La langue française

Sauterelle

Définitions du mot « sauterelle »

Trésor de la Langue Française informatisé

SAUTERELLE, subst. fém.

A. −
1. ENTOMOLOGIE
a) Insecte orthoptère sauteur, de coloration verte ou jaunâtre, avec de longues pattes postérieures permettant des sauts puissants. Les sauterelles ivres d'été crissent avec une âpre allégresse (Rolland,J.-Chr., Aube, 1904, p. 22).Monotone, têtue comme un cœur qui bat, une sauterelle stridulait (Beauvoir,Mém. j. fille, 1958, p. 82).
[Dans des compar. faisant réf. à l'aspect de cet insecte] Le Matamore, reployant ses longs membres articulés comme ceux d'une sauterelle, se baissa (Gautier,Fracasse, 1863, p. 80).Des cyclistes dansaient comme des sauterelles sur des pistes de rondins (Giono,Gd troupeau, 1931, p. 91).
Loc. pop. Avoir une sauterelle (au plafond, dans la guitare, etc.). Ne pas avoir toutes ses facultés mentales, être dérangé. Synon. avoir une araignée* (dans le plafond), un grain*.Ce gus avait une sauterelle dans la vitrine (P. Perret,Le Petit Perret ill. par l'ex., 1985(Le Livre de poche), p. 411).
b) [N. pop. anc. du criquet] « Les criquets! Les criquets! » Mon hôte (un fermier du Sahel) devint tout pâle comme un homme à qui on annonce un désastre (...). C'étaient les sauterelles. Soutenues entre elles par leurs ailes sèches étendues, elles volaient en masse, et malgré nos cris, nos efforts, le nuage s'avançait toujours, projetant dans la plaine une ombre immense (A. Daudet,Lettres de mon moulin, 1952 [1869], p. 185).
[Dans des compar. faisant réf. aux invasions de criquets et aux dévastations qu'elles provoquent] Les auberges sont inondées de voyageurs et les routes de voitures. Ceux qui arrivent les derniers ont moins que des os. C'est comme une nuée de sauterelles qui brûle tout (Hugo,Corresp., 1825, p. 414).Un matin, on s'était réveillé sans pain, sans viande, le pays ruiné, comme mangé par un vol de sauterelles, depuis une semaine que des centaines de mille hommes y roulaient leur flot débordé (Zola,Débâcle, 1892, p. 546).
2. Région. (Côtes de la Manche). Sauterelle de mer ou, absol., sauterelle. Crevette. (Ds Mots rares 1965).
B. − P. anal.
1. Personne maigre, sèche, aux membres grêles. Le professeur: Je puis donc vous dire que votre divine cantatrice, votre sirène, votre mystérieuse beauté, c'était Consuelo. Le comte: Elle! ce sale enfant? cette noire et maigre sauterelle! impossible, maestro! (Sand,Consuelo, t. 1, 1842-43, p. 20).Il posa sa main sur ma tête et éleva la voix d'un ton lamentable: − Anne, venez voir cette sauterelle, elle est toute maigre (Sagan,Bonjour tristesse, 1954, p. 86).
2. Pop., vieilli. Femme facile ou prostituée. Synon. cocotte, petite femme, sauteuse.La Désulland, sauterelle de marais (Calendrier du Père Duchesne, 1791, p. 43 ds Quem. DDL t. 19).Peu à peu les exigences de MlleChuchu, l'ancienne petite figurante, la maigre sauterelle du trottoir parisien, s'étaient accrues (Zola,Argent, 1891, p. 381).
