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Coque

Variantes Singulier Pluriel
Féminin coque coques

Définitions de « coque »

Trésor de la Langue Française informatisé

COQUE, subst. fém.

A.− Enveloppe calcaire plus ou moins arrondie.
1. Vx. Enveloppe de l'œuf. Leur fœtus, enfermé dans une enveloppe inorganique (la coque de l'œuf) (Lamarck, Philos. zool.,t. 1, 1809, p. 147).
ART CULIN. Œuf à la coque. Œuf plongé dans l'eau bouillante et cuit dans sa coque. Il se faisait un œuf à la coque (Céline, Mort créd.,1936, p. 96).
Rem. ,,(...) on ne dit plus guère une coque d'œuf, mais une coquille d'œuf. Coque ne reste usuel et obligatoire que dans œuf à la coque (...)`` (Dupré 1972).
Expr. fig.
a) [À propos d'un adolescent, p. réf. au poussin qui sort de la coque de l'œuf] , p. iron., fam. Ne faire que sortir de la coque, avoir de la coque sur le nez. N'être encore qu'un enfant. Ah! l'morveux, ça vient d'naître, ça vous a encore d'la coque su l'nez, et ça veut l'faire à la pose! (Benjamin, Gaspard,1915, p. 158).
b) P. ext. Briser sa coque. Se transformer, progresser. L'homme nouveau qui se dispose à briser sa coque (Duhamel, Journ. Salav.,1927, p. 50).
2. Enveloppe de certains mollusques. Ces insectes marins (...) qui construisent des alvéoles sur les coques de crustacés (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 189).
Rem. Coquille a supplanté coque dans cet usage.
P. méton., ZOOL. Nom vulgaire d'un mollusque comestible, du genre bucarde. Quand la marée descendait loin, les praires, les coques, les palourdes agrémentaient le repas (Queffélec, Recteur,1944, p. 100).
P. métaph.
a) Maison, habitat humain :
1. J'ai vu dernièrement, à Sannois, la maison qu'habitait Madame d'Houdetot; ce n'est plus qu'une coque vide, réduite aux quatre murailles. Un âtre abandonné intéresse toujours; mais que disent des foyers où ne s'est assise ni la beauté, ni la mère de famille, ni la religion, Chateaubriand, Mémoires d'Outre-Tombe,t. 2, 1848, p. 62.
b) Enveloppe extérieure de la personnalité, ce qui renferme, dissimule la vie intérieure de tel individu. Quiconque recherche sous la coque de la vertu stoïque, (...) le noyau de cette intériorité impassible par laquelle l'homme veut repousser la peur (Vuillemin, Essai signif. mort,1949, p. 236).
Expr. fig. [P. réf. à l'escargot rentrant et sortant de sa coque] Se renfermer, rentrer dans sa coque; sortir de sa coque. Je suis rentré dans ma pauvre petite coque et tâche à m'y arranger de mon mieux, dans la résolution de n'en plus sortir (M. de Guérin, Journal,1834, p. 207).
B.− P. ext. Enveloppe plus ou moins épaisse et dure. Coque dure.
1. Enveloppe de certains insectes, cocon du ver à soie. Et au milieu une pointe creuse, qui est la filière au travers de laquelle sort la soie dont la chenille fait la coque où elle se métamorphose (Cuvier, Anat. comp.,1805, p. 324).
