La langue française

Synode

Sommaire

  • Définitions du mot synode
  • Étymologie de « synode »
  • Phonétique de « synode »
  • Citations contenant le mot « synode »
  • Traductions du mot « synode »
  • Synonymes de « synode »

Définitions du mot « synode »

Trésor de la Langue Française informatisé

SYNODE, subst. masc.

A. − ANTIQUITÉ
1. GRECQUE
a) Parfois au fém. Synode d'Apollon. Confrérie d'acteurs, de poètes, de musiciens en l'honneur d'Apollon. (Dict. xixes.).
b) Assemblée fédérale des ligues achéenne et éolienne à l'époque hellénistique (Dict. xixes.).
2. JUIVE. Synon. de grande Synagogue (v. ce mot A 1 a).Le Grand Synode (...) qui rappelait le Conseil des Anciens de Moïse (...) se composait de 120 membres (...). Ceux qui en faisaient partie n'étaient pas des prêtres, mais des savants et des sages (R. Aron, Lettre ouverte à l'Église de France, 1975, p. 67).
B. − RELIG. CHRÉT.
1. HISTOIRE
a) Assemblée d'évêques délibérant sur des questions touchant à la vie de l'Église. Synon. concile.Synode provincial. Au neuvième siècle, au synode d'Aix-La-Chapelle, saint Benoît d'Aniane tenta d'interdire l'entrée des oblats dans les ascétères, mais son avis ne prévalut pas (Huysmans, Oblat, t. 1, 1903, p. 191).Au IVesiècle, le synode de Laodicée réprouve l'attribution de pouvoirs surnaturels aux pierres précieuses (Metta, Pierres préc., 1960, p. 98).
b) Réunion d'ecclésiastiques convoquée par l'évêque pour délibérer sur les affaires du diocèse. Beaucoup de curés ne résident pas dans leur paroisse; ils négligent de se rendre aux synodes et chapitres; promus à la prêtrise, ils ne se présentent point aux ordinations et passent des années sans célébrer (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 47).
2.
a) ANGLICANISME. Synode général. Organe de gouvernement de l'Église d'Angleterre, constitué par les évêques et des représentants du clergé et des laïcs (d'apr. Dess. 1980).
b) CATHOLICISME
Synode (diocésain). Assemblée de prêtres (et, depuis le concile de Vatican II, de religieux et de laïcs) d'un diocèse traitant de questions intéressant la pastorale et la discipline ecclésiastique, convoquée et présidée par l'évêque. Le synode est une institution très ancienne dans l'histoire de l'Église, mais qui, jusqu'au dernier concile Vatican II, plus précisément jusqu'à la publication en 1983 d'un nouveau code de droit canon, était strictement réservé au clergé (Le Monde, 24 mai 1988, p. 9, col. 1).
Synode (épiscopal/des évêques). Depuis le concile de Vatican II, ,,conseil [composé d'évêques le plus souvent élus], appelé à aider le pape dans le gouvernement de l'Église`` (Dess. 1980).
c) JUD. [Au xixes.] Synode israëlite. Les réformistes (...) furent les dirigeants des synodes de Leipzig (1869) et d'Augsbourg (1871), assemblées de laïques et de rabbins (...). Le but était de créer une chambre de consultations embrassant le monde pour les questions religieuses embrouillées du judaïsme. Mais les orthodoxes restèrent à l'écart (M. Margolis, A. Marc, Hist. du peuple juif, trad. par J. Robillot, 1930, p. 626).
