La langue française

Évocatoire

Sommaire

  • Définitions du mot évocatoire
  • Étymologie de « évocatoire »
  • Phonétique de « évocatoire »
  • Évolution historique de l’usage du mot « évocatoire »
  • Citations contenant le mot « évocatoire »
  • Traductions du mot « évocatoire »
  • Synonymes de « évocatoire »

Définitions du mot évocatoire

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉVOCATOIRE, adj.

A.− Qui permet de faire apparaître (quelque chose) par la magie. La grammaire, l'aride grammaire elle-même, devient quelque chose comme une sorcellerie évocatoire (Baudel., Paradis artif.,1860, p. 376).Armance s'allongeait, plus diaphane que la fumée des herbes évocatoires (Arnoux, Suite var.,1925, p. 6).
B.− DR. Qui permet de fonder une évocation (v. ce mot B). Causes évocatoires (Ac.).
Prononc. et Orth. : [evɔkatwa:ʀ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1395 [éd. 1537] dr. (Boutillier, Somme rural, 21 ro, cité par A. Delboulle ds R. Hist. litt. Fr. t. 12, p. 145); 1507 actions évocatoires (Cout. loc. du baill. d'Amiens, p. 87 ds Gdf. Compl.); 2. 1860 sorcellerie évocatoire (Baudel., loc. cit.). Empr. au lat. evocatorius « qui appelle, qui mande »; le sens 2 d'apr. évoquer*, évocation*. Fréq. abs. littér. : 17.

Wiktionnaire

Adjectif

évocatoire \e.vɔ.ka.twaʁ\

  1. (Jurisprudence ancienne) Qui donne lieu à une évocation.
    • Cause évocatoire.
    • Cédule évocatoire.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉVOCATOIRE. adj.
T. de Jurisprudence ancienne. Qui donne lieu à une évocation. Cause évocatoire. Cédule évocatoire.

Littré (1872-1877)

ÉVOCATOIRE (é-vo-ka-toi-r') adj.
  • Terme de jurisprudence. Qui donne lieu à une évocation. Cause évocatoire.

    Cédule évocatoire, acte qu'on faisait signer à la partie adverse, pour lui déclarer qu'on entendait se pourvoir au conseil, afin d'évoquer l'affaire à un autre parlement.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « évocatoire »

Lat. evocatorius, de evocare, évoquer.

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Phonétique du mot « évocatoire »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
évocatoire evɔkatwar

Évolution historique de l’usage du mot « évocatoire »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « évocatoire »