2. Enveloppe de certains fruits. Leurs fruits sont enveloppés d'un brou tendre, comme les noix, ou d'une coque hérissée de pointes (...) comme dans les châtaignes (Bern. St-P., Harm. nat.,1814, p. 127).Des haricots d'Espagne dont le bonhomme conservait la graine dans sa coque (Dumas père, Monte-Cristo,t. 2, 1846, p. 37).
Coque de noix (au fig.). Embarcation frêle. Comme un enfant qui s'aventurerait, sur une coque de noix, au bord d'une mer dangereuse (Psichari, Voy. centur.,1914, p. 223).
P. méton. Fruit multiloculaire à loges closes.
Spéc. Coque du Levant. Graine d'une plante qui croît aux Indes orientales. Et les jets souples des Vanilles, des Coques du Levant, des Quisqualus, des Bauhinia (Zola, Curée,1872, p. 487).
Rem. Ces graines contiennent un poison violent, doué de propriétés stupéfiantes, ce qui peut expliquer le sens des expr. arg. être coque, avoir la coque, tenir la coque. Être ivre (cf. Nouguier, Notes manuscr. Dict. Delesalle, 1900, p. 76 et 112).
C.− [P. anal. de forme] Chose qui rappelle une coque par sa forme plus ou moins arrondie. Les flammes sautaient d'un coup, en coques déchirées (Pourrat, Gaspard,1931, p. 75).Les coques arrondies de ses très petites oreilles (Gide, Feuillets,1949, p. 1114).
Spécialement
ANAT. Coques condyliennes. ,,Épaississements de la partie postérieure de la capsule de l'articulation du genou`` (Lar. encyclop.). En haut il [le bord postérieur du ligament latéral interne] est confondu avec la coque fibreuse du condyle interne (Gérard, Manuel anat. hum.,1912, p. 198).
COIFFURE, COST. Ruban ou mèche de cheveux en forme de coque. Le plaid bariolé de tartan et la toque dissimulent la jupe et le béguin à coque (Gautier, Albertus,1833, p. 130).
MÉCAN. Corps d'un navire (sans les superstructures); partie du fuselage d'un hydravion, d'un avion; bâti d'une automobile tenant lieu de châssis et de carosserie. L'eau verte pénétra ma coque de sapin Et des taches de vins bleus et des vomissures Me lava, dispersant gouvernail et grappin (Rimbaud, Poésies,1871, p. 128):
2. Lorsque les moteurs sont lancés, lorsque l'appareil déjà creuse la mer, contre un clapotis dur de la coque sonne un gong, et l'homme peut suivre ce travail à l'ébranlement de ses reins. Il sent l'hydravion, seconde par seconde, à mesure qu'il gagne sa vitesse, se charger de pouvoir. Saint-Exupéry, Terre des hommes,1939, p. 170.
PÂTISS. Petites boules de pâte aux amandes, cuites au four et soudées deux par deux avec une marmelade de fruits. Une coque, gâteau rond saupoudré de sucre qu'on sait pétrir dans tout ménage cévenol (Fabre, Barnabé,1875, p. 251).
