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Naphte

Définitions du mot « naphte »

Trésor de la Langue Française informatisé

NAPHTE, subst. masc.

A. − CHIM. Mélange d'hydrocarbures provenant de la décomposition de matières organiques. Nappe, poche de naphte. Les naphtes de la frontière persane les intéressent beaucoup plus [les Anglais] que de ressusciter sur le Tigre la splendeur des califes (Tharaud,Paris-Saïgon,1932, p.71).
Naphte (minéral ou natif). Pétrole brut. Huile de naphte. C'était bien une couche de naphte liquide, qui surnageait à la partie supérieure du courant de l'Angara et coulait avec lui (Verne,M. Strogoff, t.2, 1876, p.177).Le pétrole ou huile minérale ou naphte, est un mélange à usage de combustible extrêmement complexe, se trouvant dans le sol à des profondeurs parfois considérables (Chartrou,Pétroles natur. et artif.,1931, p.3).
Naphte de schiste. Huile de schiste. V. huile I B 3 b.
B. − COMM. Produit obtenu par distillation du pétrole ou d'autres corps riches en matières organiques et utilisé comme combustible et dissolvant. Naphte de charbon. On recueille ensuite entre 75oet 120odes produits inflammables à la température ordinaire et connus sous le nom de naphte, ou essence de pétrole, ou essence minérale (A. Wurtz, Dict. chim., t.2, 1ervol., 1873, p.783).
REM. 1.
Naphta, subst. masc.Essence lourde utilisée comme base de la pétrochimie (d'apr. Ayache 1981). Selon les coupes pétrolières mises en oeuvre, on peut se faire une idée approximative des productions possibles (...). C'est ainsi que l'on constate que les aromatiques sont issus du naphta; et le noir de carbone du gaz et du fuel-oil (H. Bakis, R. Guglielmo, La Pétrochim. dans le monde, Paris, P.U.F., 1979, p.19).
2.
Naphteux, -euse, adj.Qui contient du naphte. Il se pouvait fort bien (...) que l'on fût en train de s'enfoncer par ce canal naphteux sous l'écorce terrestre (Druon,Rendez-vous enfers,1951, p.161).
Prononc. et Orth.: [naft]. Att. ds Ac. dep. 1694, subst. fém., dep. 1835, masc. Étymol. et Hist. 1. 1213 naptes «sorte de bitume liquide» (Faits des Romains, III, 15, §39, éd. L. F. Flutre et K. Sneyders de Vogel, p.642, 28); 1555 naphte (Aneau, Trésor de Evonime, chap.56); 2. 1874 «liquide inflammable obtenu par distillation sèche de substances organiques» (Lar. 19e); 3. 1874 «produit distillé des pétroles de densité 0,67 à 0,72» (Lar. 19et.12, p.725a, s.v. pétrole); 4. a) 1874 naphte minéral ou natif (Lar. 19e); b) 1874 naphte de schistes (ibid.). Empr. au lat. naphta «sorte de bitume», et celui-ci au gr. ν α ́ φ θ α «id.», qui est à son tour empr. soit à l'iranien *nafta de *nab- «être humide» (Brandenstein ds Frisk et Chantraine; v. aussi Buck 15.83 et IEW, p.316), soit à l'akkadien napṭu «naphte» par l'intermédiaire de l'araméen naphṭā, nēphṭā (Zimmern ds Lok. no1538 et Klein Etymol., s.v. naphta). Fréq. abs. littér.: 27.

Wiktionnaire

Nom commun

naphte \naft\ masculin

  1. Carbure d’hydrogène, sorte de bitume transparent, léger et très inflammable.
    • En vérité, on se demande ce que vient faire ce charbon en cette ville du naphte. À quoi bon ce combustible, puisque le sol aride et dénudé de l’Apchéron, […], est si riche d’huile minérale ? À quatre-vingts francs les cent kilos, il fournit le naphte blanc et noir, que les exigences de la consommation n’épuiseront pas pendant des siècles. — (Jules Verne, Claudius Bombarnac, ch. III, J. Hetzel et Cie, Paris, 1892)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

NAPHTE. n. m.
Carbure d'hydrogène, sorte de bitume transparent, léger et très inflammable. Huile de naphte.

Littré (1872-1877)

NAPHTE (na-ft') s. m.
  • 1Bitume liquide, incolore, de la même origine que le pétrole, très inflammable, volatil, d'une odeur vive et pénétrante qui lui est propre ; c'est un carbure d'hydrogène. On rencontre du naphte en Calabre, en Sicile, en Amérique, etc. et on en a découvert en 1802, près du village d'Amiano, dans le duché de Parme, une source si abondante, qu'elle fournit à l'éclairage de la ville de Gènes, Thenard, Traité de chim. t. III, p. 445, dans POUGENS. Le naphte était employé autrefois comme vermifuge, Brongniart, Traité de minér. t. II, p. 21, dans POUGENS.
  • 2Huile de naphte, synonyme de naphte.
  • 3 Terme de chimie. Nom donné par L. Gmelin aux éthers qui contiennent en totalité ou en partie l'acide qui a déterminé leur formation.

