La langue française

Alphabet

Définitions du mot « alphabet »

Trésor de la Langue Française informatisé

ALPHABET, subst. masc.

A.− LING. et usuel
1. Ensemble de lettres figurant les phonèmes d'une langue et disposées selon un ordre conventionnel :
1. ... l'alphabet n'est point une langue, mais seulement l'écriture commune de toutes les langues parlées. Voilà pourquoi les caractères alphabétiques sont si peu nombreux... A.-L.-C. Destutt de Tracy, Éléments d'idéologie,Idéologie proprement dite, 1801, p. 335.
2. La voix est susceptible d'un quatrième ordre de modifications; celui que nous représentons par les lettres de l'alphabet, et qui se divise lui-même en deux sous-ordres; l'un relatif aux sons principaux, que nous représentons par les voyelles; et l'autre, à ce que l'on nomme leurs articulations, et que nous représentons par les consonnes. G. Cuvier, Leçons d'anatomie comparée,t. 4, 1805, p. 446.
Rem. Syntagmes usuels lettres de l'alphabet, épeler l'alphabet; alphabet arabe, grec, universel, etc.
2. Vieilli. Livre de lecture pour débutants où les lettres et les mots sont disposés dans l'ordre alphabétique (cf. abécé et abécédaire); p. ext. dictionnaire :
3. Madame Gervaisais donna congé au sous-curé et le lendemain, après le déjeuner, montrant à son fils un alphabet tout neuf ouvert sur ses genoux, elle l'appela près d'elle. Il y avait sur sa figure une volonté si arrêtée, que l'enfant fut pris aussitôt du petit tremblement de tout le corps qui lui prenait lorsqu'il voyait cette figure-là à sa mère. E. et J. de Goncourt, Madame Gervaisais,1869, pp. 125-126.
4. Il gît au fond de quelque armoire, Ce vieil alphabet tout jauni, Ma première leçon d'histoire, Mon premier pas vers l'infini. Toute la Genèse y figure; Le lion, l'ours et l'éléphant; Du monde la grandeur obscure Y troublait mon âme d'enfant. Sully Prudhomme, Les Vaines tendresses,L'Alphabet, 1875, p. 242.
3. Spéc., emplois techn.
FIN. (banque). Émission par alphabet. ,,Mode d'émission des billets de banque, d'après lequel la Banque émet ses billets par 25 000, chaque mille correspondant à une lettre de l'alphabet, A, B, C, etc., qui est écrite sur le billet avec un chiffre indiquant combien d'alphabets ont été émis; chaque alphabet comprend, on le voit, 25 000 billets; et C329 mis sur un billet de mille francs exprime que ce billet appartient au 3emillier du 329ealphabet.`` (Littré).
IMPR. ,,En t. de Relieur, on nomme alphabet, de petits fers qui servent à écrire le titre d'un ouvrage, en lettres d'or, sur le dos du livre.`` (Gattel 1841).
MUS. ,,Système de représentation des sons d'une échelle musicale au moyen des lettres de l'alphabet.`` (Lar. encyclop.) :
5. ... la décomposition définitive des syllabes neumatiques en notes isolées constituant notre alphabet musical. V. d'Indy, Cours de composition musicale,t. 1, 1897-1900, p. 55.
6. L'alphabet musical a tout au plus quatorze lettres ... P. Lasserre, Philosophie du goût musical,1922, p. 123.
TÉLÉCOMM. Alphabet morse. ,,Codification des lettres de l'alphabet, des chiffres, etc., sous forme de combinaisons de traits et de points régulièrement espacés.`` (Uv.-Chapman 1956) :
7. ... [dans l'émission radiotélégraphique, par la manipulation] il faut réaliser (...) des séries longues et courtes de trains d'oscillations (...). Les longues correspondent aux traits de l'alphabet Morse, les courtes aux points. J. Mercier, Traité de radio-électricité,Oscillateurs à haute fréquence, t. 1, 1937, p. 39.
TEXT. (broderie). ,,Recueil de modèles de lettres et de chiffres anciens et modernes à l'usage des brodeuses.`` (Lar. encyclop.).
B.− Au fig.
1. Ensemble de signes symboliques représentant le comportement de l'homme ou de la nature (cf. A 1) :
8. « (...) Notre destin est un alphabet brouillé et les lettres varient de couleur et de forme entre nos doigts tremblants. » L. Daudet, Le Voyage de Shakespeare,1896, p. 241.
9. On ne remarque pas que les bêtes sont aussi mystérieuses que l'homme et on ignore profondément que leur histoire est une écriture en images, où réside le secret divin. Mais aucun génie ne s'est encore présenté, depuis six mille ans, pour déchiffrer l'alphabet symbolique de la Création... L. Bloy, La Femme pauvre,1897, p. 69.
10. Pour une même attitude, pour un comportement commun il y a donc d'innombrables manières intentionnelles; et si l'habit ne fait pas le moine, c'est que sous un même habit peuvent battre toutes sortes de cœurs différents. Le comportement, toutefois, n'est qu'un alphabet entre les autres; pas le plus portatif, ni le plus volubile. V. Jankélévitch, Le Je-ne-sais-quoi et le presque-rien,1957, p. 158.
