La langue française

Homéotéleute

Sommaire

  • Définitions du mot homéotéleute
  • Étymologie de « homéotéleute »
  • Phonétique de « homéotéleute »
  • Citations contenant le mot « homéotéleute »
  • Traductions du mot « homéotéleute »
  • Synonymes de « homéotéleute »

Définitions du mot « homéotéleute »

Trésor de la Langue Française informatisé

homéotéleute (gr. ο ̔ μ ο ι ο τ ε ́ λ ε υ τ ο ς), subst. fém.« Figure de style consistant à placer en fin de phrases ou de membres de phrases assez rapprochés des mots dont les finales semblables sont sensibles à l'oreille ». Voir Mar. Lex. 1951, p. 111

Wiktionnaire

Nom commun

homéotéleute \ɔ.me.ɔ.te.løt\ masculin ou féminin (l’usage hésite)

  1. (Rhétorique) Figure de style qui consiste en la répétition d’une ou de plusieurs syllabes finales homophones, soit de mots, de vers ou de phrase.
    • Accumulation de terminaisons diminutives, désignées techniquement par le mot savant homéotéleutes, qu’imitera plaisamment Raymond Queneau dans une des pages les plus réussies de ses Exercices de style : Homéotéleutes « Un jour de canicule sur un véhicule où je circule, gesticule un funambule au bulbe minuscule » — (François Rigolot, Poésie et Renaissance, Seuil, 2002)
    • Les rimes et les assonances sont des homéotéleutes.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

HOMÉOTÉLEUTE (o-mé-o-té-leu-t') s. f.
  • Terme de grammaire. Désinence semblable. Les homéotéleutes diffèrent des homéoptotes ; ce sont des formes de langage par lesquelles on place à la fin des phrases ou des membres de phrase des mots de même finale. On en a un exemple dans le Malade imaginaire (III, 7), quand M. Purgon menace Argan de le faire tomber dans la bradypepsie ; de la bradypepsie dans la dyspepsie ; de la dyspepsie dans l'apepsie ; de l'apepsie dans la lienterie ; de la lienterie dans la dyssenterie ; de la dyssenterie dans l'hydropisie ; et de l'hydropisie dans la privation de la vie.
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « homéotéleute »

Homéo…, et τελευτὴ, finale.

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(Date à préciser) Via le latin homoeoteleuton (« rime »), du grec ὁμοιοτέλευτος, homoioteleutos, de ὅμοιος, hómoios (« semblable ») et τελευτή, teleutế (« fin, finalité »).
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Phonétique du mot « homéotéleute »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
homéotéleute ɔmeɔtelœt

Citations contenant le mot « homéotéleute »

