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Major

Sommaire

  • Définitions du mot major
  • Étymologie de « major »
  • Phonétique de « major »
  • Citations contenant le mot « major »
  • Traductions du mot « major »
  • Synonymes de « major »

Définitions du mot « major »

Trésor de la Langue Française informatisé

MAJOR1, adj. inv.

Vx, JEU (DE PIQUET). Tierce, quinte major. Synon. de tierce, quinte majeure.Cependant, Mes-Bottes, qui regardait son jeu, donnait un coup de poing triomphant sur la table. Il faisait quatre-vingt treize. − J'ai la Révolution, cria-t-il. Quinte mangeuse (...) Ensuite, tierce major dans les vitriers, vingt-trois (Zola, Assommoir, 1877, p. 627).
Prononc. et Orth.: [maʒ ɔ:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. V. majeur I 3 b.

MAJOR2, subst. masc.

A. − Domaine milit.
1. [Autrefois ou dans certaines armées étrangères] Officier supérieur du grade de chef de bataillon. Synon. commandant.Dans la campagne de 1808, il [Drouot] assiste à l'attaque et à la prise de Madrid en qualité de major de l'artillerie à pied de la Garde impériale (Lacordaire,Éloge fun. Drouot, 1847, p. 16).Les deux premières compagnies du 2e bataillon du 4e de ligne, sous le commandement du brave major Nicolaïdis, ont opposé une résistance héroïque (About,Roi mont., 1857, p. 198).Aurelle demanda au major Parker ce qu'il reprochait au suffrage universel (Maurois,Silences Bramble, 1918, p. 33).
Major d'une place. Officier commandant la place après le gouverneur militaire et le lieutenant du roi.
2. Officier supérieur chargé de divers services d'administration dans l'armée de terre. Major du régiment, major de garnison (Ac.1835-1935).
Aide-major. V. aide-.
3. Major(-)général
a) ARM. Officier général adjoint en temps de guerre au chef d'état-major général ou à un général en chef des trois armées:
1. Celle-ci [ma mission] m'est notifiée par le major-général. Elle est large. «Le commandement, me dit le général Doumenc, veut établir un front défensif sur l'Aisne et sur l'Ailette pour barrer la route de Paris (...)». De Gaulle,Mém. guerre, 1954, p. 30.
b) MAR. MILIT. Officier général ou officier supérieur placé sous les ordres du préfet maritime et responsable de la police militaire, de la sécurité, du matériel , du ravitaillement dans un arsenal, un port de guerre, une base navale.
4. [Au xixes. et jusqu'en 1928] Major, médecin-major. Médecin militaire. Bouroche (...) avait amené son personnel, deux majors de seconde classe et trois sous-aides, qui sans doute suffiraient aux opérations (Zola,Débâcle, 1892, p. 266).Expédié d'ambulance en ambulance, implorant des majors distraits: «Dites-moi la vérité. Ai-je quelque chose à la colonne vertébrale?» (Montherl.,Olymp., 1924, p. 273):
2. Elle avait eu affaire à des majors féroces, haineux, tyranniques, et qui faisaient subir aux malheureux blessés anglais (...) de véritables tortures. Van der Meersch,Invas. 14, 1935, p. 107.
Rem. Aujourd'hui, et selon le grade, on a médecin-lieutenant, médecin-capitaine, etc.
5. Région. (Suisse). Officier supérieur dont le grade se situe entre celui de capitaine et celui de lieutenant-colonel, commandant un bataillon ou une troupe. J'imagine très bien quelque cynique major, debout sur une jeep (c'est aussi une tradition suisse, les majors se mettent toujours debout sur une jeep) psalmodier d'une voix de stentor la litanie de nos excellentes raisons-pour-lesquelles-nous-continuons-à-être-neutres (C. Frochaux, Heidi ou le défi suisse, Lausanne, 1969, p. 133).
