La langue française

Lis, lys

Sommaire

  • Définitions du mot lis, lys
  • Étymologie de « lis »
  • Phonétique de « lis »
  • Citations contenant le mot « lis »
  • Images d'illustration du mot « lis »
  • Traductions du mot « lis »
  • Antonymes de « lis »

Définitions du mot « lis, lys »

Trésor de la Langue Française informatisé

LIS, LYS, subst. masc.

A. −
1. Plante ornementale à tige droite, aux feuilles lancéolées et à grandes fleurs campanulées, solitaires ou en grappe, dont il existe de nombreuses variétés. Lis blanc, doré, tigré; lis sauvage; lis magnifique, majestueux; corolle, fleur de lis; bulbe, caïeu, oignon de lis. Une espèce de lis, que nos botanistes ont reconnue être le lis jaune ou la saranne du Kamtschatka (Voy. La Pérouse,t. 3, 1797, p. 40).Un beau lys rouge et jaune, un peu « vulgaire » et, comme les amaryllis de ces derniers jours, de pas très « bon goût ». Dimension et port du lys martagon (Gide, Retour Tchad,1928, p. 1002).De hautes gerbes de lys dont les pistils dorés se multipliaient dans les miroirs et les glaces des vitrines. Un parfum entêtant émanait de ces gerbes (Druon, Gdes fam., t. 1, 1948, p. 150).
BOT. Genre de plantes herbacées monocotylédones (lilium) appartenant à la famille des Liliacées. Les ovaires dits supères s'attachent au sommet du pédoncule floral au-dessus des autres parties de la fleur : tels sont ceux du Lis, de la Mauve, du Pavot, de l'Œillet (Bot.,1960, p. 888 [Encyclop. de la Pléiade]).
P. anal. [En parlant d'autres plantes]
Lis d'étang, lis d'eau. Nénuphar. Les lis d'eau coquets et frêles (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Mouche, 1890, p. 1338).
Lis de mai, lis des vallées. Muguet. Le lys des vallées, dont les blanches clochettes, agitées au moindre souffle, répandent une odeur délicieuse (France, P. Nozière,1899, p. 51).
Lis de Saint-Jacques. Variété d'amaryllis. (Dict. xixeet xxes.).
2. En partic.
a) Lis blanc (lilium candidum ou lis commun), fleur de lis blanc.
α) P. compar. Elle était blanche plus qu'aucune des filles d'Égypte, blanche comme le lait, comme le lis (Gautier, Rom. momie,1858, p. 275).V. albâtre ex. 39.
β) P. métaph. Une tendre rougeur vient colorer les lis de son front (Cottin, Mathilde, t. 1, 1805, p. 302).Le lis de sa joue, ou le bleu du regard Dont le seul souvenir me perce comme un dard (Lamart., Confid.,1859, p. 128).Les musiciennes des chants-défendus, objuratrices d'amour, inviolées comme le lis de leurs seins, s'avancent, pâles sous leurs pierreries (Villiers de L'I.-A., Contes cruels,1883, p. 381).
[En fonction de déterm.] Bras, chair, joues, mains, seins de lis. Ce teint de lys et de roses était encore relevé chez Philéas par un sourire gracieux qui résultait bien moins d'une disposition de l'âme que de cette disposition des lèvres pour lesquelles on a créé le mot poupin (Balzac, Député d'Arcis,1847, p. 295).Sur le devant du char les filles les mieux faites, Les plus charmantes fleurs du jardin de beauté, Font de leurs doigts de lis pleuvoir les violettes (Gautier, Poés.,1872, p. 207).Les dernières admiratrices de Lamartine, au front de lis sous des anglaises tombantes, ont depuis bien des années clos leur bel œil rêveur (A. Daudet, Crit. dram.,1897, p. 229):
1. Raphaël voyait Pauline dans une toilette simple et de bon goût. À travers la gaze qui couvrait chastement son corsage, des yeux habiles pouvaient apercevoir une blancheur de lys et deviner des formes qu'une femme eût admirées. Puis c'était toujours sa modestie virginale, sa céleste candeur, sa gracieuse attitude. Balzac, Peau chagr.,1831, p. 216.
b) Littér. [Le lis comme symbole de pureté, de candeur, d'innocence, de vertu] Lis virginal.
P. compar. Pur comme le/un lis. Sous le deuil où se plaît cette âme sans essor, Repose une candeur inviolée encor Comme un lys enfermé dans un coffret d'ébène (Villiers de L'I.-A., Contes cruels,1883p. 358) :
2. Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles La blanche Ophélia flotte comme un grand lys, Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles... − On entend dans les bois lointains des hallalis. Voici plus de mille ans que la triste Ophélie Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir. Rimbaud, Poés.,1871, p. 46.
P. métaph. Cette belle fille, ce lys vierge, cette coupe de pudeur et de délices (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 407).Tu n'as pas désespéré de la bonté divine (...). Le lis de tes vertus a fleuri sur le fumier de ta corruption (France, Thaïs,1890, p. 333):
3. Un rire muet dilata sa face, à la vue de tout ce qu'il y avait à souiller dans ce lys. La limace contemplait la rose avant d'y baver, il se mit à trembler de joie et avec des gestes fous, lacéra le corsage et la robe, dispersant ces lambeaux d'étoffe qui semblaient résister et défendre le corps de cette vierge, bientôt martyre. Péladan, Vice supr.,1884, p. 272.
B. − P. méton.
1. Représentation stylisée d'une fleur de lis. Blason, tapisserie ornés de fleurs de lis; drapeau blanc aux fleurs de lis d'or. Saint Louis, pour récompenser ses services, lui concéda à lui [Geoffroy, baron de Chateaubriand] et à ses héritiers, en échange de ses anciennes armoiries, un écu de gueules, semé de fleurs de lys d'or (Chateaubr., Mém., t. 1, 1848, p. 17).
P. méton. Bijou ou insigne représentant cette figure :
4. ... le drapeau blanc, vaguement rose au soleil couchant, flottait sur le dôme des Tuileries. La place de la Concorde, redevenue alors place Louis XV, regorgeait de promeneurs contents. Beaucoup portaient la fleur de lys d'argent suspendue au ruban blanc moiré qui, en 1817, n'avait pas encore tout à fait disparu des boutonnières. Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 166.
Loc. [P. allus. au siège recouvert d'un tissu orné de fleurs de lis; en parlant d'un magistrat sous l'Ancien Régime] Être assis/siéger sur les fleurs de lis, sur les lis. Siéger dans une cour supérieure. Un juge ou un procureur du roi assis sur les lys doit, pour ainsi dire, mourir pendant l'audience. Là est son champ de bataille (Balzac, Physiol. mar.,1826, p. 90).
En partic. Fleur de lis. Sous l'Ancien Régime, marque au fer rouge en forme de lis qui était appliquée sur l'épaule de certains condamnés. Le roi le tient en estime si particulière qu'il l'a fait blasonner d'une fleur de lis à l'épaule pour le retrouver partout au cas qu'il se perdît (Gautier, Fracasse,1863, p. 324).Nous montrons à qui veut les voir nos tours fort drôles, Nos trucs, nos fleurs de lys, parfois sur nos épaules (Hugo, Toute la lyre, t. 2, 1885, p. 200).
P. métaph., HIST. Les fleurs de lis, le royaume des lis, le trône des lis, les lis. Le royaume de France. Le rétablissement du trône des lis, la restauration de la famille de Henri IV (Jouy, Hermite, t. 5, 1814, p. 181).Le roi (...) communia avec ses quatre fils Charles, Louis, Jean, Philippe, et les seigneurs des fleurs de lis, comme on appeloit alors les princes du sang (Chateaubr., Ét. ou Disc. hist., t. 4, 1831, p. 133).Louis réclame vos secours; Vierge, prêtez votre assistance Aux lis de France! (Delavigne, Louis XI,1832, I, 7, p. 26).
2. HÉRALDIQUE
a) Fleur de lis. Meuble héraldique formé de trois fleurs de lis stylisées et unies. Ces fauteuils, ornés d'un écusson sculpté, où brillaient sur l'azur les trois fleurs de lys de France surmontées d'une couronne royale, sortaient visiblement des garde-meubles du Louvre, ou tout au moins de celui de quelque château royal (Dumas père, Monte-Cristo, t. i, 1846, p. 564).
b) Lis rouge. Emblème de Florence. Florence est vraiment la ville de la fleur, et ce n'est pas à tort qu'elle porte le lys rouge pour emblème (France, Lys rouge,1894, p. 229).
Prononc. et Orth. : [lis]. Se prononce [li] dans fleur de lis (Barbeau-Rodhe 1930). Ac. 1694-1878 : lis; 1935 : lis, lys. Catach-Golf. Orth. Lexicogr. 1971 : lis. Étymol. et Hist. 1. a) Ca 1150 bot. (Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 8038); b) ca 1223 symbole de pureté, de vertu (Gautier de Coinci, éd. V. F. Kœnig, II Mir. 32, 235 : la fleurs de lis [désignant la Vierge]); 2. a) ca 1225 hérald. (Durmart le Gallois, éd. J. Gildea, 8558); b) 2emoitié du xives. les fleurs de lis « la famille royale française » (Chronique des règnes de Jean II et de Charles V, éd. R. Delachenal, t. 1, p. 185, cf. Gdf., s.v. lis2[Chron. de S.-Den.]); c) fin du xvies. fleur de lis « marque au fer rouge qu'on applique sur l'épaule de certains condamnés » (P. de L'Estoile, Mémoires, 2ep., p. 342 ds Gdf. Compl.); 3. a) 1583 lis d'étang « nénuphar » (Ch. Estienne, J. Liébault, L'Agriculture et maison rustique, p. 134a); b) 1680 lis des vallées « muguet » (Rich.); c) 1840 lis de Saint-Jacques « amaryllis » (Ac. Compl. 1842); d) 1896 lis d'eau « nénuphar » (Roll. Flore t. 1, p. 148). Forme du plur., qui a éliminé le sing. *lil, du lat. lilium « lis », qui ne semble attesté que chez Béroul, Tristan, éd. E. Muret4, 2738. Fréq. abs. littér. : Lis : 483. Lys : 774. Fréq. rel. littér. Lis : xixes. : a) 583, b) 952; xxes. : a) 742, b) 599. Lys : xixes. : a) 872, b) 1 468; xxes. : a) 1 639, b) 774. Bbg. Buyssens (E.). Le Double probl. de la fleur de lis. Arch. ling. 1951, t. 3, pp. 38-44. - Rommel 1954, p. 110, 117.