d) RELIG. RÉFORMÉES. Assemblée régionale ou nationale constituant le gouvernement des Églises protestantes; réunion des ministres du culte délibérant de points litigieux de la religion réformée. Le Synode calviniste de Dordrecht se tenait alors en Hollande (1618-1619): il s'agissait d'y condamner les doctrines d'Arminius, qui les avait eues quelque peu molinistes ou semi-pélagiennes, mais fort charitables et tolérantes (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 1, 1840, p. 298).Synode annuel de l'Église réformée de France (Le Monde, 14 mai 1988, p. 15, col. 1).
e) RELIG. ORTHODOXE. Saint synode
Assemblée des évêques ayant à délibérer sur des questions intéressant la vie de leur Église. L'autorité supérieure ecclésiastique du royaume réside dans un synode permanent portant le nom de saint synode de l'Église de la Grèce, siégeant invariablement dans la capitale du royaume. Ce synode se compose de cinq membres, ayant voix délibérative, pris parmi les prélats occupant un siége dans le royaume, et dont l'un est président (About, Grèce, 1854, p. 263).
Conseil suprême de l'Église russe. Les obstacles vinrent, encore une fois, de l'opposition de l'Église orthodoxe. Le saint-synode empêcha l'adoption pure et simple du calendrier grégorien (Chauve-Bertrand, Question calendrier, 1920, p. 99).
Prononc. et Orth.: [sinɔd]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1310 « assemblée d'évêques et d'abbés d'une circonscription ecclésiastique réunie pour traiter de ce qui touche au ministère ecclésiastique » ici, assemblée des évêques de l'Italie mérid. convoquée par le pape en tant qu'évêque de Rome (Aimé du Mont-Cassin, Hist. des Normands, éd. V. de Bartholomaeis, III, XV, p. 130, 1: cestui pape Lyon [St Léon IX] combati contre la symonie... Il fist li synode, c'est la congregation, de Salerne), ex. isolé; 1511 fém. désigne prob. le synode de Francfort, de 794 (Lemaire de Belges, De la différence des schismes ds Œuvres, éd. J. Strecher, t. 3, p. 273); 1551 désigne un synode de l'église grecque (B. Platine, Vies, faictz et gestes des sainctz peres, Paris, J. Ruelle, fol. 155 vo: le sinode Constantinien [de l'antipape Constantin, 767-768]); 2. « assemblée de ministres protestants » [1559, 25 mai date de la réunion du 1ersynode de l'Église réformée] 1571, avr. (ds G. de Félice, Hist. Protestants de France, 1850, p. 198: le synode déclare que celle-là [confession de foi] est la véritable qui a été dressée au premier synode national); 3. 1690 « concile de l'Église universelle; œcuménique » (Fur.); 4. 1965, 15 sept. « assemblée des représentants de tout l'épiscopat, organisme central de l'Église catholique » synode d'évêques [synodum episcoporum] (Motu proprio ,,Apostolica sollicitudo`` ds Docum. cath. t. 62, 1965, col. 1664). Empr. au lat. eccl.synodus (gr. σ υ ́ ν ο δ ο ς « réunion »; à basse époque « assemblée religieuse » ives. St Grégoire de Naziance) « concile [œcuménique] » (ad synodum Nicaenam, ives., St Ambroise; universalis synodus, ive-ves.); « synode épiscopal, réunion des évêques d'une même province » (ves.; rare en ce sens à basse époque, Blaise Lat. chrét.), sens fréq. au Moy. Âge (Du Cange). Cf. le terme pop. a. fr. senne « assemblée d'ecclésiastiques tenue par un évêque » (ca 1140 Geoffroi Gaimar, Estoire des Engleis, éd. A. Bell, 1378; encore relevé par Cotgr. 1611). Fréq. abs. littér.: 82. Bbg. Richard Kirchenterminologie 1959, pp. 142-144; p. 248.

