La langue française

Solfier

Définitions du mot « solfier »

Trésor de la Langue Française informatisé

SOLFIER, verbe trans.

MUS. Chanter une pièce musicale en prononçant le nom des notes. Solfier à vue, un air, un exercice, une leçon, un morceau de musique. M. Ducrocq faisait solfier sans paroles chaque partie séparée du chœur (Champfl.,Souffr. profess. Delteil, 1853, p. 200).C'est une petite polka en sol, totalement dépourvue de méchanceté, mais la pauvre Marie, anti-musicienne au possible, n'a jamais pu la solfier correctement (Colette,Cl. école, 1900, p. 72).
Prononc. et Orth.: [sɔlfje], (il) solfie [-fi]. Att. ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist. Ca 1223 (Gautier de Coinci, Miracles Vierge, éd. V. F. Koenig, 1 Mir 11, 748, t. 2, p. 33: Tex solfïer ne set sol, fa cui fait monter seur delasol). Dér. de sol fa (sol2* et fa*); dés. -ier.

Wiktionnaire

Verbe

solfier \sɔl.fje\ transitif ou intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Nommer les notes d’un air, d’un morceau ou d’un exercice de musique, avec le mouvement et la mesure, soit les récitant (solfège parlé), soit en les chantant (solfège chanté).
    • Solfier un air.
    • Il solfie déjà couramment.
    • Enfin les premiers pas furent franchis avec plus ou moins de peine, et j’eus la satisfaction de solfier un air écrit par Vitalis sur une feuille de papier. — (Hector Malot, Sans famille, 1878)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SOLFIER. v. tr.
Chanter, en les nommant et avec le mouvement et la mesure, les notes d'un air, d'un morceau ou d'un exercice de musique. Solfier un air. Absolument, Il solfie déjà couramment.

Littré (1872-1877)

SOLFIER (sol-fi-é), je solfiais, nous solfiions, vous solfiiez ; que je solfie, que nous solfiions, que vous solfiiez v. a.
  • Déchiffrer ou lire une leçon, un morceau de musique, en prononçant les noms des notes. Solfier un morceau. Apprendre à solfier.

    Absolument. Mais, monsieur, solfiez pour plus d'intelligence ; Je vous comprendrai mieux. - Qui ? moi ! moi solfier ! C'est me traiter par là de petit écolier, Hauteroche, Crisp. music. II, 10. L'usage de solfier avec certaines syllabes, Rousseau, Ém. II.

HISTORIQUE

XIVe s. Nient plus ne les prise que la soris fait chas, Quant à ses dens la tient, et cil en fait ses gas ; Souvent parole à eus ensi qu'un avocas, Qui va solefiant devant juges ses cas, Baud. de Seb. dans Hist. litt. de la Fr. t. XXV, p. 591.

XVe s. Marion, qui bien s'entendi, à solfier mist cuer et cure, Deschamps, Ball. Leçon de mus.

XVIe s. Gens qui auparavant les saintes barricades, estoient tous tarez, et entachez de quelque note mal-solfiée, et mal-accordante avec la justice, Sat. Mén. p. 66.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SOLFIER, v. n. en Musique, c’est prononcer les syllabes de la gamme ut, re, mi, &c. & entonner en même tems les sons qui leur conviennent ; & c’est un exercice par lequel on fait commencer ceux qui apprennent la musique, afin que l’idée de ces différentes syllabes s’unissant dans leur esprit à celle des intervalles qui s’y rapportent, ces syllabes leur aident à se rappeller ces intervalles.

Il y a diverses manieres de solfier. Plusieurs nations ont gardé l’ancienne méthode des six syllabes de l’Arétin. D’autres en ont encore retranché, comme les Anglois, qui solfient sur ces quatre syllabes seulement, mi, fa, sol, la. Les François au contraire ont ajouté la syllabe si, pour renfermer sous des noms différens tous les sept sons de l’octave.