B. − Région. (Suisse). Major de table. Animateur d'un banquet (généralement de mariage), animateur d'une soirée, maître de cérémonie. Ensuite, le docteur, nommé major de table, lut deux ou trois télégrammes de félicitations qu'on venait de recevoir (Ramuz,Les Circonstances de la Vie, Lausanne, éd. Rencontre, 1967 [1907], p. 39).
C. − Arg. des écoles. Candidat reçu premier (de sa promotion) au concours d'une grande école. Sortir major de centrale, de polytechnique. Il annonçait:«M. Méridier, élève de l'École normale supérieure, major de sa promotion», sans se douter qu'il parlait le langage de polytechnique (Malègue,Augustin, t.1, 1933, p. 259).Tout de même, un major de l'X dans la police, dit Michel, on aura tout vu (Abellio,Pacifiques, 1946, p. 385).
REM.
Major, 2eélém. dans des mots composés (le plus souvent avec un trait d'union).a) [En parlant d'une pers.]
Infirmier(-)major, infirmière(-)major.(Infirmier major, Infirmier-major, infirmière major, infirmière-major) Infirmier, infirmière qui dirige une ambulance ou un service d'hôpital, parfois p. ell. le/la major. La mort étreignait le sergent (...). L'infirmière-major demanda l'aumônier (Benjamin,Gaspard, 1915, p. 99).
Arm.
Adjudant(-)major(Adjudant major , Adjudant-major ) (v. adjudant B),
chirurgien(-)major,(chirurgien major, chirurgien-major) -
sergent(-)major(sergent major , sergent-major ) (v. sergent),
tambour(-)major(tambour major , tambour-major ) (v. tambour).
b) [En parlant d'une chose] Mar.
Canot-major. Embarcation quelconque (de nos jours vedette) d'un navire de guerre, réservée au service des officiers. Les canots-majors volaient sur l'eau; six ou huit paires d'avirons, rigoureusement synchrones, leur donnaient des ailes brillantes (Valéry,Variété III, 1936, p. 235).
c)
État-major*. -
Prononc. et Orth.: [maʒ ɔ:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1592 sergent major (Monluc, Commentaires, éd. P. Courteault, t. 1, p. 266); 1672 subst. major (Réglement, 25 avril ds Rec. gén. des anc. lois fr., éd. Isambert, t. 19, p. 15); 2. 1871 arg. de Saint-Cyr major de queue «élève classé dernier au concours d'admission à cette grande école» ds Esn.; 1893 major, major de tête «élève classé premier au concours d'admission à une grande école» (Lévy-Pinet); 1931 major de promotion (Lar. 20e). 1 empr. par la lang. milit. à l'esp. mayor (attesté dès 1140 au sens de «plus grand», v. Cor.-Pasc.) où associé à d'autres termes il désigne différents grades ou fonctions (cf. les différentes éd. des dict. bilingues ou trilingues du xviies.: Crespin, Oudin, Victor) avec infl. pour la prononc. du lat. major, et peut-être aussi du fr. majeur (Bl.-W.1-5). L'esp. mayor comme l'a. fr. maior «plus grand», v. aussi majeur et maire, représente le lat. major «plus grand» compar. de magnus «grand». Le m. fr. connaît la forme sergent majeur (fin xvies. ds Hug., s.v. majeur et sergent). 2 plutôt p. ext. de 1, l'élève classé premier ayant le grade et les galons de sergent-major (Esn., v. aussi Lévy-Pinet), qu'empr. direct au lat. (FEW t. 6, 1, p. 60a). Fréq. abs. littér.: 1281. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 792, b) 5191; xxes.: a) 1915, b) 838. Bbg. Boel (E.). Le Genre des n. désignant les prof. et les situations fém. en fr. mod. R. rom. 1976, t. 11, p. 39. _ Darm. Vie 1932, p. 42. _ Kohlm. 1901, p. 49. _ Wind 1928, p. 88.

