La langue française

Motte

Sommaire

  • Définitions du mot motte
  • Étymologie de « motte »
  • Phonétique de « motte »
  • Citations contenant le mot « motte »
  • Images d'illustration du mot « motte »
  • Traductions du mot « motte »
  • Synonymes de « motte »

Définitions du mot « motte »

Trésor de la Langue Française informatisé

MOTTE, subst. fém.

A. − Vx. Butte naturelle ou artificielle sur laquelle était édifié un château fort ou sur laquelle s'élevaient un moulin à vent, une habitation, un monument. Aplanir, raser la motte. Au sommet de cette vaste motte de terre, se trouve l'église jadis flanquée de son presbytère, et dont le cimetière enveloppe, comme dans beaucoup de villages, le chevet (Balzac,Paysans, 1844, p.244).D'ordinaire, on élevait une motte ou butte factice, pour y placer le donjon ou la principale tour d'un château. Quelques-unes de ces mottes paraissent avoir été des tumulus antiques (Mérimée,Ét. Arts Moy. Âge, 1870, p.227):
1. Le huis, ou maison d'habitation, bâti en bois et en torchis, couvert de chaume, situé à portée des fossés ou ruisseaux, parfois sur une motte de terre (...), est séparé des bâtiments d'exploitation. Vidal de La Bl.,Tabl. géogr. Fr., 1908, p.76.
P. méton. Le fief principal ou le château lui-même (d'apr. Fén. 1970).
P. anal. Butte de terre que l'on élevait près des châteaux comme signe du droit qu'avait le seigneur sur le sol (d'apr. Bouillet 1859).
B. −
1. Usuel. Petite masse de terre détachée avec une bêche, une charrue ou avec tout autre instrument aratoire. Briser, casser, rompre les mottes. Le labour exécuté à la charrue laisse à la surface du sol des mottes plus ou moins volumineuses qu'il convient de réduire par des façons culturales (Passelègue,Mach. agric., 1930, p.79):
2. Le foulage doit être très soigneusement exécuté: on le commence dans le dernier bassin resté vide qu'on arrose et dans lequel on apporte une partie des terres de l'avant-dernière tranchée en ayant soin d'écraser les mottes et les grumeaux que l'on rencontre. Bourde,Trav. publ., 1928, p.125.
Spécialement
BEAUX-ARTS. Masse d'argile prête à être posée sur le tour du potier. L'homme en blouse blanche, debout, une motte de pâte tourbillonnant sur un tour, qui élève entre ses mains une pyramide fluide et fait éclore sous la pression des doigts l'ébauche d'une tasse (Chardonne,Dest. sent., i, 1934, p.130).
CHASSE. Prendre motte. Un oiseau prend motte quand il se pose à terre au lieu de se percher (Baudr.Chasses1834).
HORTIC. ,,Portion de terre qui tient aux racines des plantes quand on les lève ou qu'on les arrache`` (Bouillet 1859). Motte à plant, à semis. Un déraciné, certes je l'étais et me glorifiais de l'être, puisque Barrès nous avait ainsi appelés. Mais un jeune arbre déraciné garde ses racines et sa motte (Mauriac,Mém. intér., 1959, p.118):
3. ... les végétaux à feuilles persistantes, lorsqu'on les plante, doivent, autant que possible, être en motte, cela est même indispensable lorsque les sujets sont volumineux; il est même un très grand nombre d'espèces que, fortes ou faibles, on ne peut planter avec succès que lorsqu'elles sont en motte. Carrière,Pépinières, 1878, p.103.
Motte de gazon; motte d'herbe. Attachés par rang de taille sur le perchoir, [les oiseaux de la fauconnerie] avaient devant eux une motte de gazon, où de temps à autre on les posait afin de les dégourdir (Flaub.,St Julien l'Hospitalier, 1877, p.89).Pour ne pas s'attendrir, il quitta brusquement l'allée où ils étaient, et seul, hâtant le pas, trébuchant à travers les mottes du gazon, il regagna la villa (Martin du G.,Thib., Belle sais., 1923, p.914).
P. anal. L'un après l'autre, mottes lourdes, mes souliers tombent (Genevoix,Boue, 1921, p. 279).
Expressions
De motte en motte. Derrière eux les oiseaux, en sautillant de motte en motte, partent à la chasse aux vers déterrés (Pesquidoux,Chez nous, 1921, p.107).
(En) rase-mottes*.
Au fig. Motte par motte. Pouce par pouce. Ce champ retourné, meurtri par des épaules et des genoux en détresse, c'était l'image vivante et poignante de deux cents hommes devenus cadavres, qui, les premiers, s'étaient acharnés à défendre, motte par motte, la terre française (Benjamin,Gaspard, 1915, p.55).
2. P. anal. (de consistance ou de forme). Toute masse de matière compacte assez malléable. Ça a fini dans un gargouillis, puis l'autre [un blessé] a craché une chose molle sur sa couverture. Il respire mieux. Ce doit être une petite motte de sang caillé (Giono,Gd troupeau, 1931, p.54).
ÉCON. DOMESTIQUE
Motte de beurre. Masse de beurre que les marchands détaillent dans les magasins spécialisés ou sur les marchés. Sur les deux étagères de la boutique [du pavillon du beurre], au fond, s'alignaient des mottes de beurre énormes (Zola,Ventre Paris, 1873, p.826):
4. Je suis parti de bonne heure (...) pour assister à l'arrivée du lait, voir le ventre de l'usine engloutir le flot blanc et d'organe en organe le séparer en ruisselets de crème et de petit lait, le rafraîchir, le mûrir, le muer à la fin en beurre, mottes fermes et onctueuses, couleur or... Pesquidoux,Livre raison, 1928, p.213.
