La langue française

Étamine

Sommaire

  • Définitions du mot étamine
  • Étymologie de « étamine »
  • Phonétique de « étamine »
  • Évolution historique de l’usage du mot « étamine »
  • Citations contenant le mot « étamine »
  • Traductions du mot « étamine »
  • Synonymes de « étamine »

Définitions du mot « étamine »

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉTAMINE1, subst. fém.

BOT. Organe mâle de la fleur (chez les plantes phanérogames), généralement constitué du filet* et de l'anthère*, situé entre la corolle et le pistil. Je me demande, quand elles [des plantes] se fécondent elles-mêmes sans le secours des insectes ou des souffles aériens comme certaines le font, quand les étamines se penchent et se vident sur les pistils, si elles n'éprouvent pas des frissons amoureux (Pesquidoux, Chez nous,1923, p. 111).Un bouton s'est ouvert ce matin en une grande fleur aux pétales écarlates et noirs (...). C'est sa journée, son tour de confesser la splendeur du monde. Elle a poussé de longues étamines rouges qui, chacune portent une ombelle de petites pointes safranées (Guéhenno, Journal« Révol. », 1938, p. 128).Cf. aussi anthère ex. 3, avortement ex. 6, calice ex. 5.
P. métaph. :
Ce doit être bon de mourir! Bon, comme de faire l'amour, (...) D'être à deux une seule fleur, Fleur hermaphrodite, homme et femme, De sentir le pistil en pleur, Sous l'étamine toute en flamme Nouveau, Valentines,1886, p. 167.
Prononc. et Orth. : [etamin]. Ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist. 1690 bot. estamine (Fur.). Francisation, sous l'infl. de étamine2*, du lat. impérial stamina, neutre plur. de stamen, staminis « fil, filament » (Pline ds Forc.).

ÉTAMINE2, subst. fém.

A.− TEXT. Étoffe légère et souple caractérisée par sa tissure très lâche et servant à confectionner des vêtements, des rideaux, des voiles, des drapeaux, etc. Étamine noire; étamine de coton, de laine; drapeau, robe d'étamine. Ombres majestueuses, effacées par l'étamine des voiles noirs (Adam, Enf. Aust.,1902, p. 327).Un rideau de grosse étamine retenait les mouches et laissait passer l'air (Gide, Caves,1914, p. 798).Ambert était alors une ville marchande où l'on fabriquait de l'étamine à pavillons pour flammes et banderoles de vaisseau (Pourrat, Gaspard,1922, p. 12).
Spéc., COUT. Canevas servant à faire de la tapisserie. [Il] comptait ses points sur l'étamine bien tendue d'un tambour (Colette, Mais. Cl.,1922, p. 136).
B.−
1. TECHNOL. Filtre généralement formé d'étoffe non croisée (parfois de métal) et servant à passer des liqueurs, des sauces, etc. Vous goûtez si l'assaisonnement se trouve de haut goût : alors vous le passez par l'étamine fine, ou par un tamis de crin ordinaire (Gdes heures cuis. fr., Carême, 1833, p. 132).
2. Expr. fig. Passer, trier, etc. (qqn, qqc.) à, par l'étamine. Soumettre à un examen critique très pointilleux, faire subir une sélection très sévère. Le premier sot venu vous prend, vous examine, Et vous fait à son gré passer par l'étamine (Pommier, Crâneries,1842, p. 170).Ne s'attachant plus qu'aux œuvres triées à l'étamine, distillées par des cerveaux tourmentés et subtils (Huysmans, À rebours,1884, p. 116).
P. méton., péj. (au plur.). Rudes épreuves, traitements, procédés pénibles. Quelles étamines! L'exigence de la jeune personne de faire stipuler dans le contrat 4 000 francs par an pour ses toilettes (Goncourt, Journal,1862, p. 1086).Vous me faites subir de rudes étamines (Flaub., Corresp.,1874, p. 115).
Rem. La docum. atteste étaminier, subst. masc. Personne qui fabrique, vend de l'étamine. Attesté ds Ac. 1798-1932, Besch. 1845, Lar. 19e-Lar. Lang. fr., Littré, DG, Rob., Quillet 1965.
Prononc. et Orth. : [etamin]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1160-74 estamine « tissu léger de laine ou de coton qui servait en particulier à la confection d'un vêtement porté par les moines » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, 2epart., 2009); 2. ca 1393 « étoffe peu serrée dont on se sert pour tamiser » (Ménagier, II, 136 ds T.-L.); 3. 1765 déc. « canevas utilisé en tapisserie » tapisserie d'étamine (Inventaire du château d'Amilly ds Havard t. 2, p. 543). Empr., par substitution de suff. (stamina), au lat. médiév.staminea (665 ds Nierm.) au sens de « chemise en laine portée par les moines » fém. subst. de l'adj. stamĭneus « garni de fil », dér. de stamen (gr. σ τ η ́ μ ω ν), v. étaim, plutôt qu'issu de staminea avec introduction du suff. -ine (cf. Bl.-W.5).
STAT. − Étamine1 et 2. Fréq. abs. littér. : 117.
BBG. − Quem. DDL t. 3 (s.v. étaminier).

