Déité : définition de déité


Déité : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

DÉITÉ, subst. fém.

A.− Rare. Caractère divin :
1. ... n'était-ce pas reconnaître que le principe du mal, même s'il n'avait ni la dignité, ni la déité du dieu créateur, avait pourtant réussi, au moins provisoirement, à détruire l'œuvre de Dieu. Philos., Relig., 1957, p. 4003.
P. ext. [Bonaparte] voulut que le pape vînt le sacrer à Paris, lui, un soldat de fortune, en signe de sa déité impériale (Proudhon, Confess. révol.,1843, p. 91).
B.− Divinité mythologique :
2. ... chacun déifia sa foiblesse, ses vertus ou ses vices : le voluptueux sacrifia à Vénus, le philosophe à Minerve, le tyran aux déités infernales. Chateaubriand, Essai sur les Révolutions,t. 2, 1797, p. 290.
P. ext., littér.
1. Divinité. L'éternelle nuit me sépare de toi et je suis seule au monde. Ô déités jalouses, ô dieux, dieux de la mort ennemis des épouses (Chénier, Bucoliques,1794, p. 271):
3. La théologie spéculative du judaïsme (...) s'efforce d'épurer la notion de Dieu en éliminant (...) les anthropomorphismes de la bible et de la tradition (...) et en supprimant la multiplicité même conceptuelle au sein de la déité. Philos., Relig., 1957, p. 4811.
2. Personne ou chose divinisée. [L'homme] se jette dans les bras de la Vérité, déité suprême (Delacroix, Journal,1823, p. 29).La raison, déité grondeuse, qu'irrite un si joyeux festin (Béranger, Chans.,t. 3, 1829, p. 244):
4. Mais, outre le fatum, la puissance suprême, La seule déité que l'on n'adore pas, Tant de dieux opposés s'attachent à nos pas, Que l'esprit haletant retombe sur lui-même; ... Bouilhet, Melaenis,1857, p. 14.
En partic. Femme, amante. Ô ma reine! Mon tout! ma déité! ma nymphe! ma sirène! (Hugo, Préf. Cromw.,1827, p. 216):
5. ... Eugène s'était contenté de distinguer, parmi la foule des déités parisiennes qui se pressaient dans ce raout, une de ces femmes que doit adorer tout d'abord un jeune homme. Balzac, Le Père Goriot,1835, p. 43.
Prononc. et Orth. : [deite]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1119 deïtet (Ph. de Thaon, Comput, 1534 ds T.-L.). Empr. au lat. chrét. deitas. Fréq. abs. littér. : 53.

Déité : définition du Wiktionnaire

Nom commun

déité \de.i.te\ féminin

  1. essence divine.
  2. Dieu ou déesse.
    • Les Grecs et les Romains ont fait régner de fausses déités. — (Blaise Pascal, Juifs, 20)
    • […] Déités immortelles ! Mon fils serait vengé ! N’est-ce point une erreur ? — (Voltaire, Scythes, IV, 8)
  3. Dieu ou déesse de la fable.
    • Vous avez fait la femme en voulant vous venger ; faites la déité [montrez-vous déesse], le sauvant du danger. — (Tristan, Panthée, III, 1)
    • Elle jura par Pluton que toute l’engeance humaine serait bientôt du domaine des déités de là-bas. — (Jean de la Fontaine, Fables, VIII, 20)
    • Pour voir ces déités nouvelles, le soleil tient encor ses coursiers arrêtés. — (Jean-Baptiste Rousseau, Les Bains de Tomeri)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Déité : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DÉITÉ. n. f.
Divinité, dieu ou déesse de la Fable. Les déités terrestres. Les déités infernales. Une aimable déité. Déité propice. Il n'est guère usité qu'en poésie.

Déité : définition du Littré (1872-1877)

DÉITÉ (dé-i-té) s. f.
  • 1L'essence divine. Peu usité en ce sens.
  • 2Dieu ou déesse. Les Grecs et les Romains ont fait régner de fausses déités, Pascal, Juifs, 20. … Déités immortelles ! Mon fils serait vengé ! n'est-ce point une erreur ? Voltaire, Scythes, IV, 8.
  • 3Dieu ou déesse de la fable. Vous avez fait la femme en voulant vous venger ; Faites la déité [montrez-vous déesse], le sauvant du danger, Tristan, Panthée, III, 1. Elle jura par Pluton Que toute l'engeance humaine Serait bientôt du domaine Des déités de là-bas, La Fontaine, Fabl. VIII, 20. Pour voir ces déités nouvelles, Le soleil tient encor ses coursiers arrêtés, Rousseau J.-B. les Bains de Tomeri.

