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Hyménée

Sommaire

  • Définitions du mot hyménée
  • Étymologie de « hyménée »
  • Phonétique de « hyménée »
  • Traductions du mot « hyménée »
  • Synonymes de « hyménée »

Définitions du mot hyménée

Trésor de la Langue Française informatisé

HYMEN1, HYMÉNÉE, subst. masc.

Poét. ou littér.
A. −
1. Union, mariage. Allumer les flambeaux de l'hymen. Si le destin jaloux Avait permis qu'un fruit de ton doux hyménée, Qu'un rejeton d'amour (...) Consolât de Gilfort la vie infortunée (Baour-Lormian, Veillées,1827, p. 316) :
L'ennui est un dissolvant de l'hymen, dissolvant redoutablement actif. Jusqu'ici l'idée de passer mon existence entière avec une même femme, m'a toujours fait plus peur qu'envie... Amiel, Journal,1866, p. 439.
P. anal. Chez la plupart des insectes, l'hymen c'est la mort du père; la maternité, pour la mère, c'est la mort prochaine (Michelet, Insecte,1857, p. 368).
2. Au fig. Association, communion. De leur vrai sens je détourne les mots Et leur fais contracter les hymens les plus faux (Barbier, Satires,1865, p. 50).Dans l'action volontaire, il s'opère un secret hymen de la volonté humaine et de la volonté divine (Blondel, Action,1893, p. 371).
B. − ANTIQ. Chant nuptial accompagnant la fiancée à la demeure de son époux; p. méton. fête accompagnant le mariage. Synon. épithalame.On chante autour d'elle un hymne religieux, qui a pour refrain ô umen, ô umenaie. On appelait cet hymne l'hyménée et l'importance de ce chant sacré était si grande que l'on donnait son nom à la cérémonie tout entière (Fustel de Coul., Cité antique,1864, p. 48).
REM.
Hyménéen, -éenne, adj.,rare. Relatif au mariage. La maison retentissait de l'hymne hyménéen (Barrès, Voy. Sparte,1906, p. 190).
Prononc. et Orth. : [imεn], [imene]. Hymen : [imε ̃] prononc. anc. réservée à la poésie à côté de [imεn] ds Littré (,,Les deux prononc. sont usitées; les poètes le font rimer avec des rimes en in ou en ain``), DG, Passy 1914, Barbeau-Rodhe 1930 et Warn. 1968 (,,parfois [-mε ̃] en poésie``). La prononc. [-mε ̃] disparaît parce que le mot sort de l'usage au sens I et qu'il n'est plus usité que comme terme techn. (v. hymen2) qui se prononce comme pollen ou abdomen [-mεn]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1548 Hymen « dieu du Mariage » (Ronsard, Premières poésies ds Œuvres, éd. P. Laumonier, t. 1, p. 10, 10); av. 1560 « mariage » (Du Bellay, L'Enéide ds Œuvres, éd. H. Chamard, VI, 279); 2. 1548 Hymenée « dieu du Mariage » (Ronsard, loc. cit.); 1580 « mariage » (R. Garnier, Antigone, t. III, p. 81 ds IGLF). 1 empr. au lat. class. Hymen « dieu du mariage », gr. Υ μ η ́ ν « id. »; 2 empr. au lat. class. hymenaeus « chant d'hyménée », « mariage », gr. υ ̔ μ ε ́ ν α ι ο ς « chant nuptial, mariage », Υ μ ε ́ ν α ι ο ς « dieu du mariage invoqué dans le chant nuptial ». Fréq. abs. littér. Hymen1, voir hymen2. Hyménée : 136. Bbg. Darm. 1877, p. 193 (s.v. hyménéenne). - Jourjon (A.). Rem. lexicogr. R. Philol. fr. 1917-1918, t. 30, pp. 48-49. - Migl. 1968 [1927], p. 144.

Wiktionnaire

Nom commun

hyménée (h muet)\i.me.ne\ masculin

  1. (Poétique) Mariage, union conjugale.
    • Nous nous jurâmes que la première mariée de nous deux raconterait fidèlement à l’autre ces secrets d'hyménée, ces joies que nos âmes enfantines nous peignaient si délicieuses. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
    • Nous avons pris nos renseignements... Pourquoi nous avoir caché que vous aviez une fille de votre premier hyménée ! — (Eugène Labiche et Marc- Michel, Les Suites d'un premier lit, 1852, scène 6)
    • Et puis vous oubliez que ce prolétaire russe d’aujourd’hui vaut mieux qu’un grand-duc d’antan puisque, grâce à lui, la concession de Telav va remplir de pétrole leur coupe d’hyménée — (Maurice Dekobra, La Madone des sleepings, 1925, réédition Le Livre de Poche, page 214)
    • Imagine la platitude de vos hyménées blanchâtres, la droiture grotesque de son visage quand il te prendra. — (Amélie Nothomb, Attentat, Albin Michel, Paris, 1997, p. 30)
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Littré (1872-1877)

HYMÉNÉE (i-mé-née) s. m.
  • 1Nom de la divinité païenne qui présidait aux mariages. Hyménée et l'Amour, par des désirs constants, Avaient uni leurs cœurs dès leur plus doux printemps, La Fontaine, Phil. et Baucis.
  • 2Mariage, union conjugale. Mais après l'hyménée ils [les hommes] sont rois à leur tour, Corneille, Poly. I, 3. Et ne savez-vous pas qu'il est des hyménées Que font sans nous au ciel les belles destinées ? Corneille, Pulchér. V, 6. Avant qu'on eût conclu ce fatal hyménée, Racine, Andr. V, 1. [Lisette] Qui des chaînes de l'hyménée Veut charger mes bras caressants, Béranger, Indép.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

HYMÉNÉE, s. f. (Poésie.) chanson nuptiale, ou du-moins espece d’acclamation consacrée à la solemnité des noces, ἐν δὲ γάμοις ὑμέναιος, dit Athénée d’après Aristophane.

