La langue française

Accueil > Dictionnaire > Définitions du mot « gnomon »

Gnomon

Définitions de « gnomon »

Trésor de la Langue Française informatisé

GNOMON, subst. masc.

Instrument formé d'une tige verticale projetant l'ombre du soleil ou de la lune sur un écran horizontal et permettant ainsi de mesurer leur hauteur au-dessus de l'horizon. Les savants chinois étaient habitués à observer avec précision le retour des solstices à l'aide des ombres mesurées par le gnomon (Chauve-Bertrand, Question calendrier,1920, p. 47) :
Sous un ciel éternellement voilé, (...) on n'eût pu instituer la mesure du temps, autre conquête primitive qui s'est d'abord pratiquée au moyen du déplacement de l'ombre d'un style, et il n'est pas d'instrument physique plus antique ni plus vénérable qu'une pyramide ou un obélisque, gnomons gigantesques, monuments dont le caractère était à la fois religieux, scientifique et social. Valéry, Variété III,1936, p. 245.
En partic. ,,Cadran solaire simple, indiquant l'heure solaire locale par le déplacement de l'ombre d'une tige verticale sur le plan horizontal`` (Muller 1966).
P. méton. Tige verticale de l'instrument. Dans les instruments portatifs, on fait intervenir la hauteur du pôle en modifiant la position du gnomon filiforme ou en déplaçant le triangle indicateur de métal, presque toujours réglable (Bassermann-Jordan, Montres, horl. et pend.,1964, p. 109).
Prononc. et Orth. : [gnɔmɔ ̃]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1547 (J. Martin, Archit. de Vitruve, IX, 8 ds Gdf. Compl.). Empr. au lat.gnomon « aiguille du cadran solaire », empr. au gr. γ ν ω ́ μ ω ν « id. ».

Wiktionnaire

Nom commun - français

gnomon \ɡnɔ.mɔ̃\ masculin

  1. (Astronomie) Cadran solaire simple qui marque les heures par la direction de l’ombre sur un plan ou sur une surface courbe.
    • Les inventions pratiques d’Anaximandre sont plus heureuses que ses autres découvertes. Sparte lui est redevable du sciathère placé sur le gnomon. — (Anonyme (Sylvain Maréchal), Voyages de Pythagore en Égypte, dans la Chaldée, dans l’Inde, en Crète, à Sparte, en Sicile, à Rome, à Carthage, à Marseille et dans les Gaules, tome 1, Deterville, Paris, an VII, p. 195)
    • Or un sens unique se détache, remarquable, de cette aire de sens si utile et cohérent, stoichéon signifie l’aiguille qui marque l’ombre sur le cadran solaire ; le gnomon, encore, mais surtout la trace locale qui note l’heure. — (Michel Serres, Les Origines de la géométrie, 1993, ISBN 978-2-0812-6070-2, page 297)
    • Le Maître avait répondu : « Retourne chez toi, elle est guérie ! » Et il l’avait trouvée sur le seuil, étant sortie de sa couche quand le gnomon du palais marquait la troisième heure, l’instant même où il abordait Jésus. — (Gustave Flaubert, Trois Contes : Hérodias, 1897)
    • Thalès, Pythagore mais aussi Platon ou Aristote se sont attachés à résoudre le problème des dimensions et de la forme de la Terre, faisant de la géodésie la mère de toutes les sciences. Ainsi, Anaximandre de Milet, selon Ératosthène, dresse la première carte du monde au vie siècle avant J.-C. Et c’est ce dernier qui détermine, au iiie siècle avant J.-C. la circonférence de la terre à 1 000 kilomètres près grâce à un simple bâton (gnomon), des mathématiques et un peu de chance. — (Guillaume Balavoine, « Mise à jour », “Les Premiers Cartographes”, Le Figaro Magazine, nº 23625 et 23626, 31 juillet et 1er août 2020, page 20)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GNOMON. n. m.
T. d'Astronomie. Tout instrument qui marque les heures par la direction de l'ombre qu'un corps solide porte sur un plan ou sur une surface courbe.