    Fig. Faut-il ainsi poursuivre… Et l'argent et l'amour, aveugles déités ? Chénier, 171.

HISTORIQUE

XIIe s. En l'endemain que furent innocent decolé, Que Herodes ocist par sa grant cruelté, Quant es enfanz quida murdrir la deité…, Th. le mart. 137. … Erode, qui dunc fist decoler Les enfanz de dous anz ; car Deu quida tuer ; Mais es enfanz ne sout la deité trover, ib. 65.

XIIIe s. N'en sot pas Platon jusques là, Ne vit pas la trine unité En ceste simple trinité, Ne la deité soveraine Afublée de pel humaine, la Rose, 19343. Roi des rois, Diex des diex, qui de ta deité Descendis en la Vierge pour prendre humanité, Si vrai com tu es Diex et rois de verité, Daigne oïr ma priere plaine d'umilité, J. de Meung, Test. 2077. En croiz mourut l'umanitez ; Mais au tiers jour la deitez L'umanité resuscita, Théophile.

XVe s. Si sont moult belles paroles venues d'un payen, qui ne savoit rien de la loy de Dieu, et toutefois par raison naturelle il confessoit une deité, Bouciq. IV, ch. 3.

XVIe s. Qu'estce qu'amour ? est-ce une deité Regnante en nous ? Saint-Gelais, Descript. d'amour, p. 2.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « déité »

Étymologie de déité - Littré

Provenç. deitat ; espagn. deidad ; ital. deità ; du latin deitatem, de Deus, Dieu.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de déité - Wiktionnaire

Du latin deitas, de deus « dieu ».
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « déité »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
déité deite play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « déité »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « déité »

