La langue française

Accueil > Dictionnaire > Définitions du mot « sud »

Sud

Définitions de « sud »

Trésor de la Langue Française informatisé

SUD, subst. masc.

A. −
1. Point cardinal opposé au nord; direction, exposition, espace, aire de vent correspondants. J'atteignis le champ par le sud et j'en découvris brusquement toute l'étendue (Bosco, Mas Théot., 1945, p. 246).V. baudrier ex. 3 et migration ex. 2:
J'étais sur une terrasse au-dessus de l'oasis, en vue du désert, au plein sud, peignant malgré le vent, malgré le sable, malgré les dalles qui me brûlaient les pieds, les murs qui me brûlaient le dos... Fromentin, Été Sahara, 1857, p. 193.
SYNT. Le sud des États-Unis, de l'Europe, de la France; le sud de la péninsule; l'extrême sud de; du nord au sud, du nord vers le sud; droit au sud; face au sud; plus au sud; regarder, s'étendre au sud; venir du sud; aller, descendre, marcher vers le sud; être exposé, orienté, situé au sud; être limité au sud par.
P. méton. Ensemble des habitants de la partie méridionale d'un territoire. Tout le sud du département prenait les armes (Zola, Fortune Rougon, 1871, p. 107).
2.
a) Subst. + du sud
Qui est situé dans cette direction par rapport à un point donné. L'horizon du sud. La grande esplanade poudreuse qui (...) continue au nord la terrasse fleurie du sud (Amiel, Journal, 1866, p. 473).
[En parlant d'une voie de communication] Qui est situé dans cette direction, qui mène dans cette direction. Route du sud. Au lever du soleil, ils prirent le chemin du sud qui, le long de la mer, parmi les lauriers et les menthes, menait aux murs de Sybaris (Maurras, Chemin Paradis, 1894, p. 49).
[En parlant du vent] Qui souffle en venant de cette direction. Brise du sud. Les nuages du vent du sud se déchiraient aux lances noires des mélèzes (Peyré, Matterhorn, 1939, p. 22).[Sous la forme (vent) de sud] Ce soir le vent est tombé, il est probable que nous allons avoir vent de sud pour quelque temps (Flaub., Corresp., 1850, p. 88).
b) Au sud de + subst. déterminé.En un lieu situé dans cette direction (par rapport à un point donné). Au sud de la Loire; au sud de la ville; passer au sud de. Ce pré de 1786 se trouve sans doute aujourd'hui au milieu de la ville, au sud de l'église du collège (Stendhal, H. Brulard, t. 1, 1836, p. 36).
3. [Surtout dans la lang. de la nav.]
Être dans le sud de + subst. Être au sud de. Le 22 au soir, j'eus connaissance de l'île Mocha, qui est environ à cinquante lieues dans le Sud de la Conception (Voy. La Pérouse, t. 2, 1797, p. 54).
[Dans différentes expr. indiquant la direction du vent] Le vent, la brise souffle du sud, est au sud, tourne au sud, saute du sud au nord, saute dans le sud. Le vent tombe de plus en plus au sud, le vent vacille, le vent passe au sud-est, mais il a repris toute sa violence (Queffélec, Recteur, 1944, p. 118).
[Dans différentes expr. indiquant le déplacement d'un bâtiment dans cette direction] Gouverner au sud. Arrivé au cap Pilares, à l'entrée du détroit, et trouvant les vents debout, il donna dans le sud (Verne, Enf. cap. Grant, t. 2, 1868, p. 9).Faire le sud. ,,Faire route vers le sud`` (Ac. 1835-1935).
B. − Peu usuel. Vent du sud. Le sud souffle depuis longtemps (Ac.1798-1935).
C. − [Gén. avec majuscule]
1. Partie méridionale (du monde, d'un ensemble géographique, d'un pays). Sud algérien, brésilien, tunisien; Afrique du Sud, Amérique du Sud, Caroline du Sud, Corée du Sud, Italie du Sud, Nouvelles-Galles du Sud; Alpes du Sud; états, pays, provinces du Sud; Slaves du Sud. [Ma mère] était incapable de haïr le Nord, mais elle aimait le Sud (...). Très différente en cela de beaucoup de gens du Sud, elle m'avait appris à admirer le Président Lincoln (Green, Journal, 1934, p. 174).Le but [du voyage d'Abel Tasman, en 1642] était la recherche des limites exactes de la Grande Terre du Sud (l'Australie) (Hist. sc., 1957, p. 1453).