Littré (1872-1877)

GNOMON (ghno-mon) s. m.
  • 1Espèce de grand style dont les astronomes se servent pour connaître la hauteur du soleil. On dit qu'Anaximandre dressa à Lacédémone un gnomon, par le moyen duquel il observa les équinoxes et les solstices, et qu'il détermina l'obliquité de l'écliptique plus exactement que l'on n'avait fait jusqu'alors, Rollin, Hist. anc. t. XIII, p. 157, dans POUGENS. Érastosthène, bibliothécaire d'Alexandrie, essaya de mesurer la terre en comparant la distance entre Alexandrie et Syène, ville située sous le tropique du Cancer, avec la différence de latitude de ces lieux, qu'il concluait de l'ombre méridienne d'un gnomon, élevé à Alexandrie au solstice d'été, Rollin, ib. p. 176. Les Péruviens avaient des obélisques, des gnomons réguliers pour marquer les points des équinoxes et des solstices, Voltaire, Mœurs, 148. Ce grand observateur [Co-cheouKing] fit construire des instruments beaucoup plus exacts que ceux dont on avait fait usage jusqu'alors ; le plus précieux de tous était un gnomon de quarante pieds chinois, terminé par une plaque de cuivre verticale et percée par un trou du diamètre d'une aiguille, Laplace, Expos. V, 3.
  • 2L'aiguille ou style du cadran solaire.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

GNOMON, s. m. (Astronom.) est proprement le stile ou aiguille d’un cadran solaire, dont l’ombre marque les heures. Voyez Cadran.

Ce mot est purement grec, & signifie littéralement une chose qui en fait connoître une autre ; de γνώμη, connoissance : les anciens l’ont appliqué au stile d’un cadran, parce qu’il indique ou fait connoître les heures.

Le gnomon d’un cadran solaire représente l’axe du monde, ou, pour parler plus juste, l’extrémité du gnomon d’un cadran solaire est censée représenter le centre de la terre ; & si l’autre bout du gnomon passe par le centre du cadran ou point de concours des lignes horaires, le gnomon est alors parallele à l’axe de la terre ; & on peut le prendre pour cet axe même, sans erreur sensible : mais si le gnomon est dans toute autre situation par rapport au cadran, par exemple, s’il est perpendiculaire au plan du cadran, alors il ne représente plus l’axe du monde, à-moins que le cadran ne soit équinoctial ; mais l’extrémité ou la pointe du gnomon est toûjours regardée comme le centre de la terre.

Au reste, le mot de gnomon n’est plus guere en usage pour signifier le stile des cadrans ; on se sert plûtôt du mot de stile ou d’aiguille : on peut d’ailleurs reserver le mot de gnomon pour les cadrans qui n’ont point de stile, mais seulement une plaque percée d’un trou par où passe l’image du soleil. Voyez Cadran. Ces cadrans sont en petit ce que sont en Astronomie les gnomons dont nous allons parler.

Gnomon, en Astronomie, signifie à la lettre un instrument servant à mesurer les hauteurs méridiennes & les déclinaisons du soleil & des étoiles. Voy. Méridien & Hauteur.

Les Astronomes préferent le gnomon appellé par quelques-uns le grand gnomon astronomique, aux gnomons des cadrans, parce qu’il est plus exact.

C’est pourquoi les anciens & les modernes se sont servi du gnomon pour faire leurs opérations les plus considérables. Ulugh-Beigh prince tartare, petit-fils de Tamerlan, se servit en 1437 d’un gnomon de 180 piés romains de hauteur ; celui qu’Ignace Dante érigea dans l’église de S. Pétrone à Boulogne en 1576, avoit 67 piés de haut ; & M. Cassini en éleva un autre dans la même église, en l’année 1655. Voyez Solstice.

