La langue française

Acacia

Sommaire

  • Définitions du mot acacia
  • Étymologie de « acacia »
  • Phonétique de « acacia »
  • Évolution historique de l’usage du mot « acacia »
  • Citations contenant le mot « acacia »
  • Images d'illustration du mot « acacia »
  • Traductions du mot « acacia »
  • Synonymes de « acacia »

Définitions du mot acacia

Trésor de la Langue Française informatisé

ACACIA1, subst. masc.

I.− Lang. commune. Arbre ou arbuste au bois dur portant souvent des aiguillons, à feuillage fin, dont les fleurs, odorantes ou non, en grappes ou en touffes, sont de couleur blanche, rose ou jaune, et dont le fruit est une gousse :
1. Nous devons à cet industrieux colon, presque toutes les plantations de mûriers, d'acacias, de platanes, de hycoris, qui ombragent nos chemins, et commencent à occuper les terrains inutiles; car, accoutumés à ne considérer les arbres que comme des intrus et des êtres nuisibles, les habitants de ces états ont jusqu'ici trop négligé de réparer l'inattention de leurs ancêtres. J. de Crèvecoeur, Voyage dans la Haute Pensylvanie et dans l'État de New-York,t. 3, 1801, p. 39.
2. Outougamiz veut paroître tranquille, il ne l'est plus; il veut se reposer, et il ne sait comment les joncs de sa natte sont plus piquants que les épines de l'acacia. F.-R. de Chateaubriand, Les Natchez,1826, p. 385.
3. Auprès des guinguettes furent plantés des acacias, ombrage des pauvres, comme l'eau de Seltz est le vin de Champagne des gueux. F.-R. de Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 4, 1848, p. 167.
4. Il y a chez moi (en Russie) une petite maison en bois, le jardin est planté d'acacias jaunes, − nous n'avons pas d'acacias blancs. À l'automne, la terre est toute couverte de gousses, qui crépitent quand on marche dessus; et c'est tout rempli de ces oiseaux qui imitent les autres, ... E. et J. de Goncourt, Journal,mai 1876, p. 1133.
5. Enfin on chevillait toujours avec de l'acacia. Ce bois, sec, prend l'aspect et la dureté de la corne lisse. Il n'est pas d'exemple qu'un tenon chevillé d'acacia ait lâché. J. de Pesquidoux, Le Livre de raison,t. 2, 1928, p. 135.
Rem. L'ex. 5 indique l'usage de ce bois, particulièrement dur, pour la fabrication de chevilles.
II.− BOT., lang. commune. [Pour les botanistes et de plus en plus pour la lang. commune, le terme recouvre deux espèces]
A.− Arbre appelé robinier ou faux-acacia (acacia dans la lang. commune), de la famille des légumineuses papilionacées, à feuilles composées pennées, à aiguillons et à grappes de fleurs blanches odorantes ou roses non odorantes, utilisé comme arbre d'ornementation. Dans les ex. suivants l'indication de la couleur montre que acacia désigne le robinier :
6. Il y avait plaisir à passer sous les voûtes parfumées de ces acacias en fleurs qui balançaient leurs longues grappes d'albâtre sur les froments en épis qui ondoyent à leurs pieds... Ch.-J. de Chênedollé, Extraits du journal,1824, p. 127.
7. On entendait caqueter les oiseaux d'une volière voisine; les branches des faux ébéniers et des acacias roses venaient border de leurs grappes les rideaux de velours bleu. A. Dumas Père, Le Comte de Monte-Cristo,t. 1, 1846, p. 728.
8. ... il était le jardin des femmes; et − comme l'allée de myrtes de l'Énéide −, plantée pour elles d'arbres d'une seule essence, l'allée des acacias était fréquentée par les beautés célèbres. (...) bien avant d'arriver à l'allée des acacias leur parfum qui, irradiant alentour, faisait sentir de loin l'approche et la singularité d'une puissante et molle individualité végétale, puis, quand je me rapprochais, le faîte aperçu de leur frondaison légère et mièvre, d'une élégance facile, d'une coupe coquette et d'un mince tissu, sur laquelle des centaines de fleurs s'étaient abattues comme des colonies ailées et vibratiles de parasites précieux, enfin jusqu'à leur nom féminin, désœuvré et doux, me faisaient battre le cœur, mais d'un désir mondain, comme ces valses qui ne nous évoquent plus que le nom des belles invitées que l'huissier annonce à l'entrée d'un bal. M. Proust, À la recherche du temps perdu,Du côté de chez Swann, 1913, p. 418.
Rem. 1. Le robinier est planté dans les villes (cours et places) comme arbre ornemental. Les variétés plus petites peuvent être taillées et forment des haies. 2. Les syntagmes : acacia blanc, -boule (G. Flaubert, La Première éducation sentimentale, 1845, p. 24) ou -bullé, -parasol, -nain sont notés par la plupart des dict. La docum. fournit en outre les syntagmes notant : a) certains aspects descriptifs de l'acacia : branche des acacias (ex. 7), parfum d'acacia (J. Peyré, Matterhorn, 1939, p. 172), épines d'-, haricot d'- (B. Cendrars, Bourlinguer, 1948, p. 283); b) les utilisations ornementales de l'arbre : bosquet d'acacias (R. Vailland, Drôle de jeu, 1945, p. 126), bouquet d'acacias (M. Genevoix, Raboliot, 1925, p. 290), avenue des acacias (M. Proust, À la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, 1913, p. 427), allée des acacias (ex. 8).