Trésor de la Langue Française informatisé

SYNODE, subst. masc.

A. − ANTIQUITÉ
1. GRECQUE
a) Parfois au fém. Synode d'Apollon. Confrérie d'acteurs, de poètes, de musiciens en l'honneur d'Apollon. (Dict. xixes.).
b) Assemblée fédérale des ligues achéenne et éolienne à l'époque hellénistique (Dict. xixes.).
2. JUIVE. Synon. de grande Synagogue (v. ce mot A 1 a).Le Grand Synode (...) qui rappelait le Conseil des Anciens de Moïse (...) se composait de 120 membres (...). Ceux qui en faisaient partie n'étaient pas des prêtres, mais des savants et des sages (R. Aron, Lettre ouverte à l'Église de France, 1975, p. 67).
B. − RELIG. CHRÉT.
1. HISTOIRE
a) Assemblée d'évêques délibérant sur des questions touchant à la vie de l'Église. Synon. concile.Synode provincial. Au neuvième siècle, au synode d'Aix-La-Chapelle, saint Benoît d'Aniane tenta d'interdire l'entrée des oblats dans les ascétères, mais son avis ne prévalut pas (Huysmans, Oblat, t. 1, 1903, p. 191).Au IVesiècle, le synode de Laodicée réprouve l'attribution de pouvoirs surnaturels aux pierres précieuses (Metta, Pierres préc., 1960, p. 98).
b) Réunion d'ecclésiastiques convoquée par l'évêque pour délibérer sur les affaires du diocèse. Beaucoup de curés ne résident pas dans leur paroisse; ils négligent de se rendre aux synodes et chapitres; promus à la prêtrise, ils ne se présentent point aux ordinations et passent des années sans célébrer (Faral, Vie temps st Louis, 1942, p. 47).
2.
a) ANGLICANISME. Synode général. Organe de gouvernement de l'Église d'Angleterre, constitué par les évêques et des représentants du clergé et des laïcs (d'apr. Dess. 1980).
b) CATHOLICISME
Synode (diocésain). Assemblée de prêtres (et, depuis le concile de Vatican II, de religieux et de laïcs) d'un diocèse traitant de questions intéressant la pastorale et la discipline ecclésiastique, convoquée et présidée par l'évêque. Le synode est une institution très ancienne dans l'histoire de l'Église, mais qui, jusqu'au dernier concile Vatican II, plus précisément jusqu'à la publication en 1983 d'un nouveau code de droit canon, était strictement réservé au clergé (Le Monde, 24 mai 1988, p. 9, col. 1).
Synode (épiscopal/des évêques). Depuis le concile de Vatican II, ,,conseil [composé d'évêques le plus souvent élus], appelé à aider le pape dans le gouvernement de l'Église`` (Dess. 1980).
c) JUD. [Au xixes.] Synode israëlite. Les réformistes (...) furent les dirigeants des synodes de Leipzig (1869) et d'Augsbourg (1871), assemblées de laïques et de rabbins (...). Le but était de créer une chambre de consultations embrassant le monde pour les questions religieuses embrouillées du judaïsme. Mais les orthodoxes restèrent à l'écart (M. Margolis, A. Marc, Hist. du peuple juif, trad. par J. Robillot, 1930, p. 626).
d) RELIG. RÉFORMÉES. Assemblée régionale ou nationale constituant le gouvernement des Églises protestantes; réunion des ministres du culte délibérant de points litigieux de la religion réformée. Le Synode calviniste de Dordrecht se tenait alors en Hollande (1618-1619): il s'agissait d'y condamner les doctrines d'Arminius, qui les avait eues quelque peu molinistes ou semi-pélagiennes, mais fort charitables et tolérantes (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 1, 1840, p. 298).Synode annuel de l'Église réformée de France (Le Monde, 14 mai 1988, p. 15, col. 1).
e) RELIG. ORTHODOXE. Saint synode
Assemblée des évêques ayant à délibérer sur des questions intéressant la vie de leur Église. L'autorité supérieure ecclésiastique du royaume réside dans un synode permanent portant le nom de saint synode de l'Église de la Grèce, siégeant invariablement dans la capitale du royaume. Ce synode se compose de cinq membres, ayant voix délibérative, pris parmi les prélats occupant un siége dans le royaume, et dont l'un est président (About, Grèce, 1854, p. 263).
Conseil suprême de l'Église russe. Les obstacles vinrent, encore une fois, de l'opposition de l'Église orthodoxe. Le saint-synode empêcha l'adoption pure et simple du calendrier grégorien (Chauve-Bertrand, Question calendrier, 1920, p. 99).
Prononc. et Orth.: [sinɔd]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. Ca 1310 « assemblée d'évêques et d'abbés d'une circonscription ecclésiastique réunie pour traiter de ce qui touche au ministère ecclésiastique » ici, assemblée des évêques de l'Italie mérid. convoquée par le pape en tant qu'évêque de Rome (Aimé du Mont-Cassin, Hist. des Normands, éd. V. de Bartholomaeis, III, XV, p. 130, 1: cestui pape Lyon [St Léon IX] combati contre la symonie... Il fist li synode, c'est la congregation, de Salerne), ex. isolé; 1511 fém. désigne prob. le synode de Francfort, de 794 (Lemaire de Belges, De la différence des schismes ds Œuvres, éd. J. Strecher, t. 3, p. 273); 1551 désigne un synode de l'église grecque (B. Platine, Vies, faictz et gestes des sainctz peres, Paris, J. Ruelle, fol. 155 vo: le sinode Constantinien [de l'antipape Constantin, 767-768]); 2. « assemblée de ministres protestants » [1559, 25 mai date de la réunion du 1ersynode de l'Église réformée] 1571, avr. (ds G. de Félice, Hist. Protestants de France, 1850, p. 198: le synode déclare que celle-là [confession de foi] est la véritable qui a été dressée au premier synode national); 3. 1690 « concile de l'Église universelle; œcuménique » (Fur.); 4. 1965, 15 sept. « assemblée des représentants de tout l'épiscopat, organisme central de l'Église catholique » synode d'évêques [synodum episcoporum] (Motu proprio ,,Apostolica sollicitudo`` ds Docum. cath. t. 62, 1965, col. 1664). Empr. au lat. eccl.synodus (gr. σ υ ́ ν ο δ ο ς « réunion »; à basse époque « assemblée religieuse » ives. St Grégoire de Naziance) « concile [œcuménique] » (ad synodum Nicaenam, ives., St Ambroise; universalis synodus, ive-ves.); « synode épiscopal, réunion des évêques d'une même province » (ves.; rare en ce sens à basse époque, Blaise Lat. chrét.), sens fréq. au Moy. Âge (Du Cange). Cf. le terme pop. a. fr. senne « assemblée d'ecclésiastiques tenue par un évêque » (ca 1140 Geoffroi Gaimar, Estoire des Engleis, éd. A. Bell, 1378; encore relevé par Cotgr. 1611). Fréq. abs. littér.: 82. Bbg. Richard Kirchenterminologie 1959, pp. 142-144; p. 248.

