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Pragmatiste

Définitions du mot « pragmatiste »

Trésor de la Langue Française informatisé

PRAGMATISTE, adj. et subst.

A. − PHILOSOPHIE
1. Adj. [En parlant d'un inanimé] Relatif au pragmatisme (v. ce mot A), conforme à ses enseignements. Toute la philosophie humaniste, pragmatiste et autre, anglaise ou américaine (...) descend entièrement de ce mouvement nietzschéen-là (Du Bos,Journal, 1924, p.53).V. praxis ex. de Lacroix.
2. Adj. et subst. [En parlant d'une pers.] (Qui est) partisan du pragmatisme (v. ce mot A). [Unamuno] est à la fois «catholique convaincu à la façon d'un Pascal et d'un Bossuet» et «pragmatiste de tendance» (Claudel,Corresp.[avec Gide], 1926, p.235).Je crains que vous ne soyez victime de l'intellectualisme français. Moi, je suis un pragmatiste. Vous ne connaissez pas Dewey? (Beauvoir,Mandarins, 1954, p.127).
B. − Adj. et subst., p.ext. (Celle, celui) qui cherche l'efficacité, l'utilité dans son action, son comportement. Par imagination, par nécessité, par position de faiseur d'opinion, de faiseur de vérité, il [Napoléon] a dû mentir beaucoup: c'est un pragmatiste (Thibaudet,Hist. litt. fr., 1936, p.23).
Prononc.: [pʀagmatist]. Étymol. et Hist. 1909 subst. (Lar. mensuel, p.392 ds Rey-Gagnon Anglic.); 1911 adj. (H. Bergson, Sur le pragmatisme de William James, in La Pensée et le Mouvant, p.247, ibid.). Empr. à l'angl. pragmatist (adj. et subst. 1903 ds NED), dér. de pragmatism désignant la philos. de W. James et C. S. Peirce parallèlement à des empl. plus anc. de la forme pragmatist (v NED et NED Suppl.2). Fréq. abs. littér.: 10.

Wiktionnaire

Adjectif

pragmatiste \pʁaɡ.ma.tist\ masculin et féminin identiques

  1. (Philosophie) Qui concerne le pragmatisme.
    • Un prêtre plus ou moins pragmatiste.
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Étymologie de « pragmatiste »

 Dérivé de pragmatique avec le suffixe -iste avec substitution de suffixe.
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Phonétique du mot « pragmatiste »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pragmatiste pragmatist

Citations contenant le mot « pragmatiste »

