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Lion

Variantes Singulier Pluriel
Masculin lion lions

Définitions de « lion »

Trésor de la Langue Française informatisé

LION, LIONNE, subst.

I. − Subst. masc.
A. − Mammifère carnivore, de la famille des Félidés, de forte taille, caractérisé par sa face large, sa crinière touffue, son tronc et ses membres trapus, son pelage fauve, et vivant à l'état sauvage surtout en Afrique. Les lions reposaient la poitrine contre le sol et les deux pattes allongées (Flaub., Salammbô, t. 2, 1863, p. 155).Cette image de la force majestueuse, ce Jupiter des animaux, qu'on nomme le lion (Ch. Blanc, Gramm. arts dessin,1876, p. 11).V. aussi fauve II B ex. de A. Daudet, Tartarin de T., 1872, p. 30 :
1. Le lion jouit d'une force si puissante, il est armé de dents et de griffes si redoutables, que presque tous les animaux le fuient avec un profond sentiment d'effroi. Suivant le rapport des voyageurs qui n'ont pas craint de parcourir les déserts embrasés, où ses muscles vigoureux et son naturel dominateur peuvent acquérir un entier développement, les chiens, les chevaux, les bœufs, perdent tout courage à son aspect... Cabanis, Rapp. phys. et mor., t. 2, 1808, p. 330.
SYNT. Lion roux; lion de l'Atlas; crinière, dent, griffe, gueule, mufle, peau, rugissement de/du lion; courage de lion; chasse aux lions.
Loc. verb. fig., pop. et fam. Bouffer, manger du lion. Avoir, manifester une énergie extraordinaire. Qu'est-ce qui vous a pris, ma petite Lulu? Vous avez mangé du lion (Sartre, Mur,1939, p. 108).
Proverbe Un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort/chien en vie vaut mieux que lion mort. V. chien1II B 4 a.
MYTH. Lion néméen/de Némée. Lion tué par Hercule en Argolide. Hercule combattait le lion de Némée (...). Parfois il étreignait le monstre dans ses bras (Banville, Exilés,1874, p. 21).
P. métaph. C'était [Stanley] le lion au repos, un lion correct, qui comprimait ses bâillements et de temps en temps, dans un rapide sourire, montrait ses crocs étincelants (L. Daudet, Entre-deux-guerres,1915, p. 282).
Loc. adj. De lion. Synon. de léonin.Elle le regardait avec des yeux de tigresse : lui la fixait avec des yeux de lion, car il était en colère (Gobineau, Nouv. asiat.,1876, p. 66).Henley avait un masque de lion, des moustaches fauves et grises, une figure formidable dont l'imposant aspect était parfois joyeusement transformé par les éclats d'un rire immense (Valéry, Entret. avec F. Lefèvre,1926, p. 14).
B. − P. méton.
1. Représentation de cet animal, à valeur décorative ou symbolique. Une admirable statue (...) représentait le génie de la douleur, appuyé sur un lion, emblême de la force (Staël, Corinne, t. 2, 1807, p. 44).Statues Aux mains jointes, d'habits seigneuriaux vêtues, L'homme avec son lion, la femme avec son chien (Hugo, Légende, t. 2, 1859, p. 525).Têtes de lions qui terminaient les bras de son fauteuil (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 381).
Lion de Belfort. Lion exécuté par Bartholdi pour symboliser la résistance de cette ville en 1870. Ils ont brûlé Jeanne d'Arc et si on les avait laissé faire, ils auraient tondu le lion de Belfort en caniche (Prévert, Paroles,1946, p. 46).
2. Spécialement
a) HÉRALD. Figure d'armoiries représentant un lion sous diverses attitudes. Il porte d'argent au lion léopardé de sable, armé, lampassé et couronné de gueules, à la queue nouée, fourchue et passée en sautoir (Sandeau, Sacs,1851, p. 3):
2. Lion. L'attitude ordinaire de cet animal est d'être debout, sur ses pattes de derrière, la tête de profil. C'est le lion [it. ds le texte] rampant (...). Si le lion est représenté reposant sur trois pattes, la patte antérieure dextre levée, la tête de profil, il est dit passant, ou léopardé. (...) si le lion, reposant sur trois pattes, la patte antérieure dextre levée, a la tête de face, on le nomme léopard. On appelle léopard lionné un lion rampant ayant la tête de face. L'Hist. et ses méth.,1961, p. 762.
P. méton. Peuple symbolisé par un lion. Lion belge/(de) Belgique. À côté de Waterloo, nom flamand, le Mont Saint-Jean, nom français. C'est là, au point de section des deux langues, que s'est combattue la bataille des races celtique et germanique : le lion belge et le lion britannique, contre l'aigle (Michelet, Chemins Europe,1874, p. 206).