  • Le Noir a le devoir d'interroger le concept de déité pour le mettre en miroir avec son positionnement dans sa marche parmi les autres peuples du monde. , L'Africain doit débarrasser son logiciel mental de la crainte tétanisante du doigt inquisiteur et invisible des dieux (Par Michel Mboungou-kiongo)
  • Selon les pratiques du culte, les moments choisis pour la dévotion, le type de recrutement des adeptes, les rituels pratiqués, une déité se distingue de l’autre. En ce qui concerne les rituels liés à Sakpata, par exemple, il faut d’abord initier la personne selon les problèmes qu’elle rencontre. Sakpata est féru de pintades, de béliers et de poulets. Les vodoun se distinguent aussi par les cérémonies sacrificielles qui leur sont dédiées : certains peuvent être abreuvés de sang d’animaux, mais pas toujours de même race. Ainsi, un vodoun peut prendre du sang de cabri tandis que l’autre n’accepte que celui de chèvre. Il y en a qui n’intègrent pas du tout l’usage du sang. Une divinité peut agréer l’alcool et l’autre se montre irascible à son propos. Ce qui implique que parmi les divinités, il y en a qui ne peuvent naturellement pas cohabiter. Chaque divinité a sa couleur et ses interdits. A en croire Hounon Lokovi Kokou exerçant à Lobogo dans le Mono, il faut s’abstenir de faire du mal à autrui lorsqu’on est adepte de Thron, car alors aucune des doléances formulées par l’adepte ne sera exaucée. Aussi, comme interdit, il faut se garder de prendre de l’alcool ou d’avoir des relations sexuelles avant de sacrifier à ses rituels. La divinité Thron Kpéto Déka Alafia, outre le cola, valide aussi tout sacrifie de cabri et ne boude pas quand on l’asperge de parfum. Réputée pour ses capacités de guérison et pour apporter du bonheur à ses adeptes, le Fâ est central dans son culte. S’appuyant sur plusieurs divinités comme Dan, Hebiosso, Mami et autres, elle s’accommode bien aussi des prières musulmanes. Mais il faut également faire preuve de probité lorsque l’on en est pratiquant : « Lorsque tu es correct avec cette divinité, elle te sera très reconnaissante», avance Hounon Lokovi Kokou, selon qui « Tous les matins, nous faisons la consultation du Fâ pour savoir ce qui s’est passé la veille, sauf lundi et vendredi ». Cette consultation permet de savoir, explique-t-il, si tel fétiche est en courroux, si tel autre a besoin qu’on lui consacre un rituel. Les adeptes sont liés par le hun, qui signifie en fongbé à la fois le sang dont certaines divinités sont nourries, et secret entretenu du reste dans tout couvent, quelle qu’en soit l’obédience…le hunsi, adepte, est donc l’épouse du secret de la déité vénérée. Le culte d’un vodoun implique une grande dévotion et à tout le moins une grande célébration annuelle, le hunhwe dahoo. C’est l’avis de Agassa Guèdehounguè, président de la Communauté nationale du culte vodoun du Bénin (Cncvb-Racine). Il a fallu des problèmes, de santé et d’ordre professionnel, pour qu’enfin Albert Sehonou Hounon Hounmambou Apougnon se plie à ce qu’il qualifie de « son destin », « de la décision de ses ancêtres » qui l’ont choisi pour perpétuer la tradition. Il n’aura pas eu le choix, en définitive car les divinités, ont provoqué des situations de choc pour l’amener à les épouser. Initié au Thron en 2002, puis à d’autres divinités en 2010, son parcours initiatique l’a envoyé à Lomé, au Ghana, puis à Cotonou. Mais étant en fonction, son initiation n’aura duré que trois mois, contrairement à d’autres qui y font des années. La Nation Bénin, Cultes et rituels vodoun: Une entité spirituelle qui résiste au temps - La Nation BéninLa Nation Bénin
  • Il est pour moi évident que l’homme ait besoin de religion, de spiritualité mais sa quête doit s’inscrire dans une démarche personnelle et prendre la forme d’un voyage individuel. D’où la grandeur et l’éminence d’une représentation verticale de la religion allant du croyant à la déité, et non horizontale qui n’est qu’une lecture pernicieuse et un moyen détourné pour diriger, pour gouverner et soumettre. Webmanagercenter, God, Green and Gun, Dieu, dollar et arme à feu, les piliers sur lesquels reposent l'esprit, la mentalité et la vie des Américains | Webmanagercenter
  • (*) Dans la tradition hindouiste, le mot « Upasana » décrit une méthode fondée sur la méditation et le chant, permettant d’approcher une des déités, chacune offrant ses messages… , A la rencontre de 7 déités Hindouistes
  • L'histoire va donc nous ramener à Baldur's Gate, et il y a de nouveau des liens avec la déité liée de près à l'intrigue des premiers titres. Cela sera certainement l'occasion de recroiser certains personnages iconiques des premiers jeux, mais pas le protagoniste. Nous n'en savons pas plus pour le moment. Que pensez-vous de la tournure des événements ? Êtes-vous satisfaits du choix de cette fin pour les premiers jeux ? Quels anciens compagnons et personnages aimeriez-vous croiser ? En dehors de ce brave Drizzt qui est toujours heureux de nous donner ses cimeterres, bien entendu. Millenium, Baldur's Gate 3 : Résumé de l'histoire & scénario - Millenium
  • Le terme signifie en sanscrit, Dieu, déité. On considère qu'il dérive à son tour du terme proto-indo-européen deiwos utilisé pour désigner les dieux. Les propres mots de Dieu ou Zeus sont issus également de ce terme original. Par ce fait, et parce qu'il est le toponyme quasi toujours en rapport avec les rivière (En hydrographie, une rivière est un cours d'eau qui s'écoule sous l'effet de la gravité et qui se jette dans une autre rivière ou dans un fleuve, contrairement au...) en Espagne, on a rapproché Deba avec le nom d'une hypothétique déesse ou numen celte des rivières. Techno-Science.net, 🔎 Deba (Guipuscoa) - Définition et Explications

Traductions du mot « déité »

Langue Traduction
Corse divinità
Basque jainko
Japonais
Russe божество
Portugais divindade
Arabe الإله
Chinois
Allemand gottheit
Italien divinità
Espagnol deidad
Anglais deity
Source : Google Translate API

Synonymes de « déité »

Source : synonymes de déité sur lebonsynonyme.fr


mots du mois

Mots similaires