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Sanhédrin

Sommaire

  • Définitions du mot sanhédrin
  • Étymologie de « sanhédrin »
  • Phonétique de « sanhédrin »
  • Citations contenant le mot « sanhédrin »
  • Traductions du mot « sanhédrin »

Définitions du mot « sanhédrin »

Trésor de la Langue Française informatisé

SANHÉDRIN, subst. masc.

A. − HIST. JUIVE
1. [À l'époque du Second Temple]
a) (Petit) sanhédrin. Tribunal de vingt trois membres chargé des affaires criminelles et des violations de la Loi juive, qui siégeait dans les principales villes de Palestine (d'apr. E. Fleg, Anthologie juive, 1956, p. 633).
b) (Grand) sanhédrin. Conseil suprême doté de pouvoirs politiques, religieux et judiciaires, placé sous l'autorité du grand-prêtre, qui semble s'être séparé sous le règne d'Hérode en deux institutions: le sanhédrin politique essentiellement composé de sadducéens, présidé par le grand-prêtre, et qui perdit son autorité à l'époque romaine et le sanhédrin religieux composé de soixante et onze membres, pour la plupart docteurs de la Loi (d'apr. E. Fleg, Anthologie juive, 1956, p. 633 et I. Epstein, Le Judaïsme, trad. par L. Jospin, 1962, p. 84 et 94). [Pilate chercha] à affaiblir le pouvoir et l'influence du Sanhédrin religieux (...). D'autre part, il imposa au Sanhédrin politique la responsabilité de maintenir l'ordre romain dans la province (I. Epstein,Le Judaïsme, trad. par L. Jospin,1962,p. 100).
2. [Après la destruction du Temple en 70 et jusqu'en 425] Académie religieuse de Yavné puis de Galilée organisée en Corps souverain chargé de l'éducation, de la législation, de la justice et du gouvernement. Dans la communauté juive, tout relève du Patriarche (...). Le Sanhédrin, reconstitué après 70 sous la forme d'une académie religieuse, lui est étroitement subordonné, et l'assiste comme son conseil (M. Simon, Verus Israel, 1964, p. 84).V. patriarcat A 1 ex. de I. Epstein.
3. [À l'époque mod.] Assemblée convoquée par Napoléon dans le but de favoriser l'assimilation des Juifs de France, qui siégea à Paris en février 1807 mais fut dissoute après un mois d'existence. [Napoléon conçut] le projet audacieux de convoquer un grand Sanhédrin, formé comme autrefois à Jérusalem de soixante et onze membres, pour deux tiers des rabbins, « dont les actes seraient placés à côté du Talmud, pour être articles de foi et principes de législation religieuse » (B. Blumenkranz, Hist. des Juifs en France, 1972, p. 294).
B. − P. métaph., vx. Je les ai réunis [les hommes de confiance] en comité, en tribunal, en sénat, en sanhédrin, en aréopage, et nous avons rendu la décision suivante (...). « La truffe n'est point un aphrodisiaque positif; mais elle peut, en certaines occasions, rendre les femmes plus tendres et les hommes plus aimables » (Brillat-Sav., Physiol. goût, 1825, p. 99).
REM.
Sanhédriste, adj.,hist. juive. Membre du Sanhédrin. Au dire de Josèphe (...), Hérode célèbre son avènement en faisant exécuter tous les sanhédristes (Ch. Guignebert, Le Monde juif vers le temps de Jésus, 1950, p. 69).
Prononc. et Orth.: [sanedʀ ε ̃]. Att. ds Ac. dep. 1762. Plur. des sanhédrins. Étymol. et Hist. 1. 1573 senedrin nom d'un des traités du Talmud (G. Paradin, Mém. de l'hist. de Lyon, p. 247 ds Gdf. Compl.: livre nommé senedrin); 2. a) 1605 sanedrin « tribunal des Juifs » (P. Le Loyer, Spectres, l. 2, chap. 3, p. 111: leur Sanedrin ou Consistoire); 1663 Sanhedrim (Th. Herbert, Relation du voyage de Perse et des Indes orientales, trad. de l'angl. par A. de Wicquefort, p. 203 cité par R. Arveiller ds Mél. Dauzat (A.), pp. 29-30: quelques Mosquées, des Sinagogues et des Sanhedrims); 1669 sanhédrin (La Sainte Bible, éd. S. et H. des Marets, Amsterdam, Matth., 5, 22, Commentaire, t. II, f o3, v o, note 42: en Jerusalem la cour souveraine des septante et un hommes, qui s'appeloit Sanhedrin); b) 1669 grand Seinedrime (J. Chapelain, Lettres, éd. Ph. Tamizey de Larroque, t. 2, p. 646, à M. Worstius: le grand Seinedrime des Hébreus); 1690 grand sanhédrin (Bossuet, Cinquième avertissement aux Protestants, p. 48 ds Littré); 3. 1740-55 péj. « tribunal suspect, partial » (Saint-Simon, Mém., éd. A. de Boislisle, t. 19, p. 208: ce qui se peut appeler leur sanhédrin secret). Empr. à l'hébreu mishnaïquesanhedrι ̄n « tribunal rabbinique » et celui-ci au gr. σ υ ν ε ́ δ ρ ι ο ν « assemblée siégeant; conseil; collège judiciaire; le Sénat (à Rome, Carthage, etc.); le Sanhédrin (chez les Juifs, dans le NT) », dér. de σ υ ́ ν ε δ ρ ο ς « qui siège ensemble; membre d'une assemblée délibérante » (σ υ ν- « ensemble, avec » cf. syn-; -ε δ ρ ο ς « qui siège », cf. ε ́ δ ρ α « siège »). Fréq. abs. littér.: 28.

