La langue française

Métabole

Définitions du mot « métabole »

Trésor de la Langue Française informatisé

MÉTABOLE1, subst. fém.

A. − Rare. Changement, transformation:
. En fait de transition, l'homme travesti n'a traversé que le laps de temps nécessaire pour se dévêtir, puis se revêtir, c'est-à-dire le temps d'un déguisement adialectique et réservible (...); il reste donc foncièrement ce qu'il était − ou si l'on préfère: ce qu'il était il l'est encore, son présent substantiel et son prétérit se ressoudant de part et d'autre de la superficielle et très provisoire métabole. Jankél., Je-ne-sais-quoi, 1957, p. 31.
B. − Spécialement
1. MUS. Changement dans l'ordre du rythme ou de la mélodie (d'apr. Mus. 1976). Métabole rythmique. Dans mon Histoire de la musique de l'antiquité, [j'ai parlé] de la métabole harmonique (changement de ton ou de mode) (Gevaert, Orchestr., 1885, p. 100, note 1).Lorsque les degrés Mi et Si apparaissent, les degrés Fa et Do disparaissent, et inversement. Il y a dans ce cas une «métabole» (...). Dans les musiques des pays extrême-orientaux, on rencontre fréquemment les métaboles (Encyclop. univ.t. 111971, p. 454).
2. LING., RHÉT. Changement, soit dans les mots, soit dans les phrases. L'inversion, l'hyperbate sont des métaboles (Morier1975).
En partic.
Procédé qui consiste à accumuler des expressions synonymes pour exprimer une idée ou décrire un objet avec une précision accrue (d'apr. Dupr. 1980).
Procédé qui consiste à utiliser dans la seconde partie d'une phrase des mots déjà utilisés dans la première partie, mais dans un ordre différent, ce qui modifie le sens (d'apr. Dupr. 1980).
Prononc. et Orth.: [metabɔl]. Att. ds Ac. 1835, 1878. Étymol. et Hist. 1. 1553 [éd.] rhét. (Des Autels, Amoureux repos, foc. 4); 2. 1578 mus. (Vigenère, Les Images ou tableaux de plate peinture de Philostrate, fo97 vo). Empr. au lat. de l'époque impériale metabola, metabole «id.» (comme terme de rhét. et de mus. chez Quintilien; cf. TLL), lui-même empr. au gr. μ ε τ α β ο λ η ́ «changement», de μ ε τ α β α ́ λ λ ε ι ν «retourner, changer, transformer», de μ ε τ α ́ v. méta- et de β α ́ λ λ ε ι ν «lancer, jeter», v. aussi baller.

MÉTABOLE2, adj. et subst. masc.