  • Pour les pragmatistes américains du XXe siècle, la démocratie était une expérience radicale : celle de la participation délibérée et délibérative du peuple à l’identification et à la résolution de ses propres problèmes. Qui sont aujourd’hui leurs héritiers ? , Radicalement pragmatiste - La Vie des idées
  • Opter pour la méthode pragmatiste comme le fait J. Ravat, en particulier celle de John Dewey [1], implique de penser l’espace moral en refusant deux modèles : le modèle logico-mathématique qui se réfère à des vérités morales absolues connaissables a priori et le modèle judiciaire ou herméneutique qui voudrait que le cœur de la vie morale soit l’application de principes généraux pour bien juger des cas particuliers. À l’inverse, le pragmatisme prend pour modèle la méthode expérimentale et sa dynamique de reformulation constante des hypothèses grâce à la pratique du laboratoire. Cette méthode expérimentale suppose de penser que l’espace moral a une forme modulable, et c’est une des forces de l’ouvrage que de s’appuyer régulièrement sur cette métaphore spatiale (p. 13-18) [2]. À partir de leurs positions dans l’espace moral, les individus ont des trajectoires dépendant de leurs orientations morales et de la force de leurs convictions et émotions morales, ce qui provoque parfois des chocs d’intensité variable. Ces trajectoires et collisions constituent un espace fragmenté, sans ordre a priori, représenté en chaque individu par des cartes morales subjectives et sociales (chap. 4) [3]. Ces cartes sont parfois en décalage et leur rencontre produit des désaccord s moraux [4]. , Du bienfait des débats sur le bien - La Vie des idées
  • En s’attachant à décrire au plus près ce à quoi nous tenons et non à prescrire ce qu’il faudrait faire, sans jamais séparer ce souci moral de ses conséquences politiques, Émilie Hache explore de nouvelles façons de prendre en compte ces différents êtres. Elle propose ainsi une approche pragmatiste des questions écologiques : il s’agit en effet d’apprendre à élaborer des compromis afin de se donner une chance de construire un monde commun, exigeant de ne pas s’arrêter à la question : « Qui est responsable ? », mais d’en accepter une autre, bien plus difficile : « Comment répondre ? » Reporterre, le quotidien de l'écologie, Pour construire un monde commun
  • Fondateur d’Ennahda, le parti islamiste tunisien, le vétéran Rached Ghannouchi a été élu président du parlement. Ce sera le dernier emploi d’un pragmatiste hors pair. Le Soir Plus, Ghannouchi au perchoir à Tunis: destin d’un stratège et d’un opportuniste - Le Soir Plus
  • La démarche du séminaire Etape est en un second sens, convergent, pragmatiste, parce qu’elle s’efforce de trouver des hybridations entre l’anarchisme et le pragmatisme philosophique américain, c’est-à-dire un courant ayant émergé à la fin du XIXe et au début du XXe siècles, avec Charles Sanders Peirce, William James et surtout John Dewey[12]. La sociologue, philosophe et militante libertaire Irène Pereira a été de ce point de vue pionnière[13]. Le pragmatisme s’intéresse de manière privilégiée aux effets de l’action. Un anarchisme pragmatiste s’intéressera surtout aux effets émancipateurs, individuels et collectifs, de l’action sur le réel, plutôt qu’aux vaines et dérisoires rhétoriques ou aux postures identitaires anarchistes.  Club de Mediapart, «Pour une pensée critique et émancipatrice» (extraits) | Le Club de Mediapart
  • Les anarchistes ont inspiré le syndicalisme révolutionnaire en mettant à la base de la pratique militante non pas la théorie révolutionnaire, mais l'action directe. Cette importance de l'action par rapport à la pensée est une caractéristique de la philosophie pragmatiste. Ainsi le penseur anarchiste Pierre Joseph Proudhon affirme que « la pensée naît de l'action » et qu' « elle doit revenir à l'action ». Club de Mediapart, Radicalité et pragmatisme dans le nouvel esprit contestataire | Le Club de Mediapart
  • Mathias GIREL est depuis 2009 maître de conférences de philosophie au département de philosophie de l’ENS Ulm. Ses enseignements portent sur la philosophie américaine, en particulier le mouvement pragmatiste, sur l’épistémologie, ainsi que la philosophie générale. Unidivers, Mathias Girel, « Post-vérité, manipulation et confusion » Nancy Nancy jeudi 30 avril 2020
  • Philosophe et psychologue, c’est une grande figure du courant pragmatiste, initié par William James et Charles S. Peirce. Le pragmatisme, comme son nom l’indique, ne veut pas céder à la tentation métaphysique des philosophies rationalistes ou idéalistes.  France Culture, La politique philosophique de John Dewey
  • Pourquoi le modèle proprement pragmatiste de l’enquête ajoute-t-il une dimension supplémentaire ? Lorsque l’on essaie d’enquêter, on s’interroge de très près sur les conditions de possibilité de la connaissance, certes, mais on essaie aussi, ce qui est plus original, de s’interroger sur les conditions de possibilité du doute qui peut affecter nos croyances. L’enquête philosophique a beaucoup à gagner à comprendre ce mécanisme de va-et-vient qui s’opère en permanence entre des croyances que nous pensons être vraies, et suffisamment justifiées, et les doutes que nous pouvons avoir à l’égard de ces croyances. Par exemple il peut arriver que l’expérience que nous rencontrons crée un tel choc qu’elle va totalement à l’encontre de nos croyances, à tel point que nous sommes obligés de les réviser. L’enquête doit être en mesure de nous renseigner un petit peu plus sur les mécanismes d’acquisition de formation de nos croyances, et d’interroger les conditions de possibilité du savoir et du doute. , L’enquête philosophique - La Vie des idées