C. − En partic.
1. ,,Instrument formé de deux règles assemblées à l'une de leurs extrémités par une charnière, et qui sert à mesurer et à tracer toutes sortes d'angles`` (Noël 1968). Prenant cet angle avec une sauterelle ou fausse équerre, on allait sur le chantier chercher une pierre donnant un angle saillant correspondant à l'angle rentrant mesuré avec la sauterelle (Viollet-Le-Duc, Archit., 1872, p. 6).
2.
a) Dispositif de fixation d'un bât-flanc ou d'une barre, constitué d'un crochet à bascule et d'un anneau qui coulisse le long de la corde d'attache et qu'on engage sur l'extrémité du crochet (d'apr. Chabat t. 2 1876).
b) ,,Dispositif articulé permettant le blocage rapide d'une pièce sur son montage`` (GDEL).
3. BÂT., GÉNIE CIVIL. ,,Bande transporteuse inclinable`` (Lar. Lang. fr.).
4. CHASSE. Piège à bascule pour capturer les oiseaux. (Dict. xixes. et xxes.).
5. CH. DE FER. ,,Aiguillage mobile portatif, que l'on place sur une voie pour en sortir un véhicule`` (GDEL); ,,élément de voie (...) qui, à un croisement saute d'une voie sur l'autre par un effet de bascule, et remplace une plaque tournante`` (Noël1968).
6. VITIC. ,,Extrémité du sarment utilisé pour le marcottage et sortant de terre pour former le futur cep de vigne`` (Fén. 1970). Synon. sautelle.
7. Région. (Normandie). Jeu de la marelle. Mais aux barres, à la sauterelle, au cheval fondu, je reprenais avantage, cela me suffisait (E. Noël,Mémoires d'un imbécile, ch. VIII in Philos. posit., janv.-févr. 1875ds Littré Suppl. 1877).
Prononc. et Orth.: [sotʀ εl]. Ac. 1694: sautereau: ,,On dit plus ordinairement suaterelle``; dep. 1718: -elle. Étymol. et Hist. A. 1. 1remoit. xiies. salterele « insecte » (Psautier d'Oxford, 77, 51 ds T.-L.); 2. 1555 sauterelle de mer « crevette » (Belon d'apr. Roll. Faune t. 12, p. 99); 3. 1791 « prostituée » sauterelle de marais (Calendrier du père Duchesne, loc. cit.); 4. 1842-43 « fille grande et maigre » (Sand, loc. cit.). B. Ca 1330 sauterelle « danseuse » (Guillaume de Digulleville, Pélerinage vie humaine, V, 11805 ds T.-L.). C. 1. 1506 sautreulles « fausse équerre mobile » (Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens ds Gdf. Compl.); fin xvies. sauterelle (Palissy, Recepte ver., p. 92 ds Hug.); 2. 1871 « mécanisme servant à rattacher les barres de séparation dans les écuries et les étables » (Littré); 3. a) 1894 « appareil de changement de voie dans les chemins de fer » (Bricka, Cours ch. de fer, t. 1, pp. 382-383); b) 1927 « appareil élévateur mobile » (Champly, Nouv. encyclop. prat., t. 3, p. 95). D. 1604 vigne « sorte de provin » (Le Loyer, Spectres, V, 5 ds Hug.). Dér. de sauter*; suff. -elle*. Fréq. abs. littér.: 254. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 274, b) 484; xxes.: a) 487, b) 293. Bbg. Sain. Arg. 1972 [1907] p. 129.

