La langue française

Substantif

Définitions du mot « substantif »

Trésor de la Langue Française informatisé

SUBSTANTIF, -IVE, adj. et subst. masc.

A. − GRAMMAIRE
1. Adjectif
a) Vx. Qui exprime la substance, l'existence; qui relève de la catégorie de la substance. La forme substantive ou nominale renferme toujours l'idée d'existence; car, dire qu'une idée a tel nom, est nommée de telle manière, c'est dire implicitement qu'elle est, qu'elle existe (Destutt de Tr., Idéol. 2, 1803, p. 67).
Nom substantif (p. oppos. à nom adjectif). Nom signifiant une substance ou un être ayant une existence propre. Quelques grammairiens ont défini le nom substantif, un mot qui signifie une substance (Dem.1802).
Verbe substantif (p. oppos. aux autres verbes (verbes attributifs) exprimant l'accident). Verbe être considéré comme exprimant l'existence d'une substance, indépendamment de tout attribut. L'oreille française (...) [a] exigé mal à propos que la lettre s ne se prononçât point dans le monosyllabe est, troisième personne singulière du verbe substantif (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb., t. 1, 1821, p. 125).
b) Qui a rapport au nom. Synon. nominal.Proposition substantive. Les constructions substantives diffèrent des constructions verbales qui sont les plus ordinaires (...). La construction substantive offre le moyen d'exprimer sans verbe, une notion d'existence, ou d'état (...). La construction substantive offre aussi le moyen d'exprimer l'action, indépendamment de toute notion verbale (Dagn.1965).
2. Subst. masc.
a) Vx. Mot désignant une substance, ce qui existe essentiellement (supra 1 a nom substantif). L'infinitif n'est, pour ainsi dire, pas un mode du verbe; c'est un vrai substantif. C'est le nom par lequel on désigne et le verbe lui-même et l'état qu'il exprime (Destutt de Tr., Idéol. 2, 1803, p. 53).L'esprit (...) aboutit (...) à trois espèces de représentations: 1 les qualités, 2 les formes ou essences, 3 les actes. À ces trois manières de voir correspondent trois catégories de mots: les adjectifs, les substantifs et les verbes, qui sont les éléments primordiaux du langage. Adjectifs et substantifs symbolisent donc des états (Bergson, Évol. créatr., 1907, p. 303).
b) Unité du lexique caractérisée par des traits formels (marques du genre et du nombre, combinaison avec des morphèmes spécifiques qui la déterminent en exprimant des modalités particulières: articles, démonstratifs, possessifs, etc.) et correspondant sémantiquement à la constitution d'une classe d'objets. Synon. nom.Substantif masculin, féminin; substantif au singulier. Il n'emploie presque jamais les substantifs convenables; il les remplace par deux ou trois mots omnibus: « Vous voyez ce truc? C'est absolument comme un machin... » Et il s'étonne, si l'on ne comprend pas (Duhamel, Journal Salav., 1927, p. 74):
Maugham raconte que lorsqu'il était jeune il avait écrit un récit sans adjectifs. J'eus la même idée en 1923. Sous l'influence de la Bible, j'écrivis une assez longue histoire où les substantifs disaient ce qu'ils avaient à dire et se tiraient d'affaire comme ils pouvaient sans le secours de mots qui les qualifiassent. J'obtenais ainsi des phrases d'une nudité exemplaire à mes yeux. Green, Journal, 1949, p. 319.
Substantif verbal. Substantif dérivé d'un verbe. Trousse, substantif verbal de trousser (tortiare), est devenu en anglais truss et nous est revenu drosse (terme de marine) (Gourmont,Esthét. lang. fr.,1899,p. 84).
B. − CHIM., adj. [En parlant d'un colorant] Qui peut être fixé directement sur les fibres textiles sans l'intervention d'un mordant (d'apr. Duval 1959).
Prononc. et Orth.: [sypstɑ ̃tif], fém. [-i:v]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) 1365 subst. gramm. (Psautier de Metz, 72ods F. Apfelstedt, Lothringischer Psalter, p. 3); b) 1550 verbe substantif (Meigret, Traité de la gramm. fr., éd. F.-J. Hausmann, p. 22, 7); 2. a) fin xives. adj. « constant, sûr » (Eustache Deschamps, Œuvres, V, 223, 13 ds T.-L.) − déb. xvies. au sens de « substantiel, matériel » (v. Gdf.); b) 1845 chim. couleurs substantives (Besch.). Empr. au lat. tardifsubstantivus (dér. de substantia, v. substance) « substantiel, qui a une existence réelle, qui existe par lui-même » chez les aut. chrét. (dep. le iiies., v. Blaise Lat. chrét.) et en gramm. usité par Priscien dans l'expr. verbum substantivum pour qualifier le verbe être quand il n'est pas empl. en tant qu'auxil., terminol. reprise au xiies. par les grammairiens et les logiciens (v. Thurot, pp. 177-179). Fréq. abs. littér.: 168.
DÉR.
Substantivement, adv.a) Philos. En tant que relevant de la substance, qu'appartenant à la substance. J'ai dû reconnaître qu'il est absurde de parler du « toi » et de prendre ainsi substantivement ce qui est au fond la négation même de toute substantialité (G. Marcel, Journal, 1923, p. 293).b) Gramm. En tant que substantif, avec la valeur d'un nom. α) [Corresp. à supra A 2 a] Il faut (...) dans chaque rejet et dans chaque attribut (...) énoncer d'abord l'idée principale, puis celle qu'on y ajoute. Or, dans tout sujet, cette idée principale est un nom, ou une phrase prise substantivement qui par-là même devient le nom d'une idée (Destutt de Tr., Idéol. 2, 1803, p. 178). β) [Corresp. à supra A 2 b] Adjectif pris substantivement. On insiste peu, la plupart du temps, sur la distinction entre le nombre pris adjectivement (trois fantassins) et le nombre pris substantivement (trois de l'infanterie) (Gds cour. pensée math., 1948, p. 359).− [sypstɑ ̃tivmɑ ̃]. − 1reattest. 1606 (J. Masset, Acheminement à la lang. fr. (à la suite de Nicot) p. 10 a: ces pronoms possessifs, Mien, tien... sont aussi pris substantivement); de substantif, suff. -ment2*.
BBG.Blanche-Benveniste (C.), Chervel (A.). Rech. sur le syntagme substantif. Cah. Lexicol. 1966, t. 9, no2, pp. 3-37. − Cf. bbg. nom.