  • Passionnantes, complexes, et bien souvent polémiques, ces questions explorées de longue date par les philosophes, les psychologues et les sociologues, ont trouvé des éléments de réponse à la fois originaux et féconds dans les travaux de George Herbert Mead (1863-1931). À la croisée de plusieurs disciplines, les recherches pionnières de Mead constituent une source d’inspiration majeure pour la sociologie pragmatiste, la psychologie sociale ou les sciences politiques. , Mead : philosophe, psychologue, sociologue - La Vie des idées
  • Au sujet de la théorie pragmatiste de la vérité, Bertrand Russell faisait remarquer qu’elle était l’expression philosophique de l’esprit de commerce, rejoignant par là Horkheimer et Adorno qui y voyaient un produit du capitalisme bourgeois. Le pragmatisme était, après tout, un mouvement philosophique américain. Ils ne venaient bien sûr pas à l’esprit de ces illustres lecteurs de s’informer sur ce que les pragmatistes eux-mêmes disaient du commercialisme et du capitalisme américains dans leurs écrits politiques. S’il avait vraiment ouvert les livres politiques de John Dewey, le philosophe britannique y aurait découvert une critique radicale de la conception anglaise du libéralisme et ses homologues allemands une critique non moins radicale des sources germaniques du socialisme d’État. Que cette double critique fût explicitement conduite au nom de l’esprit démocratique aurait également pu ou dû leur faire réviser leurs jugements quant aux liens entre pragmatisme et culture américaine. , Pour un alter-libéralisme - La Vie des idées
  • 18Le seul reproche, au contraire, que l’on pourrait faire à Giovanni Matteucci (« Le paradigme esthético-pragmatiste de Dewey ») est d’avoir, dans un ouvrage intitulé Après L’Art comme expérience, surtout traité de l’avant Art As Experience. G. Matteucci innove en faisant du « champ de l’esthétique la source majeure de la doctrine deweyenne de l’expérience » (certes, mais alors en quel sens comprendre « savoir implique sentir ; l’épistémologie implique une esthétique », p. 27 [nous soulignons]). Du point de vue méthodologique, réintégrer les « quales » sous leurs formes noétique et esthétique dans le réel initialise l’observation la plus fidèle de l’interaction organisme-environnement, et, du point de vue épistémologique, rattache fortement l’expérience deweyenne à sa source jamesienne. L’antériorité passionne G. Matteucci, qui cite Experience and Nature (1925) presque aussi souvent que Art as Experience, précisant que dès le premier de ces ouvrages, la science est subsumée sous le concept de l’art — ce qui est tout à fait exact mais, philologiquement, « art » doit alors s’entendre dans un sens distinct de celui que lui donne Dewey dans le second ouvrage. , Penser l’art aujourd’hui avec John Dewey (Acta Fabula)
  • Il manque donc au titre français ce qui soutient, tout au long de l’ouvrage, le point de vue d’une lecture radicale et pragmatiste du libéralisme, à savoir sa mise en rapport avec la transformation des conditions sociales de l’action. Faire l’histoire du libéralisme en se tenant au cœur des doctrines n’a donc pas beaucoup de sens — ruse parmi d’autres du point de vue intellectualiste. Il importe plutôt de rapporter l’anthropologie et les valeurs du libéralisme aux conditions dans lesquelles celui-ci est susceptible de se traduire en actes, c’est-à-dire de produire des effets. Or ce qui apparaît clairement à la lecture de ces pages édifiantes, c’est que cette confrontation de la doctrine aux pratiques sociales qu’elle est supposée rendre pensables et possibles avère ses limites ainsi que le caractère révolu des conditions historiques de son premier développement [J. Dewey parle du « premier libéralisme » [1], ALL  : 63]. C’est cet écart qui fonde la nécessité d’une reconstruction. , Reconstruire le libéralisme - La Vie des idées
  • Partisan de l'ordolibéralisme allemand, qui veille à réduire l'influence de l'Etat dans les affaires, Olaf Scholz n'en est pas moins un pragmatiste décomplexé quand il s'agit de protéger les emplois. C'est ainsi qu'il a décidé, en 2012, la montée au capital de l'armateur local Hapag-Lloyd, avec le soutien de tous les partis politiques. Les Echos, Qui est Olaf Scholz, le successeur de Wolfgang Schaüble ? | Les Echos
  • Conférence de 1935 dans laquelle le philosophe pragmatiste retrace l'histoire intellectuelle du libéralisme américain, présente ses contradictions internes, ses détracteurs, etc., et plaide pour une démocratie libérale et progressiste. , J. Dewey, Après le libéralisme. Ses impasses, son avenir
  • Contre ce cap de l'évolution déjà posé comme une fin transcendante de l'histoire, un horizon téléologique indiscutable, que le peuple et l'opinion publique n'ont pas à discuter, le philosophe pragmatiste américain John Dewey avait depuis longtemps opposé le principe des mouvements sociaux où l'on assiste à une coéducation des individus chacun à son tour se faisant ou le maître ou l'élève. La Tribune, « Il faut s'adapter », réflexions sur un nouvel impératif politique
  • Pour cela, elle remonte aux années 1930, aux sources d’une pensée politique peu connue en France alors qu’elle concerne le passage du libéralisme au néolibéralisme. L’un des théoriciens de ce nouveau libéralisme est l’américain Walter Lippmann, qui a aussi été un acteur politique de premier plan puisqu’il a par exemple participé à la rédaction des 14 points de Wilson. Selon lui, face à des masses réfractaires au changement, rivées à la stabilité de l’état social, seul un gouvernement d’experts peut permettre cette nécessaire adaptation. Il se heurte alors à un autre grand philosophe américain, le pragmatiste John Dewey qui croit, lui, à la mobilisation de l’intelligence collective et à un approfondissement de la démocratie. France Culture, Barbara Stiegler sur l’injonction à s’adapter / Maurizio Ferraris sur la post-vérité