Prononc. et Orth. : [kɔk]. Enq. : /kok/. Ds Ac. depuis 1694. Homon. coke, coq. Étymol. et Hist. 1. Ca 1275 « enveloppe rigide de certains fruits » (J. de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 11787); 2. 1306 « enveloppe calcaire de l'œuf » (G. Guiart, Royaux Lignages, I, 1044 ds T.-L.) [peut-être déjà ds J. de Meun, op. cit., 6489 comme symbole de ce qui a peu de valeur]; 3. début xives. « coquillage marin propre à la consommation [sans contexte permettant de préciser lequel] » (Menieres des poissons que on prant en la mer, éd. G. Lozinski, Bataille de Caresme et de Charnage, appendice VI ds Bibl. Ecole des Hautes Etudes, fasc. 262, p. 195); mil. xvies. coque marine « coquillage » (Du Bellay, Œuvres, éd. H. Chamard, t. 6, 429 ds IGLF); 1611 « sorte de coquillage marin du genre des palourdes » (Cotgr., s.v. coque, cf. aussi s.v. pallourde); 4. 1694 (Corneille : Coque. Terme de mer. Faux ply qui se fait à une corde qui est trop torse, ou qu'on n'a pas pris soin de détordre); 5. a) 1828 « ornement de vêtement ou de chapeau constitué d'un ou plusieurs nœuds » (Delécluze, Journal, p. 442); b) 1832 (Raymond : Coque [...] boucle de cheveux formée en coque); 6. a) 1834 coque de navire (Land.); b) 1929 aviat. (Guillemin, Constr., calcul et essais avions et hydrav., p. 73); c) 1951 automob. carrosserie-coque (Tinard, Automob., p. 327). Orig. obsc. L'hyp. la plus communément admise est celle d'une évolution sém. du lat. impérial coccum désignant le kermès, cochenille parasitant les rameaux de certains arbres en y formant une petite excroissance globuleuse ressemblant à une graine (FEW t. 2, p. 823 a et sqq.; REW, no2009), le terme lat. étant empr. au gr. κ ο ́ κ κ ο ς dont le premier sens est « graine » (pour l'évolution sém., cf. certains emplois de coccum sémantiquement proches du fr. coque : coccum cnidium, gr. κ ο ́ κ κ ο ς κ ν ι ́ δ ι ο ς désignant le fruit du garou ds TLL s.v., 1395, 32-63, coccum au sens de « pigne de pin » correspondant au gr. κ ο ́ κ κ α λ ο ς Cælius Aurelianus ds André Bot., au xies. le lat. cocca est aussi attesté au sens de « coupelle, vase de forme demi-sphérique » ds GMLC s.v., où il est considéré comme une erreur de graphie pour concha; cf. aussi l'expr. non vales uno coco attestée au viiie-ixes., Formulae Senonenses ds Mittellat. W. s.v., 762, 18, peut-être à rapprocher des emplois de coque comme symbole d'une chose de peu de valeur en a. fr.). Dans cette hyp., le maintien de la 2eocclusive se serait fait par expressivité. Cependant coque pourrait appartenir directement à un rad. expressif et il serait vain d'essayer d'en établir la filiation (Sain. Sources t. 1, p. 422; t. 2, p. 95, 98; t. 3, p. 464; Dauzat 1973). Fréq. abs. littér. : 485. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 393, b) 897; xxes. : a) 636, b) 863. Bbg. De Gorog 1958, p. 186. − Kemna 1901, pp. 179-181. − La Landelle (G. de). Le Lang. des marins. Paris, 1859, p. 117, 205, 246. − Sain. Sources t. 1 1972 [1925], t. 2 1972 [1925], t. 3 1972 [1930], passim.Tollenaere (F. de). À propos des mots coque et hanon. Z. fr. Spr. Lit. 1939, t. 63, pp. 445-454.

