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Des

Sommaire

  • Définitions du mot des
  • Étymologie de « des »
  • Phonétique de « des »
  • Traductions du mot « des »
  • Synonymes de « des »
  • Antonymes de « des »

Définitions du mot des

Trésor de la Langue Française informatisé

DE2, DU2, DE L', DE LA, DES2, art. partitif.

I.− [L'art. précède des noms désignant des choses qui ne sont pas nombrables, pour indiquer leur prise en considération en tant que telles, sans idée de quantité ni de distinction du déf. ou de l'indéf., étant seulement entendu que ces choses ne sont pas envisagées dans leur totalité]
A.− [L'art. précède un nom concr.]
1. [Le nom concr. au sing. désigne normalement une matière, une substance] Boire du vin, de l'eau; manger du pain, de la soupe. De la neige fondue tombait (A. France, Hist. comique,1903, p. 92).La peau des joues, mate, lisse et fine comme de la soie (Roy, Bonheur occas.,1945, p. 12):
1. Nos ancêtres gaulois, leurs meilleurs clients [des Angles et des Saxons] (comme nous le sommes encore aujourd'hui), leur achetaient, par l'intermédiaire des Romains, des métaux, de la laine et du bois, en échange des armes du Soissonnais, des toiles de Cahors, du vin d'Aquitaine. Morand, Londres,1933, p. 4.
P. méton. [Le nom désigne un adj. substantivé] Regardez-moi qui me démène et qui mâche du grec et de l'hébreu (Claudel, Visages radieux,1947, p. 761).
[Le subst. peut être accompagné d'un adj.] On lui apprit quelques chapitres du catéchisme, comme on enseigne aux merles à siffler « J'ai du bon tabac » (About, Nez notaire,1862, p. 106).
Rem. L'emploi est fréq. dans la tournure il y a. Tiens, tiens! Mais il y a donc du vent? (Sartre, Mots, 1964, p. 124) :
2. − On va laisser le grand monde se régaler. Après, les jeunes mangeront en paix. Et je vous recommande le dessert : il y a des œufs à la neige, de la crème brûlée, de la tarte à Lafayette, de la tarte à la ferlouche, de la tarte aux noix longues. Guèvremont, Le Survenant,1945, p. 120.
2. [La valeur de l'art. est la même]
a) [Si le nom au sing., quoique désignant normalement un obj. nombrable, désigne p. méton. une matière ou une catégorie] Manger du bœuf, du poulet; voir du pays. On tend sa voile, et l'on fait de la route (A. Daudet, Rois en exil,1879, p. 434).
b) [Si le nom au plur., quoique désignant des choses nombrables, désigne, en vertu de son usage, une catégorie] Manger des œufs. Ils avaient plaisir à nommer tout haut les légumes : Tiens, des carottes! Ah! des choux! (Flaub., Bouvard,t. 1, 1880, p. 20).
Rem. Cet emploi est proche de l'emploi de l'art. indéf. plur. des. Il y avait des gâteaux sur la table, avec une bouteille et des verres (Zola, Germinal, 1885, p. 1469).
c) [Si le subst. est un nom propre (de pers. ou de chose) empl. p. méton. pour désigner une matière] Monsieur Octave vous conseille du xérès (Giraudoux, Lucrèce,1944, I, 1, p. 15).
d) [Si le nom au sing. désigne une pers. prise comme symbole d'une qualité ou d'un caractère] :
3. M. Gladstone m'a paru, sous quelques aspects, un homme de génie, sous d'autres un enfant. Il y a en lui de l'enfant, de l'homme d'État et du fou. Mérimée, Lettres à une inconnue,t. 2, 1870, p. 268.
En partic. [Avec un nom propre de pers.] Il y avait du Napoléon en lui (A. France, Vie fleur,1922, p. 515).
B.− [L'art. précède un nom abstr.]
1. [Le subst. au sing. désigne normalement un type d'activité ou de production] Il y a du travail pour tous; il y aura de la musique. Aussi bien était-ce là de l'histoire ancienne. Il n'avait pas achevé de dire « taisez-vous » que déjà elles n'y pensaient plus (Courteline, Train 8 h 47,1888, 2epart., 7, p. 173).
[Le subst. au sing. ou au plur. peut être un nom d'artiste, d'écrivain, etc., empl. p. méton. pour désigner une production type, une œuvre caractéristique de tel créateur] Jouer du Bach. J'aurais préféré réciter du Baudelaire (Gide, Geneviève,1936, p. 1356).
Rem. Si le nom est accompagné de (tout) pur, la tournure signifie la caractéristique ou la ressemblance par la manière, par le style :