ENTOMOL., rare
I. − Adj. Dont le développement post-embryonnaire comporte des métamorphoses. Anton. amétabole (infra).Presque tous les insectes sont métaboles (Séguy1967).
II. − Subst. masc. plur. [Dans certaines classifications] Insectes à métamorphoses. (Ds Besch. 1845, Lar. encyclop.).
Rem. ,,L'extension de ce terme à d'autres animaux que les insectes est admise`` (Lar. encyclop.).
REM.
-métabole, élém. de compos.élém. de compos. entrant dans la constr. d'adj. servant à définir des catégories d'insectes et, p. méton., leur développement; ces adj., utilisés aussi subst. p. ell. du déterminé, génèrent des dér.en -ie, subst. fém. désignant la caractéristique correspondante. a)
Amétabole (Insecte) qui ne subit pas de métamorphoses. Chez les Insectes Aptérygotes dépourvus d'ailes, le jeune est à peu près identique à l'adulte à part la taille et le développement des organes génitaux. Les métamorphoses n'existent pas. Ce sont des Insectes amétaboles ou homomorphes (Zool., t.2, 1963, p.559 [Encyclop. de la Pléiade]).
b)
Hémimétabole. (Insecte) hétérométabole dont la larve et l'adulte vivent dans des milieux différents. Développement hémimétabole (larves aquatiques à ébauches alaires externes, adultes aériens) (Encyclop. univ.t.81970, p.1043, tabl. 1).
c)
Hétérométabole. (Insecte) à métamorphoses incomplètes. Chez les Insectes hétérométaboles comme le phasme, la croissance n'entraîne pas de bouleversements anatomiques majeurs (Encyclop. univ.t.81970, p.1052).En regard des métamorphoses il existe deux catégories tranchées d'Insectes: les holométaboles et les hétérométaboles. Les premiers ont des métamorphoses complètes (...); chez les seconds le développement est progressif, sans repos nymphal entre la larve (...) et l'adulte (Encyclop. Sc. Techn. t.7 1972, p.66).
d)
Holométabole. V. holo- II A 2 et supra c ex.
Holométabolie, subst. fém.,dér. Des formes particulières de développement se rapprochent de l'holométabolie (...); certains holométaboles ne peuvent présenter plusieurs types de larves (hypermétabolie) (Encyclop. Sc. Techn. t.7 1972 p.66).
e)
Paurométabole (pauro-, du lat. parum «peu»). (Insecte) hétérométabole dont la larve et l'adulte vivent dans un même milieu (d'apr. Encyclop. Sc. Techn. t.7 1972, p.66). Les insectes paurométaboles sont ordinairement terrestres (Lar. encyclop.).
Prononc.: [metabɔl]. Étymol. et Hist. 1834 adj. et subst. masc. plur. (Boiste Hist. nat.). Emprunt au grec μ ε τ α β ο λ η ́ «changement», v. métabole1.

Wiktionnaire

Adjectif

métabole \me.ta.bɔl\ masculin et féminin identiques

  1. (Entomologie) Qui subit un changement.
    • Insectes métaboles.

Nom commun

métabole \me.ta.bɔl\ féminin

  1. (Linguistique) Transformation d’un mot ou d’un groupe de mots au niveau logique, morphologique, syntaxique ou sémantique.
    • La métabole est donc le genre commun à la métaphore et à la métonymie ; le plus souvent, d’ailleurs, le lien des deux signifiants est à la fois de contiguïté et de ressemblance, si bien que métaphore et métonymie sont deux types abstraits qui ne se rencontrent guère à l’état pur et sont le plus souvent mêlés l’un à l’autre. — (Jean Laplanche, Nouveaux fondements pour la psychanalyse, PUF, 2008, page 130)
    • Index des fleurs et ornements rhétoriques et plus précisément des métaboles et des parataxes que l’auteur croit avoir identifiées dans le texte qu’on vient de lire. — (Georges Perec, Quel petit vélo à guidon chromé au fond de la cour ?, Denoël, 2000, collection Folio, page 113.)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

MÉTABOLE (mé-ta-bo-l') s. f.
  • Terme de rhétorique. Toute espèce de changement soit dans les mots, soit dans les phrases.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

MÉTABOLE, s. f. (Rhétor.) figure de rhétorique, qui consiste à répéter une même chose, une même idée, sous des mots différens, iteratio unius rei, sub varietate verborum, dit Cassiodore. Il en donne pour exemple, ce passage d’un pseaume. Verba mea auribus percipe, Domine ; intellige clamorem meum ; intende aurem voci orationis meæ. « Seigneur, daignez m’entendre ; écoutez-moi ; prêtez une oreille attentive à mes accens ». Cette figure est très-commune dans Ovide, qui se plaît à redire la même chose de plusieurs manieres : c’est une espece de pléonasme, qui est le langage des passions. (D. J.)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « métabole »

Μεταϐολὴ, changement, de μετὰ (voy. MÉTA-), et βάλλειν, jeter.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(Date à préciser) Du grec ancien μεταβολή, metabolế (« transformation »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « métabole »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
métabole metabɔl

Citations contenant le mot « métabole »

