giono, Le hussard sur le toit, 1951, réédition Folio Plus, page 271)
    • La tierce majeure, tu veux l’entendre dans ce voicing ? — (Laurent de Wilde, Monk, 1996, collection Folio, page 242)
  5. (Jeux) Trois cartes de même couleur qui se suivent.
    • Tierce majeure.
    • Tierce au roi, à la dame.
  6. (Escrime) Position du poignet tourné en dedans, dans une situation horizontale, et au-dessus du bras de l’adversaire, en laissant son épée à droite.
    • Parer en tierce.
    • Tirer de tierce.
    • Porter une tierce, une botte en tierce et, absolument,
    • Porter en tierce, Porter une botte dans cette position.
  7. (Imprimerie) Désigne la dernière épreuve que le prote confère avec la précédente, pour être sûr que toutes les corrections sont exécutées.
    • Corriger la tierce.
    • Voir la tierce.
    • Continué la lecture des tierces de mon journal. Je corrige chemin faisant. Beaucoup de choses ont sauté, que je jugeais inutilement ironiques. — (Julien Green, Journal intégral, tome Ier : 1919-1940, Lundi 7 juin 1938 ; Éditions Robert Laffont, coll. Bouquins, Paris, 2019, p. 1160)
  8. (Mathématiques) Soixantième partie d’une seconde, comme la seconde est la soixantième partie d’une minute.
  9. (Métrologie) Baril marchand contenant l’équivalent de quelque trois cents livres.
  10. Armoiries avec une tierce (sens héraldique)
    (Héraldique) Groupe de trois fasces réduites (trangles), espacées de l’épaisseur d’une et l’ensemble occupant l’espace alloué d’ordinaire à une fasce (soit une largeur de 1/5 de la largeur de la fasce). S’il y a plusieurs tierces, elles doivent être espacées d'un vide supérieur à la largeur du vide espaçant les trangles de la tierce, sinon, on parlera d’un groupe de trangles ou de burelles selon leur nombre (impair ou pair). La tierce peut être posée de manière différente (pal, bande, barre…), mais cela doit être blasonné. À rapprocher de jumelle.
    • Les diminutifs de la faſſe [fasce] ; ſont Faſſe en deuiſe, plus petite que l’ordinaire de moitie, Trangle plus petite que l’ordinaire d’vn tiers, & Burelle. […] Les autres diminutifs ſont la Iumelle, & la Tierce, ou Amade. La iumelle еſt compoſée de deux petites burelles poſées l’vne ſur l’autre, en ſorte quelles laiſſent au melieu d’elles, l’eſpace d’vne autre petite burelle. Lamade [sic] еſt de trois pieces ſeparées & de moindre largeur ; Quelque fois, on les paſſe en ſautoir […] — (Le Trophée d’armes héraldiques, Pierre Targa, Paris, 1650)
    • De sable, à une tierce d’argent, qui est de la commune de La Louvière-Lauragais de l’Aude → voir illustration « armoiries avec une tierce »
  11. (Médecine) (Vieilli) Fièvre tierce, forme particulière de la fièvre de la malaria.
    • Beaucoup d’observateurs admettent l’existence de plusieurs espèces d’hématozoaires du paludisme : hématozoaires des fièvres tropicales, de la tierce et de la quarte. Je pense qu'il s'agit de simples variétés d'une même espèce polymorphe. — (M. Laveran, Essai de classification des Hématozoaires endoglobulaires ou Hæmocytozoa, dans les Comptes rendus des séances de la Société de biologie et de ses filiales, Masson, 1901, vol. 53, page 800)

Forme d’adjectif

tierce \tjɛʁs\ féminin

  1. Féminin singulier de tiers.

Forme de verbe

tierce \tjɛʁs\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent du verbe tiercer.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent du verbe tiercer.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent du verbe tiercer.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent du verbe tiercer.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif du verbe tiercer.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TIERCE. n. f.
T. d'Antiquité romaine. Troisième heure du jour, qui correspondait à neuf heures du matin environ. En termes de Liturgie catholique, il se dit de Celle des heures canoniales qui se récite vers la troisième heure du jour. Prime, tierce, sexte et none. En termes de Musique, il se dit d'un Intervalle de trois notes consécutives. Accord de tierce. Tierce majeure, Intervalle de deux tons. Tierce mineure, Intervalle d'un ton et demi. Tierce augmentée, Intervalle de deux tons et demi. Tierce diminuée, Intervalle de deux demi-tons.