Wiktionnaire

Nom commun

lis \lis\ masculin invariable

  1. (Botanique) Genre de liliacées qui porte, sur une haute tige, des fleurs à trois pétales et trois sépales pétaloïdes.
    • Le suc d’oignons de lis étoit tenace, gluant; il fallut pour en avoir un peu, le ramasser avec un couteau : il étoit couleur de café au lait; […]. — (Jean-Étienne Guettard, Mémoires sur différentes parties des sciences et arts, Paris : Laurent Prault, 1770, tome 2, page L)
    • Il faut vraiment n'avoir jamais mis les pieds à la campagne pour s'imaginer que le lis blanc, le lis immaculé, le lis parfumé, croît ailleurs que dans nos jardins et nos serres; nos lis des champs sont petits, rouges, inodores et maculés de noir! — (Marie-Victorin, « L'étude des sciences naturelles », Revue canadienne, vol. 20, no 4, octobre 1917)
  2. Fleur du lis blanc.
    • Elle semblait faite pour glisser, en robe blanche, dans des paysages liturgiques, une branche de lis ou un rameau d’or à la main. — (Octave Mirbeau, Le colporteur,)
    • Le lis est le symbole de la virginité, de la candeur, de l’innocence, de la pureté.
  3. (Figuré) Couleur très blanche de la fleur.
    • Teint de lis, teint de lis et de rose, […]
  4. (Par ellipse) Fleur de lis.
    1. (En particulier) (Histoire) Marque représentant une fleur de lis, qu’on imprimait anciennement, avec un fer chaud, sur l’épaule des malfaiteurs condamnés à une peine afflictive et infamante.
    2. (Héraldique) Fleur de lis.
      • Autrefois l’écu de France avait trois fleurs de lis d’or en champ d’azur.