2. Premiers principes ou éléments d'une science, d'un art, d'une technique (cf. abc B).
[Gén. construit avec un compl. introd. par la prép. de] :
11. Mon cher Paul, as-tu donc vécu dans Paris, as-tu donc l'honneur d'appartenir par les liens de l'amitié à Henri de Marsay, pour ignorer les choses les plus vulgaires, les premiers principes qui meuvent le mécanisme féminin, l'alphabet de leur cœur? H. de Balzac, Le Contrat de mariage,1835, p. 345.
12. Les causes [selon Glanvill] sont l'alphabet de la science, sans lequel on ne peut lire dans le livre de la nature. V. Cousin, Hist. de la philosophie moderne,1847, p. 337.
Locutions. N'en être qu'à l'alphabet. Renvoyer qqn à l'alphabet. Renvoyer quelqu'un à l'A. B. C.
3. Par réf. à l'Alphabet de la Mort d'Holbein :
13. ... Surtout songe à te taire. Un seul mot, et ton âme ira loin de ton corps Compléter à loisir ton alphabet des morts! V. Hugo, Cromwell,1827, p. 289.
Prononc. : [alfabε]. − Rem. Land. 1834 transcrit la finale avec [t] : -bεt-. Enq. : /alfabe1, D/.
Étymol. ET HIST. − 1. a) 1395 alphabete « lettres rangées suivant un ordre convenu » (Jean d'Outremeuse, Myreur des histors d'apr. A. Goose ds R. belge Philol. Hist., t. 44, p. 986 : cascon des XXIIII lettres del alphabete, c'este li A. B. C.); 1440-1500 alphabet « id. » (Guill. Tardif, Apol. de Laurent Valla d'apr. Delboulle ds R. Hist. litt. Fr., t. 2, p. 108 : Ung livre commencent à l'alphabet); b) p. anal. 1662 « série des sons figurés par les lettres de l'alphabet » (Mol., Éc. des f., II, 4 ds DG : Nous devons... dire notre alphabet); av. 1630 « système de signes servant à l'expression » (D'Aub., Mém. ds Gdf. : Il avoit inventé un alphabet par les gestes et par les doigts, par le moyen duquel il s'expliquoit merveilleusement); 2. 1547 « petit livre renfermant l'alphabet qu'utilisent les enfants pour apprendre à lire » (Guill. Haudent, Fables, XXXI, 1repartie, d'apr. Delboulle ds R. Hist. litt. Fr., t. 2, p. 108 : Un enfant... vint a rober... en l'escole un alphabet); d'où 1690 (Fur. : on dit être encore à l'alphabet, pour dire Etudier le petit livre qu'on donne aux enfans pour apprendre les lettres); 1718 (Ac. : On dit d'un homme qui n'a pas les premiers principes d'une chose dont il parle, qu'il faut le renvoyer à l'alphabet); 3. av. 1580 diplom. « chiffre d'une écriture secrète » (Bèze, Hist. eccles. lettre de Guitard, I, 776 ds Gdf. Compl. : Pource qu'à la lettre ... il y a des mots qu'elle ne cognoit, je vous envoye l'alphabet de ce qui y est); 4. a) 1666 « ordre alphabétique » (Boil., Sat., I ds Littré : De ses revenus écrits par alphabet), vieilli; b) 1734 « suite ou série de choses de même nature » (Gress., Vert-vert, ch. 3, ibid. : graver en sa mémoire Tout l'alphabet des bateliers de Loire); c) 1738 « livre, dictionnaire » (Volt., Lett. en vers et en prose, à M. de Formont ds DG : Un alphabet de pédantesques rimes); d) 1752 (Trév. : Alphabet [...] espèce de registre, composé de 24 feuillets cottés ... d'une des lettres de l'alphabet, suivant l'ordre naturel); 5. 1680 technol. (Rich. t. 1 : Alphabet. Terme de doreur sur cuir. Petits fers qui servent à écrire le titre du livre); 1690 id. (Fur. : Alphabet, se dit aussi des ferrements ou poinçons qui servent aux Doreurs, aux Graveurs et autres ouvriers, pour marquer, graver ou imprimer les caractères qui sont taillez sur leurs pointes). Empr. au lat. alphabetum « alphabet » (Ps. Tertullien, Catal. haer., 5 ds TLL s.v., 1721, 62 : ex Græcorum alphabeto), composé du gr. α ́ λ φ α et β η ̃ τ α « noms des première et deuxième lettre de l'alphabet grec »; à rapprocher de 4 d, lat. alphabetum « groupe de versets numérotés par les lettres de l'alphabet » (Cassiodore, Diu. litt., 3 ds Blaise 1954 : [Jeremias] qui civitatis suae ruinas quadruplici flevit alphabeto).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 269. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 508, b) 373; xxes. : a) 268, b) 348.
BBG. − Alleau 1964. − Bailly (R.) 1969 [1946]. − Bél. 1957. − Bénac 1956. − Bible 1912. − Boiss.8. − Bonnaire 1835. − Canada 1930. − Cohen 1946, p. 15, 16. − Dagn. 1965. − Delorme 1962. − Dem. 1802. − Dheilly 1964. − Éd. 1913. − Éd. 1967. − Esn. 1966. − Gay t. 1 1967 [1887]. − Guilh. 1969. − Laf. Suppl. 1878. − Lal. 1968. − Lar. mén. 1926. − Laurent (P.). Contribution à l'histoire du lexique français. Romania. 1925, t. 51, p. 33. − Lav. Diffic. 1846. − Malkiel (Y.). Secondary uses of letters in language. Rom. Philol. 1965, t. 19, no1, pp. 1-27. − Mar. Lex. 1961 [1951]. − Prév. 1755. − Rougnon 1935. − Soé-Dup. 1906. − Springh. 1962. − Thomas 1956. − Uv.-Chapman 1956.