Wiktionnaire

Nom commun - ancien français

coque \Prononciation ?\ féminin

  1. Coque de navire.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  2. Salicoque.

Nom commun 2 - français

coque \kɔk\ féminin

  1. Petite boule réalisée à partir des feuilles du pastel (Isatis tinctoria) dont on extrait une teinture de couleur bleue.
    • Du commerce des « coques » de pastel est née l’appellation de « Pays de Cocagne ». Ces coques transitaient dans les ports français de Bordeaux, Marseille et Bayonne. — (Bibliothèque nationale de France, Le bleu de pastel : note technique, par Karine Garcia et Andrée Rigaux, BnF, Atelier du département des Estampes et de la Photographie, 2008)
  2. (Pâtisserie) Dans le sud-ouest de la France, sorte de brioche traditionnelle pour l’Épiphanie.

Nom commun 1 - français

coque \kɔk\ féminin

  1. Enveloppe extérieure de l’œuf.
    • Les perdreaux courent au sortir de la coque.
    • Le poussin becquetait déjà la coque.
  2. (Figuré) Symbole de la naissance.
    • Ce couplet sortait de sa coque [venait d’être fait] le jour que je partis de Paris. — (Marquise de Sévigné, 426)
    • Ensemble lentement tous [des poèmes] couvés sous mes ailes,
      Tous ensemble quittant leurs coques maternelles,
      Sauront d’un beau plumage ensemble se couvrir,
      Ensemble sous le bois voltiger et courir.
      — (André Chénier, Épitres, chapitre II, 1819)
  3. (Entomologie, Soierie) Cocon où se renferment le ver à soie et autres chrysalides d’insectes qui filent.
    • Ce ver à soie commence à faire sa coque.
  4. (Zoologie) (Cuisine) Nom donné à diverses espèces de coquillages (en particulier, en France, la coque commune, ou coque comestible).
    • Pour les fruits de mer, c'étaient les moules, les coques et les « sauterelles » ou crevettes grises. — (Jean-François Leblond & Yvan Brohard, Vie et traditions populaires en Picardie: Oise, Somme, Aisne, Éditions Horvath, 1994, page 103)
  5. (Par extension) Enveloppe protectrice.
    • Le carburateur est enveloppé d’une coque protectrice.
  6. (Marine) Enveloppe des bordages, corps du bateau, abstraction faite du gréement et de la mâture.
    • Lorsque le cuivre fut ôté, la coque fut complétement recalfatée à neuf, […]. — (Alain Gerbault, À la poursuite du soleil; tome 1 : De New-York à Tahiti, 1929)
    • Elle était demeurée longtemps debout devant ces hautes coques dont les hublots laissaient voir l'intérieur des cabines éclairées. — (Francis Carco, Brumes, Éditions Albin Michel, Paris, 1935, page 52)
    • Le vice-amiral français à la retraite Jean-Louis Vichot a expliqué à l'AFP que la coque en acier d'un submersible pouvait se briser "comme un accordéon qui se plie" si elle atteignait des profondeurs bien au-delà de ses limites. — (AFP, L'Indonésie a retrouvé le sous-marin disparu et les 53 membres d'équipage morts, Le Journal de Montréal, 25 avril 2021)
  7. (Serrurerie) Petites pièces de fer qui servent à conduire le pêne d’une serrure. Crampon sur la platine d’un verrou à ressort ou d’un loqueteau.
  8. (Botanique) Enveloppe ligneuse de certains fruits.
    • Coque de noix, d’amande.
  9. Œufs de poisson de mer que l’on emploie pour amorcer les filets avec lesquels on pêche les sardines.
  10. (Botanique) (Par ellipse) Coque du Levant, drupe dont la déhiscence a lieu avec élasticité, à cause d’un ressort membraneux situé à sa base.
  11. Faux pli qui se fait à une corde trop forte et qu’on n'a pas pris soin de détordre.
  12. (Vieilli) (Habillement) Arrangement de rubans ou de cheveux disposés en forme de coque.
    • Une large figure de femme, coiffée de coques grisonnantes, et des bras s’agitaient, et tout cela disait : « […] ». — (Alphonse de Châteaubriant, Monsieur des Lourdines, chap. 1, 1910)
    • […] elles quittaient la livrée conventuelle, revêtaient les robes de gala, les ballons et les coques, les vertugadins et les fraises à la mode dans ce temps-là, et elles se rendaient au salon où affluaient les visites. — (Joris-Karl Huysmans, La Cathédrale, Plon-Nourrit, 1915)
    • Quand je serai mariée, j’habiterai une maison rose, dont les tapisseries seront pittoresques et les meubles pimpants. Aux rideaux, je nouerai des rubans clairs avec de larges coques. — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, 1922, collection Le Livre de Poche, page 53)
    • Fernande en blouse blanche et jupe claire, coiffée d’un de ces énormes chapeaux à coques de ruban qu’elle affectionnait, se promenant, un livre à la main, dans quelque sombre forêt germanique, et, de toute évidence, lisant à haute voix des vers. — (Marguerite Yourcenar, Souvenirs pieux, 1974, collection Folio, page 357)
    • Georgette avait le visage rond comme le mien, des joues roses bien marquées, en forme de petites pommes luisantes, des cheveux foncés, nattés et noués d’un ruban jaune dont les coques ressemblaient aux ailes d’un grand papillon. — (Édouard Bled, J’avais un an en 1900, 1987, Le Livre de Poche, page 202)
  13. (Commerce) Emballage thermoformé assurant la présentation et la protection d’un produit.

