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Euphorbe

Définitions du mot « euphorbe »

Trésor de la Langue Française informatisé

EUPHORBE, subst. fém.

BOT. Plante herbacée ou ligneuse de la famille des Euphorbiacées, dont on trouve des variétés sur tout le globe et qui produit un suc laticifère souvent caustique ou vénéneux. Euphorbe résinifère, officinale. L'euphorbe, ou lait du diable, ou petite éclaire, ou lait de couleuvre, sinapise la peau et corrode les verrues (Huysmans, Oblat, t. 1, 1903, p. 110).Nous essayions les pommes de tous les pommiers; mais nous nous gardions de sucer le lait des euphorbes (Beauvoir, Mém. j. fille,1958, p. 81):
Regarde plus près, au pied de la colline, ce grand euphorbe? Brise ses rameaux et suce tes doigts!... et puis tu resteras tout étendu... tu ne sentiras plus rien... Tu ne seras plus rien! Flaub., Tentation,1856, p. 610.
Rem. Littré, Besch. 1845 et l'Ac. jusqu'en 1835 donnaien. ce subst. comme masculin.
Prononc. et Orth. : [øfɔ ʀb̥]. Ds Ac. 1762-1932. Var. euphorbia ds Lar. encyclop. Étymol. et Hist. Ca 1256 eufourbe (A. de Sienne, Régime du Corps, p. 87, 19 ds T.-L.). Empr. au lat. impérial euphorbea, euphorbia « id. » du nom d'Euphorbus, médecin du roi de Mauritanie Juba (iers. apr. J.-C.), d'apr. Pline (TLL). Fréq. abs. littér. : 39.

Wiktionnaire

Nom commun

euphorbe \ø.fɔʁb\ féminin

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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

EUPHORBE. n. f.
T. de Botanique. Plante à suc laiteux, âcre et corrosif.

Littré (1872-1877)

EUPHORBE (eu-for-b') s. m.
  • Genre de plantes à suc laiteux, âcre et caustique, qui a servi de type à la famille des euphorbiacées.

REMARQUE

L'Académie fait euphorbe du masculin ; mais les botanistes n'usent que du féminin, genre qui, consacré par l'usage, doit être préféré.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

EUPHORBE, s. m. (Hist. nat. bot.) genre de plante de la classe des tithymales ; elle est ainsi nommée, dit-on, d’Euphorbe, medecin du roi Juba, & frere du célebre Antoine Musa, medecin d’Auguste ; mais Saumaise a prouvé que cette plante étoit connue sous ce nom long-tems avant le medecin du roi de Lybie.

Voici ses caracteres : sa fleur, son fruit & son lait ressemblent à ceux du tithymale ; sa forme est anguleuse, de même que dans le cierge ; elle est ornée de piquans, & presque dénuée de feuilles. Boerhaave & Miller en comptent dix à douze especes, & ce dernier auteur y joint la maniere de les cultiver ; mais nous ne parlerons que de l’espece d’où découle la gomme dite euphorbe. Elle s’appelle euphorbium antiquorum verum dans Commellin, hort. med. Amst. 23. & par les Malais scadidacalli. Hort. malab. vol. II. tab. lxxxj. &c.

C’est un arbrisseau qui vient dans les terres sablonneuses, pierreuses & stériles des pays chauds, à la hauteur de dix piés & davantage. Sa racine est grosse, se plonge perpendiculairement dans la terre, & jette des fibres de tous côtés ; elle est ligneuse intérieurement, couverte d’une écorce brune en-dehors, & d’un blanc de lait en dedans. Sa tige qui est simple, a trois ou quatre angles ; elle est comme articulée & entrecoupée de différens nœuds, & les angles sont garnis d’épines roides, pointues, droites, brunes & luisantes, placées deux à deux. Elle est composée d’une écorce épaisse, verte-brune, & d’une pulpe humide, blanchâtre, pleine de lait, & sans partie ligneuse. Elle se partage en plusieurs branches dénuées de feuilles, à moins qu’on ne veuille donner le nom de feuilles à quelques petites appendices rondes, épaisses, laiteuses, placées sur les bords seules à seules sous les épines, & portées sur des queues courtes, épaisses, applaties, vertes & laiteuses.