B.− Arbre exotique de la famille des légumineuses (acaciées, mimosées), à feuilles divisées en folioles, à aiguillons et à fleurs jaunes dont une variété, le mimosa, est cultivée dans le midi de la France et produit les fleurs vendues au marché. Dans les 3 ex. suivants, l'acacia représente une variété méditerranéenne ou australienne, qui s'oppose au mimosa, à la cassie, au gommier, etc. :
9. Dans les compartiments tracés à droite et à gauche de la tonnelle par des arbres nains taillés en cône, verdoyaient des grenadiers, des sycomores, des tamarisques, des périplocas, des mimosas, des acacias, dont les fleurs brillaient comme des étincelles coloriées sur le fond immense du feuillage dépassant la muraille. T. Gautier, Le Roman de la momie,prol., 1858, p. 195.
10. ... des portions (du jardin) n'avaient reçu que des arbres d'agrément, tamarix, acacias, cassies, myrtes, mimosas, et quelques essences plus rares trouvées au-delà des cataractes du Nil, sous le tropique du cancer, dans les oasis du désert libyque et sur les bords du golfe Erythrée : ... T. Gautier, Le Roman de la momie,prol., 1858p. 241.
11. ... après une dizaine de milles rapidement franchis, le chariot circula entre de hauts bouquets d'acacias, de mimosas et de gommiers blancs, dont l'inflorescence est si variable. J. Verne, Les Enfants du Capitaine Grant,t. 2, 1868, p. 102.
− Dans l'ex. suivant, apparaît nettement l'acacia à fleurs jaunes (plumage doré) :
13. Les conifères, heureusement disposés, jetaient sur le tableau de profondes ombres bleues et les acacias balançaient à la face des nues leur opulent plumage doré. G. Duhamel, Chronique des Pasquier,Le Désert de Bièvres, 1937, p. 141.
En dehors de la variété du mimosa, cet arbre exotique est surtout connu comme producteur de la gomme arabique, d'où le composé acacia-gommier :
12. ... on arrive dans la plaine sablonneuse d'Elbakara, dont l'étendue ne présente qu'une plage immense et stérile; on rencontre seulement dans l'enfoncement des rochers, et sur le bord des torrens d'hiver, un peu de verdure, des acacias qui produisent la gomme arabique, le séné, le bois de scorpion et quelques autres plantes; ... MmeCottin, Mathilde,t. 1, 1805, p. 306.
14. Il [le méhari] resta une fois deux jours sans manger, arrachant seulement, de-ci, de-là, une branche à quelque acacia-gommier, dont les hideuses épines blanches, longues de près de dix centimètres, me remplissaient de crainte pour l'œsophage de notre ami. P. Benoit, L'Atlantide,1919, p. 296.
Rem. Le nom de l'acacia est associé à celui d'autres arbres exotiques de la flore méditerranéenne, africaine ou australienne. Les assoc. sont surtout d'ordre scientifique et déterminent une variété : acacia catéchu, -gommier (ex. 14), -seyal, immense-sophora (A. Gide, Si le grain ne meurt, 1924, p. 395), -eburnea (G. Duhamel, Chronique des Pasquier, Suzanne et les jeunes hommes, 1941, p. 177). Qq. assoc. uniques dans la docum. : acacia rouge (J.-K. Huysmans, À rebours, 1884, p. 40), énorme- (A. Gide, Voyage au Congo, 1927, p. 847), acacias géants (M. Barrès, Mes cahiers, t. 6, 1908, p. 173), touffes d'acacia (G. Duhamel, Chronique des Pasquier, Vue de la terre promise, 1934, p. 87), les bouquets de l'- (P. Claudel, La Ville, 1reversion, 1893, II, p. 365).
III.− Emplois spéc.
A.− ARGOT
1. Arg. du port du Havre. Manœuvre halant les bateaux.
Rem. Cet emploi métaph. est indiqué dans les dict. d'arg. et ds Littré (repris par Guérin 1892). Un seul ex. (Littré) :
15. Il y a aussi les acacias qui comblent les lacunes faites par les lamaneurs, lesquels sont quelquefois insuffisants pour le grand mouvement de navigation ou autre cas : ils halent les navires qui ne prennent pas de remorqueurs entre les jetées; ... Journal du Havreds J.O.,1ersept. 1873, 3ecol., p. 5673.
2. Arg. parisien. Faire ses acacias. ,,Se promener par chic, par genre dans l'allée dite des Acacias qui va de la Porte-Maillot à la Concorde. On fait ses Acacias comme on fait son tour de lac.`` (A. Delvau, Dict. de la langue verte, 1889).
De l'idée de « promenade mondaine » Feydeau passe à celle de « divertissement mondain » (emploi unique dans la docum.) :
16. ... le marché du vendredi, ce sont nos acacias à nous!... on se contente... de ce qu'on a! G. Feydeau, La Dame de chez Maxim's,1914, II, 2, p. 33.
B.− ÉSOTÉRISME. (Branche d')acacia. Emblème de la Franc-maçonnerie, figurant l'amour de Dieu.
Rem. Dans la légende maçonnique, cette branche fut plantée sur la tombe d'Hiram, grand architecte de Salomon et « premier grand-maître », par ses meurtriers (cf. P. Naudon, La Franc-maçonnerie, P.U.F., 1963, pp. 11-12) :
17. Ces réflexions paraîtront, j'en ai peur, tout à fait choquantes et scandaleuses aux délégués cantonaux, qui font la chasse au catéchisme dans le pupitre des écoliers, comme s'il s'agissait d'un livre obscène, et qui, presque tous francs-maçons, connaissant « l'acacia », et ayant vu la « lumière du troisième appartement », sont à ce qu'il paraît, mieux renseignés que d'humbles chrétiens sur le mystère de la vie et sur la destinée de l'âme humaine. F. Coppée, La Bonne souffrance,préf., 1898, p. 174.