Croix du Sud. V. croix I B 2.
Mer du Sud (vieilli). Océan Pacifique. Depuis les bords de l'océan Atlantique jusqu'aux sommets des Cordilières, rangées sur les bords de la mer du Sud (Bern. de St-P., Harm. nat., 1814, p. 217).
Mers du Sud/sud. Océan Pacifique austral; partie du monde correspondante. Ces madrépores que tu as vus dans les mers du Sud (L. Ménard, Rêv. païen, 1876, p. 202).Les plumes favorisent le vol du projectile, mais ne sont pas indispensables; elles sont inconnues dans les mers du sud (Lowie, Anthropol. cult., trad. par E. Métraux, 1936, p. 240).
2. En partic.
a) Synon. plus cour. midi.
Partie méridionale de l'Europe. [Lisbonne] une ville du Sud, une ville brûlante (Beauvoir, Mandarins, 1954, p. 85).
Partie méridionale de la France; en partic., sud-est de la France. L'action régionale s'impose par suite des grandes disparités entre le Nord et L'Est, le Sud et le Sud-Ouest (Perroux, Écon. XXes., 1964, p. 177).
b) Mod. Ensemble des pays en voie de développement situés au sud par rapport aux pays industrialisés. La commission sociale [de l'épiscopat] recense six grands chantiers. Il faut (...) « construire l'Europe » qui a besoin d'une structure politique pour assumer ses responsabilités à l'égard de l'Est sans oublier le Sud (La Croix, 10 oct. 1991, p. 4, col. 3).
3. P. méton. Ensemble des habitants correspondant. À Richmond, visité le musée de la Confédération (...). Beaucoup de choses très émouvantes (...). Les baïonnettes fixées au bout d'un bâton, arme improvisée à la fin de la guerre, alors que le Sud manquait de tout (Green, Journal, 1934, p. 177).
D. − [Sous une forme ell.; dans des tours relevant gén. de la géogr., de la mar., de la météor.]
1. Avec valeur d'adj.
a) Qui est situé dans cette direction, de ce côté. Banlieue, côte, extrémité, flanc, hémisphère, latitude, lisière, pôle, rive sud; moitié, partie, pointe sud de qqc.; Atlantique Sud, Pacifique Sud. La façade sud donnait sur des jardins en amphithéâtre qui descendaient par gradins jusqu'au bord de la petite rivière (Ponson du Terr., Rocambole, t. 5, 1859, p. 434).Les étoiles polaires sud, qui ont fait l'objet d'un catalogue photographique de Kapteyn (Hist. gén. sc., t. 3, vol. 1, 1961, p. 135).
HIST. CONTEMP. Zone sud. Synon. de zone libre*, zone non occupée*.Je gagnai la zone sud avec l'intention de me renseigner sur la résistance (Camus, Chute, 1956, p. 1536).
b) Qui vient de cette direction. Le vent est sud (Ac.1835-1935).Le mur nord éclairé par la lumière sud (Musées Fr., 1950, p. 22).
2. Avec valeur d'adv. Dans cette direction. Nous avions pénétré au cœur de la forêt et nous tournions maintenant plein sud (Abellio, Pacifiques, 1946, p. 103).Rare. (Verbe +) nord et sud ou sud et nord.Du nord au sud ou du sud au nord. Un marais se rencontra qui courait sud et nord (Verne, Enf. cap. Grant, t. 1, 1868, p. 99).V. nord D 2 a.
Prononc. et Orth.: [syd]. Att. ds Ac. dep. 1694; 1694-1798 avec majuscules; dep. 1835 avec minuscules sauf pour désigner les régions situées dans l'hémisphère sud: Amérique du Sud (id. ds Littré et ds Rob. et Rob. 1985, Lar. Lang. fr. qui écrivent aussi avec majuscules la région sud d'un pays: Sud de l'Europe, Sud de la France, v. nord). Étymol. et Hist. 1. Ca 1140 « partie du monde située dans la direction diamétralement opposée au nord » (Geoffroi Gaimar, Hist. des anglais, éd. A. Bell, 1586); fin xiies. le vent du su (Denis Piramus, St Edmund, éd. H. Kjellman, 1466); 1812 mar. faire le sud (Mozin-Biber); 2. ca 1170 « région sud d'un pays » (Rois, éd. E. R. Curtius, p. 54); 3. 1721 adj. « qui se trouve au sud » (Trév., s.v. latitude); 1812 être sud « venir du sud (d'un vent) » (Mozin-Biber). De l'anglo-sax. anc. sud (angl. mod. south), adj. d'orig. germ., empl. subst. au xiiies. (v. NED). Fréq. abs. littér.: 2 722. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 3 234, b) 3 651; xxes.: a) 2 042, b) 5 632.