Wiktionnaire

Nom commun

major \ma.ʒɔʁ\ masculin et féminin identiques

  1. (Militaire) (France) Grade le plus élevé des sous-officiers, situé entre son supérieur hiérarchique, l’aspirant, et son subordonné, l’adjudant-chef (armée de terre, armée de l’air, gendarmerie nationale) ou le maître principal (Marine nationale). Le code OTAN : OR-9.
  2. (Militaire) (France) (Désuet) Officier chargé de diriger et surveiller l’administration et la comptabilité de son unité, la constitution et la conservation de ses archives.
    • Le major du régiment.
    • Le major d’un bataillon des chasseurs à pied.
  3. (Militaire) (Armées étrangères) Commandant (Officier du grade supérieur au capitaine).
  4. (Désuet) (France) Médecin militaire.
    • Ensuite il accompagna le médecin du Zeppelin dans une rue voisine, et força la porte d’une pharmacie où le major choisit les médicaments dont il avait besoin. — (H. G. Wells, La Guerre dans les airs, 1908, traduction d’Henry-D. Davray et B. Kozakiewicz, Mercure de France, Paris, 1910, page 304 de l’éd. de 1921)
  5. (Éducation) Premier d’une promotion.
    • Il est sorti major de Polytechnique.
  6. (Économie) Plus importante entreprise dans les secteurs du cinéma, du pétrole, du BTP.
    • A l'heure où le major développe la transversalité de ses activités, toute la partie énergie et surveillance des installations relève toutefois du centre de recherches de Corbas. — (Corentin Patrigeon, « Hauts-de-France : dans son laboratoire, Eiffage trace la route de demain », article paru sur batiactu.com le 12 février 2020, consulté le 15 février 2020)
    • Estimées à quelque 8 milliards de barils par la major américaine, ces réserves pourraient, à terme, propulser le Guyana au rang « de pays le plus riche du monde », selon les pronostics de l’ambassadeur américain à Georgetown, Perry Holloway. — (Marie Delcas, Au Guyana, les immenses richesses pétrolières pèsent sur les élections générales, article paru sur lemonde.fr le 2 mars 2020.)
    • Parmi la multitude d’artistes qui rentrent dans le star system en se fondant dans le moule imposé par les majors, certains tiennent à garder leur personnalité.
  7. (Musique) Maison de disque parmi les leaders du marché de la musique.
    • Parce qu’il y a les labels dits indépendants, c’est-à-dire tout petits, et puis les Majors, c’est-à-dire les gros. Entre les deux, quelques maisons spécialisés qui font des affaires. — (Laurent de Wilde, Monk, 1996, collection Folio, page 102)

Note :

On trouve quelques emplois au féminin.
    • (Économie) Dès lors que le volume de l’opération est important, les candidatures se limitent aux quatre majors du BTP qui ont toutes été attributaires d’un PPP au moins. — (Cour des comptes, La Politique immobilière du Ministère de la Justice — Mettre fin à la fuite en avant, décembre 2017, page 62)
    • La major française, qui n’est pas directement mise en cause dans cette procédure judiciaire, n’ignore pas qu’au moment où l’urgence d’agir contre le changement climatique et l’effondrement de la biodiversité s’impose à travers le monde, forer des puits de pétrole dans un des rares endroits préservés de la planète est une option difficile à défendre. — (Laurence Caramel, « En RDC et en Ouganda, le groupe Total dans le viseur des défenseurs de l’environnement », www.lemonde.fr, 29 mai 2019, consulté le 9 février 2020)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MAJOR. n. m.
Officier supérieur ou capitaine, mis à la disposition de tout chef de corps ayant rang d'officier supérieur, pour diriger et surveiller l'administration et la comptabilité de son unité, la constitution et la conservation de ses archives. Le major du régiment. Le major d'un bataillon des chasseurs à pied. Major général, Officier général qui remplit auprès du commandant en chef des armées de terre les fonctions de chef d'état-major. Major général, en termes de Marine, désigne l'adjoint au préfet maritime qui a spécialement la charge de l'arsenal. Major de garnison, Officier supérieur mis à la disposition du commandant d'armes d'une garnison importante pour organiser les services communs aux différents corps de la garnison, en surveiller l'exécution et veiller au maintien de la discipline en ville. Adjudant-major, Capitaine chargé, dans une unité formant corps, de la police et de la discipline du quartier et de la surveillance du service de semaine. État-major. Voyez ÉTAT-MAJOR. Par apposition, Médecin-major et, par abréviation, MAJOR, Médecin de l'armée. Aide-major, médecin adjoint au médecin-major. Voyez MÉDECIN. Infirmière-major, Infirmière qui dirige en chef une ambulance ou un service d'hôpital. Tambour-major, Celui qui commande et dirige les tambours d'un régiment. On dit, dans un sens analogue, Trompette-major. Sergent-major, Anciennement, le premier des sous-officiers d'une compagnie, après l'adjudant. On dit aujourd'hui Sergent-Chef. Major de promotion, Le premier d'une promotion.