18. Des Juifs esséniens Jean-Baptiste acceptait la branche d'acacia, sceptre d'Abel, emblème de l'amour dont l'homme-Dieu, comme la révolution, éblouit les siècles. Donc les deux thèses, l'ecclésiastique et la maçonnique, se combinaient. P. Adam, L'Enfant d'Austerlitz,1902, p. 195.
C.− PHARM. Cf. étymol. et hist.I 3 a.
Stylistique − Acacia est par excellence un terme créateur d'atmosphère (descriptions de jardins, de places publiques, de guinguettes). Une nuance dépréc., peut s'y attacher (comme à d'autres arbres de villes) : 19. Les acacias nus, filigranés de noir portent le deuil de la saison. G. Rodenbach, Le Règne du silence, 1891, p. 81. 20. ... trois arbres mouraient, trois acacias débiles, dévêtus d'écorce et tatoués de noms. J. Malègue, Augustin ou Le Maître est là, 1933, p. 68.
Prononc. ET ORTH. − 1. Forme phon. : [akasja]. Enq. : /akasia/. 2. Hist. − Le mot apparaît sous sa forme actuelle au xvies. (cf. étymol.) et ds les dict., à partir de Rich. 1680. Il entre dans la lang. sous la forme acacie (xives., cf. étymol.), calquée sur le lat. acacia, encore attestée au xvies. (cf. étymol.). Besch. 1845 réserve encore une entrée à cette forme. On rencontre les var. suiv. : achacie, achace, acace (xives., cf. étymol.), empl. comme vedette ds Cotgr. 1611, accatie (xves., cf. Gdf. Compl.), accacia (xvies., cf. Quem. 1961) et accassia (xvies., cf. étymol.). − Rem. DG signale que le mot ,,a été fém. au xvies. Du Pinet, Hist. nat. de Pline, XIII, 9``.
Étymol. ET HIST. I.− 1. 2emoitié xives. spina aegyptia, de la famille des mimosées; « le fruit de la plante » (Bruno de Longobucco, Cyr., fol. 45 b ds Gdf. : encens, acacie, nois de cypres), attest. unique; 2. xives. « id. » la plante, terme bot. (Grant Herbier, 2 ds DG : acace, achace, achacie); 1542 « id. » (Du Pinet, trad. de Pline, XIII, 9 ds R. Hist. litt. Fr., 1, 183 : la fleur d'acacia est fort belle); 3. a) 1534 [1503] « id. » suc de la plante, terme pharm. (Le Guidon en françoys, 257 a, éd. 1534 ds Rom. Forsch. XXXII, 4 : unguent fait de acassia, aloe, thure et sarcocolla); 1752 acacia vera « id. » id. (Trév. s.v. acacia : terme de Pharmacie. C'est le nom d'un suc épaissi qu'on apporte du Levant dans des vessies (...). On le nomme Acacia du Levant, acacia vera en latin pour le distinguer du faux acacia, autre suc épaissi et extrait des prunelles); b) fin xvies. p. anal. « suc de prunelle » terme pharm. (Joubert, Gr. Chir., 689 ds Gdf. : acacie, c'est le suc de prunelles vertes); 1752 acacia germanica (Trév. s.v. : Acacia (Germanica) d'Allemagne, est le suc tiré par expression du fruit du prunier sauvage (...) qu'on substitue à la place du vrai acacia); 1852 (Besch. : acacia nostras) « id. »; 1875, a et b désignés par suc d'acacia (Littré s.v.). II.− 1680 acacia robini ou robinier « acacia blanc, arbre d'agrément », terme bot. (Rich. s.v. : Acacia. Arbre qui vient assez haut, qui porte une fleur jolie qui sent comme la fleur d'oranges, et qui sert à embelir les alées des jardins, et à faire des avenues et des bosquets); 1690 « id. » (Fur. s.v. : On l'appelle Acacia Robini, parce qu'un nommé Robin, qui etoit Garde du Jardin du Roy, est le premier qui l'a mis en vogue en France il y a environ 40 ans). Empr. au lat. acacia « id. » désignant la plante dep. Pline, Nat. hist., XIII, 63 ds TLL s.v., 191, 16, d'où I 2, le fruit, la graine dep. Pline, ibid., XX, 233 et Celse, De Medic. 4, 25 ibid., 27-28, d'où 1, le suc dep. Celse, ibid. 6, 6, 1 et Pline, ibid. 27, 16, ibid. 23-24, d'où I 3; cf. avec 3 a : iv-ves. Théodore Priscien, Logicus, 33 ibid. 25 : ungo... ex. acacia; avec 3 b xiies. Job. Platearius, De simplici medicina, p. 4 a ds Mittellat. W. s.v., 72, 6 : est acatia succus prunellorum immaturorum. Forme lat. acacia (dep. 1542) supplante autres formes (André, Lex. bot. s.v.). À partir de l'introd. en France de l'acacia Robini L., originaire de l'Amérique du Nord (nom donné par Linné en l'honneur de Jean Robin qui en reçut la 1resemence en 1601, Rolland, Flore, IV, 109) I 1 est désigné en lang. commune par acacia, II par robinier mais aussi par acacia, ambiguïté ultérieurement levée par la désignation cour. de I 1 par mimosa, nom de l'espèce la plus connue en France et de II seulement par acacia. (Rolland, op. cit. IV, 109-110 et 251-252).
STAT. − Fréq. abs. litt. : 258. Fréq. rel. litt. : xixes. : a) 289, b) 404; xxes. : a) 480, b) 344.
BBG. − Ac. Gastr. 1962. − Barb.-Card. 1963. − Bible 1912. − Bouillet 1859. − Brard 1838. − Chabat t. 1 1875. − Comm. t. 1 1837. − Dumas 1965 [1873]. − Fromh.-King 1968. − Jossier 1881. − Littré-Robin 1865. − Millepierres (F.). Promenade philologique parmi les arbres. Vie Lang. 1969, no204, p. 131. − Mont. 1967. − Nysten 1814-20. − Privat-Foc. 1870. − Soé-Dup. 1906. − Thomas 1956.