Entre les différens sujets qu’Homere a représentés sur le bouclier d’Achille, toute la ville où est placée la scene de ce tableau particulier, retentit des chants d’hyménée. Hésiode décrivant aussi sur le bouclier d’Hercule une pompe nuptiale, fait mention de ces mêmes chants. En un mot, l’épithalame dans sa naissance n’étoit autre chose que cette chanson, ce chant, cette acclamation répétée d’hymen, ô hyménée, & nous en trouvons l’origine dans l’histoire intéressante d’Hyménée, jeune homme d’Athènes, ou d’Argos.

Ce jeune homme, dont la Grece fit depuis un dieu qui présidoit au mariage, étoit d’une beauté accomplie ; né pauvre & d’une famille obscure, il se laissa surprendre aux charmes d’une athénienne de son âge, dont la naissance égaloit la fortune. La disproportion étoit trop marquée pour lui laisser la moindre espérance ; cependant à la faveur d’un déguisement dont sa jeunesse & sa beauté écartoient le soupçon, il suivoit par-tout son amante. Un jour il l’accompagna jusqu’à Eleusis avec les filles d’Athènes les plus qualifiées qui alloient offrir des sacrifices à Cérès ; il arriva qu’elles furent enlevées par des pyrates, & que les ravisseurs après avoir pris terre dans une île deserte, s’y endormirent. Hyménée saisit l’occasion favorable, tue les pyrates, revient à Athènes, déclare dans l’assemblée du peuple ce qu’il est, ce qui lui est arrivé, & promet si on lui permet d’épouser celle dont il est épris, qu’il la ramenera sans peine avec toutes ses compagnes. Il les ramena en effet, & devint le plus heureux des époux ; c’est pour cela que les Athéniens ordonnerent qu’il seroit toûjours invoqué dans la solemnité des noces, avec les dieux qu’ils en regardoient comme les protecteurs. Les Poëtes à leur tour le nommerent dieu, & lui formerent une illustre généalogie ; les uns le firent naître d’Uranie, d’autres d’Apollon & de Calliope, & d’autres enfin de Bacchus & de Vénus ; mais il nous suffit d’indiquer ici, d’après Servius, & tous les anciens commentateurs, quelle fut l’origine du chant, & de l’acclamation d’Hyménée.

Cette acclamation, dit M. l’abbé Souchay, dont nous empruntons les recherches, passa depuis dans l’épithalame, & devint un vers intercalaire, ou une espece de refrain ajusté à la mesure ; témoin Catulle imitateur de Sapho, qui répete si souvent ce vers,

Hymen, ô hymenæe, hymen ades, ô hymenæe.


& ces autres,

Io hymen, hymenæe io,
Io hymen, ô hymenæe ;


témoin encore Aristophane qui, dans sa comédie des oiseaux, acte v. scene 4, parlant du mariage de Pisthétérus avec la déesse Souveraineté, fait chanter par un demi-chœur, Ὑμὴν, ὦ Ὑμέναι, ὦ Ὑμήν, après que ce même demi-chœur a exalté en ces mots, suivant la traduction de M. Boivin, le bonheur des deux époux.

Depuis le jour célebre où la reine des dieux
Superbement ornée,
Par les sœurs du destin fut au maître des cieux
Avec pompe amenée,
On n’a point encore vû d’hymen si glorieux
Hymen, ô hyménée !

C’est ainsi que l’acclamation d’Hymen par intervalles égaux, ne fut plus le chant nuptial ordinaire, & servit seulement à marquer les vœux & les applaudissemens des chœurs, lorsque l’épithalame eut pris une forme réguliere : enfin, cette acclamation a passé jusqu’à nous d’après les Latins qui l’avoient adoptée. (D. J.)

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Étymologie de « hyménée »

(Date à préciser) Du latin Hymenaeus (« chant nuptial »), du grec ύμέναιος, hymenaios (« chant d’Hymen »), du nom de la divinité romaine qui présidait aux noces.
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Ὑμέναιος, chant de mariage, dieu du mariage, dérivé de ὑμὴν, hymen 1.

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Phonétique du mot « hyménée »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
hyménée imene

Traductions du mot « hyménée »

Langue Traduction
Anglais hymenic
Espagnol himenico
Italien hymenic
Allemand hymenisch
Chinois 处女膜的
Arabe غشاء البكارة
Portugais hymenic
Russe hymenic
Japonais 衛生的な
Basque hymenic
Corse hymenic
Source : Google Translate API

Synonymes de « hyménée »

Source : synonymes de hyménée sur lebonsynonyme.fr
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