  • Peu d’œuvres, autant que celles d’Émile Zola, ont conservé intacts au fil des années leur puissance évocatoire, leur dimension épique et visionnaire, leur pouvoir de fascination ainsi que leur mystère. Un mystère qui entoure aussi l’auteur lui-même, et notamment sa mort dont Alain Pagès, professeur émérite à l’Université de la Sorbonne nouvelle – Paris 3, et deux descendantes de Zola estiment qu’il s’agissait, en fait, d’un assassinat...Un point sur lequel revient Alain Pagès dans son dernier ouvrage intitulé L’Affaire Dreyfus, qui vient d’être publié aux éditions Perrin, dans la collection Vérités et légendes. « Ce livre réfléchit précisément à l’opposition entre “vérité” et “légende” qui caractérise l’affaire Dreyfus, c’est à-dire à cette recherche de la vérité, accompagnée d’une lutte permanente contre les légendes (les “fake news” de l’époque), qui a marqué le combat que les dreyfusards ont mené pour faire reconnaître l’innocence d’Alfred Dreyfus », explique l’auteur d’un grand nombre d’ouvrages portant sur l’histoire du mouvement naturaliste et l’engagement de Zola dans l’affaire Dreyfus. « Mon livre décrit les aspects judiciaires de l’affaire Dreyfus, les circonstances qui ont accompagné l’écriture du J’accuse d’Émile Zola, le rôle des expertises, le poids de l’antisémitisme dans l’idéologie de cette époque », signale encore M. Pagès. Composé d’une série de courts chapitres décrivant « les principaux événements à travers les personnalités qui ont joué un rôle important », cette nouvelle publication se veut également une réflexion sur la façon dont l’affaire Dreyfus a été transposée dans la littérature ou adaptée au cinéma – au moment même où sort sur les écrans un film sur cette affaire signé par Roman Polanski et (évidemment !) intitulé J’accuse. Alain Pagès dirige également, depuis 1988, Les Cahiers naturalistes, une revue littéraire annuelle publiée par la Société littéraire des Amis d’Émile Zola, ainsi que « l’équipe (de recherche) Zola », rattachée à Paris 3 et à l’Institut des textes et manuscrits modernes du CNRS. « En composant ces numéros, chaque année, je mesure la richesse d’une œuvre qui est à la fois celle d’un romancier et d’un journaliste qui a su être un théoricien de la littérature tout en étant un grand défenseur de la vérité. Et cela depuis son combat en faveur du peintre Édouard Manet, lorsqu’il n’était encore qu’un jeune critique d’art, jusqu’à son combat pour Alfred Dreyfus, dans les dernières années de son existence ». Publiée le 13 janvier 1898 dans le journal L’Aurore afin de dénoncer la machination contre le capitaine Alfred Dreyfus, injustement accusé de trahison, la lettre ouverte de Zola au président de la République française Félix Faure va bouleverser la France. « Toute la journée, dans Paris, les camelots à la voix éraillée crièrent L’Aurore, coururent avec L’Aurore, en gros paquets sous les bras, distribuèrent L’Aurore aux acheteurs empressés. Le choc fut si extraordinaire que Paris faillit se retourner », écrira Péguy. Zola dérange ! Une bouffée de haine et de colère envahit la capitale contre « le penseur de la justice et de la vérité », convaincu, à juste titre, que la plume est le seul moyen de rendre justice à cette vérité. Zola ne connaîtra cependant jamais le dénouement de l’affaire Dreyfus puisqu’il meurt, le 29 septembre 1902, asphyxié dans son appartement de la rue de Bruxelles. L'Orient-Le Jour, Émile Zola : ses arrière-petites-filles accusent... - L'Orient-Le Jour
  • Manier savamment une langue, c'est pratiquer une espèce de sorcellerie évocatoire. De Charles Baudelaire
  • 4Dans la partie I, intitulée « des sens littéraires » et consacrée à la manière dont la sensation agit, le premier article, consacré à Claude Simon par Jean-Yves Laurichesse, insiste sur le fait que l’éveil évocatoire de la sensation ne s’obtient que par l’écriture du perçu et du senti. Il s’accorde avec la philosophie de Merleau-Ponty. La puissance des odeurs fascinantes et repoussantes à la fois envahit le texte ; celles-ci proposent un anti-cogito où les sens priment sur le sens ; le lexique des odeurs est traversé de conflits, de sonorités répétées, de figures où l’une des sensations se dit par une autre en hypallage : une poétique des odeurs écrites émerge, baroque, cherchant à rendre compte de la sensation en la faisant exister ainsi, de manière moirée, jamais figée. Justine Feyereisen, quant à elle, travaille sur Le Clézio qui