ACACIA2, subst. masc.

NUMISM. Sur les monnaies, sachet de pourpre long et étroit à la main des consuls et des empereurs :
Acacia et mieux Akakia s. m. Nom d'un sachet de pourpre, semblable à un rouleau (volumen, codex) et rempli de terre ou de sable. Les empereurs grecs portaient l'Acacia à la main gauche en signe d'humilité. L'Acacia se voit sur les médailles depuis Anastase. Ac. Compl.1842, s.v.
Étymol. ET HIST. − 1704 terme numism. byz., Trév. s.v. : Acacia. Nom qu'on donne à une espèce de sachet, ou de rouleau long et étroit, qui se voit dans les médailles à la main des Consuls et des Empereurs, depuis Anastase. Sens attesté au xviiies., repris par Ac. Compl. 1842, encore attesté ds Lar. 3. Orig. obsc.; apparaît sous la forme gr. α ̓ κ α κ ι ́ α dans les textes du xves. : Simon de Thessalonique (✝ 1429) ds Du Cange, De Imperatorum Constantinopolitanorum numismatibus dissertatio, s.v. [ds Du Cange t. 10] : Μ ε τ α ̀ τ ο ̀ λ α ϐ ε ι ̃ ν τ ο ̀ ν σ τ α υ ρ ο ̀ ν ε ι ̓ ς δ ε ι ̃ γ μ α τ η ̃ ς ε υ ̓ σ ε ϐ ε ́ ι α ς, κ α ι ̀ τ η ̀ ν α ̓ κ α κ ι ́ α ν ο ́ π ε ρ χ ο υ ̃ ς ε ̓ σ τ ι ν, σ η μ α ι ́ ν ω ν τ ο ̀ φ θ α ρ τ ο ́ ν τ η ̃ ς α ̓ ρ χ η ̃ ς, κ α ι ̀ τ η ̀ ν ε ̓ κ τ ο υ ́ τ ο υ τ α π ε ι ̀ ν ω σ ι ν...; cf. Codinus [compilateur byzantin ✝ apr. 1454], De off., c 6, n. 27, ibid. Dans ces deux textes, α ̓ κ α κ ι ̓ α semble être un attribut propre à rappeler à celui qui le porte sa fragilité et sa condition de mortel.