Forme de verbe

lis \li\

  1. Première personne du singulier de l’indicatif présent de lire.
    • Julien se désabsorbe à regret de sa contemplation alphabétique et plafonnière, récite béat : je lis tu lis nous lisons, buvez du lait de bison. — (Jacques Fulgence, La Loire prend sa source au mont Gerbier de Jonc (nouvelles), 1993)
  2. Deuxième personne du singulier de l’indicatif présent de lire.
    • "Dis-moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es" : il est vrai, mais je te connaîtrai mieux si tu me dis ce que tu relis. — (François Mauriac, Mémoires intérieurs)*
  3. Deuxième personne du singulier de l’impératif de lire.

Nom commun

lys \lis\ masculin, singulier et pluriel identiques

  1. Variante orthographique de lis.
    • […] et la nuit n’était troublée que par les brusques paraboles des fusées éclairantes qui montaient aux deux côtés du marécage et, parvenues au sommet de leur courbe, ouvraient leurs cônes blancs et s’épanchaient doucement comme des lys renversés. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, page 102)
    • Le jeune businessman rencontra Édolfius et offrit des lys roses à la mère de Tatiana. — (Sylvain Tesson, Une vie à coucher dehors, Gallimard (folio), 2009, p. 28.)

Adjectif

lys

  1. Clair.
  2. Blond.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LIRE. (Je lis; nous lisons, etc. Je lus. Je lirai. Lis. Que je lise.) v. tr.
Suivre des yeux ce qui est écrit ou imprimé, avec la connaissance des sons que les lettres figurent; soit en ne proférant pas les mots, soit en les proférant à haute voix. Apprendre à lire. Lire couramment. Il ne sait ni lire ni écrire. Il lit bien le grec, l'hébreu. Il s'est fatigué la vue à lire de vieux manuscrits. Une écriture difficile à lire. Il signifie quelquefois Comprendre ce qui est écrit ou imprimé dans une langue étrangère. Il ne parle pas l'anglais, mais il le lit avec assez de facilité. Par analogie, Lire la musique, Parcourir des yeux une musique notée, avec la connaissance des sons que les notes figurent et des diverses modifications que ces sons doivent recevoir. Il signifie aussi Prononcer à haute voix, avec l'intonation voulue, ce qui est écrit ou imprimé. Il lit bien, il lit mal. Il lit distinctement. Il ne sait pas lire. Il nous a lu un long discours. Je vais vous lire mes vers. Ce prince avait l'habitude de se faire lire quelque bon livre pendant ses repas. Il se dit encore en parlant des Lectures qu'on fait pour s'instruire, pour s'amuser, pour s'informer, etc. Lire un volume de vers. Lire un roman. Lire un billet, une lettre. Lire la messe. Lire une dépêche chiffrée. Dans le premier sens, on l'emploie souvent absolument. C'est un homme qui a beaucoup lu. Il passe son temps à lire. Fig., C'est un ouvrage qu'on ne peut lire, se dit d'un Ouvrage ennuyeux, ou mal écrit, ou surtout licencieux. Fig. et fam., Ce livre, cet ouvrage se laisse lire, On le lit sans fatigue, sans ennui.

LIRE se dit encore en parlant de Quelque livre qu'un professeur explique ou fait expliquer à ses auditeurs et qu'il prend pour sujet des leçons qu'il leur donne. Notre professeur nous lisait Homère. Il signifie au figuré Pénétrer quelque chose d'obscur ou de caché. Lire dans la pensée, dans le cœur, dans les yeux de quelqu'un. Je lis sur votre visage que vous êtes mécontent. Lire dans les astres, dans l'avenir.

Littré (1872-1877)

LIS (l'Académie dit qu'on prononce lis' en parlant de la fleur, li dans fleur de lis, armes de la maison de Bourbon, et de nouveau lis' dans la locution l'empire des lis, le royaume des lis pour dire la France : en un mot, lis, toutes les fois qu'il est hors de la fleur de lis du blason se prononce lis') s. m.
  • 1Plante bulbeuse qui porte, sur une haute tige, des fleurs blanches à six folioles (genre lilium, famille des liliacées). Tel en un secret vallon Sur le bord d'une onde pure Un jeune lis, l'amour de la nature, Croît à l'abri de l'aquilon, Racine, Athal. II, 9. Tel un sauvage lis, Confiant au désert le parfum qu'il exhale, Cache aux vents indiscrets sa beauté virginale, Delille, Trois règnes, V. Quand un lis virginal penche et se décolore Par un ciel brûlant desséché, Delavigne, Paria, II, 6.

    Lis blanc ou commun, lilium candidum, L. ; lis turban, lilium pomponium, L. ; lis de Chalcédoine, lilium chalcedonicum, L. ; lis martagon, lilium martagon, L.

  • 2La fleur du lis blanc. La blancheur des lis. Blanc comme un lis.

    Fig. Teint de lis, teint de lis et de rose, teint extrêmement blanc, teint blanc et vermeil.

    Poétiquement, on dit les lis de son teint, de son visage. Et les lis de son teint seraient-ils effacés ? Tristan, Mariane, V, 2. Les roses et les lis de votre beau visage, Tristan, M. de Chrispe, II, 3. Je trouvai Mademoiselle de Sceaux très belle, le teint du plus grand éclat du monde, des lis et des roses en abondance, Retz, I, 6. Attends, discret mari, que la belle en cornette Le soir ait étalé son teint sur la toilette, Et, dans quatre mouchoirs de sa beauté salis, Envoie au blanchisseur ses roses et ses lis, Boileau, Sat. X.

  • 3En armoiries, fleurs de lis, armes des rois de France, imitant très imparfaitement trois fleurs de lis unies ensemble, celle du milieu droite, et les deux autres ayant leurs sommités courbées en dehors. Les rois de France portent d'azur à trois fleurs de lis d'or. Et mentiront les prophéties De tous ces visages pâlis, Dont la vaine étude s'applique à chercher l'an climatérique De l'éternelle fleur de lis, Malherbe, III, 1. Les armoiries des rois de France ne ressemblèrent jamais à des lis ; c'est évidemment le bout d'une hallebarde, telles qu'elles sont décrites dans les mauvais vers de Guillaume le Breton, Voltaire, Mœurs, 75. Il est certain que, ni en pierre, ni en métal, ni sur les médailles ni sur les sceaux, on ne trouve aucun vestige véritable de fleurs de lis avant Louis le Jeune ; c'est sous son règne, vers 1147, que l'écu de France commença d'en être semé, Saint-Foix, Ess. Hist. Paris, Œuv. t. IV, p. 107, dans POUGENS. C'est sous Charles V que les fleurs de lis, qui étaient sans nombre dans l'écu de France, commencèrent à être réduites à trois, en l'honneur, dit un historien, de la sainte Trinité, Saint-Foix, ib. p. 108.