Wiktionnaire

Nom commun

alphabet \al.fa.bɛ\ masculin

  1. (Linguistique) Ensemble ordonné de lettres utilisées dans un système d’écriture pour composer des syllabes et des mots.
    • Cet alphabet se compose de quatre-vingt-cinq lettres, classées sans système ni méthode, dans l’ordre où elles se sont offertes à l’esprit de l’inventeur. — (Anonyme, Civilisation des Indiens Chérokées, Revue des Deux Mondes, 1829, tome 1)
    • Cette langue possède plusieurs milliers de lettres — symboles, ou logogrammes, donnant chacun la signification d'un mot entier, car de véritables lettres, ou un alphabet, dans le sens que nous donnons à ce mot, n'existent pas dans la langue chinoise, pas plus qu'ils n'existaient dans celle de l’Égypte jusqu'à une période relativement récente. — (Helena Petrovna Blavatsky, La Doctrine secrète, synthèse de la science, de la religion et de la philosophie, Paris : Publications théosophiques, 1907, p. 7)
    • Une dizaine de mioches assis sur une natte en raphia ânonnaient en chœur l’alphabet hébraïque dessiné sur une planche en bois d’arar (thuya) sur laquelle le rabbin promenait son doigt. — (Ami Bouganim, Vers la disparition d'Israël?, Seuil, 2012)
    • Ces couleurs, cette figure du Z en alphabet tifinagh, je les reconnais. Elles dorment au creux des vieilles couvertures gafsiennes de mes grands-parents à présent disparus. — (Eric Fottorino, Fils de Berbères, éd. Philippe Rey, 2014)
    • Cependant, même si l’urdu et le hindi parlés pourraient être perçus comme une seule et même langue, ils sont rédigés dans des alphabets distincts : le hindi, en devanagari, et l’urdu, en alphabet arabe. — (Mathieu Boisvert, La vie quotidienne en Inde, extrait de Comprendre l'Inde, Éditions Ulysse, 2014)
  2. (Éducation) Petit livre qui contient les lettres de l’alphabet et les premières leçons que l’on donne lorsque l’on enseigne à lire.
    • Acheter un alphabet pour un enfant. - Il a perdu son alphabet.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ALPHABET. n. m.
Réunion de toutes les lettres d'une langue rangées dans l'ordre établi pour cette langue. Alphabet hébreu. Alphabet arabe. Alphabet grec. Alphabet latin. L'alphabet français. Les alphabets européens. Fig. et fam., Il n'est encore qu'à l'alphabet, se dit de quelqu'un qui n'a encore que les premiers commencements d'une science. Il faut le renvoyer à l'alphabet, se dit de quelqu'un qui n'a pas les premiers principes de la chose dont on parle. Il se dit aussi d'un Petit livre qui contient les lettres de l'alphabet et les premières leçons qu'on donne lorsqu'on enseigne à lire. Acheter un alphabet pour un enfant. Il a perdu son alphabet.

Littré (1872-1877)

ALPHABET (al-fa-bè) s. m.
  • 1Ensemble des lettres d'une langue rangées suivant un ordre convenu. L'alphabet grec.

    Fig. N'en être qu'à l'alphabet, n'en être qu'aux premiers éléments d'une science, d'un art.