Littré (1872-1877)

MAJOR (ma-jor) s. m.
  • 1Officier supérieur qui dirige l'administration et la comptabilité d'un régiment, et qui est chargé en outre de tout ce qui concerne le recrutement et l'état civil du corps.

    On dit quelquefois gros major.

  • 2Major général, officier général chargé de remplir ces mêmes fonctions pour toute une armée, ainsi que d'expédier tous les ordres du généralissime, et de rendre compte des opérations. Ce major général [Berthier] suppléa peu son chef dans cette circonstance critique [à Moscou] ; au milieu de ce sol et de ce climat nouveau, il ne recommanda aucune précaution nouvelle ; et il attendit que les moindres détails lui fussent dictés par son empereur ; ils furent oubliés, Ségur, Hist. de Nap. VIII, 11.

    On disait autrefois major général de bataille. Bassompierre, celui qui est mort avec beaucoup de réputation major général de bataille dans l'armée de l'empire, Retz, I, 3.

    Aide-major général, officier général qui est sous les ordres du major général.

    Dans l'ancienne armée, il y avait un major général de l'infanterie. Par le compte exactement rendu au major général de l'infanterie française, il ne se trouva que 1681 soldats ou sergents d'infanterie tués sur la place, et 3282 blessés [à Fontenoi], Voltaire, Louis XV, 15.

  • 3Officier supérieur qui, dans une place de guerre, est spécialement chargé des détails du service, sous l'autorité du commandant.
  • 4Adjudant-major, voy. ADJUDANT (ici et dans les exemples qui suivent major est pris adjectivement).
  • 5Chirurgien-major, le premier chirurgien d'un régiment.

    Le chirurgien-major d'un bâtiment est ordinairement désigné sous le titre pur et simple de major.

    Aide-major, chirurgien adjoint au chirurgien-major.

  • 6Tambour-major, trompette-major, voy. TAMBOUR, TROMPETTE.
  • 7Sergent-major, voy. SERGENT.
  • 8Ronde-major, voy. RONDE.
  • 9 Terme de marine. Pilote-major, voy. PILOTE.

    Dans les ports, gardiens majors, gardiens chargés de faire exécuter par les gardiens ordinaires, les ordres de police et de surveillance

    Anciennement, major de la marine, officier qui présidait chaque jour à l'établissement de la garde dans l'arsenal.

  • 10Au jeu de piquet, tierce major, quinte major, etc. voy. MAJEUR, n° 4.
  • 11État-major, voy. ÉTAT-MAJOR.

    Chef d'état-major, officier chargé de remplir, auprès d'un officier général ayant un commandement supérieur, ou auprès d'un chef de service à l'armée, des fonctions analogues à celles que remplit le major général auprès du généralissime.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MAJOR, s. m. (Art milit.) dans l’art de la guerre est un nom donné à plusieurs officiers qui ont différentes qualités & fonctions.

Major général, c’est un des principaux officiers de l’armée, sur lequel roulent tous les détails du service de l’infanterie. C’est lui qui donne l’ordre qu’il a reçu de l’officier général à tous les majors des brigades ; il ordonne les détachemens, & il les voit partir ; il assigne aux troupes les postes qu’elles doivent occuper. Il doit tenir un registre exact de ce que chaque brigade doit fournir de troupes, & commander les colonels & lieutenans colonels selon leur rang. Il doit aussi avoir grande attention que le pain soit bon, & qu’il ne manque rien aux soldats.