  • Les pragmatistes John Dewey et William James étant une source d’inspiration pour la pensée sociale, et souvent vus, avec Ralph W. Emerson, comme les pères fondateurs intellectuels de la démocratie, on pourrait se demander ce qu’il y a en commun entre un démagogue raciste, sexiste et xénophobe et le pragmatisme… sauf à se faire trois remarques. Trump libère la parole et permet de dire n’importe quoi. Ce qu’Engel dit de Trump s’applique encore plus adéquatement à lui-même : celui qui n’a aucun souci de la vérité, c’est bien lui ; il considère qu’il suffit de se revendiquer défenseur de la vérité pour en être le représentant autorisé. Libération.fr, Trump abaisse le débat jusqu’en France - Libération
  • Avant même d’introniser le cinéma au sein du champ philosophique comme une pratique de pensée en soi, Stanley Cavell avait eu le temps de développer une œuvre dès le début des années 1960, influencée par la philosophie pragmatiste et la linguistique américaine. Etudiant d’abord à Harvard avec le célèbre linguiste J.L Austin, Stanley Cavell a travaillé essentiellement autour du “perfectionnisme moral“, un courant de pensée proprement américain, concurrent de l’utilitarisme, qui cherche à obtenir la plus grande perfection possible chez un être humain. Les Inrockuptibles, Le philosophe Stanley Cavell, spécialiste du cinéma, est mort
  • Telles sont les questions auxquelles ce livre s’efforcera de répondre. Il s’agira ici de conduire une enquête qui s’appuiera tout particulièrement sur la philosophie pragmatiste, les sciences cognitives et les sciences sociales. L’enjeu, dès lors, consistera à équilibrer deux exigences : d’une part, encadrer les désaccords moraux afin d’éviter l’infinie prolifération des conflits, et d’autre part, promouvoir leur expression publique dans une perspective résolument pluraliste. , Jérôme Ravat, Ethique et polémiques. Les désaccords moraux dans la sphère publique
  • Je me suis beaucoup intéressée à la critique pragmatiste du néolibéralisme par [le psychologue et philosophe étasunien] John Dewey, qui s’est opposé à Lippmann. Dewey propose lui aussi de prendre acte de la révolution darwinienne et de la nécessité de penser notre situation en termes évolutionniste. Comme Lippmann, il reprend les catégories « d’évolution », « d’adaptation », « d’environnement ». Sauf que pour lui, Lippmann a mal compris Darwin. Il va lui opposer — et il va s’opposer ainsi à tout l’agenda néolibéral qui est en train de se théoriser — qu’il n’y a pas un environnement unique qui serait celui de l’économie mondialisée, mais autant d’environnements que ceux construits par les espèces vivantes et par les groupes sociaux. Il ne s’agit pas d’un environnement qui s’imposerait à nous, mais d’une myriade d’environnements coconstruits par les vivants et par les sociétés. Reporterre, le quotidien de l'écologie, Barbara Stiegler : « Le néolibéralisme est confronté à un mur. Même les élites commencent à douter »
  • Philosophie de la fiction : Vers une approche pragmatiste du roman Slate.fr, Comment interpréter le roman fictionnel? | Slate.fr
  • L’œuvre d’art, selon Jean-Pierre Cometti, ne possède pas de qualités intrinsèques mais existe et se définit à travers des facteurs sociaux, institutionnels et matériels. Sa réflexion s’inscrit dès lors dans une approche pragmatiste qui s’oppose à une vision fétichisée de l’œuvre. , L’art désacralisé - La Vie des idées
  • L’emploi n’est pas la seule fin Au Maroc, à l’instar de maints pays, le système libéral parraine et oriente l’éducation et l’enseignement. Il les réduit bon an mal an à la question des débouchés. Le postulat libéral est clair : assurer, autant que faire se peut, l’intégration des enseignés à la société et la vie active. Les élèves d’aujourd’hui sont destinés à devenir de futurs producteurs, de futurs entrepreneurs, de futurs directeurs de startup, de futurs hommes d’affaire…et de futurs professeurs contractuels. L’économie prend le dessus sur les valeurs si bien que tout ce qui a trait à l’humain est devenu lettre morte. Dans cette optique, l’enseignement perd (de) son principe du désintérêt, cesse de s’inscrire dans la durée et la gratuité, se voit dépouillé de la jouissance d’apprendre. Il privilégie tout ce qui s’inscrit dans l’éphémère : le travail, l’économie, le gain, le marché ; il néglige tout ce qui relève de l’éternel : les valeurs humaines et universelles, l’art plastique, la musique, la littérature, la philosophie, la rhétorique, etc. À quoi bon étudier «Hamlet» ou «Faust» ? Que va nous apprendre un roman de Maupassant ou de Kundera ? Pourquoi écouter «La marche de Radetzky» ou connaître la «Sonate des trilles du diable» ? Quel intérêt à analyser «Le Radeau de la Méduse» de Géricault ou «La femme qui pleure» de Picasso ? Quel rapport y a-t-il entre ce que nous lisons, ce que nous connaissons et ce que nous faisons ? Dans cette perspective pragmatiste, la connaissance n’a d’importance qu’à partir du moment où elle est intéressée et répond dans l’immédiat à un objectif concret. Élèves et étudiants ne pouvant qu’adhérer à cette conception matérialiste de l’enseignement, oublient souvent que la littérature enrichit davantage leur expérience, que la musique donne du sens à leur existence (Sans la musique, la vie serait une erreur, dixit Nietzsche), que la peinture peut les aider à mieux vivre, que la philosophie nourrit leur esprit et leur apprend la subtilité et la nuance. Jacqueline de Romilly a tout à fait raison de souligner l’importance des oeuvres littéraires ou philosophiques dans la vie des hommes : «La mort d’Antigone et la mort de Socrate aident à comprendre l’héroïsme et à le sentir dans sa simplicité absolue. Je plaide donc pour le grec et le latin. Mais pas seulement. Je plaide pour tout ce qui est lointain, différent, et pourtant humain. Je