sauterelle. « Insecte orthoptère sauteur vert ou gris à grandes pattes postérieures repliées et à tarière » (Pt Rob.)

Wiktionnaire

Nom commun

sauterelle \so.tʁɛl\ féminin

  1. (Zoologie) Insecte orthoptère commun presque partout dans le monde et qui se déplace en sautant à l’aide de ses longues pattes postérieures.
    • De temps à autre, nous apercevions, dans les champs voisins, de grandes plaques jaunâtres, comme si l’on eût vidé là des sacs de paille hachée ; cependant, cette paille, quand nous passions auprès, se soulevait en tourbillonnant et s’envolait avec bruit : c’étaient des bancs de sauterelles qui se reposaient ; il devait y en avoir des millions : ceci sentait fort son Égypte. — (Théophile Gautier, Voyage en Espagne, Charpentier, 1859)
    • Puis nous passons à l’histoire naturelle et étudions les mœurs des abeilles, des fourmis, des sauterelles et les vertus de certaines plantes médicinales. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 123)
    • J'avais neuf ans et j'attrapais avec mon frère des sauterelles que nous faisions griller dans le jardin pour les manger. — (Francis Carco, Maman Petitdoigt, La Revue de Paris, 1920)
    • C'était des cris de joie lorsqu'ils avaient découvert une grosse sauterelle, dissimulée sous quelque plante dont elle avait pris la couleur. — (Out-el-Kouloub, Zariffa, dans "Trois contes de l'Amour et de la Mort", 1940)
    • Les grillons et les sauterelles stridulent en frottant leurs élytres l’un contre l’autre.— (Stéphane Tanzarella, Perception et communication chez les animaux, février 2015, page 38)
  2. (Zoologie) (Hauts-de-France) Nom donné aux crevettes sur les côtes du nord de la France.
    • Rousret. C'est le nom qu'on donne à Calais aux folles ou bouteux qui servent à prendre des chevrettes & des sauterelles. — (« Table des matières » de la Descriptions des arts et métiers faites ou approuvées par messieurs de l'Académie royale des sciences de Paris, nouvelle édition, publiées par J. E. Bertrand, tome 5, Neuchatel : Imprimerie de la Société Typographique, 1776, page 747)
    • Pendant que les « sauterelliers » ( barques de pêche ) ,[…] , déversent à pleins paniers les crevettes grises , ou « sauterelles » , sur les marchés , […]. — (Jacques de Wailly & Maurice Crampon, Le folklore de Picardie (Somme, Oise, Aisne), Musée de Picardie, 1968, page 126)
    • Pour les fruits de mer, c'étaient les moules, les coques et les « sauterelles » ou crevettes grises. — (Jean-François Leblond & Yvan Brohard, Vie et traditions populaires en Picardie: Oise, Somme, Aisne, Éditions Horvath, 1994, p. 103)
    • Des unités plus modestes pèchent la "sauterelle" (la crevette) dans la bande côtière au niveau de l'estuaire. — (Jacques Béal, Côte picarde et baie de Somme, Renaissance du Livre, 2001, page 43)
  3. (Maçonnerie) (Charpenterie) Fausse équerre mobile, instrument formé de deux règles assemblées à l’une de leurs extrémités par une charnière, et qui sert à prendre, à reporter, et à tracer toutes sortes d’angles.
    • Une sauterelle est une équerre à ouverture réglable. Les deux branches sont reliées par une traverse qui pivote sur une branche et coulisse sur l’autre dans une glissière longitudinale. — (Marcel Draux, Émile Benoist, La Géométrie des débutants, Éditions Draux-Benoist, 1936, page 34)
    • Les outils de tracé et de contrôle sont l’équerre, la règle, la fausse équerre dite sauterelle, le biveau, le panneau ou gabarit, le compas, le fil à plomb et le niveau. Ces outils se retrouvent dessinés ou gravés sur de nombreux documents ou monumets de l'Antiquité à nos jours. — (Frédérick Tristan, Jacques Thomas & louis Monnier, Le Livre d'or du compagnonnage, éd. J.-C. Godefroy, 1992)
  4. (Construction) (Industrie) Appareil servant à élever des produits pondéreux en vrac dans diverses industries, et composé d'un tapis entraîné en rotation par un moteur, sur un bâti métallique.
    • Nous appellerons transport libre, un transport de granulats dans lequel chacun des éléments est entièrement libre de se mouvoir par rapport aux autres. Par exemple, à l'extrémité d'une sauterelle, les éléments effectuent dans l'air, avant de toucher la surface du tas, un certain parcours qui est évidemment un transport libre. — (Bulletin de liaison des laboratoires routiers: ponts et chaussées, n° 50-53, Laboratoire central des ponts et chaussées (France), 1971, page 109)