Motte à brûler. ,,Petite masse plate et ronde qui est faite ordinairement avec le tan qu'on ne peut plus employer à préparer les cuirs et qui sert à faire du feu`` (Ac. 1935). Sans compter qu'il y avait promesse de mariage entre Alexandrine (...) et Joseph, qui travaillait dans les mottes à brûler, rue de l'Arbalète (Coppée,Vrais riches, 1891, p.10).
P. anal. ,,Gros morceau de houille`` (Plais.-Caill. 1958).
Région. (Canada). ,,Petite masse compacte ou pelote de neige fondante agglomérée`` (Bél. 1957). ,,Tirer des mottes`` (Bél. 1957): ,,lancer des pelotes de neige`` (Bél. 1957).
P. méton. Jardin marécageux près d'un cours d'eau (d'apr. Plais.-Caill. 1958).
DR. Motte ferme. ,,Terrain voisin d'une rivière ou d'un fleuve qui n'a été couvert par aucune inondation`` (Ac. Compl. 1842); ds Besch. 1845).
3. P. anal. (avec l'agglomération d'éléments constitutifs d'une motte de terre). Accumulation d'éléments semblables formant un tas. Un râteau-faneur mécanique allait et venait derrière elles. Seul, (...), debout sur le char à peu près terminé, [il] maintenait dans ses bras une motte de foin énorme (Malègue,Augustin, t.1, 1933, p.207).
Spécialement
a) ,,Nom qu'on donne en Provence à la quantité d'olives que doit donner une mouture`` (Besch. 1845; dict. xixeet xxes.).
b) TECHNOLOGIE
,,Bloc de sable correspondant aux diverses parties d'un moule séparé après moulage du châssis qui a servi à sa confection`` (Bader-Th. 1962). Il est nécessaire de le chauffer, [le sable des appareils de sablage], pour éliminer l'humidité qui provoquerait la formation de mottes et empêcherait son écoulement régulier dans l'appareil (Gasnier,Dépôts métall., 1927, pp.48-49).
,,Massif de pierres qui fait partie de la machine à pilons d'un moulin à poudre`` (Littré; dict. xixeet xxes.).
4. Pop. Mont de Vénus. Cette femme-là doit avoir une motte superbe et une jouissance emportée (Stendhal,Journal, t.2, 1806, p.256):
5. ... toutes ces anatomies ne lui apparaissaient que fort floues, ce qui lui évitait de détailler les phallus de messieurs et les mottes de dames, que d'Adam ni d'Ève elle ne connaissait. Queneau,Enf. du limon, 1938, p.36.
5. Arg. ,,Prison centrale`` (Larchey, Dict. hist. arg., 1878, p.248). On vient de tirer mon portrait et on va l'envoyer dans toutes les mottes (Lettre de Minder,Introd., ibid.).
REM. 1.
Moche, subst. fém.,région. (Bretagne et Normandie). Moche (de beurre). Motte de beurre. [Le pêcheur croisicais:] J'ai les bras mous comme une moche de beurre (Richepin,Glu, 1881, p.182).Elle se mit à pilonner dans une jatte une moche de beurre, pour en faire sortir le petit lait (Châteaubriant,Lourdines, 1911, p.225).[La fermière:] (...) buvez donc, Monsieur, et mangez à vot' goût: voici la moche, pour une beurrée (La Varende,Man' d'Arc, 1939, p.133).
2.
Motteler, verbe trans.,hapax. Mettre en motte. Pascal (...) mottelait un meulon de braises rouges pour y poser une casserole de lait (Genevoix,Marcheloup, 1934, p.226).
3.
Mottelette, subst. fém.Petite motte. Au loin, grandissant par degrés, énorme, monstrueux, l'humain approche, vingt fois plus haut que Margot, masse horrible, fantastique, dont les pas ébranlent le sol qui s'écrase en mottelettes (Pergaud,De Goupil, 1910, p.199).
4.
Motton, subst. masc.,région. (Canada). a) Petite motte (de terre, de neige, de pâte) compacte et durcie; grumeau, morceau. Le bien perdu en pure perte, soit la perche de clôture inclinée inutilement sur la route, soit l'outil à la traîne dans les champs, soit le beurre par larges mottons sur le pain, tout ce qui se consumait pour rien la révoltait (Guèvremont,Survenant, 1945, p.31).b) Synon. de maton1(v.ce mot B).Cette laine est mal cardée, elle est remplie de mottons (Bél.1957).c) Somme d'argent. Je ne perds jamais mes paris. Barnabé a perdu un drôle de motton à gager contre moi (A. Ricard,La Vie exemplaire..., 1973, p.55 ds Richesses Québec 1982).d) Loc. verb. Faire le/un motton (Bél. 1957). ,,Tomber en possession de beaucoup d'argent`` (Bél. 1957).
Prononc. et Orth.: [mɔt]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1165 «tertre, monticule de terre» (Benoît de Sainte-Maure, Troie, 3017 ds T.-L.); b) 1160-74 a désigné au Moy. Âge la maison seigneuriale bâtie sur une butte (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, II, 3688); 2. 1213 «petit morceau de terre» (Fet des Romains, éd. Flutre et Sneyders de Vogel, 123, 6); 3. ca 1370 «mont de Vénus» (Jean le Fevre, Lamentations de Matheolus, éd. A.-G. Van Hamel, t.1, p.19); 4. 1635 «masse de beurre vendue au détail» (Recueil gén. des anc. lois fr., t.16, p.431); 5. 1680 «petite masse de résidu de tan servant de combustible» (Rich.). Prob. d'un rad. prélat. *mutt(a) (v. FEW t.6, 3, pp.294-300); le lat. médiév. motta est att. dès 836 dans le domaine ital. au sens de «motte de terre», en 1040 au sens de «tertre» dans un cartulaire vendômois (v. Nov. gloss.) et en 1112 au sens de «demeure seigneuriale, château» (v. Du Cange). Motte est représenté sous des graphies variées dans un nombre important de topon. dans les différentes régions fr. (v. Longnon, pp.471-473). Fréq. abs. littér.: 317. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 149, b) 476; xxes.: a) 657, b)570.