plaide pour la sociologie, je plaide pour l’histoire, je plaide pour tout ce qui n’est pas notre temps, pour tout ce qui lui ressemble et en diffère, pour tout ce qui nous donne, je le répète, du recul». Cette diversité culturelle, dont Romilly fait explicitement allusion, semble s’amincir de plus en plus dans nos établissements scolaires. On assiste, bon gré mal gré, à un enseignement qui professe l’utilitarisme. On n’enseigne à l’élève que ce dont il a besoin dans la vie active. Dès lors, l’enseignement prend la forme d’un vase clos et les enseignants, enfermés dedans, se contentent de n’apprendre aux enseignés que les contenus programmés. Un professeur des SVT ne s’intéresse pas à la littérature, celui de Lettres se désintéresse des sciences pures, celui de philosophie voit d’un mauvais oeil la rhétorique ou l’histoire. Aujourd’hui, l’enseignement, parce qu’il est cloisonné et compartimenté, tend délibérément à faire des enseignants de simples techniciens. Il veut les transformer en simples «spécialistes» qui ne peuvent pas ouvrir le moins du monde leurs matières enseignées sur d’autres disciplines, qui rabâchent à longueur d’années les mêmes leçons. LesEco.ma, Enseignement. Capital humain et valeur marchande - LesEco.ma
  • On pourrait également émettre le reproche selon lequel la réflexion paraît n’être guidée que par des passions tristes, en l’occurrence le dépit de voir la vérité malmenée, et la colère à l’encontre de ceux qui font éclater les coutures du concept de croyance. L’exaspération est telle que, par moments, elle emporte tout sur son passage et vise, pêle-mêle, les pragmatistes et les néo-pragmatistes, les humiens et les néo-humiens, les relativistes, les nihilistes, les situationnistes, les fictionnalistes, les suspicionnistes, etc., sans qu’on sache toujours si ces qualificatifs se recoupent ou non (Foucault étant l’arbre qui cache la forêt). , Qu’est-ce qu’une croyance juste ? - La Vie des idées
  • La conception pragmatiste de la vérité est une des ces idées philosophiques élaborées en vue de résoudre des problèmes très compliqués et qui ne résiste pas deux secondes lorsqu'on les appliquent aux problèmes les plus banals de la vie courante. Essayez donc d'appliquer une telle conception de la vérité à un cas aussi simple que : "Louis XVI a guillotiné le 21 janvier 1793". Si vous croyez cette phrase vraie, c'est parce que vous pensez qu'un dénommé Louis XVI a réellement été guillotiné le 21 janvier 1793. Or, si on prend au sérieux des gens comme Dewey ou William James, ce n'est pas le cas. Autre problème : comme l'a souligné malicieusement Bertrand Russell, la conception pragmatique de la vérité ne s'accorde même pas avec ses propres critères. La vérité, nous dit-on, est ce qui est utile de croire. Hors, si nous croyons naturellement que la vérité se définit par rapport à son adéquation avec la réalité, c'est parce que cette dernière conception de la vérité se trouve beaucoup plus utile que celle qui est proposée par les pragmatistes. Autrement dit, même si on commence provisoirement par définir la vérité à la Dewey, n'importe quel pragmatique cohérent avec ses propres maximes devra très vite rejeter cette définition pour adopter la conception traditionnelle de la vérité. Bibliobs, John Dewey, le philosophe qui inspire Obama
  • Tout bien considéré, on peut conclure cette réflexion en rappelant que la notion du bon et du beau traduisent deux réalités divergentes et appartiennent même à des univers philosophiques bien différents. Le premier est du ressort de l’axiologie ou de ce que l’on appelle aussi l’éthique. Il nomme tout action ou attitude conforme à la vertu. Mais qu’est ce que la vertu si ce n’est tout comportement qui vise et favorise non seulement le bien être de chacun ( Spinoza) , mais surtout du maximum d’individus ( la vision utilitariste et pragmatiste ). Article19.ma, Le Bon et Le Beau, de quoi parle-t-on exactement ? - Article19.ma
  • « L’Europe », comme « la France » ou « l’Occident », fait partie de ce qu’on pourrait appeler, avec le philosophe pragmatiste John Dewey, des « noms à deux coups », comme on parle de « fusils à deux coups ». Rue89Lyon, [Tribune] Pierre Vesperini : "L'Antiquité, les "vraies" origines de l'Europe ?"
  • Devant la remise en question actuelle de la littérature et des études littéraires, notamment par les tenants de la productivité et de l’efficacité des disciplines universitaires professionnalisantes, certains, dont Jean-Marie Schaeffer et Vincent Jouve, s’engagent à repenser la pertinence du littéraire. Dans leur sillage, et afin de défendre l’importance de la lecture et de l’étude des textes anciens, Yves Citton, dans Lire, interpréter, actualiser (2007), reprend l’argument pragmatiste selon lequel l’activité esthétique de la lecture dégage une puissance de transformation éthique et politique. Contre l’historicisme littéraire institutionnalisé, il appelle à une lecture actualisante de ces textes, visant à exploiter les différences entre l’actualité de la lecture et le contexte historique de l’écriture dans le but d’apporter un éclairage dépaysant sur le présent (2007 : 265). , L’œuvre dans l’actualité de sa lecture : configurations esthétiques, éthiques et politiques des lectures actualisantes (UQAM)