Wiktionnaire

Nom commun

synode \si.nɔd\ masculin

  1. (Religion) Assemblée ecclésiastique.
    1. (Christianisme) Assemblée de curés et autres ecclésiastiques catholiques, qui se fait dans chaque diocèse par le mandement de l’évêque ou d’un autre supérieur.
      • On a même organisé des synodes d’évêques, vers le VIIIe siècle pour délibérer de cette question. — (Alain Houziaux, La psychanalyse peut-elle guérir ?, L’Atelier, 2005, page 66)
      • L'étymologie du terme est d'ailleurs suggestive : « synode » vient du grec sun-odos, qui signifie « marcher ensemble », « faire route ensemble ». L'idée est immédiatement présente que l'Église existe grâce à la convergence et à la participation de tous. — (Bruno Chenu, Disciples d'Emmaüs, Bayard, Paris, 2003, page 147)
      • C’est en tout cas ce qu’ont demandé les évêques catholiques réunis à Rome, au dernier jour d’un synode (une assemblée convoquée par le pape) sur l’Amazonie, samedi 26 octobre. — (Cécile Chambraud, Un synode d’évêques catholiques propose de permettre l’ordination d’hommes mariés, Le Monde. Mis en ligne le 26 octobre 2019)
      • Synode diocésain.
      • Aller au synode.
      • Convoquer le synode.
      • Tenir un synode.
    2. (Christianisme) Assemblée des ministres du culte protestants.
      • Synode national, général.
      • Synode provincial.
      • Le synode de Dordrecht.
    3. (Judaïsme) Assemblée de croyants juifs, aussi dite grande Synagogue.
      • Le Grand Synode (...) qui rappelait le Conseil des Anciens de Moïse (...) se composait de 120 membres (...). Ceux qui en faisaient partie n'étaient pas des prêtres, mais des savants et des sages. — (R. Aron, Lettre ouverte à l'Église de France, 1975, p. 67)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SYNODE. n. m.
Assemblée ecclésiastique. Il se dit spécialement de l'Assemblée de curés et autres ecclésiastiques, qui se fait dans chaque diocèse par le mandement de l'évêque ou d'un autre supérieur. Synode diocésain. Aller au synode. Convoquer le synode. Tenir un synode, le synode. Il se dit aussi, chez les Réformés, de l'Assemblée des ministres. Synode national, général. Synode provincial. Le synode de Dordrecht.