Wiktionnaire

Nom commun

motte \mɔt\ féminin

  1. Petit morceau de terre comme on en détache avec la charrue, la bêche, etc.
    • Il suivait les laboureurs, et chassait, à coups de motte de terre, les corbeaux qui s’envolaient. — (Gustave Flaubert, Madame Bovary, 1857)
    • Nous traversâmes un large guéret dont les mottes crevaient sous nos pas en poussière rouge. — (Octave Mirbeau, Le Père Nicolas, dans Lettres de ma chaumière, 1885)
    • Casser, briser les mottes d’un champ.
    • Motte de terre, motte de gazon.
  2. Portion de terre qui tient aux racines des plantes, quand on les lève ou qu’on les arrache.
    • Lever un arbre avec sa motte.
  3. Butte, éminence isolée.
    • De nombreuses mottes tronconiques, élevées entre le XIe et le XIIIe siècle sont le témoignage des tentatives d’ascension de la part de certains lignages (mottes de Toucy, de Septfonds ou de Précy-sur-Vrin). — (Luc Baray & ‎Anne Augereau, Archéologie aérienne dans l'Yonne, A. Sutton, 2004, page 150)
  4. Masse, tas plus ou moins grand.
    • Motte à brûler, petite masse de tourbe, de tan inutilisable, de marc d’olives ou de raisin, qui sert à faire du feu.
    • Faire un feu de mottes.
    • Motte de beurre, masse de beurre plus ou moins volumineuse et affectant une forme cylindrique.
  5. (Argot) Mont de Vénus.
    • Ne crayonnez pas des boucles noires sur le pubis des Vénus nues. Si l’artiste représente la déesse sans poils, c’est que Vénus se rasait la motte. — (Pierre Louÿs, Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation, 1926.)
  6. Motte castrale.