Les fleurs naissent principalement du fond des sinuosités qui se trouvent sur les bords anguleux & entre les épines ; elles sont au nombre de trois ensemble, portées sur un petit pédicule d’environ un demi-pouce, cylindrique, verd, laiteux, épais & droit. La fleur du milieu est la plus grande, & s’épanoüit la premiere, les autres ensuite, lesquelles sont sur la même ligne, portées sur de très-petits pédicules, ou même elles n’en ont point du tout.

Ces fleurs sont composées d’un calice d’une seule piece, renflé, ridé, coloré, partagé en cinq quartiers, & qui ne tombent pas ; elles ont cinq pétales de figure de poire, convexes, épais, placés dans les échancrures du calice, & attachés par leur base au bord du calice. Du milieu de ces fleurs s’élevent des étamines au nombre de cinq ou six, fourchues, rouges par le haut, sans ordre. Le pystil est un style simple qui porte un petit embryon arrondi, triangulaire, & chargé de trois stygmates. Lorsque les fleurs paroissent, les appendices feuillées ou ces petites feuilles tombent.

Il succede à ces fleurs des fruits ou des capsules à trois loges, applaties, laiteuses, vertes d’abord, & qui en partie rougissent un peu dans la suite, d’un goût astringent. Ces capsules contiennent trois graines rondes, cendrées extérieurement, blanchâtres intérieurement. On trouve souvent dans les sacs de peau dans lesquels on apporte la graine d’euphorbe, des fragmens de cette plante, des morceaux d’écorce, des capsules séminales & des fleurs desséchées, qui peuvent servir à confirmer la description qu’on vient de lire de cet arbuste.

Il croît en Afrique, en Lybie, aux îles Canaries, à Malabar, & dans d’autres endroits des Indes orientales. Il est par-tout rempli d’un suc laiteux, très âcre & très-caustique, qui en distille dans quelque endroit qu’on y fasse une incision. On donne à ce suc caustique, desséché & endurci, le même nom de la plante. Voyez les deux articles suivans. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

Euphorbe, s. f. (Hist. nat. des drogues.) gomme-résine en gouttes ou en larmes, sans odeur, d’un jaune-pâle ou de couleur d’or, brillantes ; tantôt rondes, tantôt oblongues, branchuës & caverneuses ; d’un goût très-âcre, caustique, & provoquant des nausées.

L’euphorbe ne se dissout point dans l’eau commune ; les huiles, l’esprit de terebenthine, l’esprit de vin, l’eau-de-vie, n’en dissolvent qu’une legere portion, & la plus huileuse. Le vin, le vinaigre, n’en dissolvent pas beaucoup davantage. L’esprit de nitre, l’esprit de vitriol, le pénetrent sans ébullition, & l’amollissent sans le dissoudre. Le suc de citron dépuré en dissout une partie gommeuse, & la sépare d’avec sa partie terrestre. Enfin l’huile de tartre en tire une forte teinture. Toutes ces diverses expériences ont fait mettre l’euphorbe au rang des gommes, & non des résines.

Le scadidacalli des Malabares paroît être l’arbrisseau qui donnoit l’euphorbe des anciens ; mais il est vraissemblable que celle qu’on reçoit en Europe, vient de plusieurs especes du même genre de plante ; car les Anglois tirent leur euphorbe des îles Canaries ; les Hollandois, de Malabar ; les Espagnols, les Italiens, les François, de Salé au royaume de Fez.

Dans tous ces pays-là on perce l’arbrisseau de loin avec une lance ; ou bien on se couvre le visage pour faire ces incisions, afin d’éviter d’être incommodé par l’exhalaison subtile & pénétrante du suc laiteux, volatil & caustique qui sort de la plante en grande quantité. Ce suc est souvent reçû dans des peaux de moutons, où il se durcit en gomme jaune, tirant sur le blanc, friable, & qu’on nous apporte en petits morceaux.

On recommande de choisir l’euphorbe pure, nette, pâle, âcre, & d’une saveur brûlante. Article de M. le Chevalier de Jaucourt.

Euphorbe, (Pharm. & Mat. med.) Nous n’employons aujourd’hui cette gomme-résine que dans les préparations externes, & jamais dans celles qui sont destinées pour l’intérieur, à cause de sa grande causticité.