    Poétiquement. Les fleurs de lis, le royaume de France. Vole vite, et de la contrée Par où le jour fait son entrée, Jusqu'au rivage de Calis, Conte sur la terre et sur l'onde Que l'honneur unique du monde C'est la reine des fleurs de lis, Malherbe, III, 2. Qui n'a vu dessous leurs combats [des Français] Le Pô mettre les cornes bas, Et les peuples de ses deux rives, Dans la frayeur ensevelis, Laisser leurs dépouilles captives à la merci des fleurs de lis ? Malherbe, IV, 5.

    Les lis se dit quelquefois pour les fleurs de lis. Que nos campagnes ne voient jamais les lis déployés contre les lis, Massillon, Or. fun. Madame. Ces juges, ces pairs avilis Qui te prédisent des merveilles [au duc de Bordeaux], De mon temps juraient que les lis Seraient le butin des abeilles [armoiries des Napoléons], Béranger, les Deux cousins.

    Poétiquement. Les Lis, se disaient autrefois de la France (on met une majuscule). L'empire des Lis. Le trône des Lis.

    Ceindre les lis, devenir roi ou reine de France. Lorsqu'aux yeux du peuple que j'aime Je ceignis les lis éclatants, Béranger, Mar. Stuart.

    Les lis ne filent point, c'est-à-dire le royaume de France ne peut être tenu par des femmes (phrase tirée de l'Évangile de saint Mathieu, VI, 28, et détournée de son sens, pour être appliquée comme décision divine en faveur de la loi salique). On a oublié que les léopards, qui sont (on ne sait pourquoi) les armoiries d'Angleterre, ne filent pas plus que les lis qui sont (on ne sait pourquoi) les armoiries de France, Voltaire, Dict. phil. Loi salique.

    Siéger, être assis sur les fleurs de lis, s'est dit des membres d'une cour supérieure, par allusion aux tapis semés de fleurs de lis dont leurs siéges étaient couverts. Il fallait qu'un magistrat dît son avis assis sur les fleurs de lis, sans en avoir communiqué avec personne, Retz, II, 151. [Les juges] qui ne donnent à leurs charges que les restes d'une oisiveté languissante, comme s'ils n'étaient juges que pour être de temps en temps assis sur les fleurs de lis, Fléchier, Lamoignon.

  • 4Ordre du Lis, ordre créé par Louis XVIII en 1816, qui n'était guère qu'un signe de ralliement.
  • 5Fleur de lis, fer marqué de plusieurs petites fleurs de lis que le bourreau appliquait sur l'épaule de certains condamnés ; c'est ce qu'on nommait la marque, aujourd'hui abolie. Je fus connu, mais par mon infamie, Comme un gredin, que la main de Thémis A diapré de nobles fleurs de lis Par un fer chaud, gravé sur l'omoplate, Voltaire, le Pauvre diable.
  • 6Chevalier du lis, nom, à Rome, de trois cent soixante chevaliers dont on attribue l'institution à Paul III, pour la défense du patrimoine de Saint-Pierre
  • 7Lis d'or, monnaie de la valeur de sept francs ; lis d'argent, monnaie d'argent qui valait vingt sols. Ces monnaies furent frappées sous Louis XIV en 1655, et n'eurent cours que pendant très peu de temps.
  • 8Nom, chez les Juifs, d'un bijou. Elle prit une chaussure très riche, des bracelets, des lis d'or, des pendants d'oreilles, des bagues, Sacy, Bible, Judith, X, 3.
  • 9Genres de la famille des liliacées : lis asphodèle ou lis jaune, hemerocallis flava, L. ; lis de Saint-Bruno ou des Allobroges, anthericum liliastrum, L. ; lis de mai, ou des vallées, le muguet, convallaria maialis, L.

    Genres de la famille des amaryllidées : lis de Saint-Jacques, amaryllis formosissima, L. ; lis jaune doré, amaryllis aurea, L. Lis de Guernesey, l'amaryllis grenesia, naturalisé à Guernesey, dit-on, par suite d'un naufrage, Le Héricher, Hist. et Gloss. t. II, p. 441.

    Lis mathiole, pancratium maritimum, L. ; lis des Incas, alstroemeria peregrina, L.

    Iridées : lis des marais, iris pseudo-acorus, L. ; lis d'Espagne, iris xiphioides, EHR.

    Familles dicotylédonées : lis de Surate, hibiscus suratensis, L. ; lis des étangs, nymphea alba, L.

  • 10Petite constellation boréale, dite quelquefois Mouche.
  • 11Lis de mer, espèce d'encrine.

REMARQUE

L'Académie met une majuscule à Lis quand il signifie la France ; cependant elle n'en met pas à léopard quand il signifie l'Angleterre. Il y a inconséquence. Le mieux serait de n'en mettre ni à l'un ni à l'autre.

HISTORIQUE

XIIe s. Si cum li liz est entre les espines, ensi est m'amie entres les filhes, Job, p. 441. Dame, mar [à male heure] [je] vi le clair vis et la face, Où rose et lis florissent chascun jour, Couci, X. Qui dunc veïst le sanc et le cervel chaïr, E sur le pavement l'un od l'autre gesir, De roses et de lilies [prononcez lis] li peüst sovenir, Th. le mart. 151.

XIIIe s. Vermeille ert [elle était] come rose, blanche com flor de lis, Berte, XX.

XIVe s. [Le roi de Navarre haranguant le peuple de Paris dit] qu'il aimoit moult le royaume de France, et qu'il y estoit bien tenu, car il estoit des fleurs de lys de tous costés [parent de la famille royale], Chr. de St Denis, t. II, p. 250, dans LACURNE.

XVe s. Bel oncle de Berry, nous ne voulons pas que vous nous eloigniez notre cousine votre fille des fleurs de lys, nous lui pourvoirons un mariage bon et bien seant pour elle, Froissart, III, IV, 34.