b) ICONOGR. RELIG. Figure de lion ailé symbolisant l'Évangéliste Saint Marc. Le lion de S. Marc (...) me paraît facile à comprendre, si l'on veut considérer que S. Marc, c'est l'école essénienne se ralliant au Messie. Le lion, qui vit au désert et qui passe pour le roi du désert, convenait bien à cette secte (P. Leroux, Humanité, t. 2, 1840, p. 827).Dans les grandes églises (...) un pupitre que supporte un aigle (...) quelquefois accompagné de l'ange, du lion et du bœuf, qui, avec lui, forment les attributs des quatre évangélistes (Lenoir, Archit. monast.,1852, p. 341).
P. méton. [Les reliques de saint Marc étant réputées se trouver à l'église Saint Marc de Venise] Ancienne république de Venise; peuple vénitien. Les Français doivent sortir de Venise (...). Il appartenait au lion de Saint-Marc, disent les officiers vénitiens, de vérifier le proverbe que l'Italie est le tombeau des Français (Las Cases, Mémor. Ste-Hélène, t. 1, 1823, p. 703).
CIN. ,,Lion de Venise, récompense décernée à un film primé lors de la biennale de Venise`` (Lar. Lang. fr.). La métamorphose d'un décor naturel en décor artificiel (...) lui servira [à Antonioni] de contrepoint à la dégradation d'un couple dans « Le Désert rouge », qui obtint le Lion d'Or au Festival de Venise en 1964 (Télé 7 jours, 28 mars-3 avr. 1981, no1087, p. 62).
c) NUMISM. Ancienne monnaie portant l'image d'un lion. Et paierez à l'official trois lions d'or, en réparation des crimes, par vous commis (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 367).
3. [Avec une valeur symbolique et peut-être une relation anal. plus ou moins nettes] ALCHIM. (Symbole du) soufre. Le lion, hiéroglyphe du principe fixe et coagulant appelé communément soufre, porte des ailes afin de montrer que le dissolvant primitif, en décomposant et en réincrudant le métal, donne au soufre une qualité volatile sans laquelle sa réunion au mercure deviendrait impossible (Fulcanelli, Demeures philosophales, t. 2, 1929, p. 228).Animaux de même espèce et de sexe différent (lion-lionne, chien-chienne, etc.) : Soufre et Mercure préparés pour l'Œuvre; fixe et volatif (mâle = le Soufre, principe fixe; femelle = le Mercure, principe volatil) (S. Hutin, l'Alchimie, Paris, P.U.F., 5eéd. 1975, p. 24).
Lion vert. Mercure philosophal, sulfate ferreux. La pierre philosophale, le mercure; − non le mercure vulgaire qui n'est pour les alchimistes qu'un sperme métallique avorté, − mais le mercure des philosophes, appelé aussi le lion vert (Huysmans, Là-bas, t. 1, 1891, p. 126).
C. − P. anal.
1.
a) ASTRON. ,,Constellation zodiacale qui donne son nom au 5esigne du Zodiaque, signe dans lequel le soleil entre le 22 juillet`` (Bouillet 1859). Accours, reine du ciel, éternelle Uranie, Soit que tes pas divins sur l'astre du Lion Marchent ou sur les feux du superbe Orion (Chénier, Amérique,1794, p. 105).Au solstice d'été et au lieu le plus élevé de la course du Soleil, qui répond au signe du lion, et dont le lever est précédé de celui du cancer, qu'il traverse avant d'atteindre le lion, lieu de son domicile, et où est le siége de sa plus grande puissance (Dupuis, Orig. cultes,1796, p. 185):
3. Jupiter et Mars sont ensemble dans le Lion [it. ds le texte]. Si vous vous levez avant le jour, vous verrez les deux planètes, la rouge et la jaune, au milieu du ciel; et à leur droite vous reconnaîtrez le point d'interrogation renversé qui dessine la tête du Lion [it. ds le texte]. Ces grandes figures ont épouvanté les peuples. Alain, Propos,1933, p. 1119.
b) ASTROL. Signe astrologique correspondant à ce signe du zodiaque. Être du lion. Son intérêt pour l'argent (...) n'est pas le même que celui de Louis XIII ou de Louis XIV dont la base était l'or. Leur Mars se trouvait dans les signes de feu Lion et Sagittaire ce qui lui donnait une grande virulence (Beer1939, p. 74).
P. méton. Personne appartenant à ce signe. Lion. 23 juillet-23 août. Toujours une configuration extrêmement constructive et riche qui joue sur vous, Lions du premier décan, dont les mérites devraient enfin être reconnus : nés à cheval sur les deux mois, l'influx est le plus fort (Télé 7 jours,13 déc. 1980, no1072, p. 138).
2. ZOOLOGIE
a) Lion (d'Amérique/du Pérou). Synon. de puma.Voici le lion, un des cinq « pumas » de Sarah Bernhardt (...). Il a des allongements de cuisse terribles, des griffes (Renard, Journal,1896, p. 312).