    • Les longueurs unitaires des convoyeurs vont de 5 m (petites sauterelles de chargement) à plus de 1 000 m, […]. — (R. Lefevre, Graissage et tribotechnique: Compléments techniques, vol.4, Technip, 1977, page 449)
  5. (Péjoratif) Fille maigre et agitée.
    • Sur ces entrefaites elle a rencontré par hasard une de ses anciennes copines, une nommée Suzanne, une brune en minijupe, une sorte de grande sauterelle à la voix nasillarde. — (Daniel Apruz, La Bêlamour, éd. Buschet/Chastel, 1970)
    • On les prend aussi [les rouges-gorges] à la rive du bois sur des perches garnies de lacets ou de gluaux ; mais les rejets ou sauterelles fournissent une chasse plus sûre et plus abondante. — (Georges-Louis Leclerc de Buffon, Oiseaux, tome IX, page 291)
  6. (Héraldique) Meuble représentant l’animal du même nom dans les armoiries.
    • De gueules à la toupie d’argent sénestrée d’une soupière du même soutenues d’une plaine ondée d’argent ; au chef d’azur à une sauterelle d’or, qui est de Foucaucourt-sur-Thabas → voir illustration « armoiries avec une sauterelle »
  7. (Hippologie) Sorte d'attache pour maintenir le bat-flanc dans une écurie.
    • Quand les chevaux s’embarrent, on relève l’anneau mobile pour dégager la sauterelle, qui faisant aussitôt bascule, l’extrémité postérieure du bat-flanc tombe sur le sol. — (Cours d'hippologie: à l'usage de MM. les officiers de l'armée, […], par A. Vallon, tome 2, Saumur : chez Javaud, 1863, page 105)
    • Ils se tiennent à la t^te de leurs chevaux sellés et bridés qu'ils ont tournés, la croupe du côté de la mangeoire, prêts à sortir, les rênes pendues à la sauterelle en fer de la chaîne qui soutient le bat-flanc. — (Marcel Luguet, Élève-Martyr: Le monde militaire, Paris : chez A. Savine, 1889, chapitre 12)
  8. (Chasse) (Vieilli) Sorte de piège rustique fait à partir d'une branche ployée fixée au sol.
    • L'endroit, que l'un de ces oiseaux fréquente le plus souvent, étant bien connu, c'est en général près d'un tournant d’eau, on y fiche un pieu pour y attacher et tendre le piège nommé sauterelle, avec quoi il est bientôt pris. — (« L'Alcyon, ou Martin Pêcheur », dans le Manuel de l'amateur des oiseaux de volière, par Johann Matthäus Bechstein, traduit de l'allemand, avec additions du traducteur, 2e édition, Bruxelles : Société belge de Librairie, 1838, page 85)
    • SAUTERELLE (Chasse). Ce piège se compose essentiellement d'un arc ou demi-cercle, de 0m,40 à 0m, 60 de longueur, fait avec une branche courbe, plus solide que flexible, ou tout simplement avec une côte de mouton, et dont les extrémités sont liées par une corde plusieurs fois redoublée sur elle-même. — (Dictionnaire universel de la vie pratique a la ville et a la campagne, rédigé par Guillaume Belèze, 2e éd., Paris : Librairie de L. Hachette & Cinterlingue, 1862, page 1620)
  9. (Viticulture) Sarment de vigne que l’on marcotte.
    • Les soins à donner aux mères sont […] ; l’enlèvement des marcottes lorsqu’elles ont pris racine , et la soustraction de la base de ces marcottes, base qu’on appelle sauterelles dans beaucoup de lieux, à raison de sa ressemblance avec le piège de ce nom. Certains pépiniéristes couchent les bourgeons qui ont poussé sur ces sauterelles; […]. — (« Mère », dans le Nouveau cours complet d'agriculture théorique et pratique, ou Dictionnaire raisonné et universel d'agriculture, Paris : chez Deterville, 1809, page 289)
  10. (Chemin de fer) Sorte d'aiguillage mobile.
    • A Massy-Palaiseau, un appareil spécial, dit sauterelle, a été installé par dessus la voie d'accès aux marchandises, pour permettre aux trains de ballast et de matériel venant de Juvisy, de continuer leur marche sur la deuxième voie posée. — (Revue générale des chemins de fer, vol. 18, part. 1, Paris : chez P. Vicq-Dunod, 1895, page 332)
    • C'est par l’intermédiaire de ces lames que se fait l’aiguillage de la voie normale, car elles servent de sauterelles, permettant aux roues des wagons « type Nord », de passer de la file des rails voie normale à la file des rails voie étroite, d'où ils rattrapent presque immédiatement, par le deuxième aiguillage intérieur u u’, la file normale déviée. — (« Chemins de fer », dans la Revue industrielle, vol. 40, Paris, 1909, page 453)
  11. (Normandie) (Désuet) Jeu de la marelle.
    • Je pris part à leurs jeux, comme je ne l'avais pas encore fait, et fus bientôt parmi les plus forts aux barres, à la balle, à la sauterelle ; […]. — (Eugène Noël, Mémoires d'un imbécile, Librairie Germer Baillière, Paris, 1875, page 37)
  12. (Argot) Puce.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)