    Il faut le renvoyer à l'alphabet, se dit d'un homme qui ne sait pas les premiers principes de la chose dont on parle.

  • 2Petit livre qui contient les lettres de l'alphabet et les éléments de la lecture.
  • 3 Par extension. Ordre alphabétique. De ses revenus écrits par alphabet, Boileau, Sat. I.

    Suite ou série de choses de même nature. Trop bien sut-il graver en sa mémoire Tout l'alphabet des bateliers de Loire, Gresset, Vert-vert, ch. 3.

  • 4 En termes d'imprimerie, se dit des lettres ornées de fleurons et de figures pour mettre au commencement des sections, livres, chapitres, etc.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ALPHABET. Ajoutez :

5Alphabet de nature, alphabet considéré et distribué d'après les mouvements des organes de la parole, glotte, voile du palais, langue, dents, lèvres.
6Émission par alphabet, mode d'émission des billets de banque, d'après lequel la Banque émet ses billets par 25 000, chaque mille correspondant à une lettre de l'alphabet, A, B, C, etc., qui est écrite sur le billet avec un chiffre indiquant combien d'alphabets ont été émis ; chaque alphabet comprend, on le voit, 25 000 billets ; et C 329 mis sur un billet de mille francs exprime que ce billet appartient au 3e millier du 329e alphabet.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ALPHABET, s. m. (Entendement, Science de l’homme, Logique, Art de communiquer, Grammaire.) Par le moyen des organes naturels de la parole, les hommes sont capables de prononcer plusieurs sons très-simples, avec lesquels ils forment ensuite d’autres sons composés. On a profité de cet avantage naturel. On a destiné ces sons à être le signes des idées, des pensées & des jugemens.

Quand la destination de chacun de ces sons particuliers, tant simples que composés, a été fixée par l’usage, & qu’ainsi chacun d’eux a été le signe de quelque idée, on les a appellés mots.

Ces mots considérés relativement à la société où ils sont en usage, & regardés comme formant un ensemble, sont ce qu’on appelle la langue de cette société.

C’est le concours d’un grand nombre de circonstances différentes qui a formé ces diverses langues : le climat, l’air, le sol, les alimens, les voisins, les relations, les Arts, le commerce, la constitution politique d’un Etat ; toutes ces circonstances ont eu leur part dans la formation des langues, & en ont fait la variété.

C’étoit beaucoup que les hommes eussent trouvé par l’usage naturel des organes de la parole, un moyen facile de se communiquer leurs pensées quand ils étoient en présence les uns des autres : mais ce n’étoit point encore assez ; on chercha, & l’on trouva le moyen de parler aux absens, & de rappeller à soi-même & aux autres ce qu’on avoit pensé, ce qu’on avoit dit, & ce dont on étoit convenu. D’abord les symboles ou figures hiéroglyphiques se présenterent à l’esprit : mais ces signes n’étoient ni assez clairs, ni assez précis, ni assez univoques pour remplir le but qu’on avoit de fixer la parole, & d’en faire un monument plus expressif que l’airain & que le marbre.

Le desir & le besoin d’accomplir ce dessein, firent enfin imaginer ces signes particuliers qu’on appelle lettres, dont chacune fut destinée à marquer chacun des sons simples qui forment les mots.

Dès que l’art d’écrire fut porté à un certain point, on représenta en chaque langue dans une table séparée les sons particuliers qui entrent dans la formation des mots de cette langue, & cette table ou liste est ce qu’on appelle l’alphabet d’une langue.

Ce nom est formé des deux premieres lettres Greques alpha & betha, tirées des deux premieres lettres de l’alphabet Hébreu ou Phénicien, aleph, beth. Quid enim aleph ab alpha magnopere differt ? dit Eusebe, liv. X. de præpar. evang. c. vj. Quid autem vel betha à beth, &c. Ce qui fait voir, en passant, que les Anciens ne donnoient pas au betha des Grecs le son de l’v consonne, car le beth des Hébreux n’a jamais eu ce son-là.

Ainsi par alphabet d’une langue, on entend la table ou liste des caracteres, qui sont les signes des sons particuliers qui entrent dans la composition des mots de cette langue.

Toutes les nations qui écrivent leur langue, ont un alphabet qui leur est propre, ou qu’elles ont adopté de quelque autre langue plus ancienne.

Il seroit à souhaiter que chacun de ces alphabets eut été dressé par des personnes habiles, après un examen raisonnable ; il y auroit alors moins de contradictions choquantes entre la maniere d’écrire & la maniere de prononcer, & l’on apprendroit plus facilement à lire les langues étrangeres : mais dans le tems de la naissance des alphabets, après je ne sai quelles révolutions, & même avant l’invention de l’Imprimerie, les copistes & les lecteurs étoient bien moins communs qu’ils ne le sont devenus depuis ; les hommes n’étoient occupés que de leurs besoins, de leur sûreté & de leur bien-être, & ne s’avisoient guere de songer à la perfection & à la justesse de l’art d’écrire ; & l’on peut dire que cet art ne doit sa naissance & ses progrès qu’à cette sorte de génie, ou de goût épidémique qui produit quelquefois tant d’effets surprenans parmi les hommes.