REMARQUE

Jusqu'à son édition de 1835 l'Académie avait donné à ce mot le genre féminin.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

NAPHTE, s. m. (Hit. nat. Minéral.) en latin naphta. C’est le nom que les Naturalistes donnent à un bitume blanc, transparent, très-fluide & léger qui surnage à l’eau. Cette substance est très-inflammable, au point d’attirer le feu même à une certaine distance ; son odeur est pénétrante ; elle brûle sans laisser aucun résidu.

Il est très-rare de trouver du naphte dans cet état de pureté : la substance à qui on donne communément ce nom, est d’un jaune plus ou moins clair ; c’est-à-dire, de la couleur du succin, & alors elle ne paroît point si pure que celle qui est parfaitement blanche.

Le naphte doit son origine à des arbres résineux ensevelis sous terre, ainsi que les autres substances bitumineuses, le charbon de terre, le jais, le succin, &c. la seule différence vient de ce que la substance qui produit le naphte semble avoir été filtrée, fondue &, pour ainsi dire, distillée dans l’intérieur de la terre ; en effet, ce bitume a beaucoup de rapport avec les huiles essentielles que la Chimie tire de certaines plantes. M. Rouelle croit que le naphte le plus pur & le plus clair vient du succin ; selon ce savant chimiste, les embrasemens souterreins ne se manifestent point toujours par des effets sensibles & éclatans, ils agissent souvent paisiblement & sans produire d’éruptions dans le sein de la terre ; alors ils peuvent distiller &, pour ainsi dire, rectifier les substances bitumineuses solides qui s’y trouvent, les rendre fluides, les forcer à s’élever & à suinter au-travers des couches de la terre & des pierres-mêmes, & alors ces substances ainsi élaborées se montrent sous la forme de naphte, c’est-à-dire, d’une huile ténue & légere que l’on trouve quelquefois nageante à la surface des eaux thermales.

Cette conjecture très-vraissemblable paroît confirmée par plusieurs faits. En effet, on nous apprend que dans le voisinage d’Astrakan, pour avoir du naphte, on n’a que la peine de creuser des puits, qui ne tardent point à se remplir de ce bitume liquide. On s’en sert dans le pays au lieu d’huile pour le brûler dans les lampes, & même au lieu de bois, qui est très-rare, pour se chauffer & pour cuire les alimens. Pour cet effet, on ne fait que jetter sur l’atre des cheminées quelques poignées de terre, on les arrose de naphte auquel on met le feu ; il s’allume sur le champ ; & avec la précaution de remuer ce mélange, on parvient à cuire les viandes plus promptement qu’on ne feroit avec du bois. Il est vrai que par ce moyen toutes les maisons se trouvent remplies de noir-de-fumée & d’une odeur désagréable pour tout autre que des tartares.

A une lieue de l’endroit où sont ces puits d’où l’on tire le naphte, est un lieu appellé Baku, où le terrein brûle perpétuellement. C’est un espace qui a environ un demi-quart de lieue de tour. Le terrein n’y paroît point visiblement enflammé ; pour s’appercevoir du feu il faut y faire un trou d’un demi-pié de profondeur, & alors on n’a qu’à y présenter un bouchon de paille, il s’allumera sur le champ. Les Gaures ou Persans qui adorent le feu & qui suivent la religion de Zoroastre, viennent en cet endroit pour rendre leur culte à Dieu, qu’ils adorent sous l’emblême du feu. C’est-là le feu perpétuel de Perse ; il a cela de particulier qu’il ne répand, en brûlant, aucune odeur, & qu’il ne laisse point de cendres. Ce détail est tiré d’une lettre allemande, datée d’Astrakan le 2. de Juillet 1735, & insérée dans un ouvrage de M. Zimmermann, intitulé Académie minéralogique.

On trouve encore du naphte en plusieurs endroits de la Perse, de la Chine, de l’Italie, & sur-tout aux environs de Modene. On en trouve aussi en Allemagne & en France ; mais il n’a que rarement la limpidité & la transparence du naphte le plus pur. (—)

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Étymologie de « naphte »

Lat. naphta, naphthas, mot qu'on a dit égyptien.

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Du latin naphtha (« sorte de bitume ») issu du grec ancien νάφθα, naphtha (« naphte »), lui-même du persan, voir نفت, naft, lui-même de l'akkadien naptu.
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Phonétique du mot « naphte »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
naphte naft

Citations contenant le mot « naphte »

  • Ce rapport met laccent sur le naphte solvant dans le marché mondial, en particulier en Amérique du Nord, en Europe, en Asie-Pacifique, Amérique du Sud, Moyen-Orient et en Afrique. Ce rapport catégorise le marché en fonction des fabricants, les régions, les types et les applications., , solvant Naphta Taille du marché 2020 avec Covid 19 Analyse dimpact comprend Top données pays, Defination, analyse SWOT, Business Opportunity, Applications, Tendances et prévisions pour 2026 – Derrière-l'Entente.com

Traductions du mot « naphte »

Langue Traduction
Anglais naphtha
Espagnol nafta
Italien nafta
Allemand naphtha
Chinois 石脑油
Arabe النفتا
Portugais nafta
Russe нафта
Japonais ナフサ
Basque nafta
Corse nafta
Source : Google Translate API

Synonymes de « naphte »

Source : synonymes de naphte sur lebonsynonyme.fr

Naphte

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