Nom commun

sauterelle \Prononciation ?\ féminin

  1. Sauterelle.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  2. Danseuse.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  3. Danse.
    • Plus ne corneray sauterelle.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SAUTERELLE. n. f.
Insecte ailé qui avance en sautant à l'aide de ses deux pattes postérieures. Sauterelle verte, grise. Une nuée de sauterelles. En termes de Maçonnerie, de Charpenterie, etc., il se dit d'une Fausse équerre mobile, instrument formé de deux règles assemblées à l'une de leurs extrémités par une charnière, et qui sert à prendre et à tracer toutes sortes d'angles.

Littré (1872-1877)

SAUTERELLE (sô-te-rè-l') s. f.
  • 1Insecte ailé du genre locuste qui s'avance en sautant, famille des orthoptères sauteurs. Depuis Bab-el-Mandeb jusqu'à Bara, on enfile les sauterelles pour les porter au marché, Buffon, Suppl. à l'hist. nat. Œuv. t. XI, p. 262.
  • 2Abusivement, il se dit pour le criquet (voy. CRIQUET 1) qui est un insecte dévastateur. Le matin, ce vent brûlant fit élever les sauterelles, Sacy, Bible, Exode, X, 13. L'excommunication des sauterelles et des insectes nuisibles aux moissons a été très en usage, et subsiste encore dans plusieurs rituels ; l'usage est passé, on laisse en paix Aristote, les sorciers et les sauterelles, Voltaire, Pol. et lég. Traité sur la tolér. comment elle peut être admise.
  • 3Sauterelle de mer, la squille mante.

    Il se dit aussi de la crevette.

  • 4Synonyme de fausse équerre, voy. ÉQUERRE, n° 2.
  • 5 Terme de serrurier. Branche de bascule droite.
  • 6 Terme rural. Partie de la marcotte qui est hors de terre et qui tient à la main.
  • 7Nom donné à de petits mécanismes que l'on peut faire sauter sur-le-champ, et qui servent à rattacher les barres de séparation dans les écuries et étables aux cordes qui les soutiennent.
  • 8Synonyme de sauterolle.

HISTORIQUE

XIIe s. Il duna à ruil [rouille] le fruit d'els, et les lur travalz à salterele, Liber psalm. p. 109.

XIVe s. Yraignes, sautereaux, papillons. Ménagier, II, 5.

XVIe s. Les sauterelles nobles du pays broutent ceux du tiers estat, mesme le pauvre laboureur, Froumenteau, Finances, III, p. 275. Soudain que le niveau eut fini son propos, voicy la sauterelle [fausse équerre] qui s'esleve en disant : …je fay des actes que nul ne sauroit faire, et je vous demande, sçauriez-vous conduire un bastiment en une place biaise ? Palissy, 92.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SAUTERELLE. Ajoutez :
9Nom, en Normandie, d'un jeu d'enfant, qui est la marelle. Mais aux barres, à la sauterelle, au cheval fondu, je reprenais avantage, ça me suffisait, Mémoires d'un imbécile, ch. VIII, par E. NOËL, dans Philos. posit. janvier-février 1875, p. 136.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SAUTERELLE, s. f. (Hist. nat. Insectolog.) locusta, insecte que M. Linnæus a mis dans la classe des coléopteres, dans le genre des grillons ; cet auteur ne parle que de quatre especes de sauterelles, faun. succ. Swammerdam en a observé vingt-une especes ; il y en a de très-petites & d’autres qui sont très-grandes.

La grande sauterelle verte qui se trouve très-communément dans les prés, est d’un verd clair, à l’exception d’une ligne brune qui se trouve sur le dos, sur la poitrine & sur le sommet de la tête ; & de deux autres lignes d’un brun plus pâle qui sont sur le ventre. La tête est oblongue, & elle a quelque ressemblance avec celle d’un cheval ; les antennes sont longues & placées au sommet de la tête ; elles diminuent de grosseur jusqu’à leur extrémité ; le corcelet est élevé & étroit ; il a une épine en-dessus & une autre en-dessous ; la premiere paire des jambes est plus courte que les autres ; celles de la troisieme paire sont les plus longues & les plus grosses : elles ont toutes deux crochets à l’extrémité. Les ailes sont au nombre de quatre, & presque transparentes, surtout les deux posterieures ; le ventre est très grand, composé de huit anneaux & terminé par deux petites queues couvertes de poils. La semelle differe en ce qu’elle a une double pointe dure & fort longue à l’extrémité de la queue.

Les œufs des grosses sauterelles vertes commencent à éclore à la fin d’Avril ou un peu plus tard ; les vers qui en sortent, ne sont pas plus gros qu’une puce ; ils ont d’abord une couleur blanchâtre ; ils deviennent noirâtres au bout de deux ou trois jours, & ensuite roux ; bientôt après ces vers prennent la forme des sauterelles, & en effet ils commencent à sauter, quoiqu’ils soient très-petits dans l’état de nymphe. Une sauterelle en nymphe ne differe d’une sauterelle entierement formée, qu’en ce qu’elle n’a point d’ailes apparentes. Elles s’accouplent peu de tems après que leurs ailes sont développées, & elles restent unies l’une à l’autre assez long tems ; alors on les sépare difficilement. Le chant ou plutôt le bruit de la sauterelle vient du frottement des ailes les unes contre les autres, dans la plûpart des especes, ou du frottement des ailes avec les pattes dans d’autres ; il n’y a que le mâle qui fasse entendre ces bruits. Suite de la mat. méd. par MM. Salerne & Nobleville, & collection acad. tom. V. de la partie étrangere. Voyez Insecte.