entre dans la peau des personnages en passant précisément par la sensation, et en anthropomorphisant le monde lui-même par projection d’un corps microcosmique en accord avec des sensations macrocosmiques. En contradiction, cependant, la parole d’un personnage peut dire l’horreur sans qu’il soit touché émotionnellement ; l’énonciation laisse à entendre l’ironie et la distance persistante entre l’usage du langage par certains et les conséquences d’actes irrémédiables commis les laissant impavides, ce qui jette une suspicion sur la justesse du langage de la sensation. Il faudrait pouvoir demander à J. Feyereisen si elle irait jusqu’à considérer que les sensations dites peuvent être parfois présentées comme coupées des émotions, dans l’œuvre de Le Clézio. Chez Henri Bosco, pose Stefana Squatrito, l’écriture est un débordement, un état d’ivresse qui passe par les cinq sens mais aussi par les sensations thermiques et synesthésiques, mettant en jeu une expérience de corps qui fait corps avec les éléments du monde, expérience rendue par l’écriture, à un éblouissement enthousiasmant. Cette euphorie repose sur la volonté pour l’écrivain de dépasser la platitude de la vie. Suit un article d’Élise Montel-Hurlin consacré à Erri de Luca, auteur d’autofictions comme des mythifications de lui-même. L’auteur appréhende la réalité du texte de la bible, de l’Écriture sainte, en faisant tourner les mots de l’hébreu ancien dans sa bouche, comme une manne. S’attachant à lire le texte biblique à la lettre, dans sa corporéité et sa matérialité, il voit Dieu comme pure expérience incarnée dans le corps humain. Les traductions se font au plus près de l’hébreu et donnant la parole à Marie, et à son expérience corporelle du toucher, de l’odorat, et de l’allaitement, l’auteur vit et fait vivre une expérience corporelle qui branche le corps sur un divin immanent et non transcendantal, ou bien il transcende le corporel et le divinise par le texte ancien. Ainsi les quatre auteurs considérés voient l’écriture comme permettant l’hypotypose (Simon), comme un lieu de sensation parfois coupé de l’émotion (le Clézio), comme lutte enthousiaste contre la platitude (Bosco) et comme spiritualisation de la matière ou matérialisation des signifiants (De Luca) ; ils accordent aux sens le pouvoir de faire partager l’expérience, de créer l’élan, l’enthousiasme ou la parousie, mais aussi à la langue de maintenir une défiance par rapport à la capacité qu’une perception sensorielle puisse susciter une émotion. L’écrivain y devient le rédacteur, le révélateur de ce qui le transporte, de ce qu’il perçoit et reçoit, pour le rendre tantôt toujours insaisissable et changeant (Simon), tantôt comme paroxystique et débordant du banal (Bosco), tantôt comme un moyen de fusionner de manière cratylienne les sensoralités aux signifiants qui sont le lien entre la matérialité de la prononciation et la signification (Le Clézio et De Luca), même si la mise en doute de ce cratylisme reste forte chez Le Clézio, où perdure plutôt le soulignement du fossé demeurant entre la sensation décrite, partageable, et l’émotion qui reste opaque. , L’écriture comme prolongement des sens (Acta Fabula)
  • Nous recevons la photographe à l'occasion de son exposition au FRAC-Auvergne à Clermont-Ferrand jusqu'au 3 mai 2020. Elle nous parle des origines de son travail, du pouvoir évocatoire des images, qu'elles aient un contenu historique fort ou qu'elles soient tout simplement banales. France Culture, Agnès Geoffray :"L'idée d'images latentes survole tout mon travail"
  • «J'assume ! » C'est ainsi qu'il a d'abord songé à titrer son livre, mais, par sagesse - oui -, il a opté pour quelque chose de moins frontal, moins évocatoire. « Ça faisait un peu "J'accuse", j'ai laissé tomber » Soudain, il se redresse. « Je peux voir à quoi ressemble le livre ? » On lui tend l'objet gros de 280 pages, intitulé « Ce qu'ils ne veulent pas que je dise » (Plon), qu'il n'avait pas encore vu dans sa version imprimée. Il le tourne dans tous les sens, le pèse, puis cherche une page en particulier, celle des remerciements. Faussement inquiet, il s'interroge : « Est-ce que l'éditeu... Le Point, Alexandre Benalla, la grande confession - Le Point