b) Lion marin/de mer. Phoque ou otarie dont certaines espèces se caractérisent par une crinière. Les lions marins, ces lourds amphibies semblables à des tonnes d'huile, ont deux fortes dents recourbées (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 243).Il a poussé mes flots devant lui comme le lion de mer pousse ses lionceaux (Quinet, Ahasvérus,1833, 1rejourn., p. 71).
c) Lion des pucerons. Larve d'un insecte névroptère qui se nourrit de pucerons. Le lion des pucerons (on appelle ainsi un petit ver) (Michelet, Insecte,1857, p. 262).V. aussi barbé ex. 2.
D. − P. métaph.
1. [À propos d'hommes]
a) [Avec une idée de férocité, de puissance déchaînée] Se battre, se défendre comme un lion. Le lion de la guerre, le terrible Malek Adhel l'accompagnera : ils feront briller leur glaive destructeur, et tout tombera devant eux (Cottin, Mathilde, t. 1, 1805, p. 198).Fou de colère après seize mois de prison, ivre de haine jusqu'au crime et à la trahison, il [Condé] revient, lion maté par le renard Mazarin (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 190).
Expressions
Lion populaire (vieilli). Synon. littér. de peuple.Plus d'acclamations du lion populaire Qui rétracte sa griffe en masquant sa colère (Jammes, De tout temps,1935, p. 21).
L'antre/la caverne du lion. [P. allus. à La Fontaine, Fables, Livre VI, fable XIV : Le lion malade et le renard] Endroit où s'exerce le pouvoir absolu, la malveillance, la cruauté de certaines personnes et où il est dangereux de s'introduire. L'archevêque, homme politique, eut de ces semblants à plus d'une reprise : « Que l'on se rapproche et puis on verra », disait-il. Arnault n'était pas tenté de se rapprocher de la caverne du lion (Sainte-Beuve, Port-Royal, t. 5, 1859, p. 166).
La cage/la fosse aux lions. [P. allus. au Livre de Daniel, 6, au 1erLivre des Maccabées, 2, 60] Même sens. Daniel, vous allez descendre dans la fosse aux lions. Les lions littéraires vont venir rugir autour de vous, puis vous flairer avec effroi, puis avec haine, puis ils vous déchireront (Vigny, Journal poète,1844, p. 1223).
La part/le partage du lion. [P. allus. à La Fontaine, Fables, Livre I, fable VI : La Génisse, la Chèvre et la Brebis en société avec le Lion] La plus grosse part, que s'adjuge abusivement le plus fort, le plus autoritaire. Le voleur est comme un bénéficiaire qui prend tout, qui fait le partage du lion (Proudhon, Propriété,1840, p. 328).
Battre un/le chien devant le lion. Cf. chien1II B 3 b.
Tourner comme un lion en cage. S'impatienter (avec une ,,idée de force impuissante, de courage ou de valeur inutile``) (d'apr. Rey-Chantr. Expr. 1979).
b) [Avec une idée d'excellence, de maîtrise souveraine] Grand lion. Que dites-vous du réveil du lion? Voilà donc enfin notre grand homme sorti de cette position douteuse et fausse qui paralysait son génie (M. de Guérin, Corresp.,1834, p. 142).Le vieux lion romantique [Delacroix], quelle fière allure! En voilà un décorateur qui faisait flamber les tons! Et quelle poigne! (Zola, Œuvre,1886, p. 44).
[Avec une valeur affective] Vous êtes mon lion superbe et généreux! (Hugo, Hernani, Paris, Ollendorff, 1912 [1836], III, 4, p. 587).
RELIG. Lion (de la tribu) de Juda. [P. allus. à l'Apocalypse, 5, 5] Synon. de Christ, Messie.Mon Dieu! Lui seul est puissant et juste (...). L'étoile de Jacob, le lion de la tribu de Juda, n'a été vaincu par aucune épreuve (Saint-Martin, Homme désir,1790, p. 64).
Expressions
Cœur de lion. Cf. cœur II C 1.P. méton. Homme brave. Qui sait jusqu'où pourrait aller l'influence d'une femme exaltée, même sur cet homme grossier, sur cette armure vivante? (...) Presser ce cœur de lion sur ton faible cœur (Musset, Lorenzaccio,1834, II, 3, p. 135).
Griffe du lion; à l'ongle on connaît le lion. Cf. griffe1I D 2 b p. méton.
Coudre la peau du renard à celle du lion. Cf. coudre1A 1 a loc.
C'est l'âne couvert de la peau du lion. [P. allus. à La Fontaine, Fables, Livre V, fable XXI : L'âne vêtu de la peau du lion] C'est un poltron qui prend l'air d'un brave. (Dict. xixeet xxes.).
2. [À propos de choses] Mon plaisir est un lion dévorant : Je porte en mon lit parfumé L'ardeur de la chasse royale (Valéry, Variété III,1936, p. 129).
E. − P. anal. [Au xixes. notamment]
1. Homme célèbre, personnage en vue. Les triomphes qui devaient faire de lui, le favori du public, l'émule des lions du jour (Cortot, Mus. fr. piano,1930, p. 64).À dix-huit ans il était déjà célèbre; bien plus que le coq du village, Roger fut le lion de sa province (La Varende, Nez-de-Cuir,1936, p. 16).À toutes les réunions, il était ce que nos grands-pères nommaient un « lion ». Tout lui réussissait (Guèvremont, Survenant,1945, p. 279).
