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Bernacle

Définitions du mot « bernacle »

Trésor de la Langue Française informatisé

BARNACHE, BARNACLE, BERNACLE, subst. fém.

A.− Oiseau migrateur palmipède, espèce d'oie sauvage encore appelée oie marine. Les barnaches se mangent en carême comme les macreuses (Ac. 1835-1932, Lar. 19e, Nouv. Lar. ill.) :
1. « Les sifflements du courlis et le cri de la barnacle perchée sur les framboisiers de la grotte, m'annoncèrent le retour du matin : ... » Chateaubriand, Les Natchez,1826, p. 235.
Emploi adj. Oie bernacle (cf. Besch. 1845).
B.− Coquillage à cinq valves, qui a la forme d'un bec spatulé, comme celui de l'anatife :
2. diégo rodriguez. − Non, nous n'avançons pas avec ce vieux rafiot à la quille incrustée de barnacles. Claudel, Le Soulier de satin,1929, p. 894.
Prononc. : [baʀnaʃ], [baʀnakl̥], [bε ʀnakḷ]. Étymol. et Hist. 1. Ca 1270 ornith. bernicle (trad. du Traité de Fauconn. de l'empereur Frédéric II dans Z. rom. Philol., t. 46, p. 242 : Une chascune meniere d'oies, de gentes et de bernicles); 1532 barnacle (Du Guez, Grammaire, 911, Génin dans R. Hist. litt. Fr., t. 4, p. 135); 1588 brenache (d'Argentré, Hist. de Bretagne, I, 47, ibid.); 1600 bernache (Duret, Du flux et reflux de la mer, 333, ibid., p. 136); 1671 bernacle (Journ. de S., 1671, p. 177 dans Trév. 1752); 1762 barnache (Ac.); 2. conchyliologie a) 1721 barnacle « anatife lisse » (Trév.); 1751 bernacle (Encyclop.); 1768 bernache (J.-C. Valmont de Bomare, Dict. raisonné universel d'hist. naturelle, Paris, Brunet); 1875 barnache (Gouezel, les Oiseaux de mer, Nantes, p. 20 dans Littré Suppl.); b) 1742 bernicle « patelle » (Dezailliers d'Argenville, L'Histoire naturelle éclaircie, 238 dans Quem. : On appelle ce coquillage en françois, Patelle [...] Jambe en Poitou et dans le païs d'Aunis, en d'autres endroits Bernicle); 1823 bernique (Mém. des Antiquaires de France, p. 330 dans IGLF Techn.). Orig. controversée; suivant les différentes hyp. il y aurait soit un seul étymon, soit deux étymons différents pour 1 et 2 a, d'une part, et 2 b, d'autre part. Cf. avec 1 le lat. médiév. bernaca (ca 1175 Girard de Cambrai dans NED, s.v. Barnacle subst. 2), bernaculae (1210, Silvester Giraldus, Topogr. Hibern. dist. 1, cap 11 dans Du Cange, s.v. bernacae) et bernecla (ca 1247-48, Fridericus II Imp., art. ven., 1, p. 36, 13 dans Mittellat W. s.v., 1452, 10) peut-être à rapprocher, comme 2 a, de l'irl. bairnech de même sens (v. EWFS2, Dauzat 1968) lui-même à rattacher au celt. *barennîka (irl. barenn « rocher », v. IEW t. 1, p. 134); noter au sens 2 a l'antériorité de l'angl. barnacle, attesté dep. 1581 (Campion dans NED); on explique généralement le rapport entre 1 et 2 a par une croyance pop. qui fait naître l'oiseau du crustacé, cependant le hiatus chronol. est considérable. 2 b est gén. considéré comme empr. au bret. bernic, brennik, de même sens, peut-être à rattacher au bret. bron « poitrine » à cause de la forme de la patelle (v. Barb. Misc. 4, pp. 15-17 et IEW t. 1, p. 170). Pour REW3, no1047, FEW t. 20, pp. 2-3 et Bl.-W.5, le bret. bernic serait également à l'orig. de 1 et 2 a, mais une orig. unique paraît peu vraisemblable (Barb. op. cit.) en raison notamment de l'écart sém. entre le bret. bernic qui désigne la patelle (2 b), et le nom de l'anatife lisse (2 a); noter cependant que Thomas, Mél. d'étymol. fr., 1902, p. 32 attribue à bernic le même étymon. celt. *barennîka qui serait à l'orig. de l'irl. bairnech (supra). Fréq. abs. littér. Barnacle : 2. Bernacle : 1.
BBG. − Thomas (A.). Variétés étymol. Romania. 1899, t. 28, p. 172.

