Avent : définition de avent


Avent : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

AVENT, subst. masc.

A.− Vieilli, rare, littér. Synon. de avènement, venue :
1. ... la liberté n'est pas quelque chose-qui-est. La liberté n'est rien. La liberté n'est pas, mais elle sera; n'« existe » pas, mais devient. La liberté est chose à venir, futurum, c'est-à-dire non-chose, perpétuellement en instance et puissance d'avènement − si l'aventure est d'affronter cet avènement ou avent de la chose-qui-advient mais qui sera toujours un pas-encore... Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien,1957, p. 218.
B.− LITURG. Période de préparation à Noël. Premier, deuxième, troisième, quatrième dimanche de l'Avent :
2. Temps de l'Avent. − Temps admirable; je vais essayer de le méditer. Mais préparer, au moins prévoir, chaque soir, la méditation. − Quelles prières! Quels accents! Quelle force d'instance! Voilà comment Dieu veut qu'on lui parle. − Résolution pour l'Avent : la douceur dans la fermeté. (...). Le bréviaire, la messe, la méditation dans Isaïe ont une profonde douceur : il faudra y revenir pendant le temps de Noël. Dupanloup, Journal intime,1853, p. 172.
3. ... pour nous, le jour de l'an liturgique, qui est le premier dimanche de l'Avent, fut un sujet de peines. L'Avent, symbole d'Israël, qui appelait, en se macérant et en jeûnant sous la cendre, l'arrivée du Messie est, en effet, un temps de pénitence et de deuil. Plus de Gloria, plus d'orgue aux féries, plus d'ite missa est, plus de Te Deum, à l'office de nuit; nous avons adopté comme marque de tristesse le violet (...). La liturgie de cette époque est splendide. Aux détresses des âmes qui pleurent leurs péchés, se mêlent les clameurs enflammées et les hourras des Prophètes annonçant que le pardon est proche; les messes des Quatre-Temps, les grandes antiennes des O, l'hymne des Vêpres, le Rorate coeli du salut, le répons de Matines du premier dimanche peuvent être considérés parmi les plus précieux bijoux du Trésor des offices; (...) l'Avent se réfère non seulement à la Nativité du Christ, mais aussi à son dernier Avènement, c'est-à-dire à cette fin du monde où il viendra, selon le Credo, juger les vivants et les morts. Il sied, par conséquent, de ne point oublier ce point de vue et d'enter sur la joie rassurante du Nouveau-Né, la crainte salutaire du Juge. L'Avent est donc à la fois le Passé et le Futur; et il est aussi, dans une certaine mesure, le Présent; car cette saison liturgique est la seule qui doive subsister, immuable, en nous, les autres disparaissant avec le cycle qui tourne; (...) nous devons toujours vivre en un éternel Avent, car, en attendant la suprême débâcle du Monde, il aura son accomplissement en chacun de nous, avec la mort. Huysmans, L'Oblat,t. 1, 1903, pp. 242-243.
Rem. Au plur., rare :
4. ... de lentes promenades dans l'enceinte cloîtrée, de longues solitudes imposées aux novices dans leurs cellules; la diversion de quelques visites de dignitaires de l'église, protecteurs du couvent; les sermons familiers de quelques prédicateurs célèbres de la paroisse au carême et aux avents; la monotonie dans le vide, l'importance dans le rien, un sensualisme pieux sanctifié par le mysticisme : voilà l'éducation de l'Italie et de l'Espagne alors. Lamartine, Nouvelles Confidences,1851, p. 157.
P. ell. Prêcher l'avent. Assurer la prédication spéciale de la période de l'Avent :
5. Madame None l'accueille, cérémonieuse et glaciale : − Mon Père, quel hasard nous vaut votre visite? Il répond : − Je prêche ici l'Avent, ... Estaunié, L'Empreinte,1896, p. 333.
P. méton. Sermon ou recueil de sermons prêché(s) durant l'Avent :
6. On sait, en effet, que Retz, encore abbé, s'avisa de vouloir réussir dans les sermons et y fit éclat. On ne savait pas généralement alors (ce dont il s'est vanté depuis) que c'était une pure gageure de vanité, et que Madame de Guemené avait son compte sous tous ces Carêmes et ces Avents. Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 2, 1842, p. 77.
C.− P. ext. et p. métaph. Période préparatoire :
7. Pourquoi l'aventure? et à quoi bon philosopher sur elle? Il nous semble parfois vivre une période d'avènement; notre époque nous donne l'impression d'être penchée sur le prochain futur. « Vers le monde qui vient » ... : n'est-ce pas le titre d'un livre d'Edmond Fleg? On écrit souvent que les événements se précipitent, que les temps viennent, que les temps sont venus, que les temps sont proches, que nous sommes dans l'Avent d'une fête mystique où tout va se résoudre. Il est vrai que les hommes ont toujours dit ces choses. Depuis qu'on annonce les prémices de la venue et l'approche des temps, comment les temps ne sont-ils pas encore là? Les deux Écritures, l'Ancienne et la Nouvelle, les Prophètes et l'Évangile, annoncent l'aurore naissante et l'imminence d'un grand événement. Ε ρ χ ο ́ μ ε ν ο ς η ́ ξ ε ι, veniens veniet. Ι δ ο υ ̀ ε ́ ρ χ ε τ α ι, ecce venit... Jankélévitch, L'Aventure, l'ennui, le sérieux,Paris, Montaigne, 1963, p. 41.
PRONONC. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [avɑ ̃]. 2. Homon. : avant (prép.). Fér. 1768 et Besch. 1845 rappellent : ,,On écrivait autrefois advent.`` Cf. advenir.
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1119 advent « les quatre semaines qui précèdent Noël, pendant lesquelles l'Église catholique se prépare à cette fête » (Ph. de Thaon, Comput, éd. Mall, 3450 : Ki bien voldrat guarder l'Advent e celebrer) graph. cour. jusqu'au xives., disparaissant apr. le xviies. (Trév. 1704); 1217 avent (G. de Coincy, Ste Leocade ds Fabliaux et Contes, éd. Barbazan, t. 1, 271, 49); 2. av. 1692 p. ext. « sermons des dimanches de l'Avent » (Tallemant des Réaux, Historiettes : Mmede Villars ds Dict. hist. Ac. fr., t. 4, 1894 : Il − le Père Henri de la Grange-Palaiseau, capucin − prêcha l'avent au Havre). Empr. au lat. adventus proprement « arrivée, avènement » (Plaute, Amph. 988 ds TLL s.v., 837, 24), empl. en lat. chrét. pour désigner la venue du Christ, iie-iiies. (Irénée, 4, 33, 1, ibid., 838, 27), et la période de l'année liturg. qui précède Noël, ive-ves. (Ps. Ambroise, Serm. 1, 1 c, 625 ds Blaise).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 56.
BBG. − Archéol. chrét. 1924. − Chass. 1970. − Foi t. 1 1968. − Guyot 1953. − Marcel 1938. − Métrol. 1969.