2. Jeune homme élégant, qui vit dans le luxe et l'oisiveté. Il est au monde un être (on le nomme lion, Je ne sais trop pourquoi), dont la profession Est de n'en point avoir (...) Il compte pour ancêtre Les muguets, raffinés, mirliflors, petits-maîtres, Muscadins, merveilleux, incroyables (Pommier, Colifichets,1860, p. 116).Je menais une vie de lion, c'est ainsi qu'en ce temps-là, on appelait les élégants du boulevard; aujourd'hui on les nomme : Gandins (Avenel, Calicots,1866, p. 87).Avec une extrême élégance, Allan portait − pantalon à sous-pieds, gilet abondant, cravate en remous d'écume − le costume des jeunes lions de 1830 (Gracq, Beau tén.,1945, p. 159).
Rem. Lion est utilisé comme élém. de lexie complexe. a) Bot. α) Dent(-)de(-)lion. V. dent D 2 b bot. β) Gueule(-)de(-)lion. Synon. de gueule-de-loup (v. ce mot A bot.). Gillette : J'ai des gueules de lion (...). À Aix, c'est ce que nous avons de plus proche de l'orchidée (Giraudoux, Lucrèce, 1944, I, 1, p. 12). b) Zool. α) Chien-lion. ,,Chien produit par le croisement de l'épagneul et du petit danois, qu'on tond en lui laissant une sorte de crinière`` (DG). Ces petits chiens-lions, si chers à Mme de Pompadour, et dont quelques douairières de Saint-Germain ont conservé l'espèce (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 198). β) Fourmi-lion*.
II. − Subst. fém.
A. − Femelle du lion, dont la taille est inférieure à celle du mâle et qui est dépourvue de crinière. La lionne attaquant un lion de ses tentations tendres (...), l'entourant de ses chatteries puissantes (Goncourt, Journal,1868, p. 427).Au nom de quoi les sentiments désintéressés, le dévouement, la conscience professionnelle, etc.? Mais, au nom de quoi la lionne blessée se laisse-t-elle abattre pour ne pas quitter ses petits? (Martin du G., Thib., Épil., 1940, p. 964).La lionne, si le lion est tué, vous attaque, tandis que le lion, si la lionne est tuée, s'enfuit (Montherl., Malatesta,1946, III, 5, p. 501).V. aussi lionceau A ex. de Lamart., Cours litt., 1859, p. 296.
P. métaph. Femme qui évoque une lionne par son aspect extérieur, notamment par la blondeur de sa chevelure. On appelait lionnes les jeunes femmes blondes (Chateaubr., Rancé,1844, pp. 13-14).La violence sied à son visage de lionne blonde (Colette, Jumelle,1938, p. 249).
B. − P. méton. Représentation de cet animal. Je puis t'offrir la couronne Où s'enlace le tortil; Et deux lionnes dressées, De chaque côté placées, Soutiendront ton écusson (Dumas père, C. Howard,1834, I, 3, p. 237).Ils faisaient garder la porte de leurs acropoles par des lionnes de pierre à tête de bronze (Faure, Hist. art,1909, p. 78).
C. − P. anal., ZOOL. Lionne de mer. Femelle du lion de mer. Pourquoi ne voit-on plus, dans ses vagues stériles, La lionne de mer bondir autour des îles? (...) La lionne de mer cachée en ses roseaux Vers Fusine allaitait ses petits lionceaux (Quinet, Napoléon,1836, p. 185).
D. − P. métaph.
1. [À propos de femmes; avec une idée de fureur, d'âpreté] Je veux mon enfant! Je suis une lionne, je veux mon lionceau. (...) je vous maudirai, Seigneur, si vous me gardez mon enfant! (Hugo, N.-D. Paris,1832, p. 384).Prophétesse en courroux, triste et fière lionne (Banville, Cariat.,1842, p. 23).V. aussi fauve II D 1 ex. de Fromentin, Voy. Égypte, 1869, p. 45 et lionceau D 1 ex. de L. Daudet, Mésentente, 1911, p. 40.
2. [À propos d'inanimés] Tu t'es (...) épuisé à étreindre la réalité hideuse et féroce. Tu t'es battu avec cette lionne au poil rude (Sand, Lélia,1833, p. 320).La volonté, lionne à l'indomptable essor, Sous sa griffe superbe emporte au loin la vie (Samain, Chariot,1900, p. 143).
Emploi adj., rare. Une expression qui se fout d'être incorrecte et qui a bonne grâce dans sa hardiesse. J'aime cette façon lionne dans le style (Barb. d'Aurev., Memor. 2,1838, p. 316).
E. − P. anal. [Au xixes. notamment]
1. Femme qui remporte de nombreux succès mondains. Son arrivée [de la Comtesse de Boufflers à Londres] fut un événement (...) elle était la lionne du moment, le sujet de conversation à la mode (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 4, 1863, p. 212).Par l'effacement progressif de la duchesse de Guermantes (rassasiée d'honneurs, et s'annihilant par moindre effort), était en train de devenir la lionne, la reine du temps, la comtesse Molé (Proust, Sodome,1922, p. 746).V. aussi galant II B ex. de Ponson du Terr., Rocambole, t. 3, 1859, p. 111.