TIERCE se dit, en termes de jeux de Cartes, de Trois cartes de même couleur qui se suivent. Tierce majeure. Tierce au roi, à la dame. En termes d'Escrime, il désigne la Position du poignet tourné en dedans, dans une situation horizontale, et au-dessus du bras de l'adversaire, en laissant son épée à droite. Dégager en tierce. Parer en tierce. Se fendre en tierce. Tirer de tierce. Porter une tierce, une botte en tierce et, absolument, Porter en tierce, Porter une botte dans cette position.

TIERCE, en termes d'Imprimerie, désigne la Dernière épreuve que le prote confère avec la précédente, pour être sûr que toutes les corrections sont exécutées. Corriger la tierce. Voir la tierce. En termes de Mathématiques, il se dit de la Soixantième partie d'une seconde, comme la seconde est la soixantième partie d'une minute.

Littré (1872-1877)

TIERCE (tièr-s') s. f.
  • 1 Terme de musique. L'intervalle qui se trouve entre la seconde et la quarte. La tierce renversée produit la sixte. La marche par tierce conduit à tous les tons, Grétry, Méth. prél. leç. 15.

    Tierce majeure, tierce composée de quatre demi-tons, et qui a pour renversement la sixte mineure. Quand cinq ondes d'une note entrent dans l'oreille en même temps que quatre ondes d'une autre, l'intervalle entre les deux notes est une tierce majeure, Max Müller.

    Tierce mineure, intervalle qui comprend trois demi-tons, et qui a pour renversement la sixte majeure. Quand six ondes d'une note entrent dans l'oreille dans le même temps que cinq ondes d'une autre, l'intervalle entre les deux notes est une tierce mineure, Max Müller.

    Tierce augmentée, intervalle composé de cinq demi-tons, et ayant pour renversement la sixte diminuée.

    Tierce diminuée, intervalle composé de deux demi-tons, et ayant pour renversement la sixte augmentée.

    Tierce de Picardie, la tierce majeure qu'on fait entendre dans l'accord parfait qui termine certaines pièces d'église ou autres écrites en mode mineur ; nommée ainsi parce qu'elle était usitée par les maîtres picards, Ockeghem, Josquin des Prez (XVe siècle) et leurs élèves, fondateurs de l'harmonie musicale ; ils terminaient tous leurs morceaux mineurs par une tierce majeure " en l'honneur de la très sainte Trinité ".

    Jeu d'orgue, accordé à la tierce du jeu de deux pieds ouverts.

  • 2 Terme du jeu de piquet. Trois cartes d'une même couleur qui se suivent. Tierce majeure, tierce dont la première carte est un as. Tierce au roi ou de roi, tierce à la dame ou de dame. Tierce basse, tierce composée du neuf, du huit et du sept.
  • 3 Terme d'escrime. Position du poignet tourné en dedans, dans une situation horizontale, l'épée de l'adversaire étant à la gauche. Dégager en tierce, parer en tierce, se fendre en tierce. êtes-vous fou de l'aller quereller, lui qui entend la tierce et la quarte, et qui sait tuer un homme par raison démonstrative ? Molière, Bourg. gent. II, 3. Allons, touchez-moi l'épée de tierce et achevez de même, Molière, ib. Ne nous direz-vous point pourquoi les Scipion, les Métellus, les César et les Pompée n'allaient point sur le pré pousser de tierce et de quarte ? Voltaire, Pol. et lég. Prix just. et hum.

    Porter une tierce, une botte en tierce, et, absolument, porter en tierce, porter une botte dans cette position.