Il faut lire sur les sauterelles, Giuseppi Zinanni, dissertatione sopra variè specie di cavallette 1737 in-4°. Le dessus & le dessous du corcelet des sauterelles sont armés d’une peau si dure, qu’elle leur sert de cuirasse : c’est ce qui a fait dire à Claudien, épigr. 6.

Cognatur dorso, durescit amictus,
Armavit natura cutem.

C’est aussi ce que dit l’auteur de l’apocalypse, ch. ix. v. 9. Ces animaux voraces quittent souvent des pays éloignés, traversent les mers, fondent par milliers sur des champs ensemencés, & enlevent en peu d’heures jusqu’à la moindre verdure. En voici un exemple assez remarquable que l’on trouve dans l’histoire militaire de Charles XII. roi de Suede, tom. IV. p. 160. Son historien rapportant que cet infortuné prince fut très-incommodé dans la Bessarabie par les sauterelles, s’exprime en ces termes :

Une horrible quantité de sauterelles s’élevoit ordinairement tous les jours avant midi du côté de la mer, premierement à petits flots, ensuite comme des nuages qui obscurcissoient l’air, & le rendoient si sombre & si épais, que dans cette vaste plaine le soleil paroissoit s’être éclipsé. Ces insectes ne voloient point proche de terre, mais à-peu-près à la même hauteur que l’on voit voler les hirondelles, jusqu’à ce qu’ils eussent trouvé un champ sur lequel ils pussent se jetter. Nous en rencontrions souvent sur le chemin, d’où ils se jettoient sur la même plaine où nous étions, & sans craindre d’être foulées aux piés des chevaux, ils s’élevoient de terre, & couvroient le corps & le visage à ne pas voir devant nous, jusqu’à ce que nous eussions passé l’endroit où ils s’arrêtoient. Partout où ces sauterelles se reposoient, elles y faisoient un dégât affreux, en broutant l’herbe jusqu’à la racine ; ensorte qu’au lieu de cette belle verdure dont la campagne étoit auparavant tapissée, on n’y voyoit qu’une terre aride & sablonneuse.

On ne sauroit jamais croire que cet animal pût passer la mer, si l’expérience n’en avoit si souvent convaincu les pauvres peuples ; car après avoir passé un petit bras du Pont-Euxin, en venant des îles ou terres voisines, ces insectes traversent encore de grandes provinces, où ils ravagent tout ce qu’ils rencontrent. On peut lire sur leurs dégâts en Afrique, Léon l’africain. Leurs noms en hébreu qui signifient dévorer, consumer, ne sont pris que des ravages qu’elles exercent.

Les histoires anciennes & modernes parlent d’une espece de sauterelles communes dans les pays orientaux, dont la chair est blanche & d’un goût excellent. Les peuples de ces contrées les préparent différemment : les uns les font bouillir, & les autres les font sécher au soleil, avant que de les manger. Dampier rapporte dans ses voyages, que cela se pratiquoit encore de son tems. Il ajoute que dans quelques îles de la mer des Indes, il y a des sauterelles de la longueur d’un pouce & demi, de la grosseur d’un petit doigt, ayant des ailes larges & minces & des jambes longues & deliées ; les habitans les rôtissent dans une terrine, où les ailes & les jambes se détachent ; mais la tête & le corps deviennent rouges comme les écrévisses cuites.

Au royaume de Tunquin les habitans en amassent autant qu’ils peuvent, les grillent sur des charbons, ou bien les salent, afin de les conserver. Lorsqu’en 1693 il se répandit en Allemagne une armée de sauterelles, quelques personnes essayerent d’en manger. Le célebre Ludolph qui avoit tant voyagé en Orient, ayant trouvé qu’elles étoient de l’espece dont les Orientaux font cas, en fit préparer à leur maniere, & en régala le magistrat de Francfort. (D. J.)