Je ne m’arrêterai point à faire l’examen des alphabets des principales langues. J’observerai seulement :

I. Que l’alphabet Grec me paroît le moins défectueux. Il est composé de 24 caracteres qui conservent toûjours leur valeur, excepté peut-être le γ qui se prononce en ν devant certaines lettres : par exemple devant un autre γ, ἄγγελος qu’on prononce ἄνγελος, & c’est de là qu’est venu Angelus, Ange.

Le κ qui répond à notre c a toûjours la prononciation dure de ca, & n’emprunte point celle du ς ou du ζήτα ; ainsi des autres.

Il y a plus : les Grecs s’étant apperçus qu’ils avoient un e bref & un e long, les distinguerent dans l’écriture par la raison que ces lettres étoient distinguées dans la prononciation ; ils observerent une pareille différence pour l’o bref & pour l’o long : l’un est appellé o micron, c’est-à-dire petit o ou o bref ; & l’autre qu’on écrit ainsi ω, est appellé o mega, c’est-à-dire o grand, o long, il a la forme & la valeur d’un double o.

Ils inventerent aussi des carcteres particuliers pour distinguer le c, le p & le t communs, du c, du p & du t qui ont une aspiration. Ces trois lettres χ, φ, θ, sont les trois aspirées, qui ne sont que le c, le p & le t, accompagnés d’une aspiration. Elles n’en ont pas moins leur place dans l’alphabet Grec.

On peut blâmer dans cet alphabet le défaut d’ordre. Les Grecs auroient dû séparer les consonnes des voyelles ; après les voyelles, ils devoient placer les diphthongues, puis les consonnes, faisant suivre la consonne foible de sa forte, b, p, z, s, &c. Ce défaut d’ordre est si considérable, que l’o bref est la quinzieme lettre de l’alphabet, & le grand o ou o long est la vingt-quatrieme & derniere, l’e bref est la cinquieme, & l’e long la septieme, &c.

Pour nous nous n’avons pas d’alphabet qui nous soit propre ; il en est de même des Italiens, des Espagnols, & de quelques autres de nos voisins. Nous avons tous adopté l’alphabet des Romains.

Or cet alphabet n’a proprement que 19 lettres : a, b, c, d, e, f, g, h, i, l, m, n, o, p, r, s, t, u, z, car l’x & le & ne sont que des abbréviations.

x est pour gz : exemple, exil, exhorter, examen, &c. on prononce egzemple, egzil, egzhorter, egzamen, &c.

x est aussi pour cs : axiome, sexe, on prononce acsiome, secse.

On fait encore servir l’x pour deux ss dans Auxerre, Flexelles, Uxel, & pour une simple s dans Xaintonge, &c.

L’& n’est qu’une abbréviation pour et.

Le k est une lettre Greque, qui ne se trouve en Latin qu’en certains mots dérivés du Grec ; c’est notre c dur, ca, co, cu.

Le q n’est aussi que le c dur : ainsi ces trois lettres c, k, q, ne doivent être comptées que pour une même lettre ; c’est le même son représenté par trois caracteres différens. C’est ainsi que c i font ci ; s i encore si, & t i font aussi quelquefois si.

C’est un défaut qu’un même son soit représenté par plusieurs caracteres différens : mais ce n’est pas le seul qui se trouve dans notre alphabet.

Souvent une même lettre a plusieurs sons différens ; l’s entre deux voyelles se prend pour le z, au lieu qu’en Grec le z est toûjours z, & sigma toûjours sigma.

Notre e a pour le moins quatre sons différens ; 1°. le son de l’e commun, comme en père, mère, frère ; 2°. le son de l’e fermé, comme en bonté, vérité, aimé ; 3°. le son de l’e ouvert, comme bête, tempête, fête ; 4°. le son de l’e muet, comme j’aime ; 5°. enfin souvent on écrit e, & on prononce a, comme Empereur, enfant, femme ; en quoi on fait une double faute, disoit autrefois un Ancien : premierement, en ce qu’on écrit autrement qu’on ne prononce : en second lieu, en ce qu’en lisant, on prononce autrement que le mot n’est écrit. Bis peccatis, quod aliud scribitis, & aliud legitis quam scriptum est, & scribenda sunt ut legenda, & legenda ut scripta sunt. Marius Victorinus, de Orthog. apud Vossium de arte Gramm. tom. I. p. 179. « Pour moi, dit aussi Quintilien, à moins qu’un usage bien constant n’ordonne le contraire, je crois que chaque mot doit être écrit comme il est prononcé ; car telle est la destination des lettres, poursuit-il, qu’elles doivent conserver la prononciation des mots ; c’est un dépôt qu’il faut qu’elles rendent à ceux qui lisent, de sorte qu’elles doivent être le signe de ce qu’on doit prononcer quand on lit » : Ego nisi quod consuetudo obtinuerit, sic scribendum quidque judico quomodo sonat : hic enim usus est litterarum, ut custodiant voces & velut depositum reddant legentibus ; itaque id exprimere debent, quod dicturi sunt. Quint. Inst. orat. L. I. c. vij.