Les inconvéniens de la méthode de l’Arétin sont considérables ; car faute d’avoir rendu complette la gamme de l’octave, les syllabes de cette gamme ne signifient ni des touches fixes du clavier, ni des degrés du ton, ni même des intervalles exactement déterminés : la, fa peut former un intervalle de tierce majeure en descendant, ou de tierce mineure en montant, ou d’un semi-ton encore en montant. Voyez Gamme, Muances. C’est encore pis par la méthode des Anglois : ils trouvent à chaque instant différens intervalles qu’ils ne peuvent exprimer que par les mêmes syllabes, & toutes les quartes portent toujours les mêmes noms, qui devroient être réservés aux seules octaves.

La maniere de solfier établie en France par l’addition du si est infiniment supérieure à tout cela ; car la gamme se trouvant complette, les muances deviennent inutiles, & l’analogie des octaves est parfaitement observée : mais les Musiciens ont encore gâté cette méthode par la bisarre imagination de rendre les noms des notes toujours fixes & déterminés sur les touches du clavier, & non pas sur les degrés du ton ; ce qui charge inutilement la mémoire de tous les dièses ou bémols de la clé ; ce qui ôte au nom des notes le rapport nécessaire avec les intervalles qui leur sont propres, & ce qui efface enfin, autant qu’il est en eux, toutes les traces de la modulation.

Ut ou ne sont point ou ne doivent point être telle ou telle touche du clavier, mais tel ou tel degré du ton ; quant aux touches fixes, c’est par des lettres de l’alphabet qu’elles doivent s’exprimer ; la touche que vous appellez ut, je l’appelle C ; celle que vous appellez re, je l’appelle D. Ce ne sont pas des signes que j’invente, ce sont des signes tout établis, & par lesquels je détermine très-nettement la fondamentale d’un ton : mais ce ton une fois fixé, dites-moi, je vous prie, à votre tour, comment vous en appellez la tonique que j’appelle ut, & la seconde note que j’appelle , & la médiante que j’appelle mi, &c. car c’est là le point essentiel. Qu’on y réfléchisse bien, & l’on trouvera que rien n’est moins naturel que ce que les Musiciens françois appellent solfier au naturel. Cette prétendue nature n’est du-moins connue chez nul autre peuple. (S)

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Étymologie de « solfier »

Prov. et ital. solfa, solfége ; de sol et fa.

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(XIIIe siècle) Verbe dérivé du latin solfa (« gamme »), qui est un mot construit à l’époque médiévale avec les notes sol et fa, et le suffixe -ier.
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Phonétique du mot « solfier »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
solfier sɔlfje

Citations contenant le mot « solfier »