Littré (1872-1877)

SYNODE (si-no-d') s. m.
  • 1Assemblée des curés et des autres ecclésiastiques d'un diocèse, laquelle se fait par le mandement de l'évêque ou d'un autre supérieur. Le pape Sirice, après avoir condamné ces hérésiarques [joviniens], envoya ses légats à Milan, pour y convoquer un synode, et pour étouffer ces nouvelles erreurs dans le lieu même où elles étaient nées, Fléchier, Hist. de Théodose, IV, 13. Voici donc, mes frères, la seule peine que nous prononçons en plein synode contre…, Massillon, Disc. synod. Contre certains abus. Les évêques s'exposaient aux censures ecclésiastiques, s'ils portaient leurs différends au tribunal séculier, préférablement à l'arbitrage des métropolitains et à la juridiction des synodes, Naudet, Instit. Mém. inscr. et belles-lett. t. VIII, p. 521.
  • 2Chez les protestants, assemblée de ministres et d'anciens pour les affaires de l'Église. Synodes nationaux. Synodes provinciaux. Les calvinistes tinrent leur synode national de Sainte-Foi, Bossuet, Var. 12. C'est en vain qu'ils [les protestants] ont voulu reprendre l'autorité attachée au nom de l'Église, et obliger les particuliers à se soumettre aux décisions de leurs synodes, Bossuet, 1re instr. past. 19.

HISTORIQUE

XIIIe s. N'ot en cest an provoire [prêtre] au sane [synode], Del raconter ne fust tous las, Du Cange, synodus. Mais à envis ou volontiers Convient au sesne aler le prestre, Du Cange, ib.

XIVe s. Icellui Piolet dist à l'exposant que sa femme avoit esté pour adultere rapportée au senne, Du Cange, ib.

XVe s. Qu'il voulsist declarer que ce saint senne est duement convoqué par les cardinaux, Monstrelet, I, 55.

XVIe s. Si quelque prestre avoit esté condamné par son evesque, ou quelque evesque par le synode de sa province, incontinent ils en appelloyent à Rome, Calvin, Instit. 900.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SYNODE, s. m. terme dont on se servoit autrefois dans l’ancienne Astronomie, pour marquer la conjonction de deux ou de plusieurs étoiles ou planetes dans le même lieu du ciel. Voyez Conjonction.

Ce mot est formé du grec σύνοδος, assemblée, & il est composé de σὺν, avec, & ὁδὸς, voie ou chemin. C’est de-là qu’on dit le mois synodique de la lune, pour désigner l’intervalle entre deux conjonctions successives de la lune au soleil. Cette derniere expression est restée, & celle de synode a vieilli. (O)

Synode, (Jurisprud.) signifie en général une assemblée de l’Eglise.

Quelquefois le terme de synode est pris pour une assemblée de l’Eglise universelle ou concile écuménique, quelquefois pour un concile national ou provincial. Voyez Concile.