Forme de verbe

motte \mɔt\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de motter.
  2. Troisième personne du singulier de l’indicatif présent de motter.
  3. Première personne du singulier du subjonctif présent de motter.
  4. Troisième personne du singulier du subjonctif présent de motter.
  5. Deuxième personne du singulier de l’impératif de motter.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

MOTTE. n. f.
Petit morceau de terre comme on en détache avec la charrue, la bêche, etc. Un champ plein de mottes. Casser, briser les mottes d'un champ. Motte de terre, motte de gazon. Il désigne encore la Portion de terre qui tient aux racines des plantes, quand on les lève ou qu'on les arrache. Lever un arbre en motte, avec sa motte. Replanter un arbre avec sa motte. Il se dit aussi d'une Butte, d'une éminence isolée, faite de main d'homme ou par la nature. La motte d'un château. Raser, aplanir une motte. Motte à brûler ou, absolument, Motte, Petite masse de tourbe, de tan inutilisable, de marc d'olives ou de raisin, qui sert à faire du feu. Brûler des mottes. Feu de mottes. Par extension, Motte de beurre, Masse de beurre plus ou moins volumineuse et affectant une forme cylindrique.

Littré (1872-1877)

MOTTE (mo-t') s. f.
  • 1Petit morceau de terre détaché avec la charrue, la bêche, ou autrement. Rompre, casser, briser les mottes d'un champ.

    Terme de fauconnerie. Prendre motte, se dit d'un oiseau qui se pose à terre au lieu de se percher.

  • 2 Terme de jardinier. Une certaine quantité de terre qui tient aux racines. Lever un arbre en motte. Replanter un arbre avec sa motte.
  • 3Butte, éminence faite de main d'homme ou par la nature. Aplanir une motte.

    Butte sur laquelle s'élève un moulin à vent.

    Massif de pierre qui fait partie de la machine à pilons d'un moulin à poudre.

    Terme du moyen âge. Principal lieu d'une seigneurie ; place de la forteresse ou du château.

  • 4Motte à brûler, ou, simplement, motte, tan qui ne peut plus servir à tanner, et dont on fait de petites masses rondes pour brûler.

    Tourbe séchée et réduite en parallélipipèdes.

  • 5Motte de beurre, une certaine masse de beurre que les marchands détaillent.
  • 6Nom qu'on donne en Provence à la quantité d'olives qui doit former une mouture.

HISTORIQUE

XIIIe s. Tuit chaplerent [tous frappèrent] sur Aristote, Qui fu fier com chastel sur mote, Bataille des sept arts. Et les Sarrasins à pié leur getoient les motes de terre enmi les visages, Joinville, 236. Des yex dou cuer ne veons gote, Ne que la taupe soz la mote, Rutebeuf, 245.

XIVe s. Gautier recevant une mote appellée atterissement en l'yaue de Seine, Du Cange, atterissamentum.

XVe s. Ils envoyerent un chevalier de leur conroy devers le roi d'Angleterre, qui se tenoit plus à mont sur la motte d'un moulin à vent pour avoir aide, Froissart, I, I, 290. Et passerent par force outre les fossés, et vinrent jusques à la motte de terre et au pied de la tour à pics et à hoyaux, Froissart, I, I, 317. Le lieu n'est pas defensable, car la motte est de main d'homme faite et petite, Commines, VII, 12.