  • Petit, j'ai fait le conservatoire, et depuis j'ai pris l'habitude de solfier. Je solfie, c'est mon langage, je trouve que ç'est plus rapide et que ça donne une certaine objectivité aux notes. Mon père me faisait dire les notes, quoi que je travaille, et à force de bosser comme ça, j'associe tout le temps le son avec le nom de la note, je n'ai pas à réfléchir : par exemple, un klaxon, ça me dit le nom de la note. C'est très pratique, très agréable, ça permet d'aller vite, et de communiquer avec beaucoup de monde sur la planète. France Culture, Chassol :"Je veux montrer le pouvoir incroyable de la musique"
  • Les temps diffèrent. À l’époque, les gens étaient plus compréhensifs. C’était un peu la fraternité. Et c’est finalement cela le Sénégal. Tout le monde doit être frère. C’est ce que les artistes doivent promouvoir et refléter. C’est bien la concurrence, mais il faut que ça aille dans le bon sens. Il ne faut pas être concurrents dans la diversion, mais promouvoir la diversité. S’agissant de la musicalité, à l’époque, c’était plus raffiné. Avec les nouvelles technologies, c’est devenu facile de faire de la musique. Il faut que les jeunes approfondissent leurs recherches. Le Sénégal est un pays de culture, avec un champ assez vaste pour l’exploration. J’exhorte les jeunes à travailler cette belle musique qu’est la musique sénégalaise. Le mbalax est joué chez la plupart de façon désordonnée. Il est important de le raffiner pour mieux le vendre à l’international. Les Européens ont du mal à consommer le mbalax avec son rythme ternaire, du fait de leur habitude du rythme binaire. Quand j’étais au Sénégal, j’avoue que moi-même je tâtonnais et ne maîtrisais pas les règles du Conservatoire. Je suis allé, en 1999, au Conservatoire Hector Berlioz du 10ème arrondissement de Paris pour apprendre la musique. Cela m’a permis de connaître les rôles de la musique sénégalaise. Ma conclusion, après tout cette expérience, c’est qu’il faut maintenant solfier la musique sénégalaise. Chopin est mort depuis 200 ans, mais sa musique résiste au temps parce qu’elle est solfiée. Imaginez combien ce serait magnifique de solfier les musiques de Youssou Ndour, Baaba Maal, Omar Pène, Kiné Lam, etc. et de les laisser à la postérité. Pour l’intérêt du Sénégal. , Pape Djiby BÂ, Artiste-chanteur : « Les jeunes doivent approfondir leurs recherches » | Senescoop.net
  • 5. Le bonheur de "slofie"Puisque le selfie est toujours autant à la mode, Apple a décidé de lui apporter une nouvelle fonctionnalité qui va ravir les amateurs de portraits un brin difformes : le slofie. Il sera ainsi possible de se filmer au ralenti. Les amateurs du "moi je" sont en émois. Préparez-vous donc à entendre très bientôt le verbe  "slofier". À ne pas confondre avec "solfier" qui signifie "chanter un morceau de musique en nommant les notes et en respectant les signes de la notation." GQ France, iPhone 11 : 10 choses à savoir sur les trois nouveaux smartphones Apple | GQ France
  • A l’occasion d’un déplacement en 2003, le président du Conservatoire de Fès, Si Mohamed Briouel, a eu la gentillesse de m’offrir un exemplaire de la partition de la nouba Ghribet EL H’cin ; ce document servait de base pour l’apprentissage des élèves de l’Institut. Pourquoi nous nous privons de ce moyen didactique qui est à la portée et c’est sans jeu de mots, de nos professeurs de musique formés par les instituts de musique ? L’apprentissage du solfège est indispensable et nécessaire pour la formation des élèves au sein des associations. Les élèves des classes supérieures devraient acquérir à terme les compétences de lecture et d’interprétation aisées d’une partition d’un «neklab», d’une «touchia» ou d’une «nouba». Par ailleurs, il n’est pas question ici de suggérer de solfier les «istikhbar» instrumentaux, dont l’interprétation relève presque de la spiritualité (rouhani). On connaît la place qu’occupe l’improvisation dans la manière de jouer et surtout l’état d’âme du musicien qui impacte nécessairement cette même interprétation. Il est communément admis que deux interprétations d’un «istikhbar» par le même musicien ne sont jamais identiques. Les «khanate» intelligemment placées feront la différence et ce n’est ni Anys Mhamsadji, grand virtuose de la mandoline ni même le Dr Mouloud Bennoune, pianiste émérite, qui diront le contraire, et ce, malgré la parfaite maîtrise du solfège par ce dernier. El Watan, Musique arabo-andalouse : Plaidoyer pour un apprentissage moderne | El Watan
  • Curieusement, Daniel ne compose pas, et s’il s’imprègne de sons locaux et de Maloya, à la fois musique, chant et danse, au cœur des traditions de l’île et figurant, depuis 2009, dans la très sélective liste du patrimoine culturel et immatériel de l’humanité certifiée par l’Unesco, il se refuse à le solfier : « J’ai trop de respect pour cette musique ». www.paris-normandie.fr, Des nouvelles de Daniel Bargier, ancien chef du chœur de chambre de Rouen

Traductions du mot « solfier »

Langue Traduction
Anglais solfier
Espagnol soldador
Italien solfier
Allemand solfier
Chinois 索菲尔
Arabe سولفير
Portugais solfier
Russe solfier
Japonais ソルファー
Basque solfier
Corse solfier
Source : Google Translate API

Synonymes de « solfier »

Source : synonymes de solfier sur lebonsynonyme.fr

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