  • 4La deuxième des quatre divisions du jour artificiel, chez les Romains, depuis la fin de la troisième heure jusqu'à midi.
  • 5Dans la liturgie catholique, la seconde des heures canoniales, laquelle se chantait à la troisième heure du jour suivant la manière de compter des anciens : ce qui répond pour nous à neuf heures du matin.
  • 6 Terme d'imprimerie. Dernière épreuve que l'on confère avec le bon à tirer avant de mettre sous presse. Voir la tierce. Corriger la tierce.
  • 7 Terme de mathématique et d'astronomie. Soixantième partie d'une seconde. Il trouva que, pendant une nuit obscure, la sensation que produisait un charbon allumé durait environ huit tierces, Condorcet, d'Arci.

    Aujourd'hui on ne compte plus par tierces, on compte par fractions décimales de seconde.

  • 8Droit seigneurial levé sur les fruits de la terre. Pour cette tierce que je dois prendre du côté de Courcelles, Sévigné, à Mme de Guitaut, 3 juin 1693.
  • 9 Terme de blason. Fasce formée de trois triangles.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et li François lor remanderent qu'il i seroient l'endemain devant tierce, et le [l'ormeau] copperoient ou despit de lui, Chr. de Rains, p. 63.

XIVe s. Comme il feust tierce de nuit ou environ, Du Cange, tertia.

XVe s. Il estoit heure de haute tierce [près de midi], Froissart, I, I, 284.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

TIERCE. Ajoutez :
10Nom vulgaire de la circée parisienne.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

TIERCE, s. f. (Théolog.) nom d’une des petites heures canoniales, composée suivant l’usage présent de l’église romaine, du Deus in adjutorium, d’un hymne, de trois pseaumes sous une seule antienne, d’un capitule avec son répons bref, d’un verset, & d’une oraison.

Des auteurs ecclésiastiques très-anciens, tels que S. Basile dans ses grandes regles, quæst. 37. & l’auteur des constitutions apostoliques, l. VIII. c. xxxiv. attestent que de leur tems, tierce faisoit partie de la priere publique : on la nommoit ainsi tertia, parce qu’on la faisoit à la troisieme heure du jour, selon la maniere de compter des anciens, laquelle répondoit à neuf heures du matin ; & cela en mémoire de ce qu’à cette heure le S. Esprit étoit descendu sur les apôtres. C’est la raison qu’en donne S. Basile. L’auteur des constitutions apostoliques dit que c’étoit en mémoire de la sentence de mort prononcée par Pilate à pareille heure, contre Jesus-Christ. C’est aussi ce que dit la glose dat causam tertia mortis : on ne sait pas précisément de quelles prieres, ni de quel nombre de pseaumes l’heure de tierce étoit composée dans les premiers tems ; mais on conjecture qu’il n’y avoit que trois pseaumes, parce que, dit Cassien, chaque heure canoniale étoit composée de trois pseaumes avec les prieres ; Bingham prétend, mais sans alléguer aucune autorité, qu’on ne récitoit point tierce les jours de dimanche & de fête, parce que c’étoit à cette heure que commençoit la célébration de l’eucharistie : comme si l’on n’eût pas pu anticiper tierce, ou du moins en chanter les pseaumes tandis que le peuple s’assembloit. Voyez Bingham, orig. eccles. t. V. l. XIII. c. ix. §. 2.

Tierce, fievre, (Médec.) fievre qui revient tous les deux jours, accompagnée de froid & de frisson, d’un pouls prompt & fréquent, que suit une chaleur incommode & brulante ; c’est l’espece de fievre la plus commune ; elle attaque indistinctement les personnes de tout âge, de tout sexe, & de tout tempérament.

Symptomes. Lorsque cette fievre est réguliere & vraie, voici ses symptomes les plus ordinaires.