Wiktionnaire

Nom commun 1

étamine \e.ta.min\ féminin

  1. (Botanique) Organe mâle de la fleur produisant le pollen. Les étamines se composent d’une partie allongée (le filet) et d’une partie supérieure renflée (l’anthère).
    • À Bourges, j'ai vu danser sur un vitrail une Salomé vêtue de pourpre; elle allait, sautant sur les mains, creusant les reins; et ses jambes pendaient au-dessus de sa tête comme deux étamines issues d'un lis rouge. — (Maurice Bedel, Traité du plaisir, 1945)

Nom commun 2

étamine féminin

  1. Étoffe mince, légère et souple.
    • Le pavillon claquait avec un bruit sec, et son étamine menaçait de se couper et de s’envoler en lambeaux dans le fond de la rade. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, 1840, édition Charpentier, 1859)
    • Sur les vaisseaux, la girouette est une bande de toile légère ou d’étamine, cousue et montée sur l’équinette, ou espèce de bâti en bois, placé à la tête des mâts, et plus généralement au grand mât seulement. — (Merlin, « Girouette » (part. 2), dans le Dictionnaire de la conversation et de la lecture, 2e édition refondue, tome 10, Paris : chez Firmin Didot frères, fils & Cie, 1868, page 323)
    • Encore quelques instants, et sous le souffle de la rafale, qui tordait les flammes comme l’étamine d’un pavillon, la ragged-school ne serait plus qu’une caverne de feu, un tourbillon de vapeurs incandescentes. — (Jules Verne, P’tit Bonhomme, ch. 5, J. Hetzel et Cie, Paris, Illustrations par Léon Benett, 1891)
    • Près d’elle, le premier clerc de l’étude, un géant osseux et ambitieux, comptait ses points sur l’étamine bien tendue d’un tambour. — (Colette, La maison de Claudine, Hachette, 1922, réédition Le Livre de Poche, 1960, page 79)
    • Une paix profonde règne dans la maison. Avec ses clairs rideaux d’étamine blanche, aux doubles fenêtres, cette salle à manger a l’aspect d’un parloir de couvent. — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, réédition Le Livre de Poche, page 21)
  2. Tissu à fines mailles, qui sert à tamiser des poudres, ou à filtrer des liquides.
    • Au moment de servir, déballez, débridez et dressez; passez à l’étamine le jus égoutté, ajoutez-le à une sauce financière demi-liée, et saucez les perdreaux. — (Paul-Benjamin Chareau, Science du bien vivre ou monographie de la cuisine, Paris : chez Martinon, 1844, page 168)
    • D’autre part, faire cuire un homard comme pour l’américaine; une fois cuit le décarapacer ; laisser réduire la cuisson ; la monter au beurre d’écrevisse et la passer à l’étamine. — (Joseph Favre, Dictionnaire universel de cuisine pratique)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉTAMINE. n. f.
Petite étoffe mince, qui n'est pas croisée. Étamine de laine, de soie. Robe d'étamine. Voile d'étamine. Il se dit également d'un Tissu peu serré, fait de crin, de soie ou de fil, qui sert à passer le plus délié de la farine, ou quelque poudre; et, en général, de Toute pièce d'étoffe qui sert à passer des liqueurs pour les filtrer. Étamine grossière, fine. Un blutoir fait d'étamine de soie. Passer une poudre à l'étamine. Fig. et fam., Passer par l'étamine, Examiner sévèrement les actes d'une personne, les mérites d'un ouvrage.