Wiktionnaire

Adjectif - français

sud \syd\ invariable

  1. Dans la direction du sud.
    • La côte sud.
    • Le pôle sud de l’aimant.
    • Degrés de latitude sud. : Ceux qui vont de l’équateur au pôle Sud.
    • En trois jours, nous arrivions à Ushuaia, la ville la plus sud du monde… — (Jean-Baptiste Charcot, Expédition antarctique française - Journal de l'expédition (1903-1905))

Nom commun - français

sud \syd\ masculin

  1. (Indénombrable) (Géographie) Point cardinal opposé au nord ; direction du pôle de l’hémisphère austral et correspondant à l’azimut 180°.
    • Bourges est situé au sud de Paris.
    • Le terrain ardoisier montre une succession de schistes et de quartzites des nuances les plus diverses, dont l’inclinaison générale est vers le sud de la boussole. — (Edmond Nivoit, Notions élémentaires sur l’industrie dans le département des Ardennes, E. Jolly, Charleville, 1869, page 15)
    • La colonne descend dans la vallée au Sud du camp et suit le cours du ruisseau d’Aïn El-Fert à l’Ouest, puis au Nord-Ouest. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 133)
    • Il ventait dur, sans que l’atmosphère en fût rafraichie, car le vent soufflait du sud. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, page 112)
    • La brise avait été nettement plus favorable et mon estime me donnait 97 milles parcourus vers le Sud en quarante-huit heures. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil ; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Une végétation arbustive, résistante à la sécheresse occupe les faces exposées au sud. — (Robert E. Ricklefs et Gary L. Miller, Écologie, De Boeck Supérieur, 2005, page 149)
  2. (Indénombrable) Partie de la terre qui est opposée au Nord.
    • L’Amérique du Sud.
  3. (Indénombrable) Région d’un pays la plus rapprochée du Sud.
    • Carcassonne est située dans le Sud de la France, dans le département de l'Aude.
    • Des communications fréquentes, sinon continues, existaient à l’Éocène entre les contrées du Sud de l’Europe et le continent africain. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, p. 55)
  4. (Indénombrable) Région de la Terre située au midi.
  5. Pays du Sud. Pays sous-développé.
    • Les inégalités et disparités entre les nords et les suds révèlent ces nouvelles discontinuités que certains auteurs dénoncent comme des héritages de la colonisation. — (Gérard Bacconnier, La Mondialisation en fiches : Genèse, acteurs et enjeux, 2008)
  6. Vent soufflant depuis le midi.
    • Les suds sont aussi fort violents ; leur saison est dans le cours de juin, juillet et août, temps où les nords ne soufflent jamais. — (Jean-François de La Harpe, Abrégé de l’Histoire générale des voyages, 1820)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SUD. (On prononce le D.) n. m.
Celui des quatre points cardinaux qui est opposé au nord. Le vaisseau courut tant de degrés vers le sud. Naviguer du côté du sud. Le vent est au sud, vient du sud. Il se dit aussi de la Partie du monde ou de la partie d'un pays située du côté du sud. L'Amérique du Sud. Orléans est au sud de Paris. En termes de Marine, Faire le sud, Faire route vers le sud.