Le major général va au campement avec le maréchal-de-camp de jour : il distribue aux majors des brigades le terrein que leurs brigades doivent occuper.

Le jour d’une bataille, le major général reçoit du général le plan de son armée, pour avoir la distribution de l’infanterie. Ses fonctions dans un siége sont fort étendues ; il avertit les troupes qui montent la tranchée, les détachemens, & les travailleurs ; il commande le nombre de fascines & de gabions qui convient chaque jour, & il a soin de faire fournir généralement tout ce qui est nécessaire à la tranchée. Cet emploi demande un officier actif, diligent, expérimenté, & bien entendu en toutes choses. On lui paye six cens livres par mois de 45 jours sans le pain de munition. Il a pour le soulager deux aides majors généraux, & plusieurs autres aides ; les aides majors généraux sont d’anciens officiers qu’on prend dans l’infanterie ; ils ont cent écus par mois de campagne ou de 45 jours.

Chaque brigade d’infanterie est obligée d’envoyer un sergent d’ordonnance chez le major général : il s’en sert pour faire porter aux brigades les ordres qu’il a à leur donner.

Cette charge est de la création de Louis XIV. elle ne donne point rang parmi les officiers généraux ; mais le major général a toûjours quelque grade, soit de brigadier, de maréchal-de-camp, ou de lieutenant général.

Quand le major général visite les gardes ordinaires, & autres détachemens postés autour de l’armée ou ailleurs, elles doivent le recevoir étant sous les armes, mais le tambour ne bat pas.

Major de brigade de cavalerie ou d’infanterie, est un officier qui prend l’ordre des majors généraux, & qui le donne aux majors particuliers des régimens. C’est à lui à tenir la main que les détachemens qu’on commande de sa brigade soient complets : il doit les mener au rendez-vous, soit pour les gardes, soit pour les détachemens ; c’est lui qui porte l’ordre au brigadier. Il doit assister aux distributions des vivres qu’on fait aux troupes de sa brigade ; c’est lui qui fait faire l’exercice aux troupes dont elle est composée.

Major dans un régiment, est un officier qui fait à-peu-près dans le régiment les mêmes fonctions que le major général fait dans toute l’infanterie Il est chargé de faire les logemens, de poser & de relever les gardes, de faire les détachemens, d’aller prendre l’ordre du major, de le porter au commandant, & de le donner aux maréchaux des logis de la cavalerie.

Tout major, soit d’infanterie, de cavalerie, ou de dragons, tient du jour de la date de sa commission de capitaine, rang avec ceux de son régiment, & commande à tous les capitaines reçus après lui.

Les majors doivent tenir la main à l’exécution des ordonnances concernant la police & la discipline.

Ils peuvent visiter les régimens & compagnies, soit dans les villes, ou dans le plat pays, aussi souvent qu’ils le jugent à propos ; ils assistent aux revûes que les inspecteurs ou commissaires en font.

Un major de cavalerie peut se mettre à la tête de l’escadron de son régiment, & le commander toute & quantesfois il le desire, lorsque son rang lui en donne le commandement.

Les majors doivent en campagne tenir un état des travailleurs, ainsi que des fascines & gabions que leur régiment fournit, suivant le nombre que le major général en demande à la brigade, afin que lorsqu’ils reçoivent le payement, ils puissent faire exactement à chacun le compte de ce qui lui revient.

Ils doivent de plus tenir un contrôle bien exact des officiers qui marchent aux travailleurs pendant un siége, afin que dans un autre on continue le tour ; les différens mouvemens que les régimens font, n’y doivent apporter aucun changement.

Ils doivent aussi conserver le contrôle des officiers qui sont du conseil de guerre, afin qu’aucun capitaine n’en soit deux fois, qu’après que tous les autres en auront été une fois chacun, à mesure qu’ils se trouveront au corps.