Wiktionnaire

Nom commun

sanhédrin \sa.ned.ʁɛ̃\ masculin

  1. (Bible) (Religion) Tribunal des juifs.
    • Ayant entendu cela, ils entrèrent dès le matin dans le temple, et se mirent à enseigner. Le souverain sacrificateur et ceux qui étaient avec lui étant survenus, ils convoquèrent le sanhédrin et tous les anciens des fils d’Israël, et ils envoyèrent chercher les apôtres à la prison. — (Actes des Apôtres, 5:21)
    • Le roi avait bien lancé les grands travaux d’embellissement du Temple de Jérusalem, il s’était bien gardé aussi de s’arroger une quelconque autorité spirituelle, mais il avait en sens inverse dépouillé le sanhédrin de tout pouvoir séculier. — (Pierre Renucci, Claude, Perrin, Paris, 2012, page 240)
    • Les affaires importantes étaient soumises au grand sanhédrin, qui les jugeait en dernier ressort.
    • Les sanhédrins inférieurs.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SANHÉDRIN. n. m.
Tribunal des Juifs. Les affaires importantes étaient soumises au grand sanhédrin, qui les jugeait en dernier ressort. Les sanhédrins inférieurs.

Littré (1872-1877)

SANHÉDRIN (sa-né-drin) s. m.
  • 1Nom donné aux tribunaux des Juifs. Ce que les nouveaux rabbins ont imaginé de la puissance du grand sanhédrin, ou du conseil perpétuel de la nation, où ils prétendent qu'on jugeait les crimes des rois, Bossuet, 5e avert. 48. Dans la Judée, les Juifs étaient gouvernés, comme auparavant, par le conseil des soixante et onze vieillards qu'ils nommaient sanhédrin, d'un mot grec corrompu, Fleury, Mœurs des Israél. tit. XXXII, 3e part. p. 395, dans POUGENS.
  • 2 Fig. et par dénigrement, toute assemblée qui a juridiction. Le syndic Sarasin et le syndic Godefroy… trouvèrent le raisonnement du sanhédrin génevois [le conseil des pasteurs] admirable ; et ils condamnèrent [en 1632] Nicolas Antoine [un juif] à mourir de la mort de Calanus et du conseiller Dubourg, Voltaire, Dict. phil. Miracles, IV. Mais l'équité dans leurs sanhédrins même Trouve des amis, Chénier, le Jeu de paume, IX. Cependant les trois avis [de l'Homicide, la Fausse sagesse, la Volupté] partageaient l'horrible sanhédrin [des démons], Chateaubriand, Mart. VIII.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