2. Femme au goût exagéré pour la toilette, aux mœurs libres. Elle veut monter à cheval, aller à toutes les chasses, à toutes les courses, parier, courir, fumer, devenir lionne enfin (A. Marie, Français peints par eux-mêmes, t. 5, La Belle-Mère, 1842, p. 234):
4. ... il était même allé jusqu'à lui offrir de l'épouser, et de lui donner ainsi les moyens de vivre en honnête femme, elle s'était montrée inflexible. Force avait donc été à M. D'O... de se résigner à perdre sa maîtresse, et à la voir, elle la lionne fringante de la veille, sous l'humble habit des Sœurs Grises. Ponson du Terr., Rocambole, t. 2, 1859, p. 77.
Emploi adj., rare. Les plus lionnes donneront des mille francs à poignées pour avoir la pareille [une parure de corail] (Balzac, Lettres Étr., t. 3, 1845, p. 120).
P. métaph. Si d'autres ont aimé la rime (...), nul n'a plus fait pour elle que M. de Banville (...). Il en a fait une lionne riche à faire pâlir Rothschild (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 10).
Prononc. et Orth. : [ljɔ ̃], fém. [ljɔn]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. I. A. 1. 1100 zool. (Roland, éd. J. Bédier, 2432); id. en la fosse des leons (ibid., 3105); 1121-34 fém. lëune (Philippe de Thaon, Bestiaire, éd. E. Walberg, 363); 2. 1100 p. compar. « le lion, symbole de la force » fiers cume lëuns (Roland, éd. J. Bédier, 1888); d'où 1609 « personne hardie, forte comme un lion » (Malherbe, Poésies, éd. L. Lalanne, I, 101, IV, 6); 3. ca 1135 « représentation du lion » escu a lïon (Couronnement de Louis, éd. Y. G. Lepage, réd. AB, 971); 1346 « sorte de monnaie » (Ord. II, 250 ds Gdf.); 1693 hérald. lion Belgique (Boileau, Ode sur la prise de Namur ds Littré); 1721 le lion de S. Marc (Trév.); 1718 le partage du lion (Le Roux, p. 299); 1832 se faire la part du lion (Hugo, N.-D. Paris, p. 213); 4. 1836 « marque du génie » la griffe du lion (Stendhal, L. Leuwen, t. 2, p. 300). B. P. anal. 1. 1119 « signe du zodiaque » (Philippe de Thaon, Comput, éd. E. Mall, 1318); 1130 « constellation » (Paraphrase Cantique des Cantiques, 1 ds T.-L.); 2. zool. 1611 lion de mer (Cotgr.); 1690 lion marin (Fur.); 3. 1596 bot. dent de lion (Hulsius, Dict. françois-alemand d'apr. FEW t. 5, p. 256a); 1600 pied de lion (O. de Serres, Théâtre d'Agriculture, VI, 15 ds Hug.); 4. 1732 alchim. lion vert, lion rouge (Trév.); 5. 1831 mar. (Will.). II. 1. 1830 « jeune femme à la mode » (Musset, L'Andalouse cité par Bonn., p. 86); 2. 1823 « jeune homme à la mode » (Gautier, Jeunes-Fr., p. 129 cité par Matoré et Greimas ds Fr. mod. t. 15, p. 136). I empr. au lat. leo « lion, constellation, plante ». II empr. à l'angl. lion (lui-même venu du fr.) attesté dep. le xviiies. au sens de « personne remarquable ou célèbre, personnalité à la mode » qui s'explique ainsi : l'usage de faire visiter la Tour de Londres où étaient exposés des lions dans une ménagerie fit prendre au mot lion le sens de « ce qui mérite d'être vu » dans des expr. comme to have seen the lions « avoir vu les lions » prenant au fig. le sens de « avoir vu ce qu'il est essentiel de voir, connaître la vie » (fin xvies. ds NED; cf. Brink-Wehrli, pp. 45-46, FEW t. 18, p. 80a). Fréq. abs. littér. : 2 580. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 4 619, b) 6 565; xxes. : a) 2 862, b) 1 791.
DÉR.
Lionnerie, subst. fém.,rare, vx. [Correspond à lion I E 2 et II E 2] a) Caractère, comportement de lion ou de lionne. En 1834, Amédée était le seul qui portât des sous-pieds à Besançon. Ceci vous explique déjà la lionnerie du jeune monsieur de Soulas (Balzac, A. Savarus,1842, p. 13).Le plan de la marquise est d'arriver ici cinq minutes avant la comtesse, en me disant : « Vous voyez, baron, qu'on n'a pas peur de vous ». Ah! rusée, vous voulez faire vos preuves de lionnerie sans rien risquer (Augier, Contagion,1866, V, p. 412).b) Monde des lions et des lionnes. Nous étions installés dans un restaurant cher à la lionnerie (Larch.1858, p. 571).Le pinceau de M. G[uys] était merveilleusement propre à représenter l'élégance de la lionnerie (Baudel., Curios. esthét.,1863, p. 361).[ljɔnʀi]. 1reattest. 1842 (Balzac, loc. cit.); de lion II, suff. -erie*.
BBG. Klein (J.R.). Le Vocab. des mœurs de la Vie parisienne sous le Second Empire. Louvain, 1976, p. 74. - Quem. DDL t. 2, 7, 9, 13 (s.v. lionnerie).