  • La notion de « privilège blanc » dispose incontestablement d'une force évocatoire. Elle peut sembler devoir naturellement s'imposer une fois admis que l'ordre social repose sur une distribution inégale des chances sociales, des ressources matérielles et symboliques qui se fait au désavantage des populations non-blanches. De même qu'il s'agirait de renverser la focale en troquant le point de vue dominé pour le point de vue dominant, il conviendrait de prendre conscience du pendant de la pénalité raciale, à savoir les avantages et les gratifications sociales qui en forment le corollaire. Il devient dès lors tentant de faire, en miroir des discriminations systémiques statistiquement documentées, l'inventaire des « privilèges » dont jouiraient les personnes assignées à la blanchité : privilège sur le marché du travail ou dans l'accès à des emplois valorisés, dans l'accès au logement et à la santé, privilège dans ses interactions avec la police mais aussi privilège sur le plan moral et affectif du fait de la reconnaissance symbolique de ses pratiques, de son système de goût et de préférences dans les espaces de la représentation culturelle et médiatique, privilège politique enfin dans la participation à la production des règles de droit qui organisent la vie collective. Club de Mediapart, En finir avec le « privilège blanc » ? | Le Club de Mediapart
  • Rencontre précieuse entre l’interprète et le compositeur, qui conjugue ici la puissance évocatoire des phrases musicales et la virtuosité d’une exécution sans faille ! Écho aux 24 Caprices pour violon seul de Paganini (on pourrait épiloguer sur ce nombre particulier, depuis les 24 chants de l’Iliade et les 24 chants de l’Odyssée, les 24 Études de Chopin, ses 24 Préludes, puis ceux de Rachmaninov 24 aussi, en référence à Chopin… arrêtons la liste), ces 24 Caprices de concert (2018) s’orchestrent selon une architecture précise qui rend chacun d’entre eux complémentaire de ceux qui le précèdent ou le suivent en une progression fluide qui livre les mouvements d’une même pensée dans ses rêveries, ses atermoiements, ses éveils, ses fulgurances. On se laisse emporter au cœur de ces mélodies aux détours inspirés, que l’on se surprend à fredonner. Tout devient évidence dans cet éclairage nouveau et familier où le flux mélodique prend une dimension intemporelle. Zibeline, Éloge du caprice | Zibeline
  • Outre sa « sorcellerie évocatoire » (selon la formule de Baudelaire), la structure du décor a plusieurs avantages : tout d’abord, elle offre suffisamment d’espace à l’important orchestre requis (comme la plupart des théâtres de France, la fosse de Limoges n’est pas assez grande), mais elle facilite de surcroît le travail des chanteurs qui n’ont plus à transpercer une fosse immensément puissante (problème rencontré par des interprètes de La Ville Morte à Toulouse en novembre dernier). Olyrix.com, Die Tote Stadt à réveiller les morts (Limoges) - Actualités - Ôlyrix
  • Un des résultats de l‘apostrophe est de poser un monde où toute une série de forces peuvent être adressées et pourraient agir. Se trouve en jeu ici comme ailleurs une dialectique entre enchantement et désenchantement (on sait que Baudelaire parlait de la poésie comme d'une « sorcellerie évocatoire »).[20] La poésie ose postuler un monde habité de significations ; elle prend le risque de postuler un monde où des objets et des forces naturelles serait des acteurs possibles. On doit constater que nos idéologies permettent déjà à certaines entités d'agir : de nos jours nous acceptons que le Marché déterminera ceci ou cela, que l'Histoire décidera, que la Vitesse tue, et même que le Cœur connaît plein de choses. Théodor W. Adorno explique que l'homme moderne a perdu la nature et que c'est seulement par la transformation de la personnification que nous pouvons lui redonner ce que l'homme lui aura retiré.[21] La théorie de l'acteur-réseau de Bruno Latour va dans ce sens, en élargissant la gamme des entités susceptibles d'être considérés des acteurs — ce qui est nécessaire, selon lui et ses collègues, pour rendre l'univers intelligible.[22] Le travail de la poésie serait, entre autres choses, de faire des expériences dans ce domaine , Fabula, Atelier littéraire : Adresse lyrique

Traductions du mot « évocatoire »

Langue Traduction
Anglais evocative
Espagnol evocador
Italien suggestivo
Allemand anregend
Chinois 令人回味的
Arabe مثير
Portugais evocativo
Russe вызывающий воспоминания
Japonais 刺激的な
Basque iradokitzaileak
Corse evocativu
Source : Google Translate API

Synonymes de « évocatoire »

Source : synonymes de évocatoire sur lebonsynonyme.fr
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