Les articulations sont foibles : on a mal à la tête : on sent aux environs des premieres vertebres du dos, une douleur de reins : il y a constipation & tension douloureuse aux hypocondres. Ajoutez à cela le refroidissement des parties extérieures, sur-tout des narines & des oreilles, des bâillemens, un frisson accompagné quelquefois de tremblement dans tous les membres, un pouls petit, foible, serré, & quelquefois une soif insatiable.

Ces symptomes sont suivis de nausées & de vomissemens ; ensuite il survient une chaleur brulante & seche, qui s’empare de tout le corps ; les joues s’affaissent, le visage devient pâle, la peau retirée, les vaisseaux des piés & des mains paroissent rouges & gonflés, le pouls devient plus grand, plus plein, plus prompt, & la respiration plus pénible ; le malade tient aussi quelquefois des discours sans ordre & sans suite.

Ces symptomes diminuent peu-à-peu, la chaleur se calme, la peau se relâche & s’humecte ; les urines sont hautes en couleur, & sans sédiment, le pouls s’amollit, la sueur succede, & le paroxisme cesse.

Quant à sa durée, elle varie selon la différence des tempéramens & des causes morbifiques ; chez la plûpart des malades, elle est de onze ou douze heures, & dans d’autres davantage ; il y a le jour suivant intermission ; le corps est languissant ; le pouls qui étoit prompt & véhément dans le paroxisme, est alors lent, foible, & ondoyant ; les urines sont plus épaisses, déposent un sédiment, ou portent une espece de nuage ; ce qui marque de la disposition à précipiter un sédiment.

Personnes sujettes à la fievre tierce. Tout le monde y est sujet, mais les jeunes gens plus que les vieillards, les hommes plus que les femmes ; les personnes d’une vie active, plus que celles qui menent une vie sédentaire ; les personnes d’un tempérament délicat & bilieux ; celles qui font un usage excessif de liqueurs froides ; celles qui vivent sous un atmosphere malsain ; celles qui ont souvent des nausées, &c. sont aussi plus fréquemment attaquées de fievre tierce que les autres, &c.

Division des différentes fievres tierces. La fievre tierce est vraie ou bâtarde : la premiere est accompagnée de symptomes violens, mais sa terminaison se fait quelquefois promptement. Dans la fievre tierce bâtarde, les symptomes sont plus doux.

La fievre tierce se distingue aussi en réguliere & irréguliere. La premiere conserve la même forme, soit dans son accès, soit dans sa terminaison. L’irréguliere varie à ces deux égards : les fievres tierces irrégulieres, sont communément épidémiques, & proviennent de la constitution bizarre des saisons.

La fievre tierce est quelquefois simple, quelquefois double. Dans la simple, les paroxismes reviennent tous les seconds jours, ou deux fois par jour, avec un jour d’intermission. Il faut toutefois distinguer la fievre double-tierce, de la fievre quotidienne qui prend tous les jours dans le même tems, au-lieu que les paroxismes de la double tierce reviennent tous les deux jours.

Causes des fievres tierces. Ces fievres naissent comme les autres, d’une infinité de causes différentes ; mais pour l’ordinaire, de la corruption de la bile & des humeurs, après de grands exercices, d’agitations d’esprit, d’une saison chaude, humide, des veilles, de l’abus des liqueurs échauffantes, des alimens gras, épicés, de difficile digestion, des crudités, &c.

Prognostiques. Les fievres tierces qui n’ont pas été mal traitées, sont plus favorables que contraires à la santé : car ceux qui en ont été attaqués, se portent communément après qu’ils sont guéris, mieux qu’ils ne le faisoient auparavant.

Souvent la fievre tierce cesse d’elle-même, par le simple régime, sans aucun remede, & par une légere crise au bout de quelques accès. Ces sortes de fievres ne sont jamais nuisibles ; mais les fievres tierces mal conduites par le médecin, sur-tout lorsqu’il a mis en usage de violens sudorifiques ou astringens, laissent après elles un délabrement de santé cent fois pire que n’étoit la fievre.