Avent : définition du Wiktionnaire

Nom commun

avent \a.vɑ̃\ masculin

  1. Variante de Avent (écriture plus courante de nos jours).
    • Un rat plein d’embonpoint, gras et des mieux nourris,
      Et qui ne connaissait l’avent ni le carême.
      — (Jean de la Fontaine, Fab. IV, 11.)
    • L'abbé Boileau parut à la cour plusieurs avents et carêmes. — (Louis de Rouvroy, 133, 219.)
    • C’est aux avents qu’on a coutume de planter.
    • Avoir autant couru Qu’aux avents de Noël fait le moine bourru. — (Mathurin Régnier, Satires, XIV)

Nom commun

avent (graphie normalisée)

  1. Avent.
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Avent : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

AVENT. n. m.
Temps destiné par l'Église catholique pour se préparer à la fête de Noël. L'avent a été plus long cette année-ci que l'autre. Le premier dimanche de l'avent. On dit au pluriel Les avents de Noël. C'est aux avents qu'on a coutume de planter. Par extension, Prêcher l'avent, jeûner l'avent, Prêcher, jeûner pendant l'avent.

Avent : définition du Littré (1872-1877)

AVENT (a-van) s. m.
  • Temps pendant lequel on se prépare, dans l'Église catholique, à célébrer la fête de Noël. Le premier dimanche, les quatre semaines de l'avent. Jeûner l'avent. Un rat plein d'embonpoint, gras et des mieux nourris, Et qui ne connaissait l'avent ni le carême, La Fontaine, Fab. IV, 11.

    Prêcher l'avent, prêcher pendant la durée de l'avent. L'abbé Boileau parut à la cour plusieurs avents et carêmes, Saint-Simon, 133, 219.

    Au plur. Les avents, plusieurs avents considérés ensemble. C'est aux avents qu'on a coutume de planter. Avoir autant couru Qu'aux avents de Noël fait le moine bourru, Régnier, Sat. XI.

REMARQUE

Ne dites pas : c'est aux avents que j'irai me confesser ; mais dites : c'est à l'avent. Les avents se disent de plusieurs avents, comme les étés, les hivers. Les avents pour l'avent, c'est un provincialisme, comme on le voit par le picard.