Quelques auteurs ont cependant prétendu la corriger ; soit en la faisant infuser dans de l’huile d’amandes douces, & ensuite dans du suc de citron ; soit en la faisant dissoudre dans du vinaigre, la filtrant & la rapprochant en consistance solide ; soit en l’enfermant dans un citron ou dans un coing, que l’on couvroit de pâte & qu’on faisoit cuire au four ; soit enfin en la faisant dissoudre dans de l’acide vitriolique foible, & la faisant dessécher : mais on peut dire que toutes ces corrections, ou sont insuffisantes, ou énervent le remede au point de le rendre inutile. Il est donc beaucoup plus sûr de ne point employer l’euphorbe pour l’usage intérieur ; puisque ses effets sont dangereux, & que d’ailleurs nulle observation particuliere ne nous engage à risquer ce danger en faveur de quelque vertu singuliere.

L’euphorbe est un violent purgatif hydragogue, qui, à la dose de quatre ou cinq grains, fait des ravages si étonnans, qu’on doit plus le regarder comme un poison, que comme un médicament : appliqué extérieurement, c’est un épipastique.

Mesué ne le recommande qu’à l’extérieur dans la résolution des nerfs, dans leur convulsion, leur engourdissement, leur tremblement, & toutes leurs autres affections, qu’il regardoit comme froides. Il le recommande aussi dans les douleurs de foie & de la rate : pour cet effet on le broye avec de l’huile, & on en frote la région de ces visceres. Fernel dit que ce remede est excellent contre la scyatique & la paralysie. Herman dit qu’il s’en servoit avec succès pour fondre les tumeurs skirrheuses.

On vante beaucoup l’euphorbe pulvérisé dans la carie des os, & il est très-usité dans ce cas ; on saupoudre les os cariés avec l’euphorbe seul, ou mêlé avec partie égale d’iris de Florence, ou d’aristoloche ronde. Voyez Carie.

L’euphorbe est un puissant sternutatoire ; on doit même éviter de s’en servir dans cette vûe, à cause de sa trop grande activité, qui est telle qu’il fait souvent éternuer jusqu’au sang. C’est aussi ce qui fait qu’il est très-incommode à pulvériser ; car pour peu qu’en respire le pileur, il est attaqué d’un éternument violent qui dure plusieurs heures : on a donc soin de l’arroser dans le mortier avec un peu d’huile d’olive ou d’amande douce, pour éviter cet inconvénient. Le mieux est, malgré cette ressource, de ne faire cette opération que dans un mortier couvert. Voyez Piler.

On prépare une huile d’euphorbe avec cinq onces de vin, dix onces d’huile, demi-once d’euphorbe, faisant cuire le tout jusqu’à ce que le vin & l’humidité soient exhalés. Cette huile peut être employée dans les maladies ci-dessus énoncées.

L’euphorbe entre dans l’onguent d’arthanita, & dans les emplâtres diabotanum, de ranis, & vésiccatoire. (b)

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Étymologie de « euphorbe »

Du latin euphorbia, plus avant de Euphorbus, nom du médecin grec du roi Juba II de Mauritanie (1er siècle avant J.C), qui aurait découvert ses propriétés curatives.
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Provenç. euforbi, euforbia ; espagn. et ital. euforbio ; du latin euphorbia ou euphorbion ; de Euphorbus, médecin du roi Juba. Ce prince, qui cultivait les sciences naturelles, appliqua cette plante à l'usage médical et la dénomma d'après son médecin (Pline, XXV, 38). Εὔφορϐος, qui signifie bien nourri, vient de εὖ, bien, et φορϐὴ, nourriture, de φέρϐειν, nourrir, paître ; à φορϐὴ, φερϐὴ, tient le latin herba, herbe (voy. ce mot).

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Phonétique du mot « euphorbe »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
euphorbe øfɔrb

Évolution historique de l’usage du mot « euphorbe »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « euphorbe »