Wiktionnaire

Adjectif

substantif \syp.stɑ̃.tif\

  1. Qui exprime la substance, substantiel.
    • « Homme, animal, oiseau, chaleur, beauté, pensée, vertu, abstraction » sont des noms substantifs.
  2. (Grammaire) Qui est relatif au nom ; qui est de la nature du nom ; nominal.
    • Il y a en grec des noms substantifs indéclinables dans tous leurs cas, tels sont les noms étrangers ou hébreux qui le sont aussi en latin. — (M. Furgault, Nouvel abrégé de la grammaire grecque, 7e édition revue corrigée et augmentée par M. Jannet, Paris : Mme Aumont veuve Nyon, 1810, p.36)
    • Le verbe être est substantif dans les phrases : « Il a cessé d’être » et « Il vaut mieux être que paraître. »
  3. Qualifie des matières colorantes qui teintent directement certaines fibres sans l'opération du mordançage.
    • Les colorants substantifs sont aussi nommés colorants directs.

Nom commun

substantif \syp.stɑ̃.tif\ masculin

  1. (Grammaire) Mot qui, seul et sans le secours d’aucun autre, désigne l’être, la chose qui est l’objet de la pensée. Aujourd’hui on dit plutôt nom.
    • Le substantif est un nom ou un pronom.
    • Mais, dupé par la langue grecque, qui, grâce à l’article, permet de transformer des verbes en substantifs, il n’échappe à l’aporie de Parménide « L’Être est, le non-être n’est pas, on ne sortira pas de cette pensée » que par cinq théories. — (Louis Rougier, Histoire d’une faillite philosophique : la Scolastique, 1925, éd. 1966)
    • Le substantif et l’adjectif doivent s’accorder en genre et en nombre.
    • ENCYCLOPÉDIE, s.f. (Philosophie). Ce mot signifie enchaînement de connaissances ; il est composé de la préposition grecque ἐν, en, et des substantifs κύκλος, cercle, et παιδεία, connaissance. — (Denis Diderot, Article « ENCYCLOPÉDIE », 1751)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SUBSTANTIF. adj. m.
T. de Grammaire. Mot qui, seul et sans le secours d'aucun autre, désigne l'être, la chose qui est l'objet de notre pensée. Homme, animal, oiseau, chaleur, beauté, pensée, vertu, abstraction sont des noms substantifs. Il s'emploie plus ordinairement comme nom masculin. Le substantif et l'adjectif doivent s'accorder en genre et en nombre. On dit plutôt aujourd'hui Nom. Verbe substantif, Le verbe Être, quand il n'est pas auxiliaire, comme dans ces phrases : Il a cessé d'être; Il vaut mieux être que paraître.