Wiktionnaire

Nom commun - français

lion \ljɔ̃\ masculin (pour la femelle, on dit : lionne)

  1. Mâle de cette espèce.
    • En même temps, le ministre des jeux s’avança pour demander s’il fallait lâcher contre le bestiaire un lion ou un taureau furieux, qu’on entendait rugir dans leurs cages. — (Alexandre Guiraud, Flavien ou de Rome au désert, Paris : chez Levavasseur, 1835, volume 3, page 185)
    • Les conservateurs exagèrent ; et s’ils ont le moindre sens de justice, enfin, ils ne s’étonneront point que Paul Klee méprise les montagnes à sommet de 4.810 mètres, les chutes du Niagara et tous les animaux à réputation trop bien établie même s’ils passent pour féroces, tels les lions : ces commis-voyageurs du désert à cravate Lavallière — (René Crevel, Paul Klee, 1930)
  2. (Figuré) Homme courageux.
    • C’est un lion, un vrai lion, il est hardi comme un lion : Il est très brave.
    • Se défendre comme un lion : Se défendre avec un très grand courage.
    • Depuis qu’il a l’épaulette, il est devenu un régulier, ce réfractaire ! Il attend peut-être la croix ou le brevet d’officier pour de bon dans l’armée ! Et s’il s’est battu comme un lion, c’est comme un lion qui a assez du jeûne dans le désert, et veut la pâtée de la ménagerie et les bravos de la foule ! — (Jules Vallès, L’Insurgé, G. Charpentier, 1908)
  3. (Héraldique) Meuble représentant un félin stylisé dans les armoiries. Sa position naturelle est le rampant, la tête de profil. Lorsqu’il est passant, il est dit léopardé. À rapprocher de léopard et lionne.
    • […]; elle ne signait pas en vain Nieuport-la-Noble ; elle ne portait pas pour rien sur son blason un lion lampassé issant d'une nef et brandissant une hallebarde. — (Charles Le Goffic, Bourguignottes et pompons rouges, 1916, page 103)
    • Symbole de la force, le lion orne les blasons de familles aristocratiques anglaises dès le 12e siècle : Richard Coeur de Lion en fait ses armes, une tradition qui perdure depuis au sein de la royauté. — (Anne-Marie Sicotte, Histoire inédite des Patriotes, Fides, 2016, page 87)
    • D’azur au lion d’or, qui est de Contamines-Montjoie → voir illustration « armoiries avec un lion »
  4. (Figuré) (Vieilli) Homme en vue, célèbre.
    • Ainsi donc, croyants, incrédules, ignorants et savants, tous eurent les yeux fixés sur le docteur ; il devint le lion du jour sans se douter qu’il portât une crinière. — (Jules Verne, Cinq semaines en ballon, J. Hetzel et Cie, Paris, 1863)
  5. (Vieilli) Type de jeune homme élégant qui succéda au dandy.
  6. Membre du Lions Clubs, d’un Lions club.
  7. (Cosmétologie) Ride du lion, couple de rides formé entre les sourcils.
    • Dès 25 ans, les premières rides apparaissent et on ne peut s’empêcher de fixer la naissance de la ride du lion ou du front dans le miroir. — (Estelle Abéjean, Antirides : combattre la ride du lion et les rides du front, Cosmopolitan, 2012)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LION, ONNE. n.
Quadrupède carnivore, de la famille des Félins, d'un poil tirant sur le roux, très fort, très courageux, qui habite principalement l'Afrique : le mâle a le cou entouré d'une crinière. On appelle le lion le roi des animaux. La gueule, les ongles d'un lion. Le lion rugit. Une lionne qui défend ses petits est redoutable. Fig., C'est un lion, un vrai lion, il est hardi comme un lion, Il est très brave. Se défendre comme un lion, Se défendre avec un très grand courage. Fig., C'est une lionne, une vraie lionne, elle est comme une lionne, se dit d'une Femme en fureur. Prov. et fig., Coudre la peau du renard à celle du lion, Joindre la ruse à la force. Fig. et fam., C'est l'âne couvert de la peau du lion, se dit d'un Faux brave qui prend un ton menaçant. Fig., Il s'est fait la part du lion, La part démesurée dont s'empare le plus fort. Lion marin, Quadrupède amphibie du genre des phoques qui porte une crinière.

Littré (1872-1877)

LION (li-on, o-n') s. m.
  • 1Quadrupède carnivore, très courageux, qui habite principalement l'Afrique ; le mâle a le cou entouré d'une crinière. Le malheureux lion se déchire lui-même, Fait résonner sa queue à l'entour de ses flancs, Bat l'air qui n'en peut mais…, La Fontaine, Fabl. II, 9. Le lion, terreur des forêts, Chargé d'ans, et pleurant son antique prouesse, Fut enfin attaqué par ses propres sujets, Devenus forts par sa faiblesse, La Fontaine, ib. III, 14. Ce héros [Achille] si terrible au reste des humains… Suça même le sang des lions et des ours, Racine, Iphig. IV, 1. Et comme ce lion mystérieux dont il est parlé dans l'histoire de Samson, il suffisait presque de l'avoir déchiré pour trouver dans sa bouche le miel de la douceur et la rosée des grâces, Massillon, Or. fun. Villars. Il rendit ses passions dociles à la raison… et, comme ce pieux roi d'Israël, il se joua dans sa jeunesse avec les lions, ainsi qu'on se joue avec les agneaux les plus doux et les plus traitables, Massillon, Or. fun. Villeroy. Les lions de la plus grande taille ont environ huit ou neuf pieds de longueur depuis le mufle jusqu'à l'origine de la queue, qui est elle-même longue d'environ quatre pieds, Buffon, Lion. Le lion, pris jeune et élevé parmi les animaux domestiques, s'accoutume aisément à vivre et même à jouer innocemment avec eux ; il est doux pour le maître et même caressant, surtout dans le premier âge, et, si sa férocité naturelle reparaît quelquefois, il la tourne rarement contre ceux qui lui ont fait du bien, Buffon, ib. L'extérieur du lion ne dément point ses grandes qualités intérieures, il a la figure imposante, le regard assuré, la démarche fière, la voix terrible, Buffon, Lion. …Du nord au midi, sur la création Hercule promenait l'éternelle justice Sous son manteau sanglant, taillé dans un lion, Musset, Rolla.

    Fig. Ce sera dompter des lions que d'assujettir notre impétueuse colère ; nous dominerons les animaux venimeux, quand nous saurons réprimer les haines, les jalousies, les médisances, Bossuet, Élév. sur myst. IV, 8.

    Il faut coudre la peau du renard à celle du lion, il faut joindre la ruse, la prudence à la valeur. Quand on lui représentait [à Lysandre] que les descendants d'Hercule ne devaient pas employer à la guerre la ruse et la fraude, il leur disait d'un ton moqueur : Partout où la peau du lion ne peut atteindre, il faut y coudre celle du renard, Trad. de PLUTARQUE, Lys. 8.

    C'est l'âne couvert de la peau du lion, se dit d'un faux brave qui prend un ton menaçant.

    Dans le monde des précieuses, on avait donné le surnom de la Lionne à Mlle Paulet. L'ardeur avec laquelle elle aimait, son courage, sa fierté, ses yeux vifs, et ses cheveux trop dorés, lui firent donner le surnom de Lionne, Tallemant, Historiettes, t. IV, p. 12.