Wiktionnaire

Nom commun

acacia \a.ka.sja\ masculin

  1. (Botanique) Genre d’arbres et arbustes appartenant à la famille monoparentale des Fabacées (sous-famille des Mimosoïdées), qui possèdent des aiguillons et qui a deux espèces dont l’une fournit la gomme arabique et l’autre la gomme à mâcher du Sénégal.
    • Suc d’acacia.
  2. (Plus courant) Variété de robinier à rameaux épineux et à fleurs blanches et odorantes disposées par grappes de la famille des Légumineuses.
    • Et tout à coup, l’église, qui, en face de moi, montrait son toit gauchi et sa vieille tour d’ardoise, mal d’aplomb au-dessus d’un bouquet d’acacias et de marronniers roses, les cloches tintèrent. — (Octave Mirbeau, Contes cruels : Mon oncle)
    • Des bégonias rose thé étaient massés sous la fenêtre de la façade et des pensées formaient un tapis circulaire au pied d’un acacia. — (Raymond Chandler, L’Homme qui aimait les chiens, traduction de Michel Philip et Andrew Poirier, dans Les ennuis, c’est mon problème, 2009)
    • C’est la raison pour laquelle 30 participants prirent, vers 14 heures, les routes des forêts de Seillon et Certines, avec le secret espoir d’admirer les frondaisons d’automne, un peu tôt cependant pour la magie des bois aux bouleaux et acacias d’or, et des fayards rouges. — (Bulletin de la Société des naturalistes et des archéologues de l’Ain, 1963, vol.77, page 144)