XVIe s. Les attaquans, aidez de six canons eslevez sur une motte, rembarrerent dans deux jours [à la contr'escarpe] les enfermez, D'Aubigné, Hist. II, 203. En Frise et en Hollande, les mottes qu'ils appellent torf, Palissy, 783. Le fils a et luy appartient pour son droit d'ainesse le principal chastel ou maison forte, mothe ou place de maison seigneuriale tenue en fief, si aucune en y a, à son choix, Coust. génér. t I, p. 413.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

MOTTE, s. f. en général, petite élévation de terre labourée ou non.

Motte, (Jardinage.) est une grosseur de terre adhérente aux racines d’un arbre, & qui les conserve ; ce qui dispense d’en couper la tête. Voyez Lever.

C’est aussi la terre qu’on laisse au pié des fleurs que l’on leve sur la couche, & qui est si nécessaire à leur reprise, que quand elle vient à s’ébouler, les Jardiniers regardent la plante comme perdue, & la mettent au rebut.

Motte, (Fayanc. Pot.) masse de terre épluchée, marchée, & prête à être mise sur le tour pour y prendre la forme d’un vaisseau.

Motte a bruler, terme de Tanneur, c’est une espece de pain rond & plat, qu’on fabrique avec du tanné qu’on foule avec les piés dans un moule.

Le petit peuple & les pauvres se servent de mottes pour faire du feu, parce qu’elles se vendent à bon marché & qu’elles conservent long-tems la chaleur lorsqu’elles sont embrasées.

Motte, terme de Chasse & de Fauconnerie, prendre motte, se dit d’un oiseau qui, au lieu de se percher sur un arbre, se pose à terre.

Motte, (Géogr.) nom par lequel les François désignent une petite élévation, & qu’ils ont ensuite étendu à des villes, bourgs, châreaux, villages ou maisons de campagne situés sur quelque éminence. Je ne parlerai cependant que de la seule ville nommée la Motte en Lorraine, dans le bailliage de Bassigny, aux frontieres de la Champagne, & à une lieue de la Meuse. Cette ville passoit pour une place imprénable par sa situation au haut d’un rocher escarpé. Le cardinal Mazarin la fit assiéger par Magalotti son neveu, & ensuite par M. de Villeroi, qui contraignit finalement le gouverneur de la place à se rendre en 1644. La capitulation portoit, qu’elle ne seroit rasée, ni démantelée ; mais cet article ne fut point observé, On rasa la Motte de fond en comble ; on ruina plusieurs particuliers innocens par cette indigne action ; & la reine-mere flétrit sa mémoire en violant la parole donnée. Voyez les mémoires de Beauveau. (D. J.)

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Étymologie de « motte »

Berry, moutte ; espagn. et port. mota, levée de terre pour clore un étang ; ital. motta, terre éboulée. Les langues germaniques ont : holl. moet, mot, petite élévation ; bavar. mott, monceau de terre marécageuse ; ce qui peut avoir donné motte du roman. D'autre part le gaélique a mota, mont ; ce qui conviendrait aussi. On cite encore l'anc. haut allem. molta, terre, motte ; goth. mulda, devenu en plat deutsch môtwurf ; allem. mod. Maulwurf, l'animal qui jette la terre, qui fait la motte (la taupe). D'après Fr. Michel, c'est l'isl. mote, assem blée, donnant son nom à la motte où elle se tenait.

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(XIIe siècle) Du vieux-francique, attesté en latin médiéval (IXe siècle) sous la forme motta → voir moyen néerlandais mot (« sable, poussière »), néerlandais mot (« sciure, poussière de tourbe »), anglo-saxon mot (« grain, petite tache »), mote (« toute petite partie »).
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Phonétique du mot « motte »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
motte mɔt

Citations contenant le mot « motte »

  • Elle se dresse au centre du village tel un totem au cœur de la cité guînoise, bourgade de l’arrière-pays calaisien. Elle, c’est la Tour de l’horloge sur sa motte féodale. C’est un voyage dans le temps, du Moyen-Âge à la Renaissance, à découvrir au centre d’interprétation. La Voix du Nord, Guînes: de la motte féodale à la Tour de l’Horloge, voyage au temps des fortifications

Images d'illustration du mot « motte »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « motte »

Langue Traduction
Anglais clod
Espagnol terrón
Italien zolla
Allemand scholle
Chinois 凝块
Arabe clod
Portugais torrão
Russe ком
Japonais 土塊
Basque clod
Corse clod
Source : Google Translate API

Synonymes de « motte »

Source : synonymes de motte sur lebonsynonyme.fr
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