4. − N'écrivez pas, lui dit Eugène, enveloppez les billets, mettez l'adresse, et envoyez-les par votre femme de chambre. − Mais vous êtes un amour d'homme, dit-elle. Ah! voilà, monsieur, ce que c'est que d'avoir été bien élevé! Ceci est du Beauséant tout pur, dit-elle en souriant. Balzac, Le Père Goriot,1835, p. 167.
2. [Le nom abstr. est un subst. sing. désignant normalement une qualité concr. ou abstr. ou son contraire, un sentiment] Faire de la vitesse; avoir du courage. C'est alors qu'il m'avait appris qu'il avait vécu à Paris et qu'il avait du mal à l'oublier (Camus, Étranger,1942, p. 1128).
[La valeur de l'art. est la même]
a) [Si le subst., quoique nombrable, désigne p. méton. une qualité, un sentiment] Avez-vous du souci? (Moréas, Cantil.,1886, p. 168).
b) Cf. A 2 d.
c) [S'il s'agit d'un adj. substantivé désignant une qualité ou son contraire] Notre devise doit être en toute circonstance (ne l'oublions jamais!) celle-ci :Du calme!Du calme!Du calme (Villiers de L'I., A., Contes cruels,1883, p. 240).
d) [S'il s'agit d'un syntagme à valeur subst.] C'est une Peugeot... Du soixante à l'heure, mon bon (H. Bataille, Maman Colibri,1904, I, 2, p. 3).
Rem. 1. L'emploi de l'art. déf. soulignerait l'idée de totalité. De la soie « certains types de soie que je connais », opposé à la soie « toute soie ». 2. Constr. a) Lorsque l'art. introduit un subst. précédé d'un adj. ne formant pas loc. avec lui, il est, dans le style noble et archaïsant, remplacé par de. Et cette tunique était inusable (...). Rabiou était un honnête homme qui craignait Dieu et fournissait de bon drap (A. France, P. Nozière, 1899, p. 77). Cette constr. reste plus usuelle dans des expr. désignant des habitudes fam. Elle buvait, en ma présence et à mon insu, d' excellent vin avec son mari (Bloy, Journal, 1892, p. 35). b) Devant les loc. subst. où l'adj. est soudé au subst., cette substitution n'a pas lieu. Avoir du bon sens, de la bonne volonté. On lui aurait fait des gros yeux, on ne voulait pas se laisser commander par lui (Triolet, Prem. accroc, 1945, p. 386).
II.− Emploi partitif, littér. [Du, de la, etc. précède des noms de chose pour indiquer que les choses désignées sont prises dans une part. de leur quantité totale; il est remplacé par de à valeur partitive]
A.− [Devant un nom concr. déterminé, au sing. ou au plur., par un art. déf., un adj. dém. ou poss.] Vous feriez mieux de nous donner de votre vin de Bordeaux (Balzac, Goriot,1835, p. 200):
5. Je détournai les yeux vers les poiriers et les cerisiers du jardin d'en face pour qu'il crût que c'était leur beauté qui me touchait. Et elle me touchait un peu de la même façon, elle mettait aussi près de moi de ces choses qu'on ne voit pas qu'avec ses yeux, mais qu'on sent dans son cœur. Proust, Le Côté de Guermantes 1,1920, p. 160.
B.− [Devant un nom abstr. déterminé] Elle tâchait de donner à Lazare de son courage (Zola, Joie de vivre,1884, p. 1000).
Rem. L'art. prend la forme de a) après une loc. adv. de quantité indéf. Peu de, un peu de, beaucoup de. Verse-moi un peu de sherry (H. Bataille, Maman Colibri, 1904, I, 2, p. 3); b) après une négation. Ne... pas de, point de, plus de, etc. Des étourdissements, comme on dirait des vapeurs, pas de sommeil, pas d' appétit (Bernanos, Imposture, 1927, p. 484).
Prononc. et Orth. : [də], [dy], [de] ds les dict. récents : cf. Pt Rob., Pt Lar. 1968 et Lar. Lang. fr. Pourtant [ε] ouvert [dε] ds Dub. et ds Warn. 1968 qui réserve cette prononc. au lang. soutenu. Passy 1914 admet [e] ou [ε]. Les dict. plus anc. transcrivent [ε]; cf. Fér. 1768, Land. 1834, Fél. 1851 et Littré. DG comme Warn. 1968 note [ε] pour l'emphase. On fait la liaison quand le mot qui suit commence par une voyelle ou un h non aspiré : des arômes [dezaʀo:m]; des hommes [dezɔm]. Ds Ac. 1694-1932. On rencontre la forme contractée du au masc. sing. devant consonne : du pain, alors que devant voyelle ou h aspiré il n'y a pas contraction : de l'alcool, de l'hydromel. Il y a également contraction dans tous les cas devant plur. : des rillettes, des ortolans. Étymol. et Hist. Cf. de1, prép. Stat. Voir des3, de3. Bbg. Gaatone (D.). Art. et négation. R. rom. 1971, t. 6, no1, p. 2, 12.