Littré (1872-1877)

SUBSTANTIF (sub-stan-tif) adj.
  • 1Il se dit de tout nom d'être désigné par l'idée de sa nature, de sa substance. Le nom substantif est un mot qui marque une chose qui subsiste, comme le soleil, la lune, etc… ou qui est considérée comme subsistante : par exemple, le courage, la beauté, etc…, Dumarsais, Œuv. t. I, p. 76.

    Finale substantive, finale qui appartient à des substantifs. Ance est en français une finale substantive.

    Substantivement. Le substantif et l'adjectif. Les mots, en passant du substantif au verbe, ont rarement la même signification ; féliciter, qu'on emploie au lieu de congratuler, ne veut pas dire rendre heureux, Voltaire, Dict. phil. Félicité. Vous avez bien raison dans ce que vous dites du style des avocats ; ils n'ont jamais su combien la déclamation est l'opposé de l'éloquence, et combien les adjectifs affaiblissent les substantifs, quoiqu'ils s'accordent en genre, en nombre et en cas, Voltaire, Lett. à d'Alembert, 25 mars 1765. Quand il [Dante] est beau, rien ne lui est comparable ; son vers se tient debout par la seule force du substantif et du verbe, sans le concours d'une seule épithète, Rivarol, Trad. de l'Enfer.

    Le verbe substantif, le verbe être, qui exprime l'existence par lui-même.

  • 2 Terme de chimie. Couleurs substantives, celles qui se combinent avec les étoffes en vertu de leur affinité propre.

SYNONYME

NOM, SUBSTANTIF. Ces deux mots s'emploient le plus souvent l'un pour l'autre ; mais, dans la rigueur des termes, le substantif n'est qu'une espèce de nom ; car on distingue le nom substantif, le nom adjectif et le pronom.

HISTORIQUE

XVIe s. Saint Paul, en disant : le pain que nous rompons est la communication du corps de Christ, use aussi bien du verbe substantif, Calvin, Inst. 1113.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SUBSTANTIF, adj. (Gramm.) ce terme est usité dans le langage grammatical comme adjectif distinctif d’une sorte de nom & d’une sorte de verbe.

I. Nom substantif. Tous les Grammairiens, excepté M. l’abbé Girard, divisent les noms en deux especes, les substantifs & les adjectifs. « Le nom substantif, dit l’abbé Regnier (in-12. p. 165. in-4°. p. 175.), est celui qui signifie quelque substance, quelque être, quelque chose que ce soit… Le nom adjectif est celui qui ne signifie point une chose, mais qui marque seulement quelle elle est ». Les notions de ces deux especes, données par les autres grammairiens, rentrent à-peu-près dans celles-ci. Qu’est-ce donc que les noms en général ? Oh ! ils ne sont point embarrassés de vous le dire : puisque la définition générale doit admettre la division dont il s’agit, il est évident que les noms sont des mots qui servent à nommer ou à qualifier les êtres.

Mais qu’il me soit permis de faire là-dessus quelques observations. La réponse que l’on vient de faire est-elle une définition ? n’est-ce pas encore la même division dont il s’agit ? Assurément, la Logique exige qu’une bonne définition puisse servir de fondement à toutes les divisions de la chose définie, parce qu’elle doit développer l’idée d’une nature susceptible de toutes les distinctions qui la présentent ensuite sous divers aspects ; mais loin d’exiger que la définition générale renferme les divisions, elle le défend au contraire ; parce que la notion générale de la chose fait essentiellement abstraction des idées spécifiques qui la divisent ensuite. Ainsi un géometre seroit ridicule, si pour définir une figure plane rectiligne, il disoit que c’est une surface plane, bornée par trois lignes droites & trois angles, ou par quatre lignes droites & quatre angles, ou par, &c. Il doit dire simplement que c’est une surface plane, bornée par des lignes droites, & qui a autant d’angles que de côtés. Cette notion est générale, parce qu’elle fait abstraction de tout nombre déterminé de côtés & d’angles, & qu’elle peut admettre ensuite toutes les déterminations qui caractériseront les especes : les triangles, quand on supposera trois côtés & trois angles ; les quadrilateres, quand on en supposera quatre, &c.