XVIe s. Jà le laurier te prepare couronne ; Jà le blanc lis dedans ton bers fleuronne, Marot, I, 228. D'autres couleurs que de blanches y a il des lys venans d'eux-mesmes sans artifice, comme des rouges et violets, aucunement dissemblables en figure aux francs, De Serres, 575. Ne cerchez pas en leur cœur les armoiries de Lorraine… n'autre que des fleurs de lys toutes pures et nettes, si vivement empreintes qu'ils ne souffriront à nul, quel qu'il soit, braver l'amour du roy ne du nom françois, R. de la Planche, Livre des marchands, édit. du Panthéon, p. 429.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

1. LIS. Ajoutez :
12 Arbre aux lis, le tulipier et plusieurs magnolias de l'Amérique du nord, Baillon, Dict. de botan. p. 247.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

LIS, lilium, s. m. (Hist. nat. Botan.) genre de plante dont la fleur forme une espece de cloche. Elle est composée de six pétales plus ou moins rabattues en dehors ; il y a au milieu un pistil qui devient dans la suite un fruit oblong ordinairement triangulaire & divisé en trois loges. Il renferme des semences bordées d’une aîle & posées en double rang les unes sur les autres. Ajoutez aux caracteres de ce genre la racine bulbeuse & composée de plusieurs écailles charnues qui sont attachées à un axe. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Lis-asfodele, lilio asphodelus, genre de plante à fleur liliacée monopétale ; la partie inférieure de cette fleur a la forme d’un tuyau, la partie supérieure est divisée en six parties. Il sort du fond de la fleur un pistil qui devient dans la suite un fruit presqu’ovoïde, qui a cependant trois côtes longitudinales ; il est divisé en trois loges & rempli de semences arrondies. Ajoutez à ces caracteres que les racines ressemblent à des navets. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Lis blanc, (Botan.) c’est la plus commune des 46 especes de Tournefort du genre de plante qu’on nomme lis. Cette espece mérite donc une description particuliere. Les Botanistes nomment le lis blanc lilium album vulgare, J. Bauh. 2. 685. Tournefort, I. R. H. 369. lilium album, flore erecto, C. B. P. 76.

Sa racine est bulbeuse, composée de plusieurs écailles charnues, unies ensemble, attachées à un pivot, & ayant en dessous quelques fibres. Sa tige est unique, cylindrique, droite, haute d’une coudée & demie, garnie depuis le bas jusqu’au sommet de feuilles sans queues, oblongues, un peu larges, charnues, lisses, luisantes, d’un verd-clair, plus petites & plus étroites insensiblement vers le haut, & d’une odeur qui approche du mouton bouilli quand on les frotte entre les doigts. Ses fleurs ne se développent pas toutes ensemble ; elles sont nombreuses & rangées en épi à l’extrémité de la tige sur une hampe : elles sont belles, blanches, odorantes, composées de six pétales épais, recourbés en dehors, & représentant en quelque maniere une cloche ou une corbeille ; leur centre est occupé par un pistil longuet à trois sillons, d’un blanc verdâtre & de six étamines de même couleur, surmontées de sommets jaunâtres. Le pistil se change en un fruit oblong, triangulaire, partagé en trois lobes remplis de graines roussâtres, bordées d’un feuillet membraneux, posées les unes sur les autres à double rang.

Les feuilles, les tiges & les oignons de cette plante sont remplis d’un suc gluant & visqueux : on la cultive dans nos jardins pour servir d’ornement, à cause de sa beauté & de sa bonne odeur. On dit qu’elle vient d’elle-même en Syrie.

Ses fleurs & ses oignons sont d’usage en Medecine ; le sel ammoniacal qu’ils possedent, joint à une médiocre portion d’huile, forme ce mucilage bienfaisant d’où les oignons tirent leur vertu pour amollir un abscès, le conduire en maturité & à suppuration. On les recommande dans les brûlures, étant cuits sous la cendre, pilés & mêles avec de l’huile d’olive ou des noix fraîches. (D. J.)

Lis de saint Bruno, liliastrum, genre de plante à fleur liliacée, composée de six pétales, & ressemblant à la fleur du lis pour la forme. Il sort du milieu de la fleur un pistil qui devient dans la suite un fruit oblong : ce fruit s’ouvre en trois parties qui sont divisées en trois loges & remplies de semences anguleuses. Ajoutez aux caracteres de ce genre que les racines en sont en forme de navets, & qu’elles sortent toutes d’un même tronc. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Lis-jacinthe, lilio hiacinthus, genre de plante à fleur liliacée, composée de six pétales, & ressemblant à la fleur de la jacinthe ; ce pistil devient dans la suite un fruit terminé en pointe, arrondi dans le reste de son étendue, & ayant pour l’ordinaire trois côtes longitudinales. Il est divisé en trois loges, & rempli de semences presque rondes. Ajoutez à ces caracteres que la racine est composée d’écailles comme la racine du lis. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Lis-narcisse, lilio-narcissus, genre de plante à fleur liliacée, composée de six pétales disposés comme ceux du lis : le calice, qui est l’embrion, devient un fruit ressemblant pour la forme à celui du narcisse. Ajoutez à ces caracteres que le lis-narcisse differe du lis en ce que sa racine est bulbeuse & composée de plusieurs tuniques, & qu’il differe aussi du narcisse en ce que sa fleur a plusieurs pétales. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante.

Lis des vallées, (Botan.) genre de plante que les Botanistes nomment lilium convallium, & qu’ils caractérisent ainsi. L’extrémité du pédicule s’insere dans une fleur monopétale en cloche pendante en épi, & divisée au sommet en six segmens. L’ovaire croît sur la sommité du pédicule au-dedans de la fleur, & dégénere en une baie molle, sphérique, pleine de petites semences rondes, fortement unies les unes aux autres.

Observons d’abord que le nom de lis est bien mal donné à ce genre de plante, qui n’a point de rapport aux lis : observons ensuite que le petit lis des vallées, lilium convallium minus de Bauhin, n’appartient point à ce genre de plante, car c’est une espece de similax.

M. de Tournefort compte sept especes véritables de lis des vallées, dont la principale est le lis des vallées blanc, lilium convallium album, que nous appellons communément muguet. Quelquefois sa fleur est incarnate, & quelquefois double, panachée. Voyez la description de cette plante au mot Muguet. (D. J.)