  • A la différence des rimes propres à la poésie, les termes rapprochés par l’homéotéleute ont pour obligation d’appartenir à la même morpho-syntaxe. par exemple, il pourra s’agir de la répétition d’adverbes ou d’adjectifs terminant phonétiquement avec la même sonorité. Culture générale, L'homéotéleute - Culture générale
  • On me dira, avec juste raison d'ailleurs, que j'aurais pu y penser bien avant. Mais ce n'est qu'hier matin – alors que, pour définir l'homéotéleute, je remontais jusqu'à l'anaphore –, que je me suis avisé du flou qui entourait celle, devenue historique, dont se servit le candidat François Hollande pour faire basculer le débat du second tour de la présidentielle. Convient-il, dans son désormais fameux « Moi président de la République », de mettre une virgule après le pronom « Moi » ? Il suffit de parcourir les premières pages que sélectionne Google pour s'apercevoir que les avis sont équitablement partagés. Il suffit de relire attentivement le titre de mon dernier billet pour constater que, pour ma part, je me suis refusé à mettre ladite virgule. Si, c'est vrai, il est possible d'hésiter dans la plupart des paragraphes de la tirade, le doute n'est pas permis pour ces deux-là : « Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres... » ; « Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local... » Une virgule après « moi » signifierait en effet que l'on change de sujet au beau milieu de la phrase, ce qui relèverait de la plus malencontreuse des anacoluthes. Mais la grammaire n'est pas seule en cause : de toute évidence, le sens n'est pas le même. Entourer de virgules le groupe « président de la République » fait de ce dernier une simple apposition, donc un élément secondaire de la phrase, qui pourrait le cas échéant en être retiré. Le mot important devient dans ce cas le pronom « Moi », ce qui n'est jamais souhaitable dans un débat où il convient, pour ne pas effrayer l'électeur potentiel, de ne point exhiber un ego surdimensionné. De surcroît, ce qui n'était qu'une simple hypothèse devient presque réalité. Écrire « Moi, président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité... », c'est s'y croire et s'y voir déjà. Il n'est certes pas mauvais, pour un candidat qui doit prouver sa détermination, d'afficher sa confiance à quelques jours du verdict, mais il ne faudrait pas que celle-ci passât pour de la présomption, voire pour de l'arrogance. Au contraire, sacrifier la virgule fait de ce premier membre de phrase l'équivalent atténué d'une subordonnée de condition (« Pour peu que je sois élu président de la République »), laquelle aurait en effet le bon goût de ne pas dire son nom, comme pour mieux conjurer l'incertitude. Il peut aussi s'agir d'une subordonnée de temps (« Une fois que j'aurai été élu... »), ce que pourrait d'ailleurs confirmer, dans chacune des principales qui suivent, l'emploi du futur plutôt que du conditionnel. Le tout étant, encore une fois, de suggérer une assurance qui ne doive rien à la suffisance. Du trapèze. Pour me résumer, le groupie de François Hollande aura tout intérêt à gommer la virgule, alors que ses détracteurs prendront un malin plaisir à l'ajouter. Est-il besoin de préciser qu'en ce qui me concerne, et compte tenu de ma neutralité coutumière, c'est la grammaire seule qui m'a guidé dans mon propre titre ? S'il fallait une morale à ce billet, ce serait que la ponctuation, dans un message, est tout sauf anodine. Au demeurant, voilà qui ne laissera pas d'inquiéter dans une société où, de plus en plus, l'à-peu-près est érigé en règle de conduite. , Une virgule, c'est tout ! : À la fortune du mot
  • Voici réunis quelques exemples qu’il est possible de citer à titre illustratif et sans prétendre à l’exhaustivité : lorsque la répétition intéresse le niveau du phonème, cela aboutit aux effets poétiques ou rhétoriques d’allitération, d’homéotéleute (rimes et assonances), comme dans « les sanglots longs des violons de l’automne bercent mon cœur d’une langueur monotone » (Verlaine) ou bien au renforcement du mot, dont on intensifie un phonème ou une syllabe, ce qui est orthographié conventionnellement par la répétition d’une ou plusieurs lettres (c’est forrrrmidable!; ouaiiiiis !). Appliquée aux morphèmes, la réduplication réalise en français surtout des valeurs sémantiques hypocoristiques ou diminutives, comme dans fr. foufou, nénette, Babette, Loulou voire ironiques (zonzon, nanar, lolos), tandis que dans d’autres langues on recense également des valeurs de renforcement (lat. sese : soi-même), d’atténuation (malgache be grand – bebe assez grand), voire des fonctions grammaticales (le pluriel en indonésien : anak enfant – anak-anak enfants). Par ailleurs, ce phénomène peut intéresser des lexèmes entiers dans un but intensif (très très intéréssant), parfois réalisé à l’aide de prépositions (c’est vrai de vrai, c’est grave de chez grave, cf. Schnedecker 2007), voire des syntagmes plus longs : la répétition joue alors un rôle désambiguïsant (mais ce cours, il le prépare il le prépare ou juste comme ça ? : la répétition a ici la fonction de sélectionner le sens plein du verbe « il le prépare réellement ») ou alors est à la base d’emplois rhétoriques de type anaphore ou épiphore (p. ex. le « Moi président » de F. Hollande), sans parler de l’anadiplose, du polyptote, de la tautologie ou de l’antanaclase. Tous ces usages sont susceptibles d’être envisagés en tant que tels ou dans leur rapport aux intentions communicatives et pragmatiques du locuteur, ce qui constituera le deuxième volet de cette recherche. , La répétition en langue et en discours. Volet 1 : La répétition en langue
  • L ‘homéotéleute me rameute. Conversation avec Jacques Attali - Lexpress, A demi-mot | Conversation avec Jacques Attali - Lexpress

Traductions du mot « homéotéleute »

Langue Traduction
Anglais homeoteleute
Espagnol homeoteleute
Italien homeoteleute
Allemand homeoteleute
Chinois 同种异体
Arabe homeoteleute
Portugais homeoteleuta
Russe homeoteleute
Japonais ホメオテルテ
Basque homeoteleute
Corse omeoteleute
Source : Google Translate API

Synonymes de « homéotéleute »

Source : synonymes de homéotéleute sur lebonsynonyme.fr
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