Nom commun

acacia \Prononciation ?\

  1. (Botanique) Acacia.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ACACIA. n. m.
Plante de la famille des Mimosées, qui a deux espèces dont l'une fournit la gomme arabique et l'autre la gomme dite du Sénégal. Suc d'acacia. Il se dit le plus ordinairement d'une Variété de robinier à rameaux épineux et à fleurs blanches et odorantes disposées par grappes de la famille des Légumineuses.

Littré (1872-1877)

ACACIA (a-ka-sia ; Castel et Béranger l'ont fait, en vers, de trois syllabes, et la prononciation ordinaire ne lui en donne non plus que trois ; mais on pourrait aussi, en vers, le faire de quatre syllabes, suivant l'habitude de notre poésie, qui tend plus à allonger les mots qu'à les raccourcir) s. m.
  • 1En botanique, nom d'un genre de la famille des légumineuses, dont deux espèces fournissent la gomme arabique et la gomme du Sénégal. Suc d'acacia, suc exprimé des gousses pilées du mimosa nilotica. Suc d'acacia indigène, suc tiré du fruit non encore mûr du prunellier. Le suc d'acacia est astringent.
  • 2Dans le langage ordinaire, l'acacia est le faux acacia ou acacia blanc, arbre d'agrément, espèce de robinier à rameaux épineux et à fleurs blanches et odorantes. Ses gais refrains vous égalent en nombre, Fleurs d'acacia qu'éparpillent les vents, Béranger, Ém. Debraux. Sous l'acacia léger j'aurais placé Delille, Castel, les Plantes, IV.

    Au pluriel, des acacias.

HISTORIQUE

XVIe s. Berberis, sumac, acacia et leurs semblables, Paré, VIII, 53. Quant aux sucs solides et endurcis, comme l'aloès, l'acacia…, Paré, XXV, 27.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ACACIA. Ajoutez :

3Au Havre, sobriquet donné à certains hommes du port.
Il y a aussi les acacias qui comblent les lacunes faites par les lamaneurs, lesquels sont quelquefois insuffisants pour le grand mouvement de navigation ou tout autre cas : ils halent les navires qui ne prennent pas de remorqueurs entre les jetées, Journ. du Havre, dans Journ. offic. 1er sept. 1873, p. 5673, 3e col.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* ACACIA, s. m. c’est une sorte de petit sac ou de rouleau long & étroit. Les Consuls & les Empereurs depuis Anastase l’ont à la main dans les médailles. Les uns veulent que ce soit un mouchoir plié qui servoit à l’Empereur pour donner le signal de faire commencer les jeux : les autres, que ce soit des mémoires qui lui ont été présentés ; c’est l’avis de M. du Cange : plusieurs, que ce soit un petit sac de terre que les Empereurs tenoient d’une main, & la croix de l’autre, ce qui les avertissoit que tout grands qu’ils étoient, ils seroient un jour réduits en poussiere. Le sac ou acacia fut substitué à la nappe, mappa, que l’Empereur, le Consul, ou tout autre Magistrat avoit à la main, & dont il se servoit pour donner le signal dans les jeux.