  • Les fondements maistriens de la contrelittérature sont plus rhétoriques qu’idéologiques. Ils tiennent à cette figure de style qui intervient dans cette citation, la métabole, une trope dont Guy Debord raffolait. On peut apprécier Maistre pour son génie de la provocation mais, si l’on ne partage pas sa vision ultramontaine de la religion, on s’éloigne très vite de ce panégyriste du bourreau, de ce défenseur fanatique de la vengeance divine. Ce serait un contresens de placer la contrelittérature sous l’égide de Joseph de Maistre ! Le Comptoir, Alain Santacreu : « La littérature est l’infrastructure idéologique de la modernité » – Le Comptoir
  • Aussi bien, par le biais de cette étrangeté, est-ce une expérience du nomadisme et de l’exil de la signification univoque qui se joue dans le texte dès lors qu’il s’ouvre au travail de la signifiance et de l’indirection comme bouleversement des coordonnées linguistiques qui permettent au locuteur de se repérer dans le paysage familier du discours à visée communicationnelle. Ces effets de déport et de départ, ces changements de lieu (de discours) qu’opèrent les tropes nous invitent à penser les mécanismes de condensation et de déplacement qui signalent l’irruption de la figure en termes de dépaysement : produire une métabole, c’est dépayser le sens dit « propre », et dans le même mouvement lancer un défi à l’idée d’appartenance, instaurer un trouble de l’identité de la signification à elle-même. « C’est seulement au pays de la métaphore qu’on est poète » écrit à ce propos Wallace Stevens, qui, dans un texte au titre emblématique d’« Ange Entouré de Paysans », dépeint la métaphore comme cet « ange nécessaire de la terre », par quoi il faut entendre le poème comme terra dissimilitudinis baignée par la lumière de la figure, où les « paysans » ne trouvent leur place qu’en tant qu’ils ont consenti à leur propre dépaysement figural. L’énoncé lyrique n’est-il pas, à ce titre, le lieu où le sujet s’expose à ce qui le clive ou à ce qui dessine en lui un arrière-pays ou une frontière du « dedans, région ô combien sauvage », comme l’écrit Emily Dickinson ?      , Le dépaysement (Lyon 2)
  •  J’ai parlé en premier lieu de cette question du style car la forme que revêt le langage ne saurait être secondaire. Si, comme le soutient l’auteur, “la langue se définit comme la forme la plus expressive et la plus significative de la communauté humaine naturelle” (79), je doute que l’on puisse retrouver la véracité des mots à travers la fameuse obscurité situationniste. Avec sa pratique inflationnelle de la métabole, ses intempestifs découpages préfixionnels, ses mises en italiques systématiques, la rhétorique debordienne ne saurait être une voie vers la clarté du langage non spectaculaire. Pour aller jusqu’au bout de son combat pour la “restauration de la tradition primordiale de l’être” (121), Francis Cousin doit d’abord virer Debord, se libérer de cette imprégnation stylistique d’autant plus désolante que de très nombreux passages de son livre atteignent une beauté expressive où l’intelligence analytique est étonnante de justesse, rayonnante et vibrant de cette émotion ontologique qu’il nomme “la vérité du cosmos de l’être” (114). Il y a notamment, concernant l’art, une analyse d’une écriture royale, compassionnelle, de joie et de mélancolie mêlées, dont j’extrais ce court passage prophétique : “ À l’époque de la communauté de l’être revenue, nous écouterons certes toujours Bach mais autrement, non point pour y reconnaître, comme du temps de la société du dissociant, un chemin vers la transcendance lointaine, mais pour accompagner la lumière d’un monde ayant regagné la quintessence transcendantale du véritable sens vivant. ”(119) AgoraVox, À propos de « L'Être contre l'Avoir » de Francis Cousin - AgoraVox le média citoyen

Traductions du mot « métabole »

Langue Traduction
Anglais metabola
Espagnol metábola
Italien metabola
Allemand metabola
Chinois 代谢
Arabe ميتابولا
Portugais metabola
Russe metabola
Japonais メタボラ
Basque metabola
Corse metabola
Source : Google Translate API

Métabole

Retour au sommaire ➦

Partager