Les majors & aides-majors des régimens vont à l’ordre chez le major de brigade, qui le leur dicte avec les détails concernans le service de leur régiment & ceux que le brigadier a recommandés ; ils vont ensuite porter le mot à leur colonel ; chaque aide-major va le porter au commandant de son bataillon, & lui fait lecture de l’ordre ; le major ne porte point le mot au lieutenant-colonel, lorsque le colonel est présent.

Les majors marchent avec leur colonel ; lorsqu’ils sont majors de brigade, le colonel n’a avec lui qu’un aide-major.

Le major, & en son absence l’officier chargé du détail, tient un contrôle des officiers du régiment avec la date de leur commission depuis le colonel jusqu’aux sous-lieutenans, le jour de leur réception, les charges vacantes, depuis quand & pourquoi, sans y comprendre ceux qui n’ont pas été reçus à leur charge, le nom des officiers absens, le tems de leur départ, le lieu de leur demeure, s’ils ont congé ou non, pour quel tems, & les raisons ; il doit donner une copie de ce contrôle au commissaire des guerres, lors de la premiere revue & à chaque changement de garnison, & une autre copie mois par mois des changemens arrivés depuis la précédente revûe.

L’officier chargé du détail, doit écrire compagnie par compagnie, dans les colomnes marquées sur les registres que la cour envoie à cet effet, les noms propres de familles & de guerre des sergens & soldats, le lieu de leur naissance, la paroisse, la province, la jurisdiction, leur âge, leur taille, les marques qui peuvent servir à les faire reconnoître, leur métier, la date de leur arrivée & le terme de leur enrôlement, en les plaçant sur le registre suivant leur rang d’ancienneté dans la compagnie : la même chose doit être observée pour les cavaliers, les dragons, & les troupes étrangeres.

Il lui est défendu, sous peine d’être cassé & d’un an de prison, d’employer aucun nom de soldat supposé.

Il marque sur ce registre, régulierement & à côté de chaque article, la date précise des changemens à mesure qu’ils arrivent, soit par la mort, les congés absolus ou la désertion des soldats ; il envoie tous les mois à la cour l’état & le signalement des soldats de recrues arrivés pendant le mois précédent.

Il tient un contrôle des engagemens limités de chaque compagnie ; il y fait mention des sommes qu’il vérifie avoir été données ou promises pour ses engagemens.

Il doit enregistrer & motiver tous les congés des soldats, sous peine de perdre ses appointemens pendant un mois pour chaque omission.

Il doit aussi tenir un état exact du tems & des motifs des congés limités de ceux qui ne sont engagés que pour un tems, & en donner copie au commissaire des guerres pour y avoir recours en cas de besoin.

Les majors de cavalerie doivent tenir un contrôle signalé des chevaux de leur régiment ; ils en sont responsables, & payent 300 livres pour chacun de ceux qui sont détournés.

Les majors d’infanterie sont seuls chargés des deniers & des masses, ils en répondent ; ils peuvent se servir d’un aide-major dont ils sont garans ; ils doivent donner tous les mois un bordereau signé d’eux à chaque capitaine du compte de sa compagnie ; le même compte doit être sur leurs livres, & signé par le capitaine.

Ceux qui sont pourvus des charges de major ou aide-major, n’en peuvent point posséder d’autres en même tems. Art militaire par M. d’Héricourt.

Les jours de bataille, les majors doivent être à cheval pour se porter par-tout où il est besoin, pour faire exécuter les ordres du commandant.

Major, dans une place de guerre, est un officier qui doit y commander en l’absence du gouverneur & du lieutenant de roi, & veiller à ce que le service militaire s’y passe avec exactitude.

Tous les majors des places n’avoient pas anciennement le pouvoir de commander en l’absence du gouverneur & du lieutenant de roi : mais sous le ministere de M. de Louvois, il fut réglé que ce pouvoir seroit énoncé dans toutes les commissions des majors, ce qui a depuis été observé à l’exception de quelques villes ; telles que Peronne, Abbeville, Toulon, & quelques autres où les magistrats sont en droit, par des privileges particuliers, de commander en l’absence du gouverneur ou commandant naturel. Code milit. de Briquet.