Nom commun 2 - ancien français

coce \Prononciation ?\ féminin

  1. Variante de coquesse.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COQUE. n. f.
Enveloppe extérieure de l'œuf. Le poussin becquetait déjà la coque. Les poulets, les perdreaux courent au sortir de la coque. Œuf à la coque, Œuf légèrement cuit dans sa coque. Fig. et fam., Ne faire que sortir de la coque, Être encore très jeune. Il ne fait que sortir de la coque, et il ose déjà se permettre de parler sur ces choses-là. Il se dit pareillement de l'Enveloppe où se renferment le ver à soie et autres larves d'insectes qui filent. Ce ver à soie commence à faire sa coque. Par analogie, en termes de Mode, Coque de rubans, coque de cheveux, Rubans ou cheveux disposés en forme de coque. Il se dit également, en termes de Botanique de l'Enveloppe ligneuse de certains fruits où de certaines semences. Coque de noix. Coque du Levant, Fruit d'un arbuste de Malabar et des Moluques, d'un brun noirâtre et de la grosseur d'un pois, qui a la propriété d'enivrer les poissons, de manière qu'on peut les pêcher à la main. Coques de perles, ou simplement Coques, Demi-perles qu'on réunit ordinairement deux à deux, de manière qu'elles imitent des perles entières.

COQUE se dit aussi d'une Sorte de coquillage très commun et comestible. En termes de Marine, La coque d'un navire, Le corps d'un navire, abstraction faite du gréement et de la mâture.

Encyclopédie, 1re édition (1751)

COQUE, s. f. (Hist. nat. des ins.) pelote de fil & de glu, sous laquelle les vers à soie & certaines chenilles se renferment lorsqu’elles deviennent nymphes. Mais nous prenons ici le mot de coque, avec les Naturalistes, dans un sens plus étendu, pour désigner toute enveloppe ou nid de différente texture & figure, formé par les insectes à divers usages.

Ces petits animaux, après s’être choisis un endroit commode pour se garantir de tout accident, munissent ce lieu par toutes sortes de retranchemens également diversifiés & appropriés à leur nature. Les uns, soit à cause de la délicatesse de leur enveloppe, soit pour transpirer plus lentement, pour se développer dans leur juste saison, soit pour prendre la forme d’insecte parfait, se font des coques très-épaisses, & souvent impénétrables à l’eau & à l’air.

D’autres se filent des coques de soie, & d’autres font sortir dans ce dessein des pores de leurs corps, une espece de coton pour les couvrir. Tel est l’insecte du Kermès. Plusieurs fortifient leurs coques en y faisant entrer leurs poils, dont ils se dépouillent ; & ceux qui n’en ont point & qui manquent de soie, rongent le bois & employent les petits fils qu’ils en ont détaché, à affermir l’intérieur & l’extérieur de leur enveloppe. Ils humectent ces fils avec une espece de gomme qui sort de leur corps, & qui est très-propre à durcir leur travail. Si l’on prend une de ces coques séchée, & qu’on la fasse ensuite bouillir dans de l’eau, on la trouvera plus légere qu’elle n’étoit avant cette opération ; elle a donc perdu sa gomme dans l’eau bouillante.

Il y a quelques insectes qui se font deux & même trois coques les unes dans les autres, filées toutes avec un art remarquable par le même animal, & non par différens ichneumons : la chose arrive quelquefois, lorsqu’un ichneumon, après avoir causé la mort à un insecte qui avoit déjà filé sa coque, & après avoir ensuite filé la sienne, a été détruit à son tour par un second ichneumon qu’il renfermoit dans ses entrailles. Il est aisé de s’appercevoir du fait, parce qu’en ce cas les dépouilles de chaque animal consumé, se trouvent entre la coque qu’il s’est filée & celle de celui qu’il a détruit. Voyez Ichneumon.

Les coques ne sont pas moins différenciées par leur figure. La plûpart sont ovales, ou sphéroïdes ; d’autres de figure conique, cylindrique, angulaire, &c. Il y a des coques en bateau, d’autres en forme de navette, & d’autres en larme de verre, dont le corps seroit fort renflé, & la pointe recourbée. Un curieux naturaliste, M. Lionnet dit qu’il en connoît même qui sont composées de deux plans ovales convexes, collées l’une à l’opposite de l’autre sur un plan qui leur est perpendiculaire, qui est partout d’égale largeur, & qui suit la courbure de leur contour ; ce qui donne à ces coques une forme approchante de nos tabatieres ovales applaties par les côtés.