Il y a plusieurs sortes de synodes.

Synode de l’archidiacre, est la convocation que l’archidiacre fait devant lui de tous les curés de la campagne dans le diocese de Paris ; il se tient le mercredi d’après le second dimanche de Pâques.

Synode de l’archevêque, est celui que tient l’archevêque dans son diocese propre, comme chaque évêque dans le sien. Voyez Synode épiscopal.

Synode du grand-chantre, est celui que le chantre de la cathédrale tient pour les maîtres & maîtresses d’école.

Synode diocésain, est celui auquel sont convoqués tous les curés & autres ecclésiastiques d’un même diocèse. Voyez ci-après Synode épiscopal.

Synode épiscopal ou de l’évêque, est la même chose que synode diocésain ; l’objet de ces assemblées est de faire quelques réglemens & quelques réformations pour conserver la pureté des mœurs.

Les conciles d’Orléans & de Vernon ordonnent la convocation des synodes tous les ans, & que tous les prêtres, même les abbés, seront tenus d’y assister.

Le concile de Trente ordonne aussi la tenue du synode diocésain tous les ans, auquel doivent assister les exempts, qui ne sont point sous chapitres généraux, & tous ceux qui sont chargés du gouvernement des églises paroissiales, ou autres séculieres, même annexes.

Ces assemblées se faisoient même anciennement deux fois l’année au mois de Mai, & au calendes de Novembre.

Les curés des paroisses qui dépendent des abbayes & ordres exempts, ne sont pas dispensés d’assister au synode de l’évêque, n’étant pas exempts de sa jurisdiction.

Le réglement de l’assemblée de Melun, en 1579, ordonne aux curés qui viennent au synode, de déférer à l’évêque le nom de leurs paroissiens coupables de crimes publics, afin que le synode y pourvoie. Voyez les mémoires du clergé.

Synode national, est celui qui comprend le clergé de toute une nation. Voyez Concile national.

Synode de l’official, est celui que tient l’official, où il convoque tous les curés de la ville, fauxbourgs & banlieue à Paris : ce synode se tient le lundi de quasimodo.

Synode provincial. Voyez Concile provincial.

Synode des religionnaires. Les églises prétendues réformées avoient leurs synodes pour entretenir leur discipline : il y en avoit des nationaux & de provinciaux. Le synode de Dordreht pour la condamnation des Arminiens, est un des plus fameux. Les assemblées de l’Eglise anglicane, s’appelloient aussi du nom de synode. (A)

Synode, convocation d’un, (Droit politiq.) la plupart des auteurs du droit civil & politique, estiment que c’est aux rois qu’appartient le droit de convoquer les synodes, d’en confirmer les décisions, & de faire tout ce que les empereurs ont fait autrefois, & que les évêques de leur tems ont reconnu qu’ils avoient droit de faire.

Il paroît que les princes chrétiens ont seuls le droit de convoquer des synodes, par l’histoire des conciles généraux assemblés de leur tems, & par l’exemple de ceux qui se sont tenus dans la suite, sous différens empereurs. Il paroît encore, par l’histoire, qu’ils ont le droit d’examiner, de revoir, d’approuver, & de casser leurs décisions. On sait sur quel ton Constantin écrivit au concile de Tyr. « Vous tous qui avez tenu le concile de Tyr, rendez-vous auprès de moi, sans délai, pour y faire voir en ma présence, la justice du jugement que vous avez rendu ; auprès de moi, dis-je, à qui vous ne sauriez refuser la qualité de fidele serviteur de Dieu ». Socrate, Hist. eccles. l. I. c. xxxiv. Il est certain qu’on pouvoit refuser à Constantin la qualité qu’il s’arroge de fidele serviteur de Dieu ; mais en qualité d’empereur, on ne pouvoit lui refuser le droit de convoquer le concile, & de juger sa conduite.