Les fievres tierces sont plus opiniâtres en automne & en hiver, que dans les autres saisons. Elles sont sujettes à revenir, sur-tout lorsqu’elles ont été arrêtées mal-à-propos, & que le malade, après leur guérison, a péché inconsidéremment dans le régime diaphorétique, ou diététique.

Méthode curative. C’est 1°. de corriger l’acrimonie qui est la cause prochaine de cette fievre. 2°. De dissiper doucement, sur-tout par la transpiration, la matiere peccante. 3°. De calmer la violence des spasmes & des symptomes. 4°. D’expulser & d’évacuer les humeurs viciées, qui sont logées principalement dans le duodenum. 5°. De rétablir les forces après le paroxisme, & de tenir les excrétions en bon état. 6°. D’empêcher le retour de la fievre, accident commun, & qui demande plus de précautions qu’on n’en prend d’ordinaire.

Pour remplir la premiere indication curative, on corrige l’acrimonie bilieuse, par le nitre commun, bien épuré, & par des liqueurs humectantes & délayantes, comme des tisanes d’orge, de l’eau de gruau, du petit lait, des boissons de racines de gramen, du suc & d’ecorce de citron, &c.

On satisfait à la seconde indication par des diaphorétiques doux, les infusions de scordium, de chardon béni, & d’écorce de citron.

La troisieme indication est remplie, en employant des substances nitreuses, rafraîchissantes, modéremment diaphorétiques & délayantes ; tel est l’esprit dulcifié de nitre bien préparé, & donné dans des eaux sédatives, comme celles de fleurs de surau, de tilleul, de primevere, de camomille commune, &c.

On corrige & on évacue les humeurs viciées, par de doux vomitifs, des purgatifs, des savonneux acescens, & autres remedes semblables. Quand les sucs viciés sont visqueux & tenaces, les sels neutres, comme le tartre vitriolé, le sel d’Epsom, les sels des eaux de Sedlitz & d’Egra, sont très-bienfaisans : on délaye ces sels dans une quantité suffisante de quelques véhicules aqueux. Si les sucs viciés sont acides & salins, on peut user de manne, avec une demi-drachme de terre-foliée de tartre, & quelques gouttes d’huile de cédre. Lorsque le duodenum, ou l’estomac, sont engorgés de sucs corrompus, on doit tenter l’évacuation par les émétiques convenables.

Après l’évacuation des humeurs peccantes, on rétablit le ton des solides par les fébrifuges resserrans, & en particulier par le quinquina, donné dans le tems d’intermission, en poudre, en décoction, infusion, essence ou extrait.

Le mal étant guéri, on en prévient le retour par le régime, les alimens faciles à digérer, l’exercice moderé, les frictions, & quelques stomachiques en petite dose.

Observation de pratique. Les émétiques, les échauffans, & les sels purgatifs, ne conviennent point aux hypochondriaques : on substitue à ces remedes, des balsamiques en petite dose, & des clysteres préparés de substances émollientes & laxatives.

On n’entreprend rien dans l’accès, & sur tout pendant les frissons ; mais à mesure que la chaleur augmente, on use d’une boisson agréable, propre à éteindre la soif, & à petits coups ; lorsque la chaleur diminue, on facilite l’éruption de la moiteur ; & après la cessation de la fievre, on continue d’entretenir la transpiration.

Quoique le quinquina soit un excellent fébrifuge, il ne convient pas aux personnes mélancholiques, aux femmes dont les regles sont supprimées, & dans plusieurs autres cas : on ne doit point l’employer avant que la matiere morbifique soit corrigée & suffisamment évacuée.

La saignée ne convient qu’aux gens robustes, pléthoriques, jeunes, & dans la vigueur de l’âge.

Les opiats & les anodins diminuent les forces, dérangent les périodes de la maladie, & troublent la crise.

L’écorce de cascarille qui est balsamique, sulphureuse, terreuse & astringente, est un excellent remede pour les personnes languissantes & flegmatiques ; on mêle fort bien cette écorce avec le quinquina.

Les femmes que la suppression des regles a rendu cachectiques, doivent être traitées avec beaucoup de circonspection dans la fievre tierce.