DES3, DE3, art. indéf. plur.

I.− [Devant des noms communs]
A.− [Plur. de un, une, pour marquer la pluralité indéf.]
1. [Il peut s'agir d'une indéfinition pure et simple] Des + subst. ou mot substantivé; de, si le subst. est précédé d'un adj. ne formant pas expression avec lui.Des bois sculptés, des marbres, des porcelaines. Tu auras des enfants, je leur apprendrai à nager et à ramer (Karr, Sous tilleuls,1832, p. 289).Ne viennent plus que des habitués de quartier, de petites gens qui se saluent comme sur un mail de province (Estaunié, Ascension M. Baslèvre,1919, p. 3).
− Mais :des grands-pères, des bons mots, des petits pois. Un marchand chinois avait accroché des petits pâtés aux pointes des barbelés (Malraux, Cond. hum.,1933, p. 195):
1. Si l'on vient à songer aux mille formes que prend à Paris la corruption, parlante ou muette, un homme de bon sens se demande par quelle aberration l'État y met des écoles, y assemble des jeunes gens, comment les jolies femmes y sont respectées, comment l'or étalé par les changeurs ne s'envole pas magiquement de leurs sébiles. Balzac, Le Père Goriot,1835, p. 139.
2. [Avec une nuance de précision éventuellement possible, mais intentionnellement non donnée] Synon. certains.Possoz tira une liste de son sous-main, murmura des noms (Malraux, Cond. hum.,1933p. 295):
2. Des savants prétendent que la chaleur animale se développe par les contractions musculaires, et qu'il est possible en agitant le thorax et les membres pelviens de hausser la température d'un bain tiède. Flaubert, Bouvard et Pécuchet,t. 1, 1880, p. 66.
En partic.
a) [L'indéfinition peut servir à suggérer l'idée d'échantillon d'une catégorie] Deux employés du métro, des garçons très gentils (Dabit, Hôtel Nord,1929, p. 217):
3. Presque tous les jeunes criminels qui, ces derniers mois, ont comparu devant le jury de la Seine étaient des drogués. Mauriac, Journal 1,1934, p. 8.
Rem. Dans la lang. parlée fam. ou chez les écrivains qui l'imitent, des est souvent employé pour de, parfois avec la nuance de certains. Pourquoi des jeunes compositeurs se détournaient de Beethoven (Bloch, Dest. du S., 1931, p. 16). En partic. dans une énumération :
4. Il eut des danseuses qui le tutoyèrent, des bourgeoises qui lui dirent, mon prince; des grandes dames qui voulaient pécher sans déchoir. Péladan, Le Vice suprême,1884, p. 40.
b) [Quand il s'agit de parties du corps, l'indéf. peut remplacer l'adj. possessif normalement attendu, mais évité pour exprimer la catégorie au détriment de l'appartenance] Elle reporta du côté de Trophime de beaux yeux noirs baignés de toutes les ondes du ciel (Maurras, Chemin Paradis,1894, p. 118).
B.− Emploi emphatique, fam. [Avec une nuance de quantité importante, quoique indéf.]
1. [Le subst. désigne une chose dont la quantité dépasse la norme; il se dégage du contexte une nuance d'impatience ou d'étonnement] Durant des heures, de longues heures. Il avalait des litres d'eau (Lautréam., Chants Maldoror,1869, p. 207).Des fatigues de tête, (...) qui se prolongeaient des jours, des semaines, des mois (Gide, Si le grain,1924, p. 429).
a) [L'emphase peut être renforcée par la répétition] Elle prierait des années et des années en songeant à moi (Erckm. Chatr., Conscrit 1813,1864, p. 130).
b) [Le subst. peut être remplacé par une proposition rapportée au style dir.] [Brandès] nous jetait des : Madame dit..., à mourir de rire par leur indignation (Goncourt, Journal,1896, p. 1004).
2. [Exprimant la même nuance, le subst. est précédé d'un nombre indiquant une quantité relativement importante]
a) [Le subst. est gén. au plur.] Travailler des quinze, seize heures par jour. On lui rendait des dix francs et des quinze francs (Zola, Joie de vivre,1884, p. 902):
5. ... j'ai vu des gueux pareils, qui ressemblaient à de vieux juifs jaunes et décrépits, arrêter des dix, quinze, vingt soldats, et les emmener comme des moutons! Erckmann-Chatrian, Le Conscrit de 1813,1864, p. 214.
b) Très fam. [Le subst. est au sing.] Il y a des endroits où vous avez jusqu'à des un mètre, un mètre cinquante d'eau (Romains, Hommes bonne vol.,t. VII p. 164 ds Rob.).
Rem. 1. Dans les cas énumérés de B 2, des ne peut jamais être remplacé par de. 2. C'est ce des que l'on rencontre dans la loc. bien des + plur. Bien des choses de ma part. Annonciateur de bien des dieux de demain, Romain Rolland (...) nous annonce aujourd'hui la découverte d'une nouvelle nappe souterraine, l'océan mystique de l'Inde moderne (Bloch, Dest. du S., 1931, p. 157). 3. Dans des fois, des a pris dans la lang. pop. la valeur distributive de parfois. Des fois il gelait, des fois il faisait chaud (Zola, Germinal, 1885, p. 1382).
3. Pop. Des suivi d'une loc. substantivée et prenant de ce fait une valeur de pronom indéf. exprimant une catégorie. Synon. certains, certaines personnes.Je ne voudrais pas te voir comme des que nous connaissons, qui ne demandent qu'à balocher (La Petite lune,1878-79, no2, p. 2).T'en connais beaucoup, des comme elle? (M. Stéphane, Ceux du Trimard,1928, p. 120).
II.− [Devant des noms propres de personnes]
A.− P. méton. [Pour marquer un nombre indéf. d'exemplaires d'œuvres d'un artiste] Des Corot, des Rembrandt, des Picasso. Aux murs, des Picasso de la période rose (Malraux, Cond. hum.,1933, p. 257).
B.− [Pour marquer la caractérisation]
[Sert à désigner un nombre indéf. d'individus appartenant à une famille ou à une collectivité] Des Bourbons :
6. − Allez-vous rentrer dans vos tanières, vauriens! − De la tenue, ma chère, de la tenue! répète sans arrêt M. Rezeau. Les cris n'avancent à rien. Nous sommes des Rezeau, que diable! H. Bazin, Vipère au poing,1948, p. 196.
P. anal. [Le nom qui suit exprime un « type », un personnage incarnant un caractère ou un genre] Vous tombez au pessimisme... Oui, c'est la maladie de la fin du siècle, vous êtes des Werther retournés (Zola, Joie de vivre,1884, p. 993).La France formait des Renoir, des Pascal, des Pasteur (Saint-Exup., Pilote guerre,1942, p. 367).
Prononc. et Orth. : [de]. La prononc. [dε] n'est plus le fait que de professeurs de diction (surtout du xviiieet du xixes.) pour lesquels la prononc. en [ε] ouvert sert à distinguer des homon. du type des agréments/désagrément, des espoirs/désespoir (cf. Buben 1935, § 4). Fér. 1768 condamne comme fautive la prononc. [də] avec [ə] muet devant voyelle : des amis [dəzami]. Il s'agit d'une tendance répandue du xviieau xviiies. (cf. Buben, loc. cit.). En ce qui concerne la liaison, on la fait devant voyelle y compris devant le nom d'une voyelle : des˘arbres, des˘i, et devant h non aspiré d'orig. lat. : des˘hameçons, des˘hiéroglyphes, des˘hiatus, mais non devant consonne : des/lys, ni devant h aspiré germ. : des/héros, des/haches, des/hallebardes, etc. On ne la fait pas non plus devant uhlans : des/uhlans qui s'écrivait avec h, ni devant l'exclam. ah! : des/ah! d'admiration dans laquelle il s'agit d'une voyelle subséquente sur laquelle on attire l'attention (cf. Fouché Prononc. 1959, pp. 339-340). Admis ds Ac. 1694-1932. Homon. d (lettre), dé. Étymol. et Hist. Ca 1150 (Thèbes, éd. G. Raynaud de Lage, 2202 : Si li tendoit des blanches flors). Art. partitif des, formé de de* + les. Fréq. abs. littér. : 799 818. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 191 687, b) 1 155 698; xxes. : a) 1 167 926, b) 1 063 000. Bbg. Le Bidois (R.). Au secours du bon lang... Vie Lang. 1955, pp. 268-269.