Sauterelle-puce, (Hist. nat. des insectes.) petit insecte qui saute. On voit naître au printems plutôt ou plus tard, selon que la saison est plus ou moins avancée, certaines écumes blanches, qui s’attachent indifféremment à toutes sortes de plantes. Nos Naturalistes jusqu’à Swammerdam & Poupart n’ont point connu la cause de ces écumes. Isidore de Séville, ainsi nommé, parce qu’il étoit archevêque de cette ville en 601, prélat estimable, mais mauvais physicien, s’est imaginé que c’étoit des crachats de coucou. Quelques-uns ont pensé que c’étoit la seve, le suc des plantes qui s’extravasoit. D’autres, comme Mouffet, que c’étoit une rosée écumeuse. D’autres enfin ont prétendu que ce sont des vapeurs qui s’élevent de quelques terres par la chaleur de l’atmosphere, & qui s’attachent aux plantes ; mais toutes ces opinions ne sont que des erreurs.

M. Poupart a le premier découvert la véritable origine de cette écume printaniere dans les Mémoires de l’académie des Sciences, année 1705, ou du-moins il a le premier développé ce que Swammerdam n’avoit fait que conjecturer. Cet homme, né pour l’étude des insectes, patient pour les observer, adroit pour en faire la délicate anatomie quand la chose étoit possible, a prouvé que cette écume étoit l’ouvrage des sauterelles qu’il avoit décrites dans le Journal des savans, en 1693.

Elles sont fort petites & sautent comme des puces, d’où leur vient le nom qu’elles portent. Leurs piés de derriere n’excedent pas la hauteur de leur dos, ainsi que font ceux des autres sauterelles : ils sont toujours pliés sous le ventre comme dans les puces, ce qui fait que les sauterelles-puces sautent extrèmement vîte, & sans perdre le moindre tems. Elles ont un aiguillon roide & fort pointu, avec lequel elles tirent le suc des plantes. Ce sont peut-être les seules especes de sauterelles qui ayent un aiguillon. Toutes les autres qui sont connues ont une bouche, des levres & des dents, avec lesquelles elles mangent les herbes & même la vigne.

Vos locustæ . . . . .
Ne meas loedatis vites : sunt enim teneræ.

Nos sauterelles-puces font des œufs, d’où naissent d’autres petites sauterelles qui sont enveloppées pendant quelque tems d’une fine membrane. Cette membrane est un fourreau qui a des yeux, des piés, des aîles, & d’autres organes qui sont les étuis de semblables parties du petit animal qu’elles renferment. Quand il sort de son œuf, il paroît comme un petit ver blanchâtre. Quelques jours après, il devient couleur de verd de pré, couleur que le suc des plantes, dont il se nourrit, pourroit bien lui communiquer. Alors il ressemble presque à un petit crapeau ou à une grenouille verte qui monte sur les arbres, & qu’on appelle pour cette raison rana arborea, grenouille d’arbre. Quoique cet insecte soit enveloppé d’une membrane, il ne laisse pas de marcher fort vîte & hardiment, mais il ne saute & ne vole point qu’il n’ait quitté sa pellicule.

Aussi-tôt qu’il est sorti de son œuf, il monte sur une plante qu’il touche avec son anus, pour y attacher une gouttellette de liqueur blanche & toute pleine d’air. Il en met une seconde auprès de la premiere, puis une troisieme, & il continue de la sorte jusqu’à ce qu’il soit tout enveloppé d’une grosse écume, dont il ne sort point qu’il ne soit devenu un animal parfait, c’est-à-dire qu’il ne soit délivré de la membrane qui l’environne.

Pour jetter cette écume, il fait une espece d’arc de la moitié de son corps, dont le ventre devient la convexité ; il recommence à l’instant un autre arc opposé au premier, c’est-à-dire que son ventre devient concave de convexe qu’il étoit. A chaque fois qu’il fait cette double compression, il sort une petite écume de son anus, à laquelle il donne de l’étendue en la poussant de côté & d’autre avec ses piés.

M. Poupart a mis sur une jeune menthe plusieurs de ces petites sauterelles : les feuilles sur lesquelles elles firent leurs écumes ne grandirent point, & celles qui leur étoient opposées devinrent de leur grandeur naturelle ; cela prouve que ces insectes vivent du suc des plantes, tandis qu’ils sont dans leurs écumes. Quand la jeune sauterelle est parvenue à une certaine grandeur, elle quitte son enveloppe qu’elle laisse dans l’écume, & elle saute dans la campagne : cette écume la garantit des ardeurs du soleil qui la pourroient dessécher. Elle la préserve encore des araignées qui la suceroient. Les laboureurs disent que ces écumes sont un présage de beau tems ; mais c’est qu’elles ne paroissent que quand le tems est beau, car le mauvais tems les détruit. (D. J.)