Lis des vallées, (Mat. med.) Voyez Muguet.

Lis ou Lis blanc, (Chimie, Pharmacie, & Mat. med.) La partie aromatique de la fleur des lis n’en est point séparable par la distillation ; l’eau qu’on en retire par ce moyen n’a qu’une odeur desagréable d’herbe, & une très-grande pente à graisser. Voyez Eaux distillées. L’eau de lis que l’on trouve au rang des remedes dans toutes les pharmacopées, & qui est fort vantée, comme anodine, adoucissante, &c, doit donc être bannie des usages de la Medecine.

L’huile connue dans les dispensaires sous les noms d’oleum lirinum, crinimum & susinum, qu’on prépare en faisant infuser les fleurs des lis dans de l’huile d’olive, est chargée de la partie aromatique des lis, mais ne contient pas la moindre portion du mucilage qui constitue leur partie vraiment médicamenteuse. L’huile de lis n’est donc autre chose que de l’huile d’olive chargée d’un parfum leger, peu capable d’altérer les vertus qui lui sont propres, & par conséquent un remede qui n’augmente pas la somme des secours pharmaceutiques. Voyez Huile.

Les fleurs de lis cuites dans l’eau & réduites en pulpe, sont employées utilement dans les cataplasmes émolliens & calmans ; mais l’on emploie beaucoup plus communément les oignons de cette plante préparés de la même maniere ; ces oignons sont un des ingrédiens les plus ordinaires des cataplasmes dont on se sert dans les tumeurs inflammatoires qu’on veut conduire à suppuration ; souvent même ce n’est qu’un oignon de lis cuit sous la cendre qu’on applique dans ces affections extérieures. Ce remede réussit presque toujours : ses fréquens succès en ont fait un médicament domestique dont personne n’ignore les usages. (b)

Lis de pierre, lilium lapideum ; (Hist. nat.) nom donné par quelques naturalistes à une pierre sur laquelle on voit en relief un corps qui ressemble à un lis. M. Klein croit que c’est une espece d’étoile de mer dont l’analogue vivant est étranger à nos mers ; il l’appelle entrochus ramosus. Il trouve que par la figure il a du rapport avec l’étoile de mer de Magellan. Quelques auteurs croient que cette pierre est la même que l’encrinos ou l’encrinite dont Agricola donne la description, aussi-bien que Lachmund dans son Oryctographia Hildesheimensis. Voyez l’article Encrinite. Cependant Scheuchzer appelle pierre de lis un fragment de corne d’ammon, sur la surface ou l’écorce de laquelle on voyoit comme imprimées des fleurs de lis semblables à celles qui sont dans les armes de France. Mais il paroît que c’est l’encrinos qui doit à juste titre rester en possession du nom de pierre de lis ou de lis de pierre. (—)

Lis, ou Notre Dame du Lis, (Hist. mod.) ordre militaire institué par Garcias IV. roi de Navarre, à l’occasion d’une image de la sainte Vierge, trouvée miraculeusement dans un lis, & qui guerit ce prince d’une maladie dangereuse. En reconnoissance de ces deux événemens, il fonda en 1048 l’ordre de Notre Dame du Lis, qu’il composa de trente-huit chevaliers nobles, qui faisoient vœu de s’opposer aux Mores, & s’en réserva la grande-maîtrise à lui & à ses successeurs. Ceux qui étoient honorés du collier, portoient sur la poitrine un lis d’argent en broderie, & aux fêtes ou cérémonies de l’ordre, une chaîne d’or entrelacée de plusieurs M M gothiques, d’où pendoit un lis d’or émaillé de blanc, sortant d’une terrasse de sinople, & surmonté d’une grande M, qui est la lettre initiale du nom de Marie. Favin, hist. de Navarre.

Lis, (Hist. mod.) nom d’un ordre de chevalerie institué en 1546 par le pape Paul III. qui chargea les chevaliers de défendre le patrimoine de saint Pierre, contre les entreprises de ses ennemis, comme il avoit établi pour le même but, ceux de saint Georges dans la Romagne, & de Lorette dans la Marche d’Ancone, quoique Favin rapporte l’origine de celui-ci à Sixte V. & le fasse de quarante-un ans postérieur à la création qu’en fit Paul III. selon d’autres auteurs.

Les chevaliers du lis étoient d’abord au nombre de cinquante, qu’on appelloit aussi participans, parce qu’ils avoient fait au pape un présent de 25000 écus, & on leur avoit assigné sur le patrimoine de saint Pierre, un revenu de trois mille écus, outre plusieurs privileges dont ils furent décorés. La marque de l’ordre est une médaille d’or que les chevaliers portent sur la poitrine ; on y voit d’un côté l’image de Notre-Dame du Chesne, ainsi nommée d’une église fameuse à Viterbe, & de l’autre un lis bleu céleste sur un fond d’or, avec ces mots : Pauli III. Pontific. Max. Munus. Paul IV. confirma cet ordre en 1556, & lui donna le pas sur tous les autres. Les chevaliers qui le composent portent le dais sous lequel marche le pape dans les cérémonies lorsqu’il n’y a point d’ambassadeurs de princes pour faire cette fonction. Le nombre de ces chevaliers fut augmenté la même année jusqu’à trois cens cinquante. Bonanni, catalog. equestr. ordin.

Lis d’argent, (Monnoie.) monnoie de France, qu’on commença à fabriquer ainsi que les lis d’or, en Janvier 1656. Les lis d’argent, dit le Blanc, pag. 387, étoient à onze deniers douze grains d’argent fin, de trente pieces & demie au marc, de six deniers cinq grains trébuchant de poids chacune, ayant cours pour vingt sols, les demi-lis pour dix sols, & les quarts de lis pour cinq sols. (D. J.)

Lis d’or, (Monnoies.) piece d’or marquée au revers du pavillon de France. Ce fut une nouvelle espece de monnoie, dont la fabrication commença en Janvier 1656, & ne dura guere. Le lis d’or, dit le Blanc, pag. 387, pese trois deniers & demi-grain. Ils sont au titre de vingt-trois carats un quart, à la taille de soixante & demi au marc, pesant trois deniers trois grains & demi trébuchant, la piece, & ont cours pour sept livres. Voilà une évaluation faite en homme de métier, qui nous mettroit en état de fixer avec la derniere exactitude, s’il en étoit besoin, la valeur du lis d’or, vis-à-vis de toutes les monnoies de nos jours. Voyez Monnoie. (D. J.)