  • C’est selon Dewey cette quête, qui est une mauvaise réponse à une vraie question, qui nous condamnera à une forme de scepticisme à l’égard des théories comme des valeurs. S’il est en effet commun d’interpréter le scepticisme comme le résultat inévitable d’attentes démesurées et dogmatiques à l’égard de la connaissance, Dewey va reprendre cette analyse de manière plus radicale encore en montrant comment nous en sommes venus à nourrir de telles attentes, en quel sens nous pouvons à la fois agir sur cette insécurité de l’action et en faire l’objet de nos enquêtes, ce qui est le problème principal, et de ce fait, en quel sens nous pouvons tenir à distance le besoin de certitude théorique absolue qui était une mauvaise réponse à cette incertitude pratique. Il faut affronter le premier problème, lié au contrôle de l’action, si l’on veut exorciser le second, notre quête d’une certitude théorique absolue. On voit en quoi on a là un apport nouveau, par rapport aux démarches anti-sceptiques fréquentes qui constituent le point commun le plus visible du mouvement pragmatiste [3]. Ici, les attentes erronées quant à la connaissance ne se résument pas à la quête d’une certitude théorique absolue (ce qui distinguerait Dewey du Peirce des années 1860 [4]) ; ici, l’action n’est pas la solution, ce qui permettrait de triompher du moment spéculatif du doute, elle est le problème (ce qui le distinguerait du premier James [5]). , Le spectre de la certitude - La Vie des idées
  • Ses recherches portent sur les mécanismes de l’interaction sociale ordinaire, en particulier en contexte interspécifique (interactions homme/animal), qu’elle aborde avec une approche linguistique d’inspiration pragmatiste. Elle a publié La socialité interspécifique (éd. Lambert Lucas, à paraître fin 2017). Ses travaux adoptent également un versant épistémologique, consacré au traitement des phénomènes sociaux par les sciences de la vie et les sciences cognitives. , Chloé Mondémé - La Vie des idées
  • Ainsi, le pragmatiste John Dewey dialogue avec Karl Marx sur la capacité de l’État à générer des normes ; Bourdieu devient un contradicteur de Hegel sur la question de l’opinion publique ; et le psychiatre martiniquais Frantz Fanon évalue avec Jean-Paul Sartre l’importance de l’Autre dans la construction du sujet. Finalement, tous s’interpellent et se répondent le long du livre où abondent de longues citations de Pascal à la philosophe américaine Judith Butler, en passant par Descartes et Rousseau.  , Le sujet des normes (pour pour tout le monde) • Editions Amsterdam • Notre sélection, Pierre Macherey, Idéologie, Norme • Philosophie magazine
  • Il a aussi clôturé le CPAC, le 29 février, par un discours de 90 minutes, toujours sans notes, toujours captivant. Car, s’il reprend les thèmes de son Discours sur l’État de l’Union, didactiquement, avec les chiffres et résultats à son actif, il ajoute à chaque fois des remarques personnelles, des précisions ou des corrections aux derniers mensonges médiatiques. Comme a révélé son gendre et conseiller Jared Kushner à ce même CPAC, «Trump le pragmatiste suit une règle immuable: annoncer aux gens ce que l’on va faire, le faire, puis leur dire qu’on l’a fait». , Trump et les Primaires démocrates - Décryptage - Actualité - Liberté Politique
  • Xi, lui, est tout sauf un pragmatiste ou un libéral. C’est un authentique idéologue et un communiste sincère. Pour lui, l’expérimentation politique, la société civile et les droits de l’homme universels sont, écrit Steve Tsang, « des anathèmes ». Il veut que le Parti communiste contrôle le pays de la manière la plus infaillible, à l’aide notamment de l’intelligence artificielle. Et il entend bien contrôler lui-même la tête du Parti unique, à savoir son Comité central. La lutte contre la corruption qu’il a menée d’une main de fer aussitôt parvenu au pouvoir suprême, a pour but réel de lui en garantir la fidélité personnelle de chacun de ses membres. En fait, poursuit Steve Tsang, si l'on devait chercher un prédécesseur à Xi Jinping dans l'histoire chinoise contemporaine, ce serait l’ancien président – et rival de Mao – Liu Shaoqi. Un léniniste de tendance confucéenne… France Culture, La pensée de Xi Jinping et les soupçons pesant sur Huawei
  • Mon discours agace cette partie de la sociologie des sciences qui est relativiste, pragmatiste dans le meilleur des cas. J'essaie de penser les choses de façon méthodique, et c'est une position minoritaire dans l'espace des sciences sociales, globalement gouverné par une pensée dite critique, qui conçoit le système social comme un système de domination de certains groupes sur d'autres - ce qui peut être vrai, mais est souvent présenté de manière trop unilatérale pour être crédible. Elle en déduit que la sociologie doit être une sociologie de dénonciation, en fait un outil politique, ce que je récuse.   LExpress.fr, - L'Express
  • En s’appuyant sur l’argument de bon sens selon lequel instrumentaliser la nature ne conduit pas nécessairement à la détruire, toute une réflexion d’inspiration pragmatiste s’est développée qui remet en cause la volonté de fonder l’éthique environnementale sur la valeur intrinsèque. Il est reproché à celle-ci de faire appel à une métaphysique lourde et de conduire à des positions sectaires. La quête de la valeur intrinsèque est la recherche d’une théorie unique, moniste de la valeur. Celle-ci risque d’autant moins d’être acceptée par le plus grand nombre qu’elle implique une interrogation métaphysique, une recherche du fondement alors que la philosophie d’aujourd’hui a plutôt proclamé la fin de la métaphysique. À cette vision moniste et solitaire de la valeur, les pragmatistes opposent une vision pluraliste et relationnelle. Pourquoi, pour affirmer la valeur d’une forêt, faudrait-il s’en tenir à sa « valeur intrinsèque » ? Il y a quantités de raisons de trouver un intérêt à une forêt, quantité de façons de la valoriser. D’autre part, les valeurs ne sont pas isolées, il existe, pour chacun d’entre nous, des systèmes de valeurs qui sont liées les unes aux autres. Et cela, d’autant plus, que les valeurs ne sont pas complètement indépendantes, elles n’existent que dans un contexte donné : la valeur (écologique) d’une plante n’est pas la même suivant qu’elle abonde dans un milieu, ou que, en un autre endroit, elle n’est qu’un des rares spécimens de l’espèce à subsister encore (Weston, Anthony, 1996). , Ce que sait la montagne - La Vie des idées