Wiktionnaire

Nom commun 1

bernacle \bɛʁ.nakl\ féminin

  1. (Ornithologie) Variante de bernache.

Nom commun 2

bernacle \bɛʁ.nakl\ féminin

  1. (Crustacé) Variante de bernache.
    • Un bateau dont la carène est recouverte de bernacles voit sa vitesse diminuée de 30%. — (Pierre-Yves Bely, Deux cent cinquante réponses aux questions du marin curieux, 2004)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

BERNACLE. n. f.
Coquillage à cinq valves, qui s'attache aux rochers et à la carène des bâtiments.

Littré (1872-1877)

BERNACLE (bèr-na-kl') s. f.

Terme d'histoire naturelle.

  • 1Synonyme de bernache pour désigner l'oie bernache.
  • 2Coquillage à cinq valves, qui s'attache aux rochers et à la carène des bâtiments (anatife lisse). Le nom de l'oiseau a été donné au coquillage, parce qu'on croyait autrefois que cette espèce d'oiseau sortait du coquillage.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

BERNACLE, oiseau. Voyez Cravant. (I)

Bernacle, s. f. concha anatifera, (Hist. nat.) coquillage, dont la coquille est composée de cinq pieces. M. Needham la décrit dans ses nouvelles observations microscopiques. Cette production se trouve dans la mer : on y peut distinguer trois parties différentes ; le pédicule, la coquille, & l’animal qui est renfermé dans la coquille. Le pédicule est une sorte d’étui cylindrique qui a jusqu’à six pouces de longueur, il est noirâtre & compact : c’est par l’une des extrémités de cette sorte de pédicule, que le bernacle adhere aux rochers & aux vaisseaux. Le diametre de la cavité du pédicule n’est pas proportionné à celui de la circonférence extérieure, parce que le tuyau est formé par plusieurs membranes composées de fibres longitudinales qui s’étendent quelquefois au double de leur longueur ordinaire. Lorsque ces fibres se dessechent après la mort de l’animal, elles se durcissent, & deviennent rudes & grenues comme du chagrin. « La coquille tient au pédicule, elle paroît être bivalve en apparence : mais si on l’examine un peu attentivement, on découvre bientôt que chacun de ses côtés est composé de deux pieces adhérentes l’une à l’autre par une fine membrane, qui en tapisse toute la surface concave, & qui s’insinuant entre chaque division, joint ces pieces ensemble, de façon que l’animal a l’avantage de pouvoir attirer à soi l’eau & la nourriture ; & pour cela, il n’est pas nécessaire que les deux battans de sa coquille s’éloignent l’un de l’autre, comme ceux des huîtres & des moules ; ils en sont empêchés par une charniere courbe & concave, dans les bords de laquelle ils sont engrenés, & qui s’étend au-de-là de la moitié de leur circonférence : mais ils forment un angle à chacune de leurs divisions, & par-là ils laissent entr’eux une ouverture qui a à peu près la figure d’un rhomboïde. Ainsi tout ce qui est attiré par le jeu des cornes du poisson, est aisément retenu dans cette cavité. Lorsque l’animal est tranquille, sa coquille est toûjours ouverte, parce qu’il a continuellement besoin de nouvelle eau, qu’il suce & qu’il rejette alternativement ; ce qu’on peut remarquer par le jeu de deux antennes correspondantes, qui ressemblent à celles de quelques insectes, & dont le mouvement répond assez bien à celui des oüïes des autres poissons ». Nouv. observ. microscop. pag. 220. & 221.

La tête de l’animal est au moins garnie d’une vingtaine de petites cornes ou bras de différente longueur ; lorsqu’on voit ces prolongemens par le moyen du microscope, ils paroissent frangés ; au lieu d’être rangés circulairement autour de la bouche, ils sont tous placés à côté ; lorsqu’ils se contractent, ils forment des courbes irrégulieres enfermées les unes dans les autres. Il y a plusieurs incisions sur le côté concave, & on voit dans les intervalles compris entre ces incisions, des touffes de poil assez semblables à de petites brosses. M. Needham croit que lorsque l’animal les agite soit au-dedans de sa coquille, soit au-dehors, il forme dans l’eau un courant, & que par ce moyen il attire les animalcules dont il se nourrit. La tête hérissée de ces sortes de cornes peut sortir au-dehors de la coquille, & rentrer au-dedans.

Il y a au milieu du groupe de ces cornes, précisément au-dessus de la bouche, une trompe qui renferme une sorte de langue longue & ronde, à peu-près comme celle du pivert. La bouche du bernacle est composée de six lames qui peuvent s’écarter les unes des autres, & qui sont dentelées comme une scie sur leur bord convexe ; ces lames sont disposées en cercle, & fixées par l’une de leurs extrémités ; leur arrangement est tel qu’en s’élevant & s’abaissant alternativement, leurs dents se correspondent ; elles sont appliquées les unes contre les autres, de façon qu’elles forment une ouverture plissée ; le corps du bernacle est assez ressemblant à une petite huître.