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DE. préposition
qui sert à marquer proprement : 1ø Un rapport de départ, d'extraction, d'origine, etc.; 2ø Un rapport de possession, de famille, de nombre, de matière, etc.; 3ø Elle sert aussi à former le complément d'un grand nombre d'adjectifs, le complément indirect de beaucoup de verbes; 4ø Elle tient lieu encore de diverses autres prépositions; 5ø Elle est quelquefois simplement explétive et donne lieu à divers gallicismes. Iø Dans le sens propre,

DE sert à marquer un Rapport de départ, de séparation, d'extraction, de dérivation, d'origine, etc. Il arrive de Londres. D'où vient-il? Se mouvoir de haut en bas, de bas en haut. Descendre de chenal. S'éloigner de quelqu'un. Ôtez-vous de là. S'écarter de la ligne droite. S'écarter de la route. Partir d'un lieu. Aller d'une ville à une autre, de ville en ville. L'espace qui s'étend du fleuve à la montagne. Une chose transmise de père en fils, de génération en génération. Arracher un clou de la muraille. Les mots qu'on a retranchés de ce passage. L'huile qu'on extrait des olives. Le marbre qu'on tire d'une carrière. Que conclure, qu'inférer de cette réponse? Je l'ai reçu de ses mains. Regarder, considérer, etc., du haut d'une montagne, de près, de loin, d'en bas, etc., Diriger ses regards vers un objet du haut d'une montagne, d'un lieu qui est proche, qui est loin, etc. On dit dans un sens analogue Parler de loin, de près. Écouter de loin, de près, etc. Il s'emploie d'une façon particulière pour distinguer les noms propres désignant des familles nobles, ordinairement empruntés au lieu d'origine, à quelque particularité locale, à une terre, etc. Henri de La Tour d'Auvergne. Madame de Maintenon. Monsieur de Caylus. Dans la plupart de ces dénominations, il y a ellipse d'un titre de noblesse. Madame (la marquise) de Maintenon. Monsieur (le comte) de Caylus. Il se prend quelquefois comme nom par allusion au sens qui précède. Mettre le de devant son nom. Cet emploi est familier. Il sert principalement à marquer la Relation d'une distance ou d'une durée quelconque avec le lieu, avec l'époque où elle commence. Paris est à trente lieues d'Orléans. Il était loin de moi, près de moi, auprès de moi, à deux pas de moi, à quelque distance de moi. Il se vit à deux doigts de sa perte. Distant de... Voisin de... Proche de... Approcher, s'approcher de... De la tête aux pieds. Nous verrons bien des choses d'ici à ce temps-là, d'ici là. D'aujourd'hui en huit. Du jeudi au dimanche. Du matin au soir. De temps en temps. D'heure en heure. De moment en moment. Ils étaient de vingt à vingt-cinq, Leur nombre était entre vingt et vingt-cinq. Je serai chez vous de cinq heures à six, Je serai chez vous entre cinq et six heures. Il s'emploie également dans certaines locutions pour marquer une Relation qui est entre les personnes ou les choses. Il y a une grande différence de l'un à l'autre, de cet homme à celui-là. Différer du tout au tout. Traiter de puissance à puissance, d'égal à égal, de pair à compagnon, de Turc à More, etc. De vous à moi cela ne peut souffrir aucune difficulté. Fam., Ceci est de vous à moi, ceci de vous à moi, Ceci doit rester secret entre vous et moi. Il indique aussi le Rapport d'une portion ou fraction à la totalité, souvent avec l'idée accessoire de retranchement ou d'extraction (et toujours avec complément déterminé). Le tiers, le quart, la moitié de la somme. Il perdit une partie de sa fortune, et, dans un sens analogue, la totalité de sa fortune. Une portion, une partie du territoire. Le reste du temps. Il fait partie de cette assemblée. Donnez-lui un morceau de ce pain. Prenez quelques gouttes de cette potion. Cela n'a rien diminué de sa gloire. Quel est le plus habile de ces deux hommes? ou (en considérant à part l'un de l'autre les termes comparés et en redoublant la préposition) Quel est le plus habile, de cet homme-ci ou de celui-là? Il envoya dix hommes de sa troupe. De deux choses l'une. De deux jours l'un. De tous les pays que j'ai parcourus, aucun ne m'a paru plus beau que la France. On doit rapprocher les locutions Rien du tout, Point du tout, Pas du tout, Pas la moindre chose prise sur le tout. Il a très souvent le sens partitif de Quantité vague, nombre indéterminé. Prendre de la nourriture. Manger de la viande, de bonne viande. Boire du vin, de bon vin, du vin vieux. J'ai de bon tabac. De l'eau bonne à boire. Des soldats braves. De braves soldats. Ce sont de bonnes gens. C'étaient de jeunes et jolies femmes. C'étaient de jeunes fous. Dire de bonnes plaisanteries. Dire de bons mots. Prendre des oiseaux. Donner de l'argent. Je veux du bon, du beau, du neuf, du solide, etc. Il y a des hommes ainsi faits. Il est des moments où... Si j'ai de l'argent, ce n'est pas pour l'aventurer follement. Le pluriel Des a quelquefois le sens de Plusieurs. Il a été des années sans le voir. On y voit des milliers d'arbres. Dans les phrases négatives,