SUD désigne encore le Vent du sud. Le sud souffle depuis longtemps. Il s'emploie encore adjectivement et dans ce cas il reste invariable. Le pôle sud. Le vent est sud. Degrés de latitude sud, Ceux qui vont de l'équateur au pôle sud.

Littré (1872-1877)

SUD (sud) s. m.
  • 1Le midi, la partie du monde opposée au nord. Orléans est au sud de Paris. C'était constamment le vent du sud presque en tourmente et une mer affreuse, Bougainville, Voy. t. II, p. 214.

    L'Amérique du Sud, la mer du Sud, avec des S majuscules.

    Terme de marine. Faire le sud, faire route vers le sud.

    Adj. Le pôle sud, le pôle antarctique ou austral.

    Degrés de latitude sud, ceux qui vont de l'équateur à ce pôle.

    Le vent est sud, il souffle de la région du sud

  • 2 Absolument. Le vent du sud. Le sud est bon pour passer de France en Angleterre.

    Pour les marins le d est toujours nul, à moins qu'il ne se change en r. Ainsi ils disent su-è pour sud-est et sur-oi au lieu de sud-ouest.

HISTORIQUE

XIIe s. Li uns rochiers muntout al north, et li altres al sud, Rois, p. 46.

XIIIe s. D'autre part vers le su, à destre, Lui mustrerent perillus estre, Marie de France, Purgatoire, 933.

XVIe s. Cap de Dynaco et le fleuve Jourdain gisent nort et su, Le grant routier et pilotage, dans JAL. Au commencement du soir, courumes au sud et su-est, Journ. de Parmentier, dans JAL. Vous, sœur de ce grand roy, vous l'espouse d'un roy De qui l'est, le sur, l'oest et le nord prend la loy, Baïf, Œuvres, p. 198, dans LACURNE.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

SUD, (Géogr. mod.) l’un des quatre points cardinaux. Il est distant de 90 des points est & ouest, & de 180 du nord, auquel il est par conséquent diamétralement opposé.

Sud-est ; c’est la plage qui tient le milieu entre l’orient & le midi. Le vent qui souffle de ce côté porte aussi ce nom, & ceux d’eurauster, ou notapépéliotes.

Sud-est quart-à-l’est ; nom de la plage qui décline de 38°. 45′. de l’orient au midi. Le vent qui souffle de ce côté est ainsi appellé. On le nomme aussi meseurus.

Sud-est quart-au sud ; c’est le nom de la plage qui décline de 33°. 45′. du midi à l’orient, & celui du vent qui souffle de cette partie du monde, & qu’on appelle aussi hypophoenix.

Sud-ouest ; plage qui tient le milieu entre le midi & l’occident. Le vent qui souffle de ce côté, porte le même nom ; en latin ceux d’africus, notolybicus, notozephyrus.

Sud-ouest quart-à-l’ouest ; nom de la plage qui est à 33°. 45′. du midi à l’occident. C’est aussi le nom du vent qui souffle de ce côté, qu’on nomme en latin hypafricus, hipolibs, subvespetus.

Sud-ouest quart-au-sud ; plage qui décline de 33°. 45′. de l’occident au midi. Le vent qui souffle de ce côté porte le même nom, & en latin celui de mesolibonotus.

Sud-quart-au-sud-est ; nom de la plage qui est à 11°. 15′. du midi à l’orient, & du vent qui souffle de ce côté, connu aussi sous le nom de mesophoenix.

Sud-quart-au-sud-ouest ; plage qui est à 11°. 15′. du midi à l’occident. Outre ce nom, le vent qui souffle de ce côté est encore connu sous celui d’hypolibonotus ou alsanus.

Sud-sud-est ; nom de la plage de 22°. 30′. du midi à l’orient, & du vent qui vient de cette partie du monde qu’on nomme aussi gangeticus, leuconotus, phoenicias.

Sud-sud-est ; c’est la plage qui décline de 22°. 30′. du midi à l’occident. Le vent qui souffle de ce côté, porte le même nom, & en latin ceux de austro-africus, libonotus, notolybicus. (D. J.)