Tel est le sentiment général des Anciens ; & l’on peut prouver 1°. que d’abord nos Peres ont écrit conformément à leur prononciation, selon la premiere destination des lettres ; je veux dire qu’ils n’ont pas donné à une lettre le son qu’ils avoient déja donné à une autre lettre, & que s’ils écrivoient Empereur, c’est qu’ils prononçoient empereur par un é, comme on le prononce encore aujourd’hui en plusieurs Provinces. Toute la faute qu’ils ont faite, c’est de n’avoir pas inventé un alphabet François, composé d’autant de caracteres particuliers, qu’il y a de sons différens dans notre langue ; par exemple, les trois e devroient avoir chacun un caractere propre, comme l’ε, & l’η des Grecs.

2°. Que l’ancienne prononciation ayant été fixée dans les livres où les enfans apprenoient à lire, après même que la prononciation avoit changé ; les yeux s’étoient accoûtumés à une maniere d’écrire différente de la maniere de prononcer ; & c’est de-là que la maniere d’écrire n’a jamais suivi que de loin en loin la maniere de prononcer ; & l’on peut assûrer que l’usage qui est aujourd’hui conforme à l’ancienne orthographe, est fort différent de celui qui étoit autrefois le plus suivi. Il n’y a pas cent ans qu’on écrivoit il ha, nous écrivons il a ; on écrivoit il est nai, ils sont nais, nati, nous écrivons ils sont nés ; soubs, nous écrivons sous ; treuve, nous écrivons trouve, &c.

3°. Il faut bien distinguer la prononciation d’avec l’orthographe : la prononciation est l’effet d’un certain concours naturel de circonstances. Quand une fois ce concours a produit son effet, & que l’usage de la prononciation est établi, il n’y a aucun particulier qui soit en droit de s’y opposer, ni de faire des remontrances à l’usage.

Mais l’orthographe est un pur effet de l’art ; tout art a sa fin & ses principes, & nous sommes tous en droit de représenter qu’on ne suit pas les principes de l’art, qu’on n’en remplit pas la fin, & qu’on ne prend point les moyens propres pour arriver à cette fin.

Il est évident que notre alphabet est défectueux, en ce qu’il n’a pas autant de caracteres, que nous avons de sons dans notre prononciation. Ainsi ce que nos peres firent autrefois quand ils voulurent établir l’art d’écrire, nous sommes en droit de le faire aujourd’hui pour perfectionner ce même art ; & nous pouvons inventer un alphabet qui rectifie tout ce que l’ancien a de défectueux. Pourquoi ne pourroit-on pas faire dans l’art d’écrire ce que l’on a fait dans tous les autres arts ? Fait-on la guerre, je ne dis pas comme on la faisoit du tems d’Alexandre, mais comme on la faisoit du tems même d’Henri IV ? On a déja changé dans les petites écoles la dénomination des lettres ; on dit be, fe, me, ne : on a enfin introduit, quoiqu’avec bien de la peine, la distinction de l’u consonne v, qu’on appelle ve, & qu’on n’écrit plus comme on écrit l’u voyelle ; il en est de même du j, qui est bien différent de l’i ; ces distinctions sont très-modernes ; elles n’ont pas encore un siecle ; elles sont suivies généralement dans l’Imprimerie. Il n’y a plus que quelques vieux écrivains qui n’ont pas la force de se défaire de leur ancien usage : mais enfin la distinction dont nous parlons étoit raisonnable, elle a prévalu.

Il en seroit de même d’un alphabet bien fait, s’il étoit proposé par les personnes à qui il convient de le proposer, & que l’autorité qui préside aux petites écoles, ordonnât aux Maîtres d’apprendre à leurs disciples à le lire.

Je prie les personnes qui sont d’abord révoltées à de pareilles propositions de considérer :

I. Que nous avons actuellement plus de quatre alphabets différens, & que nos jeunes gens à qui on a bien montré à lire, lisent également les ouvrages écrits selon l’un ou selon l’autre de ces alphabets : les alphabets dont je veux parler sont :

1°. Le romain, où l’a se fait ainsi a.

2°. L’italique, a.