DE partitif équivaut à peu près aux mots NUL, AUCUN, mais alors le nom qui le suit est sans article. Je n'ai de volonté que la tienne. Je ne connais pas d'homme plus importun. Parler sans faire de fautes. Il n'a point tué d'ennemis. Ne pouvoir souffrir de rival, de rivaux. N'avez-vous point d'enfants? N'avoir plus d'amis, de bien. Quelquefois la phrase a un tour négatif et un sens positif. Dans ce cas, le nom qui suit

DE doit toujours être précédé de l'article. N'avez-vous pas de la santé, de la fortune, des amis? que vous faut-il de plus? Il ne peut parler sans faire des fautes. Il sert également dans certaines locutions à marquer Conformité. Je suis de votre avis. Cela n'est pas de mon goût. Les cérémonies d'usage. Ce mot n'est d'usage que dans telle phrase. Cela n'est plus de mode. Cela n'est pas de la bienséance. Cela n'est pas de jeu. Je sais ce qui est de mon devoir. Comme de raison. Comme de juste. De l'aveu de tout le monde. C'est de mon consentement qu'il a fait cela. Il est de fait que... On dit à peu près de même Cela est de rigueur. Être de mise, etc. De par le roi. Formule qui signifiait Au nom du roi et qui se mettait au commencement de divers actes publics portant sommation, injonction, etc. On mettait aussi, en tête des jugements qui autorisaient la saisie ou la vente des biens meubles et immeubles, De par le roi, la loi et justice. IIø