Veut-on néanmoins que ce soit définir le nom, que de dire que ce sont des mots qui servent à nommer ou à qualifier les êtres ? Ceux qui servent à nommer les êtres sont donc les substantifs : or je le demande, quelle lumiere peut sortir d’une pareille définition ? Les noms substantifs sont ceux qui servent à nommer les êtres, c’est dire, ce me semble, que les noms substantifs sont ceux qui sont des noms : définition admirable ! Que peut-elle nous apprendre, si elle ne nous conduit à conclure, que les noms adjectifs sont ceux qui ne sont pas des noms ? C’est en effet ce que j’entreprends de prouver ici.

J’ai déjà apprécié ailleurs (voyez Genre), les raisons alléguées par l’abbé Fromant, Suppl. aux ch. ij. iij. & iv. de la II. part. de la Gramm. gén. en faveur de la vieille distinction des noms en substantifs & adjectifs ; & je dois ajouter ici, que dans une lettre qu’il écrivit à mon collegue & à moi le 12 Novembre 1759, il eut le courage de nous dire du bien de cette critique. « La critique, dit-il, que vous avez faite au mot Genre, d’un endroit de mon supplément, est philosophique & judicieuse ». Cette louange si flatteuse n’est corrigée ensuite ni par si ni par mais ; elle est dictée par la candeur, & elle est d’autant plus digne d’éloges, qu’elle est un exemple malheureusement trop rare dans la république des lettres. Je reprends donc le raisonnement, que je n’ai pour ainsi-dire qu’indiqué au mot Genre, pour en montrer ici le développement & les conséquences.

La nécessité de distinguer entre les substantifs & les adjectifs pour établir les regles qui concernent l’usage des genres, est la seule raison que j’aye employée directement, & même sans trop l’approfondir : je l’ai examinée plus particulierement en parlant du mot, article I. & les usages de toutes les langues, à l’égard des nombres & des cas, n’ont fait que fortifier & étendre le même principe. L’analyse la plus rigoureuse m’a conduit invariablement à partager les mots déclinables en deux classes générales ; la premiere pour les noms & les pronoms, & la seconde pour les adjectifs & les verbes : les mots de la premiere classe ont pour nature commune, de présenter à l’esprit des êtres déterminés ; ceux de la seconde classe, de ne présenter à l’esprit que des êtres indéterminés. Les adjectifs sont donc aussi éloignés que les verbes de ne faire avec les noms qu’une seule & même espece.

Ce qui a pu induire là-dessus en erreur les Grammairiens, c’est que les adjectifs reçoivent, dans presque toutes les langues, les mêmes variations que les noms, des terminaisons pour les genres, pour les nombres, & des cas même pour les idiomes qui le comportent : la déclinaison est la même pour les uns & pour les autres par-tout où on les décline, en grec, en latin, en allemand, &c. Ajoutez à cela la concordance de l’adjectif avec le nom, & de plus l’unité de l’objet désigné dans la phrase par l’union des deux mots : que de raisons d’errer pour ceux qui n’approfondissent pas assez, & pour ceux qui se croient grammairiens parce qu’ils en ont appris la partie positive & les faits, quoiqu’ils n’en aient jamais pénétré les principes !

Les noms, que l’on appelle communément substantifs, & que je n’appelle que noms, sont des mots qui présentent à l’esprit des êtres déterminés par l’idée précise de leur nature : & les adjectifs sont des mots qui présentent à l’esprit des êtres indéterminés, désignés seulement par une idée précise qui peut s’adapter à plusieurs natures. Voyez Mot, article 1. & Nom. C’est parce que l’idée individuelle de l’adjectif peut être commune à plusieurs natures, & que le sujet en est indéterminé, que l’adjectif reçoit presque partout les mêmes accidens que les noms & d’après les mêmes regles, afin que la concordance des accidens puisse servir à constater le sujet particulier auquel on applique l’adjectif, & à la nature duquel on adapte l’idée particuliere qui en constitue la signification propre. Mais la maniere même dont se regle par-tout la concordance, loin de faire croire que le nom & l’adjectif sont une même sorte de mots, prouve au contraire qu’ils sont nécessairement d’especes différentes, puisqu’il n’y a que les terminaisons de l’adjectif qui soient assujetties à la concordance, & que celles des noms se décident d’après les vûes différentes de l’esprit & les besoins de l’énonciation.