    Le partage du lion, tout d'un côté et rien de l'autre, par allusion à la fable où la chèvre, la génisse et la brebis sont en société avec le lion.

    Fig. Battre le chien devant le lion, se dit, lorsque, quelqu'un ayant fait une faute dont on n'ose le reprendre directement, on reprend un autre devant lui de la même faute.

    Fig. C'est un lion, un vrai lion, c'est-à-dire il est hardi comme un lion, il est très brave.

    Cœur de lion, un homme vaillant et magnanime. Encor si ce banni n'eût rien aimé sur terre ! Mais les cœurs de lion sont les vrais cœurs de père, Hugo, Chants du crépuscule, V.

    Se défendre comme un lion, se défendre avec un très grand courage.

    Familièrement. Être comme un lion, comme un petit lion, montrer beaucoup de chaleur, d'emportement, de colère dans un débat. Enfin j'étais comme un petit lion, Marivaux, Marianne, 1re part.

    Fig. C'est une lionne, une vraie lionne, elle est comme une lionne, se dit d'une femme en fureur.

    Fig. Le lion populaire, le peuple déchaîné dans quelque grande et vaillante action. J'ai vu pendant trois jours, j'ai vu, plein de colère, Bondir et rebondir le lion populaire, Barbier, Iambes, Le lion.

  • 2 Fig. Homme hardi et courageux. Et lions au combat, ils [les chrétiens] meurent en agneaux, Corneille, Poly. IV, 6. S'il y eut jamais une conjoncture où il fallut montrer de la prévoyance et un courage intrépide, ce fut lorsqu'il s'agit d'assurer la garde des trois illustres captifs [le prince de Condé et les deux autres princes]… mais où garder des lions toujours prêts à rompre leurs chaînes ? Bossuet, le Tellier. [ô Dieu] Accompagne mes pas Devant ce fier lion [Assuérus] qui ne te connaît pas, Racine, Esth. I, 4. Ces lions que leur maître avait rendus plus doux, Voltaire, Brut. I, 3. Peut-être qu'en secret je tirais vanité D'adoucir ce lion dans mes fers arrêté, Voltaire, Orphel. I, 1. La sultane, par une secrète inclination dont presque toutes les femmes se sentent surprises en faveur des hommes extraordinaires, même sans les avoir vus, prenait hautement dans le sérail le parti de ce prince [Charles XII] ; elle ne l'appelait que son lion : Quand voulez-vous donc, disait-elle quelquefois au sultan son fils, aider mon lion à dévorer ce czar ? Voltaire, Charles XII, 5. Vous êtes mon lion superbe et généreux, Hugo, Hernani, III, 4.
  • 3 Lion marin, sorte de phoque, nom donné, par Dampier, au macrorrhin proboscidé (phocacés) ; par Steller, à l'otarie de Steller (phocacés) ; par Pernetty, au platyrrhynque léonin (phocacés), qui est l'otarie à crinière de certains auteurs ; lion marin de la petite espèce, nom imposé par Pernetty à l'otarie molossine ; jeune lion marin de la Californie, nom sous lequel Choris a désigné l'otarie californienne, Legoarant Innigo de Biervillas dit qu'on tua près du cap de Bonne-Espérance un lion marin, qui avait dix pieds de longueur et quatre de grosseur, la tête comme celle d'un veau d'un an, de gros yeux affreux, les oreilles courtes, avec une barbe hérissée, Buffon, Quadrup. t. VI, p. 331.
  • 4 Terme d'astronomie. Lion de Némée ou Lion cléonien (ainsi dit de Cléones dans l'Argolide), une des constellations du zodiaque (on met une majuscule).

    Petit Lion, constellation boréale placée entre le Lion et la grande Ourse.

    Le cinquième signe du zodiaque, c'est-à-dire le signe qui, à raison de la révolution annuelle de la terre, semble parcouru, à peu près du 20 juillet au 20 août, par le soleil (voy. SIGNE pour la différence entre signe et constellation). Le droit a ses époques : l'entrée de Saturne au Lion nous marque l'origine d'un tel crime, Pascal, Pens. III, 8, éd. HAVET. Tout l'été, loin de toi, demeurant au village, J'y passe obstinément les ardeurs du Lion, Boileau, Épît. VI. Là, quand de thermidor la septième journée Sous les feux du Lion ramènera l'année, Chénier M. J. la Calomnie.

  • 5Terme venu d'Angleterre, et qui, par allusion aux lions de la tour de Londres visités par tous les voyageurs, a été appliqué d'abord à des personnages célèbres à un titre quelconque que la haute société invitait pour se faire honneur de leur présence. Le lion du jour.

    Se dit, par extension, de jeunes gens riches, élégants, libres dans leurs mœurs, et qui affectent une certaine originalité, et particulièrement font de grandes dépenses. C'est un lion. On sait que la race à laquelle le lion appartient a toujours vécu en France sous divers noms ; ainsi le lion s'est appelé autrefois raffiné, muguet, homme à bonnes fortunes, roué ; plus tard muscadin, incroyable, merveilleux ; dernièrement enfin dandy et fashionable ; aujourd'hui c'est lion qu'on le nomme, Fr. Soulié, le Lion amoureux, § 1.

    Lionne se dit d'une femme qui a à peu près le même genre de vie et les mêmes prétentions. C'est ma maîtresse, ma lionne, Musset, l'Andalouse. Je ne suis pas une lionne le moins du monde ; je suis une femme, entendez-vous ? tout ce qu'il y a de plus femme, Ch. de Bernard, la Peau du lion, IX.