DE sert à marquer Appartenance, dépendance. 1ø Avec un complément déterminé, c'est-à-dire qui indique d'une manière précise telle personne ou telle chose. Le livre de Pierre. La maison de mon frère. La patrie, le nom, la condition, la profession d'une personne. La miséricorde de Dieu. Les actions de quelqu'un. Le siècle de Louis XIV. Le roi de France. Les habitants de Paris. Les arbres des forêts. Les soldats d'une compagnie. Les animaux de telle classe. Un homme du peuple. Les gens de sa profession. Les hommes de l'art. La qualité, la nature, l'essence, la matière d'une chose. La force du lion. La beauté d'une femme. Les charmes de la vertu. Le sujet d'un discours. Le sens d'un mot. La largeur d'un fleuve. La couleur d'une étoffe. La dureté du fer. Le bruit du canon. La lumière du soleil. L'importance d'une affaire. L'agrément d'un séjour. C'est là le propre, le fait d'un ignorant. Elliptiquement, Cela n'est pas d'un honnête homme, Cela n'est pas le propre ou l'action d'un honnête homme. 2ø Avec un complément indéterminé, c'est-à-dire qui n'indique la personne ou la chose que d'une manière vague et générale : Ménage de garçon. Bien de famille. La qualité d'ambassadeur. La profession d'avocat. Caprice d'enfant. Nom d'homme. Nid d'aigle. Poisson de rivière. Eau de fontaine. Voix de femme. Tableau de genre. Pièce de canon, d'artillerie. Excès de chaleur. Couleur d'or. À cet emploi se rapportent plusieurs locutions particulières, telles que : Au lieu de. En vertu de. À titre, en qualité de. À l'égard de. À propos de. À cause de. En conséquence, par suite de. En présence de. À côté de. Au travers de, etc. Nous allons présenter séparément chacun des rapports divers qui ont plus ou moins d'analogie avec celui d'Appartenance, de dépendance. 1ø Rapport d'une chose à celui qui l'a faite, produite, etc. Les tragédies de Corneille. Les tableaux de Raphaël. 2ø Rapport d'une personne ou d'une chose au lieu d'origine; d'une chose au lieu où elle a été faite, où elle s'est passée, etc. Denys d'Halicarnasse. Le vent du nord, du sud. Du vin de Champagne. Un foulard des Indes. Le concile de Trente. La bataille d'Austerlitz. 3ø Rapport au temps, à l'époque. Les institutions du moyen âge. Du vin de telle année. Les mœurs du temps. Les hommes d'à présent, d'aujourd'hui. 4ø Rapport à la cause (presque toujours avec complément indéterminé) Pluie d'orage. Acte de dévouement. Trait de courage. Mouvement d'impatience. Cri de douleur. Accès de fièvre. Larmes de plaisir. Tour de faveur. 5ø Rapport à l'instrument (surtout avec complément indéterminé). Coup de bâton. Coup de fusil. Trait de plume. Signe de tête. Serrement de main. 6ø Rapport d'une personne à une autre, établi par les liens du sang, par quelque alliance, par les sentiments, le devoir, les conventions, etc. Le père d'Alexandre. Le fils de mon ami. L'oncle, le cousin de ma femme. La femme, la veuve d'un tel. Les héritiers du défunt. Les disciples de Socrate. Les amis, les ennemis d'une personne. L'aide de camp d'un général. 7ø Rapport d'une chose à ce qu'elle concerne, à son objet, à sa fin, à son but. Le Ministère de la Justice. L'Administration des Postes. Une société d'assurance. Le commerce des grains. La jouissance d'un bien. Le droit de chasse. La composition d'un ouvrage. La nouvelle d'un événement. La défense d'un accusé, d'une doctrine. Vœu de chasteté. Traité de paix. Acte de vente. Certificat d'origine. Le souvenir d'un événement. Inspirer à quelqu'un l'horreur du vice, la haine des méchants, le mépris des richesses, l'amour du vrai, du juste, etc. On doit rapporter à cet emploi les locutions telles que Le ministre de la Justice, le directeur des Postes, les assureurs d'un navire, le possesseur d'une chose, l'auteur d'un livre, d'un tableau, des rivaux de gloire, et leurs analogues. 8ø Rapport particulier au sujet traité, à la chose expliquée, enseignée, etc. Le titre des successions. Dictionnaire des rimes. Cours d'histoire, de droit. Leçons de dessin, de danse, etc. On dit en des sens analogues Professeur d'histoire. Maître de danse, etc. 9ø Rapport à la destination habituelle ou momentanée (surtout avec complément indéterminé). Salle de spectacle. Place d'armes. Cour de justice. Port de mer. Habit de cérémonie. Vêtement d'homme, de femme. Chien de chasse, d'arrêt. Pierre de touche. Valet de pied. Les hommes de garde, de service, de corvée, etc. On dit dans un sens analogue Être de garde, de service, etc. 10ø Rapport à la profession (presque toujours avec complément indéterminé). Un homme de cabinet, de lettres. Un homme de guerre, d'épée. Un homme de peine. Une femme de ménage. 11ø Rapport à la condition (presque toujours avec complément indéterminé). Un homme de qualité, de condition. Un fils de famille. Un homme de basse extraction. Un homme de peu, de rien. 12ø Rapport d'une personne ou d'une chose à ce qui la modifie et la distingue, à sa qualité, à sa nature, etc. Un homme de haute taille. Une personne de mauvaise mine. Un homme de génie, de courage, de bonne volonté. Un enfant d'un bon naturel. Une rivière de peu de largeur. Une chose de même grandeur, de la même grandeur qu'une autre. Affaire d'importance. Marchandises de bonne, de mauvaise qualité. Remède d'un effet sûr. Étoffe de durée. Robe de couleur. Fruit de forme ronde. Poudre de senteur. 13ø Rapport particulier d'une personne ou d'une chose à ce qui constitue sa dimension, sa valeur, sa durée, sa force, etc. Un homme d'un mètre quatre-vingt-cinq. Une pièce de vingt francs. Une dot de cent mille francs. Une armée de cent mille hommes. Une maison de cinq étages. Un vers de dix syllabes. Un enfant de six mois. Un froid de dix degrés. 14ø Rapport du contenant au contenu. Une bouteille de vin. Une tasse de café. Un panier de fraises. 15ø Rapport de la partie au tout, à l'ensemble. - Avec complément déterminé : La main d'une personne. Le derrière de la tête. Le bout du doigt. La lame d'une épée. Le pied d'une montagne. Les colonnes d'un temple. Le commencement, la fin, le milieu, l'extrémité de quelque chose. - Avec complément indéterminé : Une lame d'épée. Une main de femme. Une branche d'arbre, etc. 16ø Rapport d'une chose à ce dont elle est formée (toujours avec complément indéterminé). Une goutte d'eau. Une prise de tabac. Un morceau de pain. Une pièce de terre. Une somme d'argent. Un escadron de hussards. Un couple de pigeons. Une classe d'animaux. Un recueil de poésies. Les expressions de quantité forment avec la préposition De un grand nombre de locutions, qui toutes se rapportent à cet emploi. Beaucoup d'argent. Trop de richesses. Assez de pouvoir. Peu de bien. Plus de monde. Moins de ressources. Combien de soldats. 17ø Rapport particulier d'une chose à la matière dont elle est faite. Une porte de bois. Un pont de pierre. Une barre de fer. Une tabatière d'or. Une table de marbre. Un habit de drap. Un lit de plume. Un collier de perles. C'est un homme de chair et d'os comme vous et moi. On dit figurément Un cœur de roche. Un bras de fer.

DE s'emploie, dans certaines locutions consacrées, pour exprimer l'Excellence d'une chose sur toutes les autres choses de même nature; en termes d'Histoire Sacrée, Le Saint des saints, Le lieu le plus saint du temple. Le Cantique des cantiques, Le cantique par excellence. Vanité des vanités, La plus grande des vanités. Dans le style élevé, L'Être des êtres, L'Être suprême, etc. On dit, dans un sens analogue, Le fin du fin. Il sert quelquefois à déterminer les noms qui désignent une Personne considérée par rapport à une certaine qualité. Possesseur de fait. Héritier de droit. Il n'était roi que de nom. Anglais d'origine. Français de cœur. Il est chirurgien de profession, de sa profession. On dit à peu près de même Possession, gouvernement, puissance de fait. Il se met encore, dans le discours familier, après un nom, ou après un adjectif qui peut être employé comme nom, pour joindre ces mots avec le nom de la personne ou de la chose qu'ils qualifient. Ce diable d'homme. Quel chien de métier! Un fripon d'enfant. Un drôle de corps. Une drôle d'affaire. IIIø