Sud, compagnie angloise du, (Com. & Hist. mod. d’Angl.) bien des lecteurs seroient fâchés de ne pas trouver ici un précis de l’histoire d’une compagnie qui a fait tant de bruit, ce qui peut-être dans son origine, fut moins un véritable établissement de commerce, qu’un système de politique, pour trouver un secours prompt & suffisant dans les pressans besoins de l’Angleterre épuisée par ses longues guerres contre la France, & cependant animée du desir de les soutenir glorieusement par de nouveaux efforts, vu le succès de ses armes au commencement de ce siecle.

Quoi qu’il en soit, le parlement d’Angleterre tenu en 1710, sous la reine Anne, ayant pris connoissance des dettes de la nation, tâcha d’y pourvoir. Ou trouva que ces dettes montoient en capital à 8 millions 47 mille 264 livres sterl. environ 183 millions 84 mille 256 livres de France. On s’avisa donc pour y remédier de former une compagnie qui auroit le commerce des mers du sud par préférence, & à l’exclusion de tous autres, à condition qu’elle se chargeroit d’acquitter les dettes de la nation, moyennant que le parlement lui accordât les fonds suffisans pour payer les intérêts aux particuliers jusqu’au remboursement du capital, qui seroit produit par ledit commerce. Ceux à qui appartenoient ces dettes publiques pourroient, à leur choix, être de cette compagnie préférablement aux autres, ou n’en être point.

L’ingénieux lord Harley, comte d’Oxford, fut l’auteur du projet, qui est une des belles choses qu’on ait fait en ce genre, & la reine le nomma premier gouverneur de cette compagnie. Par cet établissement, avec l’idée des deux loteries, la premiere de 15 cens mille livres sterl. ; la seconde de deux millions sterl. qui furent remplies en moins de 8 jours, & par d’autres secours, les dettes furent presque payées ; mais la nouvelle compagnie qui seroit peut-être tombée, n’ayant ni terrein, ni forteresses, trouva bien-tôt après les plus grandes ressources, en entrant en possession du traité de l’Assiente, c’est-à-dire de cette capitulation connue, par laquelle elle acquit du roi d’Espagne la permission de porter pendant 30 années 4800 negres par an dans l’Amérique espagnole, & d’envoyer chaque année aux foires du Mexique un vaisseau de 500 tonneaux.

Personne n’ignore les avantages & les suites de ce traité, non plus que le triomphe chimérique qu’eurent les actions du sud en 1720, leur prompte chute en 1722, les dettes de la compagnie, qui montoient alors à plus de 30 millions de livres sterl. (environ 670 millions de notre monnoie), l’infidélité des directeurs, la fuite des caissiers, & la punition de quelques-uns de ceux qui eurent part à tous ces désordres.

On peut juger à quel excès ces derniers avoient porté leurs friponneries, puisqu’on tira de la taxe à laquelle ils furent condamnés, 2 millions 400 mille livres sterling, plus de 40 millions de France. Enfin l’on sait les soins que prit alors le parlement pour rétablir le crédit de cette compagnie, & l’heureux succès de ces soins qui l’ont remise en 1724 dans sa premiere splendeur, & qui la soutiennent encore dans un état florissant, ses actions faisant une des grandes circulations de la bourse de Londres. Ces derniers événemens sont les plus considérables du regne de George I. & la grande-Bretagne n’en perdra jamais le souvenir.

En 1736 le fond de la compagnie du sud étoit de 17 millions sterl. & en 1750 le roi d’Espagne devoit lui payer en dédommagement 2 millions 300 mille livres de notre monnoie. Voilà donc une compagnie qui peut fournir une ample matiere de spéculation & d’étonnement à ceux qui considéreront toutes ses vicissitudes jusqu’à ce jour, & seulement dans l’espace de 40 ans. (Le Chevalier de Jaucourt.)

Compagnie angloise des Indes, (Comm.) de toutes les compagnies de l’Angleterre, & elle en a seule presque autant que les autres nations de l’Europe ensemble, la plus considérable est celle de l’Orient ; mais il suffira d’en tracer ici l’histoire abrégée, & de renvoyer le lecteur aux livres qui en parlent en détail.

Cette compagnie mérite toujours de tenir le second rang, que M. Savary lui assignoit en 1723. parmi celles qui sont établies en Europe pour le commerce des grandes Indes.