Les enfans de huit ou dix ans, attaqués de fievre tierce, se guérissent à merveille par un léger émétique, suivi de clysteres fébrifuges, ou de sirop de quinquina.

Les sudorifiques, & les remedes échauffans font souvent dégénérer la fievre tierce en continue, ou en fievre inflammatoire, ce qui suffit pour bannir à jamais de la médecine cette méthode qui n’a que trop long-tems regné.

Quand la fievre tierce produit un nouvel accès dans les jours d’intervalle, on les nomme double tierce ; si elles ont trois accès, triple tierce ; ainsi de la quarte.

La cause prochaine de ce phénomène est 1°. l’augmentation de la matiere fébrile, assez considérable pour produire un nouvel accès. 2°. Le manque de forces qui n’a pas pu soumettre & expulser toute la matiere fébrile dans l’accès précédent. 3°. La reproduction d’une nouvelle matiere fébrile dans l’intervalle. Le danger est toujours plus grand à proportion que les accès se touchent & se multiplient ; cependant la méthode curative ne change pas : on peut seulement augmenter avec prudence, la dose du fébrifuge, & s’y tenir un peu plus long-tems, pour prévenir la récidive. (Le chevalier de Jaucourt.)

Tierce, s. f. en Musique, est la premiere des deux consonnances imparfaites. Voyez Consonnance. Comme les Grecs ne la reconnoissoient pas pour telle, elle n’avoit point parmi eux de nom générique. Nous l’appellons tierce, parce que son intervalle est formé de trois sons, ou de deux degrés diatoniques. A ne considérer les tierces que dans ce dernier sens, c’est-à-dire par leur degré, on en trouve de quatre sortes, deux consonnantes, & deux dissonnantes.

Les consonnantes sont 1°. la tierce majeure, que les Grecs appelloient diton, composée de deux tons comme d’ut à mi ; son rapport est de 4 à 5. 2°. La tierce mineure appellée par les Grecs hemi-diton, est composée d’un ton & demi, comme mi sol ; son rapport est de 5 à 6.

Les tierces dissonnantes sont, 1°. la tierce diminuée, composée de deux semi-tons majeurs, comme si, ré bémol, dont le rapport est de 125 à 144. 2°. La tierce superflue, composée de deux tons & demi, comme fa, la dieze ; son rapport est de 96 à 125.

Ce dernier intervalle ne s’emploie jamais ni dans l’harmonie, ni dans la mélodie. Les Italiens pratiquent assez souvent dans le chant la tierce diminuée ; pour dans l’harmonie, elle n’y sauroit jamais faire qu’un très-mauvais effet.

Les tierces consonnantes sont l’ame de l’harmonie, sur-tout la tierce majeure, qui est sonore & brillante. La tierce mineure a quelque chose de plus triste ; cependant elle ne laisse pas d’avoir beaucoup de douceur, sur-tout quand elle est redoublée.

Nos anciens musiciens avoient sur les tierces des lois presque aussi séveres que sur les quintes ; il n’étoit pas permis d’en faire deux de suite de la même espece, sur-tout par mouvement semblable. Aujourd’hui on fait autant de tierces majeures ou mineures de suite, que la modulation en peut comporter ; & nous avons des duo fort agréables qui, du commencement à la fin, ne procedent que par tierces.

Quoique la tierce entre dans la plupart des accords, elle ne donne son nom à aucun, si ce n’est à celui que quelques-uns appellent accord de tierce quarte, & que nous connoissons plus généralement sous le nom de petite-sixte. Voyez Accord, Sixte. (S)

Tierce de Picardie, les Musiciens appellent ainsi par plaisanterie, la tierce majeure donnée à la finale d’un morceau de musique composé en mode mineur. Comme l’accord parfait majeur est plus harmonieux que le mineur, on se faisoit autrefois une loi de finir toujours sur ce premier : mais cette finale avoit quelque chose de niais & de mal chantant qui l’a fait abandonner, & l’on finit toujours aujourd’hui par l’accord qui convient au mode de la piece, si ce n’est lorsqu’on passe du mineur au majeur ; car alors la finale du premier mode porte élégament la tierce majeure.