Lis, fleur de (Blason.) Voyez Fleur-de-lis, & lisez que ces fleurs ont été réduites à trois sous Charles V. & non pas sous Charles VII. Je persiste à regarder la conjecture de Chiflet comme plus hasardée que solide ; mais il est vraissemblable, que ce qui fut long-tems une imagination de peintres, devint les armoiries de France. D’anciennes couronnes des rois des Lombards, dont on voit des estampes fideles dans Muratori, sont surmontées d’un ornement semblable, & qui n’est autre chose, que le fer d’une lance lié avec deux autres fers recourbés. Quoi qu’il en soit, cet objet futile ne valoit pas la peine d’exercer la plume de Sainte-Marthe, de du Cange, de du Tillet & du P. Mabillon. Je ne parle pas de Chiflet, de la Roque, des PP. Tristan de Saint-Amand, Ferrand, Ménestrier & Rousselet, jésuites. Ces derniers écrivains ne pouvoient guere se nourrir d’objets intéressans. (D. J.)

Lis, s. m. (Ourdissage.) c’est la même chose que les gardes du rot, ou les grosses dents qui sont aux extrémités du peigne.

Lis, la (Géogr.) en latin Legia, riviere des pays-bas françois. Elle prend sa source à Lisbourg en Artois, & se jette dans l’Escaut à Gand. On voit que le nom de cette riviere, joint à ceux de l’Escaut, de la Meuse, du Rhin & de la Moselle, dans les vers des poëtes françois, lors des conquêtes de Louis XIV. en Flandres, ils lui disent sans cesse, d’une maniere ou d’autre, également éloignées de la vérité :

Et la Meuse, le Rhin, la Moselle & la Lis,
Admirant vos exploits, tendent les bras aux lis.


(D. J.)

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Étymologie de « lis »

Forme plurielle généralisée de l’ancien français lil, issu du latin lilium.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. lili, liri, lis ; catal. lliri ; esp. lis et lirio ; ital. giglio ; du lat. lilium ; grec, λείριον. Le français lis est l'ancien nominatif lis pour lils. On remarquera dans le XIIe siècle l'orthographe lilie par respect pour l'étymologie latine, bien que ce lilie fût monosyllabe.

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Phonétique du mot « lis »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
lis lis

Citations contenant le mot « lis »