Elle se forma sous les dernieres années du regne d’Elisabeth en 1599, & parvint au plus haut point de sa grandeur en 1662. sous Charles II. qui lui accorda d’amples privileges, par plusieurs chartres qu’elle paya sous main libéralement ; elle perdit de sa splendeur depuis 1680, fut prête de culbuter en 1691, & finalement se rétablit en 1699 dans un état plus glorieux que jamais, par son union avec une nouvelle compagnie.

Alors on nomma des commissaires pour son établissement nouveau, & pour recevoir les souscriptions proposées à ce sujet de deux millions de livres sterlings (environ 46 millions de France) qui furent remplis en quatre jours. Il est même très-probable qu’on auroit eu le double, & peut-être le triple de cette somme, si on s’étoit moins hâté de fermer les livres, & qu’on eût donné le tems aux provinces & aux négocians étrangers de faire remettre leurs commissions à Londres. Ces fonds devinrent si considérables par cette incorporation, qu’en moins de deux ans, la compagnie avoit mis en mer jusqu’à 45 gros vaisseaux équipés pour son commerce.

Depuis ce tems-là, ses actions & son crédit ont toujours augmenté ; je n’entends point parler ici de cette manie subite qui, en 1719 & en 1720, donna au cours de ces actions & à celles du sud, ce haut prix trop connu, qui a été si fatal à l’état & aux particuliers ; désordre auquel le sage parlement de cette nation remédia bien-tôt après.

Cette compagnie a aujourd’hui outre Madras sur la côte de Coromandel, quatre principaux établissemens aux Indes ; savoir, à Surate, au golfe de Bengale, en Perse, & à Sumatra, ce qui lui forme plusieurs comptoirs. Les trois quarts de la cargaison de ses vaisseaux sont en or & en argent, le reste en marchandises. Ses retours montent ordinairement par an à plus de vingt-six millions de notre monnoie, sans parler du bénéfice des navires de permission, & des pacotilles qu’elle accorde aux propriétaires des vaisseaux qu’elle frette, & aux officiers qui les montent ; car sa méthode par rapport aux vaisseaux qu’elle emploie pour son commerce, est entierement différente de celle de la compagnie orientale de Hollande. Celle-ci a une très-grande quantité de vaisseaux, & sa marine cede peu à celle de la république même. La compagnie d’Angleterre n’a en propre que quelques petits vaisseaux dans les Indes, & tous ceux qu’elle y envoye de l’Europe ; elle les frette à mesure de ses besoins, souvent de ses propres directeurs, & cependant ce n’est pas manque de fonds. Est-ce que l’intérêt particulier l’emporte sur l’intérêt public ? Ou la compagnie trouve-t-elle tout calculé des avantages à louer à fret pour chaque voyage par une charte-partie conventionnelle, le nombre de vaisseaux dont elle a besoin ?

On n’entrera point dans les autres détails de sa police, on ajoutera seulement, que le commerce de ses actions se fait en écritures ; ensorte que la sûreté & la bonne foi de ce commerce, consiste dans la fidélité des livres qui sont tenus par la compagnie. Pour en être membre, il faut être Anglois ou naturalisé Anglois, & payer 5 liv. sterl. en se faisant recevoir. Tous les magasins de la compagnie sont à Londres ; elle a vingt-quatre directeurs. Elle créa en 1733 pour un million de livres sterling de nouvelles actions. En 1743, elle avança un million de livres sterl. au gouvernement, en reconnoissance du renouvellement de sa charte pour quatorze ans. Ses privileges sont très-étendus, & au point qu’elle peut faire la guerre dans les Indes sans en attendre les ordres de la cour. Finissons par une réfléxion qui s’offre ici.