DE précède également le mot ou les mots qui servent à déterminer, à préciser la signification d'un adjectif. Plein d'eau. Vide de sens. Bien fait de sa personne. Doux et humble de cœur. Perclus de tous ses membres. Large de six mètres. Âgé de trente ans. Digne d'envie, d'estime, de louange. Sûr de son fait. Responsable de quelque chose. Avide de gain. Jaloux des succès d'autrui. Après un verbe, il introduit souvent le nom qui indique la Matière, l'instrument, le moyen, l'objet indirect de l'action, la cause, etc. Il a fait de ce bloc une statue admirable. Il veut faire de son fils un avocat. Faire de nécessité vertu. Déjeuner d'un pâté. Frapper du pied la terre, le plancher. Se servir d'un couteau. S'armer de résolution. User d'adresse. Payer de ses deniers. Payer de sa personne. Envelopper de paille. Frotter d'huile. Charger de marchandises une voiture, un bateau. Dépouiller quelqu'un de ses habits. Combler de pierres un fossé, un puits. Élever de plusieurs pieds une digue, une muraille. Accabler de coups, de reproches. Pourvoir des choses nécessaires. Priver quelqu'un de ses biens, de la vue. Accuser d'un crime. Enflammer de courroux. Ravir de joie. Toucher de compassion. Souffrir de la goutte. Souffrir des yeux, de la poitrine. Mourir de faim. Trembler de peur. Il sert quelquefois â introduire l'attribut du complément d'objet d'un verbe transitif. Traiter quelqu'un de lâche, le qualifier de traître; se qualifier de prince, etc., Appeler quelqu'un traître, lâche; prendre le titre de prince, etc. On dit de même Taxer de folie, de sottise, etc. Souvent

DE est suivi d'un infinitif, lorsqu'il sert, comme dans les divers exemples qui précèdent, à déterminer les mots qui expriment une action, une qualité. On l'accusa d'avoir conspiré. Je vous charge de lui écrire. Faites-leur signe d'approcher. S'efforcer de marcher. Il s'excusa d'y aller. Se repentir d'avoir trop parlé. Désespérer de réussir. S'ennuyer de lire. Il se place de même entre certains verbes transitifs et l'infinitif qui indique l'objet direct de l'action. On lui conseilla de partir. Négliger d'écrire. Se proposer de faire une chose. Dites-lui de venir. Avant que l'orateur eût commencé de parler. Il ne laissa pas de le faire. Il mérite d'être admis. Plusieurs verbes, tels que Commencer, continuer, etc., se construisent, devant l'infinitif, tantôt avec la préposition De, tantôt avec la préposition À. Il concourt pareillement, avec l'expression qu'on lui donne pour complément, à indiquer la Manière dont une action se fait, s'exécute, et quelquefois pour exprimer un état. Faire entrer quelqu'un de force. Frapper d'estoc et de taille. Jouer de bonheur, de malheur. Boire d'un seul trait. Franchir d'un saut, d'un bond. Être de travers. Regarder de côté. Parler d'abondance. Répondre de vive voix. D'une voix unanime. Peut-on se comporter de la sorte? Je m'y prendrai de telle manière. De façon ou d'autre. Tous deux étaient d'intelligence. Ils ont agi de concert. Agir de soi-même, de son chef, de son propre mouvement. Aimer de tout son cœur. Cela va de soi. Posséder de fait. Succéder de droit, de plein droit. IVø

DE a quelquefois pour complément le mot qui désigne la Personne ou la Chose d'où part l'action qu'éprouve une autre personne, une autre chose; et alors il équivaut à la préposition PAR. Se faire suivre de ses gens. Ce mot est quelquefois précédé de tel autre. Il voulait n'être vu de personne. Je ne suis pas connu de vous. Se faire aimer, se faire bien venir, se faire haïr de quelqu'un. Il est respecté de tous. Il s'emploie aussi après beaucoup de verbes, ou de locutions qui en tiennent lieu, dans le sens des mots Sur, touchant, concernant, relativement à. Je l'informerai de votre arrivée. Ce mot se dit de telle chose. Que pensez-vous de cela? Médire de quelqu'un. S'ingérer, se mêler des affaires d'autrui. Parler d'une affaire. Trafiquer, faire trafic de quelque chose. Décider du sort de quelqu'un. Traiter de la paix. Il ne s'agit point, il n'est point question de cela. Répondre de quelqu'un. Désespérer de sa guérison. Se méfier de quelqu'un. Féliciter quelqu'un d'un succès. Se repentir d'une faute. Se plaindre de quelqu'un. Faire justice d'un traître. Différer d'avis. Justifier de sa qualité. Rendre compte de sa gestion. Demander réparation d'une injure. Faire fi de quelque chose. Cela fait foi de ce que j'ai avancé. Il en sera de cela comme du reste. Pour ce qui est de lui. C'est fait de nous. Il y va de ma vie. Ce chapitre traite de telle matière. La peste soit du maladroit! etc. Souvent, dans les titres d'ouvrages, de chapitres, etc., tout ce qui précède la préposition est sous-entendu; ainsi on dit simplement De la chasse, Du théâtre, etc. pour dire Ouvrage, chapitre, article qui traite, où il est parlé de la chasse, du théâtre, etc. Fam., On dirait d'un fou, etc. Voyez DIRE. Devant le mot Côté désignant un lieu, un endroit ou une face de quelque objet, De reçoit plus fréquemment une valeur analogue à celle de Vers, dans, à, sur. Mettez-vous de ce côté-ci, vous verrez mieux. Il est allé du côté d'Orléans. Voulez-vous que nous passions de l'autre côté? Regardez bien de ce côté. Cette robe est plus longue de ce côté que de l'autre. On en rapproche les locutions suivantes : De côté et d'autre. D'un côté... de l'autre ou d'un autre. D'une part... d'autre part. D'une et d'autre part. De mon côté, Pour ce qui me regarde. Se ranger, se mettre du parti de quelqu'un, Embrasser son parti.