On feroit un volume, si l’on vouloit entrer dans le détail sur la diversité de figure des coques des insectes, sur les matériaux dont ils les forment, sur l’art & l’industrie qui y est employé ; tout en est admirable. Mais il faut ici renvoyer le lecteur aux ouvrages de Malpighi, de Leeuwenhoëk, de Swammerdam, de M. de Reaumur, & de M. Frisch ; je me borne à dire en peu de mots d’après l’ingénieux M. Lionnet, le but de la fabrique de ces nids.

Le premier usage pour lequel les insectes se construisent des coques, & qui est même le plus fréquent, c’est pour y subir leur transformation. L’insecte s’y renferme, & n’y laisse presque jamais d’ouverture apparente : c’est-là qu’il se change en nymphe ou en chrysalide. Ces coques paroissent servir principalement à trois fins. La premiere est de fournir par leur concavité intérieure à la chrysalide ou à la nymphe, dès qu’elle paroît, & lorsque son enveloppe est encore tendre, un appui commode, & de lui faire prendre l’attitude un peu recourbée en avant, qu’il lui faut pour que ses membres (sur-tout ses ailes) occupent la place où ils doivent demeurer fixés jusqu’à ce que l’insecte se dégage de son enveloppe : elles servent en second lieu à garantir l’animal dans cet état de foiblesse, des injures de l’air, & de la poursuite de ses ennemis ; enfin elles empêchent que ces chrysalides ou ces nymphes ne se dessechent par une trop forte évaporation. Les coques qui n’ont presque aucune consistance, n’ont probablement que la premiere de ces fins pour objet ; celles qui sont plus fermes, sans être pourtant impénétrables à l’air & à l’eau, paroissent aussi servir pour la seconde ; & les autres semblent être destinées à satisfaire à ces trois fins différentes, selon les différens besoins que les insectes paroissent en avoir.

Le second usage des coques des insectes est lorsqu’ils en bâtissent pour y demeurer dans le tems qu’ils sont encore insectes rampans, qu’ils mangent, & qu’ils croissent. Ces coques sont alors ordinairement des étuis ouverts par les deux bouts. L’insecte y loge, il les aggrandit à mesure qu’il croît, ou bien il s’en fait de nouvelles. Ce ne sont pas celles que les insectes font en roulant des feuilles qui sont les plus dignes de notre admiration. M. de Reaumur, qui a donné lui-même un mémoire très-curieux sur ce sujet, convient dans un autre que les fourreaux que se font les teignes aquatiques & terrestres, de différens genres & de différentes especes, l’emportent sur les coques des chenilles. Ce sont en effet des chefs-d’œuvre, où l’art & l’arrangement paroissent avec bien plus d’éclat.

Le troisieme usage des coques ou des nids que se font les insectes, est pour servir d’enveloppe à leur couvée. Mais il faut convenir que cet usage est extrèmement rare, & les araignées nous en fournissent presque le seul exemple : je ne dis pas le seul exemple qui existe, ce qui seroit du dernier ridicule. Plus on étudie l’Histoire naturelle, plus les exemples qu’on croyoit rares ou uniques se multiplient ; les exceptions deviennent enfin des regles générales. Art. de M. le Chevalier de Jaucourt.

* Coque, s. f. (Marine & Corderie.) faux pli ou boucle qui se fait à une corde qui a été trop tordue en la fabriquant. Une corde sujette à faire des coques est d’un mauvais service, soit par le retard que ce défaut apporte aux manœuvres courantes, lorsque les coques se présentent pour passer dans les mouffles, soit par la fraction même des mouffles, si on ne s’est pas apperçu à tems qu’une coque se présentoit.

Coque, (Jardinage.) est une enveloppe forte & dure, particuliere à certains fruits, tels que la noix & autres. (K)

* Coques & Vanons, (Pêche.) sorte de coquillage qui renferme un poisson.

Voici la maniere d’en faire la pêche ou récolte, telle qu’elle se pratique à Rincheville dans le ressort de l’amirauté de Carentan & à Issigni, &c.