3°. L’alphabet de l’écriture que les Maîtres appellent françoise, ronde, ou financiere, où l’e se fait ainsi Encyclopedie-1-p296-alphabet-1.PNG, l’s ainsi Encyclopedie-1-p296-alphabet-2.PNG, l’r Encyclopedie-1-p296-alphabet-3.PNG, Encyclopedie-1-p296-alphabet-4.PNG, Encyclopedie-1-p296-alphabet-5.PNG ainsi.

4°. l’alphabet de la lettre bâtarde.

5°. l’alphabet de la coulée.

Je pourrois même ajoûter l’alphabet gothique.

II. La lecture de ce qui est écrit selon l’un de ces alphabets, n’empêche pas qu’on ne lise ce qui est écrit selon un autre alphabet. Ainsi quand nous aurions encore un nouvel alphabet, & qu’on apprendroit à le lire à nos enfans, ils n’en liroient pas moins les autres livres.

III. Le nouvel alphabet dont je parle, ne détruiroit rien ; il ne faudroit pas pour cela brûler tous les livres, comme disent certaines personnes ; le caractere romain fait-il brûler les livres écrits en italique ou autrement ? Ne lit-on plus les livres imprimés il y a 80 ou 100 ans, parce que l’orthographe d’aujourd’hui est différente de ces tems-là ? Et si l’on remonte plus haut, on trouvera des différences bien plus grandes encore, & qui ne nous empêchent pas de lire les livres qui ont été imprimés selon l’orthographe alors en usage.

Enfin cet alphabet rendroit l’orthographe plus facile, la prononciation plus aisée à apprendre, & feroit cesser les plaintes de ceux qui trouvent tant de contrariétés entre notre prononciation & notre orthographe, qui présente souvent aux yeux des signes différens de ceux qu’elle devroit présenter selon la premiere destination de ces signes.

On oppose que les réformateurs de l’orthographe n’ont jamais été suivis : je répons :

1°. Que cette réforme n’est pas l’ouvrage d’un particulier.

2°. Que le grand nombre de ces réformateurs fait voir que notre orthographe a besoin de réforme.

3°. Que notre orthographe s’est bien réformée depuis quelques années.

4°. Enfin, c’est un simple alphabet de plus que je voudrois qui fût fait & autorisé par qui il convient ; qu’on apprît à le lire, & qu’il y eût certains livres écrits suivant cet alphabet ; ce qui n’empêcheroit pas plus de lire les autres livres, que le caractere italique n’empêche de lire le romain.

Alphabet, en termes de Polygraphie, ou Steganographie, c’est le double du chiffre que garde chacun des correspondans qui s’écrivent en caracteres particuliers & secrets dont ils sont convenus. On écrit en une premiere colonne l’alphabet ordinaire, & vis-à-vis de chaque lettre, on met les signes ou caracteres secrets de l’alphabet polygraphe, qui répondent à la lettre de l’alphabet vulgaire. Il y a encore une troisieme colonne où l’on met les lettres nulles ou inutiles, qu’on n’a ajoûtées que pour augmenter la difficulté de ceux entre les mains de qui l’écrit pourroit tomber. Ainsi l’alphabet polygraphe est la clef dont les correspondans se servent pour déchiffrer ce qu’ils s’écrivent. J’ai égaré mon alphabet, faisons-en un autre.

L’art de faire de ces sortes d’alphabets, & d’apprendre à les déchiffrer, est appellé Polygraphie & Steganographie, du Grec στεγανὸς, caché, venant de στέγω, tego, je cache ; cet art étoit inconnu aux Anciens ; ils n’avoient que la cytale laconique. C’étoit deux cylindres de bois fort égaux ; l’un étoit entre les mains de l’un des correspondans, & l’autre en celles de l’autre correspondant. Celui qui écrivoit, tortilloit sur son rouleau une laniere de parchemin, sur laquelle il écrivoit en long ce qu’il vouloit ; ensuite il l’envoyoit à son correspondant qui l’appliquoit sur son cylindre ; ensorte que les traits de l’écriture se trouvoient dans la même situation en laquelle ils avoient été écrits ; ce qui pouvoit aisément être deviné : les Modernes ont usé de plus de rafinemens.

On donne aussi le nom d’alphabet à quelques livres où certaines matieres sont écrites selon l’ordre alphabétique. L’alphabet de la France est un livre de Géographie, où les villes de France sont décrites par ordre alphabétique. Alphabetum Augustinianum, est un livre qui contient l’histoire des. Monasteres des Augustins, par ordre alphabétique. (F)

Alphabet grec & latin, (Théol.) caracteres ou lettres à l’usage des Grecs ou des Latins, que, dans la consécration d’une Eglise, le Prélat consécrateur trace avec son doigt sur la cendre dont on a couvert le pavé de la nouvelle Eglise. Quelques-uns croyent que c’est par allusion à ce qui est dit de Jesus-Christ dans l’Apocalypse c. j. ℣. 7. & 22. ego sum alpha & omega, primus & novissimus, principium & finis : mais en ce cas il suffiroit de tracer un alpha & un omega grec, & un a & un z latin. D’autres, avec plus de vraissemblance, prétendent que cette cérémonie est relative à une priere que l’on récite pendant ce tems-là, & dans laquelle il est fait mention d’élémens, nom qu’on donne aux lettres de l’alphabet. Bruno Signiensis, de consecr. Eccles. (G).