SANHÉDRIN. - ÉTYM. Ajoutez : Sanhédrin ne vient pas directement de συνέδριον ; il en vient indirectement par l'intermédiaire du mot hébreu ou plutôt chaldéen sanhederin ou sanhedrin qui se trouve très souvent dans les Targums, dans le Talmud et dans tous les auteurs juifs (FÉLIX BOVET).

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

SANHÉDRIN, (Critiq. sacrée.) mot qui vient du grec synédrion, assemblée ; c’étoit un tribunal chez lés Hébreux, dont on fait remonter l’institution jusqu’à Moïse, qui, par l’avis de Jethro son beau-pere, choisit soixante & dix des anciens d’Israël, pour lui aider à porter le poids du gouvernement, Nombre ij. 16. On élisoit les membres de ce conseil dans chaque tribu. Le chef s’appelloit hanasée, président ; le second ab, pere du conseil ; & le troisieme hacam, sage ; mais il y avoit encore chez les Juifs d’autres cours de justice subalterne, qu’on appelloit sanhédrins.

Pour donner au lecteur une idée de ces divers tribunaux tels qu’ils étoient quelque tems avant Jesus-Christ, il faut savoir que Gabinius ayant rétabli Hircan dans la souveraine sacrificature, fit de grands changemens dans le gouvernement civil, car il le rendit aristocratique de monarchique qu’il étoit. Jusques-là le prince avoit gouverné la nation par le ministere de deux especes de conseils ou cours de justice ; l’une de vingt-trois personnes, appellés le petit sanhédrin ; & l’autre de soixante-douze, qui étoit le grand sanhédrin. De la premiere espece, il y en avoit un dans chaque ville : Jérusalem seulement, à cause de sa grandeur & de la quantité d’affaires qui y survenoient, en avoit deux, qui se tenoient en deux salles séparées.

Quant au grand sanhédrin, il n’y en avoit qu’un pour toute la nation ; il tenoit ses assemblées dans le temple, & les y avoit toujours tenues jusqu’alors. Les petits sanhédrins prenoient connoissance de toutes les affaires qui regardoient la justice pour la ville, & le territoire dans lequel ils se tenoient. Le grand-Sanhédrin présidoit sur les affaires de la nation en général, recevoit les appels des cours inférieures, interpretoit les lois, & de tems en tems faisoit de nouveaux reglemens pour les mieux faire exécuter. Gabinius cassa tous ces tribunaux, & à leur place introduisit cinq différentes cours ou sanhédrins, dont chacune étoit indépendante des autres & souveraine dans son ressort. La premiere fut mise à Jérusalem ; la seconde, à Jéricho ; la troisieme, à Gadara ; la quatrieme, à Amathus ; & la cinquieme à Séphoris. Tout le pays fut partagé en cinq provinces ou départemens, & chaque province obligée de s’adresser pour la justice à une des cours qu’il venoit établir, c’est-à-dire à celle qu’il lui avoit assignée, & les affaires s’y terminoient sans appel.