Acacia, s. m. en latin pseudo-acacia, arbre à fleurs légumineuses & à feuilles rangées ordinairement par paires sur une côte. Le pistil sort du calice & est enveloppé par une membrane frangée : il devient dans la suite une gousse applatie qui s’ouvre en deux parties, & qui renferme des semences en forme de rein. Les feuilles de l’acacia sont rangées par paires sur une côte qui est terminée par une seule feuille. Tournefort Inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Acacia, acacia nostras, s. m. est celui que l’on appelle l’acacia commun de l’Amérique ; il ne s’éleve pas bien haut ; son bois est dur & raboteux, son feuillage long & petit donnant peu d’ombrage ; ses branches sont pleines de piquans. Il est propre à planter des berceaux, croît fort vite, & produit dans le printems d’agréables fleurs à bouquets. Cet arbre est sujet à verser ; & l’usage où l’on est de l’étêter, le difforme beaucoup : il donne de la graine. (K)

Acacia, suc épaissi, gommeux, de couleur brune à l’extérieur, & noirâtre ou roussâtre, ou jaunâtre en-dedans ; d’une consistance ferme, dure, s’amollissant dans la bouche ; d’un goût austere astringent, non desagréable, formé en petites masses arrondies du poids de quatre, six, huit onces, & enveloppé de vessies minces. On nous l’apporte d’Egypte par Marseille ; on estime le meilleur celui qui est récent, pur, net, & qui se dissout facilement dans l’eau. On tire ce suc des gousses non mûres d’un arbre-appellé acacia folio scorpioidis leguminosæ, C. B. P. C’est un grand arbre & fort branchu, dont les racines se partagent en plusieurs rameaux, & se répandent de tous côtes, & dont le tronc a souvent un pié d’épaisseur, & égale ou même surpasse en hauteur les autres especes d’acacia. Il est ferme, garni de branches & armé d’épines ; ses feuilles sont menues, conjuguées, & rangées par paires sur une côte de deux pouces de longueur : elles sont d’un verd obscur, longues de trois lignes, & larges à peine d’une ligne. Les fleurs viennent aux aisselles des côtes qui portent les feuilles, & sont ramassées en un bouton sphérique porté sur un pédicule d’un pouce de longueur ; elles sont d’une couleur d’or & sans odeur, d’une seule piece en maniere de tuyau grêle, renflé à son extrémité supérieure, & découpé en 5 quartiers. Elles sont garnies d’une grande quantité d’étamines & d’un pistil qui devient une gousse semblable en quelque façon à celle du lupin, longue de cinq pouces plus ou moins, brune ou roussâtre, applatie, épaisse d’une ligne dans son milieu, plus mince sur les bords, large inégalement, & si fort retrécie par intervalle, qu’elle représente 4. 5. 6. 8. 10. & même un plus grand nombre de pastilles applaties liées ensemble par un fil. Elles ont un demi-pouce dans leur plus grande largeur, & la partie intermédiaire a à peine une ligne : l’intérieur de chacune est rempli par une semence ovalaire, applatie, dure, mais moins que celle du cormier ; de couleur de chataigne, marquée d’une ligne tout autour comme les graines de tamarins, & enveloppée d’un mucilage gommeux, & un peu astringent ou acide, & roussâtre. Cet arbre est commun au grand Caire ; on arrose d’eau les gousses qui ne sont pas encore mûres ; on les broie : on en exprime le suc qu’on fait bouillir pour l’épaissir, puis on le met en petites masses. Ce suc analysé donne une portion médiocre de sel acide, très-peu de sel alkali, beaucoup de terre astringente, & beaucoup d’huile ou subtile ou grossiere. On le place entre les astringens incrassans & repercussifs : il affermit l’estomac, fait cesser le vomissement, arrête les hémorrhagies & les flux de ventre : on le donne depuis 3 β. jusqu’à 3 j. sous la forme de poudre ou de bol, ou dans une liqueur convenable. Les Egyptiens en ordonnent tous les matins à ceux qui crachent le sang la quantité d’un gros dissoûte dans une liqueur, &c.

Le suc d’acacia entre dans la thériaque, le mithridat, les trochisques de Karabé, & l’onguent styptique de Charas.

Il sert aux Corroyeurs du grand Caire pour noircir leurs peaux. A cet acacia vrai on substitue souvent l’acacia nostras. Voyez Acacia nostras. Le suc de l’acacia nostras est plus acide que l’autre ; on le tire des cerises de cette plante récentes & non mûres : il a à peu près les mêmes propriétés que l’acacia vrai.