En l’ouvrant, M. Needham a trouvé dans plusieurs une excroissance bleue placée de chaque côté & immédiatement au-dessous du groupe des cornes. Ces excroissances, vûes au microscope, ont paru être un sac membraneux rempli de petits globules bleus d’une figure ovoïde & uniforme, & assez semblables au frai des autres poissons. M. Needham soupçonne que les bernacles se multiplient comme les polypes, c’est-à-dire, par une sorte de végétation : mais il ne l’assûre pas, parce qu’il n’a pas pû acquérir des preuves convaincantes sur ceux qu’il a vû morts ; cependant il en a trouvé six ou sept en groupe intimement joints ensemble par leur extrémité, & qui ressembloient plûtôt à des rejettons que produit une même racine, qu’à des branches qui naissent d’un même tronc, ou à des petits qui sortent du corps de la mere : mais il n’a pas pu déterminer si cette sorte d’union vient de ce que la multiplication de cet animal est analogue à celle du polype, ou simplement de ce que différentes portions de frai se touchent & croissent sans s’écarter les unes des autres.

M. Needham fait mention d’une autre espece de bernacles plus petite que la précédente. « On les trouve aussi adhérentes aux rochers & aux vaisseaux ; ils different principalement des autres, en ce que la coquille qui renferme immédiatement leur corps avec le pédicule sur lequel il est fixé, est logée dans une autre coquille univalve, qui a la forme d’un cone tronqué, qui s’attache contre le fond des vaisseaux, comme celle d’un gland de mer avec laquelle il est aisé de la confondre, page. 125 ». Au reste ces petits bernacles sont assez ressemblans aux grands.

M. Needham fait observer qu’il y a beaucoup d’analogie entre ces bernacles & les animalcules à roues, dont M. Leuwenhoek a découvert deux especes, & les polypes à pennaches de M. Trembley. On a appellé le bernacle, concha anatifera, parce qu’on croyoit autrefois qu’il sortoit de ce coquillage une espece de canard. Voyez Cravant. (I)

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Phonétique du mot « bernacle »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
bernacle bɛrnakl

Évolution historique de l’usage du mot « bernacle »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « bernacle »

  • Guerre des sexes chez les coléoptères, amours mortels chez des marsupiaux, et pénis de bernacle : autant de surprises du règne animal à découvrir dans le dossier d'été 2018 que Sciences et Avenir consacre au sexe. Sciences et Avenir, 10 informations insolites sur le sexe dans le règne animal - Sciences et Avenir
  • Pierre Béland : L’approche de Taylor est intéressante et, comme souvent en sciences, elle apportera vraisemblablement plus de questions que de réponses. Taylor utilise la toute petite bernacle comme un témoin des mouvements migratoires de la baleine géante qui la porte sur son dos. Les anneaux de croissance de la coquille de la bernacle portent la signature de la température de l’eau où la baleine a séjourné lors de sa migration annuelle aller retour depuis les eaux tropicales jusqu’aux eaux polaires.  Ainsi, en théorie, l’on pourrait examiner les espèces fossiles pour voir, par exemple, si les grandes baleines ont toujours migré ou, sinon, quand dans le passé lointain ont-elles commencé à le faire.  Atlantico.fr, L'un des plus grands mystères de l'évolution en passe d'être éclairci | Atlantico.fr
  • La sexualité humaine semblera bien simple, comparée au pénis détachable que l’argonaute (un mollusque) dépose chez sa femelle, ou à celui du bernacle, un crustacé qui peut déployer un pénis faisant 30 fois sa taille. Guy le gorille, véritable mascotte du Zoo de Londres pendant des années et à présent empaillé, occupe une place d’honneur dans l’exposition. Impressionnant, il entretenait un véritable harem et tenait à bonne distance ses rivaux tout en étant capable d’une grande gentillesse. Libération.fr, Le sexe dans tous ses états à Londres - Libération
  • A propos, je précise que l'animal qui a le plus long pénis, c'est la bernacle. Sa quéquette fait sept fois la longueur de son corps! En plus, la bernacle est hermaphrodite. On n'arrête pas le progrès, hein. Bibliobs, La boîte à bouquins de Forestier : le saviez-vous? (non, et moi non plus)

Traductions du mot « bernacle »

Langue Traduction
Anglais barnacle
Espagnol percebe
Portugais lapa
Source : Google Translate API

Bernacle

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