Tierce de Picardie, parce que l’usage de cette tierce est resté plus long-tems dans la musique d’église, & par conséquent en Picardie où il y a un grand nombre de cathédrales & autres églises, où l’on fait musique. (S)

Tierce, terme d’Imprimeur, c’est la troisieme épreuve, ou la premiere feuille que l’on tire immédiatement après que la forme a été mise en train, avant que d’imprimer tout le nombre que l’on s’est proposé de tirer sur un ouvrage. Quoiqu’il arrive que l’on donne trois ou quatre épreuves d’un ouvrage, c’est toujours la derniere qui s’appelle tierce. Le prote doit collationner avec grande attention, sur la tierce, si les fautes marquées sur la derniere épreuve ont été exactement corrigées. La tierce doit ressembler à une premiere bonne feuille, & être exempte de tout défaut, sans quoi on en exige une autre. Voyez Mettre en train.

Tierce, (Lainage.) en terme de commerce de laines d’Espagne, on appelle laine tierce, la troisieme sorte de laine qui vient de ce royaume ; c’est la moindre de toutes. Savary. (D. J.)

Tierce, (Jeu d’orgue.) est faite en plomb, & a tous ses tuyaux ouverts. Voyez la fig. 41. jeu d’Orgue. Ce jeu sonne l’octave au-dessus de la double tierce, qui sonne l’octave au-dessus du prestant. Voyez la table du rapport & de l’étendue des jeux d’Orgue.

Tierce double, (Jeu d’orgue.) sonne la tierce au-dessus du prestant ou du quatre piés. Ce jeu a quatre octaves, & est fait comme le nazared, en ce cas il a des oreilles, ou est fait comme la tierce qui n’en a point : sa matiere est le plomb. Voyez l’article Orgue, & la table du rapport & de l’étendue des jeux de l’orgue.

Tierces plumes, en Plumacerie, ce sont des plumes d’autruche qui à force d’être sur l’oiseau, sont usées au point qu’il ne reste presque plus de franges sur la tige.

Tierce, (Comm.) en Angleterre est une mesure pour des choses liquides, comme du vin, de l’huile, &c. elle contient le tiers d’une pipe, ou 42 gallons ; un gallon contient environ 4 pintes de Paris. Voyez Mesure, Gallon.

Tierce, estocade de, (Escrime.) est un coup d’épée qu’on alonge à l’ennemi dehors, & sur les armes. Voyez Tirer dehors les armes, & sur les armes.

Pour exécuter cette estocade, il faut 1°. faire du bras droit & de la main droite, tout ce qui a été enseigné pour parer en tierce, & effacer de même : 2°. étendre subitement le jarret gauche pour chasser le corps en avant : 3°. avancer le pié droit vers l’ennemi, à quatre longueurs de pié de distance d’un talon à l’autre : 4°. le genou droit plié, le gauche bien étendu, & le tibia perpendiculaire à l’horison : 5°. développer le bras gauche avec action la main ouverte, & avancer le corps jusqu’à ce que le bout des doigts soit sur l’à-plomb du talon gauche : 6°. le dedans de la main gauche tourné de même côté que le dedans de la droite, le pouce du côté de la terre & à hauteur de la ceinture : 7°. regarder l’ennemi par le dedans du bras droit : 8°. faire tout le reste comme à l’estocade de quarte. Voyez Estocade de quarte.

Tierce, parer en, (Escrime.) c’est détourner du vrai tranchant de son épée, celle de son ennemi sur une estocade qu’il porte dehors, & sur les armes. Voyez Tirer hors les armes, & sur les armes.