  • Les plantes appartenant au genre Euphorbia possèdent de multiples qualités : chaque emplacement du jardin peut accueillir avec bonheur l’une de ces multiples variétés. Les euphorbes se caractérisent par des inflorescences particulières nommées cyathes. Leurs involucres jaunes, verts ou plus rarement rouge orangé en forme de calice entourent un cœur plutôt insignifiant qui attire toutes sortes d’insectes. Le Telegramme, Euphorbe. Une originale polyvalente - Jardin - Le Télégramme
  • Euphorbia caput-medusae, l’euphorbe tête de méduse est une plante succulente cactiforme dont il faut ajuster les bonnes conditions de culture pour obtenir une plante trapue, jolie et régulière. C’est certainement l’espèce d’euphorbe à caudex la plus facile à cultiver en pot. auJardin.info, Euphorbe tête de méduse, Euphorbia caput-medusae : planter, cultiver
  • Du bout des papilles, elle peut distinguer un miel d’acacia fleuri sous le ciel de France ou de Hongrie. Trente années d’expérience ont forgé son goût. Comme on déguste un grand vin, l’analyse sensorielle d’un cru de miel est riche d’enseignements sur son terroir. Le côté frais et mentholé d’un tilleul se distingue du sapin balsamique et malté. La brûlure d’une euphorbe du Maroc vous laisse la bouche en feu. Le petit côté salé d’un palétuvier du Sénégal surprend puis ravit. Une incroyable roue des arômes qui n’est que le prélude à une étude beaucoup plus poussée sur le plan physico-chimique. , Magazine Gastronomie et Vins | Toutes les saveurs du miel à déguster dans le Jura
  • La longue floraison de l’euphorbe de Robb s’étale d’avril à juillet, puisque les bractées persistent en prenant une coloration « vieux rose » durant la mise en graine. Les petits fruits à 3 loges sont explosifs et libèrent les graines en les expulsant. auJardin.info, Euphorbe des bois, Euphorbe de Robb, Euphorbia amygdaloïdes subsp robbiae
  • Euphorbia x martinii, l’euphorbe de Martin est une plante vivace rustique appartenant à la famille des Euphorbiacées. L’euphorbe de Martin est un hybride naturel entre Euphorbia amygdaloides, l’euphorbe des bois et Euphorbia characias, l’euphorbe des Garrigues, découvert dans les Pyrénées. Le genre Euphorbe contient quelques plantes vivaces ornementales de grand intérêt pour le jardin. Euphorbia martinii, compacte et au feuillage très soigné, réussit en massif comme en potée. auJardin.info, Euphorbe de Martin, Euphorbia x martinii : planter, cultiver
  • Euphorbia myrsinites, l’euphorbe de Corse, est une plante vivace appartenant à la famille des Euphorbiacées. L’Euphorbe de Corse est distribuée sur le pourtour de la méditerranée, jusqu’en Asie. C’est une espèce héliophile et même presque xérophyte donc la forme, originale, est intermédiaire entre les euphorbes herbacées de notre climat tempéré et les Euphorbes plus compactes, parfois cactiformes et en forme de méduses des zones plus sèches. Pourtant Euphorbia myrsinites est parfaitement rustique. Très décorative, elle est idéale pour les situations un peu trop sèches du jardin. auJardin.info, Euphorbe de Corse, Euphorbia myrsinites : planter, cultiver
  • un arracheur d’euphorbe interpellé, en coopération avec le garde champêtre et la gendarmerie. Photo B.O. Nice-Matin, Un arracheur d’euphorbe interpellé, le deuxième vol en moins de 15 jours à Levens - Nice-Matin
  • Euphorbia lactea, appelée parfois os de dragon ou euphorbe lactée, est une plante succulente cactiforme en forme de candélabre appartenant à la famille des Euphorbiacées. Couramment cultivée dans toutes les régions tropicales, Euphorbia lactea est originaire d’Asie, probablement plus précisément d’Indes. Elle est très couramment cultivée en Europe sous forme de plante d’appartement : de hauts candélabres qui acceptent un intérieur clair, mais aussi sous sa remarquable forme cristée, Euphorbia lactea ‘Cristata’, beaucoup plus compacte. auJardin.info, Euphorbe lactée, Os de dragon, Euphorbe candélabre, Euphorbia lactea
  • L'euphorbe de Griffith a une superbe floraison orangée ! Cette vivace herbacée, bien rustique, aux tiges dressées, vert rougeâtre quand elles sont jeunes forme un buisson étalé de fort belle allure. Le feuillage caduc est vert foncé. Floraison en mai-juillet, petites ombelles vert vif de 2 à 5 cm de diamètre. Elle produit des fruits semblables à des câpres. auJardin.info, Euphorbe de Griffith, Euphorbia griffithii : planter, cultiver

Traductions du mot « euphorbe »

Langue Traduction
Anglais euphorbia
Espagnol euforbia
Italien euforbia
Allemand euphorbia
Chinois 大戟属
Arabe الفربيون
Portugais euphorbia
Russe euphorbia
Japonais ユーフォルビア
Basque euphorbia
Corse euphorbia
Source : Google Translate API

Synonymes de « euphorbe »

Source : synonymes de euphorbe sur lebonsynonyme.fr

Euphorbe

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