Littré (1872-1877)

ÉTAMINE (é-ta-mi-n') s. f.
  • 1Petite étoffe légère. Il est un art de donner d'heureux tours à l'étamine, à la plus simple toile, Gresset, Vert-Vert, ch. I. Camelots appelés burats, ou étamine d'Auvergne, Lett. pat. août 1780. Les étamines camelotées auront sur le métier 43 aunes de longueur, ib. 22 juill. 1780, art. 5, Orléans. Étamine à voile, pour les religieuses ; demi-étamines pour des voiles fins et forts, ib. Tableau annexé, Tours. Une longue robe d'étamine remplace pour elle [Amélie] les ornements du siècle, Chateaubriand, René, 207.

    Terme de marine. Nom d'une étoffe de laine légère dont on se sert pour faire les pavillons.

  • 2Tissu très peu serré de crin, de laine, etc. Un blutoir fait d'étamine. Étamine de laine, de soie.

    Toute pièce d'étoffe qui sert à passer des liqueurs pour les filtrer.

  • 3Passer par l'étamine, être examiné sévèrement. Tout passait par son étamine, La Fontaine, Cand. Tout ce qui s'offre à moi passe par l'étamine, Boileau, Sat. VII.

    Passer par l'étamine, être soumis à des épreuves. Il y avait loin d'une reine de 41 ans [Anne d'Autriche], fille d'Espagne, qui avait elle-même passé déjà par plus d'une étamine en affaires d'État, à M. le duc d'Orléans qui n'avait que sa naissance, Saint-Simon, 400, 221.

    En un autre sens. MM. de Vendôme et de Vaudemont avaient passé par la même étamine [traitement mercuriel] ; Vendôme y avait laissé presque tout son nez, Saint-Simon, 178, 120.

    Activement, passer par l'étamine, examiner. Il faut passer ces opinions par l'étamine.

HISTORIQUE

XIIe s. La couele [capuchon] e l'estamine out desus cel [eut sous ce vêtement] li ber, Mais de pans et de manches les out fait escurter ; Car ne voleit al siecle sa vie demustrer, Th. le mart. 155. Guillaume lor seignor à Roen aporterent ; Du chief de son braier une clef deffermerent, Et cole et estamine et un froc en osterent, Roman de Rou, dans LACURNE.

XIIIe s. Ains ne cuevre pas le visage, Qu'il ne vuet pas tenir l'usage Des Sarrasins, qui d'estamines Cuevrent les vis as Sarrasines, la Rose, 21213.

XIVe s. Et toutesvoies fist il tant vers l'abbé que il enporta une coule et une estamine, Du Cange, estamenha.

XVe s. Se estamine n'avez, sacs ou bluteaux, Villon, Ballade. Il jeunera ces jours là et portera l'estamine ou vestira la haire, Le Chev. de la Tour, Instruction à ses filles, f° 66, dans LACURNE.

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Étymologie de « étamine »

Dérivé d'estame ; wallon, sitameinn ; provenc. estamenha ; catal. estamenya ; espagn. estameña ; ital. stamigna.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(Nom 1) (1690) Du latin stamen (« fil »)
(Nom 2) (1160) Attesté sous la forme estamine, du latin staminea (« [étoffe] de fil », « chemise de fil de laine portée par les moines »), féminin de stamineus (« garni de fil ») → voir étaim.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « étamine »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
étamine etamin

Évolution historique de l’usage du mot « étamine »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « étamine »

  • Huile de ciboulette : Blanchir les bottes de ciboulette dans un grand volume puis refroidir, égoutter. Mixer la ciboulette avec l’huile pendant 10 minutes. Passer au chinois étamine. France Bleu, Hugo Charcolin chef du restaurant "La Tête de L'Art"

Traductions du mot « étamine »

Langue Traduction
Anglais stamen
Espagnol estambre
Italien stame
Allemand staubblatt
Chinois
Arabe سداة
Portugais estame
Russe тычинка
Japonais 雄しべ
Basque stamen
Corse stamen
Source : Google Translate API

Synonymes de « étamine »

Source : synonymes de étamine sur lebonsynonyme.fr
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