Je crois donc avoir eu raison de réserver la qualification de substantifs pour les seuls noms qui désignent des êtres qui ont, ou qui peuvent avoir une existence propre & indépendante de tout sujet, ce que les Philosophes appellent des substances : tels sont les noms être, substance, esprit, corps, animal, homme, Ciceron, plante, arbre, pommier, pomme, armoire, &c. La branche de noms opposés à ceux-ci, est celle des abstractifs. Voyez Nom.

II. Verbe substantif. Le verbe est un mot qui présente à l’esprit un être indéterminé, désigné seulement par l’idée précise de l’existence sous un attribut. Voyez Verbe. Un verbe qui énonce l’existence sous un attribut quelconque & indéterminé, qui doit être ensuite exprimé à part, est celui que les Grammairiens appellent verbe substantif : c’est en françois le verbe être, quand on l’emploie comme dans cette phrase, Dieu est juste, où il n’exprime que l’existence intellectuelle, sans aucune détermination d’attribut, puisque l’on diroit de même Dieu est sage, Dieu est tout-puissant, Dieu est attentif à nos besoins, &c. Voyez Verbe.

La distinction des noms en substantifs & adjectifs, me semble avoir été la seule cause qui ait occasionné une distinction de même nom entre les verbes ; & cette dénomination n’est pas mieux fondée d’un côté que de l’autre. Je crois qu’il y auroit plus de justesse & de vérité à appeller abstrait, le verbe que l’on nomme substantif, parce qu’en effet il fait abstraction de toute maniere d’être déterminée ; & alors ceux que l’on nomme adjectifs devroient s’appeller concrets, parce qu’ils expriment tout-à-la-fois l’existence & la modification déterminée qui constitue l’attribut, comme aimer, partir, &c.

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Étymologie de « substantif »

Du latin substantia (« substance »)[1], de substare (« être dessous »), composé du préfixe latin sub- (« sous »), et du verbe latin stare, (« être debout », « se dresser »)[2] : caractérise un état sous-jacent.
Le nom est issu de l'adjectif par substantivation.
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Provenç. substantiu ; espagn. substantivo ; ital. sostantivo ; du lat. substantivus, de substare, être dessous (voy. SUBSTANCE).

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Phonétique du mot « substantif »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
substantif sypstɑ̃tif

Citations contenant le mot « substantif »