  • 6 Terme de blason. Lion dragonné, monstre, moitié lion, moitié serpent, qui figure dans quelques armoiries.

    Lion d'hermine, lion couvert d'une fourrure d'hermine.

    Lion de Saint-Marc, lion ailé, symbole de l'ancienne république de Venise.

    Lion de Belgique, animal héraldique qui a figuré dans les armoiries des différentes provinces des Pays-Bas, depuis les croisades. En vain au lion belgique Il voit l'aigle germanique Uni sous les léopards, Boileau, Ode sur la prise de Namur. On dit plus souvent aujourd'hui le lion belge.

  • 7 Terme de marine. Pièce de bois servant à relier la tête des épontilles de la cale avec le pont.

    Pièce de bois sculptée qui orne le dessous du beaupré.

    Fosse aux lions ou aux liens, magasin où l'on sert divers cordages.

  • 8Lion, monnaie, sous le règne de François 1er, qui portait la figure de cet animal, valait 53 sols 9 deniers, et pesait 3 deniers 5 grains.

    Lion d'or, lion d'argent, monnaies de Belgique.

  • 9Chien-lion, sorte de chien. L'épagneul et le petit danois produisent le chien-lion, qui est maintenant fort rare, Buffon, Quadrup. t. I, p. 370.
  • 10Lion des pucerons, nom donné à des larves d'hémérobes.
  • 11 Terme d'alchimie. Lion vert, le mercure philosophal et la teinture du vitriol.

    Lion rouge, le plomb suroxydé ou minium.

  • 12Dent de lion, pissenlit.

PROVERBES

À l'ongle on connaît le lion, c'est-à-dire on juge d'un homme par le moindre acte qui le dénote, d'une chose par le moindre échantillon.

Un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort.

HISTORIQUE

XIe s. Vus lui durrez [donnerez] ors [ours] et leons et chiens, Ch. de Rol. III.

XIIe s. Il fiert Gerin en l'escu à lion, Ronc. 76. Et en bataille hardi come lion, ib. 126.

XIIIe s. Ours ne lion n'est ne beste sauvage, Qui, tel foiz est, ne freigne son vouloir De faire mal et ennui et domage, Eust. le Peintre, dans Couci. Et fu acompli la prophesie que on dist que Merlins avoit dit ; car il dist que li dous lions de France morroit à Monpansier, Chr. de Rains, p. 178.

XIVe s. Et aussi le lyon ne se esjoit pas en oïr la voix du beuf, mes pour le beuf mengier, Oresme, Eth. 93.

XVe s. Qui chevalier est… doit estre fier et hardi comme un lion quand il a le bassinet en la teste, Froissart, II, III, 19.

XVIe s. Il n'y eut jamais bon marché des peaux de lions, Cotgrave Nos princes mignons Qui ont beaucoup du singe et fort peu des lions, D'Aubigné, Tragiques, princes.

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Étymologie de « lion »

Provenç. leo, leona, leonessa ; espagn. leon ; portug. leão, leoa ; ital. leone ; du lat. leonem, qui vient du grec λέων. Selon Pictet, λέων, pour λέϝων, viendrait du sanscrit lavant, participe présent du radical lu, déchirer ; il est certain que l'hiatus des voyelles ε-ω fait supposer un ϝ intermédiaire, et que ων-οντος est une forme de participe présent.

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Du latin leonem, accusatif de leo (« lion »).
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Phonétique du mot « lion »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
lion ljɔ̃

Fréquence d'apparition du mot « lion » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « lion »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « lion »

  • C'est un opprobre pour le lion de pleurer face au renard.
    Le Talmud
  • Je sais, quand il le faut, quitter la peau du lion pour prendre celle du renard.
    Napoléon Ier — Cité par Talleyrand dans Mémoires, I
  • Soyez sobres, veillez. Votre partie adverse, le Diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer.
    Saint Pierre — Epîtres
  • Masques ! O Masques !Masque noir masque rouge, vous masques blanc-et-noirMasques aux quatre points où souffle l’EspritJe vous salue dans le silence !Et pas toi le dernier, Ancêtre à tête de lion. Vous gardez ce lieu forclos à tout rire de femme, à tout sourire qui se fane, Vous distillez cet air d’éternité où je respire l’air de mes Pères.Masques aux visages sans masque, dépouillés de toute fossette comme de toute rideQui avez composé ce portrait, ce visage mien penché sur l’autel de papier blanc A votre image, écoutez-moi !Voici que meurt l’Afrique des empires – c’est l’agonie d’une princesse pitoyable Et aussi l’Europe à qui nous sommes liés par le nombril. […]
    Léopold Sédar Senghor — « Masques »
  • Le lion en chasse pour tuer ne rugit pas.
    Proverbe nigritien
  • Un chien vivant vaut mieux qu'un lion mort.
    Ancien Testament, Ecclésiaste IX, 4
  • Sois plutôt la queue d'un lion que la tête d'un chien.
    Le Talmud
  • Pour chasser le lion, pensez en termes de lion, pas de souris.
    Thomas Drier
  • Au lion, la part du lion.
    Esope
  • Fais peur au lion avant qu'il ne te fasse peur.
    Abu Hafsa ibn al-Khattab Umar Ier — Sentences
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Traductions du mot « lion »

Langue Traduction
Anglais lion
Espagnol león
Italien leone
Allemand löwe
Chinois 狮子
Arabe أسد
Portugais leão
Russe лев
Japonais ライオン
Basque lion
Corse leone
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Synonymes de « lion »

Source : synonymes de lion sur lebonsynonyme.fr

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Lion

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