Ainsi lorsque les princes convoquent le clergé en synode, le clergé est, 1°. obligé de s’assembler ; 2°. il n’est pas en droit de s’assembler de sa propre autorité, si le prince ne le convoque. Ces deux propositions sont prouvées, 1°. par la loi de Dieu, confirmée par les lois de tous les peuples ; 2°. par des exemples avant J. C. & dans l’église judaïque, non seulement depuis le tems de Moïse jusqu’à celui des Macchabées, mais encore après J. C. depuis Constantin jusque au-delà du dixieme siecle, par les conciles généraux, & par les conciles nationaux & provinciaux, assemblés pendant tout cet espace de tems, sous les empereurs & sous les rois.

Les lois payennes déclarerent illégitimes toutes celles qui se tenoient sans les ordres de l’autorité souveraine, quoiqu’elles fussent ἱερῶν ὀργίων ἕνεκα, dit Solon ; sous prétexte de religion, sub prætextu religionis, disent les lois romaines. Les empereurs chrétiens n’ont jamais affoibli ce droit ; au contraire ils lui ont donné plus de force & d’étendue. Il se trouva à Nicée trois cens & dix-huit évêques, entre lesquels il n’y en eut aucun qui refusât de venir quand Constantin les convoqua, comme n’étant pas légitimement convoqués ; aucun dans ce premier concile, ne déclara qu’il falloit faire renoncer Constantin à ses droits prétendus, & lui représenter de ne se plus mêler des assemblées & des affaires ecclésiastiques.

Il résulte de cet exemple & de plusieurs autres, que l’Eglise n’a d’autre droit de s’assembler en synode, que celui qu’elle tire de la permission du prince chrétien ; que, quand le synode est assemblé, il ne sauroit decréter, ou conclure sur quelque matiere de dogme ou de discipline que ce soit, qu’autant que cela aggrée au souverain ; que le prince peut ratifier ou annuller tous les actes du synode, & suspendre l’exécution de toutes, ou de quelques-unes de ses ordonnances. Qu’enfin l’autorité des actes synodaux, dépend entierement du monarque, & qu’aucun synode n’a le droit de se séparer sans son acquiéscement.

En un mot, les plus savans politiques soutiennent que l’autorité civile doit s’étendre sur les affaires ecclésiastiques comme sur les civiles ; & c’est-là, dit Grotius, une des principales prérogatives du souverain ; mais en même tems, ajoute-t-il, la raison & le christianisme nous enseignent que chaque particulier doit jouir du droit de suivre le dictamen de sa conscience ; & que la non-conformité avec la religion dominante, ne doit priver personne d’aucun droit naturel, ni d’aucun droit civil. (D. J.)

Synode d’Apollon, (Antiq. rom.) c’étoit une espece de confrérie d’Apollon, où l’on recevoit des gens de théâtre, appellés scéniques, des poëtes, des musiciens, des joueurs d’instrumens : cette société étoit fort nombreuse. Nous trouvons dans Gruter 60 aggrégés au synode d’Apollon, désignés par leurs noms & surnoms, entre lesquels je n’en nommerai qu’un seul, Marc Aurele Septentrion, affranchi d’Auguste, & le premier pantomime de son tems, qui étoit prêtre du synode d’Apollon, parasite du même Apollon, & qui fut honoré par l’empereur de charges considérables. (D. J.)

Synodes des Calvinistes en France, (Hist. du calvinis.) nom des assemblées ecclésiastiques formées des ministres & des anciens des églises calvinistes en France. Ces églises ont tenu dans ce royaume vingt-neuf synodes nationaux, depuis l’an 1559, jusques à l’année 1659. Le premier synode national des églises réformées, se tint à Paris le 25 Mai 1559, au fauxbourg S. Germain. L’on y dressa la confession de foi en quarante articles, & un projet de discipline qui fut souvent retouché par les synodes suivans. Dans le dernier synode qui se tint à Loudun en 1659, le commissaire du roi declara que ces nombreuses assemblées coûtant beaucoup de frais & d’embarras, & les affaires pouvant être reglées par des synodes provinciaux, sa majesté avoit résolu qu’on ne convoqueroit plus de synode national, que lorsqu’elle le jugeroit expédient. On peut consulter sur ce sujet, l’Histoire de l’édit de Nantes, & celle des synodes nationaux des Calvinistes, par Aymon. (D. J.)