  • L'épithète doit être la maîtresse du substantif, jamais sa femme légitime. De Alphonse Daudet
  • Ne flattez pas le culte d'adjectifs tels que indescriptible, rutilant, incomparable, qui mentent sans vergogne aux substantifs qu'ils défigurent : ils sont poursuivis par la lubricité. De Lautréamont / Poésies
  • D’un point de vue strictement religieux, il s’agit simplement de l’église où siège l’évêque d’un diocèse. C’est d’ailleurs du nom de son trône, la cathèdre, qu’est venu d’abord l’adjectif église cathédrale, puis le substantif que nous connaissons. Détruire une cathédrale ou changer son affectation est donc un moyen solennel de marquer son opposition à l’Église catholique romaine et à son chef le Pape – dont l’évêque est le représentant local – ou de marquer le changement de confession de la population du lieu. Causeur, Qu’est-ce qu’une cathédrale? - Causeur
  • S'il y a deux substantifs que je redoute quand on parle de télévision, c'est culture et éducation. De Jean Amadou / Journal d'un bouffon
  • Bon, on est en vacance. Ou en vacanceS, je ne sais jamais s’il faut mettre ce mot au singulier ou au pluriel. Disons au pluriel, puisqu’on est nombreux à y être, en vacances. Du coup, on peut se passer de commenter l’actu: on ne vous parlera pas de Maudet (il fait ça très bien tout seul, d’ailleurs, notre François Fillon à nous), ni du Covid, ni des pistes cyclables et de la manifalulu motarde et cyclophobe. On est en vacances, on vous parlera des vacances. Mais c’est quoi, les vacances? Je me disais que ça devait avoir la même racine que «vacant», «vacuité», j’ai vérifié dans mon Petit Robert, et c’est bien ça: en français, la vacance, c’est le vide, et c’est un substantif féminin dont la première occurrence repérée est de 1531. Ce qui ne nous rajeunit pas – mais on n’a pas besoin d’être rajeunis, puisqu’on est en vacances. Bon, donc, «vacance», ça veut dire «manque». Quand on est en vacance, on est en manque. Et en vacanceS, en manqueS. Mais en manque de quoi? Edgar Morin répond: «La valeur des vacances, c’est la vacance des valeurs.» C’est bien une réponse d’intello de gauche, ça… Le genre de type qui en vacances se promène entre les statues exposées dans les parcs des Eaux-Vives et de la Grange et se marre au pied de celle qui illustre le coup de boule de Zidane à Materazzi. Et qui un de ses jours va aller se godardiser à Nyon. Nous, quoi… Le Courrier, Bonnes vacances - Le Courrier
  • S’adressant plus particulièrement aux agents du monde de la santé, le pape François rappelle que « toute intervention diagnostique, préventive, thérapeutique, de recherche, de soin et de rééducation, s’adresse à la personne malade, où le substantif “personne” prime toujours sur l’adjectif “malade” ». De ce fait, toute action « doit tendre constamment à la dignité et à la vie de la personne, sans jamais céder à des actes de nature euthanasiste, de suicide assisté ou de suppression de la vie, pas même quand le stade de la maladie est irréversible ». S’appuyant tout à la fois sur l’instruction Donum vitae sur le respect de la vie humaine, et la lettre encyclique du pape Jean-Paul II Evangelium vitae, il souligne que la vie doit être « accueillie, protégée, respectée et servie, de la naissance à la mort ». « Votre professionnalisme, animé par la charité chrétienne, sera le meilleur service rendu au vrai droit humain : le droit à la vie », estime ainsi le pape François. La Croix, “Le substantif « personne » prime toujours sur l’adjectif « malade »”, estime le pape François dans son message pour la Journée mondiale du malade
  • Le grand mérite de ce lexique est de traiter chaque terme en autonomie. Parfois, le mot est approché à partir de l’histoire des idées plus qu’en fonction de données chiffrées, comme c’est le cas pour « Abolitions » ; parfois, avec une accumulation d’informations, bienvenue — l’article consacré au « Chlordécone » est à ce titre exemplaire. Il fallait cette précision tant ce scandale sanitaire continue à être méconnu  dans l’hexagone : « De 1972 à 1993, 300 tonnes de ce pesticide ont été déversés en Martinique et en Guadeloupe pour lutter contre le charançon du bananier ». Pourtant sa nocivité cancérigène était connue. Un substantif ou un adjectif peuvent être le point de départ de suggestions, au lecteur d’en poursuivre l’exploration — c’est le cas de « colère », « exotique » ou « enfant » qui réservent des développements non attendus. C’est dire si ce « Petit lexique » est à lire autant pour ce qu’il propose que pour ce qu’il suggère car, en le consultant, on a envie de poursuivre le travail de « décolonisation » du langage. DIACRITIK, Déranger, définir, dévoiler : collectif Piment, Le Dérangeur
  • Les locutions « ça daille » (ça craint) ou « ça me daille » (ça m'embête) se taillent également un beau succès. « Le substantif dail (ou daille) désigne un instrument tranchant dont on se servait autrefois pour couper de l'herbe, et qui ressemble à une faux », explique Mathieu Avanzi. Dans les Landes voisines, on a un faible pour le salut d'origine gasconne « adishatz », utilisé à la fois pour dire bonjour et au revoir. L'interjection « dia ! », marque de surprise placée généralement en début de phrase, est aussi nettement plus dépaysante aux oreilles qu'un « ah bon ! ». leparisien.fr, Boudu con, gavé, chocolatine… dans le Sud-Ouest, sur la route des mots bien de chez nous - Le Parisien

Traductions du mot « substantif »

Langue Traduction
Anglais substantive
Espagnol sustantivo
Italien sostanziale
Allemand inhaltlich
Chinois 实质性
Arabe الموضوعية
Portugais substantivo
Russe основной
Japonais 実質的な
Basque substantibo
Corse substantivo
Source : Google Translate API

Synonymes de « substantif »

Source : synonymes de substantif sur lebonsynonyme.fr

Substantif

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