  • La deuxième objection exprime un manque de confiance envers les citoyens qui va à l’encontre du principe même de ce type d’assemblée. Est-il si impensable d’expliquer aux participants et au public en général que les membres de la Convention sont non seulement des cocréateurs de propositions politiques mais aussi des cocréateurs de savoir scientifique, dans un effort démocratique collectif pour mieux comprendre les déterminants de ce que le philosophe pragmatiste John Dewey appelait justement «l’intelligence sociale» ? Nous ne le croyons pas. Libération.fr, Pour une approche expérimentale dans l’innovation démocratique - Libération
  • Ce jugement, pour général qu’il soit, pour admis qu’il soit aussi par de nombreux observateurs ou analystes, dévoile et signifie clairement ce qui fonde et légitime la complexification de la pensée : l’action qu’il s’agit d’envisager en plus grande pertinence intellectuelle. Affirmons-le : la question de la complexité, comprise comme celle de la complexification de l’interprétation, ne se joue pas dans la seule sphère de la connaissance, mais dans celles, liées, parfaitement interdépendantes de la connaissance et de l’action. Ainsi que le disait John Dewey, représentant du courant philosophique pragmatiste qui naissait au siècle dernier, une connaissance qui n’aurait aucun impact sur quoi que ce soit ne présenterait aucune importance et aucun intérêt.  L’enjeu de la connaissance, son défi, sont de l’ordre d’un diagnostic mieux établi pour une action mieux maîtrisée. Club de Mediapart, Comprendre: le simple, le compliqué, le complexe | Le Club de Mediapart
  • L’ouvrage est conçu comme un dialogue entre quatre participants, dont les noms évoquent des représentants de quatre conceptions. Par simplification je ne donnerai que les prénoms (les noms étant compliqués) : Quincy le relativiste représente notamment Quine et Feyerabend ; Peter le pragmatiste, Peirce et Laudan lui-même ; Rudy le positiviste figure Carnap et Reichenbach ; enfin Karl le réaliste désigne Popper et Putman. On peut s’étonner de ne pas trouver Thomas Kuhn parmi les relativistes, mais l’auteur fait observer que, comme Quine d’ailleurs, c’est un universitaire sérieux et consciencieux qui refuse d’accepter cette dénomination quoiqu’il soit impossible d’ignorer le caractère central de l’un et l’autre de ces auteurs dans la cohorte relativiste. Afis Science - Association française pour l’information scientifique, Science et relativisme - Afis Science - Association française pour l’information scientifique
  • Né en 1859 et mort en 1952, John Dewey est une figure intellectuelle américaine incontournable. Auteur d’une œuvre théorique majeure, qui a nourri le courant pragmatiste, mais aussi de textes d’interventions politiques visant à fonder une démocratie radicale, ses conceptions philosophiques, politiques, pédagogiques, esthétiques et son apport aux sciences sociales continuent à structurer le débat public aux Etats-Unis et au-delà. France Culture, Avoir raison avec... : podcast et réécoute sur France Culture
  • 3) Pragmatisme-3 : la philosophie pragmatiste américaine et John Dewey Club de Mediapart, Eclairages libertaires : religions, partis, capitalisme, Etat, alternatives | Le Club de Mediapart
  • La société capitaliste a longtemps glorifié la domination de la nature. William James, le grand philosophe pragmatiste, l’appelait en 1906 «l’équivalent moral de la guerre». Bien qu’il soit rarement mentionné, l’équivalent moral de William James était une guerre sur la terre, dans laquelle il proposait de «former pendant un certain nombre d’années une partie de l’armée de conscrits pour contrôler et dominer la terre, la nature» [70]. Aujourd’hui, nous devons inverser cela et créer un nouvel équivalent moral de guerre plus révolutionnaire, qui ne vise pas à l’engagement d’une armée pour conquérir la terre mais à l’auto-mobilisation de la population pour la rendre vivante. Cela ne peut se faire qu’à travers une lutte pour la durabilité écologique et l’égalité matérielle visant à ressusciter les biens communs mondiaux. Comme l’a dit Greta Thunberg devant les Nations Unies le 23 septembre 2019: «C’est ici et maintenant que nous traçons la ligne. Le monde se réveille. Et le changement arrive, que vous le vouliez ou non.» Le monde est en feu cette fois. (Article publié dans la Monthly Review, novembre 2019; traduction rédaction A l’Encontre) , Ecologie. En feu, cette fois-ci | A l'encontre
  • En adoptant le point de vue pragmatiste pour décrire l’expérience religieuse, William James (1842-1910) rend compte d’un phénomène universellement partagé : les moments de résonance avec le monde. Comme le croyant... , La résonance. Comment retrouver le contact avec le monde
  • Joëlle Zask enseigne au département de philosophie de l’Université Aix-Marseille. Spécialiste de philosophie politique et de la philosophie pragmatiste américaine, notamment celle de John Dewey, elle étudie les enjeux politiques des théories de l'art et de la culture. Outre des articles dont certains sont présents sur son site, elle est l'auteur de divers ouvrages dont John Dewey, philosophe du public (L’Harmattan, 2000), Art et démocratie ; Peuples de l’art (PUF, 2003), Participer; Essais sur les formes démocratiques de la participation (Le bord de l'eau Éditions, 2011) et Outdoor Art. La sculpture et ses lieux (Éditions la Découverte, coll "Les empêcheurs de penser en rond", 2013). Son dernier ouvrage s’intitule La démocratie aux champs (Éditions la Découverte, 2016). France Culture, Les relations face-à-face: "un fait social pur" (Simmel)