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Étymologie de « acacia »

(1553) Du latin acacia, lui-même repris du grec ancien ἀκακία, akakía (« id. »), désignant une plante de la famille des Fabacées. (XIVe siècle) (Après 1350) acacie.
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Du latin acacia.
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Provenç. acassia ; du latin acacia. Ce mot paraît venir de ἀϰαϰια, défaut de méchanceté [de α privatif, et ϰαϰός, méchant], parce que ce végétal, bien que couvert d'épines, fournit de bonnes choses.

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Phonétique du mot « acacia »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
acacia akasja

Évolution historique de l’usage du mot « acacia »

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Citations contenant le mot « acacia »

  • Un acacia ne tombe pas à la volonté d'une chèvre maigre qui convoite ses fruits. De Proverbe africain
  • L'ajout de la gomme d’acacia avant la mise en bouteille est officialisé par le Code des pratiques œnologiques de l’OIV depuis 1972 avec les avantages suivants : mon-ViTi, Les propriétés de la gomme d’acacia enfin démontrées | mon-ViTi
  • Les saisons ont toutes leur côté magique mais il est vrai que la fin du printemps et l’explosion de vie qui l’accompagne a quelque chose de frénétique. Et justement, cela se traduit aussi dans les possibilités de cueillettes de plantes et de fleurs comme ici avec la fleur d’acacia ! ConsoGlobe, C'est le moment de se régaler de beignets de fleur d'acacia !
  • 800 g de cerises ; 50 cl de lait ; ½ gousse de vanille ; 120 g de farine T55 ; 60 g de miel d’acacia ; 60 g de sucre ; 6 œufs de Vauthiermont , Autres | La recette du jour : clafoutis aux cerises et miel d’acacia
  • Au Tchad, jusqu’alors, on ne cultive pas l’acacia. On se contente de récolter la sève des arbres sauvages. Les acacias Sénégal et seyal, communément appelé kitir et talha, sont les deux premières variétés productrices de gomme arabique et apprécient le climat saharien. De temps à autre, on envoie les femmes recueillir quelques kg de gomme pour la vendre sur le marché et se faire un peu d’argent. Cette manne n’est qu’un appoint dans la culture paysanne. Car, depuis la fin XXe siècle, l’heure est plutôt à la production de coton. C’est même presque devenu l’emblème du pays et à ce titre la culture « a séduit beaucoup de jeunes paysans », se souvient Hassan Adano. Le Monde.fr, Le Tchad apporte sa pierre à la Grande Muraille verte avec ses acacias
  • Les conseils de Magali Walkowicz, diététicienne-nutritionniste, auteure de "100 aliments céto à volonté" , ed. Thierry Souccar: "En ce moment les acacias sont en fleur. Récoltez-les car elles sont très savoureuses. Choisissez les grappes bien écloses, croquez quelques pétales pour voir s’ils sont bien tendres. Elle a des propriétés cholagogues (facilite l’évacuation de la bile), calme l’acidité gastrique. Délicieuse en beignets vous pouvez aussi les parsemer sur une salade de fraises gariguette avec des amandes effilées et un peu de sucre vanillé. Très fragiles, il est préférable de les déguster le jour-même." NotreTemps.com, Beignets de fleurs d'acacia
  • Market.us récemment révélé Miel d’acacia étude de recherche marketing qui offre un aperçu de l’analyse en profondeur sur l’étendue des affaires bien connu et populaire en même temps à côté des perspectives attendues à venir du marché et des tendances à la hausse sur le marché. Miel d’acacia rapport D’analyse de Marché Plus fournit les perspectives organisées de l’entreprise en considérant des options comme Miel d’acacia croissance du marché, le volume de consommation, les tendances du marché et Miel d’acacia structure des prix de l’industrie tout au long du montant prévu 2020-2029. boursomaniac, Globale Miel d'acacia Marché | Perspectives de croissance, principaux fournisseurs, prévisions du scénario futur jusqu'en 2029 - boursomaniac

Images d'illustration du mot « acacia »

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Traductions du mot « acacia »

Langue Traduction
Anglais acacia
Espagnol acacia
Italien acacia
Allemand akazie
Portugais acácia
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Synonymes de « acacia »

Source : synonymes de acacia sur lebonsynonyme.fr
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