HISTORIQUE

XIIIe s. En quaresme et es auvens croissoit le nombre des poures, Joinville, 297. Il fu couronné le premier dymanche des advens, Joinville, 201.

XVIe s. Et, le temps des avents venu, envoya en un couvent de cordeliers demander un prescheur, Marguerite de Navarre, Nouv. XLI. Le predicateur, tout le long de l'avent, fit très bien son devoir, Marguerite de Navarre, ib.

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Avent : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

AVENT, s. m. (Hist. eccl.) tems consacré par l’église, pour se préparer à célébrer dignement la fête de l’avenement ou de la naissance de Jesus-Christ, & qui précede immédiatement cette fête. V. Noel.

Ce tems dure quatre semaines, & commence le dimanche même qui tombe le jour de saint André, si le dimanche se rencontre avec cette fête, ou le dimanche, soit avant soit après, qui en est le plus proche, c’est-à-dire, le dimanche qui tombe entre le 27 de Novembre & le 3 de Décembre inclusivement. Tel est l’usage présent de l’église, mais il n’a pas toûjours été de même : le rit Ambrosien marque six semaines pour l’avent & le sacramentaire de saint Grégoire en compte cinq : les capitulaires de Charlemagne portent qu’on faisoit un carême de 40 jours avant Noël, c’est ce qui est appellé dans quelques anciens auteurs le carême de la saint Martin : cette abstinence avoit d’abord été instituée pour trois jours par semaine ; savoir, le lundi, le mercredi, & le vendredi, par le premier concile de Mâcon, tenu en 581 ; depuis la piété des fideles l’avoit étendue à tous les autres jours : mais elle n’étoit pas constamment observée dans toutes les églises, ni si régulierement par les laïques que par les clercs. Chez les Grecs l’usage n’étoit pas plus uniforme, les uns commençant le jeûne de l’avent dès le 15 de Novembre, d’autres le 6 de Décembre & d’autres le 20. Dans Constantinople même, l’observation de l’avent dépendoit de la dévotion des particuliers, qui le commençoient tantôt trois, tantôt six semaines, & quelquefois une seulement avant Noël.

En Angleterre les tribunaux de judicature étoient fermés pendant ce tems-là. Le roi Jean fit à ce sujet une déclaration expresse qui portoit défense de vaquer aux affaires du barreau dans le cours de l’avent : In adventu Domini nulla assisa capi debet ; & même encore à présent, il est défendu de marier pendant l’avent sans dispense. Voyez Mariage.

Une autre singularité à observer, par rapport à l’avent, c’est que contre l’usage établi aujourd’hui d’appeller la premiere semaine de l’avent celle par laquelle il commence, & qui est la plus éloignée de Noël, on donnoit ce nom à celle qui en est la plus proche, & on comptoit ainsi toutes les autres en rétrogradant, comme on fait avant le carême les dimanches de la septuagésime, sexagésime, quinquagésime, &c. (G)

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Étymologie de « avent »

Étymologie de avent - Wiktionnaire

Du latin adventus.
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Étymologie de avent - Littré

Picard, les aveins ; provenç. avent ; catal. advent ; espagn. adviento ; portug. advento ; ital. avvento ; de adventus, arrivée, de advenire, avenir : c'est-à-dire l'arrivée, l'avénement de Jésus-Christ, dit, par antonomase, pour sa naissance, et finalement, par catachrèse, pour un certain temps avant Noël.

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Phonétique du mot « avent »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
avent av play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « avent »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « avent »

  • Vente de l’avent 2020-12-06 10:00:00 – 2020-12-06 12:00:00 Kunheim Haut-Rhin Kunheim Unidivers, Vente de l’avent Kunheim dimanche 6 décembre 2020
  • C'est un accident spectaculaire qui s'est déroulé vendredi en fin d'après-midi, sur l'aire de repos de Valmy de l'autoroute A4, dans la Marne. Un poids lourd convoyant des camionnettes s'est encastré sous l'avent de la station-service, soulevant le toit et provoquant des dégâts matériels considérables, selon France Bleu.  , Faits-divers - Justice | Un poids lourd s'encastre spectaculairement dans une station-service de l'A4

Traductions du mot « avent »

Langue Traduction
Corse avventu
Basque abendu
Japonais 出現
Russe приход
Portugais advento
Arabe القدوم
Chinois 来临
Allemand advent
Italien avvento
Espagnol adviento
Anglais advent
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Synonymes de « avent »

Source : synonymes de avent sur lebonsynonyme.fr


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