Elever un gnomon astronomique, & observer par son moyen la hauteur méridienne du soleil. Elevez un stile perpendiculaire d’une hauteur considérable & connue sur la ligne méridienne ; marquez le point où se termine l’ombre du gnomon projettée le long de la ligne méridienne, mesurez la distance de son extrémité, au pié du gnomon, c’est-à-dire la longueur de l’ombre : quand vous aurez ainsi la hauteur du gnomon & la longueur de l’ombre, vous trouverez aisément la hauteur méridienne du soleil.

Supposez, par exemple, que TS (Pt. Optiq. fig. 13.), est le gnomon, & TV la longueur de l’ombre ; comme le triangle rectangle STV donne les deux côtés TV & TS, l’angle V, qui est la quantité de la hauteur du soleil, se trouve par l’analogie suivante. La longueur de l’ombre TV est à la hauteur du gnomon TS, comme le sinus total est à la tangente de la hauteur du soleil au-dessus de l’horison.

L’opération sera encore plus exacte, en faisant une ouverture circulaire dans une plaque de cuivre, de sorte que les rayons du soleil passant par cette ouverture, viennent représenter l’image du soleil sur le pavé ; attachez cette plaque parallélement à l’horison dans un lieu élevé & commode pour l’observation. Faites tomber une ficelle & un plomb pour mesurer la hauteur qu’il y a du trou au pavé ; ayez soin que le pavé soit parfaitement de niveau & horisontal, & faites-le blanchir, afin de représenter plus distinctement l’image du soleil : tirez dessus une ligne méridienne qui passe par le pié du gnomon, c’est-à-dire par le point que marque le plomb. Marquez les extrémités K & I (fig. 57. Astronomie.) du soleil sur la ligne méridienne, & retranchez de chacune une ligne droite égale au demi-diametre de l’ouverture, savoir d’un côté KH (Pl. Astronom. fig. 57.) ; & de l’autre côté, LI ; HL sera l’image du diametre du soleil, qui étant coupée par le milieu en B, donne le point sur lequel tombent les rayons du centre du soleil. Ayant donc la ligne droite AB & la hauteur du gnomon avec l’angle A, qui est un angle droit, l’angle ABG, ou la hauteur apparente du centre du soleil, n’est pas difficile à trouver : car en prenant pour le rayon un des côtés donnés AB, AG sera la tangente de l’angle opposé B ; dites donc : le côté AB est à l’autre côté AG comme le sinus total est à la tangente de l’angle B.

Le rayon qui vient du centre du soleil ne tombe pas exactement & rigoureusement au point B, milieu de la ligne HBL. Il faudroit pour cela que les lignes GH, GL, fussent égales ; ce qui n’est pas & ne sauroit être : mais comme le trou G est fort petit par l’hypothèse, qu’il est placé à une grande hauteur, & que par conséquent les lignes GH, GL, sont fort grandes & la ligne HL extrèmement petite, puisqu’elle n’est que l’image du trou ; il s’ensuit que l’on peut regarder comme sensiblement égales, les lignes BH, BL ; B étant supposé l’image du centre du soleil.

Au lieu d’une plaque horisontale dans laquelle on fait un trou, on se contente quelquefois de faire un trou vertical à une croisée dont on supprime d’ailleurs entierement le jour. L’image de ce trou est celle du soleil ; & le milieu ou centre de l’image, est sensiblement celle du centre de cet astre : car cette image est la base d’un triangle dont l’angle au sommet est d’environ 32′. diametre apparent du soleil, & dont les côtés sont forts grands par rapport à la base.

De tous les gnomons astronomiques qui subsistent aujourd’hui en France, nous n’en connoissons point de supérieur à celui qui a été dressé par M. le Monnier dans l’église de S. Sulpice de Paris. Voyez-en la description au mot Méridien.