Alphabet, table, index ou repertoire du grand livre, (Commerce). Ce sont les divers noms que les Marchands, Négocians, Banquiers & teneurs de livres, donnent à une espece de registre composé de vingt-quatre feuillets cotés & marqués chacun en gros caracteres d’une des lettres de l’alphabet, suivant leur ordre naturel, commençant par A, & finissant par Z.

Cet alphabet où sont écrits les noms & surnoms de ceux avec lesquels on est en compte ouvert, & les folio du grand livre où ces comptes sont debités & crédités, sert à trouver facilement & sans peine les endroits du grand livre dont on a besoin.

Alphabet se dit aussi, mais moins ordinairement, des simples tables qui se mettent au commencement des autres livres, dont les Négocians se servent dans les affaires de leur commerce, soit pour les parties simples, soit pour les parties doubles. V. Livre. (G)

Alphabet : les Relieurs Doreurs appellent alphabet les diverses lettres dont ils se servent pour mettre les noms des livres sur le dos. Ces lettres sont de cuivre fondu ; chacune a sa tige assez longue pour être emmanchée dans un morceau de bois, & pour que le bois ne se brule pas en faisant chauffer la lettre au fourneau. Il faut des alphabets de différentes grosseurs pour assortir à celles des livres. Voyez Pl. II. fig. Q. de la Reliûre. On dit faire les noms.

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Étymologie de « alphabet »

Du latin alphabetum, issu du grec ancien ἀλφάβητος, alphábêtos formé à partir des deux premières lettres de l’alphabet grec : α (alpha) et β (bêta).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. alphabet ; catal. alfabet ; ital. espagn. alfabeto ; de alpha (voy. ce mot), et de bet, du grec βῆτα, la 2e lettre de l'alphabet grec ; mot à mot, AB.

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Phonétique du mot « alphabet »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
alphabet alfabɛ

Évolution historique de l’usage du mot « alphabet »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « alphabet »

  • La colère se passe en disant l'alphabet. De Proverbe français
  • Même dans l'alphabet, aime a toujours été voisin de haine. De Claude Frisoni / Pièces montées
  • Le monde abonde en alphabets hors d'usage, dont le code est perdu. Roger Caillois, Cases d'un échiquier, Gallimard
  • Dans l’alphabet du corps, le Q est la consonne Qui m’occupe toujours particulièrement. De Claude Nougaro / Un grain de folie
  • Tout homme qui possède son alphabet est un écrivain qu'il ne faut pas méconnaître. De Louis-Ferdinand Céline
  • L'alphabet fut l'origine de toutes les connaissances de l'homme et de toutes ses sottises. De Voltaire / Dictionnaire philosophique
  • Les Chinois ne pourront jamais avoir la bombe H, parce qu'ils n'ont pas le même alphabet que nous... De Jacques Bergier
  • Je me soucie assez peu de faire épeler l'alphabet de l'amour à de petites niaises. Je préfère les femmes qui lisent couramment, on est plus tôt arrivé à la fin du chapitre... De Théophile Gautier
  • Il y a vingt-six lettres dans l’alphabet. Il n’y a que l’ordre qui change. Quand tu as lu un livre, tu les as tous lus. De Patrick Timsit
  • Dix minutes de nouvelles télévisées ou un documentaire sur l'un des holocaustes de ce siècle invalident tous les traités d'éthique cogités depuis l'invention de l'alphabet. De Marc Gendron / Titre à suivre
  • https://www.capital.fr/entreprises-marches/alphabet-dans-le-viseur-du-ministere-de-la-justice-aux-etats-unis-1373568 Capital.fr, Google (Alphabet) dans le collimateur de la justice américaine - Capital.fr
  • Il y a un exemple de traders de l'alphabet ruiné, plusieurs champions du monde 1998, qui se sont ruinés sur le CAC40. , Comment reconnaître un trader de l'alphabet ?

Images d'illustration du mot « alphabet »

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Traductions du mot « alphabet »

Langue Traduction
Anglais alphabet
Espagnol alfabeto
Italien alfabeto
Allemand alphabet
Portugais alfabeto
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Synonymes de « alphabet »

Source : synonymes de alphabet sur lebonsynonyme.fr

Alphabet

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