Il est assez singulier que la grande-Bretagne ayant une compagnie générale pour l’Asie, ait au contraire établi pour l’Amérique, dont elle possede une portion considérable, presque autant de compagnies particulieres qu’elle a de cantons. Je ne veux pas attaquer par-là la politique de l’état, je pense bien différemment ; je crois qu’il en résulte un bénéfice beaucoup plus grand pour la nation, puisque d’habiles gens ont calculé, que ce qui est apporté en Angleterre par ses compagnies particulieres des Indes occidentales, après en avoir pris ce qu’il faut pour l’usage du royaume, monte annuellement à 500 mille liv, sterl. & que ce qui est apporté des colonies d’Amérique, & des parties septentrionales de ce continent, monte à 400 mille liv. sterl. par an, c’est-à-dire en un mot, à plus de 20 millions de notre monnoie chaque année. Voilà les fruits du commerce qui ne ressemblent point à ceux de la guerre. (Le chevalier de Jaucourt.)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « sud »

Allem. Süd ; suéd. syd ; angl. south.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Du vieil anglais suþ, de même sens. (c. 1140) suth (Gaimar).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « sud »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sud syd

Citations contenant le mot « sud »

  • Dans le Pacifique sud, à cause de leur taille, les moustiques sont réquisitionnés pour remplir des plans de vol. De Erma Bombeck / When you look like your passeport photo, it’s time to go home
  • Même le pôle Nord a un sud. De José Artur / Pensées
  • Une planète est un corps androgyne, pourvu des deux sexes et fonctionnant en masculin par les copulations du pôle nord, et en féminin par celles du pôle sud. De Charles Fourier / Le Phalanstère
  • Le corps humain comprend le thorax au nord et l’abdomen au sud. C’est dans le thorax que les poumons font leur nid. De Jean-Charles / La foire aux cancres
  • Traçons le vrai portrait de Paris : au nord, le mont Martre ; au sud le mont Parnasse, entre les deux la Seine, et sur la Seine, la piscine Deligny. De Alexandre Vialatte / Dernières nouvelles de l'homme
  • L'international sud-africain Eben Etzebeth a été blanchi par la fédération sud-africaine de rugby des accusations d'insultes racistes qui pesaient contre lui après une enquête interne, ont annoncé dimanche plusieurs médias locaux et un porte-parole de SA Rugby. L'Équipe, Eben Etzebeth blanchi par la fédération sud-africaine des accusations d'insultes racistes - Rugby - AFS - L'Équipe
  • Un camion fou a suscité une vive émotion, samedi soir, depuis l’autoroute A10 jusqu’à Blaye. Vers 20h30, la gendarmerie est alertée qu’un camion d’une dizaine de tonnes multiplie les manoeuvres dangereuses, sur l’A10, dans le sens nord-sud, à hauteur de Saintes. L’engin zigzague, freine sans raison. Le peloton autoroutier de Saintes est aussitôt déclenché et rapidement rejoint par celui de Saint-Aubin-de-Blaye. Arrivés au niveau du camion, les militaires font signe à sa conductrice de s’arrêter. SudOuest.fr, Vidéo. Gironde : un camion fou a suscité la panique dans la citadelle de Blaye samedi soir
  • Cet homme de 38 ans, "Africain et résidant dans le sud de la France", selon cette source, a très probablement glissé sur une congère et fait une chute mortelle près des lacs de Tristaina, à environ 2 300 mètres d’altitude, à quelques kilomètres du département de l’Ariège. SudOuest.fr, Pyrénées : un contrebandier de tabac retrouvé mort en Andorre à 2 300 mètres d’altitude
  • Les États-Unis ont recensé plus de 4,6 millions de contaminations et 154 319 décès, ce qui en fait le pays le plus durement touché au monde. Ces nouveaux chiffres sont publiés alors que la Floride se préparait à l'arrivée de la tempête tropicale Isaias, qui devrait redevenir un ouragan à l'approche de la partie sud-est de l'État ravagé par le virus.  LExpress.fr, Couvre-feu à Melbourne, 200 000 morts en Amérique du Sud... Le point sur la pandémie - L'Express

Images d'illustration du mot « sud »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « sud »

Langue Traduction
Anglais south
Espagnol sur
Italien sud
Allemand süd
Chinois
Arabe جنوب
Portugais sul
Russe юг
Japonais
Basque hego
Corse sudu
Source : Google Translate API

Synonymes de « sud »

Source : synonymes de sud sur lebonsynonyme.fr

Antonymes de « sud »

Sud

Retour au sommaire ➦

Partager