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Étymologie de « synode »

Provenç. cenede ; espagn. et ital. sinodo ; du lat. synodus, qui vient du grec σύνοδος, assemblée, de σὺν, avec, et ὁδὸς, voie, chemin. Synodus, avec l'accent sur sy, avait donné régulièrement senne.

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(1310) Du latin synodus emprunté au grec ancien σύνοδος, sunodos (« réunion », « synode, concile »), mot est composé de σύν, sun (« avec ») et de ὁδός, hodos (« route »).
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Phonétique du mot « synode »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
synode sinɔd

Citations contenant le mot « synode »

  • Une bombe explose lorsque les membres du synode apprennent que des dossiers de prêtres pédophiles ou d’abuseurs sexuels de toutes sortes ont été détruits ou n’ont pas même été documentés. l-express.ca, Le pape François freine mal les scandales sexuels - l-express.ca
  • L’enjeu qui reste à affronter est d’articuler forces et faiblesses. En d’autres termes, de réfléchir à de nouvelles formes de collaboration associant évêques, prêtres, diacres, religieuses et religieux, laïcs, hommes et femmes en vue d’une mission commune : annoncer la Bonne Nouvelle. Ce qui peut d’ailleurs signifier, pour prendre un seul exemple, que la prédication ne soit plus réservée aux prêtres mais puisse s’ouvrir en particulier aux femmes. Cette réflexion pourrait prendre place dans le cadre d’un synode national comme celui qui est en cours au sein de l’Église d’Allemagne. Un long et passionnant chemin. La Croix, Pour un synode national
  • Pour lui en effet, c’est toute l’Église qui est invitée à vivre ainsi. Que ce soit dans le cadre des synodes diocésains, pour les évêques avec leurs prêtres dans les différents conseils dont ils doivent s’entourer, ou entre évêques eux-mêmes, dans les conférences épiscopales. La Croix, En 2022, un Synode sur la synodalité
  • Les évêques des Antilles projettent d’organiser un synode régional et pourraient inscrire leur réflexion dans la continuité des travaux du synode sur l’Église d’Amazonie, avec laquelle ils partagent des problématiques communes. La Croix, Les évêques des Antilles souhaitent organiser un synode régional
  • Alors que l’exhortation apostolique du pape François à l’issue du Synode sur l’Amazonie est parue, mercredi 12 février, il a décidé de convoquer un nouveau synode des évêques pour l’automne 2022, sans que le sujet ne soit défini pour l’instant. La Croix, Le pape François annonce un synode en 2022
  • Un synode chez les cathodes, l'ambiance était électrique ... Le Figaro.fr, Au fait, c’est quoi un synode?
  • Du 6 au 27 octobre 2019, plus de 300 évêques, experts et auditeurs (dont une petite quarantaine de femmes) ont participé au synode Amazonie. Ce synode est un événement pour la sauvegarde de l’Amazonie, pour l’Eglise et l’avenir de notre maison commune, la planète. Ensemble, avec les habitants de l’Amazonie, nous pouvons contribuer à sauvegarder l’Amazonie et nous transformer nous-mêmes ! CCFD-Terre Solidaire, Synode pour l’Amazonie : et si nous revisitions notre rapport à l’Eglise et à (...) - CCFD-Terre Solidaire

Traductions du mot « synode »

Langue Traduction
Anglais synod
Espagnol sínodo
Italien sinodo
Allemand synode
Chinois 主教会议
Arabe السينودس
Portugais sínodo
Russe синод
Japonais 会期
Basque sinodo
Corse sinodo
Source : Google Translate API

Synonymes de « synode »

Source : synonymes de synode sur lebonsynonyme.fr
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