On verra dans cet article, & on peut voir d’avance dans l’histoire & les mém. de l’académie des Sciences pour l’an. 1743, en quoi consistoient les gnomons des anciens, quels étoient les défauts de ces gnomons, & quels sont les avantages de celui de S. Sulpice.

On a appellé quelquefois gnomon, en Géométrie, la figure MXOC (Pl. Géomét. fig. 5.), formée dans le parallélogramme AB, par les parallélogrammes de complément M, C & les triangles x, o, qui forment eux-mêmes un autre parallélogramme ; mais cette dénomination n’est plus guere en usage. Voy. Complément. Wolf, Harris, & Chambers. (O)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « gnomon »

Γνώμων, qui connaît, qui indique, de γνῶμαι, connaître (voy. GNOME 2).

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(Siècle à préciser) Du latin gnomon, du grec ancien γνώμων, gnṓmōn (« discerner, interpréter ; gnomon »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « gnomon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
gnomon gnɔmɔ̃

Citations contenant le mot « gnomon »

  • Présentation du gnomon du samedi 19 septembre au dimanche 20 septembre à Église Saint-Sulpice Gnomon des années 1740 construit avec l’Observatoire de Paris et plusieurs savants européens. Il sera question de la mesure du temps, de l’heure exacte, de la vérification de la réforme (gégorienne) du calendrier : calcul de l’équinoxe en vue de la date de la fête de Pâques at autres mesures astronomiques que cet instrument a permis d’effectuer. Unidivers, Présentation du gnomon Église Saint-Sulpice Paris samedi 19 septembre 2020
  • Laissons Hathor tran-quille, elle n'est cornue et connue que de l'hyperbole de projection solaire solsticiale du gnomon qui S'inGénie à jouer au labrys antique à l'ombre des fontaines où se baignent les cygnes... lindependant.fr, Vidéo : Un goéland gobe un rat tout cru en pleine rue à Rome, ville gagnée par l'insalubrité et les rongeurs - lindependant.fr
  • Chaque année, des milliers d’Anglais, de Japonais, de touristes lointains ou locaux se pressent en Bourgogne autour du solstice, l’été entre le 20 et 30 juin, ou vers Noël en hiver. Comme à Amiens ou Chartres et leurs célèbres labyrinthes, la basilique de Vézelay leur livre une part du mystère de l’espace. Bien avant les bougies, les lasers et autres artifices, voici tracées en neuf taches un chemin par les architectes du Moyen Age lorsque le soleil est au zénith. Une iconographie symbolique qui vient de l’art juif où le Temple (celui de Salomon à Jérusalem), c’est le cosmos. Des sources savantes comme les traités d’astronomie sur le gnomon. , Géographies en mouvement - Quand les pierres écrivent avec le soleil - Libération.fr
  • Pour implanter un édifice sacré, le bâtisseur plantait un mât (un gnomon) au lever du Soleil. La portée de l’ombre de ce mât définissait l’axe est-ouest. Puis, l’architecte traçait un cercle sur la circonférence duquel reposent les quatre piliers du vaisseau central qu’est la nef. Cette tradition architecturale est antérieure à l’ère chrétienne. Elle fut empruntée à Vitruve (un siècle av. J.-C.), auteur de l’ouvrage « Les dix Livres d’architecture » qui demeure encore une référence pour les bâtisseurs contemporains. Journal Paysan Breton, Des cultes solaires millénaires occultés | Journal Paysan Breton

Traductions du mot « gnomon »

Langue Traduction
Anglais gnomon
Espagnol estilo
Italien gnomone
Allemand gnomon
Chinois 地精
Arabe عقرب
Portugais gnomon
Russe гномон
Japonais ノモン
Basque gnomon
Corse gnomon
Source : Google Translate API

Synonymes de « gnomon »

Source : synonymes de gnomon sur lebonsynonyme.fr

Gnomon

Retour au sommaire ➦

Partager