DE entre aussi dans plusieurs locutions adverbiales, ou autres, qui indiquent une Certaine époque ou une certaine durée. Nous partîmes de nuit, de jour. Je sortis de bonne heure. De grand matin. De présent (en termes de Procédure). Du vivant d'un tel. C'était bien autre chose de mon temps. De tout temps il en fut ainsi. Il ne viendra pas d'aujourd'hui. Il ne m'a pas quitté de tout le jour. Je ne le reverrai pas de huit jours. De ma vie je n'ai vu pareille chose. De mémoire d'homme.

DE sert quelquefois à unir le nom commun d'une chose avec le mot ou l'expression qui la distingue de toutes les autres choses semblables. La ville de Paris. Le fleuve du Rhône. Le mois de septembre. La comédie du " Misanthrope ". Le mot de gueux est familier. Le cri de Vive le roi! Souvent,

DE précède un infinitif pour remplacer un mode personnel au passé. L'action est exprimée ainsi avec plus de vivacité. C'est ce qu'on appelle l'infinitif de narration ou l'infinitif historique. Aussitôt les ennemis de s'enfuir et de jeter leurs armes. Il s'éloigna tout honteux, et nous de rire. Lorsqu'un infinitif est placé après le verbe dont il est le sujet, il est précédé régulièrement de la préposition De. On dit Mentir est honteux et Il est honteux de mentir. C'est folie, c'est être fou que d'entreprendre cela. C'était peu pour lui d'avoir obtenu cet avantage. C'est à vous qu'il appartient de l'interroger. Il est juste de le récompenser. Il convient d'agir promptement. Il importe de le savoir. Il suffira de vous dire que... Il entre dans ses vues de leur laisser ignorer cela. À quoi sert-il de dissimuler? ou simplement Que sert de dissimuler? L'essentiel, le principal, le plus sûr est d'agir ainsi, de faire telle chose.

DE, précédant un adjectif, un participe passif, etc., est explétif et peut ordinairement se résoudre par un pronom relatif suivi du verbe Être. Il y eut mille hommes de (qui furent) tués. Il y a dans ce qu'il dit quelque chose de (qui est) vrai. Y a-t-il quelqu'un d'assez (qui soit assez) ignorant pour... Je ne vois rien là de (qui soit) bien étonnant. A-t-on jamais entendu rien de (qui soit) pareil? Sa conduite n'a rien de (qui soit) noble. Rien de (qui soit) plus simple que cela. Je ne vois rien là de (qui soit) mieux. Sinon, rien de fait (qui soit fait, arrêté, conclu). Pour toutes les autres locutions, telles que D'avance, d'abord, d'ailleurs, du moins, de suite, du reste, de plus belle, de nouveau, d'ordinaire, de grâce, de retour, etc., voyez les différents articles des mots qui accompagnent la préposition.

Littré (1872-1877)

DES (dê ; l's se lie : dê-z hommes) art. plur.
  • contracté pour de les, et qui se dit pour le masculin et le féminin. N'es-tu pas dans ces lieux Où la haine des rois, avec le lait sucée…, Racine, Bérén. IV, 4. S'il n'est pas des plus beaux, il est des agréables, Molière, l'Étour. I, 6. Je lui ai bien fait entendre que vous n'étiez point une dupe, pour vous demander des cinq ou six cents pistoles, Molière, Scapin, II, 8.

    Pris partitivement, quelques. Des hommes recommandables pensent que…

REMARQUE

Pris partitivement, il faut, quand un adjectif précède, dire en général de et non des : de bons vins, de bonnes gens. Mais on pourra se servir de des, quand le mot, en raison de l'usage, peut être considéré comme ne formant qu'un seul mot avec son adjectif : des jeunes gens, des jeunes hommes. On reviendra à de, si on met devant l'adjectif un mot qui le modifie : de tout jeunes gens.

HISTORIQUE

XIe s. Blancandrins fut des plus saives paiens, Ch. de Rol. III. Là où cist furent, des autres i ot bien, ib. VIII.

XIIe s. La disme eschelle est des barons de France, Ronc. p. 134. Faisons des bierres de verges et de peaus, ib. p. 150.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

DES. - REM. Ajoutez :
2Racine a dit : Qui sait si… Ce roi… N'accuse point le ciel qui le laisse outrager, Et des indignes fils qui n'osent le venger, Racine, Mithr. I, 3. À ce sujet Racine le fils remarque : « Il faut nécessairement d'indignes, je crois que c'est une faute d'imprimeur qui s'est conservée dans toutes les éditions. L'auteur avait mis, selon les apparences, et deux indignes fils. » D'autres éditeurs ont mis et ses indignes fils. Il paraît bien que la vraie leçon est des indignes fils (voy. au Supplément DE, Remarque 7).
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Étymologie de « des »

Contraction de la préposition de et l’article défini du pluriel les.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

De (voy. DE), et les (voy. LE, LA).

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Phonétique du mot « des »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
des de

Traductions du mot « des »

Langue Traduction
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Synonymes de « des »

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Antonymes de « des »

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