Pour prendre des coques, les pêcheurs attendent que la marée soit presqu’au plus bas de l’eau ; ce coquillage se tient à la superficie des sables, dont il ne reste couvert que de l’épaisseur d’un écu au plus. On connoît qu’il y a des coques sur les fonds où l’on est, par les petits trous qu’on remarque au sable, & que les coques font avec la partie que l’on nomme leur langue, qu’elles baissent sur le sable pour paître. On connoît encore qu’il y a des coques, en roulant sur le sable quelque chose de lourd qui fait craquer les coquillages qui sont au-dessous ; alors les pêcheurs foulent, piétinent le sable encore mouillé de la marée, l’émeuvent, & les coques viennent alors d’elles-mêmes au-dessus du sable, où l’on les ramasse avec une espece de rateau de bois ; on les désable aussi quelquefois avec une petite faucille ou autre semblable instrument de fer.

Les pêcheurs riverains qui font cette pêche, la commencent vers la fin de Février & la continuent jusqu’à la S. Jean ; elle ne se pratique aisément que de jour, à cause de la difficulté de connoître les trous que les coques font au sable : lorsque le tems est tempéré, les coques tirées hors de l’eau peuvent vivre jusqu’à sept à huit jours ; en été elles ne durent pas seulement trois jours, encore faut-il qu’elles soient mises dans un lieu frais.

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France Terme

Emballage thermoformé assurant la présentation et la protection d'un produit.

FranceTerme, Délégation générale à la langue française et aux langues de France

Étymologie de « coque »

(Nom 1) Plutôt[1] que du latin concha (« coquille ») dont est aussi issu conque, du latin coccum (« cochenille, parasite formant une petite excroissance globuleuse ressemblant à une graine »). Certains emplois de coccum sont proches du français coque : coccum cnidium (« fruit du garou »), coccum a aussi le sens de « pigne de pin », au onzième siècle, le latin cocca est attesté au sens de « coupelle, vase de forme demi-sphérique ».
(Nom 2) De l’occitan coca (« gâteau »), par delà peut-être du latin coquo (« cuire »). Note : Le TLFi[1] en fait un mot identique au précédent.
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(Nom 1) Plutôt[1] que du latin concha (« coquille ») dont est aussi issu conque, du latin coccum (« cochenille, parasite formant une petite excroissance globuleuse ressemblant à une graine »). Certains emplois de coccum sont proches du français coque : coccum cnidium (« fruit du garou »), coccum a aussi le sens de « pigne de pin », au onzième siècle, le latin cocca est attesté au sens de « coupelle, vase de forme demi-sphérique ».
(Nom 2) De l’occitan coca (« gâteau »), par delà peut-être du latin coquo (« cuire »). Note : Le TLFi[1] en fait un mot identique au précédent.
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Citations contenant le mot « coque »

  • La coque du coco est dure : la chair est un délice. Pourquoi scruter le dehors quand le pur est au-dedans ? De Toukaram , 
  • La politique, si vous vous avisez de penser à ceux qui vous la servent, il y a de quoi se lever de table et faire voeu de ne plus manger que des oeufs à la coque. De Alphonse Karr , 
  • Le cerveau des poètes est un fond de mer où bien des coques reposent. De Paul Valéry , 
  • Un premier modèle du SP800 a été construit et la coque sera bientôt en peinture pour une mise à l'eau en mai 2022. Le Pixii 6, deuxième modèle du constructeur a lui été vendu sur plans et entrera en production fin avril 2022. Le chantier est réalisé sur place, de manière artisanale. Bateaux.com, Pixii SP800, une coque open électrique construite en matériaux recyclables
  • Les nouveaux Samsung Galaxy S22 sont là ! Le constructeur vient de dévoiler ses derniers-nés, des smartphones plus premium que premium. Voici les meilleurs coques et accessoires pour prendre soin et protéger votre Galaxy S22. Journal du Geek, Samsung Galaxy S22 : notre guide pour trouver la meilleure coque de protection
  • Régalez-vous de ce trompe l’œil simplissime, vitaminé et délicieusement frais. Découvrez comment réaliser ces kiwis à la coque à la truite fumée et servez-les à l’apéritif. Kiss My Chef, Kiwis à la coque à la truite fumée, l'apéritif frais - Kiss My Chef
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Images d'illustration du mot « coque »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Synonymes de « coque »

Source : synonymes de coque sur lebonsynonyme.fr

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Coque

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