La tyrannie d’Alexandre Jannée avoit dégoûté les Juifs du gouvernement monarchique. Ils s’étoient adressé à Pompée pour le faire abolir, quand il entra dans la discussion du démêlé des deux freres à Damas. Ce fut pour les contenter qu’il ôta le diadème & le nom de roi à Hircan, en lui rendant pourtant la souveraineté sous un autre nom, car il lui laissa toute la puissance ; mais dans cette rencontre ils obtinrent de Gabinius de lui en ôter le pouvoir, comme l’autre lui en avoit ôté le nom ; & il le fit par le changement dont je viens de parler. En effet, son reglement transportoit tout le gouvernement des mains du prince entre celles des grands qui entroient dans ces cinq cours souveraines ; la monarchie se trouvoit par-là changée en aristocratie. Dans la suite Jules César, en passant par la Syrie, redonna la souveraineté à Hircan, & remit les choses sur l’ancien pié.

Hérode étant monté sur le trône trente-sept ans avant Jesus-Christ, versa le sang de ceux de la faction qui lui étoit opposée, dont il avoit le plus à craindre le crédit & l’activité. Tous les membres du grand-sanhédrin se trouverent de ce nombre, à la réserve de Pollion & de Saméas, que Josephe appelle Hillel & Shammaï ; & de tous leurs docteurs de la misna, ce sont ceux dont il est le plus parlé. Les descendans d’Hillel furent présidens du sanhédrin pendant dix générations. Siméon son fils est celui qui prit l’enfant Jesus entre ses bras, quand on le présenta à Dieu dans le temple, & qui prononça le Nunc dimittis en le voyant. Luc ij. Gamaliel, fils de Siméon, présidoit au sanhédrin, quand S. Pierre & les autres apôtres y comparurent, Actes, v. 34. C’est aussi le maître aux piés de qui S. Paul fut élevé dans la secte & dans la justice des pharisiens, Actes, xxij. 3. Il vécut jusqu’en l’an 18 avant la destruction de Jérusalem, & son fils qui lui succéda périt au sac de cette ville par les Romains.

Il me reste à dire un mot d’une troisieme espece de sanhédrin établi par les Juifs, auquel les vicissitudes dont nous avons parlé ne toucherent point, & qui se soutint toujours la même. C’étoit la cour de trois qui décidoit tous les différends entre particuliers, concernant des marchés, des ventes, des contrats & autres pareilles affaires. Dans tous ces cas-là, une des parties choisissoit un arbitre pour juge ; l’autre en choisissoit un second ; & ces deux arbitres convenoient d’un troisieme. Ces trois personnes ensemble faisoient une cour qui, après avoir entendu les parties, décidoit en dernier ressort.

Ces généralités peuvent suffire pour se faire quelque idée des sanhédrins des anciens Juifs ; mais les lecteurs plus curieux en trouveront des détails circonstanciés dans la Mishna, dans la Gémare, dans Maimonides, dans Selden, Lightfoot, Cock, & quelques autres qui ont traité ce sujet à fond. (D. J.)

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Étymologie de « sanhédrin »

(XVIe siècle) De l’hébreu סנהדרין, sanhedrin, du grec ancien συνέδριον, synedrion (« conseil, assemblée »), composé de σύν, sýn (« avec ») et de ἕδρα, hedra (« siège »), littéralement « siéger ensemble ».
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Συνέδριον, conseil, de σὺν, avec, et ἕδρα, siége, de même radical que lat. sedere (voy. SEOIR).

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Phonétique du mot « sanhédrin »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sanhédrin sɑ̃edrɛ̃

Citations contenant le mot « sanhédrin »

  • L’épisode 3 revient sur les circonstances du procès juif de Jésus. Saint Marc met en évidence la totale partialité du sanhédrin. cath.ch, Cours en ligne: la Passion du Christ – Portail catholique suisse

Traductions du mot « sanhédrin »

Langue Traduction
Anglais sanhedrin
Espagnol sanedrín
Italien sinedrio
Allemand sanhedrin
Chinois 山德林
Arabe السنهدرين
Portugais sinédrio
Russe синедрион
Japonais サンヘドリン
Basque biltzar
Corse sanedrin
Source : Google Translate API
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