Sauterelle, (Coupe des pierres.) instrument de bois composé de deux regles BA, CA, assemblées par un bout A, comme la tête d’un compas pour être mobiles, & propres à prendre l’ouverture de toutes sortes d’angles, rectilignes, droits, aigus ou obtus.

Ce récipiangle sert pour transporter sur la pierre ou sur le bois l’angle d’une encoignure ou d’un trait de l’équerre, il est plus usité dans la coupe des bois que dans celle des pierres, où l’on se sert pour la même fin du compas d’appareilleur, qui est une espece de sauterelle, à laquelle on a ajouté des pointes pour servir de fausse-équerre ou de compas, suivant les occurrences.

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Étymologie de « sauterelle »

(Première moitié du XIIe siècle) De l’ancien français sauterelle dérivé de sauter avec le suffixe -elle.
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Féminin de sauterel.
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Berry, sauteriau ; provenç. sautarella ; de sauter. Dans le XVe siècle sauterelle signifiait aussi une sorte de danse.

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Phonétique du mot « sauterelle »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sauterelle sotrɛl

Citations contenant le mot « sauterelle »

  • L’homme ne vit qu’une vie, la sauterelle ne vit qu’un automne. De Proverbe chinois
  • Le polytechnicien qui coupe les pattes d'une sauterelle, lui dit : "Saute !", et ne la voit pas sauter, en conclut qu'elle est devenue sourde. De Philippe Meyer / Les Progrès du progrès
  • Le conservatoire d’espaces naturel des Hauts-de-France effectue chaque année un suivi du nombre d’individus d’une espèce rare de sauterelle, sur la réserve naturelle de la grotte et des pelouses d’Acquin-Westbécourt et des coteaux de Wavrans-sur-l’Aa. Le but est de suivre l’évolution de l’espèce. La Voix du Nord, À Wavrans-sur-l’Aa, on recherche une certaine espèce de sauterelle chaque année
  • Non, non, et non. Vous n’êtes pas une sauterelle ! Vous êtes appelé(e) par Jésus pour être Son ami(e). "Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que vous annonciez les vertus de Celui qui vous a appelés des ténèbres à Son admirable lumière." (Lire 1 Pierre 2.9.)  TopChretien, ❌Vous n’êtes pas une sauterelle 🦗 de Bruno Picard - Un Miracle Chaque Jour - Un Miracle Chaque Jour — TopChrétien
  • La grande sauterelle verte peut atteindre 4 cm de long et est l’une des plus grandes espèces de sauterelles que l’on rencontre chez nous. , Magazine Lifestyle | Les enfants au jardin : montrez-leur un univers fascinant
  • Une grande sauterelle verte (Tettigonia viridissima) remarquée à Ittigen (BE) témoigne de la bonne santé de cette espèce indigène. , Les grosses sauterelles intriguent à Bienne - Le Matin
  • Huitième plaie d’Egypte selon Le livre de l’Exode, les nuées de sauterelles ne sont pas qu’une vieille histoire. Le Népal est actuellement en état d’alerte face au même type de menace. Des nuages de criquets approchent actuellement de Darjeeling, sur les contreforts de l’Himalaya au nord de l’Inde. De-là, il ne leur restera que quelques dizaines de kilomètres à parcourir pour entrer au Népal explique l’Himalayan Times (en anglais). Altitude News, Des millions de criquets venus d’Afrique menacent le Népal !
  • Chacun des deux joueurs dispose des exactes mêmes pièces, à la couleur près : les noires d’un côté, les blanches de l’autre. Scarabées, sauterelles, araignées, fourmis, et surtout la reine des abeilles. Chaque insecte est caractérisé par son mode de déplacement propre : l’abeille ne bouge que d’une case, le scarabée peut grimper sur les autres pièces, la sauterelle sauter par-dessus, etc. Numerama, Ne vous fiez pas à ses règles simples, Hive Pocket ne laisse aucune place au hasard

Images d'illustration du mot « sauterelle »

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Traductions du mot « sauterelle »

Langue Traduction
Anglais grasshopper
Espagnol saltamontes
Italien cavalletta
Allemand heuschrecke
Chinois 蚱蜢
Arabe الجراد
Portugais gafanhoto
Russe кузнечик
Japonais バッタ
Basque txitxarra
Corse saltoneru
Source : Google Translate API

Synonymes de « sauterelle »

Source : synonymes de sauterelle sur lebonsynonyme.fr

Sauterelle

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