Les majors doivent être fort entendus dans le service de l’infanterie. Ils sont chargés des gardes, des rondes, &c. Ils doivent aussi être habiles dans la fortification & dans la défense des places.

Major, (Marine.) c’est un officier qui a soin dans le port de faire assembler à l’heure accoutumée les soldats gardiens pour monter la garde ; & il doit être toujours présent, lorsqu’elle est relevée, pour indiquer les postes. Il doit visiter une fois le jour les corps-de-garde, & rendre compte de tout au commandant de la marine. Les fonctions du major de la marine & de l’aide-major sont réglées & détaillées dans l’ordonnance de 1689. Liv. I. tit. viij. (Z)

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Étymologie de « major »

Mot latin francisé, major, plus grand (voy. MAJEUR).

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Phonétique du mot « major »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
major maʒɔr

Citations contenant le mot « major »

  • Au Nigeria, le Sénat a appelé ce mardi 21 juillet à la démission des chefs d’état-major des armées de terre, de l’air et de la marine. La désertion présumée de plus de 200 soldats ces dernières semaines et la mort d’au moins 23 soldats dans le nord-ouest du Nigeria dimanche dernier, ont ravivé les inquiétudes et les critiques concernant le manque de moyens et la mauvaise gestion de l’armée. RFI, Nigeria: le Sénat appelle les chefs d'état-major des armées à démissionner
  • Les cours du pétrole brut ont plongé de plus de 35 % depuis le début de l’année. Résultat, les groupes pétroliers cherchent par tous les moyens à réaliser des économies. En prenant le contrôle de Noble Energy, Chevron espère économiser 300 millions de dollars sur ses coûts opérationnels. La major accroît également ses réserves prouvées de pétrole et de gaz naturel d’environ 18 %. Avec cette acquisition, Chevron renforce sa présence dans le Colorado, ainsi que dans le bassin permien, une région à cheval entre le Texas et le Nouveau-Mexique. BOURSE, Pétrole: la major américaine Chevron s’offre Noble Energy pour 5 milliards de dollars
  • Par décret présidentiel paru au journal officiel n°40, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune a nommé le général-major Ahcène Messehel, chef d’Etat-major des forces terrestres. Algerie Eco, Le général-major Ahcène Messehel nommé chef d’Etat-major des forces terrestres
  • La citation à l’ordre de la Nation est un titre de reconnaissance créé en 1917, lié à la remise d’une décoration aux personnels de l’État morts en service. Lors de l’hommage militaire le 10 juillet dernier à la caserne Battesti de Mérignac, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin lui avait remis à titre posthume la décoration de chevalier de la Légion d’honneur et la Médaille militaire. Elle avait alors été élevée au grade de major. petitbleu.fr, Le major Mélanie Lemée cité à l’ordre de la Nation - petitbleu.fr
  • Chef d’état-major de la Marine (CEMM) depuis quatre ans, Christophe Prazuck, quittera ses fonctions fin août, ainsi que l’a confirmé le président de la République lors de la traditionnelle garden-party du 13 juillet dans les jardins de l’Hôtel de Brienne à Paris. Emmanuel Macron en a profité pour le remercier pour son action à la tête de la Marine nationale, lui souhaitant « bon vent et belle mer ». « Dans les mers calmes comme dans les zones de grand frais, vous avez tenu fermement la barre, avec autorité mais aussi avec une grande bienveillance pour vos équipages et un engagement jamais démenti », a rendu hommage le président de la République. Le Telegramme, Pierre Vandier pressenti pour être le prochain chef d’état-major de la Marine - France - Le Télégramme

Traductions du mot « major »

Langue Traduction
Anglais major
Espagnol mayor
Italien maggiore
Allemand haupt
Chinois 重大的
Arabe رائد
Portugais principal
Russe крупный
Japonais メジャー
Basque garrantzitsu
Corse maiò
Source : Google Translate API

Synonymes de « major »

Source : synonymes de major sur lebonsynonyme.fr
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