Pour exécuter cette parade, il faut 1°. sans varier la pointe d’aucun côté, élever le poignet à la hauteur du nœud de l’épaule : 2°. avancer un peu le haut du corps vers l’ennemi, en tournant l’axe des épaules à droite. (Voyez Effacer.) 3°. tourner la main droite de façon que le vrai tranchant soit sur l’alignement du coude, & mettre le plat de la lame parallele à l’horison : 4°. porter le talon du vrai tranchant du côté de l’épée ennemie, jusqu’à ce que la garde ait passé l’alignement du corps : 5°. regarder l’ennemi par le dedans du bras : 6°. serrer la poignée de l’épée avec toute la main, dans l’instant qu’on la tourne. Nota, qu’on fait tous ces mouvemens d’un seul tems & avec action.

Tierces ou Tierches, terme de Blason, ce sont fasces en devise qui se mettent trois à trois, comme les jumelles deux à deux, les trois fasces n’étant comptées que pour une, & toutes les trois n’occupant que la largeur de la fasce ordinaire, ou de la bande, si elles y sont posées, pourvu qu’il n’y en ait qu’une dans un écu. P. Menestrier. (D. J.)

Tierce au piquet, c’est trois cartes de la même couleur qui se suivent en nombre, comme l’as, le roi, la dame, que l’on appelle tierce-majeure ; les autres s’appellent du nom de la plus haute carte qui la forme ; comme dans celle ou le roi est la premiere, se nomme tierce au roi, ainsi des autres : la plus haute annullant toujours la plus foible.

Tierce-feuille, terme de Blason, figure dont on charge les écus des armoiries ; elle a une queue par laquelle elle est distinguée des trefles qui n’en ont point. (D. J.)

Tierce foi, (Jurisprud.) c’est la troisieme foi & hommage qui est rendue pour un fief, depuis la premiere acquisition dans les coutumes d’Anjou & Maine, Lodunois, Tours, & quelques autres ; un fief ou héritage noble ou tenu à franc devoir, se partage noblement entre rôturiers, lorsqu’il tombe en tierce-foi. Voyez le gloss. de M. de Lauriere, & les mots Foi, Hommage, Tierce-main.

Tierce-main ou Main-tierce, est la main d’un tiers. Ce terme est usité en matiere de saisie ; un particulier qui est en même tems créancier & débiteur de quelqu’un, saisit en ses propres mains, comme en main-tierce, ce qu’il peut devoir à son créancier qui est en même tems son débiteur.

Tierce-main signifie aussi quelquefois la troisieme main ou le troisieme possesseur d’un héritage noble dont la foi n’est plus due, parce qu’elle a été convertie en franc-devoir, quand ces héritages passent en tierce-main ou au troisieme possesseur : depuis l’affranchissement de l’héritage, il se partage noblement entre roturiers, dans les coutumes d’Anjou & Maine ou autres, où la qualité des personnes regle la maniere de partager les biens. Voyez le gloss. de M. de Lauriere au mot tierce-foi ou main. (A)

Tierce opposition, est celle qui est formée à l’exécution d’un jugement par un tiers qui n’a point été partie dans la contestation décidée par le jugement.

On la forme devant le même juge qui a rendu le jugement contre les parties avec lesquelles il a été rendu.

Si la tierce opposition est bien fondée, le jugement est retracté à l’égard du tiers-opposant seulement ; s’il succombe, il est condamné aux dépens & en l’amende.

Cette opposition est recevable en tout tems, même contre une sentence, après que le tems d’en appeller est expiré, parce qu’une sentence ne passe en force de chose jugée que contre ceux avec qui elle a été rendue. Voyez l’ordonnance de 1667, tit. XXVII. art. x. & tit. XXXV. art. ij. & les mots Appel, Arrêt, Jugement, Opposition, Requête civile, Sentence. (A)

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Phonétique du mot « tierce »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
tierce tjɛrs

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Traductions du mot « tierce »

Langue Traduction
Anglais third
Espagnol tercero
Italien terzo
Allemand dritte
Chinois 第三
Arabe الثالث
Portugais terceiro
Russe в третьих
Japonais 三番
Basque hirugarrena
Corse terzu
Source : Google Translate API
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