  • Ne lis jamais une prose encore fraîche. De Jean Guitton
  • Je lis dans l'avenir la raison du présent. De Alphonse de Lamartine
  • Je ne lis rien de peur de trouver des choses bien. De Jules Renard
  • Dis-moi ce que tu lis, je te dirai à qui tu as volé ce livre. De Ilya Ilf / Calepin
  • Si tu crois tout ce que tu lis, tu ferais mieux de ne pas lire. De Proverbe japonais
  • L’amour est une rosée qui humecte à la fois les orties et les lis. De Proverbe scandinave
  • Je n’ai rien compris aux quatrièmes de couverture, c’est pour ça que je lis. De Prosper Mérimée
  • Je ne suis jamais seul, à moins que je lis. De Johnny Hallyday / TF1, 1989
  • Ce qui est important peut se trouver n'importe où... Alors je lis tout. De Jacques Bergier / Planète
  • Dis-moi ce que tu lis, et je te dirai qui tu es. De Pierre de La Gorce / Allocution - 7 Mai 1920
  • Je suis un optimiste. Je lis beaucoup la Bible qui est très réconfortante pour la vie quotidienne. De Prince / Le Figaro, interview, 24 juin 2011
  • Ma trinité, c'est la bouche de rose, le sein de lis, puis encore autre chose. De Evariste de Parny / La Guerre des dieux anciens et modernes
  • Je ne vois jamais mes films. Je ne lis pas les critiques. Je n’ai guère de repères. De Joaquin Phoenix / Télérama, 11 février 2015
  • Donnez des lis à pleines mains. Virgile en latin Publius Vergilius Maro, L'Énéide, VI, 884
  • Observez les lis des champs, comme ils poussent ; ils ne peinent ni ne filent. Or, je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. , Évangile selon saint Matthieu, VI, 28-29
  • Une réflexion est donc en cours sur de futures recommandations, afin d’envisager une utilisation optimale des actifs de propriété intellectuelle brevetables dans le secteur des industries créatives et culturelles, note Marc Lis. (Photo: Luxinnovation) , Mobilisation créative contre le Covid-19 | Paperjam News
  • Le rapport Global Systèmes d’information de laboratoire (LIS) Market met en évidence les facteurs de croissance des principaux segments et sous-segments, y compris la croissance du marché, les moteurs, les projections et le cadre des conditions actuelles du marché. Il présente une gestion protectrice et pré-planifiée du marché ainsi que la classification, la définition, la structure de la chaîne et les applications. Le rapport utilise l’analyse SWOT pour la recherche du marché mondial Systèmes d’information de laboratoire (LIS). Instant Interview, Mondial Systèmes d’information de laboratoire (LIS) Marché avec (Covid-19) Impact Analysis: Latest Industry Trends and Insights, 2020-2025 – Instant Interview
  • Le marché mondial du système d’information de laboratoire (LIS) présente une analyse approfondie et reconnue par les associés de l’état immédiat du marché. Le rapport d’analyse contient une étude approfondie et spécialisée de cet état de l’industrie, fournissant des informations sur la dynamique du marché des systèmes d’information de laboratoire (LIS) et les principaux acteurs. En outre, l’état historique du marché, le rapport du système d’information de laboratoire (LIS) fournit conjointement des moyens de marché rentables pour tirer parti de l’événement du marché au cours de la période de prévision (2020-2026). Le rapport examine en profondeur l’état passé et actuel du marché et fournit des estimations de prévisions précieuses et fiables pour les facteurs nécessaires sur le marché. Journal l'Action Régionale, Impact de l’opportunité sur le marché du système d’information de laboratoire COVID-19 2020-2026 LabWare, Apex Healthware, CloudLIMS, RURO – Journal l'Action Régionale
  • On les appelle mirbelliens. Comme il y a les céliniens, les proustiens, il y a les mirbelliens. Ceux qui ont un goût, un intérêt particuliers pour Octave Mirbeau (1848-1917). Ils ont leurs rendez-vous. Ils avaient leur revue, « Cahiers Octave Mirbeau », aujourd’hui remplacée par une autre qui lui ressemble, juste plus belle, portant pour titre « Octave Mirbeau études et actualités ». Ouvrant sur l’hommage à lui rendu par l’Académie royale de Belgique, le numéro 1 vient de sortir aux Editions du Petit Pavé (450 p., 26 euros). Willis from Tunis en a dessiné la couverture qui claque. L'Obs, Qu’est-ce que tu lis ? (4), par Delfeil de Ton
  • Alors déjà, il y a Urban Art Paris, qui porte principalement le projet et on est aussi accompagné d’une autre structure qui s’appelle All Mecen,  un site mettant en relation des personnes qui souhaitent soutenir et aider financièrement des artistes émergents. L’équipe se connait très bien, nous sommes une bande d’amis. Urban Art Paris c’est une petite famille, nous sommes 30 dans l’association à être des membres actifs et on a 400 adhérents. Il faut savoir qu’on est tous bénévoles, qu’on a tous des obligations professionnelles à côté, donc c’est un jeu d’équilibriste continu qu’on met en place chaque année pour mener à bien les projets. Le LaBel Valette c’est 6 mois de préparation, 6 mois de logistique. C’est une aventure humaine qui est assez unique parce qu’on vit sur place, avec les artistes muralistes qui sont en résidence. Il y a une vraie richesse humaine et un échange culturel qui se fait, comme dans le film L’Auberge Espagnole. À tous les niveaux, chacun trouve sa place et contribue directement et concrètement au festival. Artistikrezo, Sébastien Lis : "Il y a une vraie richesse humaine et un échange culturel qui se fait" - Artistikrezo
  • Sûr qu’il n’aurait pas dû faire ce voyage d’amitié littéraire franco-allemande. Le voyage à Weimar (patrie de Goethe). Octobre-novembre 1941. Une idée de Goebbels. Résultat : il est sur les listes des traîtres à éliminer, celle de New York et celle de Londres. Les coups de téléphone menaçants n’ont pas manqué de toute l’Occupation et plus la Libération approchait, plus ils se faisaient insistants. L'Obs, Qu’est-ce que tu lis ? (3), par Delfeil de Ton
  • Le Rapport a été réalisé grâce à une analyse approfondie de la dynamique du marché dans cinq régions, notamment en Amérique du Nord, en Europe, en Amérique du Sud, en Asie-Pacifique, au Moyen-Orient et en Afrique. La segmentation du marché de Système d’information de laboratoire (LIS) par composants, utilisateurs finaux et région a été effectuée sur la base d’une analyse et d’une validation approfondies du marché grâce à des contributions primaires approfondies d’experts de l’industrie (principaux leaders d’opinion des entreprises et des parties prenantes) et à des recherches secondaires (associations mondiales / régionales, revues spécialisées, livres blancs techniques, site Web de l’entreprise, dépôt de rapport annuel auprès de la SEC, et bases de données payantes). En outre, le marché Système d’information de laboratoire (LIS) a été estimé en utilisant diverses méthodologies de recherche et modèles de statistiques internes. Instant Interview, Rapport sur le marché Système d’information de laboratoire (LIS) mondial 2020 – Couvrant l’impact du COVID-19, informations financières, développements, analyse SWOT par les meilleures entreprises mondiales | CompuGroup Medical, McKesson Corporation, SCC Soft Computer, Cerner Corporation, Sunquest Information Systems – Instant Interview
  • 1901. C’était la République mais ce n’était pas encore la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Marcel Drouin et André Gide sont en correspondance. Ils ont la trentaine, sont beaux-frères. Gallimard a publié cette Correspondance l’an dernier, en novembre, pour le cent-cinquantenaire de Gide. Près de mille pages, grand format. Elle s’étend de 1890 à 1943, mort de Drouin, mais l’essentiel se situe autour de 1900. Gide, l’aîné de deux ans, s’est fait une place dans la presse littéraire. Drouin, prof de philo au Prytanée militaire de La Flèche, ambitionne d’avoir la sienne et Gide s’emploie à l’introduire. « La Revue blanche », rédacteur-en-chef Félix Fénéon, est un tremplin de premier ordre et Gide, qui y collabore en même temps qu’à la revue « L’Ermitage », l’y a fait entrer. Entre autres choses, il donne des notes de lecture. L'Obs, Qu’est-ce que tu lis ? (2), par Delfeil de Ton
  • Les plus belles choses de ce monde sont les plus inutiles : par exemple les paons et les lys. De John Ruskin / Les Pierres de Venise
  • Sage est l'homme qui, ayant deux pains, en vend un pour acheter un lys. De Proverbe chinois
  • Rappelez-vous que les plus belles choses de ce monde sont les plus inutiles : par exemple, les paons et les lys. John Ruskin, Les Pierres de Venise, I, 2 The Stones of Venice, I, 2
  • Observez les lis des champs, comme ils poussent ; ils ne peinent ni ne filent. Or, je vous dis que Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'a pas été vêtu comme l'un d'eux. , Évangile selon saint Matthieu, VI, 28-29
  • Donnez des lis à pleines mains. Virgile en latin Publius Vergilius Maro, L'Énéide, VI, 884
  • Si quelqu’un dans un jardin bien arrosé brise la violette, le pavot Et le lys hérissé de langues jaunes, Les fleurs fanées laissent soudain tomber leur tête flétrie, Ne se tiennent plus et regardent, de leur cime, la terre. De Ovide / Les Métamorphoses - Livre X
  • La France fut faite à coups d'épée. La fleur de lys, symbole d'unité nationale, n'est que l'image d'un javelot à trois lances. De Charles de Gaulle / La France et son armée

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Traductions du mot « lis »

Langue Traduction
Anglais lily
Espagnol lirio
Italien giglio
Allemand lilie
Chinois 百合
Arabe اقرأ
Portugais lírio
Russe лили
Japonais リリー
Basque lily
Corse lily
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Antonymes de « lis »

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