  • Le philosophe social pragmatiste John Dewey, dans son bel essai Le public et ses problèmes, nous invite à réfléchir à la « nature de l’idée démocratique », qui selon lui consiste pour l’individu à « prendre part de manière responsable, en fonction de ses capacités » aux activités des groupes auxquels il appartient. The Conversation, Le foulard des accompagnatrices scolaires : une question plus civique que religieuse
  • Voilà pourquoi cet essai cite volontiers John Dewey et Richard Shusterman : il s’inscrit dans un tournant pragmatiste des études littéraires, soucieuses désormais de penser les usages de la littérature, son efficace concrète, au lieu de revendiquer une autonomie du champ ou un absolu littéraire, comme au XIXe siècle : « la littérature française contemporaine a l’ambition de prendre soin de la vie originaire, des individus fragiles, des oubliés de la grande histoire, des communautés ravagées, de nos démocraties inquiètes, en offrant au lecteur sa capacité à penser l’impératif d’individuation, à faire mémoire des morts, à mettre en partage des expériences sensibles » DIACRITIK, Critique et clinique : la thérapie littéraire d’Alexandre Gefen
  • Être pragmatiste ne semble pas porter ses fruits au Québec! Une nouvelle fois le rideau tombe sur une autre bavure du minstre de l'Immigration Jolin-Barette. Outre le ridicule de tuer dans l'oeuf une action précédente mal ficelée, les actes se suivent et se ressemblent : la rapidité dans l'action mène tout droit dans le mur! Faire croire qu'un tel test est valide laisse songeur sur la capacité intellectuel de ceux et celles qui l'ont fait! C'est puéril, indigne d'un gouvernement qui essaie d'en faire passer une autre petite vite pourtant sous le radar des spécialistes. Décevante ce début d'année 2020 avec une telle stratégie politique qui coûte chère et ne va nulle part! Le Devoir, Test des valeurs pour immigrer au Québec: un test de peu de valeur? | Le Devoir
  • J’ai, en effet, beaucoup appris de Michel Serres, que j’ai connu en Californie quand j’étais jeune. Mais j’ai, de fait, plus profité de l’appel d’air qu’il a généré sur toutes ces questions, que de ses thèses propres, que j’ai toujours trouvées assez personnelles. J’ai une passion pour Leibniz. J’ai lu naturellement Foucault, Deleuze et tous les représentants de leur génération. Mais, finalement, les auteurs qui m’ont permis d’avancer dans mon travail empirique sont des gens moins connus. Ils relèvent de ce que certains ont appelé l’« autre métaphysique », celle de Whitehead et des pragmatistes américains, James, Dewey, etc. Je me demande même parfois si je ne suis pas le seul pragmatiste français ! Comme eux, je considère que la meilleure façon de reprendre les questions de politique, de science et de morale – un autre sujet qui m’intéresse beaucoup – est de faire voie aux notions d’expériences, de choses disputées, de controverses. C’est tellement contraire au rationalisme français ! Comme s’il y avait là une tradition différente… , Bruno Latour : “Je crois en une philosophie empirique” | Philosophie Magazine
  • Les romans reposent sur une philosophie extrêmement sophistiquée et complexe des relations internationales, qui met en cause l’efficacité des moyens politiques moraux dans un monde brûlé par les dragons et harcelé par les morts-vivants – et, pire, par des hommes et des femmes foncièrement diaboliques. A l’heure où la lutte pour la suprématie oppose toutes sortes de combattants, des idéalistes de l’époque de Bush aux pragmatistes qui s’inspirent du [dictateur libyen déchu] Mouammar Kadhafi, il est difficile de déterminer avec certitude quelle approche sortira vainqueur : la saga est loin d’être terminée (deux tomes supplémentaires sont prévus), mais d’après les livres parus, l’argument fondamental concerne le pouvoir de convaincre. Celui qui veut conserver la mainmise sur le trône ne doit pas oublier les questions supposées annexes comme le commerce, la diplomatie et l’immigration. Ainsi, voilà une analyse de la politique étrangère brutale et pragmatique dans le monde tumultueux de George R. R. Martin. Courrier international, GAME OF THRONES. Un vrai manuel de politique étrangère
  • Avant-guerre, Deming découvre la philosophie pragmatiste, dont il partage les prémisses. John Dewey et Charles Sanders Peirce, ses fondateurs, sont des farouches opposants à l’approche cartésienne, et plus généralement au rationalisme, qui dissocie la pensée de l’action et présuppose que la définition des fins est une condition de l’action. Ils critiquent les effets pervers du taylorisme, qui organise la séparation entre conception et exécution, et dénie aux salariés opérationnels toute forme de connaissance utile. Ils considèrent, au contraire, l’action collective comme un processus, le résultat d’une enquête collective où des acteurs engagés dans des situations indéterminées expérimentent, explorent et découvrent chemin faisant des buts qui sont révisables en fonction des apprentissages réalisés. Alternatives Economiques, Le destin contrarié du lean management | Alternatives Economiques
  • La logique de l'émancipation individuelle et collective, si elle suppose la participation des opprimé-e-s à leur propre émancipation, n'appelle-t-elle pas alors une dynamique d'apprentissages coopératifs ? C'est la voie pragmatiste qu'a mis en œuvre le NPA du Vaucluse. Club de Mediapart, Le NPA, le foulard et l’émancipation : avec Ilham Moussaïd | Le Club de Mediapart

Traductions du mot « pragmatiste »

Langue Traduction
Anglais pragmatist
Espagnol pragmatista
Italien pragmatista
Allemand pragmatiker
Chinois 实用主义者
Arabe براغماتي
Portugais pragmatismo
Russe прагматик
Japonais 実用主義者
Basque pragmatista
Corse pragmatista
Source : Google Translate API

Synonymes de « pragmatiste »

Source : synonymes de pragmatiste sur lebonsynonyme.fr

Pragmatiste

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